2 mars 2026 |

Ecrit par le 2 mars 2026

(Vidéo) Avignon, l’Audace du Papillon se révèle à la Factory

Faut-il attendre de se brûler les ailes pour oser l’essentiel ?
Denise a 55 ans. Une épreuve de vie vient faire tout basculer et remettre du mouvement dans son existence, en elle et autour d’elle. Dans ce récit lumineux peuplé de nombreux personnages, le rire côtoie la profondeur et le corps danse les mots pour raconter l’urgence de réaliser ses rêves les plus intimes.

L’autrice et interprète Sabrina Chézeau en parle ainsi…
 » Tout a commencé par une épreuve de vie. Une maladie. Un mal qui vient me dire quelque chose : est-ce que tu vis ta vie selon tes aspirations profondes ? Qu’est-ce que tu as à réajuster ou à orienter complètement ? » Il s’ensuit une collecte de récits de vie faits de résistance, empêchements et audaces. Oser se brûler les ailes pour vivre enfin sa vie et ne rien regretter.
L’audace du papillon. Vendredi 25 et samedi 26 février. 19h. 10 à 17€. Durée: 1h15. La Factory/ Salle Tomasi, 4, rue Bertrand. Avignon.


(Vidéo) Avignon, l’Audace du Papillon se révèle à la Factory

Quand on entre au Théâtre de l’Oulle, on ne sait pas où l’on atterri. On arrive tout d’abord sur la  place Crillon, toujours très chic et dépourvue de ses immenses terrasses parce qu’il fait un froid de gueux. Puis on s’approche de ce qui semble être un bar resto ? Que nenni, un bar où on ne peut pas mettre un pied devant l’autre tellement l’endroit est couru. On boit, on converse collé serré comme dans une rame de métro mais en plus convivial.

On s’excuse, on se faufile en essayant de trouver un itinéraire. Ça y est, derrière la petite cloison de l’entrée, on retrouve le visage familier de Laurent Rochut, le directeur artistique de la Factory ‘La fabrique permanente d’art vivant à Avignon’ qui gère trois salles : le Théâtre de l’Oulle place Crillon, la Salle Tomasi rue Bertrand et la Chapelle des Antonins rue Figuière, le tout dans Avignon intramuros. Auprès d’Alice Dubois, rivée à son ordi portable, il accueille les spectateurs venus en nombre. Ils sourient. Chacun fait la queue, joyeux, pour un échange de billets. On parle d’Audrey Vernon qui, en fausse ingénue, secoue le cocotier, de la Zad de Pertuis qui sera là ce soir et prendra la parole après le spectacle. Rien que cela en dit long. Pourquoi ? Parce qu’on peut penser que même au théâtre on surfe sur l’actu. La question ? Est-ce que c’est justement pour l’actu ou par conviction ? Et là on se rend compte qu’Audrey Vernon est très suivie par les assos. Signe que conviction y est et que l’image de la comédienne est porteuse.   

Une salle remplie

Tout le monde est installé
Ça y est. Tout le monde est installé. 194 places tout de même. Laurent Rochut s’avance sur la scène encore sombre, sans lumière, sans micro, sans rien, il prend la parole. La salle s’installe dans un silence impatient. «On a tendance à penser que le seul truc qui va mal en ce moment, c’est la santé et pourtant Audrey va nous rappeler qu’il y a plein d’autres choses qui ne vont pas bien et que la santé est là pour cacher cette forêt. Dans les théâtres on parle de la vraie politique, celle de la Cité et non pas de la politique politicienne qui consiste à spéculer, au gré d’éléments de langage. Notre rôle ? Ramener les vrais sujets sur le devant de la scène.»

L’autre Fest’hiver ?
Avec humour et malice, il ajoute. «On a le plus beau spectacle du Fest’hiver tout en n’en faisant pas partie. On est puni, on n’est pas gentil, alors on est au coin. On n’a pas le droit de faire avec les autres scènes d’Avignon. On fait mieux qu’eux parce qu’on vous propose 2 autres spectacles, une sortie de résidence de la compagnie de danse contemporaine ‘Evolves’ pour ‘#Bêtise’ samedi 29 janvier à 18h puis Home movie, théâtre contemporain avec la compagnie des Lucioles les 4 et 5 février à 20h.»

 

Laurent Rochut

Billion dollar baby
Reprenons. Jeudi soir (27 janvier 2022) Audrey Vernon dans ‘Billion dollar baby, lettre à mon bébé à naître’ avait fait le plein du Théâtre de l’Oulle. La comédienne, enceinte jusqu’aux yeux, nous sort la tête du Covid pour aborder les thèmes majeurs qui secouent la planète : Les destins de l’humanité au prise avec le capitalisme dévoreur de monde, fossoyeur de la raison et de la nature… Et pourtant on rit à gorge déployée !

Un spectacle drôlissime
Oui, oui ! Audrey Vernon écrit à son bébé et, pour lui, revisite l’histoire, l’évolution des sociétés et leurs ravages, la destruction ou l’isolement des peuples primitifs, met au jour les enjeux, les mots qu’on ‘bidouille’ pour en cacher le sens et surtout les intentions. Comme à son habitude, le spectacle est ultra documenté, proposant une revisite de l’histoire, des angles de réflexions politiquement totalement inédits, incorrects, dérangeants révélant la face cachée et, surtout, le cynisme des grands de ce monde.

Audrey Vernon

Comment épouser un milliardaire
Audrey Vernon est déjà très connue du grand public, notamment pour avoir écrit et interprété ‘Comment épouser un milliardaire’, sur l’explosion des inégalités et la privatisation de la richesse mondiale. L’histoire ? Comment une jeune comédienne décide d’arrêter son métier pour épouser un milliardaire. Au fil de son spectacle, la comédienne explique «Comment 1 810 personnes ‘ultra riches’ ont réussi à s’approprier les richesses naturelles, humaines et breveté les semences… »

Une intellectuelle rigolote
Audrey Vernon commence le théâtre à 13 ans, âge à partir duquel elle découvre les grands auteurs français et parmi eux Claudel. Elle intègre le cours Florent. A 21 ans, elle passe une audition devant Dominique Farrugia, pour Canal +. On lui demande d’être fraîche et pétillante, elle arrive sombre et déprimée. Elle veut rater l’audition. Canal + la rappelle. Elle y restera 10 ans. Elle voulait réciter les grands auteurs classiques. On lui demande d’écrire des chroniques sur l’actualité. Elle est confrontée au traitement froid de l’information. Ça la bouscule. Elle se rend compte que le mot ‘pauvre’ est tabou, particulièrement à la TV, qu’on prononce très peu le mot ‘milliardaire’, notion encore vague à l’époque. Elle commence à s’intéresser à l’économie, dévore le Fig éco, Challenges, des ouvrages spécialisés. Son talent et une documentation fouillée construiront sa renommée. Elle explique tout cela ici, et c’est captivant. Depuis ? Ses décryptages enchantent. Elle est le caillou dans la chaussure qui éveille les consciences et on adore.

Billion dollar baby en 2019 ; Fukushima work in progress une légende japonaise en 2015 ; Chagrin d’amour en 2014 ; Marx et Jenny en 2012 ; Comment épouser un milliardaire en 2009 ; Le spectacle le plus drôle du monde en 2005.

 


(Vidéo) Avignon, l’Audace du Papillon se révèle à la Factory

Comédienne aux multiples talents – chroniqueuse, metteuse en scène, écrivaine-  la marseillaise Audrey Vernon est une habituée des planches avignonnaises et même enceinte, elle n’abandonne pas son combat… au contraire !

En 2009, elle commence à s’intéresser à l’économie et écrit un «one-woman-show économique» sur l’explosion des inégalités : «Comment épouser un milliardaire» qui sera joué plus de 500 fois et durera 10 ans. Elle créé ensuite au Festival off de 2012 «Marx et Jenny», un spectacle sur l’œuvre de Karl Marx et qui nous permet de découvrir Jenny, sa femme. Elle enchaîne en 2015 avec ‘Fukushima Work in Progres’ puis la création d’une lecture autour des textes d’écologie radicale.

Avec Billion Dollar Baby la femme enceinte s’adresse à son futur enfant
Elle lui explique le monde dans lequel il va devoir apprendre à respirer et nous prend ainsi à témoin du monde dans lequel nous vivons, fait l’inventaire des réalités du néo-libéralisme : puissance étatique, pollution de l’air, privatisation de l’eau, artificialisation des terre,  marchandisation de la vie, changement climatique, et les guerres…

Du bon théâtre documentaire
Comme tous ses «seule en scène», c’est drôle, documenté  et pertinent. De la difficulté de décrire un monde si complexe, Audrey Vernon devient lanceuse d’alerte, choisit la lettre ouverte à un bébé à naître pour éveiller également les consciences et susciter peut-être l’engagement de tous.Un spectacle forcément salutaire.

Billion dollar baby. Jeudi 27 janvier. 20h. 10 à 20€. Factory/ Théâtre de l’Oulle. 9, place Crillon. Avignon. Réservations / informations par téléphone : 09 74 74 64 90. www.theatredeloulle.com


(Vidéo) Avignon, l’Audace du Papillon se révèle à la Factory

La Factory, fidèle à sa mission et à son objectif de créer  un dispositif d’accueil et d’aide à la création d’art vivant, accueille la compagnie ‘Anges de Travers, fondée par deux anciens élèves de l’École Actéon d’Avignon.

Représentation publique du spectacle : « L’homme poubelle : ensemble vers l’harmonie sociale ! » En résidence de création au théâtre de l’Oulle depuis le 1er novembre, la compagnie nous propose sa version du texte Mateï Visniec ‘Le Théâtre Décomposé ou l’homme poubelle’.

Dans une société bien ordonnée, le gouvernement décide d’ouvrir un Centre National de Recherche pour l’harmonie sociale…
Entrez au cœur de l’intrigue et venez découvrir ce monde étrange et poétique, où les hommes peuvent suspendre le temps en s’entourant simplement d’un cercle, où les papillons sont carnivores, mais un monde dans lequel le lavage de cerveau devient obligatoire…

Mercredi 10 novembre 2021. 19h. Tarif unique10€. Théâtre de l’Oulle. Entrée Rue Plaisance. Avignon. 09 74 74 64 90 contact@theatredeloulle.com


(Vidéo) Avignon, l’Audace du Papillon se révèle à la Factory

 

Le Ministère de la Culture – DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur  (Direction régionale des affaires culturelles) soutient les compagnies, notamment de la Région Sud-PACA, pour qu’elles puissent travailler sur le territoire régional tout au long de l’année.

La Factory a pris l’initiative, avec trois autres théâtres d’Avignon (Le Théâtre des Carmes, Le Théâtre du Train Bleu et le Théâtre Transversal), d’accueillir des compagnies en soutien à leur démarche de création. La DRAC et les théâtres co-financeront ainsi, en 2021, la présence de quatre troupes en résidence à Avignon. Pour l’heure, La Factory a choisi de soutenir une compagnie en début d’émergence qu’elle accompagnera jusqu’au Festival Off 2022. Ainsi, du 30 avril au 13 mai 2021, la compagnie Coliberté sera accueillie au Théâtre de l’Oulle  (La Factory) en résidence de recherche pour un projet de spectacle visuel et sonore intitulé : ‘Bonheur’, écrit par le Collectif et mis en scène par Soufiane Guerraoui. Les théâtres réunis proposeront une présentation de fin de résidence commune, le 11 mai 2021, à destination des responsables de programmation de la Région.

En savoir plus sur ‘Bonheur’
«Les prétendus normaux ont mené le monde au bord de la catastrophe» fait dire Andrei Tarkovski au personnage principal soit disant fou de son film Nostalghia. Qu’est ce donc que la normalité ? La compagnie Coliberté s’interroge sur notre monde. Ce monde d’excès où le normal devient la norme. Et où la norme étouffe pour anéantir avec du papier de soie multicolore. Un monde où l’on consomme les choses, les moments, les rêves et les autres. Un monde où l’on consomme pour être et disparaître. Cette création, qui porte donc sur le consumérisme et la normalité, tente d’aller au cœur du conflit qui existe entre « bien-avoir » et « mal-être ». Dans un univers léger, drôle, poétique et tantôt dérangeant, le public se verra proposée une autre vision de notre vie. A travers des lunettes grossissantes visant à faire émerger le monde autrement, ce que nous sommes ou ce que nous pourrions être. Une pièce de théâtre visuel et sonore qui questionne le mythe d’une société consumériste créatrice de bonheur.


(Vidéo) Avignon, l’Audace du Papillon se révèle à la Factory

Cinq compagnies sont en résidence durant tout le mois de janvier au Théâtre de l’Oulle et à la salle Tomasi.

De la danse avec le chorégraphe burkinabé Issa Sanouqui  qui propose avec sa nouvelle création, à la fois un cri sourd qui cherche à être entendu et les confessions d’un danseur du XXIe siècle. Un autre projet chorégraphique « Echine» mené par la Compagnie du Scarabée explorera l’univers de la colonne vertébrale.

Du théâtre contemporain avec le collectif Dixit qui va nous guider vers l’arbitraire et au cœur d’une prison de verre aussi vaste qu’impitoyable…

Le chef d’œuvre de Camus «Caligula» revisité par la Compagnie des Perspectives mais toujours actuel.

Le texte «Home movie», lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques mis en scène par la compagnie  des Lucioles.

Théâtre de l’Oulle, la Factory/ Fabrique d’arts vivants, salle Tomasi. Contact : 09 74 74 64 90 contact@theatredeloulle.com

Michèle Périn

https://www.echodumardi.com/tag/la-factory/page/3/   1/1