24 février 2026 |

Ecrit par le 24 février 2026

Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

A peine remises de la crise du Covid, les salles de spectacles sont aujourd’hui confrontées à de nouvelles difficultés. Contractions des dépenses des ménages, restrictions des financements publics, questions sur leurs devenirs en cas de changement politique majeur… les raisons d’être inquiet pourraient être nombreuses. Malgré cela, ces lieux culturels affichent leur optimisme et tentent de se réinventer.

« C’est extrêmement important de garder une posture d’engagement, de joie, de projets et aussi de réussite vis-à-vis des équipes » affirme Chloé Tournier, directrice de la scène nationale de Cavaillon. Pour elle le plus gros risque, dans le contexte actuel, c’est la désillusion et le désengagement. « C’est contre cela qu’il faut lutter et c’est notre responsabilité en tant qu’institution culturelle » ajoute-t-elle. Si la posture professionnelle de ces acteurs de culture les conduit à ne pas se montrer dans la morosité, ils doivent également se battre contre « le travail de critique du secteur culturel qui vise à développer l’acceptabilité des coupes budgétaires » explique-t-elle. Y croire plus que tout et continuer la mission. « Si toute cette activité n’est pas portée par une vision, par un souffle, la charge de travail devient alors trop lourde » complète-t-elle.

« Il faut se préparer aux chocs futurs »

Sébastien Cornu (la Gare de Coustellet)

Equipe de la Gare de Coustellet

Cet engagement on le retrouve également du côté de la Gare de Coustellet qui fait de la culture et du social des missions essentielles. « Il faut se préparer aux chocs futurs » clame Sébastien Cornu, un des fondateurs de l’association A.V.E.C. qui gère la Gare de Coustellet. Cette structure qui a vu s’élargir sa mission à l’action sociale fête, cette année, ses 30 ans. Elle souhaite à cette occasion, et le contexte l’y oblige aussi, à conduire une vraie réflexion sur son devenir. Réflexions que l’association entend mener avec les habitants et les citoyens précise Stéphane Soler, le directeur. Si on veut que la démarche culturelle continue à être celle de l’expérimentation et de l’ouverture il faut être vigilent explique Sébastien Cornu. Pouvoir continuer « d’habiter la marge » est pour lui essentiel.

A Cavaillon, Chloé Tournier met en avant la nécessité de coopérer avec d’autres acteurs culturels et pas uniquement pour des raisons économiques

Plusieurs lieux culturels ont d’ores et déjà entamés des réflexions et commencer à faire évoluer leurs pratiques et leurs organisations. A Cavaillon, Chloé Tournier met en avant la nécessité de coopérer avec d’autres acteurs culturels et pas uniquement pour des raisons économiques. Ces coopérations peuvent être de plusieurs natures, partages de coûts sur des spectacles, coréalisations avec d’autres salles de la région ou encore coproductions sur des projets plus ambitieux, comme ceux partagés avec le réseau Traverses qui regroupe 25 salles de la région Sud. Elle insiste à également sur la nécessité d’aider les plus petites structures et en particulier celles qui ne bénéficient pas d’une labellisation. Une devoir de solidarité.

« Il y a des risques assez effrayant notamment avec la montée de l’extrême droite en France, qui inquiète beaucoup de citoyens et aussi les milieux culturels »

Chloé Tournier (La Garance)

Chloé Tournier

Le rapport aux politiques et en particulier à l’approche des prochaines échéances électorales, qui pourrait voir la montée en charge de l’extrême droite inquiète les milieux culturels. « En tant que structure de la culture commune on ne peut qu’être une chambre d’écho et de vibrations de ces incertitudes, qui sont partagés par beaucoup de nos concitoyens » affirme Chloé Tournier. « Il y a des risques assez effrayant notamment avec la montée de l’extrême droite en France, qui inquiète beaucoup de gens et aussi les milieux culturels que nous sommes, et pas de manière fantasmée, nous avons des exemples concrets ici dans la plaine de Cavaillon » poursuit-elle. « La montée des extrêmes est une vraie menace pour nous » surenchérît de son côté Stéphane Soler, le directeur de la Gare de Coustellet. « C’est un vrai enjeu de démocratie » complète Sébastien Cornu. « C’est une ombre qui plane sur le tableau » conclue Cholé Tournier.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

2025-2026 : bonne année, bonne saison passée et à venir.

Chloé Tournier, directrice  de la Scène Nationale de la Garance à Cavaillon depuis 2021 aime les rendez-vous festifs: la  «  Fête de saison »  de septembre qui nous fait découvrir la programmation annuelle et celle de « Mi-saison » en janvier qui  permet quelques ajustements de dates et de représentations et un focus sur certaines propositions et  notamment le traditionnel  « Festival Confit » de mai.

Directrice passionnée, programmation passionnante

Le premier semestre a été dense, les spectacles affichant souvent complets. Les spectateurs aiment arriver de plus en plus tôt afin de profiter d’un temps de pique-nique en amont du spectacle avec toute l’équipe de la Garance sur le pont : ici point de spécialisation le jour J. On déchire les billets, on sert à boire, on place et surtout les visages  rayonnent car le public répond présent. L’accueil, la politique tarifaire (de 3 à 22 €) et l’adaptation aux publics (langue des signes, gilets vibrants, souffleur d’images etc..) expliquent cela mais aussi une programmation variée qui nous a ravis ce premier trimestre. Pour ne citer que les très beaux portraits de femmes de l’adaptation de Violette Leduc ‘Thérèse et Isabelle’ ou le décapant ‘Thelma et Louise’ de Nolwenn Le Doth et Anna Pabst , sans oublier le concert sensible de Léonie Pernet, le juke-box chorégraphique de Thomas Lebrun qui nous a mis en mouvement autant que la chorégraphe Marina Gomes dans sa proposition marseillaise. 

Accommodons les beaux restes de la Saison

La première tournée Nomade(s) de 2026 ‘L’origine du monde’ nous livre non sans humour une réflexion sur le monde de l’Art. On retrouvera son auteur et interprète Nicolas Heredia dans une toute autre proposition avec la création de ‘On fera mieux la prochaine fois’, qui convoque les interviews mythiques de grands acteurs et actrices de cinéma. Le concert du clarinettiste Yom accompagnés du violoniste Théo et du violoncelliste Valentin Cecaldi acte un partenariat avec le club  de jazz avignonnais et de musiques improvisée avignonnais (AJMI). La dernière création de Caroline Guiela Nguyen – habituée du festival d’Avignon avec Saïgon, Fraternité, Lacrima (2024) – aborde avec ‘Valentina’  la fonction du langage à hauteur d’enfant. Le concert de ce prochain semestre sera nomade avec le chanteur marocain Walid Ben Selim qui, accompagné de la harpiste Marie-Marguerite Cano, explore la poésie soufie. ‘Les Forteresses’ de l’iranien Gurshad Shaheman nous livre une saga familiale où sa mère et ses tantes seront sur le plateau pour témoigner de leur histoire intime et politique. Séance de rattrapage proposée par La Bande du Futur pour ceux qui ont raté au Off 2024 ‘Ma République et moi’ d’Issam Rachyq-Ahrad, artiste complice pour cette saison. 

Jamais rassasiés

On fera le grand écart pour la programmation danse entre le radical ‘Kill me’ (réservé à plus de 16 ans) de l’incroyable performeuse Marina Otero, programmé en co-réalisation avec les Hivernales d’Avignon , et  une proposition pour tout jeune public – à partir d’un an – ‘Coquilles’ invitant à une chorégraphie animale entre un bébé gorille et une mante religieuse. Il faudra penser à réserver pour ‘Doreen’ de David Geselson car le sujet – l’amour qui dure – nécessitait une petite jauge : nous sommes en effet invités dans la maison du couple mythique que forment le journaliste philosophe  André Gorz et Doreen Keir ! Les espaces publics de Lauris et de l’Etang de la Bonde seront  respectivement investis par ‘Lauris’  écrit par les habitants de Lauris autour de l’absence et ‘Mizu’ un trio chorégraphique sur l’eau. C’est un Nomade(S) danse qui clôturera la saison avec une chorégraphie de Pauline Sonnice et Nolwenn Ferry dans ‘Distro’ pour ne pas dire « bistro » car elles vont explorer l’univers des tavernes bretonnes !

Du 4 au 21 mai, la 4e édition du Festival Confit ,100% féminine, donnera à voir, à boire et à manger en investissant le territoire, dans des lieux exceptionnels,  avec des spectacles hors les murs, des projets émergents, des créations, une conférence-performance et son traditionnel marché de productrices

Nous reviendrons plus en détail sur cette programmation mais il est conseillé de réserver dès à présent car les jauges sont très variables et quelquefois réduites. C’est peu dire que ce festival «  gonfle comme le levain fait lever la pâte à pain » car s’il gagne en visibilité et en projets il est à l’origine également du réseau artistico-culinaire ‘Ca mijote’ qui rassemble d’autres Scènes Nationales afin de valoriser ces nouvelles formes théâtrales qui créent, au delà du plaisir de manger et boire, une véritable expérience relationnelle et politique. Et de politique il en sera question fortement avec ‘La Pastasciutta antifascista de Casa Cervi’ conçu par l’artiste complice Floriane Facchini, tiré d’une histoire vraie : l’acte de résistance en 1943 de la famille Cervi qui cuisine au péril de sa vie des pâtes – interdites sous Mussolini – pour tout un village. Au fil du festival, on boira du Thé selon les occasions avec ‘Matcha Girl’ d’Elsa Thomas, on se posera la question « Avez vous déjà été sur la paille ? » à l’occasion du banquet-spectacle ‘Sur la paille, un banquet’, on aura ‘Un verre à soi’ proposé par l’autrice Claire Barrabès pour déguster en musique dans des lieux exceptionnels tels le Château La Canorgue de Bonnieux ou les Caves du Château de Fontségugne à Châteauneuf-de-Gadagne. Le spectacle ‘Tentative de coexistence entre ruminants’ nous fera assister à l’intrusion d’une actrice dans un troupeau de vaches, bien réelles mais le lieu est toujours à définir. 

‘La Pastasciutta antifascista de Casa Cervi’. ©C. Calmettes

Ça mijote, ça bouillonne

Le projet ‘A Tavola’ s’inscrit aussi dans une réflexion gastro-politico-artistique en proposant à des agriculteurs et agricultrices, des élus, des associations une recherche-action pour prévoir les récits alimentaires de 2035. L’exposition ‘Hors-Champs’ de Sandra Reinflet rendra visibles, dès septembre 2026, les Invisibles de l’agriculture, notamment les ouvriers et ouvrières agricoles de la région de Cavaillon. Il se mitonne aussi un projet européen franco-italien ‘Stories and recipes of resistance’ pour relier récits et recettes afin de célébrer le souvenir, la démocratie, la résistance. 

Prochain spectacle

‘Valentina’ de Caroline Guiela Nguyen

Une enfant roumain qui grandit trop vite, qui devient interprète de la maladie de sa mère. Où il est question de mensonges et de vérité et comment le langage peut performer la réalité.

Mercredi 21 janvier 20h. Jeudi 22 janvier. 19h. 3 à 22€. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

C’est LE concert à ne pas rater, celui qui surprend et réconforte, celui qui réunit trois merveilleux musiciens : le violoniste Théo Ceccaldi, le violoncelliste Valentin Ceccaldi et le clarinettiste Yom.

Du klezmer traditionnel revisité à la musique électronique, en passant par le rock, l’americana, la musique classique et contemporaine, sans oublier les formes totalement inclassables, Yom, clarinettiste insatiable et touche-à-tout, est en quête d’absolu. Il n’oublie jamais sa propre vision de la musique, son approche très humaine et son âme. Son besoin d’universalité et de spiritualité le pousse depuis plusieurs années à s’inspirer de mélodies sacrées pour développer son langage. Dans ce nouvel album, Le rythme du silence, le clarinettiste de génie est accompagné des frères Théo et Valentin Ceccaldi aux violon et violoncelle.

Le rythme du Silence, une invitation au voyage dans des territoires improbables

Ensemble, ils se mettent en quête d’un territoire inexploré, jouant avec l’espace-temps autant qu’avec notre perception du réel et de l’imaginaire. S’agit-il d’une épopée à travers des paysages infinis ou d’une plongée au cœur de nos univers intérieurs ? Un concert hypnotique, réconfortant et généreux.

Vendredi 16 janvier. 20h. 3 à 22€. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

La metteuse en scène Marie Fortuit,  entre fiction et réalité, réalisme et poésie, nous restitue délicatement la puissance du désir.

Un premier amour interdit

Ecrite en 1954 par Violette Leduc, censurée en 1966 , la version intégrale de cette œuvre réapparut en 2000. ‘Thérèse et Isabelle’, c’est l’histoire d’un amour interdit : celle de l’amour lesbien. Mais c’est aussi l’histoire de Violette Leduc qui est racontée : celle d’une pensionnaire  également amoureuse d’une Isabelle lors de ses jeunes années. Thérèse est Violette, Violette est Thérèse. La pièce oscille entre l’amour de ces deux adolescentes et la vie de Violette Leduc à travers son amour – non réciproque – pour une autre autrice avec qui elle entretiendra une forte relation : Simone de Beauvoir.

Un texte nécessaire

Entre pensionnat et maison de repos, la pièce réhabilite une Violette Leduc conspuée alors que sa langue est magnifique, d’une poésie et d’un courage inouïe : Violette Leduc était la première à oser décrire – du point de vue d’une femme – le ressenti sexuel et sensuel éprouvé avec une autre femme.

Mise en scène : Marie Fortuit
Avec Louise Chevillotte, Raphaëlle Rousseau, Marine Helmlinger et Lucie Sansen au piano.

Mardi 2 décembre. 20h. 3 à 22€. A partir de 14 ans. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

Drôle d’invitation : 8 équilibristes au plateau ! 417 équilibres en 7 minutes. 7 minutes sans équilibre. 1 équilibre qui dure 7 minutes !

Ces acrobates détournent joyeusement la position familière du grand bipède en un ballet étourdissant et renversant. Se tenir debout sur les mains, danser, chanter, marcher, courir, jouer de la musique : ces gestes deviennent matière à invention. Ce «  Complexe de l’Autruche » dépasse assurément sa psychologie pour atteindre un langage corporel d’une incroyable force poétique.

En mode inversé et c’est renversant

Ce collectif d’équilibristes femmes et hommes aux origines, styles, corps et approches variés,  fait ce que tout le monde fait, mais en mode inversé. Entre prouesses techniques et poésie du mouvement, chaque instant célèbre le plaisir du geste et la beauté du collectif. Il réunit avant tout une bande d’amis circassiens qui aiment combiner leurs univers et propositions artistiques.

C’est joyeux, vif. Bref une invitation à perdre ses repères et ses certitudes.

Vendredi 28 novembre. 19h. 3 à 10€. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

Marina Gomes, chorégraphe marseillaise, et toute son équipe nourrie de la culture hip-hop, débarquent à Cavaillon pour une soirée de danse intense, percutante, et participative.

C’est une soirée 2 en 1 avec La Cuenta [Medellín-Marseille] et Bach Nord [Sortez les guitares] ! Une soirée où la danse hip-hop porte les voix de la jeunesse des quartiers populaires, de son énergie et de sa créativité, deux pièces pour faire entendre les voix des quartiers populaires de Marseille et de Cavaillon. Deux pièces vibrantes où la danse devient un outil de lutte et de puissance collective.

La Cuenta [Medellín-Marseille]

La Cuenta regarde du côté des femmes, des mères, sœurs, amies, prises dans les drames du narcotrafic et des narcomicides, celles pour qui les morts ne sont pas que des chiffres. Dans un décor de fleurs et de terre, inspirés d’actions réelles mises en place à Medellín, les corps de trois femmes se tendent, s’entrechoquent, résistent et oscillent entre le deuil, la vengeance et la résilience. La Cuenta s’inspire du travail de Marina Gomes en Colombie et traite la question des règlements de compte homicidaires par les vécus de celles qui restent.

Bach Nord [Sortez les guitares] ,quand la danse devient un outil de lutte

Avec Bach Nord [Sortez les guitares], c’est la jeunesse qui reprend la main et le plateau, sur une composition musicale d’Arsène Magnard inspirée de Jean-Sébastien Bach. En réaction au film polémique de Cédric Jimenez, cette pièce déconstruit les clichés sans occulter les situations de vie, la violence et les ségrégations multiples. La chorégraphe Marina Gomes permet de poser des visages, des émotions, sur des jeunes trop souvent déshumanisés. Des corps et des cœurs en lutte entrent dans cette danse qui cogne, qui relie, qui interroge l’urgence de dire, de montrer, de réhumaniser les parcours.

Jeudi 6 novembre. 20h. 3 à 22€. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

Parmi la trentaine de spectacles proposés par la scène nationale de Cavaillon pour la saison 2025-2026, le naturel nous pousse à y chercher un sens, une couleur ou une volonté. Celle de libérer la parole et de permettre aux sentiments de s’exprimer librement s’impose d’emblée. Un programme est aussi vaste que réjouissant.

Le moment est attendu et le rituel immuable. Septembre rime avec présentation des saisons des lieux culturels. Cette année, celle de la Garance s’est décentralisée sur les bords de la Sorgue, dans la cité des antiquaires. Cette petite infidélité à Cavaillon qui a vu s’installer cette scène nationale il y a maintenant plus de 40 ans, n’était pas un hasard. Le soir même (le 11 septembre) un des spectacles « Nomade(s) » de la saison y était proposé Parc Gautier. Qu’on se le dise la Garance sait quitter les murs de son théâtre pour aller à la rencontre de ceux qui n’y viendraient peut-être pas… Cette année les spectacles nomades sont au nombre de 5 : « Faune », « Vaslav », « l’Origine du Monde », « Walid Ben Selim », « Distro ». Une bonne quinzaine de communes du Luberon sont concernées.

Une saison sous le signe de l’Amour

Pour Chloé Tournier, qui officie à la tête de la scène nationale de Cavaillon depuis 2021, cette saison sera d’abord l’occasion de s’interroger sur nos liens d’amour, que ce soit l’amour amical : « Thelma, Louise et nous », les 8 et 9 janvier, l’amour familial : « Valentina », les 21 et 22 janvier, « Les Forteresses », « Matcha Girl », le 22 mai ou encore l’amour romantique : « Thérèse et Isabelle », le 2 décembre, « Doreen », le 31 mars et 1er avril , « Kill me », le 13 février . Vous n’avez que l’embarras du choix.

Des alliances renouées avec le vivant

Ce regard réfléchi sur nos sentiments amoureux s’élargira à celui du vivant avec plusieurs propositions. Ces alliances renouées avec le vivant le seront avec les animaux : « Tentative de coexistence avec les ruminants », le 24 mai, « Le complexe de l’autruche » le 28 novembre , « Coquilles », le 14 mars. Le voyage dans le monde du vivant se poursuivra dans l’univers végétal : « Sur la paille, un banquet », les 23 et 24 mai et minéral : « Mizu », le 18 avril, « Brèches », le 7 mai. Tout un programme.

« Œuvrer encore et toujours pour défendre démocratie et liberté »

Chloé Tournier, directrice de la Garance

S’interroger sur ses sentiments ou notre place dans le vivant ne sauraient suffire à cette programmation ambitieuse. Pour Chloé Tournier : « nous devons également nous plonger dans nos histoires communes pour œuvrer encore et toujours, et défendre démocratie et liberté ». Comme un devoir nécessaire. Dans les récits d’hier et d’aujourd’hui se sera : « La pastasciutta antifascista de Casa Cervi », les 20 et 21 mai, « Bach Nord », le 6 novembre, ou encore « Ma république et moi », le 27 mars.

La morale de toutes ces histoires, qui nous seront contées dès le 28 septembre sur la scène de la Garance, pourrait revenir à Léonie Pernet qui dans l’une de ses chansons nous interpelle ainsi « Est-ce qu’il nous incombe de réparer un peu le monde ? »

Pour en connaître la réponse vous êtes cordialement invité au spectacle de présentation de la première partie de la saison, le jeudi 25 septembre à la Garance, à partir de 19h00 (gratuit et sur réservation). Vous pourriez aussi y pousser la chansonnette puisque que pour l’occasion la Garance sortira sa Karaoké Mobile. Au diable la morosité.

Pour connaître le détail de la programmation de la saison 2025-2026 de la Garance, cliquez ici.

La scène nationale de Cavaillon en chiffres (2025)
– Une équipe de 13 permanents
– Un budget annuel de 2,1 M€
– 32 spectacles et 120 levés de rideaux
– 20 000 spectateurs payants par saison
– Une douzaine d’entreprises mécènes
– Un financement public assuré par le ministère de la culture (DRAC), la ville de Cavaillon, La Région Sud, le département de Vaucluse, l’agglomération Luberon monts de Vaucluse


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

Le Festival Confit ? Le rendez-vous gourmand incontournable du printemps mais aussi 6 jours d’expériences artistiques et culinaires, 5 spectacles, 4 ateliers, un marché des producteurs un plateau radio, une conférence, le tout en pleine conscience.

Quand manger n’est pas anodin

Et si de drôles de dominations se cachaient dans nos assiettes ? C’est ce qu’aborde qu’Eva Doumbia avec ‘Autophagies’, une performance cuisinée très documentée entre Europe et Asie. Entre anecdotes intimes et histoires de voyages, le chef comédien Alexandre Bella Ola nous prépare un bol de mafé végétarien à déguster en bonne compagnie. L »Apéro Zakouski’ de la Compagnie Liubov aborde également l’importance de la transmission qui peut séparer comme rassembler. ‘Au nom du père’, est la reconstitution d’une histoire vraie et prend la forme d’un road-movie entre témoignage et pâtisserie, que nous dégusterons à la fin de ce  spectacle mis en scène par Ahmed Madani. ’! L’artiste libanaise Hiba Najem tisse des récits autour des plats libanais méconnus et oubliés- ici le blé libanais-  et célèbre ainsi la mémoire des personnes disparues dans ‘Freekeh’. C’est avec ‘Repas de Mer’, une invitation à manger autrement,  interprété par Annelotte van Aarst que se terminera ce festival gourmand mais cependant conscient des enjeux environnementaux.

Une prise de conscience collective et ludique

Le festival se frotte cette année à des questions sociétales, environnementales, historiques et familiales et nous invite à des expériences collectives.Yannick Jaume nous invite dans sa chocolaterie-pâtisserie pour préparer ses recettes préférées , Sylvie Allégrini nous fera découvrir la magie de la lacto-fermentation, la maison Jarry sera là pour nous rafraîchir avec leurs fabuleuses glaces, les producteurs locaux seront présents avec possibilité de dégustation sur place et il y aura même une conférence sur l’histoire des produits tels banane, arachides, riz,  certainement liée à celle de la découverte de l’Amérique, puis de l’esclavage et de la traite des noirs. Mangeons mais en pleine conscience ! 

Des spectacles de 3 à 20€

Mardi 20 mai. 19h. Mercredi 21 mai. 18h. ‘Apéro Zakouski’.
Mardi 20 mai. 20h. Mercredi 21 mai. 19h. ‘Autophagies’.
Jeudi 22 mai. 19h. Maison des Jeunes et de la Culture. 157 Avenue du Général de Gaulle.Cavaillon. ‘Au nom du Père’.
Vendredi 23 mai. 12h30. Samedi 24 mai. 12h30. Dimanche 25 mai. 19h. ‘Freekeh’.
Vendredi 23 mai. 19h. Samedi 24 mai. 19h. Dimanche 25 mai. 12h . ‘Repas de Mer’. 

Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

Autour du spectacle ‘Oiseau’, présenté dans le cadre du festival Festo Pitcho, l’équipe de la Garance a imaginé une journée mortelle le mercredi 2 avril, en partenariat avec la Médiathèque de Cavaillon.

La journée de rendez-vous culturels et artistiques pour célébrer ensemble la vie et la mort se déroulera en présence de Anna Nozière, metteuse en scène de ‘Oiseau’, et Claire Lecoeuvre, autrice du livre La vie, c’est mortel !

La journée mortelle commencera à 10h 

Atelier Lanternes fantômes 

Fabrique de lanternes pour éclairer la mémoire des disparu·e·s avec Claire Lecoeuvre. 
10h. Médiathèque de Cavaillon. Gratuit sur réservation. 

Atelier Théâtre enfants plus parents

Jouer, écrire et imaginer ensemble autour de la vie et de la mort avec Anna Nozière.
14h. Salle de La Garance. 3 à 5€.  

Atelier stickers et maquillages de la mort 

Se métamorphoser en Calaveras et customiser des portraits de disparu·e·s avec Sylvette Ardoino. 
14h. Salle La Garance. 3 et 5€. 

Atelier philo : la vie est-elle mortelle ? 

Un conte et un échange pour explorer les grandes questions de la vie avec Claire Lecoeuvre. 
16h30. Médiathèque de Cavaillon. Gratuit sur réservation.

Réservation aux ateliers : https://www.lagarance.com/journee-mortelle 

Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64 .

https://www.echodumardi.com/tag/la-garance/   1/1