20 août 2026 |

Ecrit par le 20 août 2026

La Roque d’Anthéron, Quand l’art contemporain investit l’abbaye de Silvacane

Il faut franchir les murs de l’abbaye de Silvacane, à la Roque d’Anthéron, pour entrer dans l’univers de « Murmures ». Ici, les œuvres d’Alain du Pontavice semblent flotter au creux du dortoir des moines, du réfectoire et de la salle capitulaire, tandis que l’armarium accueille une installation vidéo et sonore. Une exposition comme une fenetre temporelle dans un lieu d’exception sans doute toujours habité.

À Silvacane, la peinture se fait expérience
Près de quarante œuvres investissent ainsi plus de 700 m². Trois séries structurent le parcours : « Murmures », « Stèles » et « Cosmos ». Sous la voûte du dortoir, les œuvres de la série ‘Murmures’ associent couleur, sable et ardoise. Dans le réfectoire, deux monolithes d’ardoise conversent avec des stèles imaginaires peintes sur toile ou métal. La salle capitulaire, elle, accueille ‘Cosmos’, où deux rectangles d’or prolongent symboliquement les dimensions de l’ancien espace de réunion des moines. Le parcours se termine par une expérience plus immersive encore. Dans l’armarium (pièce où les moines rangeaient les livres de prière et d’étude), quatre séquences vidéo d’une minute combinent une boucle de quatre minutes sur un écran de 100 pouces. Aux images répondent des sons de vagues, de feu, de vent dans les feuillages et de faune sauvage.

Cosmos Copyright Alain du Pontavice

Le choix d’un lieu sacré
Édifiée à partir de 1175, Silvacane appartient aux grands ensembles de l’architecture cistercienne provençale au meme titre que les joyaux architecturaux des abbayes de Sénanque et de Gordes. Après avoir célébré ses 850 ans en 2025, l’abbaye s’ouvre à la création contemporaine. Alain du Pontavice connaît d’ailleurs intimement ces espaces. Il confesse être ‘magnétisé’ par leur architecture dépouillée, leur lumière et leur silence. Un projet mûri depuis trois ans avec l’Association Patrimoine, Art et Culture. Au fil de l’artistique déambulation, le visiteur se laisse happer par les oeuvres, comme dans un voyage intérieur, ou le silence et la sérénité sont propices à la découverte de leurs secrets.

 » J’ai toujours ressenti les bruits du vent, des feuillages, de la mer et autres éléments naturels comme des murmures, des voix intérieures qui nous émeuvent, nous appellent. C’est cette connexion profonde entre les essences que je mets en relation avec les voix intérieures de méditants tels que les moines »

Alain du Pontavice

La matière plutôt que le motif
L’œuvre apparaît progressivement sur la toile, par superpositions, incisions et accidents de matière. L’huile est enrichie de sable, de gel ou de métal ; les surfaces se construisent par strates, parfois durant de longues périodes, jusqu’à ce qu’une forme émerge.« Rien n’est vraiment décidé à l’avance », relate Alain du Pontavice, la matière elle-même peut guider la suite du travail et faire surgir une nouvelle direction.

Monolithes Copyright Alain du Pontavice

Un artiste nourri par l’Asie et les Andes
Né à Paris dans les années 1960, Alain du Pontavice se forme au dessin à l’Académie de la Grande Chaumière et dans les ateliers de Montparnasse avant d’obtenir, en 1987, une maîtrise de chinois mandarin à Paris 7. Il séjourne ensuite 15 ans en Asie, où il approfondit la calligraphie, le Taiji et la méditation. Les techniques textiles traditionnelles : ikat, batik, shibori  nourrissent son regard. En 2002, il part en Amérique du Sud et découvre l’univers des Andes. Depuis 2004, il se consacre pleinement à la peinture abstraite. Son travail est aujourd’hui exposé en France et au Royaume-Uni, tandis que nombre de ses œuvres ont rejoint des collections privées aux États-Unis, en Europe et au Japon. L’exposition de Silvacane constitue toutefois un rendez-vous particulier : l’artiste y présente une part importante de son travail dans un ensemble conçu spécifiquement pour le lieu.

« J’ai voulu mettre en miroir l’organique à l’état brut autravers de la présence de deux monolithes extraits decarrières d’ardoise avec des stèles issues de monimagination et d’autres cultures, créées par l’homme surtoile ou métal. »

Alain du Pontavice

Les infos pratiques
« Murmures », Alain du Pontavice. Jusqu’au 31 octobre 2026. Abbaye de Silvacane, 183 route de l’Abbaye, à La Roque-d’Anthéron. Tous les jours de 10h à 12h45 et de 14h à 18h en période estivale. Dernières rentrées à 12h et 17h15. Du 1er octobre au 31 mars tous les jours de 10h à 12h45 et de 14h à 17h. Dernières rentrées à 12h et 16h15. A l’issue de l’exposition, les oeuvres sont disponibles à l’achat.
Mireille Hurlin

Murmures Copyright Alain du Pontavice

La Roque d’Anthéron, Quand l’art contemporain investit l’abbaye de Silvacane

En plein essor, la médiation animale est une thérapie utilisée aujourd’hui par de nombreux praticiens dans bien des domaines. Elle soutient ou restaure le bien-être psychique, physique, social ou émotionnel de l’humain. Rencontre avec Vanessa Rio, éducatrice spécialisée, sophrologue et intervenante en médiation animale, installée à La Roque d’Anthéron. 

L’endroit est discret. Il se niche entre le canal de Marseille et les collines boisées du vallon de la Baume à La Roque d’Anthéron. Là, vivent une famille et beaucoup d’animaux. Des chiens, des chats, des lapins, des cochons d’inde et des chevaux. C’est ici que Vanessa Rio, son mari et leurs enfants ont élu domicile. Pour cette éducatrice spécialisée auprès d’adultes en grande difficulté et ancienne chef de service d’un établissement médico-social, ce lieu était un rêve. Il lui permet aujourd’hui de mettre à profit ses acquis professionnels, et son amour des animaux pour proposer des accompagnements thérapeutiques complémentaires avec la médiation animale. « J’ai toujours été une cavalière, j’ai une grande passion pour les chevaux, ils m’ont appris beaucoup de choses », aime à dire Vanessa.  

Ajouté à son expérience dans le domaine social, elle a complété sa formation par un cursus en sophrologie et en médiation animale. Aujourd’hui elle intervient auprès d’établissements sociaux. Elle répond aussi aux demandes directes de particuliers en quête de sens, de sérénité ou simplement de bien-être. Si la médiation animale est surtout utilisée auprès des séniors dans les EPHAD, des personnes atteintes de troubles mentaux, ou encore d’enfants en difficulté, elle se pratique aussi dans les entreprises et dans les milieux carcéraux. 

« Mais l’animal n’est pas le thérapeute, c’est la relation qui s’établit avec lui qui peut produire des effets »

La médiation animale permet de travailler beaucoup de sujets : l’estime ou la confiance en soi, les difficultés à se concentrer, à se motiver, son rapport à l’autorité et au pouvoir, la gestion des émotions, les interactions sociales… « Mais l’animal n’est pas le thérapeute, c’est la relation qui s’établit avec lui qui peut produire des effets », affirme Vanessa Rio. « Et c’est la confiance qui s’installe entre l’homme et l’animal qui va amener les prises de conscience », complète-t-elle. Et la nature de cette relation doit être basée sur un consentement mutuel. « Les choses doivent être comprises par les deux », ajoute-t-elle. Un contrat moral en quelque sorte.   

« Avec le cheval il faut de la considération, une certaine fermeté et beaucoup de bienveillance » 

On peut « utiliser » de nombreux animaux dans la médiation. Les animaux impliqués sont des chiens dans plus de la moitié des cas (51 %) devant les chevaux (24 %), les animaux de la ferme (13 %), les ânes (9 %) et autres (3 %), selon la Fondation A&P Sommer. Vanessa Rio les utilise presque tous. C’est la nature du sujet qui en détermine le choix. 

Le cheval est principalement utilisé avec les handicapés ou dans le cas de protocoles de développement personnel. « Les chevaux sentent l’énergie que l’on dégage, ils ont une intelligence vibratoire très développée », précise Vanessa.  

Cet animal impose naturellement le respect, le calme et l’introspection. « Par sa taille il vous repositionne et vous suggère d’être poli », ajoute Vanessa. « Il donne naturellement de la confiance en soi. Avec le cheval il faut de la considération, une certaine fermeté et beaucoup de bienveillance », argumente-t-elle. Savoir rechercher le consentement, savoir poser des limites, trouver des motivations, calmer le jeu, et toujours se respecter… toutes ces aptitudes sont naturellement sollicités dans la médiation animale, et en particulier avec le cheval.  « Ce sont les mêmes qualités nécessaires au management dans les entreprises », conclue-t-elle, non sans malice.

Le travail de médiation avec les chiens est moins exigeant. Le chien est d’avantage un partenaire de jeu. À cette dimension ludique s’ajoute aussi une sensibilité émotionnelle très forte, explique Vanessa. Il est généralement « utilisé »  pour apaiser les personnes, pour développer leur mobilité ou aider aux respects de consignes. « Le chien présente la particularité de ne pas être rancunier et comme beaucoup d’animaux, il ne vous jugera jamais », explique Vanessa. 

« Je me sers des animaux pour instruire les hommes », disait en son temps Jean de la Fontaine. Une manière à lui de faire de la médiation animale avant l’heure.

En se sentant responsable de ces animaux ils ont changé leur regard sur eux-mêmes et sont devenus aussi plus responsables d’eux-mêmes. Pendant les guerres mondiales on utilisait également des animaux dans les centres de convalescence. C’était pour ces hommes souffrant de traumatismes un moyen de se reconnecter à la réalité dans un environnement apaisant. Cette approche a été un facteur clé dans la réadaptation psychologique de ces blessés de guerre. 

Les bases de cette relation positive humain-animal furent ensuite théorisées, dans les années 50, par le pédopsychiatre américain Boris Levinson. Il a ainsi pu mesurer tous les effets bénéfiques que pouvait avoir un chien (en l’occurrence le sien) auprès d’enfants autistes. En France, le vétérinaire Ange Condoret s’est intéressé aux enfants ayant des troubles du langage. Ses travaux aboutissent également à la conclusion que la présence d’un animal permet d’améliorer de manière sensible la communication avec les enfants. Ange Condoret fonde en 1977 l’Association Française d’Information et de Recherche sur l’Animal de Compagnie (l’AFIRAC). Cet organisme vise à promouvoir la recherche et la sensibilisation autour de l’impact thérapeutique des animaux.


La Roque d’Anthéron, Quand l’art contemporain investit l’abbaye de Silvacane

Ce dimanche 11 août 2024, un concert « famille » sera organisé à 18h au sein du Parc du Château de Florans, à la Roque d’Anthéron, dans le cadre du festival international de piano. Cet évènement cofondé en 1981 par Paul Onoratini et René Martin se déroule chaque année dans la commune pacaïenne et réunit les meilleurs pianistes du monde dans la nature. Cette année le festival s’étale du 20 juillet au 20 août 2024. 

C’est dans le cadre de ce rendez-vous unique qu’un concert « famille » va avoir lieu, il sera destiné principalement aux enfants de 7 à 12 ans. Intitulé « Croches-pattes » et réalisé par Stéphane Landowski, le spectacle mettra en avant la relation tumultueuse entre le célèbre compositeur Beethoven et son disciple de l’époque : Joseph Haydn. Animé par le Trio Chausson et l’acteur Guillaume d’Harcourt, mélangeant pédagogie, humour et culture, le tout en redécouvrant la musique classique, cette représentation possède tous les atouts afin de séduire toute la famille.

Infos pratiques : Concert « famille » dans le cadre du festival international de piano. Dimanche 11 août 2024, dès 18h. Parc du Château de Florans, 13640 La Roque d’Anthéron. Billetterie disponible en cliquant ici. 


La Roque d’Anthéron, Quand l’art contemporain investit l’abbaye de Silvacane

Destination Luberon Cœur de Provence propose une visite mystère de l’Abbaye de Silvacane sous forme d’escape game, samedi 29 octobre. Une façon ludique de découvrir ou redécouvrir l’abbaye et la vie des moines.

Dans le cadre de son offre de visites ludiques, destination Luberon cœur de Provence, en partenariat avec l’abbaye de Silvacane, propose une visite unique et mystérieuse au cœur de l’Abbaye de Silvacane. Une façon ludique de découvrir ou redécouvrir l’abbaye et la vie des moines, sous forme d’escape game.

La visite aura lieu samedi 29 octobre à partir de 15h, avec un départ toutes les 30 minutes. Le dernier départ aura lieu à 17h.

Synopsis : « En 1327, le corps sans vie de Frère Antoine, l’herboriste, est retrouvé pendu par les pieds, la bouche remplie de romarin, dans la salle du chapitre de l’abbaye. Depuis deux semaines, c’est le troisième Frère mort de mort violente dans cette abbaye. Frère Luc, le cuisinier, a été retrouvé poignardé avec un couteau de cuisine dans le cloître avec la bouche remplie de thym et Frère Bérenger, le bibliothécaire, a été retrouvé mort dans l’église, étranglé par son chapelet, la bouche remplie de feuilles de sauge. La plupart des moines pensent que l’abbaye de Silvacane est possédée par le Diable… Qui a bien pu assassiner les moines et pour quelle raison ? Saurez-vous résoudre le mystère ? »

Visite samedi 29 octobre à partir de 15h avec un départ toutes les 30 minutes – informations et réservation en suivante ce lien.   

J.R.


La Roque d’Anthéron, Quand l’art contemporain investit l’abbaye de Silvacane

Destination Luberon Cœur de Provence propose, en partenariat avec l’abbaye de Silvacane à La Roque d’Anthéron, une visite mystère de l’abbaye sous la forme d’un escape game, lundi 18 juillet. Une façon ludique de découvrir ou redécouvrir l’abbaye et la vie des moines.

Dans le cadre de son offre de visites estivales et ludiques, Destination Luberon Cœur de Provence propose, en partenariat avec l’abbaye de Silvacane, une visite mystère de l’abbaye sous la forme d’un escape game. Une façon ludique de découvrir ou redécouvrir l’abbaye et la vie de moines.

La visite aura lieu le lundi 18 juillet à partir de 18h30, avec un départ toutes les 20 minutes. Le dernier départ aura lieu à 20h10.

Synopsis : ‘en 1327, le corps sans vie de Frère Antoine, l’herboriste est retrouvé pendu par les pieds, la bouche remplie de romarin dans la salle du chapitre de l’abbaye. Depuis deux semaines, c’est le troisième frère mort violemment dans cette abbaye. Frère Luc, le cuisiner a été retrouvé poignardé avec un couteau de cuisine dans le cloître avec la bouche remplie de thym et enfin Frère Bérenger, le bibliothécaire a été retrouvé mort dans l’église étranglé par son chapelet, la bouche remplie de feuilles de sauge. La plupart des moines pensent que l’abbaye de Silvacane est possédée par le Diable… Qui a bien pu assassiner les moines et pour quelle raison ? Saurez-vous résoudre le mystère ?’

Visite lundi 18 juillet à partir de 18h30, départ toutes les 20 minutes. Informations et réservations sur www.luberoncoeurdeprovence.com

J.R.

https://www.echodumardi.com/tag/la-roque-dantheron/   1/1