10 octobre 2026 |

Ecrit par le 10 octobre 2026

Au Château La Coste, le vent transporte l’espoir

Jusqu’au 30 septembre, 70 ‘Genki-nobori’ s’épanouiront au Château La Coste, au Puy-Sainte-Réparade. Ces longues bannières colorées, imaginées par l’artiste japonais Susumu Shingu et réalisées par une centaine d’enfants accompagnés par La Source Garouste, font dialoguer création contemporaine, solidarité et nature. Une exposition mouvante, dont le vent devient le véritable metteur en scène.

Elles ondulent, se gonflent, retombent puis s’élancent à nouveau. Jusqu’au 30 septembre, 70 Genki-nobori seront installés en deux points du domaine provençal, au milieu d’un paysage où sculptures, architectures et vignes évoquent leurs secrets entre-elles. 

Des messages d’enfants confiés au Mistral
Ces étranges formes aériennes revisitent les koi nobori (Banderolles de carpes, manches à air accrochées en haut d’une perche ou mat, qui symbolise la force et la persévérance), ces manches à air japonaises traditionnellement figurées en carpes. Dessins, couleurs et parfois quelques mots recouvrent les étoffes. Chacune porte l’imaginaire d’un enfant. Susumu Shingu a créé les Genki-nobori (je vous envoie des encouragements par le vent) après le séisme et le tsunami qui ont frappé la région japonaise du Tōhoku en 2011. Les bannières sont alors pensées comme des messages d’encouragement et d’espoir adressés aux populations touchées. Plus de 500 personnes au Japon et à l’étranger ont depuis participé à cette démarche, selon La Source Garouste.  

Cent enfants, dix artistes, une œuvre collective
La Source Garouste s’est emparée de cette idée pour son projet national 2026, avec le soutien de la galerie Jeanne Bucher Jaeger, qui représente Susumu Shingu en France. Entre février et mai, une centaine d’enfants et de jeunes confrontés à des fragilités sociales, scolaires ou familiales ont travaillé dans les dix structures françaises de l’association. À leurs côtés, dix artistes professionnels. Ensemble, ils ont réalisé 100 Genki-nobori, mêlant dessin, peinture, écriture et expérimentation plastique. Chaque atelier associe un artiste et un professionnel éducatif. La création permet d’apprendre à écouter, de coopérer, de prendre enfin sa place dans un groupe et, surtout, retrouver de la confiance.  C’est tout le sens du travail conduit depuis 1991 par La Source Garouste, fondée par Élizabeth et Gérard Garouste. En 2025, l’association a organisé 376 projets avec 232 artistes professionnels, auxquels ont participé 10 043 enfants et jeunes. 

Copyright La Source Garouste au Chateau Lacoste oeuvre de Susumu Shingu

Susumu Shingu, sculpter ce qui ne se voit pas
Le vent traverse toute l’œuvre de Susumu Shingu. Né au Japon, l’artiste débute comme peintre avant de séjourner à Rome dans les années 1960. Une peinture suspendue à un arbre, soudain mise en mouvement par le vent, aurait infléchi son parcours. Il développe alors ses oeuvres autour des forces invisibles de la nature : l’air, l’eau, la lumière, la gravité. Ses sculptures cinétiques l’ont conduit à collaborer avec de grands noms de l’architecture et de la création, parmi lesquels Renzo Piano, Tadao Ando et Issey Miyake. 

Au Château La Coste
Avant de rejoindre le Sud, une soixantaine de ces créations ont flotté durant l’été dans la cour d’honneur de l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. Après Château La Coste, le projet poursuivra son itinérance au Domaine de Villarceaux, dans le Vexin, du 10 au 25 octobre, avec 80 bannières présentées dans le cadre de la ‘Biennale du vent’. Ici, le vent façonne le paysage, courbe les arbres, sèche la terre et bouscule les corps. Pendant quatre semaines, il donnera aussi vie aux dessins de ces enfants. Une manière assez belle de rappeler qu’une œuvre peut parfois commencer par un simple morceau de tissu, à condition de lui laisser de l’air.

Les infos pratiques
La Source Garouste, projet Genki-nobori 2026 au Château Lacoste. Les Genki-nobori de Susumu Shingu par La Source Garouste, jusqu’au 30 septembre 2026, Château La Coste, 2750 route de La Cride, 13610 Le Puy-Sainte-Réparade. Exposition accessible tous les jours de 10h à 19h.
Mireille Hurlin

Copyright La Source Garouste

Quand l’École d’Ébénisterie d’Avignon s’implique avec le Buzz Art Festival et le Festiff

Une œuvre collective a attiré l’attention lors du Buzz’Art Festival, qui s’est tenu récemment -du 28 juin au 5 octobre- à L’Isle-sur-la-Sorgue. Conçue par Noam Desmoulins, étudiant en design, elle a mobilisé pas moins de sept artisans d’art – ébéniste, ferronnier, doreur, brodeuse, souffleur de verre. La pièce, un paravent, imaginée et façonnée grâce au don de l’Ecole supérieure d’ébénisterie d’Avignon : du noyer massif et de l’érable moucheté, deux essences de bois rares et précieuses, a été vendue aux enchères au profit de La Source Garouste, une association qui œuvre depuis 34 ans à l’inclusion par la création artistique.

Ce projet n’aurait pas vu le jour sans l’appui discret mais décisif de l’École Supérieure d’Ébénisterie d’Avignon (ESEA), implantée depuis plus de 40 ans dans le territoire d’abord à Avignon puis au Thor. L’établissement a fourni les matériaux nécessaires à la réalisation de cette œuvre unique réalisée par Jean-Damien Pont, ancien élève de l »école, aujourd’hui ébéniste installé à l’Isle-sur-la-Sorgue. Une manière, pour cette école de formation aux métiers d’art, de soutenir la création contemporaine tout en participant à une importante démarche culturelle et solidaire.

Une école dans l’écosystème de la culture et du territoire
Loin de se limiter à son rôle de centre de formation, l’ESEA multiplie les collaborations avec les acteurs culturels locaux. Elle s’est récemment associée au Festiff, un nouveau festival de films ‘feel good’, organisé les 11 et 12 octobre à L’Isle-sur-la-Sorgue. Cette fois, son soutien a pris la forme d’une participation financière, pour appuyer une initiative culturelle naissante.
« Rapprocher les artisans d’art du monde de la création contemporaine est pour nous une manière naturelle de faire vivre nos savoir-faire », relève Magali Donnat, directrice de l’école, insistant aussi sur l’importance de maintenir un lien fort avec le territoire : « Ces événements font vivre notre bassin, ils contribuent à son attractivité mais aussi à sa cohésion.»

Le paravent Copyright ESEA Communication

Transmettre un savoir-faire, au-delà des murs de l’école
Fondée en 1983, l’École Supérieure d’Ébénisterie d’Avignon forme chaque année une cinquantaine d’élèves, de tous âges et de tous parcours. Son programme, centré sur l’ébénisterie, la sculpture, la dorure et le mobilier, conjugue pratique intensive en atelier et enseignements techniques. L’école s’adresse aussi bien aux jeunes en recherche de spécialisation qu’aux adultes en reconversion.

Un pilier discret mais essentiel à la transmission des savoirs
L’école forme des artisans d’art exigeants, tout en s’ouvrant à la création contemporaine, aux événements culturels, et à des projets porteurs de sens. Une manière, aussi, de rappeler que les métiers de la main ont toute leur place dans les dialogues d’aujourd’hui.

Le paravent Copyright ESEA Communication

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