8 février 2026 |

Ecrit par le 8 février 2026

La Station Animation : des projets avignonnais qui animent nos écrans

Implantée à Avignon depuis 2021, mais aussi à Paris, Angoulême et Strasbourg, La Station Animation est une société de production spécialisée dans la création et la fabrication de films et de séries d’animation 2D et 3D. Pour débuter l’année 2026, Christian Ronget, producteur et gérant, et Florence Biansotti, directrice des productions, font le point sur les projets à venir.

Fondée en 2002 à Paris, La Station Animation s’est implantée en Vaucluse, à Avignon, en 2021. Une volonté du fondateur Michel Cortey, qui vivait à Saint-Rémy-de-Provence et enseignait à MoPA, école du film d’animation 3D à Arles.

« Malheureusement, Michel est décédé l’année dernière, annonce tristement Christian Ronget, gérant de l’entreprise. Ça a été un choc, on est tous très tristes, donc on a décidé de continuer à développer ce qu’il a construit. » C’est ainsi que la Station Animation poursuit son développement et continue de s’affirmer au sein du paysage du cinéma d’animation français. Une belle façon de rendre hommage à son créateur.

Un studio à la double casquette

La Station Animation, c’est en réalité deux entreprises : une société de production qui développe les projets, cherche à les financer et à les monter, et une société qui exécute la fabrication desdits projets. « Il existe des studios qui font de la prestation, explique Christian Ronget. Nous on fait à 90% la fabrication des projets qu’on développe nous-mêmes, mais il nous arrive aussi de faire de la fabrication pour d’autres sociétés de production. »

« On a la chance de travailler avec beaucoup de talents de la région. »

Florence Biansotti

Ainsi, grâce au succès remporté par les derniers projets, que La Station Animation a réussi à la fois à développer et à faire naître, l’entreprise peut faire accroître ses antennes provinciales, notamment celle d’Avignon, qui comptabilise aujourd’hui 33 postes de travail. « On compte aussi des storyboarders, des réalisateurs ou encore des scénaristes dans la région PACA qui travaillent depuis chez eux et qui n’ont pas forcément besoin de venir dans les locaux », ajoute Florence Biansotti, directrice des productions.

Un studio qui prend de l’ampleur…

Si La Station Animation se développe aussi bien depuis quelques années, c’est non seulement grâce au travail de ses équipes, mais aussi grâce à son emplacement. « On a la chance à Avignon d’avoir une école de renom, l’École des Nouvelles Images, qui se hisse parmi les meilleures écoles françaises et qui forment les talents de demain », développe le gérant du studio d’animation. La Cité des Papes accueille aussi Grand Avignon animation, un hôtel d’entreprises dédié aux industries créatives au sein de la Villa Créative.

« Il y a une vraie envie d’agrandir cet écosystème à Avignon et ses alentours. »

Christian Ronget

C’est un véritable écosystème qui s’est créé en Vaucluse, et plus particulièrement au sein de la Cité des Papes, autour de l’animation. « On prêche aussi la bonne parole pour inciter d’autres personnes, des collègues de studio par exemple, à venir s’installer ici où il y a suffisamment de société dans le secteur pour leur permettre de trouver du travail, explique Christian Ronget. Nous on offre des postes à chaque fois qu’on a des projets, mais il y a des périodes où on en a moins. En ce moment, ils sont nombreux, on est obligés de pousser les murs. »

…malgré un secteur en crise

Ainsi, La Station Animation semble avoir une bonne allure de croisière, notamment grâce au soutien des institutions publiques et des acteurs privés. Mais ce n’est pas pour autant que le secteur de l’animation est au meilleur de sa forme. « Il y a une belle synergie et on est dans une bonne période, même si le contexte général en ce moment est à la sinistrose parce que le marché de l’animation connaît une crise depuis trois ans », affirment Christian Ronget et Florence Biansotti. Et ce, malgré le fait que la France soit le leader européen du cinéma d’animation

« Il y a un fort chômage dans le milieu de l’animation en France actuellement. »

Christian Ronget

Cette crise concerne surtout les studios qui avaient dans leur chiffre d’affaires une forte proportion de projets destinés aux plateformes américaines telles que Paramount, Netflix, Disney+, etc. Ces plateformes avaient beaucoup investi dans des projets européens il y a quelques années pour pallier l’ascension de Netflix, mais après avoir fait un état des lieux de leurs comptes, elles ont dû faire marche arrière. « Beaucoup d’entreprises en souffrent aujourd’hui, mais peu à peu, ça va reprendre des couleurs », dit le producteur avec espoir.

L’IA, une menace pour l’animation ?

S’ajoute à cette crise le sujet de l’intelligence artificielle. « Il y a un véritable problème juridique et moral en ce qui concerne l’IA, affirme Christian Ronget. Premièrement, on n’a pas envie que ça tue nos métiers parce qu’on aime nos métiers. Deuxièmement , se dire qu’on va faire tout un projet en utilisant l’IA qui a volé tout son savoir-faire aux artistes, ce n’est pas normal. »

« J’ai la naïveté de penser que pour l’instant, l’IA n’est pas au niveau pour nous surprendre et pour nous raconter des histoires qui ne soient pas en fait des condensées ou des copies d’histoires déjà existantes », ajoute-t-il.

Savoir se démarquer

Le marché américain étant moins accessible pour le moment pour les studios d’animation de l’Hexagone, le marché français, par conséquence est saturé. La concurrence se fait rude. Il faut donc tirer son épingle du jeu pour vendre ses projets.

« Il faut développer les projets au maximum, jusqu’à ce qu’on n’y trouve plus rien à améliorer parce que les partenaires potentiels reçoivent plus de 100 projets d’animation par an, et c’est sans parler des chaînes de télévision qui elles, en reçoivent beaucoup plus, développe Christian Ronget. Il faut connaître les lignes éditoriales des chaînes, pour leur proposer des choses cohérentes, donc ce n’est pas facile pour les studios d’animation, qui sont plus de 100 en France, de voir leurs projets naître et de s’en sortir. »

De son côté, La Station Animation peut jouir d’une réputation bien ficelée grâce à des projets qualitatifs qui ont su trouver leur public tels que les longs métrages Sahara, sorti en 2017, ou encore Chien et Chat, en 2024. De plus, le studio propose différents types d’animation : 2D, 3D, stop-motion…

De nombreux projets à venir

En ce moment, le studio implanté à Avignon travaille sur six productions qui sortiront au cours des prochains mois ou des prochaines années, un projet pouvant prendre jusqu’à environ cinq ans entre le moment où le concept émerge et sa sortie.

Ainsi, La Station Animation a plusieurs projets en cours de production :

  • la saison 3 des Plus belles comptines d’Okoo, une collection de comptines animées interprétées par les plus grands artistes français, diffusée sur Okoo, l’offre jeunesse de France Télévisions ;
  • la saison 2 de Partie de campagne, diffusée sur France 2 et qui suit une bande d’enfants qui vivent dans un petit village de campagne, et qui débordent d’imagination et remplissent leur quotidien d’aventures trépidantes ;
  • la série Griott & Mungo, adaptée de la BD éponyme, qui raconte l’histoire d’une petite fille qui va trouver un œuf duquel sort un dinosaure, tous deux vont devenir inséparables ;
  • le long-métrage Inspecteur Croquettes, avec les voix de Philippe Katerine, Esteban et Camille Lellouche, suit un chien qui enquête sur le trafic d’un chat sournois qui grossi et disparait sans cesse ;
  • la série Louca (pour laquelle La Station Animation fait de la prestation de fabrication), destinée à être diffusée sur TF1 à l’occasion de la Coupe du Monde de football 2026 et adaptée de la BD à succès, suit les aventures de Louca, un garçon qui cumule mauvaises notes, gaffes et impopularité auprès des filles, et son ami Nathan, un beau et talentueux footballeur qui est en réalité un fantôme et qui va aider Louca en devenant son coach sur les terrains de football comme dans la vie ;
  • le long-métrage Les Extra-Terriens, prévu pour Canal+, raconte l’histoire d’une famille qui, malgré son apparence banale, cache des secrets bien étranges.

En plus de ces projets qui vont bientôt voir le jour officiellement, d’autres sont encore en cours de développement, étape qui englobe la partie financement, les premiers design, le scénario, etc. Ainsi, la Station Animation n’est pas prête de quitter nos écrans de sitôt.


La Station Animation : des projets avignonnais qui animent nos écrans

Avec la sortie du long métrage ‘Chien et Chat à l’affiche des cinémas depuis une semaine, focus sur le studio La Station Animation, spécialisé dans la fabrication et la création de films d’animation pour la télévision et le cinéma est installé à Avignon depuis plus de trois ans. À l’origine de ce projet, Michel Cortey, fondateur et directeur de production a réussi le pari d’implanter un véritable écosystème dans le domaine de l’animation au sein du Vaucluse.

Mercredi 14 février est sorti le dernier film de Reem Kherici ‘Chien et Chat’ avec Franck Dubosc et Philippe Lacheau. Une comédie qui mêle images réalistes et animation 3D. Ce projet colossal qui est distribué à plus de 500 copies dans tous les cinémas de France n’aurait pu voir le jour sans le travail du studio La Station Animation à Avignon. La société de production a eu la lourde tâche de créer et de rendre vivants les animaux du film, qui tiennent une place prépondérante dans l’intrigue de ce long métrage.

Un studio qui crée et qui produit
Si La station animation s’est si bien imposée dans le paysage du cinéma français, c’est aussi grâce à sa double voir triple casquette : producteur délégué, fabriquant et parfois seulement prestataire. Contrairement à certains de leurs concurrents qui se contentent d’assurer le simple travail d’animation sur un projet externe, le studio vauclusien produit des séries et des longs métrages en démarchant les réalisateurs, scénaristes, écrivains qui sont les fers de lance des projets télévisuels.

Mêlant véritables images et animation 3D, la comédie ‘Chien et chat’ a été distribuée à plus de 500 copies dans les cinémas de France. ©DR

La société a été conçue pour pouvoir assurer toute la chaine de conception d’un film ou d’une série d’animation comme le souligne Michel Cortey, le directeur de production du studio à Avignon « nos capacités de production nous permettent de nous engager et de développer aussi bien la partie créative que sur la chaine de production en 3D et de plus en plus en 2D (…) nous avons un droit de regard sur tout en tant que producteur délégué et parfois exécutif ».

Un modèle économique basé sur la production
Selon Bpifrance, aujourd’hui en France, le secteur de l’industrie culturelle et créative (ICC) génère 110 milliards d’euros. La Station animation y participe à travers son modèle économique fondé en globalité sur la production des projets montés. Depuis son commencement, le studio cherche à être au cœur du système, à monter des plans de financements pour dégager la somme correspondant au coût d’un film ou d’une série « une série en moyenne c’est entre 5 et 8M€ pour un format de 52 épisodes de 11 ou 13 minutes, un film en France c’est entre 15 et 20M€ » précise Michel Cortey.

Un modèle qui permet au studio de production d’assurer un chiffre d’affaires de 5M€ par an. Pour mener à bien ces projets de production, il n’est pas rare que le studio demande la participation des Régions, des chaines télé ou le Centre national du cinéma et de l’image animé.
Comme pour Sahara, un film animé produit et travaillé par la Station animation qui a rencontré un succès important avec plus d’un million d’entrées en 2017, le studio est aussi producteur sur le film de Reem Kherici. Michel Cortey et l’ensemble de la direction du studio seront donc particulièrement attentifs au succès de cette nouvelle sortie.  

Le long métrage d’animation Sahara est sorti en 2017. ©DR

« C’est un film produit par Gaumont et Mandarin Production avec comme partenaires TF1 et Netflix. Le travail d’animation nous a pris deux ans, on produit ce projet donc on a intéressement financier, si on fait 1,5 millions d’entrées voir 2 millions, ça serait fantastique » explique Michel Cortey. « C’est ambitieux mais on croit énormément en ce film, il sort pendant les vacances scolaires donc on croise les doigts. L’objectif c’est d’avoir « Un chien et Chat 2 » qui nous assurerait du travail pour les prochaines années. » conclut-il.

La Station Animation et le sud, une histoire de 15 ans
La naissance de ce studio d’animation dont la mission première est de faire et concevoir des films et des séries d’animation pour la télévision (France TV, Canal +, M6…) s’est faite à Paris il y a un peu plus de vingt ans « on a commencé par des pubs, des jingles pour la télé, on s’est fait connaitre comme ça » se souvient Michel Cortey. Le siège social se trouve d’ailleurs toujours dans la capitale, Michel et toute son équipe sont en contacts permanents et mènent les projets conjointement avec ce studio consœur. Puis ce passionné du 7e art est venu installer le premier studio animation dans le sud « Je suis venu rapidement m’installer à Saint Rémy de Provence avec la volonté de créer un deuxième studio ici en Région Paca car il y avait énormément d’étudiants qui se formaient dans des écoles du territoire ».

La présence de l’école d’animation Supinfocom devenu aujourd’hui l’école Mopa a finalement poussé la Station animation à s’implanter à Arles pendant 10 ans avant que le producteur-associé de la société ne souhaite changer de cap « j’ai senti que l’énergie et la volonté de se développer serait plutôt à Avignon avec l’idée de redynamiser notre projet dans ce territoire de culture » affirme-t-il.

Inspecteur Croquette © La Station Animation

La Station animation, véritable dynamiseur du tissu local
Si la décision de s’implanter dans la cité papale a été prise par Michel Cortey, elle est surtout née d’une rencontre entre le directeur de production et l’ex-chef de projet digital et économie créative de l’agence de développement Vaucluse Provence Attractivité, Loïc Etienne.
Une rencontre qui comme un clin d’œil du destin se fait au festival d’Annecy « il était dans le même état d’esprit que nous, c’est-à-dire développer le potentiel numérique et culturel du Vaucluse. On voulait créer un véritable écosystème autour du tissu local ». 

Plus qu’un soutien, Loïc Etienne accompagnera le studio Station animation dans toutes les démarches jusqu’au choix des locaux. Installé dans des locaux de 150 mètres carré au cœur du centre-ville, la société dispose de tous les aménagements pour accueillir la quinzaine de modeleurs, ‘textureurs’ et quelques ‘setupeurs’ qui travaillent au quotidien pour le studio.

Partie de Campagne © La Station Animation

Des employés qui sont en majorité issus de l’Ecole des nouvelles images créé par Julien Deparis en 2017, situé avenue des sources à Avignon. Guidé par le désir de s’ancrer toujours plus sur et pour le territoire, le studio a noué un partenariat avec l’établissement vauclusien pour accueillir des élèves que ce soit pour des stages comme pour des contrats en sortie d’école « notre idée est clairement de favoriser le dynamisme et le savoir-faire du territoire vauclusien. L’école des nouvelles images est une des meilleures écoles du monde qui a permis l’émergence de très bons réalisateurs et animateurs d’image, tout le monde est gagnant ». 

Comme d’autres camarades à lui, Pierre Étienne Mazet, récemment diplômé de l’école des nouvelles images en tant que modeleur 3D, a pu signer un contrat de 6 mois avec la station animation pour travailler sur le prochain projet de série commandé par TF1. Une véritable chance pour ce jeune d’apprendre et de poursuivre sa formation dans un studio reconnu et près de chez lui.

« Nous avons l’espoir que l’humain reste prépondérant à nos métiers ».

Le Petit Nicolas © La Station Animation

L’avenir entre agrandissement et virage numérique
Si l’actualité la plus importante dans l’immédiat reste la sortie de « Chien et Chat » pour le studio, « station animation » pense à poursuivre son développement, notamment avec la prolifération de projets qui arrive.
Pour y faire face, Michel Cortey pense à déménager pour accueillir des équipes plus importantes et accélérer le rythme de travail « l’idée ça serait de trouver de nouveaux locaux d’ici deux ans, toujours à Avignon pour passer d’un accueil maximal de 30 employés à 50 ».

Face à l’avènement et la démocratisation de l’intelligence artificielle dans le secteur du numérique, le directeur de la production de la société reste attentif « nous avons eu déjà plusieurs réunions sur ce sujet, on sait que certaines tâches d’automatisation vont disparaitre mais nous avons l’espoir que l’humain reste prépondérant à nos métiers ».

Griott & Mungo © La Station Animation

La Station Animation : des projets avignonnais qui animent nos écrans

Mardi 30 mai, SudAnim, l’association des professionnels de l’animation et du jeu vidéo en Région Sud a présenté son bilan de l’année 2022 et ses objectifs pour l’avenir, dont celui de faire de la région Sud une terre d’animation.

C’est au cœur du domaine de la Dragonette à Entraigues-sur-la-Sorgue, lieu dédié aux industries culturelles et créatives, que SudAnim, l’association des professionnels de l’animation et du jeu vidéo, a présenté son bilan 2022 et a rappelé le poids des productions Françaises à l’international. Top 3 mondial en matière de production (2022), un niveau record d’exportations audiovisuelles (2020), un chiffre d’affaires du secteur qui approche 600 M€… L’animation française rayonne à travers le monde et le potentiel pour faire de la Région Sud un haut lieu de l’animation est présent.

Ecoles, formations, sociétés de production, studios, prestataires, savoir-faire… Tous les ingrédients sont là pour faire de la Région Sud un acteur majeur de l’animation. Au total, ce sont 77 œuvres animées qui ont été fabriquées dans la région depuis 2010 et la création du fond d’aide régional, avec une augmentation du rythme de production depuis 2021 (passage de 5 projets par an à 15). Le nombre d’animateurs et animatrices a également augmenté, passant de 30 (2019) à 155 (2021).

« Notre président s’engage à ne pas vous laisser tomber »

Michel Bissière, conseiller régional délégué à la création artistique.

« Minuscule 2 », « Même les Souris vont au Paradis » (nommé aux Césars 2022), « Gus le Chevalier Minus », « Grosha et Mr B. », « L’heure de l’Ourse » (César du meilleur film d’animation court métrage 2021) ou encore « Le nuit des sacs plastiques » (César du meilleur film d’animation court métrage 2020), tous ces projets ont été soutenus par la Région Sud. Région dont le Président, Renaud Muselier, compte continuer de s’investir pour faire du sud une terre d’animation : « C’est un engagement de notre président » a déclaré Michel Bissière, conseiller régional délégué à la création artistique.

SudAnim : promouvoir la filière et la développer

Créée en avril 2021, SudAnim, l’association des professionnels de l’animation, des VFX et du jeu vidéo en Région Sud a pour objectif de structurer, représenter et développer la filière de l’animation dans son ensemble (animation 2D, 3D, stop motion, motion design, etc.). Réparti en 6 collèges (écoles, étudiants, prestataires techniques, sociétés de production, studios d’animation, talents), SudAnim est organisé de manière à représenter l’entièreté du secteur de l’animation et permettre l’écoute de tous ses acteurs.

Parmi les nouveaux membres de l’association, qui a vu son nombre d’adhésions augmenter de 88% en 2022 : Duetto Production, Circus ou encore la Station Animation. Pour rappel, ces trois studios se sont installés en Vaucluse au cours des deux dernières années. Pour se fournir en main d’œuvres de qualité, ces studios peuvent compter sur l’Ecole des Nouvelles Images, l’école la plus primée au monde et récemment lauréate de l’appel à projet « France 2030 – la grande fabrique de l’image ».

Le rassemblement de ces poids lourds de l’animation fait du bassin de vie avignonnais le troisième grand pôle d’animation de la région derrière Marseille (le plus grand) et Arles (le plus ancien). Ce pôle devrait continuer de s’accroître avec l’arrivée de nouveaux acteurs du secteur sur le territoire : « Nous avons un projet d’installation avec une société canadienne et un projet franco-américain » a déclaré Cathy Fermanian, directrice générale de Vaucluse Provence Attractivité.

Faire de la région une terre d’animation

Actuellement quatrième pôle d’animation en France, derrière la Charente-Maritime, la région Rhône-Alpes et le Nord, la Région Sud ambitionne de rejoindre le podium. Pour ce faire, elle compte s’appuyer sur SudAnim dont l’un des objectifs est de se renforcer en recrutant le plus de membres pour comprendre au mieux les besoins de la filière et apporter les solutions les plus adaptées.

« L’agglomération considère que l’industrie culturelle et créative est une industrie clé »

Guy Moureau, vice-président délégué à l’économie.

Pour l’heure, chaque membre de SudAnim se consacre à ses projets, dont certains ont été dévoilés dans la vidéo de démonstration ci-dessous.


La Station Animation : des projets avignonnais qui animent nos écrans

Après La Station animation et Circus, Duetto, créé par Julien Chheng et Chorok Mouaddib, est le 3e studio à s’installer en Vaucluse en un an. Sa première production sortira en octobre.

« En quête d’un lieu d’implantation hors de Paris pour notre projet ‘Le Collège noir’, nous avons trouvé ici, en Vaucluse, les moyens d’avancer pas à pas et bénéficié d’un accompagnement pratique dans la recherche de nos locaux et de logements pour nos salariés. C’est cela qui a fait la différence » déclare Julien Chheng, président et créateur de Duetto, au côté de Chorok Mouaddib. Pour faciliter son installation, qui a eu lieu début mars, la société de production a bénéficié du soutien de Vaucluse Provence Attractivité, de la CoVe et de la mairie de Carpentras.

Avec cette installation, l’objectif des deux créateurs et de leur équipe, composée d’une quinzaine de personnes, est de produire leurs propres films, séries, courts et longs-métrages. Pour l’instant, le studio finalise son premier projet qui consiste à assurer une partie de l’animation du « Collège noir ». Composée de six épisodes de 15 minutes, la diffusion de cette série, adaptée de la BD éponyme d’Ulysse Malassagne, est prévue pour octobre sur la plateforme de streaming ADN, puis sur Slash (France Télévision).

Les artistes réalisent la mise en mouvement des personnages © Alain Hocquel – VPA

Si le travail d’animation effectué par Duetto sur « Le Collège noir » a entièrement été réalisé par des jeunes venus de région parisienne, le studio n’exclut pas de collaborer avec des talents locaux. « L’objectif est de trouver des pépites de l’animation dans la région et de les former » explique Julien Chheng. « Pour l’heure, il n’y a pas de profils qualifiés dans la région. Il manque une montée en compétences », ajoute Chorok Mouaddib, créatrice et directrice générale de Duetto.

Un héritage de référence

Au vu de leur expérience, l’exigence des deux créateurs est compréhensible. Depuis près de 10 ans, ils œuvrent au sein du Studio La Cachette à Paris, dont Julien Chheng est le co-fondateur et Chorok Mouaddib la responsable de production. De ce studio sont nés de multiples créations à destination des plateformes et projets pour le grand écran comme « Ernest et Célestine : le Voyage en Charabie » sorti en décembre dernier, fruit de deux années de travail d’une centaine d’artistes.

Pour poursuivre cette expérience, Duetto, en plus de produire ses propres projets, accueillera une partie de ceux du Studio La Cachette pour les sous-traiter.

Après la mise en mouvement, d’autres artistes s’occupent de la mise en couleurs © Alain Hocquel – VPA

Parmi les autres prestigieuses réalisations du Studio La Cachette et de ses créateurs : un épisode de la saison 1 de la série « Love, Death & Robots », produite par Tim Miller et David Fincher et diffusée sur Netflix. Plus récemment, Julien Chheng a également signé la réalisation de « The Spy Dancer », un épisode de la saison 2 de « Star Wars : Visions » diffusée sur la plateforme Disney+ et dont le commanditaire n’est autre que Lucas Films.

Duetto réunit ainsi de solides compétences et avec deux autres studios d’animation récemment installés en Vaucluse et une école, dont les projets étudiants ne cessent d’être récompensés, le département ne manque pas de (futurs) talents pour faire du Vaucluse une terre de cinéma.

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