15 octobre 2026 |

Ecrit par le 15 octobre 2026

Centre hospitalier d’Avignon, SOS Sein accélère la prise en charge

Au Centre hospitalier d’Avignon, le dispositif SOS Sein facilite l’accès au diagnostic et aux traitements du cancer du sein. Avec près de 450 examens et plus de 200 interventions chirurgicales par an, l’établissement a développé un parcours coordonné, de la première suspicion jusqu’à la reconstruction mammaire. Une prise en charge d’excellence alors que l’accès rapide à la mammographie demeure difficile.

Face à une suspicion de cancer du sein, chaque jour compte. Au Centre hospitalier d’Avignon, le dispositif SOS Sein, progressivement structuré depuis cinq ans, permet aux médecins généralistes, gynécologues et sages-femmes d’orienter rapidement leurs patientes vers les spécialistes hospitaliers.

Coup d’accélérateur
Grâce à une ligne téléphonique et une adresse électronique dédiées, les professionnels de santé peuvent solliciter une mammographie, une biopsie ou une consultation spécialisée. Les premiers résultats d’une biopsie peuvent être disponibles sous 48 heures, tandis qu’une consultation est généralement organisée dans les sept à dix jours suivants. « L’accès à la mammographie dans le Vaucluse reste difficile », observe le Docteur Laurence Lugans, qui souligne l’intérêt de ce circuit pour réduire les délais et éviter aux patientes une succession de démarches. En 2025, quelque 265 femmes ont été prises en charge dans le cadre de cette activité, dont 210 ont été opérées.

Copyright Mireille Hurlin

Une annonce accompagnée, des traitements coordonnés
Depuis un an, un hôpital de jour spécifique encadre l’annonce du diagnostic et la présentation des traitements. Après la consultation avec la chirurgienne, Peggy Beuzelin, infirmière de coordination, reprend les explications, répond aux interrogations et accompagne les patientes dans leurs démarches. Un soutien psychologique et social peut également être proposé. Chaque dossier est ensuite examiné en réunion pluridisciplinaire, en collaboration notamment avec l’Institut Sainte-Catherine. Les deux établissements se complètent : l’hôpital d’Avignon assure la chirurgie, les traitements médicamenteux et les examens spécialisés, tandis que Sainte-Catherine dispose du plateau de radiothérapie. Cette organisation s’étend au territoire. Des oncologues avignonnais interviennent également à Orange, Carpentras et Apt, permettant à certaines patientes de recevoir leur chimiothérapie plus près de leur domicile.

Soigner le cancer, préserver la qualité de vie
L’hôpital propose différentes interventions, de la chirurgie conservatrice à l’ablation complète du sein, avec possibilité de reconstruction immédiate ou différée. Prothèses, greffes de graisse ou reconstruction à partir des tissus de la patiente : les techniques sont adaptées à chaque situation. L’accompagnement se poursuit après les traitements, notamment pour prévenir les douleurs persistantes et les complications. Les patientes bénéficient généralement d’un suivi spécialisé pendant cinq ans, avant de poursuivre leur surveillance en médecine de ville.

Le dépistage précoce reste déterminant
En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Le programme national de dépistage organisé invite celles âgées de 50 à 74 ans, sans risque particulier, à réaliser une mammographie tous les deux ans. À Avignon, SOS Sein veut raccourcir le temps entre la suspicion, le diagnostic et les premiers soins, sans sacrifier l’accompagnement humain.

Octobre rose c’est aussi déployé à l’hopital Le Centre Hospitalier d’Avignon et a rassemblé près de 400 personnes pour cette journée
de sensibilisation et de prévention du cancer du sein. Copyright Mireille Hurlin

En bref
Le Centre hospitalier d’Avignon accueille SOS Sein où près de 450 examens de dépistage et de diagnostic sont réalisés chaque année. Près de 265 patientes reçues et 210 patientes opérées en 2025. Quatre nouvelles patientes sont traitées chaque semaine. L’accès au dispositif se fait par l’intermédiaire des professionnels de santé. Chirurgie, oncologie et reconstruction mammaire sont réalisés au Centre hospitalier d’Avignon et la radiothérapie à l’Institut Sainte-Catherine.

Extraits de ce qui s’est dit
Docteur Laurence Lugans, chirurgienne : « Nous travaillons, ensemble, chaque semaine, avec l’Institut du cancer Sainte Catherine et tous les dossiers sont validés en commun. deux centres sont désormais agréés pour la chirurgie : l’hôpital d’Avignon et la clinique Fontvert (La clinique Urbain V à Avignon a été transférée à la clinique Fontvert au Pontet). Nous procédons également à tous les examens nécessaires comme le diagnostic et, aussi, le repérage préopératoire. Parce que la majorité des patientes qu’on opère d’un cancer du sein ont besoin de repérages, notamment des ganglions sentinelles, qui ne peuvent se faire qu’ici en médecine nucléaire. Toute la prise en charge d’imagerie, de repérage, de bilan préopératoire peut se faire ici, en dehors de la radiothérapie. »

Docteur Nathan Aouizerat, oncologue : « Rapportée à sa population, l’incidence globale des cancers semble élevée en Vaucluse. Plusieurs facteurs pourraient contribuer à cette situation : la précarité, la sédentarité, l’obésité, mais aussi, potentiellement, l’exposition à certains produits utilisés dans l’agriculture. Sur ce dernier point, les recherches sont en cours. Les facteurs de risque, spécifiques au territoire, sont également l’augmentation de l’obésité et la sédentarité qui fragilisent la santé de la population. À ces éléments s’ajoutent les inégalités d’accès à la prévention, au dépistage et au suivi médical, qui peuvent peser sur le diagnostic et la prise en charge des maladies. »

Des partenaires de l’hopital, comme la lingerie Bel ange participaient à l’événement Octobre rose Copyright Mireille Hurlin

Docteur Florence Hugele, chirurgienne : « Nous proposons de nombreux soins support et de bien-être pour accompagner les patients tout au long de leur parcours de soins. Nous travaillons notamment avec des associations comme Cancer et qualité de vie à domicile (CQVD) et la Ligue contre le cancer. Cet accompagnement comprend également des entretiens avec des psychologues, des séances de sophrologie, de la chirurgie réparatrice, du drainage lymphatique assuré par un réseau de kinésithérapeutes, ainsi que la prise en charge des neuropathies. Notre rôle est aussi de rester particulièrement vigilants quant à la douleur et à son traitement. C’est une dimension essentielle de la prise en charge, à laquelle contribue notamment le centre antidouleur, installé au sein même de notre établissement. »

Peggy Beuzelin, IDE (Infirmière diplômée d’Etat) : « « Environ 20 % des patientes accompagnées ont été biopsiées dans notre établissement. Elles sont d’abord reçues par la chirurgienne, qui leur explique le diagnostic, la maladie et les différentes étapes de leur prise en charge. Si une intervention chirurgicale est envisagée en première intention, elle leur en précise les modalités ainsi que les traitements susceptibles de suivre, qui seront confirmés par les résultats de l’analyse anatomopathologique. Si un traitement par chimiothérapie doit débuter avant l’opération, les patientes sont alors orientées vers les oncologues. Mon rôle, en tant qu’infirmière, est de reprendre ces explications, de m’assurer que les patientes ont bien compris ce qui leur a été annoncé et de les accompagner dans la découverte de leur parcours de soins. Lorsqu’une chirurgie est programmée, je leur remets un dossier d’information et je reprends avec elles les différentes étapes à venir. Si une chimiothérapie est nécessaire, je leur explique les premières modalités du traitement : les effets secondaires possibles, la pose d’un port-à-cathéter, ce dispositif implanté sous la peau qui permet d’administrer les médicaments, et le déroulement des premières séances. L’annonce est un moment délicat. Les patientes ne s’attendent pas toujours à devoir suivre une chimiothérapie, et la perspective des traitements peut susciter beaucoup d’inquiétudes. Il est donc essentiel qu’elles puissent mettre un visage sur les professionnels qui vont les accompagner, qu’elles sachent à qui s’adresser et qu’elles disposent de nos coordonnées pour nous joindre. Nous veillons aussi à leur offrir un soutien qui ne soit pas uniquement médical. Au sein de l’hôpital de jour, elles peuvent bénéficier d’un entretien avec un psychologue et rencontrer une assistante sociale. Car au-delà du diagnostic, il faut aider chaque patiente à comprendre ce qui l’attend, à apprivoiser les différentes étapes du traitement et à ne pas se sentir seule face à la maladie. »

Le programme de dépistage du cancer du sein
Tous les 2 ans, de 50 à 74 ans, le régime d’assurance maladie adresse, aux femmes, une invitation à participer au dépistage gratuit du cancer du sein. Cette invitation contient une liste des radiologues agréés du département dans le cadre du programme national de dépistage du cancer du sein.
Mireille Hurlin

Un concert quartet de l’école de musique de Rognonas participait à Octobre rose Copyright Mireille Hurlin

https://www.echodumardi.com/tag/laurence-lugans/   1/1