Même Jean-François Nardot-Peyrille, le Président de la Fédération Nationale des Réseaux Entreprendre était venu au Confidentiel pour cette 3e Fête de l’Entrepreneur organisée par Brigitte Borel et son équipe du Réseau Entreprendre Rhône-Durance. « Depuis 1986, avec enthousiasme, nous qui sommes tous bénévoles, nous avons essaimé. Il y a aujourd’hui 65 associations dans l’Hexagone, 140 implantations dans 10 pays, 15 000 membres pour soutenir les territoires, créer et pérenniser des emplois. On n’a rien à gagner, on paie même une cotisation et on donne de notre temps et de notre expérience aux autres, pour les aider, pour leur donner l’envie d’entreprendre ou leur sortir la tête de l’eau. Quel beau modèle de solidarité générationnelle ! »
Joël de Bellis, l’ancien patron du Novotel d’Avignon-Nord l’a rappelé : « Entreprendre, c’est une belle aventure humaine, c’est composer mais on n’est jamais sûr du succès. On est le chef d’un orchestre, mais il faut aussi de bons musiciens, qui jouent la même partition, sans fausse note. »
Arrivé sur scène, André Manoukian fait des parallèles entre musique et entreprise. « On cherche des notes qui donnent un accord parfait, une harmonie, une concorde, on capte l’air du temps, le sens des affaires. On a de l’empathie pour les collaborateurs puisqu’on les a choisis, salariés ou musiciens. On est à l’écoute du guitariste puis on rebondit sur le batteur, la sauce prend, on a les oreilles grandes ouvertes pour leurs suggestions, une énergie circule dans le groupe, on avance tous ensemble ».
Il évoque alors deux chefs d’orchestre charismatiques. « Leonard Bernstein avait un langage métaphorique, il utilisait des images pour se faire comprendre des musiciens du Philharmonique de New-York. Il s’émancipait d’un certain académisme, passait d’un style à l’autre, du jazz au blues avec éclectisme. Il a fait une cinquantaine d’émission TV pour éveiller les jeunes à la musique et à toutes les musiques, avec passion et humour. Alors que le chef Herbert Von Karajan lui, a signé 600 enregistrements centrés sur un répertoire européen de Bäch à Bartok, de Beethoven à Brahms, de Vivaldi à Verdi, de Mahler à Wagner était autoritaire, exigeant. » Il a même été qualifié de génie et de tyran.
Brigitte Borel, la directrice du Réseau Rhône-Durance a rappelé que 550 000€ de prêts d’honneur à taux zéro avaient été accordés à des lauréats à la création ou à la reprise d’entreprises l’an dernier. Véronique Constantin et Olivier Coupaye, les deux co-présidents qui ont succédé à Emmanuel Sertain ont insisté sur les 1 257 emplois créés ou sauvegardés et sur les valeurs cardinales qui prévalent dans cette association : bienveillance, gratuité, solidarité, générosité, confiance, engagement, partage d’expérience, aventure humaine.


Parmi les lauréats promus récemment, André Manoukian a été carrément « emballé » par l’entreprise Facilembal installée à Avignon-Fontcouverte qui offre des solutions pour transporter tous les colis, quelle que soit leur taille, pour la SNCF, EDF ou Airbus « au millimètre et au centime près. » Et quand les deux associés, Vincent Ducourtial et Sébastien Ripert ont appris que l’invité d’honneur était André Manoukian, leur ingénieux collaborateur Célestin Fournier-Mathieu a conçu un piano à queue en carton. Si, si. 100% carton, avec uniquement du carton pour les 53 touches blanches et les 35 noires qui ont émerveillé le compositeur. « Si vous mettez un vrai clavier, je jouerai dessus », a promis André Manoukian, dans un large sourire.




