25 mai 2026 |

Ecrit par le 25 mai 2026

Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Qualifié comme un des piliers du blues en France, Manu Lanvin fera étape au Sonograf, le dimanche 5 avril, pour un concert qui s’annonce, pour la salle associative du Thor, comme un événement majeur de ce printemps. En marge de ce rendez-vous l’Echo du Mardi a pu échanger avec celui qui n’a mâche pas ses mots (il a de qui tenir). Morceaux choisis.

L’Echo du Mardi :
Vous faîtes beaucoup de concerts partout en France et en Europe, qu’est-ce que représente pour vous la scène ?

Manu Lanvin :
La scène c’est ma passion première. J’ai toujours fait de la musique pour la musique live. Je ne rentre pas dans cette catégorie d’artistes qui font du « produit musical ». On fait une musique vivante. Le blues et le rock sont des musiques qui se jouent en live. Après, on fait des pauses en studio, c’est juste pour faire une photo de là où on en est dans nos expériences, nos émotions. Nos créations sont faites pour être défendues en live. Vous savez j’ai commencé à jouer quand j’étais ado et très vite j’ai eu la conviction que s’il y avait une place à prendre ce serait sur scène.

“Dans toutes les religions et à toutes les époques c’est la musique qui a toujours déplu.“

EdM :
Comment définissez-vous le plaisir à être sur scène ?

ML :
La scène c’est le seul moment où vous vous libérez de votre égo. Le seul moment où vous êtes dans le moment présent, où vous êtes au service des autres. C’est un moment de bonheur énorme. C’est en définitive une magnifique thérapie. On est là pour échanger des émotions positives. Aucune autre activité permet cela. A part le sport, sauf dans le foot surtout quand je vois comment ils se foutent sur la gueule à la fin des matchs. Avec la musique ce n’est pas le cas. On ne fait qu’un avec le public. Ce sont des moments de communion magnifiques et qui de plus se font dans la joie.

On pourrait finalement presque comparé cela à ce que les gens vont chercher quand ils vont dans un lieu de culte. Mais je ne suis pas du tout dans la religion. Dans toutes les religions et à toutes époques ce qui m’a toujours déplu c’est la musique. Nous étions pour eux les ennemis jurés. Normal on leur piquait des fidèles. Avec une guitare et des mots d’amour on la attiré tous les jeunes. Ils auraient préférés les garder sous contrôle dans leurs lieux de culte. Dans mes albums je parle souvent de ce sujet.

Je respecte la spiritualité de chacun mais je vois qu’au fond de moi je fais du bien. Et ça me fait du bien que de faire du bien aux autres.

©Visuel Tour

EdM :
A chaque génération il y a une musique porte-parole, dans les années 60 c’était le rock-n-roll, maintenant c’est le rap, quelle place a aujourd’hui le blues, et quels messages a-t-il à faire entendre ?

ML :
C’est un réflexion que j’ai toujours eu : est-ce que je ne suis pas démodé ? Je joue une musique qui n’est pas celle de ma génération. Mais elle est dans notre patrimoine de ce qu’ont laissé des gens comme les Stones ou Jimi Hendrix. Ca reste des modèles à suivre. C’est une musique qui traversera le temps. Elle est peut-être moins en vogue en ce moment quoique… Lorsque vous voyez aux US ce que représente l’économie d’un artiste comme Joe Bonamassa c’est énorme. C’est un business incroyable, c’est hors norme. Je pourrai aussi parler de John Mayer ou Garry Clark Junior. La Grande-Bretagne, le pays qui a donné la plus part des guitar heros, le blues est toujours bien vivant avec beaucoup de jeunes talents qui émergent.

Le rap s’est aujourd’hui beaucoup appauvri, c’est même devenu caricatural.“

Ce qui m’amuse c’est que le rock au début était une musique plutôt en marge, aujourd’hui la musique urbaine est en plein dans le système. Elle en profite alors qu’elle l’a totalement critiqué au début. Ils sont tous dedans aujourd’hui. Moi, j’aime bien me retrouver finalement dans les courants marginaux. Si on additionne tous les billets vendus par des artistes de blues ou de rock je peux vous assurer que c’est énorme. J’aime bien cette idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique. Car c’est pour moi un moteur de créativité. Le rap s’est aujourd’hui beaucoup appauvri, c’est même devenu caricatural. J’aime le hip-hop, c’est la musique de ma génération. J’ai adoré Run DMC ou Das EFX ils étaient novateur de quelque chose. Aujourd’hui beaucoup de jeunes veulent faire du rap pour être dans la lumière, aller dans des défilés de mode de chez Chanel ou Vuitton. Ils se sont perdus.

Manu Lanvin By Klaus Guchelaar

EdM :
Quel est le profil de ceux qui viennent vous écouter en concert ?

ML :
Plutôt des personnes qui ont la quarantaine ou la cinquantaine. Mais ce qui est génial c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes, souvent amenés par leurs parents. Et certains mordent à l’hameçon.

Avec l’IA on est dans le fast-food de la musique.“

EdM :
Comment réagissez-vous au développement de l’IA et en particulier dans le domaine de la musique ?

ML :
Ce sont des outils magnifiques. Je les utilise. Dans le studio où je travaille, on y fait des essais c’est intéressant. On voit où cela peut nous emmener. Dans un processus de création ça permet de faire un ping-pong avec l’ordinateur. Il suggère mais on doit décider. Mais quand on est un créatif on n’a pas envie de confier sa création à un ordinateur. Ca ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse c’est de vibrer c’est de créer nos propres histoires, d’écrire nos chansons à nous. C’est aussi de garder nos défauts de langage. L’album que j’ai écrit pour mon père (« Ici-bas ») nous avons conservé tout ce qui fait son phrasé et sont style. L’IA n’aurait jamais pu écrire un album pour mon père. Les mots choisis n’auraient jamais pu fonctionné avec l’IA.

Moi, j’aime créer. Après s’il y a des mecs qui trouvent des combines pour faire travailler l’IA et gagner de l’argent c’est leur histoire et je ne les condamne pas. Ce qui m’intéresse c’est de créer des choses qui sont à moi. Je n’ai pas envie d’être un faussaire. Avec l’IA on est dans le fast-food de la musique. Quand vous écrivez une chanson vous l’avez l’impression d’être John Lennon, le temps d’une soirée, c’est un bonheur énorme. Je ne supprimerai jamais le bonheur de créer.

©Eric MARTIN

EdM :
Qu’est-ce qu’on entendra lors de votre concert au Sonograf le 5 avril ?

ML :
Ce sera un mélange des titres de mon dernier album (« Man On a mission » octobre 2025) et de morceaux plus anciens. Dans mes concert je fais toujours ce type de mélange. Nous serons 4 musiciens sur scène.

Manu Lanvin au Sonograf le dimanche 5 avril à 18h30
D901 Le Thor,
Prix des places de 19 à 25 €
Pour en savoir plus :
www.lesonograf.fr/concerts/manulanvin
https://www.manulanvin.com

Réservations en ligne : ICI


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

En 2026, le Sonograf, la scène dédiée au blues, au rock et aux musiques du monde, installée au Thor, fêtera ses 20 ans d’existence. Fidèle à ses ambitions initiales, cette salle s’est imposée comme une scène incontournable dont la renommée dépasse largement aujourd’hui le cadre régional. Retour sur l’histoire atypique de cette salle vauclusienne.

Le Grenier à Sons, Les Passagers du Zinc, l’AJMI, la Gare de Coustellet, l’Akwaba… les salles culturelles et alternatives sont nombreuses sur le territoire, et chacune porte fièrement sa personnalité et ses spécificités. Quant au Sonograf, la petite dernière, née en 2006, elle tire son origine d’une association culturelle, « Pose ton art », et à un concours de circonstance peu banal.  

L’idée d’en faire aussi un espace de diffusion et de représentation s’imposa rapidement

Ladite association était à l’époque à la recherche d’un lieu pour y regrouper sur un même toit toutes ses activités. Elle tombe alors un peu par hasard sur un local à louer dans la zone artisanale de la Cigalière au Thor. L’affaire fut vite conclue. Ce lieu offrait de nombreuses possibilités et l’idée d’en faire aussi un espace de diffusion et de représentation s’imposa rapidement. Un lieu inspirant en quelque sorte. C’est ainsi que naquit en 2006 le Sonograf (un nom choisi après une consultation des bénévoles et des membres du CA de l’association).

Ne voulant pas empiéter sur la programmation des « salles amies », le jeune Sonograf fait alors le pari de se la jouer jazz. Mais jazz standard, entendez par là le genre Duke Ellington et Louis Armstrong, laissant à l’AJMI d’Avignon les autres formes de jazz. Mais la partition choisie ne fût pas la bonne. Le succès n’était pas au rendez-vous. Le pari était osé et risqué, en particulier en zone rurale, reconnaît Selim Chkelit, le président de l’association de l’époque et aujourd’hui à la tête de celle du Sonograf. Il fallut attendre 2009, pour que cette salle trouve sa vraie vocation musicale. Et cela de manière un peu fortuite. À cette époque, le blues et le rock avaient sur Avignon et ses alentours deux têtes de pont : une salle, le Rouge Gorge (place de la Mirande) qui programmait du blues deux fois par mois, et une émission de radio hebdomadaire sur France Bleu (aujourd’hui ICI). Les amateurs étaient aux anges.  

Le Sonograf se retrouve ainsi le seul en scène

Animée par Jeff, l’émission de radio fût remise en question avec l’arrivée d’une nouvelle directrice. Refusant de voir disparaître son émission, l’animateur mobilisa de nombreux musiciens pour organiser un concert de soutien avec signature d’une pétition à la clé. Si les artistes répondirent présents, trouver une salle s’avéra beaucoup plus compliqué. Les responsables des endroits pressentis ne voulaient pas prendre le risque de se fâcher avec la radio qui fait de la promotion des évènements du territoire un crédo. N’ayant pas grand-chose à perdre, le Sonograf accepta d’accueillir le concert et ses centaines de spectateurs.  La salle avait trouvé sa vocation et son public.  Autre tourment de l’histoire, quelques mois plus tard, Le Rouge Gorge tire sa révérence.  Plus de salle et plus d’émission, le blues était orphelin ou presque. Le Sonograf se retrouve ainsi le seul en scène. 20 ans ont passé, la salle du Thor est restée fidèle à ses valeurs et en particulier sa mission d’éducation populaire. En 20 ans, elle a organisé plus de 900 concerts et 600 soirées récréatives et accueilli 154 000 spectateurs. Une belle performance pour une salle dont la capacité n’est que de 200 places.

« Oui, on est aujourd’hui un peu un lieu de résistance, mais on reste dans le mouvement contemporain. »

Selim Chkelit

Face aux déferlantes musicales actuelles boostées à coup d’auto-tune et d’IA, le Sonograf fait un peu figure de lieu de résistance. « Oui, on est aujourd’hui un peu un lieu de résistance mais on reste dans le mouvement contemporain », ajoute Selim Chkelit, le président et programmateur de la salle. « Il est difficile aujourd’hui de rester dans des cases et ne pas voir les évolutions musicales en cours et ne pas en tenir compte » ajoute-t-il. Le Sonograf reçoit de nombreux artistes qui sont à la croisée de différents genres musicaux. Un exemple : le 17 janvier prochain, la scène du Thor recevra Lord Bishop, un groupe qui se revendique du genre « Métal Blues. » Fallait oser. « On n’est pas dans une frange grand public, j’en ai conscience, mais nous avons toute notre place et notre public », ajoute Selim.   

En 20 ans d’existence, les souvenirs sont évidemment nombreux et pour quelque uns très forts : comme la venue de la chanteuse américaine Sista Monica Parker, le guitariste Titi Robin, le bluesman Otis Taylor ou dans un autre genre le chanteur Dick Annegarn, un ami proche de Selim Chkelit. Sans oublier les chouchous comme Dr Feelgood, qui en 20 ans sont venus 11 fois au Sonograf. Indémodable. Les amateurs de blues pourront également se souvenir de la venue de la chanteuse américaine Sari Schorr, dont une partie du cachet a été réglée par un des bénévoles de l’association. Sans cet apport, le public du Sonograf n’aurait pas pu voir cette célébrité de la scène mondiale du blues.  

Un modèle économique atypique 

Le Sonograf est une association loi 1901, qui fonctionne uniquement avec des bénévoles (une cinquantaine) et trois contrats en alternance. C’est ce modèle économique qui permet à cette salle de proposer autant de concerts pour un budget annuel assez limité (250 K€) et un niveau de subventions publiques relativement modeste (25%). Si la vente de billets constitue l’essentiel des revenus, la salle escompte aussi sur les dons de particuliers ou d’entreprises. La salle vient d’ailleurs de lancer, comme chaque année à pareille date, sa campagne de don.

Une programmation spéciale pour les 20 ans de la salle

Pour ses 20 ans, Selim et son équipe ont préparé une programmation qui devrait faire date. S’il nous faut encore attendre quelques semaines pour en savoir plus, on peut d’ores-et-déjà noter que le 25 avril un hommage sera rendu à Prince avec un concert exceptionnel où plusieurs de ces musiciens seront présents sur la scène du Sonograf. On sait également qu’entre le 15 octobre et le 15 novembre, chaque semaine, un style musical sera à l’honneur : blues, rock, musique latino et musique africaine. Avec à chaque fois des rendez-vous exceptionnels nous promet Selim. On se surprend à attendre l’automne avec une certaine impatience.   


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Robert Malone dit Bob , claviériste, chanteur et auteur-compositeur américain

Bob Malone, d’après The New Yorker, est un artiste aux neuf albums encensés et à la fanbase mondiale. Pianiste de John Fogerty depuis 2011, il a collaboré avec Ringo Starr et Avril Lavigne en studio. Sa reprise de You’re A Mean One, Mr. Grinch a marqué le film Le Grinch de 2018. En concert, il mêle ses propres hits rock et ballades au piano à des classiques revisités avec éclat. En tant que membre du groupe de Fogerty, il a joué dans des lieux prestigieux et figure sur des enregistrements live de renom.

Flûte et batterie en première partie

Rosaway en duo. Rosaway est un mélange surprenant et original. D’un côté la flûte traversière de l’autre, la batterie.

Samedi 23 mars. 20h30. Ouverture des portes 19h15. 14 à 20€. Le Sonograf. ZA La Cigaliere. Le Thor. 04 90 03 13 30.


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Elise & The Sugarsweets ? un savant cocktail de Soul, de Funk, de Blues et de Rock.
L’histoire d’Elise & The Sugarsweets commence en 2016 avec la volonté d’amener quelque chose de différent aux auditeurs du genre. Depuis, le groupe ne cesse de performer et d’affirmer son style unique ! Une ambiance musicale vous transporte entre une terrasse parisienne et un bar américain.
Après avoir réalisé 1 EP et 1 album (When The Whistle Blows et It Can’t Go Wrong), leur nouvel opus en préparation sortira en Mars 2022. Un son nouveau et quelques collaborations inédites en feront une des belles sorties de l’année prochaine.
Samedi 25 février 2023. 20h30.10 à 17€. Le Sonograf. D 901. ZA La Cigaliere. Le Thor. Entre le Thor et l’Isle/Sorgue. 04 90 03 13 30. www.lesonograf.fr


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Ganafoul, groupe phare du Hard Blues français
(7 albums, concerts en France et à l’étranger, festivals Bourges, Fourvière, Orange, Fête de l’Huma, 1ère parties d’AC/DC à Aix les Bains, Little Bob Story, Boomtown Rats, Television…) s’est reformé. Après la sortie en 2020 de titres inédits chez Simplex Records et la réédition en octobre 2022 de « Full speed ahead », leur deuxième album sur le label Bad Reputation Records, le groupe revisite son répertoire dans un nouvel enregistrement, sortie prévue début 2023 !

Jack Bon : guitare-chant
Edouard Gonzales : guitare
Yves Rotacher : batterie-chant
Luc Blackstone : basse-chant

Samedi 18 février. 20h30. 10 à 17€. Le Sonograf. ZA La Cigaliere. Le Thor. Entre le Thor et l’Isle/Sorgue. 04 90 03 13 30. www.lesonograf.fr Les infos pratiques ici.

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