10 septembre 2026 |

Ecrit par le 10 septembre 2026

Eau en Vaucluse : Préserver l’abondance

Le Vaucluse est irrigué par le Rhône et la Durance et dispose d’importantes nappes souterraines. Pourtant, derrière cette apparente abondance, les fragilités se multiplient. Cours d’eau en déficit, nappes sous pression, sécheresses récurrentes et besoins agricoles placent désormais l’eau au cœur des choix d’aménagement. Une étude d’ObserVaucluse, et de l’Aurav (Agence d’urbanisme Rhone-Avignon-Vaucluse) dresse un état des lieux qui invite à changer de regard sur une ressource longtemps considérée comme acquise.

Le paradoxe vauclusien tient presque à sa géographie. Le département est bordé par deux ressources majeures, le Rhône et la Durance, compte quelque 2 000 kilomètres de rivières, dont 500 km pour le seul réseau des Sorgues, et possède 16 grandes masses d’eau souterraines. Sur les 13 sous-bassins versants du département, quatre sont en déséquilibre quantitatif et quatre autres présentent un équilibre fragile. Quant aux cours d’eau suivis par le Département, seuls 43% environ affichent un bon ou très bon état écologique.

Comment se portent les nappes phréatiques ?
La situation des nappes n’est guère plus uniforme. Cinq ressources souterraines sont considérées comme stratégiques pour l’alimentation en eau potable et couvrent 67% du territoire vauclusien, tandis que quatre nappes sont déjà identifiées en déséquilibre quantitatif. C’est là que cela se complique. En 30 ans, la température moyenne a déjà progressé de 1,1 °C en Vaucluse. Les sécheresses s’allongent, les pluies deviennent moins régulières et les sols s’assèchent.

Les projections de l’Aurav
Les projections présentées par l’Aurav alertent : dans certains secteurs, les précipitations estivales pourraient diminuer de plus de 15% à l’horizon 2050. Surtout, les débits d’étiage des cours d’eau pourraient reculer de 10 à 60%. Depuis 2011, le Vaucluse a déjà connu 80 arrêtés de restrictions liés à la sécheresse. La crise exceptionnelle tend ainsi à devenir un rendez-vous récurrent. Cette tendance dépasse le Vaucluse. L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse estime que 40% du bassin Rhône-Méditerranée connaît déjà un déficit chronique en eau.

L’agriculture en première ligne
Dans ce département de vignes, de vergers et de maraîchage, la question est particulièrement sensible, car l’irrigation agricole concentre l’immense majorité des prélèvements d’eau, loin devant l’alimentation en eau potable. Le Département estimait ainsi sa part à 84% des prélèvements, contre 15% pour l’eau potable. Cela ne signifiait pas que toute cette eau soit définitivement consommée : une partie des volumes prélevés, notamment dans les grands réseaux d’irrigation, retourne au milieu naturel. Mais la dépendance demeure considérable. Quelque 21% des terres agricoles vauclusiennes sont irriguées et environ 345 millions de mètres cubes étaient prélevés annuellement pour l’irrigation, relevait le Département. La réponse ne se résume donc pas à chercher davantage d’eau, mais plutôt à améliorer les réseaux, pour une irrigation plus efficiente et recourir, lorsque cela est possible, à des ressources moins fragiles.

Construire là où l’eau le permet
Ce que soulève l’étude ? L’eau devient un préalable à l’aménagement du territoire. Accueillir de nouveaux habitants, construire des logements ou développer des activités suppose désormais de vérifier que la ressource pourra suivre. Le SCoT (Schéma de cohérence territoriale) du Pays d’Apt Luberon applique déjà cette logique en confrontant ses ambitions démographiques aux capacités réelles de production d’eau potable. Ainsi, la disponibilité en eau devient le préalable obligatoire à la réalisation du projet et décide s’il est soutenable ou non.

ObserVaucluse
C’est précisément l’ambition du travail engagé par ObserVaucluse. Ce premier volet rassemble les connaissances et identifie les acteurs ; un second doit approfondir l’intégration de l’équilibre entre ressources et besoins dans les documents d’urbanisme. Le sujet est donc particulièrement concret. Demain, la capacité d’un territoire à se développer dépendra aussi de l’eau dont il dispose. Et en Vaucluse, cette question pèse déjà sur sa stratégie à dessiner l’avenir. Créé en 2022, ObserVaucluse est l’observatoire territorial de Vaucluse. Il est co-piloté par la DDT (Direction départementale des territoires de Vaucluse) de Vaucluse et le Département de Vaucluse. Son animation et sa mise en œuvre technique sont assurées par l’Agence d’Urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav). La structure a pour missions de partager et diffuser l’information territoriale, de renforcer la coopération entre les acteurs publics, d’aider au pilotage et à la mise en cohérence des actions politiques publiques vauclusiennes et d’appuyer les projets des collectivités de Vaucluse.

Sources : ObserVaucluse. Adéquation entre les ressources et la demande en eau en Vaucluse. Toute l’étude volet 1 ici. Aurav. Avril 2026.  Direction de la publication : Gilles Périlhou Réalisation : Gianni Judas, Pierre-Baptiste Faure (Aurav), Conseil Départemental de Vaucluse, Direction Départementale des Territoires de Vaucluse. Partenaires contributeurs : Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, Région Sud, Arbe.
Mireille Hurlin


Eau en Vaucluse : Préserver l’abondance

Selon la Préfecture la situation hydrologique continue de se dégrader en Vaucluse. La Durance et la Nesque passent en alerte renforcée, tandis que le Sud-Ouest du Mont-Ventoux est désormais en alerte. Plusieurs autres bassins restent soumis à des restrictions élevées.

Face à la poursuite de la dégradation météorologique et hydrologique, le préfet de Vaucluse renforce les mesures d’économie d’eau. La Durance et la Nesque passent en alerte renforcée, rejoignant le Calavon-amont et le Sud-Luberon, déjà à ce niveau. Le Sud-Ouest du Mont-Ventoux passe en alerte, comme le Calavon-médian et les Sorgues. La Meyne, le Rhône et l’Ouvèze provençale restent, eux, en vigilance, tout comme les secteurs alimentés par la ressource stockée de Serre-Ponçon.

Tous les usagers concernés
L’alerte et l’alerte renforcée entraînent des restrictions pour les particuliers, agriculteurs, entreprises et collectivités. Plus le niveau augmente, plus les usages de l’eau sont encadrés. En vigilance, les usagers sont appelés à limiter leur consommation au strict nécessaire. La dégradation concerne également les bassins interdépartementaux : le Lez provençal-Lauzon est en alerte renforcée depuis le 27 juillet, tandis que l’Aygues est en alerte depuis le 10 août.

Les infos pratiques
Pour connaître les restrictions applicables à chaque commune, les usagers peuvent consulter VigiEau, la plateforme officielle de suivi de la sécheresse. Et le préfet prévient : si la situation continue de se détériorer, des mesures plus sévères pourraient être prises prochainement.
Source : Préfecture de Vaucluse ici.
Mireille Hurlin


Eau en Vaucluse : Préserver l’abondance

Fin juin le Syndicat Mixte du Bassin des Sorgues (SMBS) a missionné l’entreprise RMB pour exécuter des travaux de faucardage sur plusieurs secteurs du Canal de Vaucluse au gré des communes de Jonquerettes, Le Pontet, Vedène et Saint-Saturnin-lès-Avignon.

 Le faucardage consiste à couper la végétation aquatique dans un cours d’eau de façon à limiter son développement. Objectif ? Permettre un meilleur écoulement de l’eau, tout en veillant à la vie aquatique en laissant une bande d’un mètre de large depuis les berges comme refuge pour les poissons.

Un bateau, le faucardeur, équipé d’un outil de taille spécifique vient ainsi tailler les végétaux qui, une fois remontés à la surface, sont interceptés et recueillis par une grille quelques mètres plus loin. Ce type d’opération est effectué chaque année par le SMBS, parfois même plusieurs fois selon la repousse de la végétation subaquatique.

Faucardage à Saint-Saturnin-lès-Avignon Copyright Brulefer

https://www.echodumardi.com/tag/les-sorgues/   1/1