30 octobre 2026 |

Ecrit par le 30 octobre 2026

Elections sénatoriales : « le bon sens vauclusien a parlé »

« Le bon sens vauclusien a parlé  » s’est félicitée Dominique Santoni élue LR avec Jean-Baptiste Blanc. Troisième, le RN Thierry d’Aigremont, premier sénateur du parti de Marine Le Pen à siéger pour le Vaucluse au Palais du Luxembourg.

Le Vaucluse comptait déjà 4 députés RN sur 5, il a désormais 1 sénateur sur 3, les deux autres étant des Républicains. Au terme de 2h15 d’un très long dépouillement à la Préfecture Chabran, les chiffres ont parlé par la voix de Jean-Philippe Lejeune, président du tribunal judiciaire d’Avignon et du bureau centralisateur des votes qui a proclamé les résultats à 20h45.

La perte des villes de gauche coûte cher au sénateur socialiste sortant
Exit Lucien Stanzione, le socialiste qui arrive derrière le trio avec 198 voix, soit 86 de moins qu’en 2020. Il faut dire que le PS a perdu aux municipales de mars dernier des villes de gauche comme Avignon, Carpentras et Monteux. Malgré cela, le sénateur sortant résiste finalement assez bien (15,40%) malgré la perte de son siège.

Battue également, la compagne du maire d’Avignon. La liste ‘Le bon sens des territoires’ emmenée par Anaïs Hausmann, croyait avoir un boulevard. Elle est pourtant battue avec 173 voix (13,45%). LFI, avec Julien Gautier et Mathilde Louvain suivent (2,33% des suffrages), puis Sylvie Viala, Union des Centres (1,48%) et dernière Jade Escoffier (1,24%) pour ‘Regards sur les Territoires’.

Jean-Baptiste Blanc, réélu sénateur de Vaucluse.

« Le but d’un sénateur c’est d’être utile. »

Jean-Baptiste Blanc, réélu sénateur de Vaucluse

L’avocat Jean-Baptiste Blanc qui a eu 52 ans le 3 septembre dernier rempile. Lui qui, lors de son premier mandat, s’est décarcassé pour le Vaucluse. Notamment membre de la commission des lois, il a posé 130 questions au gouvernement, rédigé 117 propositions de loi, est intervenu 388 fois en commissions et pris la parole 116 fois, il insiste : « Le but d’un sénateur c’est d’être utile, ancré dans le réel, au service des maires et surtout, de rester humble. » Dans le 5e département le plus pauvre de France, « il n’y a pas de place pour l’arrogance ».

Les résultats officiels de la Préfecture de Vaucluse.

« Cette victoire n’a pas été facile avec un éparpillement de listes, notamment une autre à droite, poursuit-il. Les territoires et les collectivités locales souffrent avec une baisse régulière des dotations, nous allons continuer à nous battre pour eux. Les grands électeurs ont voté pour le travail accompli, l’expérience, la compétence, la disponibilité. Dès demain je me retrousse les manches, je me remets au boulot au Palais du Luxembourg. »
Interrogé sur ses futures relations avec le RN, qui disposera désormais et pour la première fois d’un groupe au Sénat (avec 13 élus plus ceux des ‘Ciottistes’), il a été clair : « Ils ont été élus, donc nous travaillerons dans le sens de l’intérêt général des citoyens, sur des dossiers concrets. On ne parlera pas politique. »

« Nous sommes légitimes. »

Dominique Santoni, nouvelle sénatrice LR de Vaucluse

Dominique Santoni, l’ancienne maire d’Apt, dont le grand-père et le père aussi ont été des élus de la République, était tout sourire. La présidente du Conseil départemental l’a dit carrément avec malice, « le bon sens vauclusien a parlé, il a gagné ! ». Heureuse de cette victoire, elle a évoqué les raisons de ce vote : « les grands électeurs nous connaissent, ils savent ce que nous faisons tous les jours pour les 151 communes de Vaucluse. Ils connaissent notre engagement, notre disponibilité, notre sens de la proximité, du concret, du pragmatisme. Nous avons un bilan, nous sommes forts d’une expérience, nous sommes légitimes. »

La Présidente de l’exécutif a précisé : « Je suis attachée viscéralement au Vaucluse, je continuerai à me battre pour tous les Vauclusiens. Ici, au Conseil départemental, nous avons salarié des médecins pour éviter les déserts médicaux, nous avons régulé le RSA, nous avons investi y compris dans les territoires ruraux, dans de lourds travaux de sécurisation des routes. Au Sénat, je porterai les dossiers comme l’urgence agricole et climatique, la solidarité, l’aide sociale à l’enfance, les pompiers, la simplification des lois et des normes. »
Dominique Santoni poursuit : « J’ai constaté depuis que je suis engagée en politique (ndlr : depuis 2015), que les blocages venaient souvent de Paris. Donc je ferai remonter les dossiers dans la capitale, je porterai la voix des élus locaux, je plaiderai pour un nouvel acte de décentralisation. Je suis en prise directe avec eux, il faut faire confiance aux maires, aux conseillers municipaux, leur donner les moyens d’agir au service de leurs concitoyens et surtout des plus démunis. »

Dominique Santoni a insisté sur le rôle de pôle de stabilité que joue le CD 84. « Nous sommes une équipe soudée, stable, unie. Je resterai élue aux finances au Conseil départemental pour continuer à aider tous les territoires. Ma porte restera ouverte à tous, même si une liste à droite nous a fait perdre des voix. »

Le RN Thierry d’Aigremont sera le premier sénateur du parti de Marine Le Pen à siéger pour le Vaucluse au Palais du Luxembourg.

« Maintenant, nous attendons sereinement la Présidentielle. »

Thierry d’Aigremont, 1er sénateur RN en Vaucluse

Anaïs Hausmann, élue depuis 6 mois en Vaucluse, pendant la campagne avait dit « L’enjeu est de choisir entre 2 conceptions, celle qui prolonge des positions acquises et celle qui ouvre une nouvelle voie ». Les grands électeurs ont tranché : le bons sens des territoires ne peut visiblement pas se faire sans les territoires.

Le troisième sénateur élu ce dimanche, Thierry d’Aigremont, s’est félicité « Sur 8 parlementaires en Vaucluse, 5 sont RN : 4 à l’Assemblée Nationale et 1 au Sénat. Ce n’est que justice, c’est mathématiquement le reflet du vote démocratique dans ce département, puisque 143 000 Vauclusiens ont voté RN aux législatives 2024. Maintenant, nous attendons sereinement la Présidentielle. »

La rentrée de la session 2026 aura lieu le 1er octobre au Sénat, donc jeudi prochain. Sous peu, nous devrions donc aussi savoir qui succédera à Dominique Santoni à la présidence du Conseil départemental de Vaucluse.


Sénatoriales en Vaucluse : 2 sièges pour les LR alors que le RN supplante le PS

Avec 501 voix sur 1 286 bulletins exprimés, la liste ‘Le Vaucluse 2032’ du sénateur sortant Jean-Baptiste Blanc obtient 38,96% et conserve 2 des 3 sièges de sénateur de Vaucluse. A ses côtés, siègera également Dominique Santoni, présidente du conseil départemental de Vaucluse, qui succèdera au LR Alain Milon qui ne se représentait pas.

Le RN Thierry d’Aigremont sera le 3e sénateur de Vaucluse. Il obtient 27,14% des suffrages.

Thierry d’Aigremont est le nouveau sénateur RN de Vaucluse. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Derrière, le socialiste Lucien Stanzione (sénateur sortant) totalise 198 voix pour 15,40%. Il devance Anaïs Hausmann-Deban (173 votants pour 13,45%).

Plus loin, on trouve le LFI Julien Gautier avec 30 voix pour 2,33%, Sylvie Viala de L’union des centres (19 voix et 1,48%) et Jade Escoffier de la liste Regards sur nos territoires (16 voix et 1,21%).

Sénatoriales 2016 en Vaucluse
Inscrits : 1318
Votants : 1303 – 98,86% des inscrits
Abstentions : 15
Exprimés : 1286 – 98,70% des votants
Blancs : 13 – 1% des votants
Nuls : 4 – 0,30% des votants


Elections sénatoriales de Vaucluse ce dimanche, Lucien Stanzione mise sur le terrain

À l’approche des élections sénatoriales qui auront lieu ce dimanche 27 septembre 2026, le sénateur PS (Parti socialiste) de Vaucluse, ‘Agir ensemble, pour le Vaucluse’, Lucien Stanzione défend un bilan fondé sur la proximité avec les élus. Agriculture, accès à l’eau, pastoralisme, services publics : il présente une liste composée de maires et d’élus locaux, loin des seuls appareils politiques. Sept listes sont en lice ici.

En Vaucluse, les prochaines élections sénatoriales se joueront au suffrage indirect ce dimanche 27 septembre. Les grands électeurs : maires, conseillers municipaux, départementaux et régionaux désigneront les représentants du département au Sénat. Trois sièges sont à pourvoir. Le scrutin se déroulera à la proportionnelle, sur des listes paritaires. Le sénateur sortant Lucien Stanzione fait de son expérience de terrain un argument central. D’ici vendredi il aura rendu visite à plus de 145 élus depuis le début de sa campagne.

Quel bilan tirez-vous de votre mandat depuis 2020 ?
Lucien Stanzione : « Une satisfaction globale des élus »
«
Je ne vais pas prétendre que tout a été parfait, observe Lucien Stanzione sénateur PS de Vaucluse, mais je tire un bilan plutôt satisfaisant de ces six années. Les retours des maires et des élus sont bons, notamment sur notre présence et notre disponibilité. Avec Jean-Baptiste Blanc, (Ndlr : Jean-Baptiste Blanc, sénateur LR, Liste Les Républicains avec Dominique Santoni, Pierre Gonzalvez, Dominique Plancher et Patrick Adrien) nous avons souvent travaillé ensemble sur des dossiers locaux. Je pense notamment à l’hôpital d’Apt, où nous avons défendu le service public hospitalier. Nous n’avons malheureusement pas réussi à empêcher la fermeture du service de chirurgie. Je le regrette profondément. La santé a un coût, mais elle n’a pas de prix. Mon action s’est aussi concentrée sur l’agriculture, les filières économiques locales, la gestion de l’eau, les territoires de montagne et l’adaptation au changement climatique. Ce sont des sujets très concrets, auxquels les élus sont confrontés chaque jour. »

Lucien Stanzione co-rapporteur d’une mission d’information sénatoriale sur le pastoralisme Copyright LS

La viticulture, la cerise et la lavande sont fragilisées par le climat. Que proposez-vous ?
L.S. :« L’État doit anticiper, pas subir »
« Le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Il affecte déjà les rendements, les cultures et les revenus. Le gouvernement parle de transition agroécologique, mais encore faut-il une véritable volonté politique. On renvoie trop souvent les décisions aux filières. Or, l’État doit être capable d’anticiper. Il doit travailler avec les chambres d’agriculture et accompagner les exploitants avant que les difficultés ne deviennent irréversibles. L’agriculture vauclusienne repose largement sur de petites exploitations spécialisées, de 20 à 50 hectares. Elle ne ressemble pas aux grandes structures céréalières du nord de la France. La viticulture, la cerise ou la lavande sont parfois considérées comme des productions de niche. Elles font pourtant vivre des familles, des villages et toute une économie locale. Il faut donc soutenir la diversification, financer l’expérimentation et mieux accompagner les changements de cultures. Mais aussi garantir l’accès à l’eau. »

Vous défendez les retenues collinaires. Pourquoi ?
L.S. : « Pour que les ressources soient préservées »
« Il ne s’agit pas de promouvoir des mégabassines. Je parle de petites retenues capables de stocker l’eau lors des épisodes de fortes pluies, notamment à l’automne et en hiver, pour la restituer pendant les périodes sèches. Cette solution pourrait servir l’élevage et l’agriculture en altitude. Elle permettrait aussi de réduire la pression sur les nappes phréatiques, notamment la nappe du Miocène, qui s’étend de Carpentras à Visan et constitue une réserve stratégique pour le département. Bien sûr, ces ouvrages doivent être encadrés. Il faut tenir compte de l’évaporation, des besoins des milieux naturels et de la sobriété des usages. Mais laisser l’eau abondante s’écouler en période de pluie, puis manquer quelques mois plus tard, n’est pas une politique de gestion durable. »

Dans le Ventoux et les zones pastorales, la présence du loup alimente les tensions. Quelle position défendez-vous ?
L.S. : « Le pastoralisme avant tout »
« Je ne suis pas favorable à l’éradication du loup. La question est celle de la cohabitation et de l’équilibre entre les activités. Pour ma part, je fais le pari de l’économie pastorale. Elle fait vivre des familles et entretient les paysages. Elle ne concerne pas seulement le plateau de Sault : il y a des brebis à Monteux, au Thor et dans de nombreuses communes de plaine. Les éleveurs doivent être mieux aidés pour protéger leurs troupeaux. Cela passe par des chiens de défense correctement formés, des équipements adaptés, des clôtures et une surveillance renforcée. Des associations comme Ferus participent déjà à cette présence sur le terrain. Le loup doit pouvoir trouver sa place dans certains espaces, notamment les alpages. Dans les zones de moyenne montagne, le pastoralisme doit rester prioritaire. Sans éleveurs, les paysages se ferment et c’est toute une économie rurale qui recule. »

Lucien Stanzione et l’équipe de recherche INRAE lors du lacher de Ganapis Copyright LS

Le Sénat peut-il encore agir pour les petites communes, les commerces et les services publics ?
L.S. : Défendre des communes «qui n’ont pas de rentabilité»

« Oui, mais il faut accepter une idée simple : certains territoires ne seront jamais rentables au sens strict. Cela ne signifie pas qu’ils doivent être abandonnés. Avec le sénateur Christian Redon-Sarrazy, j’ai travaillé sur un texte consacré à la préservation du patrimoine rural, adopté par le Sénat en juillet. Restaurer un bâtiment, maintenir un commerce ou sauver un service de proximité, c’est aussi retenir des habitants. Les élus cherchent des solutions pour obtenir la DETR (Dotation d’équipement des territoires ruraux), mobiliser le Fonds vert (Accélérer la transition écologique dans les territoires) ou préserver la dotation globale de fonctionnement. Ils veulent pouvoir réparer une route, rénover une école, végétaliser une cour ou maintenir un cabinet médical. La France dispose de moyens, mais elle ne les affecte pas toujours au bon endroit. Il faut davantage de partage et une politique plus ferme en faveur des communes rurales. »

Votre démarche se distingue-t-elle des précédentes élections ?
L.S. : « Une liste composée d’élus locaux »

« En 2020, j’avais constitué une liste avec plusieurs formations de gauche. Cette fois, j’ai voulu partir d’une autre réalité : les élus locaux ne demandent pas d’abord une étiquette politique. Ils veulent être accompagnés sur leurs dossiers. Ma liste réunit donc des élus de terrain : Sophie Rigaut, conseillère départementale de Vaucluse, vice-présidente du Service départemental d’incendie et de secours, Sandrine Raymond Lucarini, engagée sur les questions d’emploi et de jeunesse, Christian Vachier-Moulin, agriculteur, viticulteur et éleveur, ainsi que Philippe Armengol, maire de Velleron, très investi sur les questions environnementales. Ce sont des maires et des responsables locaux en exercice. Ils connaissent les contraintes budgétaires, les problèmes de recrutement, les urgences liées à l’eau ou aux services publics. Ils ne sont pas hors-sol. Cette liste n’est pas construite autour d’un accord partisan. Chacun conserve ses convictions. Mais nous partageons une priorité : servir les communes et leurs habitants. »

Vous avez déjà visité la majorité des communes du département. Est-ce votre stratégie électorale ?
« Le calcul se fera le jour du scrutin »

« Je ne veux pas faire de calcul. Je préfère travailler. A vendredi j’aurai visité plus de 145 communes sur les 151 que compte le Vaucluse. Je continue à me déplacer, parfois avec un membre de la liste selon les secteurs. Les grands électeurs voient les candidats, posent leurs questions et jugent sur pièces. Notre campagne repose sur cette proximité. Le résultat, lui, se fera le jour du scrutin. »
Propos recueillis par Mireille Hurlin

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Cerise et pastoralisme, Lucien Stanzione au cœur des urgences agricoles du Vaucluse

À l’approche de l’examen du projet de loi d’urgence agricole au Sénat en juin 2026, le Vaucluse s’impose comme un laboratoire à ciel ouvert des tensions qui traversent l’agriculture française. Entre crise profonde de la filière cerise, pression croissante de la prédation sur le pastoralisme et nécessité d’adapter les politiques publiques, élus et professionnels cherchent des réponses concrètes, ancrées dans les réalités du terrain.

Symbole d’un terroir, la cerise vauclusienne traverse une zone de fortes turbulences. Concurrence internationale accrue, notamment de pays à bas coûts comme la Turquie, hausse des charges -main-d’œuvre, énergie-, aléas climatiques à répétition et restrictions sur certains produits phytosanitaires fragilisent durablement la production.

La filière cerise en danger
Selon le ministère de l’Agriculture, la France a vu sa production de cerises reculer ces dernières années, tandis que les importations progressent, accentuant la pression sur les producteurs locaux. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, région historiquement productrice, les exploitations peinent à maintenir leur rentabilité.
Dans ce contexte, la réunion de travail organisée par Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse le 27 avril à Saint-Saturnin-lès-Apt, réunissant élus locaux, producteurs, syndicats agricoles et techniciens de la filière afin de recueillir des propositions concrètes d’amendements pour défendre la filière. Objectif : peser dans les débats parlementaires à venir, en intégrant des mesures opérationnelles sur les coûts de production, la protection des cultures ou encore la régulation du marché.

Lucien Stanzione avec Yohann Constant à Aurel Copyright Communication LS

Le pastoralisme face à l’épreuve du loup
À quelques kilomètres des vergers, sur les hauteurs du plateau de Sault, un autre front agricole se joue : celui du pastoralisme. Lors d’une mission d’information sénatoriale, conduite notamment par Lucien Stanzione aux côtés de Jean‑Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme et Yves Bleunven, sénateur du Morbihan, les élus ont plongé au cœur du quotidien des éleveurs. Sur le terrain, à Aurel ou Saint-Trinit, le constat est préoccupant : la prédation du loup, en expansion en France -plus de 1 000 individus estimés par l’Office français de la biodiversité en 2025-, bouleverse l’équilibre économique et psychologique des exploitations.
Les échanges ont mis en lumière une équation complexe : protéger une espèce strictement encadrée au niveau européen tout en garantissant la survie d’une activité essentielle. Car le pastoralisme ne se limite pas à une production agricole : il façonne les paysages, prévient les incendies et entretient la biodiversité.

Trouver l’équilibre entre souveraineté et transition
Au cœur des discussions : le projet de loi d’urgence agricole, présenté comme une réponse à la crise traversée par le monde rural depuis plusieurs années. Ce texte ambitionne de traiter des enjeux structurants : souveraineté alimentaire, accès à l’eau –avec le volet hydraulique-, encadrement des produits phytosanitaires ou encore rééquilibrage des relations commerciales via les lois Loi Egalim (appelée aussi loi Agriculture et Alimentation, a pour objectif de rééquilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et d’œuvrer pour une alimentation saine et durable). Mais sur le terrain, une même exigence s’impose : adapter les dispositifs aux réalités locales. Les tables rondes organisées à Avignon, en présence notamment du préfet Thierry Suquet, ont permis de croiser les regards entre État, élus et professionnels. Les acteurs agricoles plaident pour des réponses pragmatiques : simplification administrative, soutien ciblé aux filières fragilisées, dispositifs de protection renforcés contre la prédation, ou encore investissements dans l’irrigation face au changement climatique.

Le Vaucluse, miroir des défis agricoles français
De la cerise aux troupeaux, le Vaucluse concentre des problématiques nationales : compétitivité des filières, adaptation au dérèglement climatique, tension entre production et biodiversité, renouvellement des générations agricoles. Les restitutions attendues fin juin-début juillet devraient traduire ces constats en propositions concrètes. Une étape décisive, alors que le Parlement s’apprête à débattre d’un texte attendu, mais dont l’efficacité dépendra de sa capacité à intégrer la complexité du terrain. Car derrière les chiffres et les lois, une réalité demeure : celle d’hommes et de femmes qui, chaque jour, tentent de maintenir vivante une agriculture à la fois économique, écologique et profondément territoriale.
Mireille Hurlin

La délégation du sénat chez Rudy Usseglio Copyright Communication LS

Montagne et pastoralisme, le Vaucluse veut peser dans l’Acte III de la loi Montagne

À Beaumont-du-Ventoux puis à Saint-Christol, élus locaux, maires de communes de montagne et acteurs du pastoralisme ont engagé une réflexion collective de fond sur l’avenir des territoires d’altitude en Vaucluse. Au cœur des échanges ? L’adaptation des politiques publiques, la défense du pastoralisme et la contribution du département aux futures évolutions de la loi Montagne.

Réunis en octobre à la mairie de Beaumont-du-Ventoux, Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse, et Alain Brémond, maire de la commune, ont engagé un débat nourri avec les élus des territoires de montagne. Flassan, Rustrel, Sault, Savoillans, Sivergues ou encore les représentants de la Communauté de communes Ventoux Sud étaient présents pour faire entendre la voix de ces territoires souvent en première ligne des mutations climatiques et économiques.

Un front commun des élus de la montagne vauclusienne
Tous deux co-référents départementaux de l’Association nationale des élus de la montagne (Anem), les intervenants ont rappelé l’urgence d’une évolution de la loi Montagne vers un Acte III, afin de mieux prendre en compte les spécificités locales. En Vaucluse, 29 communes de montagne et 81 communes pastorales sont directement concernées par ces enjeux structurels.

Des territoires fragilisés, mais déterminés
Les défis sont multiples et d’une ampleur inédite. Le réchauffement climatique bouleverse les équilibres naturels, fragilise les économies locales et pèse sur le quotidien des habitants. En Vaucluse, l’agriculture concentre de nombreuses inquiétudes : lavande, cerise, viticulture ou élevage font face à des crises successives, aggravées par la raréfaction de la ressource en eau, la prédation du loup, l’augmentation des risques naturels et la disparition progressive de certains services publics.

Un soutien national renforcé ?
Face à ces constats, une question traverse les débats : les communes de montagne peuvent-elles encore se projeter dans l’avenir sans un soutien national renforcé ? Pour les élus réunis, la réponse passe par une solidarité nationale assumée, capable d’accompagner ces territoires dans leur adaptation climatique et leur développement durable.

Lucien Stanzione et Alain Brémond entourés d’élus pour débattre du pastoralisme et de la Loi Montagne Copyright Lucien Stanzione communication

L’Anem en ordre de marche pour l’Acte III
Cette réflexion s’inscrit dans une dynamique nationale portée par l’Anem. Les auditions menées auprès des élus départementaux ont nourri les travaux de son Congrès, organisé en octobre, qui a abouti à 34 propositions concrètes pour l’Acte III de la loi Montagne.

Prochaine étape ?
La prochaine étape sera de demander aux 29 communes de montagne du Vaucluse d’en prioriser dix, avant le comité directeur de l’Anem qui a eu lien en novembre. Sur cette base, les élus entendaient interpeller directement le Gouvernement afin de faire remonter les attentes du terrain.

Le pastoralisme, pilier des paysages et des équilibres ruraux
Au-delà des politiques publiques, le pastoralisme s’impose comme un enjeu central. Début novembre, à Saint-Christol, haut lieu de l’histoire pastorale vauclusienne et célèbre pour sa foire aux agnelles, une large réunion d’échanges a rassemblé élus, éleveurs et représentants associatifs.

Ils œuvrent pour la ruralité
Aux côtés de Denise Leiboff, présidente de l’Association des communes pastorales de la région Sud-PACA et maire de Lieuche (Alpes-Maritimes), l’objectif était clair : mieux connaître le pastoralisme pour mieux agir. Le sénateur Lucien Stanzione, nommé co-rapporteur par le Sénat d’une mission d’information sur le pastoralisme, a annoncé une série d’auditions départementales prévues de janvier à juin 2026.

Une forte mobilisation
La forte mobilisation éleveurs, maires, présidents de communautés de communes, représentants des communes forestières, du Cerpam (Centre d’études et de réalisations pastorales) et des associations régionales,  témoigne d’une dynamique collective déjà bien engagée.

Des pistes concrètes pour l’avenir
De ces échanges émergent plusieurs perspectives : renforcer les synergies entre communes forestières, pastorales et l’Anem, identifier et préserver des zones pastorales stratégiques, ou encore réfléchir à un statut pour les louvetiers. Autant de leviers pour préserver une activité qui façonne les paysages, entretient la biodiversité et contribue à l’alimentation de demain.

Montagne et pastoralisme une seule voix
Entre montagne et pastoralisme, le Vaucluse entend désormais parler d’une seule voix. Loin des discours incantatoires, les élus affichent une volonté commune : inscrire durablement ces territoires dans les politiques nationales, préserver un patrimoine vivant et éviter que les communes de montagne ne deviennent les grandes oubliées des transitions en cours. Un enjeu local, mais aussi profondément national.
Mireille Hurlin


Le sénat à la rencontre des entreprises vauclusiennes

La délégation sénatoriale aux entreprises s’est rendue en Vaucluse dans le cadre de deux journées de visites et d’échanges liés à l’économie locale, à l’innovation et à la réindustrialisation. L’occasion de découvrir les sociétés Aroma-Zone, FM logistic et Agis ainsi que de rencontrer les acteurs du monde économique départemental.

Invitée par le sénateur vauclusien Jean-Baptiste Blanc, la délégation sénatoriale aux entreprises présidée par Olivier Rietmann est venue découvrir trois entreprises vauclusiennes. Ce dernier, aux côtés des sénateurs Michel Canevet, Gilbert Favreau, Yves Bleuven et Michel Masset, ainsi que du sénateur vauclusien Lucien Stanzione, s’est rendu les 16 et 17 octobre derniers dans les locaux de Aroma-zone à Cabrières d’Avignon, FM Logistic à Entraigues-sur-la-Sorgue et Agis dans la zone de Courtine à Avignon.

« Ecouter, comprendre, identifier les blocages et construire des solutions concrètes. »

Olivier Rietmann, président de délégation sénatoriale aux entreprises

Ces échanges ont permis d’aborder de nombreux sujets clés concernant la compétitivité des entreprises tels que le coût de l’énergie, l’emploi et la qualification, la simplification administrative, les exportations, la formation, le foncier économique, la transition écologique, ou encore l’intelligence artificielle et la souveraineté industrielle.
« Ces rencontres de terrain sont au cœur de l’ADN de la délégation sénatoriale aux entreprises : écouter, comprendre, identifier les blocages et construire des solutions concrètes », précise Olivier Rietmann pour expliquer sa venue dans le département.

Un séjour marqué par un nouveau moment d’échange avec d’autres chefs d’entreprises vauclusiens : René Braja du Groupe Braja, Olivier Charles d’Aptunion, Yoann Aucremanne d’iLevel, Gildas Bonafous de Keramis Bio et Jérémie Marcuccilli de Kookabarra.

DR

« Le Vaucluse est un territoire d’innovation et de réussite. »

Jean-Baptiste Blanc, sénateur de Vaucluse

Outre les visites de ces 3 sites industriels, la délégation a tenu également à échanger avec les acteurs consulaires et les représentants des organisations professionnelles : la CCI Vaucluse, la Chambre des métiers et de l’artisanat, la Capeb Vaucluse et U2P Vaucluse. Les représentants consulaires ont notamment alerté sur les conséquences de la baisse des aides gouvernementales sur l’apprentissage ainsi, qu’en général, sur la formation des jeunes dans les métiers de l’artisanat et de l’industrie. Autre sujet majeur évoqué : la transmission des entreprises afin de pérenniser le tissu économique local confronté au départ à la retraite d’une génération de dirigeants sans repreneurs identifiés.

« Le Vaucluse est un territoire d’innovation et de réussite, rappelle Jean-Baptiste Blanc. Ces entreprises démontrent qu’il est possible de conjuguer ancrage local, performance industrielle et développement durable. La Délégation sénatoriale aux entreprises a vocation à écouter, comprendre et proposer des solutions concrètes pour soutenir nos entrepreneurs. »

Charlotte Rouger (stagiaire) & Laurent Garcia


Lucien Stanzione, le sénateur défend le patrimoine de la ruralité

Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse, continue de mener ses actions en faveur de la ruralité. Lui et son groupe du Sénat interviennent pour le soutien aux viticulteurs, aux caves coopératives, à la lavande, au lavandin, à la cerise, au développement de la filière des plantes à parfum aromatiques et médicinales, au prélèvement du loup pour protéger les élevages, aux aides pour l’entretien des chemins de montagne…

La filière viticole
«La filière viticole traverse une crise durable et structurelle, expose Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse : aléas et changements climatiques, crises diplomatiques impactant nos exportations, crise économique et baisse de la consommation sur le marché français. Les caves coopératives sont mécaniquement impactées par ce contexte très défavorable.»

Sur le terrain
Selon les chiffres du Crédit Agricole : «En avril 2024, le Crédit Agricole faisait état d’une augmentation de 23,4% des taux de défaut et la Coopération agricole estime aujourd’hui à plus d’une centaine le nombre de caves en grande difficulté, soit plus de 20% des caves coopératives en France. Dans la vallée du Rhône, on dénombre 50% des caves en difficulté, 37% en Occitanie – Midi Pyrénées et 40% dans le Bordelais.»

Copyright Béatrice Saby

Accompagner les caves coopératives
Pour faire face à cette crise, dans la mesure où les caves coopératives ont besoin d’être accompagnées dans leur restructuration et dans leurs plans de fusion-absorption, j’avais proposé avec mon groupe du Sénat, à travers une enveloppe de 75M€ sur 3 ans, dont 25M€ en 2025, de les aider, dans le cadre du Projet de Loi de Finances pour 2025. L’amendement que nous avions proposé le 2 décembre 2024, travaillé avec la Coopération agricole, a pourtant été rejeté par le Gouvernement.»

Dans les faits
«En juillet, Annie Genevard, ministre de l’agriculture a rencontré les Vignerons Coopérateurs de France au sujet de l’aide de 10M€ promise par le Gouvernement qui se fait attendre alors que les dégâts vont être importants. Je dénonce cette nouvelle opération de communication du Gouvernement.»

Mieux défendre la montagne au plan national
En réaction à la loi Montagne II de 2016 applicable à 80%, «qui a permis des avancées pour les territoires de la montagne, j’ai organisé en avril dernier, une première réunion avec les élus de Montagne à la Mairie de Saint-Saturnin-lès-Apt, en présence d’une quinzaine de maires et adjoints concernés, afin de mieux identifier leurs besoins. Gilles Ripert, Président de la Communauté de Communes du Pays d’Apt Lubéron était également présent.

Les sujets abordés avec les élus
Les élus ont abordé : «Les crises subies par la lavande, la cerise, la viticulture ; La spécificité de l’agriculture méditerranéenne dans le cadre de la future Politique agricole commune (PAC) ; La protection des élevages : caprins, ovins, contre le loup, avec la demande de déclassement du canis lupus ; Une bonification de la Dotation globale de fonctionnement –DGF-, notamment pour l’entretien des chemins de montagne ; Le maintien des classes et des postes d’enseignants ; le maintien de la ressource en eau ; Des terrains à bâtir…»

Pour mémoire
En mars dernier, Lucien Stanzione avait rencontré la Ministre de l’agriculture évoquant les taxes Trump, l’importante baisse de la consommation de vins en France, la crise de la viticulture. Le sénateur avait demandé la protection des vins et spiritueux comme patrimoine, culture et mode de vie ; La promotion des grands crus vauclusiens : Baumes de Venise, Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Rasteau, Vacqueyras… ; La simplification de l’étiquetage, notamment au regard du QR code ; La simplification de la gestion administrative des exploitations via une fiche unique qui répondrait à toutes les obligations déclaratives administratives : déclarations de récolte, de production, d’inventaire, de stock, état récapitulatif de la TVA.

Annie Genevard ministre de l’agriculture et Lucien Stanzione Copyright Lucien Stanzione Communication

La fièvre catarrhale ovine
Pour Lucien Stanzione, la ministre de l’agriculture n’a pas répondu aux enjeux qui se jouent actuellement comme le manque de disponibilité de vaccins face à la mutation des fièvres catarrhales ovines –FCO-; Egalement, les dispositifs d’indemnisation des foyers FCO de 75M€ ne s’adresse qu’aux mortalités directes et omettent les pertes indirectes comme la baisse de fertilité ou les naissances non-viables.»

Visite de l’entreprise Elixens
En mai, Lucien Stanzione a visité l’entreprise Elixens France, au titre de la défense des productions méditerranéennes, et particulièrement de la lavande et du lavandin.
«Spécialisée dans la production, la transformation et la commercialisation des PPAM, principalement destinées aux marchés de la cosmétique, de l’aromathérapie, des compléments alimentaires, de l’herboristerie et de la parfumerie, c’est d’abord une entreprise ancrée dans son territoire, profondément liée à une cinquantaine d’agriculteurs en Dauphiné-Provence. Près de 60 variétés de Plantes à parfum, aromatiques et médicinales –PPAM- sur près de 400 hectares, sont cultivées entièrement en agriculture biologique et transformées grâce à son outil industriel de travail performant des plantes, son savoir-faire dans le travail des poudres, des tisanes. L’entreprise invite les agriculteurs à se diversifier dans la menthe, le thym…»

Les initiatives structurantes
Lucien Stanzione note une concrétisation de dynamique avec l’ouverture de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement –Inrae– à Avignon en 2020 ; La création de la Maison du Patrimoine Lavandicole de Provence et de son antenne à Sault le 15 novembre dernier et à Sahune dans la Drôme le 21 mars ; L’organisation du 1er colloque international de la lavande au Sénat en décembre dernier ; Enfin, le sénateur s’est félicité de la candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des paysages lavandicoles de Provence.

Lucien Stanzione et Maire-Pierre Monier sénatrice de la Drome, au centre, entourés des élus de la montagne pour mieux défendre la spécificité des territoires de la montagne au plan national

David Fournier : un premier pas vers la mairie d’Avignon ?

En étant désigné par la section PS d’Avignon, David Fournier, déjà adjoint au maire de l’équipe actuelle, sera le chef de file des socialistes pour les prochaines élections municipales qui se dérouleront en mars 2026. Son objectif : rassembler les forces de la gauche démocratique afin de succéder à Cécile Helle qui a récemment fait part de sa volonté de ne pas se représenter.

« Le premier des devoirs que j’avais, c’était d’unir notre parti », explique David Fournier lors de l’officialisation de sa désignation (89% sur 65,12% des inscrits) par la section du PS (Parti socialiste) d’Avignon comme chef de file aux prochaines municipales.
« C’est chose faite : le PS est désormais rassemblé », poursuit celui qui est aussi adjoint au maire délégué à l’administration générale, au personnel, aux systèmes d’information et à la gestion de crise de l’équipe municipale actuelle.

Le fair-play de Zinèbe Haddaoui
Une union notamment rendue possible par le fair-play de Zinèbe Haddaoui, également adjointe à Avignon, l’autre candidate encore en lice lors de cette désignation au sein du parti suite au désistement d’un 3e candidat, Fabrice Tocabens, lui-aussi adjoint à la mairie.
« J’ai déjà assisté à des campagnes internes où cela ne s’est pas toujours bien passé, confesse David Fournier du haut de ses 40 ans de militantisme à son adversaire d’un soir. Ici, il n’y a eu aucun affrontement car tu t’es inscrite dans une démarche s’appuyant sur de vraies valeurs. Tu as voulu peser de toutes tes forces pour tes convictions de gauche. Tu y as fortement réussi. Je ne te décevrai pas. »
Une attitude que confirme Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon, qui insiste sur la contribution de Zinèbe Haddaoui à « la qualité des débats » ainsi que « son soutien immédiat à David malgré la déception du résultat ».
« Il faut remercier Zineb, complète Lucien Stanzione, sénateur socialiste de Vaucluse venu assister à cette présentation du candidat avignonnais. « Elle a su créer une émulation interne avant d’appeler à l’union derrière David afin que la section d’Avignon soit entièrement rassemblée derrière lui. »

Rassembler la gauche républicaine
« Maintenant, en tant que premier des socialistes, j’ai le devoir de rassembler toute la gauche, annonce David Fournier, élu municipal depuis 2008 dont 6 ans dans l’opposition. J’appelle donc au rassemblement d’une gauche républicaine, sociale, écologique et progressiste. »
Pour cela, le PS avignonnais a déjà commencé à dialoguer avec ses potentiels alliés : le Parti communiste (PC), Génération.s, les Verts…
« Si nous avons désigné nos représentants, il reste cependant à ces formations à désigner les leurs, rappelle David Fournier. Donc, si des discussions ont bien été amorcées, elles ne sont pas officielles car nous devons respecter les processus de désignation de nos partenaires. C’est seulement à ce moment-là que nous pourrons travailler ensemble sur le programme. »

David Fournier, adjoint au maire d’Avignon.

Quid de LFI ?
Dans ces pourparlers préliminaires des forces de gauche, on constate un grand absent : LFI.
« La France insoumise a fait un communiqué de presse indiquant qu’ils voulaient une rupture avec le bilan de la majorité municipale, constate David Fournier qui souhaite s’inscrire dans la continuité de l’action de l’équipe sortante dont il fait partie. Est-ce que cette rupture, c’est une rupture avec la remunicipalisation des cantines scolaires ? Est-ce que c’est une rupture avec la gratuité des musées qui permet l’accès à la culture pour tous ? Est-ce que c’est une rupture avec la gratuité des garderies scolaires ? Est-ce que c’est une rupture avec les rénovations de classes ou celle de la bibliothèque Renaud-Barrault ? Du moment où on dit qu’il y a une rupture avec un bilan qui a été porté par Génération.s, le Parti socialiste, par le Parti communiste, cela me paraît compliqué. Ils se sont mis en dehors tout seul. »
On l’aura donc compris, pour les socialistes avignonnais les LFI ne s’inscrivent pas à ce jour dans l’arc de la gauche républicaine. Et ce d’autant plus que LFI ambitionne de présenter systématiquement des candidats dans toutes les villes de plus de 9 000 habitants. La victoire du controversé Raphaël Arnault, dans la circonscription d’Avignon lors des dernières élections législatives ne devrait certainement pas inciter le parti de Jean-Luc Mélenchon à passer pour l’instant son tour dans la cité des papes.

« Je suis convaincu de la centralité du PS dans cette élection. »

« Toutefois, rien n’exclut de dialoguer ultérieurement même si cette formation politique a parfois pour habitude de se compter aujourd’hui pour mieux penser à autre chose après-demain, précise Lucien Stanzione. Donc, s’il y a moyen de discuter et de trouver un éventuel accord, pourquoi pas ? Mais cela ne sera pas n’importe quoi, ni n’importe comment. »
Le message est clair : si accord il y a, cela sera aux conditions du PS et de ses alliés et non l’inverse.
« Je suis convaincu de la centralité du PS dans cette élection, martèle David Fournier. Aujourd’hui quand on observe la composition de la liste majoritaire au conseil municipal, on constate la position centrale du Parti socialiste, avec une majorité qui va des communistes jusqu’au centre. C’est cela qui forme un bloc majoritaire aujourd’hui dans la ville. Et pour gagner ces élections, je suis convaincu que seule notre position de centralité et ce bloc seront déterminants. »

Avignon au centre du jeu ?
« Nous avons une obligation et un devoir de réussite. Pas uniquement pour les forces de gauche, mais pour les avignonnais », poursuit David Fournier qui rappelle que le principal adversaire c’est le RN (Rassemblement national) : «  Il y a un vrai risque sur Avignon. Il suffit d’avoir des divisions entre nous pour qu’ils arrivent aux responsabilités. Si Avignon tombait ainsi aux mains du Rassemblement national, c’est tout le département puis la région qui seraient en danger ensuite. »
« De cette élection va dépendre beaucoup de choses, insiste pour sa part Lucien Stanzione, car il ne faut pas oublier que derrière, nous avons les régionales, les cantonales, les présidentielles puis les sénatoriales. Avignon, ville-centre et ville-préfecture est essentielle pour l’avenir du Vaucluse. »
« J’avais un objectif en organisant ce vote, explique Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon. C’était que nous sortions plus fort de ce vote. Cela passait par des débats sereins et respectueux. Aujourd’hui, place au travail. Avignon ne mérite pas une guerre d’égo. La ville mérite un rassemblement d’une gauche républicaine. »

Les velléités de Joël Peyre, le silence de Cécile Helle
Dans cette optique, la candidature du PRG (Parti radical de gauche) Jöel Peyre, lui aussi élu à Avignon en charge des finances, vient néanmoins brouiller les pistes de cette union.
« Je suis en relation quotidienne avec Joël Peyre, assure David Fournier qui est aussi vice-président du Crédit municipal d’Avignon. Nos bureaux se touchent depuis 2014. Nous sommes dans un échange permanent. C’est un ami et cela a toujours été un allié du Parti socialiste. Cela le restera. »
Le silence de Cécile Helle, la maire actuelle, pose également question pour certains. « C’est normal qu’elle n’ait pas pris position. Elle souhaite conserver l’unité de sa majorité et je la comprends. Il reste encore un an de mandat. Nous avons donc aussi cette obligation de le terminer correctement », reconnaît David Fournier qui entend assumer le bilan de cette dernière « qui a transformé Avignon ».

« Ce bilan, nous le défendrons et nous en sommes fiers. »

« Ce bilan, nous le défendrons et nous en sommes fiers. Il y a des choses qu’on a très bien réussies et d’autres moins. Cependant, je rappelle que ce mandat a été un peu particulier. Les crises se sont succédées. Nous n’avions jamais connu cela : crise économique, sanitaire, énergétique, inflationniste, institutionnelle… Nous n’avons jamais construit un budget qui ne soit pas issu d’une crise. Dans le même temps, depuis 2014, Avignon a vu ses dotations baissées de 71M€. Malgré cela, nous avons été sacrément protecteurs vis-à-vis des Avignonnais. Nous avons réduit la dette en passant de 9,5 années d’endettement à un peu plus de 7 aujourd’hui. Le tout en maintenant les niveaux d’investissements et sans augmenter les impôts. Dans ces circonstances, nous avons eu une gestion que j’estime exceptionnelle. »

Les maires socialistes : les bâtisseurs d’Avignon
Et le néo-candidat au poste de premier magistrat de la cité des papes de rappeler que les grands maires bâtisseurs d’Avignon ont presque toujours été des socialistes : « Je pense à Paul Rouvier à qui nous devons la création du festival d’Avignon avec Jean Vilar en 1947. Je peux aussi citer Henri Duffaut qui, durant ces 5 mandats, a construit l’Avignon d’après-guerre dans un contexte difficile avec l’accueil des rapatriés notamment. C’était un visionnaire ayant permis la construction de l’hôpital que nous connaissons toujours ainsi que de la plupart des grands équipements de la ville. Il y a aussi eu Guy Ravier, disparu en octobre 2023, qui nous a apporté l’Université d’Avignon situé à Sainte-Marthe et ainsi que la gare TGV dans la zone de Courtine. Je n’oublie pas le député-maire Louis Gros qui fera partie des 80 parlementaires qui se sont élevé à l’Assemblée Nationale contre les pleins pouvoirs demandés par Pétain. Pour cela, il a risqué sa vie. »

« Je pense à la CCI de Vaucluse avec qui nous travaillons main dans la main. »

Une ouverture vers le monde économique ?
Si David Fournier entend revendiquer l’héritage des mandats de Cécile Helle, côté réajustement il souhaite aussi rappeler son intérêt pour le monde économique.
« Nous sommes très attachés à la vitalité du monde économique, déclare celui qui ne serait pas hostile à ouvrir sa liste à la société civile pour peu que les valeurs de gauche soient partagées. D’ailleurs, si on a fait beaucoup plus d’investissements, c’est que nous avons voulu être un acteur de la vie économique locale. Nous sommes très attentifs aux activités touristiques ou culturelles dont les retombées sont incroyables pour cette ville. Mais il y a aussi de nombreux autres secteurs d’activité à développer. Nous avons ‘quelques’ idées novatrices pour attirer des entreprises sur Avignon. Il y a aussi des institutions économiques très importantes avec lesquelles la maire et la Ville ont tissé des liens importants. Je pense à la CCI de Vaucluse notamment avec qui nous travaillons main dans la main. Avec eux, seule la notion d’intérêt général prime. Et grâce à cela nous sommes capables de vrais succès comme la requalification de la gare centre. C’est l’exemple parfait de compétences mêlées, de coordination et de travail en commun. Sans cela, il n’y a pas de réussite. »

Laurent Garcia

Portrait : « Il aime les gens »
Lors de la présentation de David Fournier, Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon, a dressé le portrait de celui qu’elle connaît depuis 30 ans. « C’est un pur Avignonnais. Il est né ici, y a fait ses études et y travaille. Il a les deux pieds enracinés à Avignon. »
Jeune militant du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), il s’est engagé en politique dès 14 ans. « Quand on connaît son père et sa mère, cela ne pouvait pas être autrement. Il était né pour faire de la politique et du syndicalisme. » Si son père a le syndicalisme chevillé au corps, c’est surtout sa mère qui va marquer le paysage politique locale. En 1998, Michèle Fournier-Armand sera la première femme à devenir conseillère générale (fonction aujourd’hui renommée conseillère départementale) de Vaucluse. Sa mère deviendra ensuite députée de Vaucluse de la première circonscription de Vaucluse en 2012. Elle échouera cependant à prendre la ville d’Avignon en 2008.
Entre victoires et défaites au fil du temps, Maryline Croyet a appris à connaître celui qui partage la fonction de secrétaire avec elle : « Aujourd’hui, personne ne peut remettre en question son expérience, ses compétences, ses capacités de pouvoir gérer cette ville. David c’est quelqu’un qui est très à l’écoute, qui sait entendre. Il est très attaché à la justice sociale. Il est toujours attentif à ce que peuvent nous dire les gens, à ce qu’ils peuvent ressentir. C’est quelqu’un de très fédérateur. Il sait repérer les qualités des personnes. Je crois que c’est très important quand on veut gérer une équipe, susciter une dynamique, aller chercher le meilleur dans chacun d’entre nous. Il aime les gens. C’est fondamental quand on veut être maire et que l’on veut porter une vision et un projet ».


Lucien Stanzione : Réfléchir à l’émergence de nouvelles cultures en phase avec le changement climatique

Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse, s’est rendu chez Plantin, entreprise spécialisée dans la commercialisation et la transformation de la truffe et des champignons. Sa visite à Puyméras avait pour but d’auditionner le dirigeant de l’entreprise fondée en 1930 par Marcel Plantin et reprise par Hervé Poron en 1986 puis par son fils Christopher et son associé Nicolas Rouhier, en 2009. La maison Plantin fournit des truffes des Etats-Unis, au Japon en passant par Singapour ou les Emirates Unis, sans oublier les tables de l’Elysée et réalise un chiffre d’affaire de 40M€.

Lucien Stanzione lors de la visite des ateliers Plantin, Copyright Sénat

Début mars, Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse a visité la fabrique Plantin, détaillant et transformateur en truffes et champignons. «La trufficulture pourrait intervenir dans la diversification de l’agriculture vauclusienne face à la crise structurelle viticole, projette Lucien Stanzione. L’enjeu est d’offrir des alternatives de production plus adaptées au contexte pédoclimatique, plus rentables, et plus durables. »

Fondée en 1930, Plantin fournit les plus grandes tables étoilées. Depuis sa reprise en 2009 par Nicolas Rouhier (directeur général) et Christopher Poron (Président), elle emploie 90 salariés à Puyméras, 25 au sein de ses filiales à Hong-Kong et New-York et réalise 40 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé dont 50 % à l’export. Elle poursuit son expansion avec de nouvelles infrastructures, dont la volonté de voir s’étoffer la production de truffes en Vaucluse. «La concurrence se fait de plus rude avec d’autres départements comme la Touraine, la Drôme ou le Périgord, mais aussi à l’international jusqu’au Chili. Aujourd’hui 50 % des truffes servies sur le marché français sont achetées en Espagne,» détaille Charles Rouhier responsable des achats. L’entreprise vient d’ailleurs d’acheter 4 hectares de terres à Puyméras.

Lucien Stanzione avec Nicolas et Charles Rouhier Copyright Sénat

«Notre objectif chez Plantin, explique Nicolas Rouhier, est de relancer la production trufficole en Vaucluse en accompagnant les agriculteurs qui le souhaitent dans la reconversion de leurs terres peu rentables, en truffières. Cet accompagnement comprend notamment une analyse des sols, une aide à la sélection des plants truffiers, une formation à la culture de la truffe, et un suivi technique, comme par exemple avec l’irrigation par micro-aspersion… D’autant qu’à l’heure où la crise viticole menace les exploitations viticoles, l’arrachage de nombreuses vignes devient inévitable.»

Lucien Stanzione rencontrera prochainement la Présidente de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse, Georgia Lambertin également présidente de la Chambre régionale ; Chantal Eymeoud Vice-Présidente du Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bertrand Saugues chargé du projet ‘Hauts-de-Provence-Rhodanienne’ pour l’accès à l’eau.

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