31 janvier 2026 |

Ecrit par le 31 janvier 2026

Artisanat : une dynamique retrouvée mais des transmissions en suspens

Avec 31 900 créations d’entreprises artisanales, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre en 2024 une progression marquée de l’entrepreneuriat artisanal (+8% sur un an). Un rebond significatif qui confirme l’attractivité du secteur, tout en mettant en lumière un enjeu majeur : celui de la transmission de milliers d’entreprises dans les prochaines années.

Après le ralentissement observé en 2023, l’artisanat régional renoue avec une dynamique soutenue. Selon le dernier baromètre publié par l’Institut Supérieur des Métiers, avec le soutien de Maaf, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se hisse au troisième rang national en volume de créations artisanales, derrière l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Près de 30% des créations d’entreprises régionales relèvent de l’artisanat, faisant de la région la deuxième de France sur ce critère.

Un rebond net après une année de repli
Cette reprise s’appuie autant sur les entreprises individuelles que sur les structures employeuses. Les sociétés commerciales (SA Société anonyme ; SARL, Société anonyme à risque limité, SAS, Société par actions simplifiées), souvent plus pourvoyeuses d’emplois, enregistrent une hausse notable, signe d’un entrepreneuriat plus structuré.

Les services, moteur de la croissance artisanale
Tous les secteurs de l’artisanat profitent de cette embellie, mais l’artisanat des services s’impose comme le principal moteur. Il concentre près de la moitié des créations régionales et affiche la plus forte progression annuelle. Nettoyage des bâtiments, soins de beauté, entretien automobile ou encore coiffure figurent parmi les activités les plus dynamiques, traduisant une demande soutenue liée à l’évolution des modes de vie et à la tertiarisation de l’économie. Le BTP, la fabrication et l’artisanat de l’alimentation progressent également, à des rythmes plus modérés, confirmant la résilience globale du tissu artisanal régional.

Copyright Freepik

Une dynamique territoriale contrastée
La hausse des créations bénéficie à la majorité des départements, avec des progressions marquées dans le Vaucluse, le Var et les Alpes-Maritimes. À l’inverse, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence enregistrent un léger recul, illustrant des disparités territoriales persistantes entre littoral attractif et arrière-pays plus fragile économiquement.

Entreprendre pour se réinventer
L’étude met également en lumière un trait marquant de l’entrepreneuriat artisanal : la reconversion professionnelle. Près d’un créateur sur deux change de métier au moment de se lancer. Ce phénomène est particulièrement prononcé dans l’artisanat de fabrication, les services et l’alimentation, où l’artisanat apparaît comme un levier de réinvention professionnelle et de quête de sens.

La transmission, talon d’Achille du secteur
Derrière ces indicateurs positifs se dessine toutefois une fragilité structurelle. Les reprises d’entreprises restent marginales : moins d’une création sur dix est issue d’un rachat. Or, près de 8 240 entreprises artisanales pourraient être cédées dans les cinq prochaines années en région, notamment dans la maçonnerie, la réparation automobile, le nettoyage ou le commerce alimentaire sur les marchés. Ces entreprises, souvent dotées de salariés et de savoir-faire spécifiques, constituent un enjeu économique et patrimonial majeur. Leur disparition faute de repreneur signifierait la perte de compétences parfois rares et un affaiblissement durable du tissu local.

Le bilan
Le bilan 2025 de la création d’entreprises artisanales en Provence-Alpes-Côte d’Azur dessine un paysage contrasté. D’un côté, un secteur attractif, dynamique et créateur d’emplois ; de l’autre, une transmission encore trop peu anticipée, qui menace la pérennité de milliers d’entreprises. À l’heure où l’artisanat demeure un pilier de l’économie de proximité, l’enjeu n’est plus seulement de créer, mais aussi de transmettre, pour que la vitalité entrepreneuriale d’aujourd’hui ne se transforme pas en fragilité demain.

Un poids économique déterminant
Les chiffres consolidés par Insee et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur rappellent l’ampleur du secteur. En 2022, l’artisanat régional a généré 9,8 Milliards d’euros de richesse : 7 Milliards d’euros pour les établissements de 0 à 10 salariés, 2,8 Milliards d’euros pour ceux de 11 à 250 salariés, auxquels s’ajoutent 1,4 Milliards d’euros issus d’activités artisanales secondaires. L’artisanat représente 18% de la richesse produite par les petits établissements marchands — jusqu’à 27 % en zones rurales, et 31 % dans certains arrière-pays.

Un modèle fondé sur le capital humain
Avec près de 280 000 actifs (dont 219 000 dans les établissements de 0 à 10 salariés), l’artisanat s’appuie sur des savoir-faire intensifs en compétences. Malgré une faible intensité capitalistique, les entreprises affichent une rentabilité moyenne de 23% (contre 15% pour des entreprises comparables), une productivité par emploi de 40 300€ -jusqu’à 54 100€ dans la production de biens- et un investissement ciblé : plus de 60% des entreprises investissent prioritairement dans l’outil de travail.
Mireille Hurlin


Artisanat : une dynamique retrouvée mais des transmissions en suspens

Pour la première fois, le baromètre de l’artisanat ISM-MAAF propose un focus sur la dynamique de l’artisanat des métiers d’art et de création en région. Dans ce panorama, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche une bonne dynamique entrepreneuriale depuis la crise sanitaire. Dans le même temps, l’artisanat d’art vauclusien, qui s’est notamment illustré tout récemment dans la restauration de Notre-Dame de Paris, a vu son nombre d’entreprises créées augmenter de +115% entre 2017 et 2023.

Dans le baromètre de l’artisanat ISM-MAAF sur le thème inédit ‘Les métiers d’art et de création’, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche une bonne dynamique entrepreneuriale. Avec +94% de créations depuis 2017, la Région Sud recense désormais 11 130 entreprises artisanales dans les métiers d’art et de création. De quoi peser 9% de l’économie artistique et créative en France. On retrouve les plus fortes densités d’entreprises de ce secteur dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes.

« L’artisanat d’art et de création est aussi celui des régions avec des filières profondément ancrées dans nos régions. »

Antoine Ermeneux, directeur général de MAAF

« Pour la première fois, le baromètre ISM-MAAF choisit de mettre en lumière les métiers de l’artisanat d’art et révèle la remarquable dynamique de ces activités, explique Antoine Ermeneux, directeur général de MAAF. L’artisanat d’art et de création est aussi celui des régions avec des filières profondément ancrées dans nos régions et qui perpétuent des savoir-faire séculaires comme les métiers de fabrication d’éléments décoratifs en béton ou plâtre dans le Var. Préservation du patrimoine ancien, ou encore maroquinerie et création dans le luxe, les métiers d’art contribuent au rayonnement de la France et ses régions dans le monde entier et sont dépositaires d’expertises absolument uniques, qu’il convient de valoriser et de défendre. »

Si la photographie ainsi que la bijouterie fantaisie suscitent le plus grand nombre de vocations d’entrepreneurs, les secteurs employant le plus grand nombre de salariés sont la fabrication de meubles et la charpente. Dans le même temps, les filières de la mode, de la bijouterie-joaillerie et de la ferronnerie d’art drainent le plus grand nombre d’apprentis dans ces métiers d’art.

Catherine Elie, directrice des études ISM : « Ce baromètre nous révèle l’attractivité des métiers d’art et de création, une attractivité accrue par l’épisode de la crise sanitaire et qui s’est traduit par le doublement des créations d’entreprise dans ces activités, précise Catherine Elie, directrice des études ISM (Institut supérieur des métiers). Une bonne nouvelle pour des métiers issus de traditions séculaires et qui restent emblématiques de la marque France (l’amour du geste, de la matière, de la création), mais aussi des identités territoriales. Cette dynamique ne doit cependant pas nous faire oublier que l’immense majorité des artisans indépendants restent des micro-entrepreneurs, qui ne vivent pas forcément de leur art. Du créateur de bijoux fantaisies qui diffuse ses créations sur les marchés ou des plateformes numériques, à l’artisan joaillier prestataire des grandes maisons de la place Vendôme, il y a un cap pas toujours simple à passer : une nécessaire expertise du geste à acquérir et des marchés à conquérir. »

1 380 entreprises en Vaucluse
Le département du Vaucluse compte 1 380 entreprises dans le champ des métiers d’art et de la création, soit 56 entreprises pour 10 000 habitants.
Des entreprises principalement situées à Avignon (14% du total départemental), l’Isle-sur-la-Sorgue (5%), Carpentras (4%), Pertuis (4%), Orange (4%), Cavaillon (3%), Monteux (3%), Apt (2%), Sorgues (2%) ainsi que Bollène qui complète ce Top 10 départemental (voir aussi ci-dessous).

Le secteur le plus employeur est la fabrication d’autres meubles et industries connexes de l’ameublement (14% du total du département), qui a connu une croissance de +13% entre 2017 et 2022. Ce secteur devance celui de la Fabrication d’articles de bijouterie fantaisie et articles similaires (11%), les studios de photographie (10%), les portrait et reportage photographique (7%) et la fabrication d’articles céramiques à usage domestique ou ornemental (6%).

A noter que le nombre de création d’entreprises du périmètre métiers d’art et de création a augmenté de +115% entre 2017-2023 en Vaucluse. De quoi permettre au nombre total de ses entreprises d’afficher une hausse de +38% dans le département. Seul bémol, l’emploi dans les métiers d’art et de création est resté stable dans le département entre 2017 et 2022, contrastant avec une progression de +12% pour l’ensemble de l’artisanat dans le Vaucluse.

Laurent Garcia


Artisanat : une dynamique retrouvée mais des transmissions en suspens

En 2018*, le département de Vaucluse a enregistré 1 900 créations d’entreprises artisanales. Si ce chiffre est inférieur aux départements les plus peuplés de la région comme les Bouches- du-Rhône (5 660), les Alpes-Mari- times (5 030) et le Var (4 310), il démontre cependant la vitalité du Vaucluse qui profite du dynamisme des territoires urbains qui, à eux seuls, représentent 70% des créations d’entreprises de la région. A l’inverse, les Alpes-de-Haute- Provence (460) et les Hautes-Alpes (400) qui comptabilisent moins de 500 créations d’entreprises chacun, bénéficient moins de ce dynamisme même si le nombre de créations est en hausse respectivement de + 11% et + 7%. Au total, sur cette période la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a comptabilisé 17 730 créations d’entreprises artisanales, soit + 14% entre 2017 et 2018. Une très bonne dynamique d’évolution qui permet à la région d’afficher une hausse supérieure de 1 point à la moyenne de la France où 177 500 entrepreneurs ont créé une entreprise artisanale en 2018. L’artisanat représentant alors 26% des nouvelles installations dans l’Hexagone Par ailleurs, toujours concernant la région, le secteur le plus attractif est celui du BTP qui comptabilise 46% des créations d’entreprises en 2018 (8 200 entreprises créées dont 2 000 dans la maçonnerie générale, 1 100 dans la peinture-vitrerie et 1 010 dans les travaux d’installation électrique). Arrive ensuite le secteur des services qui représente 35% des créations d’entreprises (6 210 entreprises dont 1 820 dans le nettoyage de bâtiments, 860 dans les soins de beauté et 640 dans la coiffure). Enfin, les secteurs de la fabrication (10% des créations d’entreprises – +9% entre 2017 et 2018) et celui de l’alimentation (8% des créations d’entreprises, soit 1 450, en hausse de 3%) ferment la marche.

*Source : Baromètre de l’artisanat (Maaf – Ins- titut supérieur des métiers) décembre 2019.

https://www.echodumardi.com/tag/maaf-institut-superieur-des-metiers/   1/1