18 mai 2026 |

Ecrit par le 18 mai 2026

(Vidéo) Lire sur la Sorgue, quand le festival épouse sa Venise comtadine

Du 13 au 16 mai 2026, la 6e édition de Lire sur la Sorgue transforme L’Isle-sur-la-Sorgue en scène littéraire à ciel ouvert. Avec près de 50 auteurs invités, plus de 250 écrivains accueillis depuis 2021, 70 bénévoles et plus de 4 000 heures de mobilisation, le festival de la Venise comtadine confirme son ancrage territorial et son ambition : faire de la littérature une expérience vivante, accessible et partagée. Une édition marquée par une programmation exigeante, des formats inédits et une fréquentation estimée à plus de 5 000 visiteurs. Tout le programme ici.

À rebours des salons du livre traditionnels, Lire sur la Sorgue revendique une autre grammaire. Ici, pas de files d’attente interminables ni de dédicaces expéditives : la rencontre précède le livre. Depuis six ans, le festival « tente de penser différemment le festival littéraire ». La littérature s’y déploie hors des cadres habituels : lectures musicales, débats philosophiques, performances artistiques ou encore expériences immersives. Dans les ruelles et le long des canaux, le visiteur circule d’un lieu à l’autre comme on tourne les pages d’un roman. Une scénographie urbaine qui épouse parfaitement la géographie sensible de la Venise comtadine.

Une programmation entre têtes d’affiche et voix singulières
L’édition 2026 réunit des figures majeures de la scène littéraire contemporaine. Parmi elles : David Foenkinos, Virginie Despentes, Douglas Kennedy, Michel Bussi, Aurélie Valognes ; Laetitia Colombani, Rachid Benzine… Mais le festival se distingue aussi par ses pas de côté. Le chef étoilé Glenn Viel ou encore l’homme de spectacle Bartabas viennent brouiller les frontières entre disciplines. Autre moment attendu ?  La présence rayonnante de Mazarine Pingeot, marraine de cette édition, qui anime plusieurs rencontres et débats, notamment la ‘disputatio’ inspirée des joutes médiévales.

Julie Gouazé et Mazarine M. Pingeot (c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Pourquoi on a envie de les rencontrer ?
David Foenkinos
Avec lui, la gravité avance masquée, toujours accompagnée d’élégance et d’humour. David Foenkinos a ce talent rare : parler des blessures, des ratés, des fêlures intimes avec une légèreté qui n’efface rien, mais rend tout plus juste. Derrière le romancier à succès de La Délicatesse ou Charlotte se tient un écrivain profondément attentif à ce qui vacille en nous. Une anecdote dit beaucoup de son œuvre : adolescent, une longue hospitalisation l’a conduit vers les livres, presque par nécessité vitale. Depuis, il écrit comme on réapprend à respirer. Le rencontrer, c’est approcher une littérature qui console sans simplifier.

Virginie Despentes
Lire Virginie Despentes, c’est rarement en sortir indemne, et c’est précisément ce qui la rend précieuse. Elle ne cherche ni à séduire ni à rassurer : elle secoue, interroge, déplace. Mais derrière la radicalité, il y a une pensée d’une grande générosité, une volonté farouche de rendre la parole à celles et ceux qu’on entend peu. De King Kong Théorie à ses romans, elle a imposé une voix libre, lucide, intensément politique, sans jamais renoncer à la littérature. La rencontrer, c’est accepter d’être bousculé avec intelligence, et souvent, en ressortir plus vivant.

Douglas Kennedy
Douglas Kennedy possède cet art rare de raconter les existences au moment exact où elles basculent. Chez lui, un choix intime devient toujours une question universelle : que fait-on de sa liberté ? Pourquoi trahit-on ses élans ? comment recommence-t-on une vie ? L’élégance de sa prose, son regard très fin sur les illusions contemporaines et son lien si singulier avec le lectorat français font de chacune de ses rencontres un moment à part. On vient pour le romancier du suspense psychologique ; on reste pour l’observateur aigu de nos contradictions.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Michel Bussi
Avec Michel Bussi, la conversation commence souvent comme un jeu et finit en vertige. Maître du faux-semblant, il a l’art de tendre au lecteur des pièges délicieux, de faire du roman un terrain d’enquête où l’intelligence n’exclut jamais le plaisir. Mais derrière le virtuose du suspense, il y a aussi un géographe, un homme attentif aux territoires, aux paysages, à ce qu’ils racontent de nos vies. Le rencontrer, c’est découvrir les coulisses d’un écrivain qui sait mieux que personne transformer une intuition en labyrinthe romanesque.

Laetitia Colombani
Laetitia Colombani relie les destins comme d’autres tissent des étoffes. Avec La Tresse, elle a fait entendre une conviction simple et puissante : des vies très éloignées peuvent se répondre intimement. Son œuvre explore ce qui unit les femmes, les combats silencieux, les solidarités invisibles. Scénariste et réalisatrice autant que romancière, elle apporte à ses rencontres un sens aigu du récit et du regard. La rencontrer, c’est entendre une voix qui croit encore, avec force, à la puissance des liens.

Aurélie Valognes
Aurélie Valognes écrit comme on tend la main. Son immense popularité ne tient pas au hasard : elle touche juste, parce qu’elle regarde les êtres sans les juger. Familles cabossées, solitudes ordinaires, liens qui se réparent, son univers parle à tous sans jamais céder à la facilité. Il y a chez elle une douceur sans mièvrerie, une attention aux fragilités qui fait du bien. La rencontrer, c’est découvrir qu’une littérature accessible peut aussi être fine, sensible, et profondément humaine.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Rachid Benzine
Rachid Benzine est de ceux qui éclairent sans jamais asséner. Islamologue, romancier, penseur du dialogue, il sait faire circuler les idées avec une rare clarté. Il parle de transmission, de spiritualité, d’exil, d’identité, sans simplifier la complexité du monde. Son intelligence est une intelligence hospitalière : elle ouvre, relie, nuance. Le rencontrer, c’est faire l’expérience précieuse d’une parole qui apaise non parce qu’elle évite les tensions, mais parce qu’elle les traverse avec rigueur et humanité. Mais le festival se distingue aussi par ses salutaires pas de côté.

Glenn Viel
Chef étoilé, Glenn Viel ne vient pas seulement parler cuisine : il vient rappeler que créer, c’est d’abord une affaire de sensation, de précision et d’audace. En cuisine comme en littérature, tout est affaire de rythme, de mémoire, d’instinct, de composition. Chez lui, la gastronomie devient un langage, presque une écriture. Sa présence ouvre une conversation réjouissante sur ce qui relie le goût, l’émotion et l’imaginaire.

Bartabas
Avec Bartabas, les frontières s’effacent d’emblée : entre art vivant et rituel, entre théâtre et silence, entre l’homme et l’animal. Créateur d’un univers immédiatement reconnaissable, il a fait du cheval non un sujet, mais un partenaire de pensée et de scène. Le rencontrer, c’est entendre une parole rare, exigeante, presque ascétique, sur la beauté, la discipline, le mystère du geste. Une présence magnétique, à la lisière des arts.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025

Et puis il y a Mazarine Pingeot, marraine de cette 6e édition
Sa présence a quelque chose de précieux : une intelligence calme, une élégance de pensée, une manière de faire circuler la parole sans jamais l’écraser. Romancière, philosophe, essayiste, Mazarine Pingeot apporte aux débats cette densité rare qui n’exclut ni la nuance ni la chaleur. Sa ‘disputatio’, inspirée des joutes médiévales, promet d’ailleurs bien plus qu’un débat : un art de la confrontation civilisée, où l’on pense ensemble sans renoncer à la vivacité du désaccord. Dans un monde saturé de prises de position immédiates, c’est une proposition presque précieuse : redonner du panache à la pensée.

Des formats qui réinventent la rencontre
C’est là que le festival s’affirme : Lire autrement. Dans la Manufacture Brun de Vian-Tiran, les ‘siestes littéraires’ plongent le public dans une expérience sensorielle inédite, allongé au cœur de la laine, porté par les voix d’auteurs et de musiciens. Partager autrement avec les ‘apéros des auteurs’ ou les petits-déjeuners en chambres d’hôtes offrent une proximité rare : on échange, on débat, on découvre l’auteur autrement que derrière une table. Débattre autrement avec la ‘disputatio’, animée par Mazarine Pingeot, remet au goût du jour l’art du dialogue argumenté, loin des formats médiatiques clivants.

Un festival dans la ville… et toute l’année
Lire sur la Sorgue est un projet culturel structurant, un événement porté par l’association éponyme, composée exclusivement de bénévoles, plus de 70 personnes engagées, cumulant plus de 4 000 heures de travail. Le festival est financé à 70% par le Fonds de dotation Nouveaux Lecteurs, avec le soutien financier de 80 partenaires. Surtout, l’action se prolonge toute l’année via des ateliers d’écriture en milieu scolaire, en milieu hospitalier ou carcéral, accompagnant de 600 personnes en 2026. Ce sont également des actions menées avec la Mission locale et les entreprises. Un engagement qui fait écho à la lecture comme levier d’inclusion sociale et territoriale.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Nouveauté : la littérature dès le plus jeune âge
Parmi les innovations de 2026, Lire aux enfants marque un tournant. Véritable ‘festival dans le festival’, ce dispositif accueille les jeunes publics avec ateliers, lectures et rencontres dédiées. Parrainé par Christian Heinrich, créateur des P’tites Poules, il témoigne d’une volonté aussi joyeuse qu’ambitieuse : former les lecteurs de demain au beau, au bon, au bienveillant, à la réflexion, à l’esprit du bien commun et aussi à l’esprit critique.

Les moments à ne pas manquer
Cérémonie d’ouverture : émission littéraire en direct avec de jeunes chroniqueurs issus du territoire ; Clôture exceptionnelle : performance mêlant littérature, musique et street art avec Virginie Despentes et La Rata ; Rencontre avec Michel Bussi : toujours parmi les plus suivies : Les lectures musicales dans la laine ; Débats philosophiques et “disputatio” ; Petit-déjeuner avec un auteur, une expérience rare et intimiste.

Les six lieux les plus importants
Accueil Grenier public 2 place de la Liberté. Campredon art et image 20 rue du docteur Tallet. Manufacture Brun de Vian Tiran 2 cours Victor Hugo. 4rt gallery 15 rue Danton. Lire aux enfants Ecole du centre rue Denfert Rochereau. Jardins de l’hôpital 3 quai Lices Berthelot, à l’Isle sur la Sorgue.

Lire sur la Sorgue en chiffres
6e édition ; Près de 50 auteurs invités ; +250 auteurs accueillis depuis 2021 ;  +5 000 festivaliers attendus ; +70 bénévoles ; 4 000 heures de bénévolat ; 600 personnes accompagnées à l’année  + 80 partenaires.

Grace à eux
Parmi les figures fondatrices, plusieurs personnalités incarnent l’esprit de la manifestation. La libraire -et ingénieure en information-communication- Maria Ferragu, vice-présidente est la co-fondatrice de Lire sur la Sorgue, l’âme de la librairie du Passeur de l’Isle. Elle apporte au festival ce que les grands libraires ont de plus précieux : le goût des textes, le sens des voix, et cette intuition fine des livres qui comptent. À ses côtés, Humbert Mogenet -ancien banquier de la Caixabank-, président du Fonds de dotation Nouveaux Lecteurs, contribue à donner au festival sa structure, son souffle et son ambition, en soutenant un projet qui défend la lecture comme un bien commun. Il est celui qui recherche et collecte avec succès 70% des fonds sonnants et trébuchants qui soutiennent Lire sur la Sorgue. Il y a aussi la dynamique Julie Gouazé vice-présidente de l’association, auteure, documentariste, vidéaste, accompagnatrice de passion littéraire auprès de tous les publics : enfants, ados, adultes ; On n’oublie pas la discrète Séverine Rigo, qui occupe, elle aussi, une place centrale : responsable de la coordination des 80 bénévoles, et, enfin, le président de Lire sur la Sorgue : Marc Leclerc, conseiller auprès des grands groupes sur les risques psycho-sociaux et la RSE, responsabilité sociétale des entreprises. Il est celui qui porte, avec Maria Ferragu l’aura de Lire sur la Sorgue au niveau national. C’est ensemble, chaque année, que ces explorateurs de la pensée, nous font grandir l’âme. Vous souhaitez devenir partenaire de Lire sur la sorgue, merci de contacter : direction@festival-liresurlasorgue.com ; Vous voulez devenir bénévoles c’est ici : benevoles@liresurlasorgue.com ; Vous voulez devenir partenaires de Lire sur la Sorgue : fdd.nouveauxlecteurs@gmail.com ; www.liresurlasorgue.com

En bref
À L’Isle-sur-la-Sorgue, la littérature ne se contente pas de se lire : elle se vit, se partage, se discute. Dans un paysage culturel souvent dominé par l’événementiel, Lire sur la Sorgue trace sa propre voie : celle d’un festival à taille humaine, exigeant sans être élitiste, ancré dans son territoire tout en restant ouvert au monde. Un rendez-vous qui, au fil des éditions, s’impose comme l’un des marqueurs culturels et économiques du Vaucluse.

Les Infos pratiques
Lire sur la Sorgue. 6e édition. Du 13 au 16 mai 2026. Centre-ville de L’Isle-sur-la-Sorgue. Horaires : selon agenda quotidien ; Rencontres en accès libre sans réservation (dans la limite des places disponibles), ateliers et expériences sur réservation. Tout le programme ici.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Lire sur la Sorgue, quand le festival épouse sa Venise comtadine

La 4e édition du festival Lire sur la Sorgue aura lieu du mercredi 8 au samedi 11 mai, à l’Isle sur la Sorgue, avec pour marraine la niortaise Catherine Meurisse, illustratrice et dessinatrice de presse, notamment chez Charlie Hebdo. Le Festival proposera des rencontres dans divers lieux avec 45 auteurs et artistes au fil d’interviews, de tables rondes, de conférences, d’ateliers, de projection de films, de petits déjeuners et déjeuners… Le tout mis en musique durant un an par une armée de 55 bénévoles. Parmi les guest stars : la comédienne Julie Gayet, le rabbin Delphine Horvilleur, le grand reporter Solène Chalvon-Fioriti, le philosophe William Marx, le gynécologue et obstétricien Israël Nisand, et l’ex-infirmier et conseiller départemental durant 25 ans, André Castelli.

«Lire sur la Sorgue n’est pas un salon du livre mais un festival, » prévient-on. En quoi cela diffère-t-il ? « On ne vient pas pour acheter des livres –quoi qu’on puisse le faire- mais surtout pour rencontrer la littérature sous la forme la plus contemporaine qui soit et via de nombreuses formules donnant surtout envie de rencontrer des auteurs et artistes vivants, même si, une fois le festival achevé, il sera temps de plonger dans les ouvrages de son choix.

Frédéric Dol, propriétaire avec son épouse Marie-Claude de la Maison sur la Sorgue,
Galerie d’art, Expositions, Concept store et Hôtel d’une demeure bourgeoise âgée de 400 ans

Pour en savoir plus
Rendez-vous à l’illustre Maison sur la Sorgue au creux de la galerie Retour de voyage, dans cette belle maison bourgeoise qui accueille également un hôtel, 6, rue Rose Gounard, à l’Isle sur la Sorgue. Nous sommes accueillis par Frédéric Dol propriétaire avec son épouse Marie-Claude, de ce vénérable établissement quatre fois centenaire. 

A la tête du festival
Marc Leclerc est président de Lire sur la Sorgue ; Humbert Mogenet dirige le Fonds de dotation nouveaux lecteurs, Maria Ferragu – à la tête de la librairie Le passeur de l’Isle- et Julie Gouaze, auteure, sont les vices-présidentes du Festival Lire sur la Sorgue. Chacun passant en revue la nouvelle mouture de ce festival pas comme les autres.

De gauche à droite, Julie Gouaze, Humbert Mogenet, Marc Leclerc, Séverine Rigo responsable des bénévoles et Maria Ferragu

55 bénévoles
«Je suis très fier de toute l’équipe et des 55 bénévoles qui font vivre Lire sur la Sorgue tout au long de l’année, a commencé Marc Leclerc. La manifestation regroupe de plus en plus de partenaires parmi lesquels la Ville, le Département et la Région qui nous offrent leur précieux soutien. Nous portons tous cette conviction qui permet au festival de rayonner bien au-delà du territoire de Vaucluse puisque nous parlerons de Santé culturelle, à l’Opéra Garnier de Paris, devant plus de 5 000 entreprises. Cette 4e édition marquera également un important moment qui nous permettra encore de grandir. Ce festival est un organisme vivant qui met en lien auteurs, publics et partenaires,» a conclu le président de la manifestation.

La programmation s’étoffe d’année en année
«Ce petit festival grandit avec des éditeurs qui nous sollicitent, proposant des duos ou trios  d’auteurs aux travaux complémentaires, relate Maria Ferragu. D’anciens auteurs invités reviennent aux nouvelles éditions avec force de propositions pour soulever de nouveaux thèmes. C’est le cas de ‘La guerre, et après ?’ (Vendredi 10 mai à 17h, Cour Campredon). Egalement, Lolita Séchan –fille de Renaud et auteure de livres pour enfants et de bandes dessinées-, la marraine de l’édition passée revient avec sa fille, Héloïse –dont le papa est le chanteur Renan Luce- à la demande de celle-ci. Les connexions se font entre auteurs et artistes donnant lieu à de nouvelles collaboration et parfois de nouveaux livres.»

Les petites histoires
«L’année dernière Catherine Meurisse a débarqué à Lire sur la Sorgue avec deux copines, se souvient Maria Ferruga. L’une d’elles était Hélène Honoré, la fille du dessinateur Philippe Honoré assassiné en janvier 2015 lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. C’est elle qui nous a proposé l’exposition des œuvres de son père. Des bestiaires et rébus littéraires exposés à la Maison des aînés, Quai Lices Berthelot. »

Les graines que l’on sème
«Ce festival est à l’image de graines semées, de pierres posées bout à bout, imagine la libraire du Passeur de l’Isle. D’ailleurs, les bénévoles sont en train de préparer une surprise pour l’ouverture du festival, lâche-t-elle mystérieuse. J’attire votre attention sur le fait que nous proposons deux programmations : l’une officielle et l’autre alternative. Cette dernière propose de nombreuses innovations comme le retour de la Fabrique poétique qui se tient au Grenier numérique -entièrement géré- par des bénévoles avec des ateliers sans réservation. Le lieu a connu un vif succès l’an passé, accueillant plus de 500 personnes en 48h. En dehors des ateliers et expériences, les rencontres sont sans réservation, dans la limite des places disponibles. Mon conseil ? Venez en avance pour assister aux rencontres auxquelles vous tenez.»
Tout le programme ici.

Maria Ferragu

Les nouveautés et les temps forts
«Il y aura une soirée ‘Des livres et du vin’ lors de laquelle un sommelier, une libraire et un auteur, Gille Marchand pour ‘Le soldat désaccordé’ construiront des parallèles avec le vin, détaille Maria Ferragu. La soirée est déjà bien remplie. Je crois qu’elle plaît déjà aux futurs festivaliers.»
Vendredi 10 mai à 19h30. La chapelle sur la Sorgue, 10 rue du docteur Jean Roux. Réservation ici.

Des petits-déjeuners
«Nous avons aussi décidé de créer des petits-déjeuners et un déjeuner intimes avec des auteurs. Cela permettra aux festivaliers de découvrir des auteurs et des éditeurs dans un cadre différent,» relève la libraire.
Déjeuner avec Magyd Cherfi. Vendredi 10 mai. 12h30-14h30. 45€. Attention places limitées, nécessité de réserver au plus vite ici.

Ciné sur la Sorgue
«Nous assisterons à la projection d’un documentaire sur les femmes intitulé ‘Afghanes’ réalisé par le grand reporter spécialiste des terrains de guerre, Solène Chalvon-Fioriti, ajoute Maria Ferragu. La journaliste y a découvert un réseau clandestin de pratique de l’avortement par des femmes, pour sauver des femmes’ puis nous évoquerons son livre ‘La femme qui s’est éveillée’. Vendredi 10 mai, 19h, Ciné sur la Sorgue. Réservations ici.

Julie Gouaze

La médiation
«Le festival Lire sur la Sorgue c’est à la fois 3 jours de rencontres avec des auteurs et artistes et également un travail qui se prolonge toute l’année avec différents publics,» relate Julie Gouaze, auteure et animatrice de Lire sur la Sorgue.

Les canetons déchainés
«Un exemple ? J’anime une fois par mois une rencontre avec les 11 ‘Canetons déchainés’ jeunes journalistes –de la 6e à la 3e– du Collège Jean Bouin, ponctue Julie Gouaze. Nous rédigeons l’actualité liée au collège. Ils sont également formés à la prise de parole en public et seront les reporters officiels du festival lors duquel ils co-animeront la rencontre avec Delphine Horvilleur, rabbin et philosophe, et intervieweront un certain nombre d’auteurs.»
 
Création d’un spectacle
«Gilles Marchand, auteur et ami du festival anime, à l’année, des ateliers d’écriture dans différentes structures telles que les collège, lycée, foyer des traumatisés crâniens, structures pour personnes âgées ainsi qu’avec des jeunes de la Mission locale, développe Julie Gouaze. Il a ainsi collecté des bribes de textes pour nourrir le spectacle annuel du festival où joueront, avec lui, sur scène, quelques auteurs de ces écrits, accompagnés de son musicien Emmanuel Cross.
Cérémonie de clôture. Lecture musicale. ‘La 4 ou la 14, ballade pour un train’. Samedi 11 mai à 19h. Cour Campredon.

Travail avec la Mission locale
«Nous rencontrons, avec Maria, une fois par mois, une dizaine de jeunes de la Mission locale, relate Julie Gouaze. Ensemble, nous écrivons, nous partageons des moments de liberté où ils prennent confiance en eux, se sentent écoutés. Ces moments plein de richesse nous apportent beaucoup également.»

Des projets plein la tête
«Nous élaborons plein de projets. Le problème ? Nous avons besoin de gens pour apporter la lecture et l’écriture dans les lieux qui en sont le plus éloignés, observe Julie Gouaze. Nous avons déjà lancé des projets avec le Foyer d’accueil médicalisé, La maison d’arrêt pour femmes de Lyon-Corbas. Nous travaillons également avec l’IME, Institut médico-éducatif. Le projet a consisté à travailler avec Ambre Gaudet, jeune podcasteuse animalière. Elle a, avec les enfants et adolescents, enregistré 2 podcasts sur les animaux vivants dans le parc de l’IME. Nous allons créer un événement pour les enfants et adolescents qui ont participé à ces ateliers lors de l’année, une cérémonie d’ouverture du festival mardi 7 mai à 14h, au Grenier numérique, où seront visionnés les podcasts.» « Egalement, lundi 6 mai après-midi et mardi 7 mai le Grenier numérique sera ouvert offrant de découvrir l’exposition conçue par une des illustratrices du festival venue animer des ateliers avec les lycéens,» ajoute Maria Ferragu.

Humbert Mogenet

Une armée de 55 bénévoles
«Nous grandissons et, en même temps nous avons besoin de nous structurer, de nous professionnaliser tout en restant connectés à l’ensemble des acteurs locaux, analyse  Humbert Mogenet. Nous rêvons de pouvoir prendre, d’ici 12 à 24 mois, un salarié ‘couteau-suisse’ à mi-temps aux côtés des 55 bénévoles talentueux en communication, vidéo, organisation, logistique…»

Notre organisation
«Notre association est soutenue, à hauteur de 30% de son budget, par la Ville, le Département et la Région, détaille Humbert Mogenet et d’un fonds de dotation, qui permet, via des mécènes privés, d’abonder ce budget à hauteur de 70% pour un montant total d’environ 75 000€. Nous accueillons, cette année, 3 nouveaux partenaires parmi lesquels Allianz et Le Domaine de Léos. Nous avons conçu un partenariat avec les 300 Monoprix de France –qui annonceront le festival- dont une rencontre littéraire aura lieu au Monoprix d’Avignon ainsi que chez LogiSorgues du groupe Raja. Les deux rencontres seront animées par Maria Ferragu.»

RSE et Fondations d’entreprises
«Toutes nos actions vont en faveur, également, de la RSE Responsabilité sociale des entreprises, expose Humbert Mogenet. Là, nous activons d’autres leviers en lien avec les fondations d’entreprise. Nous pouvons désormais compter sur l’aide des collectivités territoriales, nos mécènes privés et la médiation culturelle la RSE des entreprises comme les Fondations du Crédit mutuel pour la lecture, de France télévision, Hachette, La poste. Nous travaillons avec Aprova 84 qui aide le monde associatif à se structurer et à organiser ses projections financières. Une fois encore, nous ne serions rien sans les restaurateurs, les chambres d’hôtes –qui hébergent les auteurs-, Campredon art & image… Par ailleurs, les services de l’environnement de la Ville nous ont gratifié d’un arbre : l’arbre de Lire sur la Sorgue qui, chaque année, arborera les dates et nom de la marraine ou du parrain de l’édition à venir. Je clôturerait mon intervention par cette citation de Victor Hugo qui a dit ‘Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue’.»

Lire sur la Sorgue en chiffres
«Le budget 2024 est de 75 000€, dont 22 000€ pour la partie publique, relève Humbert Mogenet. Si l’on valorise toute l’aide immatérielle : prêt de salles, aides de la Ville, conception, impression et apposition des affiches ainsi que les heures de bénévolat, notre budget est doublé, soit 150 000€. Nous allons commencer à mesurer l’impact économique de Lire sur la Sorgue. Nous pensons que l’an passé le festival a déplacé 3 500 personnes.»

Le coût d’un auteur ?
«Si l’on quantifie le coût d’un auteur ? Interroge Humbert Mogenet. Bien qu’il nous rapporte bien plus encore en plaisir de le recevoir, et si l’on additionne les frais de déplacements, l’hébergement, la restauration, sa rémunération et le paiement des cotisations sociales sur les droits d’auteurs, nous atteignons un peu plus des 1 000€, multipliés par le nombre d’auteurs auquel on ajoute la logistique et la communication, on arrive au budget évoqué.»

4 500 festivaliers attendus
«Cette année nous espérons entre 4 000 à 4 500 festivaliers, espère Humbert Mogenet. Cette année, nous aurons peut-être la possibilité de prendre cette mesure –nommée Flux vision– via Orange business service. Egalement nous distribuerons des questionnaires pour savoir d’où viennent les festivaliers, leur âge, s’ils ont l’intention d’aller au restaurant et d’effectuer un achat plaisir dans une boutique. Pour mémoire 1€ investi dans la culture est ce qui rapporte le plus avec des retombées de 3 à 6 points. Nous pensons nous situer autour de 3.»

Quant aux L’islois ?
«Les collégiens, lycéens et jeunes de la Mission locale, qui ont participé toute l’année à des ateliers et animations de créativité, d’écriture, de lecture, d’arts se rapportant à Lire sur la Sorgue participeront aux rencontres et, en cela, seront acteurs de la manifestation, tandis que leurs familles seront présentes pour les soutenir,» précisent Maria Ferragu et Julie Gouaze.

Marc Leclerc

Un festival à l’inverse d’un salon du livre
«Dans un salon du livre l’auteur attend derrière une table pour rencontrer son public et dédicacer ses livres. Dans ce festival, c’est le public qui vient au-devant de l’auteur qui pourra s’exprimer seul ou avec un ou plusieurs autres auteurs et un modérateur lors d’une intervention face à public qui, également, interagira avec lui,» précisent Marc Leclerc et Maria Ferragu. 

Focus sur Catherine Meurisse
Catherine Meurisse est rédactrice à Charlie Hebdo de 2005 à 2016 où elle est la seule femme de l’équipe de dessinateurs permanents de Charlie Hebdo. Elue à l’Académie des Beaux-Arts en 2020, Catherine Meurisse est la première auteure de bande dessinée à devenir membre de l’Institut de France. Elle interviendra notamment vendredi 10 mai à 14h Cour Campredon dans ‘Carte blanche à la marraine et ses invitées BD’ avec Aurélia Aurita pour son livre ‘La vie gourmande’ paru chez Casterman et Florence Dupré Latour pour ‘Jumelle’ paru chez Dargaud. Catherine Meurisse proposera son livre ‘Le passage’ paru chez Barbier.

Ils étaient présents lors de la conférence de presse

Les lieux de Lire sur la Sorgue
La Cour Campredon, La Maison des ainés, le Clos des lavandes, 4rt Gallery, Ciné sur la Sorgue, Bastidon des Pescaïre. Toute la programmation alternative se déroulera au Grenier numérique, Place de la Liberté, réservations sur le site ici. Les réservations sont à faire au plus vite sur liresurlasorgue.com ici. Retrouvez également toutes les vidéos Lire sur la Sorgue sur youtube.com/@festivalLiresurlaSorgue

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