1 février 2026 |

Ecrit par le 1 février 2026

Fermeture de la chirurgie à Apt : « l’hôpital a perdu son âme »

Annoncée en juin dernier, la fermeture du service de chirurgie du centre hospitalier du Pays d’Apt a bel et bien eu lieu le 31 décembre. Une décision regrettée, notamment par les élus qui ont tenu à remercier une dernière fois le personnel qui a fait vivre ce service ces dernières années.

Ils étaient nombreux à se réunir ce lundi 12 janvier à la mairie d’Apt pour venir applaudir et remercier le personnel du service de chirurgie, désormais fermé, de l’hôpital du Pays d’Apt. « Vous êtes nombreux à être venus, cela montre à quel point l’hôpital est important pour le territoire », a commencé par dire Véronique Arnaud-Deloy, maire d’Apt.

En effet, la salle était comble. De nombreux maires de communes du territoire étaient présents, mais aussi Dominique Santoni, présidente du Département, aux côtés des médecins, infirmiers, anesthésistes et autres membres du personnel médical qui, impuissants, ont dû faire face à la fermeture de la chirurgie.

©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Une forte mobilisation

Ce que tous retiennent de cette fermeture, c’est la mobilisation qui en a découlé. « On s’est tous battus, ça a été un mouvement solidaire et unitaire, quelles que soient nos idées politiques », a poursuivi Véronique Arnaud-Deloy. Un mouvement citoyen ‘Apt•es à faire bloc’ a conduit de nombreuses manifestations, a interpellé les élus du territoire, mais aussi des personnalités publiques attachées au Pays d’Apt, dans l’espoir de sauver le service chirurgie.

« La fermeture de la chirurgie était au-delà de nos compétences. On a subi, on nous a juste transmis les informations sans vraiment nous consulter. »

Dr Jawhar Allouche

« On est allés en justice, on a raclé les fonds de tiroirs et de poches pour payer des avocats, mais aujourd’hui on n’a plus de chirurgie ni d’endoscopie, donc maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », interroge Dominique Thévenieau, président du comité des usagers de l’hôpital d’Apt.

De la colère et de l’incompréhension

« Aujourd’hui, l’hôpital a perdu son âme, déplore Dr Jawhar Allouche, chirurgien orthopédiste et traumatologue et ancien chef du service chirurgie. La santé et l’éducation ne devraient pas être lucratives, on doit pouvoir avancer sans qu’on nous mette cette pression d’ordre monétaire. » Cette fermeture, les élus aussi, ont fait tout ce qu’ils ont pu pour l’empêcher, en vain. « Non, nous ne sommes pas ‘à seulement 30 minutes de Cavaillon‘, comme on s’est évertué à nous le répéter », s’indigne Charlotte Carbonnel, maire de Saint-Martin-de-Castillon.

« On ressent un profond abandon de la ruralité. »

Charlotte Carbonnel

Les membres du personnel du service de chirurgie, également, se sentent abandonnés. « Oui, on va rebondir, mais ça fait 6 mois qu’on vit dans l’angoisse, qu’on est sous antidépresseurs et anxiolytiques, expliquent-ils en cœur. À ce jour, certains ne savent toujours pas ce qu’ils vont faire. »

C’est une incompréhension totale et un sentiment d’abandon qui règnent parmi le personnel du service chirurgie, qui a fermé ses portes le 31 décembre. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Et pour la suite ?

Alors que le service de chirurgie a fermé ses portes, le centre hospitalier, en parallèle, déploie ses autres services comme le service d’imagerie qui s’est doté de nouveaux équipements de pointe et qui va accueillir une IRM et un mammographe dans les mois à venir.

Pourtant, certains sont persuadés que la fermeture de la chirurgie met en péril l’avenir de l’hôpital. « Tous les services vont être touchés petit à petit, les urgences sont le point fondamental de l’hôpital, si on les perd, ça serait fatal, a conclu Dominique Thévenieau. On a eu des promesses rocambolesques de l’ARS (Agence régionale de Santé) comme des travaux, plus de lits, ou encore le renfort des urgences. Le comité des usagers vérifiera que toutes ces promesses soient tenues. »


Fermeture de la chirurgie à Apt : « l’hôpital a perdu son âme »

Au mois de juin, la directrice du centre hospitalier du Pays d’AptDanielle Fregosi, a annoncé la fermeture du service de chirurgie de l’hôpital au 31 décembre 2025. Une décision qui ne fait pas l’unanimité, notamment auprès des médecins du territoire.

Après les élus du département, c’est au tour des professionnels de santé d’exprimer leur inquiétude face à l’annonce de la fermeture du bloc opératoire du centre hospitalier du Pays d’Apt. « Face à ce projet, l’ensemble des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) du Vaucluse et les médecins du Groupement Hospitalier de territoire (GHT) se mobilisent et expriment leur solidarité avec le territoire d’Apt, convaincues qu’il s’agit d’une atteinte grave à l’égalité d’accès aux soins », déclarent-ils.

Situé au cœur d’un territoire majoritairement rural, avec une population locale vieillissante mais tout de même importante et une forte affluence touristique, cet hôpital joue un rôle crucial selon les médecins. Les patients ayant besoin d’un intervention chirurgicale seraient donc dans l’obligation de parcourir plus de 30 minutes pour se rendre les établissements de Cavaillon, Manosque ou Carpentras. « Chaque minute compte en cas d’urgence, et ces délais allongés représentent un risque réel de perte de chance pour les patients », insistent les professionnels.

« La fermeture de la chirurgie menacerait directement la survie du service des urgences, qui dépend étroitement de la présence d’un plateau chirurgical. »

Les médecins de Vaucluse déplorent également la saturation déjà omniprésente dans les hôpitaux voisins. « Au-delà d’un choix budgétaire, il s’agit d’une décision politique qui engage la responsabilité de l’État. Les CPTS et les médecins du GHT dénoncent un désengagement qui accélère la désertification médicale et aggrave les inégalités d’accès aux soins. »

Le 24 juillet dernier, la président du Département de Vaucluse, Dominique Santoni, a rencontré le ministre de la Santé Yannick Neuder afin de défendre les intérêts du centre hospitalier du Pays d’Apt. Une rencontre qui a permis de formuler des pistes concrètes afin de préserver l’offre de soins sur le territoire mais qui, pour l’instant, n’a abouti à aucune solution arrêtée.


Fermeture de la chirurgie à Apt : « l’hôpital a perdu son âme »

Si la théorie du grand remplacement, qui consiste à considérer que notre civilisation occidentale va être anéantie par la venue massive de populations non européennes, peut être sujette à controverse, celle qui consiste à remplacer les hommes par des machines, est par contre totalement fondée. Mais la bataille engagée n’est peut-être pas totalement perdue….

Il y a quelques semaines, j’accompagnais un ami pour une radiographie dans un centre d’imagerie médicale à Pertuis. Au lieu d’être accueilli par un hôte ou une hôtesse, c’est à une machine que les patients ont aujourd’hui à faire. Tapez votre nom, introduisez votre carte vital, scannez votre ordonnance… Et en sort un ticket avec un numéro d’ordre qui vous précise également la salle d’attente où vous rendre. Formidable, c’est le progrès. Tant pis pour tous ceux qui ne maîtrisant pas ce genre de machines : personnes âgées ou atteints de handicaps, étrangers… En fait, c’est la double fracture, à celle du poignet1 pour laquelle vous venez faire une radio s’ajoute celle du numérique !

On ne va pas dans ce genre d’endroit par plaisir

Mais au-delà de cette « nouvelle fracture » c’est surtout la déshumanisation des services qui est à déplorer. C’est d’autant plus dommage de la part d’un centre médical où le service et la prise en charge des patients sont peut-être plus importants qu’ailleurs. On ne va pas dans ce genre d’endroit par plaisir.

Si c’est pour faire une économie de personnel c’est raté, car il faut toujours quelqu’un pour pallier aux éventuels bugs de la machine, remédier à des absences de documents demandés, corriger les fausses manipulations, ou simplement aider ceux qui n’y arrivent pas… En d’autres termes, les hôtes et hôtesses qui étaient au service des patients le sont aujourd’hui à celui de la machine. Cool le progrès !

Dans les grandes surfaces on transforme les caissières ou caissiers en surveillantes ou surveillants

Toujours à la pointe du progrès les grandes surfaces ont transformés, il y a maintenant quelques années certaines de leurs traditionnelles caisses en des systèmes totalement automatisés. Vous y scannez vous-même vos produits et procédez au règlement. Les caissièr(e)s sont alors devenu(e)s des surveillant(e)s et pas uniquement pour pallier aux dysfonctionnements techniques de la machine. Ils doivent surveiller ceux qui oublient de scanner certains produits ou changent les étiquettes… Traquer les fraudeurs ça veut dire gérer des conflits souvent difficiles. C’est un stress important pour des personnels dont ce n’est pas le métier que de fliquer les gens.

Beaucoup regrettent la fin du contact humain

En France, aujourd’hui, 30 % des caisses des hypermarchés sont automatisées, mais elles ne représentent que 10 % du CA. Les consommateurs les boudent. Beaucoup regrettent la fin du contact humain. Nombre d’enseignes font machine arrière ou n’iront pas plus loin dans l’équipement en caisses automatiques. Découverte incroyable on vient de se rendre compte que nous aurions besoin de contacts humains.

1 : exemple pris pour la démonstration, s’agissant d’une des fractures les plus courantes


Fermeture de la chirurgie à Apt : « l’hôpital a perdu son âme »

Fin 2021, les travaux d’extension de l’Espace médical municipal créé en 2020 à l’Isle-sur-la-Sorgue, se sont poursuivis avec l’installation d’un bâtiment modulaire temporaire. L’objectif est d’accueillir de nouveaux médecins dans l’attente de la fin des travaux d’aménagement du premier étage.

Après l’installation de médecins en septembre dernier, l’Espace médical municipal accueille de nouveaux professionnels en ce début d’année 2022. Le bâtiment modulaire accueille depuis lundi 3 janvier trois médecins généralistes : Dr Vautrin, Dr Delattre et Dr Azi. Lundi 17 janvier, l’effectif de médecins généralistes sera complété par l’arrivée du Dr Imhaus dans ce même bâtiment modulaire. Enfin, lundi 14 février, un dernier médecin généraliste rejoindra le pool de médecins de la première tranche de travaux : le Dr Paillard.

En ce début d’année, l’Espace accueille également, dans sa partie nouvellement aménagée qui prolonge le bâtiment existant, des médecins spécialistes :

  • Dr Collette Unal, gynécologue obstétricienne, à compter du vendredi 7 janvier
  • Dr Coulomb, gynécologue obstétricienne, à compter du jeudi 13 janvier
  • Dr Couderc, dermatologue, à compter du mardi 18 janvier

Informations concernant les rendez-vous avec les médecins généralistes de la première tranche : Dr Maloszyk, Dr Metge Peraldi, Dr Balzano, Dr Paillard. Par téléphone au 04 86 65 70 00. Secrétariat joignable du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 14h à 17h30. Fermé le jeudi après-midi.

Informations concernant les rendez-vous avec les médecins généralistes du bâtiment modulaire : Dr Vautrin, Dr Delattre, Dr Azi, Dr Imhaus. Par téléphone au 04 84 14 80 26. Secrétariat joignable du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30 et de 14h à 18h.

Informations concernant les rendez-vous avec les médecins spécialistes (gynécologues et dermatologue) : Dr Collette Unal, Dr Coulomb, Dr Couderc. Par téléphone au 04 84 14 80 22. Secrétariat joignable du lundi au jeudi de 13h30 à 17h30 et le mardi de 8h à 12h. Prise de rendez-vous également sur Internet via le site www.doctolib.fr.

L.M.

https://www.echodumardi.com/tag/medecins/   1/1