18 mai 2026 |

Ecrit par le 18 mai 2026

Diocèse d’Avignon, ‘Foi en mouvement, société en questionnement’

À l’approche de Pâques, le diocèse d’Avignon dresse le portrait d’une Église vauclusienne en recomposition, traversée par une hausse inattendue des baptêmes d’adultes, des mutations territoriales profondes et des défis financiers persistants, dans un Vaucluse lui-même confronté à de fortes tensions sociales. A la tête de cette refondation, Monseigneur Fonlupt arrivé en terre papale en juin 2021, « En 2033 nous fêterons le deuxième millénaire de la résurrection du Christ qui n’est pas enfermé dans la mort, il est vivant, il est ressucité ».


À contre-courant des idées reçues sur le recul religieux, le diocèse d’Avignon, qui comprend l’ensemble du territoire de Vaucluse, piloté par Monseigneur Fonlupt, observe une progression nette des catéchumènes. En 2026, plus d’une centaine d’adultes s’apprêtent à recevoir le baptême, auxquels s’ajoutent une soixantaine d’adolescents. Un phénomène qui s’inscrit dans une tendance nationale : plus de 20 000 baptêmes d’adultes sont attendus en France cette année.

Une dynamique spirituelle inattendue
Ce basculement traduit une mutation profonde : la foi ne se transmet plus automatiquement, elle se choisit. Les profils sont souvent jeunes, entre 25 et 35 ans, en quête de sens face aux épreuves personnelles ou aux incertitudes contemporaines. « On passe d’une logique d’héritage à une logique d’adhésion », souligne l’archevêque.  

Monseigneur Fonlupt Copyright MMH

Une Église qui se réorganise en profondeur
Cette vitalité spirituelle s’accompagne d’une réorganisation structurelle d’ampleur. Le diocèse, qui compte historiquement plus de 170 paroisses, amorce une transformation vers 35 grands secteurs pastoraux, avec une phase d’expérimentation de trois ans.
« Ce diocèse, qui est grand, date du sortir de la Révolution, en 1802, et ses limites précises ont été déterminées en 1817 rappelle Monseigneur Fonlupt. Il y a de cela un petit peu plus de 200 ans. Et en fait, canoniquement, selon les repères d’église, on est sur une structure qui date de cette période-là, avec un peu plus de 170 paroisses. Il est bien évident qu’aujourd’hui, on n’a pas 170 paroisses vivantes. D’ailleurs, de nouveaux secteurs paroissiaux s’étaient reprécisés. Mais il m’a semblé qu’on avait besoin de regarder ça de manière un peu globale, sur l’ensemble du territoire, pour mettre au jour des secteurs paroissiaux, plus larges que ce qu’ils n’étaient jusqu’à présent, et en essayant de définir de nouveaux repères pour accueillir la foi, la transmettre, la partager, via la catéchèse, les aumôneries, des propositions de réflexion, la formation pour des adultes… »

Présence de l’église et raréfaction des prêtres
Objectif ? Adapter la présence de l’Église à la raréfaction des prêtres : environ 65 en activité et 20 en retraite et encore souvent sollicités, tout en renforçant la vie communautaire. L’enjeu ?  Maintenir une proximité dans un territoire étendu sans diluer les forces. Cette évolution, déjà engagée dans de nombreux diocèses français depuis deux décennies, vise à éviter l’atrophie progressive de communautés isolées et fragilisées.  

Une institution confrontée à ses limites financières
Autre réalité moins visible mais structurante : l’équilibre économique. Le diocèse fonctionne avec un budget annuel estimé à environ 6M€, dont près d’un quart consacré à la rémunération des prêtres qui perçoivent une indemnité versée par le diocèse de 700€ complétée d’environ 300 à 400€ émanant des messes. Le modèle repose quasi exclusivement sur les dons, le Denier de l’Église. Or, si la générosité moyenne progresse, le nombre de donateurs diminue, reflet du vieillissement des fidèles. «Les legs sont une partie importante justement de cet équilibre,» relève monseigneur Fonlupt. À cela s’ajoute le poids du patrimoine immobilier, souvent ancien et coûteux à entretenir, alors que les ressources humaines et financières se tendent.

Copyright Diocèse d’Avignon Un doyenné est une circonscription qui regroupe plusieurs paroisses.

Une Église au cœur des tensions sociétales
L’Eglise demeure un acteur de dialogue dans une société fragmentée : « Les femmes et les hommes qui viennent nous rejoindre sont dans une période de leur vie où plein de possibles peuvent se déployer, témoigne Monseigneur Fonlupt, où ils sont en même temps confrontés à des étapes importantes de leur vie : expérience amoureuse, le lien ou l’engagement dans le mariage, la maternité, la paternité… Egalement des épisodes difficiles, comme la rupture, la souffrance, le décès de proches, ou la maladie… L’église impulse cette volonté de « résonner avec les questions du monde » rappelle Monseigneur Fonlupt qui revendique une posture d’écoute, de médiation et de sens, plutôt que de surplomb,

Le numérique comme levier de renouvellement
Symbole de cette adaptation, le diocèse vient de lancer, en janvier dernier, un nouveau site internet, conçu par ‘Panoramas’ une agence de communication Avignonnaise dirigée par Muriel Botella-Bougrain Dubourg. Le chantier a constitué deux années de réflexion pour retravailler la charte graphique et réorganiser les 127 000 pages du site précédent. Plus lisible, plus accessible, il vise à toucher un public élargi, notamment les personnes en recherche spirituelle. Ce chantier numérique s’inscrit dans une stratégie plus large : rendre l’institution plus compréhensible, moins cloisonnée, et capable de dialoguer avec des publics éloignés de la pratique religieuse. Le logo, en forme de couronne du Christ mais aussi des arches du palais des papes laisse une porte ouverte à qui veut rencontrer la foi, l’ensemble est surplombé par une croix dorée dont l’élan graphique empreinte beaucoup à l’oiseau qui prend son envol, un peu comme le saint-Esprit de l’église Saint-Pierre d’Avignon.

Entre fragilité et recomposition
Au croisement de ces dynamiques, une réalité s’impose : l’Église locale n’est ni en déclin uniforme, ni en renaissance spectaculaire. Elle se transforme. D’un côté, une pratique dominicale en recul et des vocations sacerdotales rares. De l’autre, une montée des engagements choisis, plus individuels mais souvent plus intenses. Dans ce paysage contrasté, le diocèse d’Avignon tente de tenir une ligne : accompagner les mutations sans renoncer à son socle, dans un territoire où les attentes spirituelles, sociales et humaines restent profondément imbriquées.
Mireille Hurlin

Copyright Diocèse d’Avignon

Diocèse d’Avignon, ‘Foi en mouvement, société en questionnement’

Monseigneur François Fonlupt, archevêque d’Avignon invite les avignonnais, les familles et les amis a venir rendre hommage au pape François ce samedi 26 avril à 18h30 à la Métropole Notre Dame des Doms, place du Palais des Papes à Avignon. Le pape François est décédé lundi 21 avril 2025 à 7h35 d’un AVC (Accident vasculaire cérébral), à l’âge de 88 ans. Ses obsèques auront lieu ce même jour à 10h. Son cercueil sera transféré aujourd’hui, à la basilique Saint Pierre, près de l’Hôtel majeur afin que les fidèles puissent lui rendre hommage.

Lundi de Pâques, premier jour de l’octave de la Résurrection, la nouvelle du décès du Pape François est venue nous rejoindre au matin, relate Monseigneur François Fonlupt, archevêque d’Avignon. Comme une surprise, un choc brutal. Douze années qu’il accompagnait l’Église avec la puissance de sa parole, la force de ses actes, le poids de sa présence. Douze années, depuis qu’un soir de mars 2013, il nous a salués : ‘Et maintenant, commençons le chemin, évêque et peuple’ ; depuis ce soir où il a commencé à renverser nombre de nos logiques : ‘avant que l’Évêque bénisse le peuple, je vous demande de prier le Seigneur afin qu’Il me bénisse’.»

Au fil des heures
«Au fil des heures, des réactions, revient à notre mémoire, telle parole, telle présence, telle étape : son service de l’Église puissant et exigeant, son invitation à sortir, à rejoindre les périphéries, sa grande préoccupation de la maison commune, son engagement pour la fraternité, ses appels incessants et son combat pour la paix.»

La rencontre à Marseille en 2023
«En Provence et dans notre diocèse nous gardons le souvenir très proche de sa présence à Marseille en septembre 2023 pour les rencontres méditerranéennes et en décembre dernier à Ajaccio pour son dernier voyage pastoral. Des témoignages nombreux, témoignent de la force de son action bien au-delà de notre Église.»

Donner et servir
«Notre manière de l’accompagner est de relire tout ce qu’il a donné et servi pour notre Église et pour l’humanité et de le porter dans la prière. Ce que nous gardons de lui va prendre de l’ampleur et de la profondeur au fil des jours à venir.»

En Terre Sainte
«Personnellement, j’ai reçu l’annonce de son décès alors que j’embarquais avec trois autres évêques et un certain nombre de personnes en responsabilité pour une mission de visitation des communautés chrétiennes et des habitants de Jérusalem et de Terre Sainte. C’est donc de ce lieu que je vous adresse ce message. Lieu marqué par la diversité, les tensions et les violences, lieu de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Seigneur Jésus.»

Rendez-vous à Notre Dame des Doms ce samedi à 18h30
«En ces jours, portons le Pape François dans notre mémoire reconnaissante et dans la prière. Bien des initiatives se déploient en ce sens ces jours dans nos paroisses. A mon retour, j’invite tous ceux qui le souhaitent et le pourront à nous rassembler pour célébrer l’eucharistie ce samedi 26 avril à 18h30 à la Métropole Notre Dame des Doms.»

Joie intérieure et reconnaissance
«Le Pape François ne nous quitte pas ; il nous invite à poursuivre ensemble le chemin. Au lendemain de la fête de la Résurrection, sa propre pâque est éclairée et entrainée dans l’action de grâce de l’Église qui célèbre Le Vivant. Au-delà de la peine de son départ, c’est aussi une sérénité, une joie intérieure qui surgissent, en reconnaissance pour son service et son témoignage vécu sans jamais être repris au long de ses années.»
+ François Fonlupt
Archevêque d’Avignon


Diocèse d’Avignon, ‘Foi en mouvement, société en questionnement’

Noël est tout proche. Les rues de nos villes et de nos villages, les murs de nos maisons, les pièces où nous vivons, se sont parées de lumière et de décorations comme pour manifester notre attente que la lumière l’emporte sur la nuit encore tenace. Noël approche, et nous pensons à ceux que nous allons rejoindre, aux familles qui vont se rassembler, aux cadeaux à finaliser et à partager, à la joie d’une table festive, à la fête qui va se déployer.

Nous pensons aussi aux inquiétudes qui nous habitent et nous traversent : santé, relations, emploi, insécurité ; à la violence si présente, pas seulement au loin là où la guerre sévit mais aussi de manière bien proche, sournoise. Nous mesurons la fragilité de notre vie sociale. Pour beaucoup Noël est difficile, marqué par l’inquiétude. Comment vivre Noël à Mayotte, au Liban, en Ukraine, et en tant d’autres lieux ? Comment vivre Noël quand la maladie, l’isolement, les relations tendues, les inquiétudes de chaque jour dominent ? Il ne peut s’agir simplement de s’étourdir dans la fête. Qu’est ce qui peut éclairer notre jour ?

24 octobre 2022

A Noël nous fêtons un enfant,
Il vient au sein d’une famille, il ouvre l’avenir, il offre l’Espérance. Il donne aussi l’élan et la confiance d’affronter la rudesse du quotidien.Voyez, en bien des lieux, les crèches ont également trouvé leur place, avec le génie des traditions provençales. Je suis admiratif de la patience, de l’ingéniosité, de l’attention, déployées pour les réaliser. Elles nous rappellent non seulement l’événement de Noël, mais elles nous en soulignent l’actualité. C’est au cœur de la vie des hommes que vient cet enfant. Car à Noël nous faisons mémoire de la naissance d’un enfant, à Bethléem, en Judée, il y a longtemps. Et nous savons que sa venue a provoqué un surcroît d’espérance, de confiance en l’avenir, d’ouverture à la nouveauté.

Cet enfant, les chrétiens l’accueillent
comme la présence de Dieu à notre monde, à nos vies, à chacune et chacun. Il vient renouveler la terre, la vie, ouvrir à l’Espérance. Si nous la recevons, il nous appelle à la partager. Et dans chaque geste d’attention, de proximité, de soutien, d’engagement, de relation restaurée nous éprouvons l’aujourd’hui de cette bonne nouvelle. Oui, cette annonce du prophète Isaïe est toujours actuelle : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Is 9,1).
MMH

11 Juin 2021

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