3 juillet 2026 |

Ecrit par le 3 juillet 2026

Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

« Je suis venu à Avignon pour me rafraîchir, on m’a dit qu’il y neigeait ! ». C’est ainsi que le médecin-neuropsychiatre s’est adressé à une salle comble, surchauffée par la canicule, où 800 admirateurs ou plutôt admiratrices, puisque seulement une cinquantaine d’hommes étaient présents, ont écouté celui qui inlassablement parle du concept de « résilience. »

« En fait, ce mot vient de l’horticulture, a-t-il expliqué. Après un incendie, la plante repousse, la vie reprend. » Lui qui vit dans le Var depuis depuis plus de 50 ans, l’a expérimenté. « En 1974, le Cap Sicié était en feu, une montagne rouge, flamboyante sous les flammes, un ciel noir des panaches de fumée et une Méditerranée grise de cendres, pendant 3 jours et 3 nuits. Un spectacle tragiquement beau. Des squelettes de chênes, de pins, de cystes, de gibier. Et quelques années plus tard, la vie avait repris mais pas comme avant. Avec le feu et la sècheresse, tout s’était ratatiné, les plantes étaient l’ombre d’elles-mêmes, rabougries, puis la nature a repris le dessus, des plantes ont refleuri, des pétales ont réapparu. »

Il continue : « C’est cela la résilience, la reprise d’un nouveau développement après un traumatisme. Mais seul on n’y arrive pas, il faut un élan pour avancer, un soutien. Retrouver un sens pour se remettre à vivre, mais autrement. Et mon métier c’est justement d’aider les gens à trouver ce chemin. »

La salle polyvalente de Montfavet était comble pour l’occasion. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Invité par la Maison Départementale des Personnes Handicapées de Vaucluse, l’auteur d’une quarantaine de livres qu’on s’arrache à chaque publication, évoque alors la 1ère Guerre Mondiale. « Il y a eu 9 millions de morts dont 1,5 million en France, encore plus en Allemagne, dans les tranchées. Des mutilés physiques et psychiques On a connu 3 génocides au XXe siècle, arménien, juif et rwandais et la notion de résilience s’est imposée. René Spitz, (1887-1974), psychiatre d’origine hongroise a étudié le développement de l’enfant de 0 à 2 ans, en relation avec la mère et observé les carences des nourrissons qui en sont séparés sur leur développement psycho-affectif. »

Boris Cyrulnik dont les parents ont été enlevés lors d’une rafle et sont morts en déportation, a survécu en se cachant dans les toilettes de la synagogue de Bordeaux où il était né, 7 ans plus tôt. Une expérience traumatisante qui l’a amené à devenir psychiatre et à vulgariser ce fameux concept de résilience.

Il évoque alors la façon dont chacun réagit face aux accidents de la vie. Les uns relèvent la tête, les autres sont fracassés par la mort de leur petit chat. « Les enfants qui sont entourés reprennent leur développement, ceux qui sont privés d’affection, non. » Et de citer les travaux d’un autre médecin, John Bowlby (1907-1990) qui s’est intéressé à l’origine des troubles comportementaux des enfants londoniens avant, pendant et après le Seconde Guerre Mondiale qui a fait 65 millions de victimes. Il découvre que les troubles infantiles proviennent surtout de la rupture prolongée de la relation mère-enfant. Une méthode systémique sur « La théorie de l’attachement » qui, avec Anna Freud, révolutionne la psychanalyse des enfants. « La carence affective altère le développement de l’enfant. Mais la présence d’une grand-mère, la voix d’un oncle ou  l’affection d’un voisin le sécurise », poursuit Boris Cyrulnik.

Il évoque les orphelinats, ou plus exactement les mouroirs où on entassait les enfants de Roumanie sous les Ceaucescu, les ados qui ont survécu au séisme en Haïti qui en 2010 avait fait 280 000morts, 300 000blessés et plus d’un million de sans-abri. « Ils étaient livrés à eux-mêmes. violents. Il faut un raisonnement global, un processus à la fois politique, culturel, éducatif pour prendre en charge tous ces drames individuels. »

Le neuro-pychiatre en arrive au XXIe siècle et évoque les femmes, Le fameux 2ème Sexe selon Simone de Beauvoir. « Aujourd’hui, elles sont plus diplômées que les hommes, elles vivent souvent seules. 60% des PMA (procréation médicalement assistée) sont engagées sans la présence d’un homme. Elles veulent tout mener tambour battant seules, carrière et vie privée, maison, courses et elles sont de plus en plus anxieuses, victimes de burn-out, de dépression et suicidaires, regrette-t-il. Pour éviter cette situation, il faut qu’elles soient entourées, comme dans un village africain où tout le monde aide tout le monde sans être le papa ou la maman. D’ailleurs Claude Lévi-Strauss disait qu’il existe 5 000 formes de famille traditionnelle, on a le choix ! »

Il a regretté le rythme effréné de notre civilisation. « Tout va trop vite, l’insécurité devient la règle. Il faut revenir à un rythme lent. L’affectivité sculpte le cerveau, les émotions le rendent plus fort. Accordons plus de temps à la poésie, à la musique, au beau. L’historien Georges Duby prônait l’amour courtois, ce serait un remède aux pulsions des violeurs, à la violence sexuelle qui fait tant de ravages aujourd’hui. »

Après deux heures de conférence plus un heure d’échanges avec un public conquis, Boris Cyrulnik a été raccompagné chez lui en Twingo du Conseil Départemental. Il a retrouvé sa femme et sa maison à La Seyne-sur-Mer vers 21h. Belle résistance, belle résilience pour un homme qui fêtera ses 89 ans le 26 juillet prochain. Chapeau, Monsieur Cyrulnik !


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

En raison de la vigilance orange canicule annoncée par Météo France depuis ce lundi 22 juin, les sept déchetteries du Grand Avignon modifient leurs horaires d’ouverture.

Depuis ce lundi 22 juin, les déchetteries du Grand Avignon, à savoir celles de Caumont-sur-Durance, Courtine, Entraigues-sur-la-Sorgue, Montfavet, Vedène, Velleron et Sauveterre, passent aux horaires de canicule.

Les sites de Caumont, Vedène, Velleron et Sauveterre sont donc ouverts les matinées de 7h à 12h30. Ceux de Courtine, Entraigues, et Montfavet, eux, ouvrent de 7h à 14h. Ces nouveaux horaires seront en œuvre jusqu’à la fin de la vigilance canicule, qui devrait durer toute la semaine.


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

À l’occasion des Marchés du soir des producteurs, organisés par la Chambre d’agriculture de Vaucluse, le nouveau maire d’Avignon Olivier Galzi est allé à la rencontre des agriculteurs locaux, membres du réseau Bienvenue à la ferme Vaucluse, sur les marchés du soir de Montfavet et Avignon au cours du mois de mai.

Accompagné de Sophie Vache, la présidente de la Chambre, mais aussi d’élus comme Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud en charge de l’Agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir, et Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental de Vaucluse en charge de l’Agriculture, Olivier Galzi a pu être témoin du succès de ces marchés, mais aussi échanger avec les producteurs.


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

En 1968 à la télé, Les Shadoks « pompaient, pompaient, pompaient. » C’était à l’époque de l’ORTF. Depuis 75 ans, l’entreprise de Montfavet Maurin, elle, pompe et débouche canalisations, fosses septiques et cuves. Cette société familiale créée par Josette et Louis Maurin le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 1950, n’a fait qu’évoluer et se développer, non seulement dans le Vaucluse mais bien au-delà, dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, voire la Drôme.

Au fil des décennies, c’est Magali Maurin, fille des fondateurs qui s’est retrouvée à la tête de la société en 1982,  avec son mari Didier Limongi. Et son frère Marc Maurin, 72 ans, bien que parti à la retraite, continue à venir au bureau tous les matins, pour ouvrir le courrier et saluer le personnel, histoire de toujours prendre des nouvelles des 75 employés qui font quasiment partie de la famille. Comme celui qui est entré après son service militaire et qui est resté jusqu’à la fin de sa vie professionnelle. Quant à la 3e génération, elle est représentée par Karine et Lou, les deux cousines germaines qui travaillent elles aussi à Montfavet.

Maurin, c’est une gamme toujours plus large d’activités liées à l’hygiène, la chasse aux nuisances olfactives, au curage de canalisations, leur vidange. De graisses de garages et de restaurants, de lingettes, papier toilette, tampons qui engorgent les tuyaux, sans parler des tracteurs et engins agricoles à débourber, des racines d’arbres qui perforent certaines canalisations, les obstruent et qu’il faut « éparpiller, façon puzzle » à grands jets. Aussi bien chez les particuliers que dans les hôpitaux, les entrepôts, les écoles, lycées, usines, hôtels, locaux professionnels.

Une entreprise aux nombreux métiers

Mais il y aussi ce que Didier Limongi appelle les « 4D » : dé-sinsectisation de cafards, de punaises, comme de frelons, dé-pollution, dé-pigeonnage et dé-sinfection. « On a créé une société ‘H2Eaux Solutions‘ dédiée à la détection de fuites par caméra infrarouge, vidéo endoscope à fibre optique, écoute électro-acoustique, mesure de pression, gaz traceur et réhabilitation des réseaux. »

Les métiers sont nombreux chez Maurin, égouttier, opérateur en assainissement, chauffeur, administratif, commercial. La flotte d’engins – une cinquantaine de véhicules environ – est diverse également. Avec des tailles différentes, du pick-up de 3,5 tonnes aux camions de 12t, 16t, 19t jusqu’au poids-lourd de 26t pour gros pompages avec citerne et aspiration sous vide. « Dès 1969 a été acquis un combiné hydro-cureur à haute pression. Là aussi, on peut passer de 50 à 450 bars selon le diamètre des canalisations. »

©Maurin

Une réglementation à respecter

En 75 ans, la législation a évolué. « Nous avons des critères stricts à respecter pour décrocher chaque année l’agrément de la préfecture. Et nous avons une liste précise des installations à vidanger (dans les communes et communautés de communes) et les centres de traitement et stations d’épuration où déverser ce que nous avons pompé. Sans oublier les sites de valorisation comme le SITTEU de Sorgues qui crée du compost ou l’Unité de Méthanisation de Courtine à Avignon. C’est pareil pour transporter les matières qui contiennent des hydrocarbures et des huiles, nous devons recevoir l’ADR (Accord européen relatif au transport des marchandises dangereuses pour la route) pour ce qui est inflammable, explosives ou toxique et nos chauffeurs suivent une formation spéciale. En plus du siège, ici à Montfavet, nous avons une agence à Bagnols/Cèze et des points de vente à Cavaillon et Villeneuve-les-Avignon. » En projet également, un procédé pour réutiliser les eaux usées, les traiter grâce à un camion spécial avec 2 citernes qui isolera les boues sans utiliser ni eau ni matière chimique.

Une entreprise familiale

Aux côtés de Didier Limongi depuis 43 ans, sa femme, Magali Maurin, fille des fondateurs. Elle est présidente mais elle préfère qu’on l’appelle modestement « la patronne. » Discrète, elle insiste : « Nous sommes avant tout une entreprise familiale et l’harmonie doit régner. Nous sommes heureux ensemble, au bureau comme en privé. Et le travail est notre moteur à tous, en veillant à ne surtout pas froisser quiconque. Et mon rôle c’est de perpétuer ce que mes parents nous ont légué à mon frère Marc et à moi et à consolider l’entreprise sur le plan moral et financier. Et quand notre famille, nos salariés et leurs enfants voient nos camions rouges dans les rues, qu’ils en soient fiers. Même si certains ricanent sur ce métier de déboucheur, on en a tous besoin un jour et l’argent n’a pas d’odeur. »

Chez les Maurin, on est également engagé auprès d’associations caritatives comme la SPA et la luttre contre le cancer. Et l’entreprise qui embauche les salariés à + 20% du SMIC pour débuter, les forme tout au long de leur carrière, leur permet d’évoluer et leur verse primes de panier, de salaire et d’intéressement, plus 13ème mois, jusqu’à gagner 4000€ mensuels. Le chiffre d’affaires 2025 est stable, autour de 8,2M€. Et l’adresse porte le nom des aïeux : 5, Impasse Josette et Louis Maurin – 84 140 Montfavet. « C’est Marie-Josée Roig, l’ancienne maire d’Avignon, qui était très proche des entrepreneurs, commerçants et artisans, qui nous avait proposé de le faire, il y a 22 ans », confie en toute discrétion Magali Maurin Limongi. Bel hommage, vraie reconnaissance ! D’ailleurs, aux Trophées des Entrepreneurs Positifs, en octobre dernier, Didier et Lou ont reçu le Prix de la Persévérance pour leur anniversaire, 75 ans de compétence de la société Maurin, au service de tous.

Didier Limongi et Marc Maurin. ©Maurin

Contact : 04 90 31 24 80


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

Le Département de Vaucluse engage un programme de rénovation des chaufferies de 19 collèges du territoire, prévu entre 2025 et 2028. Objectif ? Améliorer les performances énergétiques, réduire les consommations et contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

Quatre établissements sont concernés : Les collèges Alphonse Tavan à Montfavet ; Clovis Hugues à Cavaillon ; Paul Eluard à Bollène et Alphonse Silve à Monteux. Les travaux auront lieu, hors période de chauffe, entre maintenant et septembre et concerneront également les automates de régulation, pompes, armoires électriques ou encore systèmes de production d’eau chaude sanitaire.

Dans le détail
Les travaux permettront l’introduction d’un mix énergétique, c’est-à-dire l’installation combinée d’une chaudière à gaz neuve et d’une pompe à chaleur électrique, favorisant ainsi une diminution significative des émissions de gaz à effet de serre.

Un investissement de 3,8 M€
Le montant prévisionnel de ce programme pluriannuel s’élève à 3 879 300 € HT, financé par le Département de Vaucluse et par l’État à hauteur de 792 540,99€, dans le cadre du dispositif ‘Fonds vert – France Nation Verte’. Chaque rénovation de chaufferie vise une réduction moyenne de 30 % de la consommation énergétique liée au chauffage, contribuant ainsi à la sobriété énergétique.

Nouveau marché public d’exploitation des équipements thermiques
Ce programme s’inscrit dans un nouveau marché public d’exploitation des équipements thermiques des bâtiments départementaux mis en œuvre jusqu’en 2032 et couvre 72 bâtiments identifiés et imposera aux prestataires des objectifs de performance énergétique mesurables.

Chaufferie collège A Silve Copyright Département de Vaucluse communication

Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

Le groupe Chabas vient de mettre à disposition une remorque frigorifique au bénéfice de la Banque alimentaire de Vaucluse (BA 84). La semaine dernière, l’entreprise créé et installé à Cavaillon depuis 1951 a ainsi prêté cette remorque suite à une panne majeure du système de production de froid du site de stockage de la BA 84 situé dans ses locaux d’Avignon, à Montfavet. Sollicité lundi dernier à 21h30, Chabas avait installé l’équipement frigorifique dès le lendemain matin.

« Sans cela, nous aurions dû cesser notre activité d’aide alimentaire en produits frais -qui constitue l’essentiel de sa distribution au quotidien – pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le temps de le réparer ou de le remplacer », explique l’équipe de la Banque alimentaire de Vaucluse qui vient désormais en aide à 56 000 bénéficiaires dans le département contre 26 000 il y a 3 ans.

La BA84 salue la spontanéité et la générosité du groupe cavaillonnais
Ce n’est pas la première fois que Chabas vient ‘au secours’ de la BA 84. En décembre dernier, la groupe cavare avait prêté dans l’urgence un poids lourds suite à l’incendie accidentel du véhicule de distribution de l’association.
« A l’avant-veille de Noël 2024 déjà, les Transports Chabas avaient spontanément aidé la Banque alimentaire de Vaucluse à surmonter les effets de l’incendie de son poids lourd, en mettant à disposition gracieusement un poids lourd de remplacement pendant plus d’un mois, le temps de retrouver un nouveau camion de location », insistent avec reconnaissance les responsables de la BA 84.


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

L’École de Cosmétique Bio Française (ECBF) est née le 13 mai 2024, Avenue Sainte-Catherine, grâce à Jessica Hamou et son compagnon et associé Fabrice Fenner. « Ce projet c’est un rêve, un engagement, une vision, l’aboutissement d’années de réflexion mais surtout une passion », dit la fondatrice lors de la soirée anniversaire, entourée de sa petite équipe de passionnés et de ses élèves.

Elle poursuit : « La cosmétique bio, artisanale, éthique c’est bien plus qu’une tendance, un retour à l’essentiel, à la nature, à ce qui a du sens. » avant de faire la visite de son atelier-laboratoire où sont exposés huiles, baumes, déodorants, crèmes, lipsticks, savons et shampoings solides et liquides.

Cette école forme des candidats à une reconversion professionnelle, de futurs artisans de la cosmétique dans le respect de la règlementation avec notamment Béatrice Jobez, ex-salariée de Sanofi qui est aussi à la tête d’une savonnerie artisanale à Pernes et avec Lucille Oliger, docteur en pharmacie et toxicologue. 

Pendant près de 30 ans, Jessica Hamou a appris son métier à Grasse, la capitale du parfum, chez Probionat à La Fare les Oliviers et à Manosque là où est installée L’Occitane. Et aujourd’hui, après avoir appris patiemment dans ces laboratoires d’huiles essentielles et d’extraits de plantes et de fruits, elle transmet avec ces formations certifiées ‘Qualiopi’. Déjà, un un an, 70 apprenants sont passés par cet atelier de Montfavet, unique en France.

L’atelier-laboratoire de l’ECBF. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Contact : 09 83 98 88 47


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

Inauguration du bâtiment Food’in, à la fois pôle d’excellence et force de frappe de l’agro-alimentaire de la Région Sud à Avignon.

D’habitude, pour lancer un chantier, on pose une première pierre ou un parpaing. Là, le 9 octobre 2023, truelle en main, les élus ont recouvert de ciment une brique en terre crue, symbole d’un futur bâtiment écologique, respectueux de l’environnement.

4 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Ce site, Food’in, rassemble 3 composantes : l’ARIA (Association régionale des industries alimentaires), le CRITT (Centre régional de l’innovation et de transfert de technologie) et l’IDRIA (Institut de formation régional de l’industrie alimentaire) qui représentent à ce jour en Provence-Alpes-Côte d’Azur 215 entreprises, 9 500 salariés et un chiffre d’affaires de 4Mds€.
Sur ce même lieu, tout est concentré pour offrir une gamme complète de services, un réseau dynamique et innovant qui favorise la coopération et la mutualisation des actions dans le secteur agro-alimentaire. Un éco-système auquel collaborent notamment Vaucluse Provence Attractivité, la CCI 84, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Business France.

Performance, qualité des produits, recherche et développement, commercialisation, marketing, ressources humaines, dans cet immeuble, tout est pris en compte dans un esprit vertueux et respectueux de l’environnement et du personnel qui y travaille.
Au cours de la visite des 1 200m2 de ce bâtiment ‘Totem’ de l’agro-alimentaire, dans le Logistic Lab, on trouve un entrepôt logistique reconstitué qui va former les salariés, les demandeurs d’emplois et les jeunes à préparer les commandes, à gérer et fluidifier le flux des marchandises, à certifier la traçabilité des colis en temps réel. A côté, dans le Cook Lab sont installés robot-cuiseur, micro-ondes, autoclave, on contrôle la qualité de la nourriture et on certifie la sécurité alimentaire des produits. Pour l’accueil et les réunions, les noms n’ont pas été donnés au hasard, on est en Provence et les salles s’appellent ‘Ratatouille’, ‘Calisson’, ‘Pistou’, ‘Panisse’ et ‘Fougasse’.

Crédit photo: Grand Avignon

Pour l’architecture, c’est le cabinet ‘Ateliers A+’ basé à Nîmes et à Montpellier qui a été chargé du chantier. Clément Rabourdin a géré avec son équipe un BDM or (Bâtiment durable méditerranéen), label pour bâtiment de haute qualité, durable, économe où il n’y a pas de climatisation, où l’air circule, où l’utilisation de terre crue régule l’humidité sur les 3 étages. « Nous avons du béton ciré, du bois des Alpes, des abat-son en lin pour atténuer le bruit, un atrium avec un puits de lumière. Sur la façade côté nord, de petites fenêtres-meurtrières verticales pour limiter l’impact du mistral. En revanche, côté sud, on a installé de larges baies vitrées horizontales pour laisser entrer la lumière mais pas forcément le soleil, grâce à des ombrières. On a travaillé comme si c’était pour nous. Le parking avec des bornes de recharge pour véhicules électrique est arboré, on a planté des fruitiers mais aussi du thym, du romarin de la lavande. On a même créé des nichoirs à martinets et deux fois par jour un enregistrement est diffusé pour les attirer dans ces abris ». L’architecte conclut : « 2 100€ le m2, c’est une gageure pour un chantier de cette qualité ».

Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud. Crédit : Andrée Brunetti

Bénédicte Martin, qui représente la Région Sud évoque l’éco-système agro-alimentaire de cette terre de Vaucluse, avec ses lycées agricoles, ses chercheurs et scientifiques de l’Inrae, ses ingénieurs de l’Isema et de l’Isara, son Pôle Terralia. Tout concourt à ce que ce site agro-alimentaire soit un centre d’expertise et d’excellence.

La Caisse d’Epargne a consenti un prêt de 1,7M€, la Région a avancé 660 000€, le Grand Avignon 558 000€. Au-delà des clivages politiques, tous les partenaires ont financé un outil unique, destiné à booster l’agro-alimentaire, qui est l’un des atouts majeurs du Vaucluse.


Un moment de grâce à Montfavet : 3 heures avec Boris Cyrulnik, son humour et sa voix rassurante

L’Association Les amis du vieux village des Angles propose une conférence ‘Camille l’abandonnée’ d’après André Castelli qui a retracé la vie et le quotidien des 30 dernières années d’enfermement et d’abandon de la grande artiste sculptrice Camille Claudel à l’hôpital psychiatrique de Montfavet.

André Castelli débute sa carrière  en 1970 en tant que stagiaire infirmier à l’hôpital psychiatrique de Mondevergues. Il y fit toute sa carrière professionnelle.

Très engagé dans le milieu associatif, syndical et politique avignonnais et vauclusien, il fut élu à la mairie d’Avignon et de Montfavet, puis au Conseil Départemental de Vaucluse où il assumera les responsabilités de conseiller départemental et enfin de Vice-président du Conseil Départemental. En 2023, libre de tous ses mandats, il se consacre depuis à l’écriture de l’histoire de l’hôpital de Montfavet, ainsi qu’à celle de la CGT et du PCF vauclusien.

Ce jeudi 12 décembre,
il retracera l’histoire passionnante mais surtout dramatique de Camille Claudel indissociable de celle du Centre Psychiatrique de Montfavet. Entre fiction et essai historique, dialogues imaginaires et récits authentiques, André Castelli explore les 30 années d’enfermement arbitraire de Camille Claudel (8 décembre 1864-19 octobre 1943), la sœur du grand écrivain Paul Claudel (6 août 1868-23 février 1955) qui fut dramaturge, poète, essayiste et diplomate français.

Camille Claudel et Auguste Rodin
Selon la petite-nièce de Camille Claudel, Reine-Marie Paris, les sculpteurs Auguste Rodin et Camille Claudel auraient eu quatre enfants, et un des proches collaborateurs de Rodin a plusieurs fois été chargé de régler la pension de deux enfants. L’hypothèse des deux enfants est confirmée par l’écrivain Jehan Rictus dans son journal ; il tenait l’information de Marcelle Dalti, secrétaire de Rodin. Un avortement clandestin de Camille Claudel en 1892 – année de leur rupture – est évoqué par Paul Claudel dans une lettre en 1939 à Marie Romain-Rolland.

En savoir plus
Le 7 mars 1913, le docteur Michaux, médecin de la famille des Claudel écrit :
«Je soussigné, docteur Michaux, certifie que Mademoiselle Camille Claudel est atteinte de troubles intellectuels très sérieux ; qu’elle porte des habits misérables ; qu’elle est absolument sale, ne se lavant certainement jamais… ; qu’elle passe sa vie complètement renfermée dans son logement et privée d’air ; que depuis plusieurs mois elle ne sort plus dans la journée mais qu’elle fait de rares sorties au milieu de la nuit ; que d’après ses lettres […] elle a toujours la terreur de la bande à Rodin85 que j’ai déjà constatée chez elle depuis 7 à 8 ans, qu’elle se figure être persécutée, que son état déjà dangereux pour elle à cause du manque de soins et même parfois de nourriture est également dangereux pour ses voisins. Et qu’il serait nécessaire de l’interner dans une maison de santé71. »

Les internements
Camille Claudel est tout d’abord internée 18 mois, à l’asile de Ville-Évrard (Seine-Saint-Denis) le 13 mars 1913. Sa famille demande que soient restreintes ses visites et sa correspondance. Camille Claudel est ensuite transférée, le 12 février 1915, à l’asile d’aliénés de Montdevergues, à Montfavet, où elle finira sa vie.

Les privations de la guerre
Camille Claudel meurt à l’asile de Montfavet, le 19 octobre 1943 à 2 heures du matin, d’un ictus apoplectique, vraisemblablement par suite de la malnutrition sévissant à l’hôpital, à l’âge de 78 ans. Deux mois avant la mort de Camille Claudel, le directeur de l’hôpital psychiatrique avait affirmé à Paul Claudel : « Mes fous meurent littéralement de faim : 800 sur 2 000. » Camille Claudel est inhumée, dans le carré des aliénés. Ses restes seront plus tard transférés à l’ossuaire.

67 sculptures sauvées de la destruction
Reine-Marie Paris recense 67 sculptures -110 en comptant les différentes versions- de Camille Claudel, réalisées durant 27 ans, entre 1879 et 1906.

Les infos pratiques
Conférence et dédicace. Camille Claudel l’abandonnée d’André Castelli. Jeudi 12 décembre à 18h. Salle Boris Vian. Forum des Angles. 30, boulevard des carrières. Les Angles.

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