9 septembre 2026 |

Ecrit par le 9 septembre 2026

Arènes de Nimes, et si le dernier rêve du gladiateur réécrivait l’Histoire ?

Du 6 au 8 août, les arènes de Nîmes deviennent le théâtre d’une épopée romaine où plus de  200 artistes et figurants investiront l’amphithéâtre bimillénaire et faire surgir d’une faille temporelle un gladiateur suspendu entre la vie et la mort, dans une création monumentale imaginée par Arthur Cadre. Entre danse, cirque, théâtre, chant lyrique, chevaux, motos et projections monumentales, le patrimoine bascule dans une autre dimension.

Tout commence par une chute… Le sable est encore chaud. Le vacarme de la foule s’est éteint. Un gladiateur vient de tomber. Est-il mort ? Est-il vivant ? Personne ne le sait vraiment. Alors que son souffle vacille, son esprit s’échappe. Le temps disparaît. Les siècles se mélangent. Les lois de l’Histoire s’effacent.

Et si Rome n’avait jamais disparu ?
C’est à partir de cette question vertigineuse qu’Arthur Cadre construit ‘Le Rêve du Gladiateur’, une fresque spectaculaire qui revient aux arènes de Nîmes après une première édition saluée en 2025. Ici, point de reconstitution historique, mais une exploration de l’imaginaire, des mondes et des vies qui possiblement ont pu exister.

Les arènes, personnage principal
Construit il y a près de 2 000 ans, l’amphithéâtre reprend vie. Les arches deviennent des failles ouvertes sur d’autres époques, les gradins se métamorphosent en palais impériaux, la piste se transforme tour à tour en champ de bataille, en scène de ballet ou en territoire fantastique. Via le studio Dirty Monitor, spécialiste du vidéo mapping, la pierre dialogue avec la lumière, chaque façade, arcade, relief participant au récit. Le monument semble respirer, se fissurer, s’embraser ou renaître sous les yeux des spectateurs.

Un opéra antique aux dimensions XXL
Le voyage mobilise plus de 200 artistes et figurants, dont 150 bénévoles nîmois qui, depuis des mois, répètent pour donner vie à cette aventure collective. Sur scène, impossible de s’enfermer dans un genre. Un danseur de flamenco devient gladiateur. Une soprano surgit telle une apparition. Un empereur grotesque emprunte aux codes du clown. Les chevaux croisent les motos. Les acrobates prennent possession du ciel tandis que le feu dessine d’immenses trajectoires au-dessus des gradins. Danse contemporaine, théâtre, arts équestres, cirque, pyrotechnie, musique et projections monumentales composent une succession de tableaux qui tiennent autant de l’opéra que du cinéma à grand spectacle.

Un rêve d’artiste
À l’origine de cette vision, Arthur Cadre appartient à cette nouvelle génération de créateurs qui brouillent les frontières entre spectacle vivant et grandes productions internationales. Le grand public l’a découvert lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024 où il incarnait le mystérieux Golden Voyageur. Depuis, ses créations parcourent le monde, des expositions universelles aux spectacles de grande ampleur.

À Nîmes, il ne cherche pourtant pas à faire revivre Rome telle qu’elle fut
Il imagine plutôt ce qu’elle aurait pu devenir. Cette liberté narrative nourrit un spectacle à la dimension universelle : chacun est invité à construire sa propre histoire, à interpréter les images, à se laisser porter par les émotions plus que par le récit.

Les pierres, témoins du passé et de l’avenir
Construites vers l’an 100 après Jésus-Christ, les arènes de Nîmes figurent parmi les amphithéâtres romains les mieux conservés au monde. Deux mille ans plus tard, elles continuent d’inventer leur histoire. Les spectateursseront assis au cœur d’un monument qui, depuis 20 siècles, survit aux empires, aux guerres, aux modes et aux générations. Et, retrouve sa capacité d’émouvoir, le temps de trois soirées d’été.

Les infos pratiques
Le Rêve du Gladiateur. Aux Arènes de Nîmes. Les jeudi 6, vendredi 7 et samedi 8 août à 21h 30. Durée : 1h30. A partir de 6€. Réservation arenes-nimes.com. et ici.
Mireille Hurlin


Arènes de Nimes, et si le dernier rêve du gladiateur réécrivait l’Histoire ?

Le 31 mai prochain, Nîmes accueillera, pour la première fois, un triathlon d’un genre inédit, reliant le Pont du Gard aux arènes nîmoises. Pensé comme une épreuve sportive autant que patrimoniale, le Triathlon Monumental Nimes – Pont du gard entend conjuguer performance, exigence logistique et mise en valeur d’un territoire d’exception. Près de 1 500 athlètes sont attendus pour s’essayer à trois parcours : la natation, le vélo et la course à pied.

À l’origine du projet, une idée simple mais ambitieuse : créer un triathlon qui ne soit pas interchangeable. «Il ne s’agissait pas de faire un triathlon de plus, mais le triathlon qui manquait à la région», résume Frédéric Moline, organisateur de l’événement et lui-même triathlète. En Occitanie, aucune épreuve internationale de cette ampleur n’existait jusqu’alors. Encore moins un parcours intégralement scénographié autour de monuments bimillénaires.

Quand le patrimoine devient terrain de jeu
Le point de départ donne le ton : une nage dans le Gardon, au pied du Pont du Gard, monument classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Les athlètes traverseront les arches de l’aqueduc avant de rejoindre Nîmes, où vélo et course à pied les mèneront au cœur d’un centre-ville transformé, le temps d’un dimanche, en arène sportive à ciel ouvert. Pour l’occasion la vile de Nimes prêtera plus de 4 000 barrières pour sécuriser les parcours en centre ville.

Deux formats, une même exigence
L’épreuve se décline en deux distances : un format dit ‘M’ pour la distance olympique, et un format ‘L’, équivalent à un half Ironman. Dans les deux cas, la difficulté ne tient pas seulement à l’effort physique ; jusqu’à 1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied, mais aussi à la technicité des parcours, mêlant routes de l’arrière-pays nîmois, reliefs du pays d’Uzès et traversées urbaines.

Les parcours cyclistes
Les parcours cyclistes empruntent notamment des routes déjà foulées par le Tour de France, tandis que la course à pied serpente autour des grands marqueurs de la ville tels que la Maison Carrée, les Jardins de la Fontaine, le Temple de Diane, la Tour Magne, avant une arrivée sur le parvis des Arènes de Nîmes.

Un événement sportif… et territorial
Au-delà de la compétition, l’événement est pensé comme un rendez-vous économique et touristique. Les triathlètes, majoritairement européens pour cette première édition, arrivent plusieurs jours à l’avance pour reconnaître les parcours, mobilisant hébergements, restauration et services locaux. Environ 300 bénévoles seront mobilisés pour assurer l’accueil et la logistique.

De l’ambition et apporter de la visibilité à sa ville
Autre marqueur de cette ambition : la retransmission télévisée. L’épreuve fera l’objet d’un programme diffusé sur La Chaîne L’Équipe, offrant une visibilité nationale à l’événement et, par ricochet, au territoire nîmois.

Une organisation au long cours
Derrière cette première édition, plus de deux ans de maturation et près d’un an de travail opérationnel. Le budget, compris entre 300 000 et 350 000€, repose sur un équilibre entre investissements privés, partenariats, collectivités et droits d’inscription des athlètes. «À la fin, ce qui comptera, c’est que chaque triathlète reparte avec le sentiment d’avoir vécu une expérience unique», conclut Frédéric Moline.

Les infos pratiques
Triathlon Monumental Nîmes – Pont du Gard. Dimanche 31 mai 2026 avec un départ à 8h. Rendez-vous au Pont du Gard, pour le départ natation et en centre-ville de Nîmes pour l’arrivée aux Arènes. Formats sportifs : M (distance olympique) et L (format half Ironman). Tarifs d’inscription : Format M : à partir de 92€ et Format L : à partir de 220€. Participants attendus : 1 500 athlètes et 300 bénévoles pour encadrer la course. Inscriptions : via la billetterie en ligne ici.
Mireille Hurlin

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