Les 6 vitraux commandés à la plasticienne Claire Tabouret, originaire de Pertuis, qui devraient être installés en décembre prochain à la cathédrale Notre-Dame de Paris font l’objet d’une polémique qui ne se tarit pas. La « modernité » de ses créations serait-elle un péché ?
Suite à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en Avril 2019, l’État et le Diocèse de Paris ont décidé que lors de la reconstruction de l’édifice «une petite touche de modernité » serait ajoutée. En l’occurrence, il s’agissait de remplacer 6 vitraux installés dans 6 des 7 chapelles du bas-côté sud de sa nef. Ces 6 vitraux ont été créés par Eugene Viollet-le-Duc et mis en place entre 1863 et 1864, lors de la restauration de l’édifice par ce même architecte. Ces vitraux, appelés « les grisailles » en raison de leur traitement monochrome, n’ont pas été affectés par l’incendie d’avril 2019. Précision importante.
On reproche au travail de Claire Tabouret un style manquant de profondeur spirituelle, un traitement graphique pas assez précis et détaillé
Pour ajouter cette petite patte de modernité à la cathédrale et marquer l’événement de sa rénovation un appel à projet a été lancé par le Ministère de la Culture. C’est celui de l’artiste Claire Tabouret, avec l’appui de l’atelier Simon-Marq, qui a été sélectionné. Les 6 vitraux qu’elle a proposé illustrent le thème de la pentecôte, évènement majeur pour les chrétiens. il marque la commémoration de la descente de l’Esprit Saint. C’est pour la communauté chrétienne un symbole d’unité et d’harmonie important. Qu’il s’agisse du sujet lui-même, de sa représentation ou encore de son traitement graphique, tout cela a été validé par toutes les instances et en particulier par l’archevêque de Paris, Laurent Ulrich. Mais la réaction ne tarda pas. On reproche au travail de Claire Tabouret un style manquant de profondeur spirituelle, un dessin pas assez précis et détaillé. C’est en tout cas le point de vue du magazine La Tribune de l’Art. Bref, des choix esthétiques trop modernes pour un édifice datant du 14ème siècle.
Au fond, pour les anti Claire Tabouret c’est peut-être simplement l’idée de changement qui est insupportable
D’autres détracteurs ne supportent pas l’idée qu’on puisse « décrocher Viollet-le-Duc », bien que ce dernier ne soit exsangue de critiques sur les libertés qu’il a pris lors de la rénovation de bâtiments historiques, à commencer par Notre-Dame de Paris. Au fond, pour les anti Claire Tabouret c’est peut-être simplement l’idée de changement qui est insupportable.
Emmanuel Macron n’aura pas été le premier à faire du patrimoine un outil politique
Dès l’annonce du lancement du projet de remplacement de ces vitraux une pétition a été lancée par la Tribune de l’Art et son rédacteur en chef Didier Rykner, un opposant particulièrement actif. Elle aurait récolté, à ce jour, plus de 300 000 signatures. Didier Rykner en fait presque une affaire personnelle contre Emmanuel Macron, qui aurait pris seul cette décision contre l’avis général et l’utiliserait comme un outil politique. La mise en scène












