16 juin 2026 |

Ecrit par le 16 juin 2026

‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Pour clôturer dans la bonne humeur une saison mythique

L’opéra bouffe en trois actes de Jacques Offenbach a été créé en 1864. Plus qu’une simple opérette, Il se voulait à l’époque – sous Napoléon III – une fantaisie mythologique et permettait de croquer et de se moquer des puissants sur une partition musicale ensorcelante aux rythmes déhanchés. 

Petit clin d’œil : c’est en 1864 que le chef cuisinier Auguste Escoffier créa le célèbre dessert «  La poire Belle Hélène. »

Le metteur en scène Olivier Desbordes a transposé la famille des atrides dans une cour royale

Il s’est visiblement bien amusé en imaginant une princesse Hélène qui veut vivre comme tout le monde, comme une « simple bourgeoise ». Elle est devenue un personnage au service d’une parodie et de la satire de la grande bourgeoisie : vêtements, tics de langage…Ces anachronismes présagent de surprises et de partis pris scéniques avec un décor assez contemporain. 

Nous retrouverons pour notre plus grand plaisir le Chœur de l’Opéra Grand Avignon dirigé par Alan Woodbridge et et l’Orchestre Avignon Provence dirigé par Chloé Dufresne.

Vendredi 12 juin. 20h. Samedi 13 juin. 20h représentation supplémentaire. Dimanche 14 juin. 15h. 10€ à 79€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

La Maitrise de l’Opéra Grand Avignon organise deux auditions les samedis 6 juin et 5 septembre.

L’Opéra Grand Avignon organise une audition pour les enfants et adolescents à partir de 8 ans ce samedi 6 juin. Les jeunes artistes retenus rejoindront la Maîtrise de l’Opéra pour la saison 2026-2027 et pourront notamment participer à la tournée de concerts pour fêter Noël, ‘La Fille du régiment’ d’après Donizetti, ‘L’Enfant et la nuit’ de Franck Villard et Olivier Balazuc, et ‘Le fameux Molière’ de Julien Joubert, une comédie musicale inspirée de la vie du grand auteur et comédien français.

Rejoindre la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon permet aux jeunes de découvrir le chant, le théâtre et la danse, tout en développant leur curiosité et leur sensibilité. L’Opéra promet « un cadre professionnel exigeant et bienveillant, et une expérience artistique intense, faite de travail, de partage et d’émerveillement. »

Pour ceux ne pouvant pas auditionner ce 6 juin, une seconde audition se tiendra le samedi 5 septembre prochain. Pour s’inscrire à l’une des deux dates, il suffit de contacter Christophe Talmont, directeur musical de la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon, par mail à l’adresse maitrise.opera@grandavignon.fr


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Turandot, ultime opéra de Giacomo Puccini 

Giacomo Puccini est décédé (1924), rongé par la maladie, avant de pouvoir achever Turandot, opéra en trois actes créé en 1926. Il a interrompu son écriture au moment de la mort de Liù. Si plusieurs compositeurs ont par la suite proposé leur propre conclusion,  l’ouvrage est ici présenté dans l’état où le compositeur l’a laissé : sans final.

La puissance d’un chef-d’œuvre inachevé

Personne ne dort. Dans la nuit suffocante d’un empire figé par la peur, Turandot, princesse de givre, règne sur un peuple asservi, offrant l’illusion du choix : répondre à ses questions ou mourir. Mais un homme, le Prince Calaf,  ose pourtant braver l’interdit. Dans ce monde glacé, il croit à la chaleur d’un baiser, à l’amour plus fort que le sort. Car sous les lames, sous la peur, l’art se glisse et résiste.

Une relecture contemporaine et féministe du metteur en scène Paco Azorin

Paco Azorin a choisi de transformer le conte oriental en fable politique, sociale et humaine. Le décor s’éloigne donc d’une vision exotique pour privilégier un univers intemporel qui magnifie les corps et les gestes. Faste et charme prennent le pas sur la barbarie et la cruauté. Ainsi Turandot est à la tête d’une armée d ‘amazones, la jeune esclave Liu devient une figure de résistance et perturbe la glaciale Turandot. 

Un opéra citoyen

La production de ce spectacle réunit 18 figurants en situation de handicap en partenariat avec l’Association avignonnaise des Paralysés de France et le Centre de Réhabilitation Psychosocial de Montfavet. Ils ont participé aux répétitions et seront donc sur scène pour les 3 représentations. Ces personnes sont appelées dans le spectacle «  les piliers » et représente le peuple qu’on ne voit pas u qu’on ne veut pas voir. « Fidèle à un engagement artistique qui dépasse la scène, j’ai souhaité intégrer ces personnes afin de brouiller les frontières entre professionnels et amateurs, entre norme et différence », précise le metteur en scène Paco Azorin. 

Distribution

Turandot : Catherine Hunold
Liù : Claire Antoine
Calaf : Mickael Spadaccini
Timur : Luciano Batinic
Ping : Vincenzo Nizzardo (15 et 17 mai) / Matteo Loi (19 mai)
Pang : Sébastien Droy
Pong : Carlos Natale
L’imperatore Altoum : Victor Dahhani
Un mandarino : Jean-François Baron 
Ancelle : Olga Singayivksa, Agnès Menard
Il principino di Persia : Kévin Castellani
Il principino di Persia, voix : Vladyslav Romankov
Putinpao : Catherine Pollini 
Archères : Sarah Brunel, Maya Kawatake Pinon, Julia Pal, Chloé Scalese
Guides des piliers : Céleste Gaulier, Sébastien Martin Vian
Chœur et Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre national Avignon-Provence sous la direction de Federico Santi, chef associé à l’Opéra Grand Avignon

Prologue

45 minutes avant la représentation, l’Opéra Grand Avignon et l’Orchestre national Avignon-Provence proposent un éclairage sur Turandot. Entrée libre sur présentation du billet du spectacle/concert.

Vendredi 15 mai. 20h. Dimanche 17 mai. 15h. Mardi 19 mai. 20h. 10 à 79€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Frédéric Roels signe ici une adaptation de l’œuvre de Giuseppe Verdi profondément humaine où l’émotion affleure à chaque instant et où la musique du grand maestro italien rencontre la musique électronique du talentueux jeune compositeur Solère. 

Un triangle amoureux incandescent 

Amnéris, femme de pouvoir est animée par un désir farouche et une jalousie dévastatrice ; Aïda, l’esclave étrangère est déchirée entre amour et fidélité à sa terre perdue ; et Radamès, est un héros partagé entre son patriotisme et la passion qui le lie à celle qu’il devrait considérer comme l’ennemie. 

Déracinement et manipulation

Dans cette version, le drame se resserre autour des thèmes du déracinement, du rêve d’ailleurs, de l’identité menacée, un monde où chacun lutte pour préserver ce qui lui reste : l’honneur, l’amour ou la liberté. Mais une présence rôde dans l’ombre : un personnage unique et puissant, L’Homme de l’ombre, où se fondent les forces contraires de Ramfis et Amonasro. Il incarne la manipulation, la pression morale, le poids des traditions et des intérêts supérieurs qui écrasent les individus. Une silhouette omniprésente, mystérieuse, qui tire les fils d’un destin déjà scellé. 

Aïda déchaînée, c’est l’histoire d’êtres qui cherchent un lieu où vivre, aimer, exister, et se brisent sur les frontières invisibles des Empires et des hommes. 

Mise en scène, décors, costumes, lumières : Frédéric Roels
Assistante à la mise en scène : Nathalie Gendrot
Assistante à la scénographie et aux costumes : Elise Vasseur
Réalisation des costumes : Ateliers de l’Opéra Grand Avignon
Etudes musicales : Ayaka Niwano

Aïda : Diana Axentii
Amnéris : Ahlima Mhamdi
Radamès : François Rougier
L’Homme de l’ombre : Igor Mostovoï
Cornet : Emmanuel Collombert
Harpe : Mathilde Giraud
Electronique : Solère

Mercredi 29 avril. 20h. 10 à 22€. L’autre Scène. Avenue Pierre de Coubertin. Vedène. 04 90 14 26 40 /www.operagrandavignon.fr

Séance de rattrapage

Prochaine représentation ‘Aïda déchaînée’ : Dimanche 3 mai 2026. 21h. Site archéologique Glanum. Saint-Rémy-de-Provence.


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Une alerte ‘Veuve rusée’ de Carlo Goldoni,  notre « Molière italien »

Jouée pour la première fois à Venise en 1748, ‘La Veuve rusée’ de Carlo Goldoni continue de divertir. Rosaura, une veuve vénitienne riche et belle, attire quatre prétendants de nationalités différentes : un anglais, un français, un espagnol et un italien. Par leur intermédiaire, chaque pays en prend pour son compte : l’un est excentrique, l’autre jaloux, le suivant égoïste …. Chacun d’eux la courtise, par l’intermédiaire de l’espiègle Arlequin. Indécise, Rosaura, avec l’aide de sa dame de compagnie Marionnette, élabore un stratagème pour choisir. 

Ici c’est la femme qui mène la danse

Plus qu’une comédie, c’est l’histoire d’une femme qui se bat pour sa liberté, décidant elle-même des règles du jeu.
Comédie de Carlo Goldoni
Adaptation, mise en scène : Giancarlo Marinelli
Avec Caterina Murino, Sarah Biasini, Vincent Deniard, Vincent Desagnat, Thierry Harcourt, Tom Leeb, Pierre Rochefort et Jean Reno (voix off)

Samedi 4 avril. 20h. 6À 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

La nouvelle production de l’Opéra Grand Avignon s’attaque à la symphonie de Gustav Malher d’après Die chinesische Flötede Hans Bethge sur une orchestration d’Arnold Schönberg.

Connu surtout pour ses neuf symphonies achevées, sa Symphonie n°10 inachevée, ainsi que pour ses cycles de lieder – Des Knaben Wunderhorn, Kindertotenlieder et Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre) – Gustav Mahler (1860-1911) fut davantage admiré de son vivant comme chef d’orchestre que comme compositeur. Aujourd’hui, son œuvre, profondément humaine et visionnaire, continue d’exercer une influence immense sur la musique moderne et symphonique. 

Une mise en scène résolument contemporaine

Avec Le Chant de la Terre, Gustav Mahler mettait en musique sa traversée intime du deuil : la perte d’un enfant en opposant l’éphémère des corps à la permanence de la nature. Aujourd’hui, la metteuse en scène en résidence à l’Opéra Grand Avignon Chloé Lechat transforme cette œuvre hors norme en un rituel scénique, et créé un langage où la grammaire du corps, la musique et le mouvement participent à faire son deuil, un deuil qui ne soit ni une perte, ni un adieu mais bien une autre manière d’accueillir la beauté du monde. En combinant musique, danseurs et danseuses, film d’animation et théâtre, Le Chant de la Terre propose une expérience sensible et profondément humaine.

La parentalité en question

Sur scène, deux chanteurs errent parmi les ruines d’un monde en guerre et découvrent les souvenirs qui habitent des maisons désertées. Comment rendre hommage à ces vies évanouies ? Entre passé et présent, entre vestiges, visions rêvées et réalité, cette mise en scène d’une infinie poésie joue de ces fragments de mémoire qui hantent les vivants et tentent de conjurer l’absence. C’est le ténor allemand Uwe Stickert – remarqué en 2021 à l’Opéra Grand Avignon dans Peter Grimes – qui incarnera  avec le baryton Damien Gasti ce couple d’hommes face à la perte de leur fille. Sur scène également le performer Jean Hostache portera avec le Ballet du Grand Avignon ce que les mots ne suffisent plus à dire. 

 L’ensemble musical Miroirs Etendus dirigé par Fiona Monbet 

Miroirs Étendus est un ensemble musical implanté dans les Hauts-de-France, créé et animé par Fiona Monbet, Romain Louveau, Othman Louati et Emmanuel Quinchez. Dédié à la musique d’aujourd’hui, Miroirs Étendus explore les répertoires de la musique contemporaine jusqu’à la création, revisite la musique écrite, combinant la musique acoustique – souvent sonorisée – à la musique électronique. Cet ensemble aime également à s’associer à des créations lyriques pour créer des formes d’opéras d’aujourd’hui et des récitals augmentés. 

Prologue
45 minutes avant la représentation, l’Opéra Grand Avignon propose un éclairage sur Le Chant de la Terre. Entrée libre sur présentation du billet du spectacle.

Samedi 28 mars. 20h. Dimanche 29 mars. 15h. 6 à 42€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Adapté en musique, en peinture mais aussi pour la télévision ou le cinéma (Pasolini 1971), le Décaméron a inspiré le compositeur en résidence à l’Opéra du Grand Avignon Mattéo Franceschini et la metteuse en scène belge Caroline Leboutte à qui l’Opéra du Grand Avignon a passé commande pour cette première mondiale qui aura lieu à Avignon

Le Décaméron est un recueil de cent nouvelles écrites en italien par Boccace entre 1349 et 1353.

Pour fuir la peste qui s’abat sur Florence en 1348, sept jeunes femmes et trois jeunes hommes s’isolent dans une maison de campagne et se racontent pendant 10 jours, 10 nouvelles. En creux c’est toute la critique sociale d’une époque qui se dévoilent. Par ces récits, Boccace critique les mariages forcés, l’hypocrisie religieuse, la violence de toutes sortes.

C’est devenu un chef d’œuvre populaire où les histoires grivoises rivalisent autant d’humour que de cruauté, avec pour cibles finalement les sots et les puissants. 

Faire dialoguer musique, texte et scène

La metteuse en scène Caroline Leboutte a transposé l’action dans un théâtre abandonné mais néanmoins refuge. Il s’agit ici de faire une expérience du « vivre ensemble » dans un lieu où tout devient possible : « un espace de l’action et de la contemplation, un grand laboratoire qui met en perspective l’anodin et le magnifique », précise-t-elle. 

Le compositeur Matteo Franceschini a bousculé les codes de l’opéra en abolissant les frontières entre le chant , la parole et le jeu. Il propose une partition originale où l’écriture musicale s’appuie sur la singularité vocale, physique et expressive de chacun des dix interprètes qui devient ainsi un moteur de la composition. 

Résister dans la joie

L’oeuvre présentée en création mondiale est le reflet d’une démarche collective où les artistes — interprètes, metteuse en scène et compositeur — se sont autorisés ce moment de folie et de création pour que l’amour, le plaisir et la joie affrontent et dépassent le chaos du monde.

Samedi 7 mars 20h. Dimanche 8 mars. 15h. 6 à 42€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

L’ultime chef d’œuvre de Verdi

Falstaff créé en 1893, est l’ultime chef d’œuvre de Verdi qui décède en 1901. Opéra d’une modernité saisissante, inspiré de Shakespeare, c’est parmi les autres opéras de Guiseppe Verdi – Aïda, La Traviatta, Rigoletto, pour ne citer que les plus célèbres – l’un des plus joyeux tout en étant d’une beauté musicale saisissante. 

Falstaff, les joyeux joujoux de Windsor, une adaptation originale et pétillante d’Andrea Piazza

On est loin de l’opéra bouffe originel tiré de Shakespeare qui mettait en scène un Sir John Falstaff, flambeur notoire ventru, coincé par des dettes et décidé à séduire deux riches bourgeoises pour s’en sortir. Ici, avec malice, le metteur en scène Andréa Piazza a replacé l’action dans le monde des jouets, souhaitant une plus grande identification et proximité, afin d’imaginer un monde nouveau et meilleur. Avec cette adaptation ludique et participative, les spectateurs sont invités à rejoindre l’aventure, à chanter et à se prêter au jeu, à célébrer le théâtre et la musique pour se retrouver… et de faire du monde une farce.

Falstaff, un vieux robot cabossé

Falstaff, vieux robot cabossé, jadis jouet préféré de la maison Windsor, est relégué dans un coin, alors que les jouets s’animent dès que les enfants ont le dos tourné. Bien décidé à reconquérir sa place dans le cœur des enfants, il élabore un plan audacieux : séduire Alice et Meg, les deux nouvelles poupées stars du placard. S’ensuit un joyeux chassé-croisé de manigances, de déguisements et de quiproquos.

D’après Falstaff de Giuseppe Verdi (1893)
Arrangement dramaturgique : Andrea Piazza
Arrangement musical : Massimo Fiocchi Malaspina
Traduction française : Renaud Boutin
Coproduction : Opéra Grand Avignon et Teatro Sociale di Como

Le concept de l’opéra participatif

L’idée est de faire découvrir les codes de l’opéra grâce à une participation active du public ,  en lui donnant l’ occasion de chanter en direct depuis la salle , lors de la représentation. Six chants participatifs et un chant signe sont au programme. Pour s’y préparer  des ateliers pour apprendre les chants à  interpréter pendant le spectacle sont prévus. Partitions et airs disponibles sur operagrandavignon.fr
Gratuit sur inscription : actionsculturelles.opera@grandavignon.fr
Rendez-vous juste avant le spectacle : Samedi 17 janvier. 14h30 à 15h30. Dimanche 18 janvier. 14h30 à 15h30

Samedi 17 janvier. 16h. Dimanche 18 janvier. 16h. 5 à 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40 / www.operagrandavignon.fr


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Une convergence d’envies entre le directeur de l’Opéra Grand Avignon Frédéric Roels, le chorégraphe Martin Harriague, le directeur de l’Orchestre National Avignon-Provence (ONAP) Alexis Labat et le musicien associé pour les saisons 2025-2027 Fabien Cali.

Ils sont 4, comme un seul homme dans la même volonté de travailler ensemble et de donner corps à l’unique ballet composé par Beethoven, ‘Les créatures de Prométhée’. Si pour Frédéric Roels ce partenariat renoue avec une tradition remontant au XIXe siècle, le recours à l’Orchestre est plus rare mais la nomination de Martin Harriague donnant une dimension plus contemporaine au Ballet et la résidence de l’auteur-compositeur Fabien Cali à l’ONAP ont permis de concrétiser cette envie de créer ensemble.

Le mythe de Prométhée est déjà un défi

Prométhée osa défier Zeus en volant le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Pour cet acte de rébellion et de générosité, il sera puni d’une souffrance éternelle : enchaîné sur un rocher du Mont Caucas, un aigle viendra chaque jour lui dévorer le foie qui se régénère chaque nuit.  Au-delà du récit antique, cette nouvelle pièce interroge ce que signifie “voler le feu” aujourd’hui : dans un monde où l’humain s’arroge le pouvoir de contrôler et de détruire, Prométhée, lui, ne dérobe pas la flamme pour anéantir, mais pour offrir aux hommes la source même de la connaissance, de la vie, et… de l’amour.

Pourquoi ‘Les Créatures de Prométhée’ de Beethoven ?

Le directeur du Ballet Martin Harriague s’en explique : « Parce que c’est un ballet qui se donne très peu. On connaît l’ouverture des  Créatures de Prométhée de Beethoven mais la pièce en entier est rare. Le projet est donc original. La collaboration avec Fabien Cali était très alléchante : prendre les partitions de Beethoven, ne pas hésiter à les manipuler, partir de la musique originale, la détourner, y revenir mais faire en sorte que tout ce retrouve dans chaque tableau, chacun étant pourtant très court ,s’enchaînant rapidement même si la musique de Beethoven est explosive, forte, épique. » Elle lui correspond, lui qui  aime que la danse soit musique, « que les corps traduisent les notes et laissent voir ce qu’on entend. »

Processus artistique

Martin Harriague n’a pas eu de difficulté à imaginer un projet de danse avec un orchestre en direct car c’était son plus grand désir et plaisir,  même si ça n’a pas été simple à construire puisqu’il y aura 40 musiciens sur scène et 14 danseurs. Il a fallu être créatif, inspiré : un décor inédit avec un plateau surélevé de 2 mètres pour l’Orchestre. Le choix du répertoire n’allait pas de soi même si Prométhée s’est imposé à la fois parce qu’il s’inscrivait dans le thème de la saison 2025-2026 « Les mythes », mais aussi parce qu’il fait le lien avec un Ballet de répertoire. Il a choisi cependant de mettre le personnage de  Prométhée en avant, sa relation avec Zeus plus que son rôle dans l’animation des Créatures. Leur évolution sera cependant évoquée par leur danse technique et virtuose au fil du récit. 

Des envies, des défis 

L’envie de collaboration de l’Orchestre avec le Ballet Grand Avignon ne suffit pas. Il a fallu relever plusieurs défis techniques ou acoustiques. Comment travailler la musique au service des danseurs, comment la faire entendre pleinement au public alors que l’Orchestre sera en fond de scène (d’où la nécessité d’une sonorisation). Comment inclure un compositeur comme Fabien Cali sur une création de Ballet, comment lier sa création contemporaine à la musique originale de Beethoven ? 

Fabien Cali, entre l’inspiration de Martin Harriague et la partition de Beethoven

Celui-ci a choisi de se mettre complètement au service du projet et d’attendre les propositions du directeur de Ballet. « Mon défi à moi, mon enjeu inquiétant était de me décomplexer et donc de m’autoriser à ‘toucher’ à la musique de Beethoven. Après plusieurs échanges, allers retours enrichissants  et intenses, nous avons trouvé une manière fluide de travailler à partir de maquettes que je proposais. Je prenais  une mesure originale, je l’étirais ou  la détournais, y revenais. Dans un même tableau musical on aura a la fois des moments purement Beethoven et des moments crées. Seule l’exigence de me mettre enfin à l’écriture des partitions pour les 40 musiciens a stoppé ce processus de création qui m’a ravi et qui fonctionne plutôt bien. »

Vendredi 12 décembre. 20h. Samedi 13. 20h. 5 à 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.

https://www.echodumardi.com/tag/opera/   1/1