23 octobre 2026 |

Ecrit par le 23 octobre 2026

‘Aïda’, le choc lyrique de la rentrée à l’Opéra Grand Avignon

Opéra en quatre actes de Guiseppe Verdi

Créé au Caire en 1871, Aïda est l’un des chefs-d’œuvre les plus célèbres de Verdi. Il est déjà un maître de l’opéra, célèbre pour Nabucco, Rigoletto ou La Traviata. Il se lance cependant le défi de créer un opéra monumental, par les décors, les costumes et de grandes scènes chorales. Le plateau de l’Opéra Grand Avignon accueillera pour l’occasion le Chœur de l’Opéra Grand Avignon et celui de Montpellier Occitanie avec le Ballet de l’Opéra et l’Orchestre National Avignon-Provence sous la direction de Debora Waldman.

Une tragédie où se mêlent passion, loyauté, jalousie et sacrifice

Dans l’Égypte antique, Aïda, princesse éthiopienne réduite en esclavage, aime en secret Radamès, jeune chef militaire égyptien. Celui-ci partage ses sentiments, mais il est également convoité par Amneris, la fille du Pharaon. Le triangle amoureux est posé ! Sur fond de guerre entre l’Egypte et l’Ethiopie. A l’heure d’un choix impossible, entre amour, famille et patrie, la tragédie advient.

Le directeur de l’Opéra Grand Avignon en est le metteur en scène

Frédéric Roels, directeur de l’Opéra Grand Avignon est également metteur en scène d’Aïda. Il s’est intéressé plus particulièrement à la dramaturgie de l’oeuvre plus qu’à ces effets spectaculaires de mise en scène. En effet, cet opéra séduit généralement les spectateurs depuis plus d’un siècle par la présence d’une chorale impressionnante, un lyrisme époustouflant. Frédéric Roels s’est plutôt demandé « comment le rêve amoureux ou le rêve de retour dans son pays d’une exilée peut-être confronté à un pouvoir dictatorial et religieux asphyxiant. »

Pour se préparer

Pour Frédéric Roels, on peut regarder Aïda sans préparation, simplement « en se laissant porter par l’histoire et la musique » même si cette œuvre s’inscrit dans les tensions politiques d’un XIXe siècle européen fasciné par l’Egypte ancienne et l’Orient. Il suffit d’écouter avant des airs qui sont pour certains des tubes que nous connaissons : l’air de Aïda « O patria mia » ou celui de Radamès « Celeste Aïda »

Distribution

Aïda : Claire de Monteil
Radamès : Eduardo Aladrén
Amneris : Marie Gautrot
Amonasro : David Vardan
Ramfis : Nika Guliashvili
Il Re : Jacques-Greg Belobo 
Sacerdotessa : Aurélie Jarjaye
Un messaggero : Julien Desplantes 

Prologue

45 minutes avant la représentation, un temps de présentation vous est proposé autour du spectacle Ce rendez-vous offre des clés d’écoute, des repères sur l’œuvre, sa mise en scène ou son contexte de création, pour enrichir l’expérience du spectacle. Ce prologue sera assurée par Hervé Casini. Entrée libre sur présentation du billet.

Immersion dans les coulisses 

Un petit groupe de participants est invité à parcourir les espaces habituellement réservés aux artistes et aux équipes techniques : coulisses, préparation du plateau, ambiance d’avant-spectacle… selon les possibilités du jour. Guidée par une médiatrice de l’Opéra, cette visite offre un regard privilégié sur la vie du théâtre au moment où tout se met en place.
Réservé au détenteur d’un billet du spectacle du jour. Sur réservation. 

Retransmission sur écran géant, dans le cadre de la semaine italienne le dimanche 18 octobreà 15h sur la Place Saint Didier à Avignon.

Vendredi 16 octobre. 20h. Dimanche 18 octobre. 15h. Mardi 20 octobre. 20h. 10 à 79€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


Bella Italia, quand Avignon se met à l’heure italienne

Du 7 au 18 octobre, La Bella Italia, la Semaine Italienne, investira Avignon pour sa 10e édition. Marché gourmand au pied du Palais des Papes, opéra, cinéma, patrimoine, musique baroque et gastronomie composeront un parcours transalpin à travers toute la ville.

Le coup d’envoi sera donné mercredi 7 octobre, à 11 heures, avec l’inauguration du marché italien, place du Palais des Papes. Jusqu’au dimanche 11 octobre, plus d’une vingtaine d’artisans et de producteurs venus de différentes régions d’Italie y présenteront charcuteries, fromages, truffes, olives, pâtisseries, pâtes fraîches et Parmigiano Reggiano. L’artisanat ne sera pas en reste. Verre de Murano, céramiques, bijoux, maroquinerie et masques vénitiens donneront à la place un air de marché méditerranéen. Les Pasta Divas, quatuor acoustique, accompagneront ces cinq journées au son de Cocciante, Celentano, Battisti ou encore Paolo Conte. Le marché sera ouvert de 10h à 20h. Une manière simple et généreuse d’entrer dans la manifestation, par les yeux, les oreilles et, surtout, les papilles.

Copyright Bella Italia

Une histoire italienne, de la papauté aux Carmes
Avignon entretient avec l’Italie une relation ancienne, intimement liée à l’installation de la papauté au XIVe siècle. De 1309 à 1377, la cité devient le siège de la papauté, attirant cardinaux, artistes, marchands et banquiers venus notamment de la péninsule. Cette histoire se prolongera avec la visite ‘La petite Italie dans la cité des Papes’, proposée les 8 et 10 octobre. Le parcours évoquera aussi les migrations italiennes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, particulièrement présentes dans le quartier des Carmes. Le 9 octobre, à la bibliothèque Ceccano, l’historien Guido Castelnuovo, professeur à Avignon Université, posera la question d’une ville provençale qui aurait beaucoup emprunté à l’Italie, de fait : ‘Avignon médiévale : une cité italienne ?’

Verdi, Vivaldi et Sorrentino
La 10e édition fait dialoguer les siècles. À l’Opéra Grand Avignon, ‘Aïda’ de Giuseppe Verdi sera représenté les 16 et 18 octobre, avec une séance supplémentaire le 20 octobre. Cet opéra monumental, créé au Caire en 1871, demeure l’une des œuvres les plus populaires du compositeur italien. La musique baroque résonnera également à Notre-Dame-des-Doms, le 11 octobre, puis à la collégiale Saint-Didier le 17 octobre avec Albinoni, Vivaldi et Torelli. Le théâtre ne sera pas oublié, avec La trilogie du désir au Chêne Noir les 9 et 10 octobre, ainsi que Hamlet – Cronache dall’Interzona au Théâtre du Balcon, le 17 octobre. Au cinéma Le Vox, un cycle quotidien en version originale sous-titrée traversera plusieurs générations de cinéastes italiens : Elio Petri, Francesco Rosi, Bernardo Bertolucci, Dario Argento, Marco Bellocchio et Paolo Sorrentino. Une sélection qui rappelle combien le cinéma italien sait conjuguer puissance politique, noirceur intime et élégance formelle.

Copyright Bella Italia

Une fête qui déborde des salles
La Semaine Italienne s’invitera aussi dans les musées, les commerces et les restaurants. Les Archives municipales présenteront ‘Photographies d’Italie’ le 14 octobre. Le Musée du Petit Palais proposera une ‘Murder Party en Italie’ le 15 octobre, tandis que le Musée Angladon reviendra, le 16 octobre, sur les voyages italiens de Jean et Paulette Angladon. Du 12 au 18 octobre, restaurants et bars partenaires déclineront des menus aux couleurs de la péninsule. L’École hôtelière d’Avignon prendra part à l’événement du 13 au 16 octobre avec des repas conçus et servis par ses étudiants. Les Halles proposeront, le 17 octobre, une cuisine italienne. Six librairies avignonnaises accompagneront enfin la manifestation avec des sélections consacrées à la littérature italienne. De Dante à Elena Ferrante, l’Italie se dégustera aussi dans les pages. Une partie des rendez-vous est gratuite ou en entrée libre. Les autres sont accessibles sur réservation, selon les tarifs fixés par les établissements partenaires. La Bella Italia. Programme complet, horaires et modalités ici.
Mireille Hurlin


‘La Belle Hélène’, dernière opérette de la saison à l’Opéra Grand Avignon

Pour clôturer dans la bonne humeur une saison mythique

L’opéra bouffe en trois actes de Jacques Offenbach a été créé en 1864. Plus qu’une simple opérette, Il se voulait à l’époque – sous Napoléon III – une fantaisie mythologique et permettait de croquer et de se moquer des puissants sur une partition musicale ensorcelante aux rythmes déhanchés. 

Petit clin d’œil : c’est en 1864 que le chef cuisinier Auguste Escoffier créa le célèbre dessert «  La poire Belle Hélène. »

Le metteur en scène Olivier Desbordes a transposé la famille des atrides dans une cour royale

Il s’est visiblement bien amusé en imaginant une princesse Hélène qui veut vivre comme tout le monde, comme une « simple bourgeoise ». Elle est devenue un personnage au service d’une parodie et de la satire de la grande bourgeoisie : vêtements, tics de langage…Ces anachronismes présagent de surprises et de partis pris scéniques avec un décor assez contemporain. 

Nous retrouverons pour notre plus grand plaisir le Chœur de l’Opéra Grand Avignon dirigé par Alan Woodbridge et et l’Orchestre Avignon Provence dirigé par Chloé Dufresne.

Vendredi 12 juin. 20h. Samedi 13 juin. 20h représentation supplémentaire. Dimanche 14 juin. 15h. 10€ à 79€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


La Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon recrute des jeunes artistes à partir de 8 ans

La Maitrise de l’Opéra Grand Avignon organise deux auditions les samedis 6 juin et 5 septembre.

L’Opéra Grand Avignon organise une audition pour les enfants et adolescents à partir de 8 ans ce samedi 6 juin. Les jeunes artistes retenus rejoindront la Maîtrise de l’Opéra pour la saison 2026-2027 et pourront notamment participer à la tournée de concerts pour fêter Noël, ‘La Fille du régiment’ d’après Donizetti, ‘L’Enfant et la nuit’ de Franck Villard et Olivier Balazuc, et ‘Le fameux Molière’ de Julien Joubert, une comédie musicale inspirée de la vie du grand auteur et comédien français.

Rejoindre la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon permet aux jeunes de découvrir le chant, le théâtre et la danse, tout en développant leur curiosité et leur sensibilité. L’Opéra promet « un cadre professionnel exigeant et bienveillant, et une expérience artistique intense, faite de travail, de partage et d’émerveillement. »

Pour ceux ne pouvant pas auditionner ce 6 juin, une seconde audition se tiendra le samedi 5 septembre prochain. Pour s’inscrire à l’une des deux dates, il suffit de contacter Christophe Talmont, directeur musical de la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon, par mail à l’adresse maitrise.opera@grandavignon.fr


‘Turandot’, ultime opéra de Giacomo Puccini à l’Opéra Grand Avignon

Turandot, ultime opéra de Giacomo Puccini 

Giacomo Puccini est décédé (1924), rongé par la maladie, avant de pouvoir achever Turandot, opéra en trois actes créé en 1926. Il a interrompu son écriture au moment de la mort de Liù. Si plusieurs compositeurs ont par la suite proposé leur propre conclusion,  l’ouvrage est ici présenté dans l’état où le compositeur l’a laissé : sans final.

La puissance d’un chef-d’œuvre inachevé

Personne ne dort. Dans la nuit suffocante d’un empire figé par la peur, Turandot, princesse de givre, règne sur un peuple asservi, offrant l’illusion du choix : répondre à ses questions ou mourir. Mais un homme, le Prince Calaf,  ose pourtant braver l’interdit. Dans ce monde glacé, il croit à la chaleur d’un baiser, à l’amour plus fort que le sort. Car sous les lames, sous la peur, l’art se glisse et résiste.

Une relecture contemporaine et féministe du metteur en scène Paco Azorin

Paco Azorin a choisi de transformer le conte oriental en fable politique, sociale et humaine. Le décor s’éloigne donc d’une vision exotique pour privilégier un univers intemporel qui magnifie les corps et les gestes. Faste et charme prennent le pas sur la barbarie et la cruauté. Ainsi Turandot est à la tête d’une armée d ‘amazones, la jeune esclave Liu devient une figure de résistance et perturbe la glaciale Turandot. 

Un opéra citoyen

La production de ce spectacle réunit 18 figurants en situation de handicap en partenariat avec l’Association avignonnaise des Paralysés de France et le Centre de Réhabilitation Psychosocial de Montfavet. Ils ont participé aux répétitions et seront donc sur scène pour les 3 représentations. Ces personnes sont appelées dans le spectacle «  les piliers » et représente le peuple qu’on ne voit pas u qu’on ne veut pas voir. « Fidèle à un engagement artistique qui dépasse la scène, j’ai souhaité intégrer ces personnes afin de brouiller les frontières entre professionnels et amateurs, entre norme et différence », précise le metteur en scène Paco Azorin. 

Distribution

Turandot : Catherine Hunold
Liù : Claire Antoine
Calaf : Mickael Spadaccini
Timur : Luciano Batinic
Ping : Vincenzo Nizzardo (15 et 17 mai) / Matteo Loi (19 mai)
Pang : Sébastien Droy
Pong : Carlos Natale
L’imperatore Altoum : Victor Dahhani
Un mandarino : Jean-François Baron 
Ancelle : Olga Singayivksa, Agnès Menard
Il principino di Persia : Kévin Castellani
Il principino di Persia, voix : Vladyslav Romankov
Putinpao : Catherine Pollini 
Archères : Sarah Brunel, Maya Kawatake Pinon, Julia Pal, Chloé Scalese
Guides des piliers : Céleste Gaulier, Sébastien Martin Vian
Chœur et Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre national Avignon-Provence sous la direction de Federico Santi, chef associé à l’Opéra Grand Avignon

Prologue

45 minutes avant la représentation, l’Opéra Grand Avignon et l’Orchestre national Avignon-Provence proposent un éclairage sur Turandot. Entrée libre sur présentation du billet du spectacle/concert.

Vendredi 15 mai. 20h. Dimanche 17 mai. 15h. Mardi 19 mai. 20h. 10 à 79€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


‘Aïda déchaînée’, une adaptation de l’Aïda de Verdi à l’Autre Scène de Vedène

Frédéric Roels signe ici une adaptation de l’œuvre de Giuseppe Verdi profondément humaine où l’émotion affleure à chaque instant et où la musique du grand maestro italien rencontre la musique électronique du talentueux jeune compositeur Solère. 

Un triangle amoureux incandescent 

Amnéris, femme de pouvoir est animée par un désir farouche et une jalousie dévastatrice ; Aïda, l’esclave étrangère est déchirée entre amour et fidélité à sa terre perdue ; et Radamès, est un héros partagé entre son patriotisme et la passion qui le lie à celle qu’il devrait considérer comme l’ennemie. 

Déracinement et manipulation

Dans cette version, le drame se resserre autour des thèmes du déracinement, du rêve d’ailleurs, de l’identité menacée, un monde où chacun lutte pour préserver ce qui lui reste : l’honneur, l’amour ou la liberté. Mais une présence rôde dans l’ombre : un personnage unique et puissant, L’Homme de l’ombre, où se fondent les forces contraires de Ramfis et Amonasro. Il incarne la manipulation, la pression morale, le poids des traditions et des intérêts supérieurs qui écrasent les individus. Une silhouette omniprésente, mystérieuse, qui tire les fils d’un destin déjà scellé. 

Aïda déchaînée, c’est l’histoire d’êtres qui cherchent un lieu où vivre, aimer, exister, et se brisent sur les frontières invisibles des Empires et des hommes. 

Mise en scène, décors, costumes, lumières : Frédéric Roels
Assistante à la mise en scène : Nathalie Gendrot
Assistante à la scénographie et aux costumes : Elise Vasseur
Réalisation des costumes : Ateliers de l’Opéra Grand Avignon
Etudes musicales : Ayaka Niwano

Aïda : Diana Axentii
Amnéris : Ahlima Mhamdi
Radamès : François Rougier
L’Homme de l’ombre : Igor Mostovoï
Cornet : Emmanuel Collombert
Harpe : Mathilde Giraud
Electronique : Solère

Mercredi 29 avril. 20h. 10 à 22€. L’autre Scène. Avenue Pierre de Coubertin. Vedène. 04 90 14 26 40 /www.operagrandavignon.fr

Séance de rattrapage

Prochaine représentation ‘Aïda déchaînée’ : Dimanche 3 mai 2026. 21h. Site archéologique Glanum. Saint-Rémy-de-Provence.


‘La Veuve rusée’, une comédie italienne à l’Opéra Grand Avignon

Une alerte ‘Veuve rusée’ de Carlo Goldoni,  notre « Molière italien »

Jouée pour la première fois à Venise en 1748, ‘La Veuve rusée’ de Carlo Goldoni continue de divertir. Rosaura, une veuve vénitienne riche et belle, attire quatre prétendants de nationalités différentes : un anglais, un français, un espagnol et un italien. Par leur intermédiaire, chaque pays en prend pour son compte : l’un est excentrique, l’autre jaloux, le suivant égoïste …. Chacun d’eux la courtise, par l’intermédiaire de l’espiègle Arlequin. Indécise, Rosaura, avec l’aide de sa dame de compagnie Marionnette, élabore un stratagème pour choisir. 

Ici c’est la femme qui mène la danse

Plus qu’une comédie, c’est l’histoire d’une femme qui se bat pour sa liberté, décidant elle-même des règles du jeu.
Comédie de Carlo Goldoni
Adaptation, mise en scène : Giancarlo Marinelli
Avec Caterina Murino, Sarah Biasini, Vincent Deniard, Vincent Desagnat, Thierry Harcourt, Tom Leeb, Pierre Rochefort et Jean Reno (voix off)

Samedi 4 avril. 20h. 6À 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


(Vidéo) Le Chant de la Terre de Gustav Mahler à l’Opéra Grand Avignon

La nouvelle production de l’Opéra Grand Avignon s’attaque à la symphonie de Gustav Malher d’après Die chinesische Flötede Hans Bethge sur une orchestration d’Arnold Schönberg.

Connu surtout pour ses neuf symphonies achevées, sa Symphonie n°10 inachevée, ainsi que pour ses cycles de lieder – Des Knaben Wunderhorn, Kindertotenlieder et Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre) – Gustav Mahler (1860-1911) fut davantage admiré de son vivant comme chef d’orchestre que comme compositeur. Aujourd’hui, son œuvre, profondément humaine et visionnaire, continue d’exercer une influence immense sur la musique moderne et symphonique. 

Une mise en scène résolument contemporaine

Avec Le Chant de la Terre, Gustav Mahler mettait en musique sa traversée intime du deuil : la perte d’un enfant en opposant l’éphémère des corps à la permanence de la nature. Aujourd’hui, la metteuse en scène en résidence à l’Opéra Grand Avignon Chloé Lechat transforme cette œuvre hors norme en un rituel scénique, et créé un langage où la grammaire du corps, la musique et le mouvement participent à faire son deuil, un deuil qui ne soit ni une perte, ni un adieu mais bien une autre manière d’accueillir la beauté du monde. En combinant musique, danseurs et danseuses, film d’animation et théâtre, Le Chant de la Terre propose une expérience sensible et profondément humaine.

La parentalité en question

Sur scène, deux chanteurs errent parmi les ruines d’un monde en guerre et découvrent les souvenirs qui habitent des maisons désertées. Comment rendre hommage à ces vies évanouies ? Entre passé et présent, entre vestiges, visions rêvées et réalité, cette mise en scène d’une infinie poésie joue de ces fragments de mémoire qui hantent les vivants et tentent de conjurer l’absence. C’est le ténor allemand Uwe Stickert – remarqué en 2021 à l’Opéra Grand Avignon dans Peter Grimes – qui incarnera  avec le baryton Damien Gasti ce couple d’hommes face à la perte de leur fille. Sur scène également le performer Jean Hostache portera avec le Ballet du Grand Avignon ce que les mots ne suffisent plus à dire. 

 L’ensemble musical Miroirs Etendus dirigé par Fiona Monbet 

Miroirs Étendus est un ensemble musical implanté dans les Hauts-de-France, créé et animé par Fiona Monbet, Romain Louveau, Othman Louati et Emmanuel Quinchez. Dédié à la musique d’aujourd’hui, Miroirs Étendus explore les répertoires de la musique contemporaine jusqu’à la création, revisite la musique écrite, combinant la musique acoustique – souvent sonorisée – à la musique électronique. Cet ensemble aime également à s’associer à des créations lyriques pour créer des formes d’opéras d’aujourd’hui et des récitals augmentés. 

Prologue
45 minutes avant la représentation, l’Opéra Grand Avignon propose un éclairage sur Le Chant de la Terre. Entrée libre sur présentation du billet du spectacle.

Samedi 28 mars. 20h. Dimanche 29 mars. 15h. 6 à 42€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


Le Décaméron ou comment résister avec humour à l’Opéra Grand Avignon

Adapté en musique, en peinture mais aussi pour la télévision ou le cinéma (Pasolini 1971), le Décaméron a inspiré le compositeur en résidence à l’Opéra du Grand Avignon Mattéo Franceschini et la metteuse en scène belge Caroline Leboutte à qui l’Opéra du Grand Avignon a passé commande pour cette première mondiale qui aura lieu à Avignon

Le Décaméron est un recueil de cent nouvelles écrites en italien par Boccace entre 1349 et 1353.

Pour fuir la peste qui s’abat sur Florence en 1348, sept jeunes femmes et trois jeunes hommes s’isolent dans une maison de campagne et se racontent pendant 10 jours, 10 nouvelles. En creux c’est toute la critique sociale d’une époque qui se dévoilent. Par ces récits, Boccace critique les mariages forcés, l’hypocrisie religieuse, la violence de toutes sortes.

C’est devenu un chef d’œuvre populaire où les histoires grivoises rivalisent autant d’humour que de cruauté, avec pour cibles finalement les sots et les puissants. 

Faire dialoguer musique, texte et scène

La metteuse en scène Caroline Leboutte a transposé l’action dans un théâtre abandonné mais néanmoins refuge. Il s’agit ici de faire une expérience du « vivre ensemble » dans un lieu où tout devient possible : « un espace de l’action et de la contemplation, un grand laboratoire qui met en perspective l’anodin et le magnifique », précise-t-elle. 

Le compositeur Matteo Franceschini a bousculé les codes de l’opéra en abolissant les frontières entre le chant , la parole et le jeu. Il propose une partition originale où l’écriture musicale s’appuie sur la singularité vocale, physique et expressive de chacun des dix interprètes qui devient ainsi un moteur de la composition. 

Résister dans la joie

L’oeuvre présentée en création mondiale est le reflet d’une démarche collective où les artistes — interprètes, metteuse en scène et compositeur — se sont autorisés ce moment de folie et de création pour que l’amour, le plaisir et la joie affrontent et dépassent le chaos du monde.

Samedi 7 mars 20h. Dimanche 8 mars. 15h. 6 à 42€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.

https://www.echodumardi.com/tag/opera/   1/1