15 octobre 2026 |

Ecrit par le 15 octobre 2026

Coulisses du BTP en Vaucluse, derrière les chantiers, l’urgence de préserver les emplois

À Courthézon, les Coulisses du BTP ont ouvert les portes du chantier ‘Toits de Corleudone‘, aux jeunes et aux demandeurs d’emploi, le 8 octobre. Une opération de découverte organisée dans un contexte de baisse des commandes, coûts en hausse et projets immobiliers en berne. Pour les entreprises vauclusiennes, l’enjeu est de tenir l’activité et de former les bâtisseurs de demain. Le BTP vauclusien avance sur un terrain fragile : Le secteur représente 10% du tissu économique départemental, avec plus de 12 600 salariés, auxquels s’ajoutent 1 190 équivalents temps plein en intérim. Mais les carnets de commandes se dégarnissent et les perspectives demeurent incertaines.


«On est en baisse d’activité, avec un manque de prévisions devant nous», constate Daniel Léonard, président de la Fédération du BTP de Vaucluse. Même constat chez Vincent Chapelet, dirigeant de Sud Bâtiment, qui évoque un recul de 40 à 50% de son activité de gros œuvre entre la fin de 2025 et le début de 2026. Les entreprises affrontent la conjoncture plusieurs fronts : renchérissement du carburant et des matériaux, coût des normes environnementales, taux d’emprunt qui freinent les achats immobiliers et ralentissement de la commande publique. Les élections municipales ont aussi retardé certains projets, le temps que les nouvelles équipes prennent leurs marques. Résultat ? Les recrutements ralentissent, l’intérim sert de variable d’ajustement et les départs en retraite ne sont pas toujours remplacés. Selon la Fédération, les défaillances d’entreprises progressent également dans le département.

Le logement reste le maillon faible
En France, 264 800 logements ont été mis en chantier en 2025, très loin des quelque 450 000 logements annuels que la profession estime nécessaires. En Vaucluse, environ 3 500 logements neufs sont construits chaque année. La rénovation, longtemps présentée comme un relais de croissance face au recul du neuf, ne compense pas la baisse d’activité. Les professionnels dénoncent aussi les surcoûts réglementaires et les difficultés d’accès au crédit, qui écartent notamment une partie des primo-accédants. Or, derrière les chiffres, la même réalité s’installe : se loger devient plus difficile pour les salariés, les familles et les étudiants. Pour les entreprises, maintenir la construction et rénover le parc existant relève autant de l’activité économique que de l’attractivité du territoire, relève Daniel Léonard.

Faire découvrir les métiers pour préparer la relève
C’est tout l’intérêt des Coulisses du BTP. À Courthézon, le chantier des Toits de Corleudone, 97 avenue du Général-Leclerc, réunit trois types de constructions : une maison médicale, des logements et des bureaux. Les visiteurs pouvaient ainsi découvrir plusieurs étapes du chantier, des fondations aux travaux de finition. Environ 180 collégiens, lycéens et demandeurs d’emploi ont été accueillis au cours de la journée du 8 octobre, avec le concours des organismes de formation et de prévention. Casque sur la tête et gilet de sécurité sur le dos, ils ont pu échanger avec les professionnels et découvrir la diversité des métiers du bâtiment et des travaux publics.

Daniel Léonard et Vincent Chapelet Copyright Mireille Hurlin

Pour la petite histoire
Vincent Chapelet, également patron de Chapelet promotion, a d’abord acquis un terrain chargé d’histoire industrielle, occupé autrefois par une brosserie puis une entreprise de carrelage. Avant d’y bâtir les Toits de Corleudone, il a fallu repartir de zéro : démolir les anciens locaux, dépolluer et désamianter le site. Les fondations ont ensuite nécessité la mise en place de 300 pieux en béton, enfoncés entre plus de 5 et 8 mètres de profondeur. Un chantier préparatoire considérable, avant même que les premières constructions ne sortent de terre. Depuis, la maison médicale a été rachetée par la mairie.

Sud Travaux
Pour Vincent Chapelet, l’apprentissage constitue une voie privilégiée pour intégrer les jeunes aux entreprises. La formation sur le terrain permet d’acquérir des compétences concrètes, tout en se familiarisant très tôt avec les règles de sécurité. Egalement, des jeunes passés par le CAP, ont pu ensuite prolonger leurs études pour aller bien au-delà ce qu’ils pensaient obtenir arrivant même à acquérir diplômes et fonctions d’encadrement qu’ils n’auraient pas imaginé obtenir. La Fédération du BTP de Vaucluse, qui rassemble 400 entreprises adhérentes et 6 000 salariés, continue de susciter des vocations malgré la conjoncture « Car la difficulté est préserver les équipes aujourd’hui sans sacrifier les compétences dont le secteur aura besoin demain, souligne Daniel Léonard,
Sources : Fédé du BTP 84. Note de conjoncture. Cerc Paca et Ministère de la transition écologique.

Copyright Mireille Hurlin

Les chiffres
La construction : En 2025, en Vaucluse, 1 430 unités de logements collectifs et résidentiels ont été autorisés, 810 unités de logements individuels et 400 unités de logements individuels groupés, soit, en 2025, 2 640 unités.
Les coulisses du BTP : Plus de 180 personnes sont venues visiter le chantier, d’ordinaire interdit au public. Etaient présents : des personnes en lien avec la Mission locale France Travail Avignon Joly Jean d’Avignon ; Les Lycéens de l’établissement Paul Vincensini et du Domaine d’Eguilles de Vedène ; Les collégiens de l’établissement Jean Giono d’Orange, venus en train en moins de 30 mn ; Les élèves du Centre de formation des apprentis du bâtiment d’Avignon.
Les chiffres de la profession : 12 600 emplois en Vaucluse, intérim compris soit 10% de l’activité économique du département. 7 000 entreprises artisanales du bâtiment ; 1 200 jeunes en formation ou apprentissage.
Mireille Hurlin

Copyright Mireille Hurlin

Transmission d’entreprise en Vaucluse : une grande soirée pour ne plus avancer seul

Le Crédit Agricole Alpes-Provence propose la soirée ‘Réussir sa transmission d’entreprise’. L’événement, co-organisé en partenariat avec la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de Vaucluse et CAP Cession France, cabinets spécialisés dans la transmission d’entreprise, se déroulera mardi 13 octobre de 18h30 à 21h au Palais des Princes à Orange.

« Transmettre son entreprise ne s’improvise pas, explique le Crédit Agricole Alpes-Provence. Une transmission réussie ne se décide pas au dernier moment. Elle se prépare. Cette soirée vous apportera des clés concrètes pour anticiper les enjeux juridiques, fiscaux, patrimoniaux, familiaux et humains. »

« Transmettre son entreprise ne s’improvise pas. »

Au programme : regards croisés d’experts, témoignages de dirigeants et tables rondes. Le tout en présence des principaux acteurs économiques du territoire comme la BPI, la Banque de France, la Chambre d’agriculture de Vaucluse, celle de l’artisanat, Vaucluse Provence attractivité, les barreaux d’Avignon et de Carpentras, les notaires Cévennes-Provence, l’Ordre des experts-comptables de Paca, la MSA, les principales organisations patronales ou professionnelles (Les Entrepreneurs Vaucluse, le Medef 84, l’U2P, la Fédération du BTP de Vaucluse, la Capeb 84, Mobilians…), la Safer, les Jeunes agriculteurs…

« Ne pas subir. »

« Le 13 octobre à Orange, nous réunissons tout cet écosystème pour vous accompagner dans la réflexion et la démarche, poursuit le Crédit Agricole Alpes-Provence. Pour ne pas avancer seul sur des questions aussi complexes, nous avons voulu créer un moment d’échange où tous les acteurs sont réunis autour des dirigeants pour les sensibiliser à tous les aspects de cette étape clé. Notre ancrage local nous permet de coordonner cet environnement au service des dirigeants du territoire. Un moment pour anticiper, mobiliser et poser les bonnes questions… et ne pas subir. »

L’enjeu est de taille car près de 30% des chefs d’entreprises locaux seraient en mesure de transmettre leur entreprise d’ici 5 ans en raison de leur âge. Le Vaucluse n’échappe pas à cet enjeu. Avec plus de 50 000 entreprises inscrites au RCS représentant plus de 100 000 salariés, le renouvellement des dirigeants et la pérennité des entreprises constituent des questions déterminantes pour l’économie départementale.
« La transmission est une étape naturelle dans la vie d’une entreprise, mais elle ne s’improvise pas, rappelle pour sa part Anne Benedetti, présidente de la CCI de Vaucluse.Elle engage le dirigeant qui cède, le repreneur qui porte un nouveau projet, les salariés et, plus largement, tout un écosystème économique. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que les entreprises qui ont vocation à être transmises puissent l’être dans les meilleures conditions »,

L.G.

‘Réussir sa transmission d’entreprise’. Mardi 13 octobre. De 18h30 à 21h. Palais des princes. Cours Pourtoules. Orange


De Willermin, un des leaders de la distribution Mercedes en France, inaugure sa concession rénovée d’Orange

Rodolphe de Willermin, le papa avait ouvert sa 1re concession à Marseille, il y a plus d’un demi-siècle, en 1973. Depuis, il a essaimé dans une vingtaine de sites de Valence à Marseille. Après sa disparition en 2022 à l’âge de 82 ans, ce sont ses trois fils qui ont pris la suite de l’empire : Henri l’ainé est PDG, Olivier gère la branche poids-lourds et Edouard le marketing.

Des concessions du Groupe De Willermin il y en a dans toute la Vallée du Rhône et au bord de la Méditerranée : Montélimar, Aubenas, Romans-sur-Isère, Avignon, Carpentras, Cavaillon, Aix, Arles, Vitrolles, Salon-de-Provence, Marseille. Où sont proposés à la vente des bolides préparés par AMG comme cette GT coupée électrique à 473 000€ en vitrine à Orange, mais aussi des véhicules industriels et des poids-lourds, neufs comme d’occasion. Côté marques, la branche à l’étoile est également entourée de modèles Kia, Mitsubishi, Smart ou du cabriolet MG Cybester bi-place, portières à ouverture en élytres, d’une puissance de 510CV  à « seulement » 60 000€.

Cybester de MG. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

« Ici, à Orange-Sud, nous avons investi 5M€ pour agrandir la concession, explique Henri De Willermin, le grand patron, à côté du giratoire où trône un Mirage 2000. Nous avons 40 salariés, 90 autres à Avignon Cap-sud où, là aussi, nous avons rénové le site, les installations, le showroom, l’accueil du public, l’équipement des ateliers mécaniques et carrosserie. »

Une success story familale

Son papa, Rodoplphe De Willermin, qualifié d’audacieux quand il avait osé s’installer à Marseille pour profiter de 300 jours de soleil par an, est à l’origine de la success story familiale et il pariait sur les 3 « E » (Ecoute – Exemplarité – Equité). « Réactivité, management de proximité, responsabilisation des collaborateurs sont notre ADN, précise Henri. L’important dans l’acte d’entreprendre, c’est de tout partager avec l’équipe, les succès comme les échecs, d’avoir une idée du bien commun et de ne jamais oublier l’humain. » D’ailleurs, la plupart des jeunes qui débutent dans ces concessions en alternance y restent, ils y sont reconnus pour leurs compétences et une cinquantaine de contrats sont signés chaque année dans cette maison où le taux de turn-over est très faible.

Aujourd’hui Henri De Willermin se désole de voir que tout est fait, les lois, la fiscalité, le dédale des règlements, pour ne pas faciliter la vie des entrepreneurs français. Il ajoute : « La vente de voitures électriques implique d’avoir un jardin pour recharger la batterie. Ce qui n’est pas une réalité pour tous et qui freine l’expansion de ce marché d’avenir. » Malgré tout, De Willermin fonce ! Avec 900 salariés dans le grand sud et un chiffre d’affaires de 450M€.

Olivier et Edouard de Willermin à côté du dernier bolide électrique Mercedes de 710 CV à 473 000€. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Réorganisation d’une partie des services de la mairie d’Orange

Dans le cadre de la réorganisation de plusieurs services municipaux, certains services de la Ville d’Orange changent d’adresse. Les services concernés sont :

Urbanisme : un nouvel accueil au sein de l’Hôtel de Ville
Le service Urbanisme est désormais installé au 3ᵉ étage de l’Hôtel de Ville. Pour les rendez-vous avec les agents du service, l’accueil du public se fait dans le bureau situé à côté de l’entrée principale de l’Hôtel de Ville, afin de faciliter l’accès aux usagers. Ces permanences se tiennent les lundis et mercredis après-midi et le mardi matin.
Contact : ads@ville-orange.fr / 04 90 51 41 54

Gestion et Occupation du Domaine Public
Rendez-vous aux Services Techniques. Depuis le 4 août 2026, le service Gestion et Occupation du Domaine Public a rejoint les Services Techniques. Nouvelle adresse : 32, rue Henri Noguères.
Les usagers sont invités à se rendre directement à cette adresse pour leurs démarches, rendez-vous et dépôts de dossiers concernant l’occupation du domaine public.

Affaires scolaires
Le service des Affaires scolaires se situe désormais au 235, avenue des Étudiants. L’accès se fait par le portillon d’entrée, puis en suivant le cheminement piéton indiqué. Ces évolutions s’inscrivent dans le cadre de la réorganisation des services municipaux et de la démutualisation engagée avec le Pays d’Orange en Provence.

« La Ville invite les habitants et usagers concernés à prendre en compte ces nouvelles adresses lors de leurs prochains rendez-vous, dépôts de dossiers ou démarches administratives, explique les services de la commune. Pour toute question, les usagers peuvent se rapprocher du service municipal concerné avant leur déplacement. »

L.G.


Deux agences vauclusiennes O2 participent à une opération de recrutement

Le réseau d’agences de services à domicile O2 organise une nouvelle édition de son Job Café, à laquelle les agences d’Avignon et d’Orange vont participer ce jeudi 17 septembre.

Les chercheurs d’emplois sont invités à se rendre dans les deux agences vauclusiennes O2 qui participent à l’opération Job Café ce jeudi 17 septembre. Les candidats peuvent venir rencontrer directement les équipes autour d’un café, sans CV ni lettre de motivation, sans diplôme ni expérience requise. Une approche plus simple, qui place la motivation et les qualités humaines au centre du processus de recrutement.

Au total, ce sont plus de 3 000 postes qui sont à pourvoir en France dans le ménage, la garde d’enfants, l’accompagnement des seniors et des personnes en situation de handicap. Les postes sont également ouverts aux personnes en situation de handicap. Une période d’immersion pourra être réalisée aux côtés des professionnels du secteur pour les candidats motivés et prêts à travailler.

« Dans nos métiers, l’humain est placé au cœur de notre activité, c’est pourquoi nous l’avons inscrit au cœur de notre méthode de recrutement, explique Tasha Teguia, directrice des Ressources Humaines d’O2. À travers le Job Café, O2 incarne cette volonté de privilégier les échanges directs, permettant ainsi de cerner les motivations et les attentes de chacun, bien au-delà de simplement évaluer un parcours professionnel. »

Agence d’Avignon : 161 Route de Tarascon. Avignon.
Agence d’Orange : 21 Place Georges Clemenceau. Orange.

Jeudi 17 septembre. De 9h à 18h. Agences O2.


BA 115 d’Orange : départ du Colonel Fouquet, arrivée du Colonel Soidet

Arrivé il y a presque 2 ans le 12 septembre 2024, Hugues Fouquet quitte la base le coeur lourd. C’est le second départ de l’été après celui du Général de Brigade Aérienne Jean-Luc Daroux, mi-juillet.

Le Colonel Fouquet, pilote de chasse formé à l’École de l’Air et de l’Espace de Salon-de-Provence, était déjà passé par Orange entre 2010 et 2014 avant d’y revenir comme commandant. En quelques mois, il avait participé aux travaux pharaoniques de rénovation des infrastructures de la base aérienne entamés par son prédécesseur, le Colonel Guillaume Deschamps, à la fin du Mirage 2000 et à l’arrivée du Rafale. 174M€ pour le chantier du Raf 5, nouvelle version du fleuron de l’Armée de l’Air, piste allongée de décollage-atterrissage, mess des officiers flambant-neuf, simulateur de vol, nouvelle zone d’alerte avec avion prêt à décoller pour exercer sa mission de police du ciel 24h/24, local de maintenance des réacteurs, construction en cours d’une nouvelle tour de contrôle avec équipements de radars, liaisons, systèmes de contrôle aérien high-tech. Mais la BA 115, ce ne sont pas que les Rafale, c’est aussi l’Escadre Alpilles d’hélicoptères Fennec et le commando de parachutistes de l’air.

Toujours soucieux de bonnes relations avec les élus, les entrepreneurs, les riverains de la BA 115, Hugues Fouquet expliquait régulièrement le travail et les missions de la base. Il avait également organisé fin juin 2025 deux défilés aériens avec notamment la Patrouille de France qui avaient été une vraie fête populaire et gratuite de l’aviation et qui avait attiré près de 50 000 spectateurs.

La passation de témoin

Mercredi en fin d’après-midi, lors de la passation de témoin avec le colonel Soidet en présence du Chef d’État-major de l’Armée de l’Air et de l’Espace le général Jérôme Bellanger, les honneurs au drapeau, une revue des troupes a tenu place pour remettre des décorations à des militaires qui se sont distingués dans leur carrière. La médaille d’Officier de la Légion d’Honneur pour les Généraux de Brigade Julien Fourneret, Olivier Kaladjian et François Tricot, qui ont participé à des Opex (opérations extérieures) au Tchad, Mali, Arabie Saoudite, Ouganda, Afghanistan, Jordanie ou Tadjikistan. Médaille militaire décernée également à l’adjudant-chef Omar Bamba, sans oublier la Médaille de l’Aéronautique au Lieutenant-Colonel Julien, ancien leader de la Patrouille de France en 2024 qui a notamment participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et paralympiques à Paris en 2024 aux commandes d’un Alphajet.

En fin de cérémonie, le Colonel Fourquet a remis le commandement de la 65e Escadre d’Hélicoptères à la lieutenant-colonel Chloé Rouger. Avec sa femme — pilote de chasse — et ses quatre enfants, le général quitte à contre-coeur la Provence pour rallier à Paris le prestigieux CHEM (Centre des hautes études militaires). Bon vent, général !


La Fédération des caves des vignerons coopérateurs de Vaucluse a 100 ans

Créée en 1926, la Fédération des Caves des Vignerons Coopérateurs de Vaucluse célèbre, en 2026, son centenaire. Organisation de terrain et de proximité, elle a son siège au Palais du Vin, à Orange, et réunit 27 caves coopératives adhérentes du département. Elle constitue un lieu permanent de concertation et d’échanges entre les caves, en prise directe avec leurs réalités, dans un contexte de crise.

 » La filière traverse une crise structurelle et conjoncturelle sans précédent. Beaucoup de vignerons se posent la question de continuer. Les jeunes ne reprennent pas forcément les exploitations. Cela va de pair avec une baisse de la consommation du vin au niveau mondial, plus accentuée encore en Europe. La Fédération se pose de nombreuses questions sur l’avenir et les solutions à apporter à cette crise sans précédent. Nous avons organisé cette année un voyage d’études en Italie, plus précisément en Vénitie. L’objectif était de comprendre les raisons du succès du Proseco qui est en croissance à deux chiffres depuis 10 ans en vente en France  » explique Cédric Chauvet, juriste en droit international, commercialisation à l’export et investissement au sein de la Fédération.  » L’idée n’était pas du tout de ramener les clés du Proseco dans le Vaucluse mais de réfléchir à des méthodes permettant à notre viticulture locale de s’en sortir mieux dans ce contexte très compliqué « .

Un esprit commerçant
Ce voyage d’études a fait ressortir l’aspect commerçant de ces viticulteurs italiens.  » On s’est rendu compte en comparaison que l’on vendait mal « . A 90%, les aides publiques vont vers l’amont, à savoir la production. Seuls 8% sont dédiées à l’aval, la communication et marketing. Le budget dédié à la force commerciale à l’export n’est pas assez important selon la Fédération.

Une consommation qui augmente hors europe
 » La consommation s’écroule en France et en Europe mais elle augmente dans de nombreux pays dans le monde. L’arrachage des vignes en France est beaucoup plus important que dans les autres pays. Il faut adapter nos vins aux consommateurs plus jeunes et produire des vins faciles comme l’ont fait les Italiens avec le Proseco en sucré et en bulles  » explique Alain Brusset, le directeur de la Fédération depuis 1992. Selon le directeur, le monde du vin s’est offusqué de ces tendances et n’a pas voulu s’adapter aux demandes plus jeunes en restant dans ses valeurs traditionnelles qui plaisent aux plus de 55 ans.

Bien vendre le vin
Pour la Fédération, il y a un gros travail de marketing et de communication du vin du Vaucluse mais une commercialisation plus approfondie est également nécessaire. Il faut glaner des informations auprès des cabinets d’études sur les tendances de consommation dans le monde entier, dans les 10 ans à venir, comme l’ont fait les italiens.  » Après ce travail qui permettra d’être adapté à la demande des consommateurs, il faudra remettre une armada de commerciaux à l’export. La France a perdu 12% de parts de marché à l’export, en passant de 22 à 10 en 10 ans, soit une perte de 12 millions d’hectolitres. Le Vaucluse est dans la même tendance « .

Être réactif
Le voyage d’études réalisé en Italie a aussi permis aux directeurs de caves coopératives présents de voir comment les vignerons italiens se sont adaptés. Ils sont en réflexion permanente sur les tendances de consommation de demain. Ils analysent ce qui se boira dans 10 ans et le plantent aujourd’hui.  » Nous avons un problème local avec le rouge. Il faut s’orienter vers le blanc. Pour les rouges restant, il faudra peut-être passer sur du concept primeurs pour les jeunes, donnant un vin rouge frais et léger. Nous avons besoin pour cela d’études de consommation sérieuses « .

Une délégation de la Fédération s’est rendue en Vénétie pour comprendre le succès du Proseco Copyright Les Vignerons coopérateurs de Vaucluse

Le plan d’action
Pour sortir de cette crise majeure, il faut une synergie entre tous les acteurs de la profession pour définir un plan d’action.  » Il est temps de convaincre tous les conseils d’administration des caves coopératives que le temps est arrivé de s’occuper davantage de l’aval que de l’amont, à savoir le marketing et la valorisation de nos vins pour pouvoir exporter bien davantage nos vins du Vaucluse. De nombreux pays comme l’Inde, le Brésil représentent en effet un potentiel de croissance, compensant les pertes de la consommation en France et en Europe. Au niveau mondial, il manque certains vins dans le monde  » explique Alain Brusset.

Les missions de la Fédération
Défendre les valeurs de la coopération et des vignerons coopérateurs ; Promouvoir et représenter les caves aux niveaux départemental, régional et national ; Conseiller les caves dans les domaines juridique, fiscal, social et réglementaire ; Préserver le foncier agricole (reprise, transmission, achat) ; Assurer la veille, l’information et l’accompagnement technique (investissements, environnement, sécurité) ; Former les administrateurs et les salariés, aider au recouvrement et défendre juridiquement les caves.

Quelques chiffres
Caves coopératives adhérentes : 27 ; Nombre de coopérateurs : 3 000 ; Surface totale : 19 704 hectares ; Récolte 2025 : 870 583 hl dont Agriculture biologique 105 795 hl et Certifié Haute Valeur Environnementale 145 561 hl.

L’info
Le siège de la Fédération se trouve désormais à Orange, au Palais du Vin. Elle a ainsi rejoint à l’été 2025 les caves particulières déjà présentes dans ce lieu. La Fédération représente 60% de la production totale du département.

Une étude sur le marché mondial du vin en 2026
 » Fabrice Chaudier est un consultant, spécialiste des marchés viticoles, avec qui nous travaillons pour mettre en place des stratégies commerciales pour nos caves adhérentes  » explique Cédric Chauvet. Son étude montre la faiblesse de la France à l’export, l’évolution des attentes du consommateur.

En résumé pour la France
Produire du vin (blanc, bulles), bio, cœur et haut de gamme, distribué en France en circuits traditionnels et à l’export ; Aider au stockage ; Créer de la valeur ; S’aligner à la réalité de la demande.
Olivier Muselet


Vaucluse : la chaleur s’installe, l’urgence aussi

Avignon, Orange et Cavaillon ferment la marche du classement national des villes où il fera le plus difficilement bon vivre sous l’effet du réchauffement climatique. Avec des notes inférieures à 8,5 sur 20, les trois communes vauclusiennes apparaissent comme les plus exposées à des étés toujours plus éprouvants. D’ici 2100, les températures pourraient encore grimper de 4,2 °C dans le département, selon les projections de Météo-France.

Le quotidien Le Parisien vient de publier une étude qui place le Vaucluse au cœur des territoires les plus vulnérables au changement climatique. Sur les 452 communes françaises de plus de 20 000 habitants passées au crible, Avignon arrive en dernière position avec une note de 7,97 sur 20. Orange (8,32) et Cavaillon (8,34) complètent ce trio peu enviable. Aucune autre agglomération française ne concentre un tel niveau d’exposition.

Quelle capacité aux habitants de supporter la canicule ?
Ce classement repose sur 26 indicateurs mêlant projections climatiques, caractéristiques des logements et données sanitaires. Autrement dit, il ne mesure pas uniquement la hausse du thermomètre, mais la capacité réelle des habitants à supporter les canicules de demain.

Une réalité que les Vauclusiens connaissent déjà
Pour les habitants, pourtant habitués à des été chauds, la saison caniculaire se rallonge, les nuits peinent à rafraîchir l’air, les épisodes d’ultra chaleur se succèdent. Le thermomètre dépasse régulièrement les 40°C dans la vallée du Rhône et le refroidissement nocturne devient de plus en plus rare, notamment dans les centres urbains fortement minéralisés.

12h30, aujourd’hui, en haut de la rue de la Ré (République), Avignon, à la recherche de la moindre parcelle d’ombre. Copyright Mireille Hurlin

Le retour des arbres en ville ?
À Avignon, Orange ou Cavaillon, la pierre, le béton et le bitume emmagasinent la chaleur tout au long de la journée avant de la restituer pendant la nuit. Ce phénomène d’îlot de chaleur urbain accentue la pénibilité des épisodes caniculaires et complique le quotidien des personnes âgées, des jeunes enfants ou des salariés travaillant en extérieur. Les projections de Météo-France confirment cette tendance : le département pourrait enregistrer 2,6°C supplémentaires dès 2050, puis 4,2°C à la fin du siècle selon les scénarios les plus pessimistes. Avec, à la clé, davantage de journées au-delà des 30°C et une multiplication des nuits tropicales.

Un défi pour l’économie comme pour la qualité de vie
Le Vaucluse est l’un des départements français où la ressource en eau devient la plus fragile. Agriculture, viticulture, tourisme, activités de plein air : tous les secteurs économiques sont directement concernés. Les incendies de forêt plus précoces, les tensions sur l’irrigation ou encore les restrictions d’eau estivales témoignent déjà de cette évolution. De leur coté, nombre de collectivités vauclusiennes ont déjà priorisé la végétalisation des espaces publics, la plantation d’arbres, la création d’îlots de fraîcheur, la rénovation énergétique des bâtiments, la désimperméabilisation des sols ou la récupération des eaux pluviales. La canicule, cependant, demande à accélérer le mouvement.

Le climat pourrait rebattre les cartes
À l’opposé, les villes du littoral normand, breton ou des Hauts-de-France dominent le classement. Cherbourg-en-Cotentin obtient même la meilleure note nationale (16,21 sur 20), profitant d’un climat océanique beaucoup plus tempéré. Pour François Gemenne, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), cette fracture pourrait progressivement modifier la géographie du pays. Certaines populations pourraient être tentées de s’installer dans des régions où les conditions estivales demeureront plus supportables. Le changement climatique façonne déjà les paysages, influence les politiques publiques et redéfinit les conditions de vie. Le classement publié par Le Parisien agit ainsi comme un révélateur et suggère un territoire appelé à s’adapter, rapidement, à un climat qui change plus vite que les habitudes.

S’inspirer des villes qui vivent déjà avec la chaleur
À Séville, les rues se couvrent chaque été de vastes voiles d’ombrage qui font chuter la température ressentie de plusieurs degrés. Barcelone multiplie les ‘refuges climatiques’ dans les bibliothèques, écoles, musées et parcs, ouverts gratuitement aux habitants lors des fortes chaleurs. Athènes a nommé un ‘responsable de la résilience thermique’ chargé de coordonner les politiques publiques face aux canicules, tandis que Singapour mise sur une végétalisation spectaculaire de la ville : façades plantées, toitures végétales, corridors arborés et plans d’eau créent de véritables îlots de fraîcheur.

Le jardin éphémère du Petit palais installé par Cécile Helle, ancienne maire d’Avignon, en juin 2025 Copyright Mireille Hurlin

A Paris, Lyon, Montpellier
À Lyon, plusieurs cours d’école ont été transformées en ‘cours oasis’, remplaçant le bitume par des arbres, des sols perméables et des espaces ombragés. Paris développe un vaste réseau d’îlots de fraîcheur accessibles au public, tandis que Montpellier expérimente des revêtements de chaussée plus clairs, capables de réfléchir une partie du rayonnement solaire.

En Vaucluse
En Vaucluse, des solutions ont déjà été mises en oeuvre comme de planter davantage d’arbres dans les centres historiques, de désimperméabiliser les places minérales, de récupérer les eaux de pluie pour irriguer les espaces verts, de développer des fontaines et des brumisateurs alimentés en eau non potable, de conseiller des matériaux de toiture plus clairs ou encore de repenser les horaires des animations estivales afin de privilégier les soirées. Ces aménagements relèvent déjà d’une stratégie d’attractivité pour préserver la qualité de vie des habitants, maintenir l’activité économique et de continuer à accueillir les millions de touristes séduits chaque année par le Vaucluse, malgré des étés de plus en plus ardents.
Source Le Parisien ici.
Mireille Hurlin


Orange : ‘Queen Forever’ sauvé, le concert aura bien lieu

Après plusieurs semaines de bras de fer entre le producteur David Hardit et la nouvelle municipalité d’Orange, le concert-hommage à Queen ‘Queen forever’ est finalement maintenu. Prévu le 4 septembre au Théâtre antique, le spectacle réunira près de 1 000 choristes amateurs venus de toute la France, des musiciens professionnels et des solistes pour célébrer l’œuvre du groupe britannique et les 35 ans de la disparition de Freddie Mercury. Un accord amiable met un terme à une affaire qui avait largement dépassé le simple cadre culturel.

Le rideau se lèvera finalement bien sur Queen Forever. Mickey Callisto, remarqué par le Britain’s got talent en 2025 sera entouré de 1 000 choristes. Queen forever se présente comme l’un des grands rendez-vous musicaux de la rentrée en Vaucluse, le concert a pourtant failli disparaître de la programmation du Théâtre antique d’Orange.

Des travaux de sécurisation en question
Quelques semaines après les élections municipales, la nouvelle équipe conduite par Jean-Dominique Artaud avait décidé d’annuler l’événement, invoquant un impératif budgétaire. La municipalité expliquait devoir faire face à une dépense exceptionnelle d’environ 300 000€ liée à un important éboulement sur la colline Saint-Eutrope -30m3 de roches s’étaient détachées de la colline le 13 novembre 2025-, nécessitant des travaux de sécurisation d’une route communale. Cette décision avait immédiatement suscité l’incompréhension du producteur David Hardit, dont le projet avait été validé plusieurs mois auparavant par la précédente majorité municipale. Estimant que les conditions contractuelles ne permettaient pas une telle annulation, il avait saisi en urgence le tribunal administratif de Nîmes.

Copyright Facebook Queen forever

Le dialogue plutôt que le tribunal
Lors de l’audience du 27 juillet, le juge des référés avait préféré suspendre sa décision afin de laisser aux deux parties quelques jours pour trouver un terrain d’entente. La stratégie a porté ses fruits. Le 31 juillet, David Hardit a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec la Ville d’Orange. Selon le producteur, il prendra à sa charge près de 37 000€ de frais afin de permettre le maintien du spectacle. En contrepartie, le concert pourra bien se tenir le vendredi 4 septembre dans l’écrin bimillénaire du Théâtre antique. « Je me suis battu pour que les artistes, les musiciens, les choristes et le public puissent vivre ce spectacle. Aujourd’hui, cette bataille est gagnée », s’est réjoui David Hardit à l’annonce de l’accord.

Une aventure musicale hors norme
Le spectacle devrait rassembler 1 000 choristes amateurs à Orange, avant une tournée qui pourra compter jusqu’à 2 000 voix selon les dates, accompagnés d’un groupe de musiciens rock, de solistes et du chanteur Mickey Callisto, connu pour son interprétation remarquée de Bohemian Rhapsody. Le concept mise sur la puissance des harmonies chorales pour revisiter les plus grands succès de Queen : Bohemian Rhapsody, We Will Rock You, We Are the Champions, Don’t Stop Me Now ou encore The Show Must Go On. L’année 2026 marque par ailleurs le 35ᵉ anniversaire de la disparition de Freddie Mercury, donnant à cet hommage une portée symbolique.

Un enjeu culturel et… économique
Avec 1 000 choristes venus de toutes les régions de France, accompagnés de leurs proches, le spectacle représente également une activité significative pour les hôtels, restaurants, commerces et sites touristiques du territoire. Le Théâtre antique d’Orange, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et reconnu comme l’un des monuments romains les mieux conservés au monde, accueille chaque année des manifestations majeures et 190 000 visiteurs, qui contribuent à l’attractivité touristique du Vaucluse. Maintenir un événement de cette ampleur à la veille de la rentrée participe ainsi au rayonnement culturel et économique de la cité des Princes. Le feuilleton judiciaire s’achève donc sur une solution négociée. Après plusieurs semaines de controverses, place désormais à la musique. Le 4 septembre, ce seront bien les refrains intemporels de Queen qui résonneront sous les pierres millénaires du Théâtre antique d’Orange.

Les infos pratiques
Queen forever. Vendredi 4 septembre. 20h30. Gratuit. Théatre antique. Rue Madeline Roch à Orange. Pré-inscription pour les choristes ici. Les réservations au concert gratuit, non disponibles pour le moment, se feront incessamment sous peu, sur le site de la Ville d’Orange dans l’onglet Culture, indique l’Office du tourisme du Pays d’Orange ce jour.
Mireille Hurlin

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