12 octobre 2026 |

Ecrit par le 12 octobre 2026

La Rose d’or, Quand Avignon remonte le temps

Les samedi 10 et dimanche 11 octobre, la Rose d’Or célébrera ses 20 ans avec une édition exceptionnelle. Plus de 1 300 passionnés et 110 troupes investiront la Barthelasse et le centre historique d’Avignon, entre grande parade, campements, combats et ateliers. Plusieurs milliers de visiteurs sont attendus.

Samedi 10 octobre, près de 1 000 participants costumés défileront dans Avignon, de la Barthelasse jusqu’au Palais des Papes. Le cortège partira à 14h du centre de loisirs de la Barthelasse. Il franchira le pont Daladier, traversera la porte de l’Oulle, la place Crillon, la rue de la République et la place de l’Horloge, avant d’achever son parcours place du Palais des Papes, vers 15h45.

Un millier de costumes dans les rues
Chevaliers, archers, artisans, musiciens et combattants composeront cette imposante procession. Un spectacle gratuit à hauteur de rue, au plus près des habitants et des visiteurs. Dans les coulisses d’un siècle tumultueux, pour son 20e anniversaire, la Rose d’Or a choisi de remonter exactement 7 siècles en arrière. Son fil rouge ? ‘1326, le complot de la Louve’. L’expression renvoie à Isabelle de France, fille de Philippe IV le Bel et épouse d’Édouard II d’Angleterre. En 1326, elle s’allie à Roger Mortimer pour renverser son mari et s’emparer du pouvoir. Surnommée plus tard la ‘Louve de France’, elle devient l’une des figures les plus romanesques -et les plus controversées- des crises dynastiques européennes. La reconstitution ne cherchera pas seulement à rejouer cet épisode politique, confié aux intrigues d’une cour aux alliances mouvantes, mais également d’approcher les costumes, armes, artisanat, musique appréhendant le possible quotidien, d’effleurer l’approche d’une réalité matérielle.

Copyright La Rose d’Or

Une ville médiévale
Au XIVe siècle, la ville devient un centre politique et religieux majeur de l’Europe chrétienne. L’installation de la papauté à Avignon, de 1309 à 1377, transforme durablement la cité, qui se dote notamment du Palais des Papes et de puissantes fortifications. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1995, l’ensemble monumental avignonnais offre un décor rare à cette histoire vivante. La Rose d’Or prolonge cette mémoire dans l’espace public, avec une approche plus populaire, concrète et spectaculaire. Créé en 2006 par des passionnés, le festival rassemble aujourd’hui des compagnies venues de France, d’Italie et d’Espagne. Les périodes représentées vont des mondes scandinaves des IXe et Xe siècles à la Renaissance des XVe et XVIe siècles. Près de 45 bénévoles participeront à l’organisation de cette édition, qui pourra accueillir jusqu’à 4 000 visiteurs le dimanche.

La Barthelasse en campement
Dimanche 11 octobre, le festival ouvrira ses portes de 10h à 18h, au centre de loisirs de la Barthelasse. Le public y découvrira des campements historiques, un marché médiéval, des ateliers, des démonstrations d’archerie, des joutes, des batailles et des déambulations musicales. L’entrée coûtera 6€ sur place, 5,50€ en prévente. Elle sera gratuite pour les moins de 12 ans. Les chiens tenus en laisse seront acceptés. À travers ce rendez-vous, la municipalité entend aussi faire du patrimoine un moteur d’attractivité au-delà de la seule saison estivale. Une ambition qui se prolongera dès le printemps 2027 avec la création des Pontificales d’Avignon, annoncées du 6 au 9 mai. Quatre jours de fête médiévale dans le centre historique, entre spectacles, musique et mise en valeur des monuments. À Avignon, l’histoire ne demande donc qu’à sortir des pierres et à faire retentir le pas d’un peuple d’autrefois, sur les pavés et calades.
Mireille Hurlin


500 jeunes professionnels du nucléaire du monde entier réunis au palais des papes

Plus de 500 jeunes professionnels du nucléaire ont commencé à se réunir au centre des congrès du palais des papes. Venus de plus de 50 pays, ils participent à l’édition 2026 de l’International Youth Nuclear Congress (IYNC- Congrès International des Jeunes du Nucléaire). C’est la première fois que cet événement biennal, qui se déroule du dimanche 4 au vendredi 9 octobre, est organisé en France depuis sa création en 1997.

« C’est un congrès où l’on apprend énormément. »

Benoît Erbacher, président de l’IYNC

Placée sous le thème ‘The Chain of Change’ (La Chaîne du Changement), cette 14e édition met en lumière les dimensions humaines des sciences et technologies nucléaires : parcours de professionnels qui font avancer l’industrie, transmission des compétences entre générations et rôle du nucléaire dans la transition énergétique mondiale.

Crédit : DR/IYNC

Un programme de ces cinq jours : sessions plénières, présentations et ateliers techniques, tables rondes industrie-académie, forum entreprises, visites techniques et culturelles ainsi qu’une cérémonie de remise de prix ‘Innovation4Nuclear’ et un gala de clôture.

« C’est un congrès où l’on apprend énormément, qu’il s’agisse de sujets techniques ou de compétences relationnelles, et où l’on trouve l’inspiration tant grâce aux conférences qu’aux personnes que l’on rencontre, explique Benoît Erbacher, président de l’IYNC. Tous les participants qui nous rejoindront à Avignon repartiront avec de nouvelles compétences, une motivation renouvelée et des liens durables à travers le monde. »

Soutien de nombreux industriels de la filière
L’international Youth Nuclear Congress3 est une organisation internationale à but non lucratif fondée en 1997. Elle fédère plus de 100 000 jeunes professionnels et étudiants impliqués dans les usages pacifiques des sciences et technologies nucléaires, dans plus de 48 pays sur 6 continents. Tous les deux ans, IYNC organise un congrès international itinérant favorisant l’échange de connaissances, le développement de carrière et le dialogue intergénérationnel au sein de la filière nucléaire.

Crédit : DR/IYNC

Pour cette édition française inédite, l’événement a notamment reçu le soutien de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et la Société Française d’Energie Nucléaire Jeunes Générations (SFEN JG) ainsi que de nombreux industriels et institutionnels majeurs du secteur comme EDF, Orano, Framatome, Urenco, Anthropocene Institute, Assystem, le Gifen, Orano, la SFEN, I2EN, Apollo Generators, Nuvia, Westinghouse, Blue Capsule, Framatome, CNIM Systèmes Industriels, Hitachi, Renaissance Fusion, Robatel OBATEL Industries, SPIE et Wano…


À Avignon, les greffiers des tribunaux de commerce font le lien entre protection et transparence des données

Le jeudi 24 septembre, greffiers, invités et partenaires se sont rendus à Avignon, dans le cadre majestueux du Palais des Papes, pour le 138e Congrès national des greffiers des tribunaux de commerce.

« Quel étonnant et merveilleux endroit pour un congrès national », a commencé par dire Christophe Hazard, secrétaire général du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, pour ouvrir ce nouveau Congrès qui s’est tenu au Palais des Papes le jeudi 24 septembre.

L’occasion pour les greffiers de se retrouver pour une journée de formation et d’échange autour d’une thématique. « Les sujets abordés à l’occasion des congrès permettent chaque année de découvrir, de réfléchir ou d’approfondir des thèmes passionnants qui font sens avec l’activité quotidienne des greffiers », a poursuivi le secrétaire général. Après le sujet de l’identité, de la francophonie et l’année dernière de l’intelligence artificielle, le 138e Congrès a porté sur les données économiques, entre protection et transparence.

Une édition à Avignon

Pour cette 138e édition du Congrès national des greffiers des tribunaux de commerce, c’est la Cité des Papes qui a été désignée comme ville d’accueil. Un choix pas anodin puisque son tribunal de commerce a été sélectionné pour expérimenter le tribunal des activités économiques (TAE) aux côtés d’onze autres villes françaises.

« Outre sa beauté et sa majestuosité, la ville d’Avignon fascine par sa vitalité, son ouverture, et a toujours été un carrefour d’influence où l’information et la confiance se croisaient, le commerce se faisait ou se défaisait. »

Me Bertrand Dubujadoux, président du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce

De plus, cette édition a célébré un double anniversaire : les 50 ans du Centre des congrès d’Avignon et les 150 ans du Congrès des greffiers des tribunaux de commerce, qui compte seulement 138 éditions en raison des interruptions lors des deux guerres mondiales. « Cela faisait 25 ans qu’il n’y avait pas eu ce congrès à Avignon », a affirmé Me Aurélie Martinelli, greffière du TAE d’Avignon et du tribunal de commerce d’Aubenas. La Cité des Papes a accueilli cet événement quatre fois en tout : en 1921, 1975, 2001 et 2026.

Une édition hommage

Aussi, ce 138e Congrès a été l’occasion de rendre hommage à Guillaume Jouvenceau, greffier au tribunal de commerce d’Avignon, qui est décédé l’année dernière. 

« Depuis maintenant plus d’un an, nous continuons à deux une aventure que nous avons pourtant commencé à quatre aux côtés de Max et Guillaume Jouvenceau, ont expliqué, non sans émotion, Me Aurélie Martinelli et Me Manon Charnay. Max, après 50 années passées au service de la profession, a pris une retraite amplement méritée. Il a exercé les six dernières années de sa carrière aux côtés de Guillaume, son fils. Guillaume nous a rejoint à Avignon en 2016 avec cette énergie débordante qui le caractérise. Il inspirait le respect par son intelligence, ses connaissances et son engagement, et il inspirait l’affection par son sourire et sa bonne humeur. »

Une journée en quatre temps

Après les discours introductifs, qui ont permis d’expliquer le choix d’Avignon pour ce nouveau congrès et qui ont permis, par la même occasion, de dévoiler les richesses du territoire, la journée de formation a pu débuter. « Cette journée est importante parce que c’est l’occasion de nous former, a expliqué Me Martinelli. On a un métier qui évolue énormément, donc il y a des enjeux qu’il faut pouvoir intégrer dans notre quotidien, dans notre métier, dans nos pratiques. »

Au programme de ce 138e Congrès, quatre moments forts autour de la thématique de cette édition :

  • La mobilisation de l’État dans la sécurisation des données économiques
  • L’open data et la protection des données économiques, deux objectifs inconciliables ?
  • Les informations stratégiques dans les registres d’information légale tenus par les greffiers des tribunaux de commerce
  • L’information économique, bien public ou actif essentiel

Les greffiers des tribunaux de commerce, sentinelles de l’activité économique ?

Si le congrès portait cette année sur les données économiques, leur protection et leur transparence, c’est en réalité le rôle du greffier qui était au cœur de cet événement dont le thème était plus précisément : ’Les greffiers des tribunaux de commerce, sentinelles de l’activité économique’.

« Pouvoir pousser la porte d’un tribunal reste l’assurance d’une écoute qui continue d’exister. »

Me Bertrand Dubujadoux

Un sentinelle, c’est celui qui monte la garde, observe, et alerte avant que le danger ne soit visible. Une connotation presque militaire qui peut aujourd’hui s’appliquer aux greffiers des tribunaux de commerce. « À une époque où on parle de tout digital, pouvoir pousser la porte d’un tribunal, d’un greffe proche de chez soi, reste l’assurance d’une écoute qui continue d’exister, a affirmé le président du Conseil national. C’est la certitude qu’une justice humaine persiste où le sourire et la réponse d’un humain valent mieux que ceux d’un agent robotisé. »

C’est dans la salle du Conclave du Palais des Papes qu’a eu lieu le 138e Congrès national des greffiers des tribunaux de commerce. ©Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce

Un équilibre entre transparence de la vie économique et protection des données

Le greffier tient un rôle essentiel qui concilie la transparence des données économiques et leur protection, deux pendants qui, à première vue, semblent opposés. Pourtant, le greffier tend à garder un équilibre entre les deux. « On se rend compte aujourd’hui avec l’open data qu’il y a un nombre très important de données qui sont diffusées, utilisées, réutilisées, et c’est important d’accéder à l’information pour la transparence de la vie économique, justifie Me Aurélie Martinelli. Mais on se rend compte aussi qu’au travers de cette accessibilité à l’information, il y a énormément de fraude et beaucoup de données personnelles qui peuvent aussi être diffusées. »

Nombre de dirigeants se sont fait agresser chez eux parce que leur adresse personnelle a été dévoilée parmi ces informations. Ainsi, le décret n°2025-840 du 22 août 2025 a été publié et permet désormais aux chefs d’entreprises de masquer leur adresse personnelle sur les documents publics. Une démarche qui s’effectue en ligne via le Guichet unique de l’INPI.

La diffusion de l’information au cœur du métier des greffiers

Ainsi, le greffier a pour objectif de maintenir l’équilibre entre transparence et protection. « On se doit de diffuser une donnée qui est contrôlée, vérifiée, exacte et certifiée », affirme la greffière. Concernant la protection des données, elle est un peu plus complexe, l’open data étant un facteur plus récent qui reste aujourd’hui difficile à cerner et dont les limites sont souvent floues.

« Il faut identifier les données sensibles, celles qui sont absolument nécessaires à l’information des tiers. C’est un travail de juste équilibre qui se fait au fil des jours. »

Me Aurélie Martinelli

« On va adapter petit à petit notre façon de travailler, permettant d’occulter, comme je l’ai dit, les adresses personnelles par exemple, en permettant de déposer des actes sans certaines données qui ne seraient pas nécessaires pour l’information des tiers, mais aussi en permettant au tribunal d’accéder à ces informations, qui ne peuvent pas être transmises en open data, mais qui sont essentielles dans la vie économique et aussi en cas de procédure judiciaire », poursuit-elle.

Des difficultés pour les entreprises à se tourner vers le tribunal

Bien que le TAE d’Avignon encourage les dirigeants à se rapprocher du tribunal en cas de difficultés, avant qu’il ne soit trop tard, trop peu prennent cette initiative, associant le tribunal avec la sanction. « Bien qu’il y ait moins de retenue qu’avant, on constate encore aujourd’hui que c’est difficile pour eux, notamment ceux dont l’entreprise est jeune, de venir au tribunal dès lors qu’ils rencontrent la première difficulté », ajoute Me Martinelli. Le département a d’ailleurs enregistré un record de disparition d’entreprises de juin 2025 à juin 2026 ainsi qu’une augmentation de perte d’emploi chez les chefs d’entreprises durant le premier semestre 2026.

Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, le Vaucluse a totalisé 97 entretiens de prévention à l’initiative des entreprises, soit -2% par rapport à l’année dernière. En revanche, 237 entretiens se sont tenus à l’initiative du président du TAE d’Avignon, Jean-Michel Calleja, contre 177 pour la même période en 2025. On observe donc une augmentation de +34%. Cela laisse présager une confiance grandissante de la part des dirigeants envers le TAE et ses greffiers, qui se veulent les sentinelles de l’activité économique vauclusienne.


Au cœur du plus grand palais gothique d’Europe, le Centre des Congrès d’Avignon fête ses 50 ans

Une gageure. Installer au milieu du Palais des Papes un centre de congrès de plus de 1 800m² avec espaces d’expositions, de séminaires, de rencontres, de salons professionnels ou de dîners de gala. Et un amphithéâtre de 536 laces. Jean Sonnier, architecte-en-chef des Monuments Historiques a relevé ce défi. Lui qui a également rénové le site de la Vieille Charité au-dessus du Vieux-Port à Marseille, de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon et imaginé la Fondation Vasarely au Jas-de-Bouffan à Aix-en-Provence. 

À l’époque, main dans la main avec Sylvain Gagnaire, le conservateur du Palais des Papes, Jean Sonnier allie restauration et innovation, vieilles pierres et béton armé. Il utilise même la technique du bois « lamellé-collé » pour l’arrondi des sièges recouverts de velours dans l’imposante Salle du Conclave où se réunissaient évêques et cardinaux pour élire leur pape quand Avignon était la capitale de la chrétienté.

Sept papes « légitimes » ont résidé à Avignon au XIVème siècle, de Clément V (1305-1314) à Grégoire XI (1379-1378) et deux « schismatiques », Clément VII et Benoît XIII entre 1378 et 1429.

Aux côtés de David Bérard, Corinne Langlois, l’actuelle conservatrice du Palais des Papes, a retracé les années où la papauté a porté à bout de bras la construction de ce site unique dans le monde qui a même abrité une prison et une caserne militaire. « Dans les années 60, c’était la DATAR qui aménageait le territoire et décidait des grands travaux comme l’autoroute A7, le long de la voie ferrée Paris-Lyon-Marseille. » C’est à ce moment qu’a été lancé le chantier pharaonique du cœur historique d’Avignon, avec l’aménagement du Quartier de la Balance et le creusement du parking du Palais des Papes.

Dans la salle du Conclave, Corinne Langlois et David Bérard. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Le Centre des Congrès d’Avignon fête ses 50 ans

Depuis 50 ans, hommes d’affaires, scientifiques, chercheurs, associations, grands entreprises, collectivités locales organisent séminaires et anniversires dans ce Centre International des Congrès. Dalloz, le leader des publications juridiques qui édite tous les codes (civil, commercial, fiscal, droit du travail, de l’immobilier, des libertés publiques..), l’INRAE et ses centaines de chercheurs en agronomie se réunissent ici chaque année, mais aussi l’Institut Sainte-Catherine, qui avec le Docteur Serin, organise en novembre son caritatif Dîner des Chefs au bénéfice de la lutte contre le cancer, ou encore le traiteur Helen qui, depuis des décennies concocte des repas de fête. On a même vu des chevaux dans la salle de la Grande Audience.

Chaque année, 230 évènements internationaux sont organisés, 38 000 congressistes accueillis, avec 21M€ de retombées économiques pour les hôtels restaurants et commerces de la Cité des Papes, sans parler du rayonnement international d’Avignon.

Labellisé pour son management responsable, son engagement exemplaire enfaveur d’un tourisme d’affaires durable, le Centre des Congrès constitue « un patrimoine exceptionnel, un pôle d’attractivité bien au-delà des remparts. Nous devons le faire fructifier, le sublimer », a insisté le maire d’Avignon Olivier Galzi lors de cette soirée anniversaire.


Avec L’Occitane, le Palais des Papes se met au parfum

Depuis 10 ans, le Palais des Papes et L’Occitane en Provence détiennent un lien solide qui se renforce aujourd’hui avec la sortie d’un parfum pour la maison ‘Les Pierres du Palais’ prévue pour le 14 octobre.

Le jeudi 17 septembre, le Palais des Papes et l’entreprise de cosmétiques L’Occitane en Provence se sont réunis pour présenter un projet commun : le parfum d’intérieur ‘Les Pierres du Palais’, qui est le fruit d’une collaboration entre le monument avignonnais, l’entreprise provençale et la maison de parfum DSM-Firmenich.

Avec une sortie prévue le 14 octobre, ce parfum pour la maison capture l’essence du Palais des Papes, l’un des monuments les plus visités de Vaucluse, et plus largement de Provence. Une collaboration unique qui fait sens après 10 ans de « lien solide », comme aime à le rappeler Marjorie Robert-Espaze, directrice de marque chez L’Occitane en Provence.

La préservation du patrimoine au cœur du projet

Mais pour mieux comprendre cette collaboration, il faut d’abord s’intéresser au Palais des Papes et à ses jardins puisque le parfum ‘Les Pierres du Palais’ n’est pas juste la signature olfactive du monument, il représente le renforcement des liens sociaux et des liens à la nature au travers de la collaboration avec L’Occitane et notamment son fonds de dotation qui a permis la restauration des jardins, mais aussi des fresques dans la chambre du cerf et la chambre du pape (aussi appelées les chambres peintes).

« Ces fresques nourrissent la connaissance du vivant et de son évolution et ouvrent le regard sur le monde contemporain », ajoute Marjorie Robert-Espaze. Ces derniers mois, elles ont été épiées par le photographe Fabrice Pelletier qui, sur une échelle pendant 4 mois, a capturé à l’aide de son appareil chaque oiseau, chaque feuille, permettant d’identifier la faune et la flore des fresques. Un projet en corrélation avec le diagnostic effectué par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) autour du Palais des papes et du Pont d’Avignon. « Valoriser la biodiversité des monuments, ce n’est pas seulement installer des nichoirs et hôtels à insectes », affirme Stéphanie Brémond, directrice du mécénat et déléguée générale du Fonds de Dotation Palais des Papes-Pont d’Avignon.

La chambre du cerf. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Une restauration d’envergure

Le Palais des Papes a fait l’objet d’une lourde restauration au XXème siècle après avoir été transformé en caserne militaire le siècle précédent. Les militaires ne souhaitant pas garder le décor, ils l’ont finalement protéger sans le savoir en recouvrant les murs de badigeon à la chaux. « Lorsque l’armée part en 1906, l’un des premiers chantiers de restauration qui a lieu, c’est le dégagement des peintures murales des chambres peintes », explique Julien Gallon, chargé de conservation pour le Palais des Papes/Avignon Tourisme.

« La préservation du patrimoine bâti va de pair avec celle du patrimoine végétal. »

Fatima Ahamada, directrice et déléguée générale du Fonds L’Occitane en Provence

Les protocoles de restauration de l’époque n’étant pas les mêmes qu’aujourd’hui, le décor a tout de même été endommagé et donc restauré quasiment à l’identique, parfois de manière grossière. Ces fresques, composées d’animaux et de végétation, se veulent un prolongement des jardins du Palais des Papes. Le fonds de dotation de L’Occitane ayant participé à la restauration des jardins, « le projet des fresques a tout de suite fait sens, c’est une manière de faire dialoguer le passé et le présent », affirme Fatima Ahamada, directrice et déléguée générale du Fonds L’Occitane en Provence.

Julien Gallon dans la chambre du pape. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Un parfum qui capture l’essence du Palais des Papes

C’est ainsi que la relation entre le Palais des Papes et L’Occitane se poursuit. Et c’est d’ailleurs au cœur des jardins qu’a été présenté le parfum d’intérieur ‘Les Pierres du Palais’. « C’est émouvant car c’est ici que l’histoire a commencé, déclare Stéphanie Brémond. Le Palais est unique et cette fragrance est unique. » Le parfum a pour objectif de capturer l’âme du lieu et fait partie de la collection ‘Culture’ de L’Occitane, composé de cinq fragrances, qui va permettre de voyager à travers la Provence, des Baronnies à Grasse, en passant par Mane, Forcalquier et bien sûr Avignon avec ‘Les Pierres du Palais’. « La collection ‘Culture’ veut offrir un autre moyen de voyager en Provence, faire dialoguer le patrimoine, la nature et la créativité », Héloïse Damois, cheffe de produit international pour L’Occitane en Provence.

« La fragrance du Palais ne capture pas juste le monument, mais ce qu’il représente et ce qu’il laisse au public qui le visite. »

Héloïse Damois, cheffe de produit international pour L’Occitane en Provence

Pour ce qui est de la fragrance en elle-même, c’est Bérénice Watteau, parfumeuse chez DSM-Firmenich, qui s’en est chargée. « J’ai voulu retranscrire une scène à ciel ouvert, avec le côté froid et minéral des pierres qui se mêle à la grandeur du Palais, explique-t-elle. C’est une fragrance qui oscille entre végétal et minéral, entre puissance et fraîcheur. » Ainsi, ceux qui sentiront ‘Les Pierres du Palais’ pourront déceler de l’encens, du cèdre de l’Atlas, de la sève fraîche, de la mousse humide, de la menthe, mais aussi des herbes que l’on peut trouver dans les jardins du Palais des Papes.

Une fragrance bientôt disponible à la vente

Le parfum d’intérieur ‘Les Pierres du Palais’, ainsi que le reste de la collection ‘Culture’ sera disponible dans les boutiques L’Occitane à partir du 14 octobre, ainsi qu’à la boutique du Palais des Papes. L’occasion de ramener un petit bout du patrimoine avignonnais à la maison.

« Il n’y a pas vraiment de démarche marketing derrière cette fragrance, conclut Stéphanie Brémond. C’est véritablement l’histoire humaine et l’histoire des jardins qui fait sens et qui nous a amené à vouloir continuer à raconter cette histoire-là par la création de l’identité olfactive. C’est cette dimension-là qu’il faut prendre en compte pour créer des projets impactants et durables, une dimension qui permet d’arriver à des résultats qui dépassent l’aspect économique. »


Le Palais des Papes fête 50 ans de congrès

Depuis 1976, le Centre des Congrès d’Avignon transforme l’un des monuments les plus emblématiques du Moyen Âge en un lieu dévolu aux échanges, à la recherche et à la décision. Le 18 septembre 2026, il célébrera un demi-siècle d’activité dans la salle du Conclave.

Là où les cardinaux se réunissaient autrefois pour élire les papes, des chercheurs, médecins, dirigeants, institutionnels et entrepreneurs se retrouvent aujourd’hui pour confronter leurs savoirs et dessiner les transformations à venir. Créé en 1976, le Centre des Congrès du Palais des Papes fut l’un des premiers équipements de tourisme d’affaires à s’installer dans un monument historique d’une telle ampleur. Depuis 50 ans, l’établissement compose avec les contraintes d’un patrimoine exceptionnel sans renoncer aux exigences d’un événement professionnel contemporain, ce qui en fait sa signature.

Chantir du parking du Palais des papes, place du petit palais Copyright Empreintes d’ailleurs Frédéric Dahm

Un écrin médiéval pour les idées de demain
Le Palais des Papes, édifié au 14e siècle, sous les pontificats de Benoît XII et de Clément VI, demeure l’un des ensembles gothiques les plus remarquables d’Europe. Son inscription, en 1995, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) au sein du centre historique d’Avignon, a consacré sa valeur universelle.

Une adresse économique prestigieuse
Chaque année, le Centre des Congrès reçoit plus de 230 événements professionnels et près de 38 000 congressistes. Le congrès remplit, ainsi, les hôtels, anime les restaurants, fait travailler les transporteurs, les prestataires techniques, les commerces et les lieux culturels. À Avignon, cette activité représente environ 21M€ de retombées économiques annuelles. Ce tourisme d’affaires possède également une vertu, celle d’attirer des visiteurs venus parfois de loin, souvent hors saison et les inscrits dans une économie de séjour plus large. Les séminaires ou réunions deviennent, ainsi, une découverte de la ville, de ses remparts, de ses musées, de ses paysages et de sa gastronomie. Le patrimoine demeure un levier d’attractivité.

Salle du Conclave Copyright Empreintes d’ailleurs Frédéric Dahm

L’exigence, pierre angulaire de la fidélité
La beauté du lieu attire. La qualité de l’accueil fait revenir. Le Centre des Congrès affiche aujourd’hui un taux de satisfaction de 99% et un taux de fidélisation supérieur à 50%. Derrière ces chiffres ? Des équipes habituées à gérer des événements complexes, à ajuster les formats, à anticiper les besoins et à faire cohabiter la précision logistique avec la singularité des espaces. Une exigence d’ailleurs appuyée par une démarche qualité engagée de longue date. Certifié ISO 9001 depuis 2002, le Centre a obtenu en 2025 la certification ISO 20121, référence internationale du management responsable appliqué à l’événementiel. Cette norme évalue notamment la manière dont un événement prend en compte ses impacts environnementaux, sociaux et économiques.

Technologie et histoire
L’offre du Centre des Congrès repose sur 16 salles modulables, un amphithéâtre de 536 places et plusieurs espaces de réception installés au cœur du palais gothique. Ici, une séance plénière peut prendre place dans un ancien espace pontifical ; un cocktail, dans une salle qui fut autrefois dédiée aux festins ; une rencontre professionnelle, dans un décor dont la puissance visuelle dispense de tout artifice. Les lieux offrent une identité à l’événement. Dans un marché MICE ‘réunions, incentives, congrès et événements’ devenu très concurrentiel, l’authenticité est synonyme d’une signature gravée dans la pierre.

Salle du Conclave Copyright Empreintes d’ailleurs Frédéric Dahm

Une soirée entre mémoire et avenir
Vendredi 18 septembre, à 19 h 30, le Centre des Congrès réunira ses clients, ses partenaires historiques, ses collaborateurs, les élus et toutes celles et ceux qui ont contribué à son développement. La conférence anniversaire se tiendra dans la salle du Conclave. Le cocktail dînatoire prendra ensuite place dans le Grand Tinel, ancienne salle des festins pontificaux. Deux espaces emblématiques pour raconter les siècles sans se laisser enfermer dans le passé. Le Centre des Congrès poursuit son développement en renforçant son engagement environnemental et en confortant la place d’Avignon parmi les grandes destinations françaises du tourisme d’affaires.

Le Centre de congrès en chiffres
Création du Centre des Congrès : 1976 ; Événements accueillis chaque année : plus de 230 ;  Congressistes annuels : près de 38 000 ; Retombées économiques pour la destination : 21M€ par an ; Satisfaction client : 99% ; Fidélisation : plus de 50% ; Certifications : ISO 9001 depuis 2002 ; ISO 20121 depuis 2025 ; Capacité : amphithéâtre de 536 places, 16 salles modulables.

Les Infos pratiques
Soirée anniversaire des 50 ans du Centre des Congrès du Palais des Papes. Vendredi 18 septembre 2026 à 19h30. Salle du Conclave. Centre des Congrès du Palais des Papes, Place du Palais, à Avignon. Toutes les infos ici.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Le Ban des Vendanges, 30 ans et toujours la fête

Le samedi 29 août, Avignon donnera officiellement le coup d’envoi symbolique des vendanges dans la vallée du Rhône. Gratuit, populaire et attendu par près de 10 000 personnes, le Ban des Vendanges des Côtes du Rhône organisé par les Compagnons des Cotes-du-Rhone, célébrera cette année trois décennies d’existence. Au pied du Palais des Papes, 75 Compagnons, quelque 200 bénévoles et techniciens, un marché gourmand, des confréries bachiques et trois heures de musique feront de cette soirée l’un des grands rendez-vous de la rentrée avignonnaise.

Il y a 30 ans, quelques jeunes vignerons de villages du Vaucluse ont choisi de remettre au goût du jour une tradition ancienne : le Ban des Vendanges. Leur ambition ? Célébrer l’arrivée des premiers raisins et faire d’Avignon la capitale festive des Côtes du Rhône.

La tradition renouvelée
En 1995 naissaient ainsi les Compagnons du Ban des Vendanges, devenus ensuite les Compagnons des Côtes du Rhône. L’association revendique aujourd’hui 75 membres et poursuit le même pari : rapprocher ceux qui font le vin de ceux qui l’aiment. Le principe ? La moitié des Compagnons appartient à la filière : vignerons, négociants, sommeliers, cavistes ou techniciens, tandis que l’autre réunit des passionnés. Deux univers qui se côtoient, échangent leurs connaissances et construisent ensemble les rendez-vous de l’association. C’est là, tout le succès de la longévité du Ban : fête populaire et vitrine du vignoble rhodanien.

Le ban des vendanges célèbre la récolte du raisin Copyright Ban des Vendanges des Compagnons des Cotes du Rhone

Une fête qui attire au-delà du vignoble
En 2022, près de 9 830 personnes avaient franchi les grilles du Rocher des Doms. Depuis, le Ban a gagné en notoriété et investi un nouveau décor, la place du Palais des Papes. Les organisateurs annoncent désormais autour de 10 000 visiteurs pour un voyage festif entre pierres, vignes et tables. Le marché gourmand proposera 16 stands. Aux côtés des fidèles partenaires de l’événement, les truffes et produits des Frères Jaumard, le Jardin des Coquillages ou la Laiterie Gibert, ainsi que de nouvelles enseignes avignonnaises et les commerçants locaux.

Le raisin d’abord, la fête ensuite
La soirée conservera toutefois son rituel fondateur. À 17 heures, les confréries bachiques partiront de l’église Saint-Agricol en tenue d’apparat. Le cortège gagnera Notre-Dame-des-Doms, où se tiendront la messe vigneronne et la bénédiction des vendanges.

La proclamation du Ban des vendanges
À 19 heures viendra le moment solennel : la proclamation officielle du Ban des Vendanges des Côtes du Rhône, suivie de la pressée du raisin nouveau sur un pressoir à l’ancienne. Le public pourra également participer, à 18 heures, à une master class consacrée à l’appellation invitée de cette édition : les Côtes du Rhône Villages Vaison-la-Romaine.

Le ban des vendanges célèbre la récolte du raisin Copyright Ban des Vendanges des Compagnons des Cotes du Rhone

les Côtes du Rhône Villages Vaison-la-Romaine
Pour 2026, les Compagnons ont choisi de mettre en lumière cette appellation vauclusienne qui s’étend sur cinq communes : Vaison-la-Romaine, Saint-Marcellin-lès-Vaison, Villedieu, Buisson et Saint-Roman-de-Malegarde. Son vignoble repose sur des sols argilo-calcaires, tandis que Grenache, Syrah et Mourvèdre composent son identité viticole.

Just’tit’goutte
La cuvée rouge retenue cette année illustre cette typicité. ‘Justin’tit’goutte’, millésime 2024, du Mas Pouperas à Vaison-la-Romaine, associe 80 % de Grenache à 20 % de Syrah. Une sélection effectuée par les jeunes Compagnons, qui sera proposée au public pendant la soirée. C’est l’une des missions du Ban des Vendanges : une porte d’entrée vers les terroirs. Derrière la fête avignonnaise, ce sont ainsi les villages viticoles du Vaucluse et de la vallée du Rhône qui viennent à la rencontre du public.

Une bouteille devenue emblème
Le Ban possède aussi son objet fétiche : la bouteille « Avignon, Capitale des Côtes du Rhône ». Sa forme Avenio, imaginée par Rossi Emballages à Sorgues et dessinée par l’agence Terre Neuve de Bédarrides, célèbre en gravure le Pont d’Avignon, les remparts, le Palais des Papes et le Clos de la Vigne du Palais des Papes. Fabriquée en France, elle accompagne les manifestations des Compagnons et change de couleur chaque année. La bouteille est, ensuite, très souvent, utilisée comme carafe. Grâce à cette démarche –et d’autres- de réduction des déchets 25 % des bouteilles sont désormais récupérées, tous comme les verres qui se trouvent une seconde vie chez les participants à l’événement.

Le ban des vendanges célèbre la récolte du raisin Copyright Ban des Vendanges des Compagnons des Cotes du Rhone

Faire la fête en soutenant les vignerons
Depuis trois ans, les partenaires de l’association permettent d’augmenter d’1€ la rémunération versée pour chaque bouteille achetée lors des événements des Compagnons. Egalement, près de 200 techniciens et bénévoles participent à la transformation, pendant plusieurs jours, de la place du Palais des Papes en espace festif.

De la bénédiction au bal
Après les cérémonies et le marché gourmand, à 20h30, le DJ Emmanuel Perrin lancera le Bal des Vendanges. Le groupe avignonnais Les Bandits Manchots prendra ensuite le relais pour prolonger la soirée jusqu’à minuit. Trente ans après sa création, le Ban des Vendanges offre un rendez-vous vivant, où vignerons, habitants, visiteurs, commerçants et passionnés se retrouvent pour fêter la récolte.

Les infos pratiques
Ban des Vendanges des Côtes du Rhône, samedi 29 août 2026, place du Palais des Papes à Avignon. Entrée gratuite. Défilé à 17h, messe et bénédiction à 17h30, master class à 18h, marché gourmand à 18h30, proclamation du Ban à 19h et bal à partir de 20h30. La manifestation se poursuit jusqu’à minuit. La terrasse des Compagnons des Cotes-du-Rhone à partir de 18h Réservation ici. Le concept : « La Terrasse des Compagnons » vous ouvre un espace VIP pour 6 personnes, avec une vue privilégiée sur la place du Palais des Papes. Votre table est réservée, un service dédié, vins et planches à partager. Plus de file d’attente, plus d’imprévu, juste un moment privilégié entre amis ou en famille, au cœur de l’événement. 150€. Et aussi : Table + planche charcuterie + 6 verres + 2 bouteilles de vin pour 6 personnes. Pour la première fois, le ban des Vendanges vous propose de réserver votre table pour 6 personnes. La prestation comprend un mange debout, une planche mixte charcuterie-fromages, 6 verres et deux bouteilles de vin blanc et rosé de la cuvée 150€. Ici.
Mireille Hurlin


Tourisme en berne en juillet à Avignon alors qu’en 2025, la Cité des Papes avait battu tous les records de fréquentation

Autres temps, autres chiffres… « Avignon Tourisme » vient de publier le baromètre de juillet et il fléchit notablement. – 31% au Pont d’Avignon (59 256 visiteurs), -12% au Palais des Papes (89 707 touristes). Même chute libre pour les sites internet de la ville : – 23,3% pour le Pont et – 18,8% pour le Palais. Sans oublier la fréquentation de l’Office de Tourisme, en bas de la Rue de la Ré (République) qui a reculé de -19,2% malgré la qualité et la compétence du personnel d’accueil.

La mairie donne quelques premiers éléments d’analyse pour ce recul abyssal en 2026 : l’exposition Jean-Michel Othoniel dans toute la ville qui, l’an dernier,  avait attiré un monde fou, les 25 ans d’Avignon, « Capitale Européenne de la Culture » et les 30 ans de l’inscription d’Avignon dans le Patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des nations Unies pour l’Education, la science et la culture). Et en face, cette année, la canicule, le contexte économique, le prix des carburants, l’inflation et la guerre autour de l’Iran.

Une meme conjoncture
Sauf que… Cet été, la chaleur, même précoce était comparable à quelques degrés près. Le Vaucluse avait été placé en « Vigilance orange canicule » par la préfecture dès le 28 juin 2025. Il y avait aussi l’ambiance anxiogène à cause de la guerre en Ukraine et au conflit sans fin entre Israël et la Palestine, auxquels s’est ajouté cette année le Détroit d’Ormuz. Sans parler de l’attrait donc de la concurrence de la Coupe du Monde de football qui a attiré des millions de télespectateurs pour France-Maroc en quarts de finale et pour Espagne-France en demi qui a vu l’élimination des Bleus…

L’astrolabe, oeuvre de Jean-Michel Othoniel, Copyright Andrée Brunetti

Deux festivals au top
Et pourtant, le Festival d’Avignon aussi, malgré tout a fait le plein en juillet 2026. Le « In » a vendu 123 000 billets au lieu de 118 000 en 2025, « Seul le taux de remplissage a légèrement reculé » a dit le directeur Tiago Rodrigues, « 85% au lieu de 96% ». Quant au « Off », ses 27 000 représentations ont attiré 1,41 million spectateurs et il a vendu  84 000 cartes d’abonnement contre 80 000 précédemment.

Une exposition passée à la trappe
Mais là où le bât blesse, c’est la suppression contre toute attente de la grande exposition d’été au Palais des Papes par la nouvelle équipe élue à l’issue des municipales où Cécile Helle ne se représentait pas pour un 3ème mandat. « Les Choses divines – Inventaires fantaisiste », l’exposition conçue par Macha Makeïeff pour accompagner la 80ème édition du Festival d’Avignon 2026 a été annulée à deux mois de son ouverture « en raison de contraintes budgétaires, techniques et administratives » a précisé la nouvelle équipe municipale.

Les bains Pommer copyright Gregory Quittard et Christophe Aubry

Des rendez-vous artistiques très attendus
Or, ces dernières années, les expositions choisies par la ville, celles de Miss Tik, Eva Jospin et Sebastiao Selgado avaient attiré les foules au Palais des Papes. Sans oublier l’inoubliable expo-déambulation dans 10 sites et musées d’Avignon du plasticien Jean-Michel Othoniel. Grâce à ses « Astrolabes » en perles, ses bulles et pavés muticolores en cristal de Murano, il avait subjugué des milliers de touristes venus du monde entier admirer son travail dans l’écrin avignonnais Résultat 2025 : + 600% de fréquentation au Musée Lapidaire, + 130% au Petit Palais, + 26% au Musée Requien, + 20% au Pont d’Avignon.

Les bains Pommer absents du circuit touristique
Sans oublier, les Bains Pommer, dont la rénovation en musée avait coûté autour de 5M€, qui était aussi l’un des sites de l’exposition de Jean-Michel Othoniel et avait attiré 10 000 visiteurs en 4 semaines… Ils sont désormais fermés, en pleine saison touristique et jusqu’au 2 septembre « en raison d’une adaptation estivale des services de la ville » explique la maire. Ici où Jean Vilar avait lancé il y a 80 ans le Festival d’Avignon pour rendre la culture accessible au plus grand nombre.
Andrée Brunetti


Août, le meilleur moment pour explorer les mystères d’Avignon

Après l’effervescence des deux Festivals d’Avignon In et Off, le mois d’août invite à la déambulation tranquille. Au programme de ce beau mois d’été, une dizaine de visites guidées, d’ateliers patrimoniaux et de rendez-vous culturels pour découvrir Avignon autrement. Des coulisses du Palais des Papes aux matinées confidentielles sur le pont Saint-Bénézet, en passant par les jardins pontificaux, les familles comme les passionnés d’histoire s’offriront un voyage rythmé d’événements phares, clôturé par le traditionnel Ban des vendanges du 29 août.

Chaque été, Avignon attire 300 000 visiteurs grâce à son célèbre festival. Mais une fois les théâtres fermés, les salles démontées, la ville révèle un visage plus contemplatif. Le mois d’août devient alors celui des découvertes patrimoniales, où l’on prend enfin le temps d’explorer les monuments qui ont fait la renommée mondiale de la cité.

Un patrimoine aussi vivant que vibrant
Inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) depuis 1995, le Palais des Papes, le pont Saint-Bénézet, le Petit Palais et le centre historique composent un ensemble exceptionnel qui témoigne du rayonnement d’Avignon lorsqu’elle fut capitale de la chrétienté au XIVᵉ siècle. Cette histoire constitue le fil conducteur des nombreuses visites proposées durant tout le mois d’août.

Le Palais des Papes, loin des idées reçues
Impossible de résumer le Palais des Papes à ses dimensions impressionnantes, près de 15 000 m², ce qui en fait le plus vaste palais gothique d’Europe. Car les visites guidées vont bien au-delà des grands épisodes historiques. Notamment lorsque les guides dévoilent l’organisation quotidienne de ce gigantesque ‘Hôtel du Pape’ : les cuisines, les appartements, les jardins pontificaux, les dispositifs destinés à prévenir les empoisonnements ou encore les mystérieux symboles qui décorent certaines salles. Une approche ‘démystifiante’ qui restitue le fonctionnement d’une véritable cité dans la cité. Les visites sont proposées chaque jour en français et en anglais tout au long du mois d’août.

Copyright Facebook Avignon Tourisme

Et aussi des visites nocturnes
Autre possibilité ?  Prolonger l’expérience jusqu’à la tombée de la nuit. Les vendredis et samedis, le Palais ouvre exceptionnellement ses portes après la fermeture au public. Dans une atmosphère apaisée, les visiteurs parcourent les salles monumentales et les jardins sous un éclairage inédit, loin de l’affluence estivale.

Le pont Saint-Bénézet, bien plus qu’une chanson
Tout le monde connaît la célèbre comptine. Peu savent réellement pourquoi le pont s’interrompt au milieu du Rhône. Les visites matinales, organisées chaque mercredi avant l’ouverture du monument, permettent de découvrir son histoire dans des conditions privilégiées. Les guides racontent la légende de Bénezet, les défis techniques de sa construction et les crues successives qui finirent par emporter l’ouvrage, dont seules quatre arches subsistent aujourd’hui. Pour ceux qui souhaitent embrasser l’ensemble du patrimoine avignonnais, une visite combine également le Palais des Papes et le pont Saint-Bénézet au cours d’un même parcours commenté.

Une immersion médiévale pour petits et grands
Le programme d’août accorde une place importante aux familles. Le Palais des Papes se découvre ainsi à travers des visites interactives ponctuées de quiz, tandis que plusieurs ateliers permettent aux enfants de manipuler, construire et expérimenter. Fabriquer une voûte comme les bâtisseurs du XIVᵉ siècle, créer une chimère inspirée des décors médiévaux, comprendre l’architecture d’un pont ou s’initier à la vie seigneuriale : autant d’activités qui privilégient l’expérimentation plutôt que la simple contemplation. Les visiteurs les plus curieux pourront également suivre les traces des papes dans les rues d’Avignon grâce à un parcours reliant les principaux monuments médiévaux avant de pénétrer dans le Palais des Papes.

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Art contemporain, théâtre et art de vivre
Août ne se limite pas au patrimoine médiéval. Jusqu’au 15 novembre, le Palais des Papes accueille l’exposition Relatum de l’artiste coréen Lee Ufan. Des visites commentées permettent de mieux comprendre le dialogue entre les œuvres monumentales et l’architecture gothique. Les amateurs de théâtre pourront prolonger l’esprit du Festival avec le Festival A-out, consacré au théâtre amateur du 1er au 8 août, tandis que les jardins pontificaux accueilleront chaque jeudi soir les rendez-vous ‘Un verre aux jardins’, mêlant dégustation de vins des Côtes du Rhône et ambiance musicale.

Puis le ban des vendanges
Le mois s’achèvera dans une ambiance résolument festive avec le Ban des vendanges, le 29 août. Cette grande manifestation populaire gratuite marque symboliquement le lancement des vendanges dans la vallée du Rhône. Grand marché gourmand, bal populaire, animations et dégustations transformeront une nouvelle fois le centre historique en vaste lieu de célébration du patrimoine viticole vauclusien.

Les infos pratiques
Visites guidées et ateliers d’été à Avignon. Jusqu’au 31 août. Palais des Papes, Pont Saint-Bénézet et centre historique d’Avignon. Tous publics, avec des visites et ateliers dédiés aux familles et aux enfants. Réservation : Billetterie en ligne sur le site d’Avignon Tourisme. Réserver en ligne ici. La billetterie ici. Les visites des musées ici.
Mireille Hurlin

Copyright Mireille Hurlin

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