16 septembre 2026 |

Ecrit par le 16 septembre 2026

Sainte-Catherine, 80 ans et déjà demain

À Avignon, l’Institut du cancer Sainte-Catherine a célébré huit décennies de soins, de recherche et d’innovation. De la modeste structure fondée par le Docteur Georges Reboul en 1946 à l’ambition d’un oncopole avignonnais reconnu en Europe, l’établissement continue à faire du collectif sa force. Plus de 500 personnes étaient présentes pour saluer la place d’excellence de l’établissement : médecins, spécialistes, personnalités du monde politique, économique, institutionnel, associatif...

Patients, proches, soignants, chercheurs, élus, mécènes et partenaires ont célébré les 80 ans de l’Institut du cancer, devenu au fil du temps un acteur majeur de la santé. L’établissement, affilié à Unicancer depuis 2021, accueille près de 19 500 patients chaque année. Il compte 85 lits d’hospitalisation, 61 places ambulatoires, réalise 48 000 séances de radiothérapie et 18 700 séances de chimiothérapie par an. Derrière ces chiffres, une histoire locale. En 1946, le Docteur Georges Reboul ouvrait rue Sainte-Catherine un cabinet d’électroradiologie. Son intuition était simple et audacieuse : permettre aux patients du territoire d’accéder aux traitements les plus avancés sans devoir partir à Marseille, Montpellier ou Lyon. « Mettre le progrès médical à la portée des patients de notre territoire », résume aujourd’hui la direction de l’Institut.

De la radiothérapie aux soins personnalisés
L’histoire de Sainte-Catherine épouse celle des grandes mutations de la cancérologie. Radiothérapie, chimiothérapie, médecine de précision, recherche clinique et soins de support ont progressivement transformé la prise en charge. L’Institut fut notamment pionnier dans plusieurs techniques de radiothérapie et dans l’organisation des parcours de soins. Son unité de recherche clinique, certifiée ISO 9001 depuis 2018, comptait en 2025 plus d’une centaine d’essais actifs ou suivis. La recherche n’est pas cantonnée aux laboratoires : elle s’intègre directement au parcours des patients. « Les plus grands progrès sont obtenus lorsqu’on applique au mieux les standards de prise en charge des patients », a rappelé le professeur Jean-Yves Blay, président d’Unicancer. À Sainte-Catherine, les soins de support : psycho-oncologie, douleur, nutrition, activité physique adaptée, accompagnement social ou soins palliatifs, occupent une place importante depuis toujours. La présidente de l’Institut national du cancer, le Docteur Suzette Delaloge, a salué « cette alchimie territoriale » qui permet à un établissement de taille maîtrisée de faire émerger des idées et de les porter loin.

Docteur Virginie Isautier, conseillère municipale, sénateur Alain Milon, Corinne Testud-Robert vice présidente du Département, Docteur Daniel Serin, Bénédicte Martin Vice présidente de la Région Sud, Marcel Martel, maire de Châteaurenard, Copyright Mirielle Hurlin

Un territoire appelé à travailler davantage ensemble
Le prochain défi se joue à l’échelle de l’agglomération. Sainte-Catherine souhaite renforcer ses coopérations avec le Centre hospitalier d’Avignon, les cliniques, les professionnels libéraux, l’université, les associations et les acteurs de la prévention. Mission ? Construire un véritable pôle intégré de cancérologie pour un bassin de population d’environ 700 000 habitants. Le projet doit fluidifier les parcours, réduire les ruptures de prise en charge et rapprocher l’innovation des patients. « Personne ici ne peut tout faire tout seul », a insisté Thierry Philip, membre de l’Organisation of European Cancer Institutes. « Ensemble, nous pourrions constituer un véritable Comprehensive Cancer Center pour une agglomération de 700 000 habitants. »

Trop peu de femmes se font dépister
Cette stratégie répond aussi à une réalité moins flatteuse : l’accès au dépistage demeure inégal dans la région. Bénédicte Martin, vice-président de la Région Sud-Paca, a rappelé que seulement 36,8% des femmes concernées participent au dépistage organisé du cancer du sein en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre plus de 48% au niveau national. La prévention devient donc une priorité. Le programme Interception, destiné à repérer les personnes présentant un risque accru de cancer et à leur proposer un accompagnement personnalisé, sera renforcé. Sainte-Catherine vise aussi le statut de « lieu de santé sans tabac ».

Bientôt, une nouvelle machine de radiothérapie
Lors de la présentation du projet d’établissement, Patrice Sapet, directeur général-adjoint de Sainte-Catherine, a annoncé que l’Institut serait le premier centre français à accueillir une nouvelle machine de radiothérapie au premier trimestre 2027. « Sainte-Catherine sera le premier centre français à accueillir une toute nouvelle machine au premier trimestre 2027 dont je n’ai pas le droit de vous parler aujourd’hui. » Cette future acquisition permet à Sainte-Catherine de maintenir son avance en matière de radiothérapie. En effet, la radiothérapie adaptative renforce la précision des traitements ; ajuste les irradiations à l’anatomie réelle du patient au moment de chaque séance et préserve davantage les tissus sains. Elle permet, en outre, de modifier le traitement en fonction de l’évolution de la tumeur et de la position des organes entre deux séances. L’établissement réalise déjà environ 48 000 séances de radiothérapie par an et entend conserver son rôle moteur dans l’innovation thérapeutique.

Docteurs Daniel Serin et Nicolas Albin et Patrice Sapey Plus de 500 personnes étaient présentes Copyright Mireille Hurlin


ICAP 2030, une feuille de route ambitieuse

Le projet d’établissement ICAP 2030 projette l’Institut autour de cinq priorités : améliorer le parcours du patient, développer l’excellence médicale, accélérer la transformation numérique, renforcer l’engagement des équipes et construire un institut davantage ouvert sur son territoire. La médecine de précision, la télésurveillance, la téléexpertise, l’intelligence artificielle et la valorisation des données de santé complètent l’ambition de soin. Avec une exigence posée par le Docteur Nicolas Albin, directeur général de l’établissement : « L’innovation doit bénéficier à tous les patients. » L’institut prévoit également de développer la radiothérapie adaptative, d’intensifier la recherche clinique, de créer une école du cancer et de participer à la constitution d’un futur oncopole avignonnais. Une accréditation européenne dédiée aux établissements de cancérologie est visée à l’horizon 2027. Mais la technologie ne devra pas effacer la relation. Le président du conseil d’administration, le Docteur Daniel Serin a mis en garde contre une médecine trop désincarnée : « L’intelligence émotionnelle, l’intelligence relationnelle, ça c’est utile et c’est important. »

Parrainez un olivier contre le cancer
À l’occasion de ses 80 ans, Sainte-Catherine plante 80 oliviers dans son parc : 55 ont été offerts par Didier Cornille, 25 autres le seront par Éric Bayol. L’Institut propose aux particuliers et aux entreprises de parrainer un arbre par un don. Ce mécénat original contribuera à financer ses actions de lutte contre le cancer, notamment la recherche, l’innovation et l’amélioration du quotidien des patients. La première récolte est prévue en 2027, avec les salariés de Sainte-Catherine et des mouliniers partenaires. Les habitants pourront également donner les olives de leur jardin afin de participer à la production d’une huile solidaire Sainte-Catherine.
Mireille Hurlin

Copyright Mireille Hurlin

Sainte-Catherine, 80 ans et déjà demain

À Avignon, l’Institut Sainte-Catherine, Institut du cancer Avignon-Provence (ICAP), célèbre cette année ses 80 ans. Un anniversaire qui marque moins un regard rétrospectif qu’un changement de cap stratégique, avec le lancement du projet d’établissement ‘ICAP 2030’. Qualité des soins, prévention personnalisée, innovation en radiothérapie, coopération ville-hôpital et retour à l’équilibre financier à l’horizon 2027 constituent les axes structurants de cette nouvelle feuille de route. Les interventions du docteur Daniel Serin, président du conseil d’administration, du docteur Nicolas Albin, directeur général, et de Patrice Sapey, directeur général administratif, dessinent les contours d’une cancérologie qui entend conjuguer performance clinique, responsabilité sociale et continuité des parcours de soins.

Né en 1946 à Avignon sous l’impulsion du docteur Georges Reboul, l’Institut Sainte-Catherine s’est construit sur une culture de l’innovation et de l’accès aux soins. Dès 1956, il installe un télécobalt dans le secteur privé, puis se dote en 1976 d’un accélérateur linéaire, inscrivant durablement l’établissement dans l’histoire de la radiothérapie française, rappelle le docteur Daniel Serin.

D’un établissement pionnier à un acteur territorial structurant
Huit décennies plus tard, l’ICAP revendique une activité à la hauteur de son ancrage territorial : près de 19 500 patients pris en charge chaque année, 48 000 séances de radiothérapie, 20 500 séances de chimiothérapie et 36 000 consultations médicales. Depuis 2021, l’Institut est affilié au GCS Unicancer, intégrant ainsi le réseau national des centres de lutte contre le cancer.

Daniel Serin, a rappelé tout l’historique de l’Institut Sainte-Catherine, Copyright MMH

ICAP 2030 : six engagements, une colonne vertébrale
Alors que le cancer demeure un enjeu majeur de santé publique avec 433 136 nouveaux cas estimés en France en 2023 selon l’INCa (Institut national du cancer), le projet ICAP 2030 s’affirme comme à la fois clinique, social et organisationnel. Il repose sur six engagements structurants pour les cinq prochaines années.

Responsabilité sociétale et environnementale
Le premier concerne la responsabilité sociétale et environnementale : réduction de l’empreinte écologique et amélioration du bien-être des équipes. La qualité de vie et des conditions de travail devient un levier stratégique, dans un secteur hospitalier marqué par la tension sur les ressources humaines. Sans personnel, les lits ne peuvent être ouverts ; l’enjeu est à la fois sanitaire et économique.

Sciences humaines et sociales
Autre inflexion notable : l’intégration des sciences humaines et sociales dans les soins, mais aussi dans la prévention, la recherche et l’enseignement. Un message clair est martelé : soigner un cancer ne se résume pas à une procédure technique, c’est accompagner une trajectoire de vie.

Le Docteur Nicolas Albin a évoqué les certifications de l’ICAP, ainsi que les axes d’innovation. L’Institut sainte Catherine a été certifié Haute qualité des soins avec mention, Socotec 50001 et Iso 9001 2015. Copyright MMH

Fluidifier les parcours pour tenir la promesse de soin
ICAP 2030 revendique une organisation plus lisible, articulée autour d’un pilotage médico-administratif resserré et d’une structuration par unités fonctionnelles d’organes. L’objectif est la fluidité des parcours : réduire les ruptures, raccourcir les délais et renforcer la coordination, notamment avec la médecine de ville et les partenaires du territoire. Une réponse directe à une réalité nationale, marquée par l’augmentation continue des besoins de prise en charge, portée notamment par le vieillissement démographique.

Retour à l’équilibre financier en 2027
Le projet assume également une exigence de lucidité budgétaire. L’Institut vise un retour à l’équilibre financier dès 2027, dans le cadre d’un plan de maîtrise des dépenses élaboré avec l’Agence régionale de santé. Une condition présentée comme incontournable : sans soutenabilité financière, pas de trajectoire durable. En parallèle, l’ICAP prévoit de retrouver sa pleine capacité d’accueil des nouveaux patients, avec une projection de 3 200 nouveaux cas par an à l’horizon 2030.

Capacité, ambulatoire et nouveaux métiers
Pour absorber cette montée en charge, plusieurs leviers sont activés, tout d’abord le renforcement de l’hospitalisation, avec un objectif de 85 lits, contre une exploitation actuellement contrainte par le manque de personnel ; Le développement des lits identifiés de soins palliatifs ; La consolidation de l’ambulatoire, notamment en chimiothérapie et en hospitalisation de jour ‘médecine’, et enfin, le déploiement des infirmiers en pratique avancée (IPA), présentés comme une réponse concrète à la raréfaction du temps médical, en assurant un suivi renforcé et la gestion des complications.

Patrice Sapey a rappelé à quel point il n’y a pas d’Institut sans professionnels de santé Copyright MMH

Ville-hôpital : une clé de désengorgement
Au cœur du dispositif figure la création d’une plateforme d’interface ville-hôpital, destinée à offrir un point d’entrée unique aux professionnels de ville, et à terme aux patients, afin de limiter les hospitalisations évitables et renforcer le maintien à domicile. Deux outils de ‘désaturation’ complètent cette stratégie : Le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD), en lien avec les CPTS (Les communautés professionnels territoriales de santé constituent des réseaux de médecins et soignants choisissant, à leur initiative, de travailler ensemble au sein d’un même bassin de population), et la création, en partenariat avec le Centre hospitalier d’Avignon, d’un hôtel hospitalier d’environ 80 chambres, accessible sur prescription médicale, implanté face à l’Institut et dont les travaux devraient débuter fin 2026.

Annonce et après-cancer : sécuriser les temps sensibles
Par ailleurs, le projet formalise également des étapes clés du parcours, longtemps implicites : l’annonce du diagnostic, l’orientation vers les soins de support, l’après-cancer. Une unité dédiée au dispositif d’annonce rassemble infirmiers, manipulateurs, pharmaciens et équipes paramédicales. La place des patients partenaires y est affirmée : écouter, rassurer, guider. Objectif ? Humaniser sans improviser. Un renforcement du programme personnalisé après cancer est également annoncé, afin d’éviter toute rupture brutale avec le système de soins.

Radiothérapie adaptative : un marqueur identitaire
L’ICAP revendique un leadership en radiothérapie, conforté par le déploiement de technologies de pointe, dont la radiothérapie adaptative guidée par l’imagerie. Cette dynamique s’inscrit dans les évolutions documentées des pratiques oncologiques. Elle s’accompagne d’un renforcement de l’imagerie, avec l’ouverture d’un deuxième scanner et d’un second mammographe, ainsi que d’un enjeu fort en ressources humaines. Un projet d’école de manipulateurs radio à Avignon est à l’étude pour répondre aux besoins futurs.

80 oliviers seront plantés pour symboliser les 80 ans de l’Icap. Derrière cet olivier marquant l’entrée de Sainte Catherine, de l’autre coté de la rue,
le futur hôtel composé de 80 lits pour les patients ne nécessitant pas d’être hospitalisés. Copyright MMH

Entre mémoire et méthode
À 80 ans, l’Institut Sainte-Catherine transforme son héritage en méthode. ‘ICAP 2030’ articule une triple promesse : mieux soigner, mieux organiser, mieux travailler, au sein d’un établissement qui compte 550 équivalents temps plein. Le tout sous une contrainte désormais centrale : préserver l’équilibre pour garantir la mission.

Une trajectoire alignée sur la stratégie nationale
Comme l’a rappelé Nicolas Albin, directeur général, le projet s’inscrit pleinement dans la stratégie décennale nationale de lutte contre le cancer, dont la phase 2026-2030 est attendue. Prévention personnalisée, dépistage ciblé des populations à risque, parcours de soins renforcés par le numérique et accès équitable à l’innovation en constituent les piliers. Ancré dans son territoire tout en s’ouvrant à une dynamique européenne, Sainte-Catherine entend consolider sa place de centre de référence en cancérologie, au service des patients comme de l’innovation médicale.

La mémoire et l’esprit de 1946 à nos jours
En 2021, Sainte-Catherine a publié son tout premier ouvrage : La mémoire et l’esprit de 1946 à nos jours. Un livre pensé comme un geste de transmission, destiné à préserver une histoire collective et à nourrir l’avenir de l’établissement. « L’histoire de Sainte-Catherine devait être écrite pour ne pas tomber dans l’oubli. Et pour que la mémoire du passé continue de servir de socle au futur », écrit François Reboul. Fruit d’un travail partagé, l’ouvrage rassemble des récits et des souvenirs portés par celles et ceux qui ont fait vivre l’institut au fil des décennies. Fort de 295 pages, le livre traverse les métiers et les époques : témoignages d’anciens et de jeunes professionnels, récits de la radiologie, de la radiothérapie, de l’hospitalisation, des soins, de la pharmacie, de la recherche clinique, du service qualité, de la gestion administrative du patient, de l’informatique et des ressources humaines.
Mireille Hurlin

Copyright MMH

Sainte-Catherine, 80 ans et déjà demain

Premier centre européen équipé de l’Halcyon 5.0, l’Institut du Cancer Avignon-Provence confirme son rang de pionnier en innovation radiothérapeutique, grâce à un ensemble technologique signé Varian intégrant caméras haute performance, imagerie avancée et nouvelle table PerfectKinetix. L’adaptation de ces dispositifs sur trois appareils représente un investissement de 600 000€.

L’Institut du Cancer Avignon-Provence (ICAP-Sainte-Catherine) vient de franchir une étape majeure en devenant le premier centre en Europe -et le deuxième au monde- à installer l’écosystème complet Halcyon 5.0 de Varian, société du groupe Siemens Healthineers. Ce dispositif associe la dernière version de la plateforme de radiothérapie Halcyon, le système de repositionnement surfacique Identify 5.0, la table dynamique PerfectKinetix, et l’imagerie volumique HyperSight, ouvrant la voie à une radiothérapie plus précise, plus rapide et plus personnalisée.

Patrice Sapey, Directeur général administratif a rappelé que la collecte des Diner des chefs , qui avait rapporté 115 000€, avait grandement contribué à l’achat de cette nouvelle technologie Copyright MMH

Un saut technologique sans précédent en Europe
Au cœur de cette avancée figure la technologie Varian, fondée sur un réseau de caméras capables de capter en temps réel la surface du corps du patient, d’analyser ses micro-mouvements et d’arrêter automatiquement le faisceau si la position n’est plus conforme. Cette innovation permet ‘d’épouser’ le corps du patient plutôt que de le contraindre, rendant certains traitements possibles sans tatouages cutanés ni masques rigides, notamment en oncologie ORL (otorhinolaryngologie) une évolution longtemps attendue. L’intégration de la nouvelle table PerfectKinetix, dotée de six degrés de liberté, confère une précision millimétrique en translation comme en rotation. Son adaptation sur trois appareils représente un investissement de 600 000€, financé en partie grâce à une collecte exceptionnelle de 115 000€ lors du Dîner des Chefs.

Démonstration sur un mannequin de la technologie Varian à l’Icap Copyright MMH

Une précision accrue pour des traitements plus sûrs
L’écosystème Halcyon 5.0 transforme la pratique clinique à plusieurs niveaux : Positionnement optimisé grâce à l’analyse surfacique : les caméras reproduisent la posture exacte définie lors du scanner préparatoire. Blocages respiratoires sécurisés : le système détecte en temps réel toute rupture d’apnée et stoppe immédiatement l’irradiation. Enfin, l’imagerie HyperSight donne à voir des volumes plus larges, une résolution accrue, et des acquisitions deux à trois fois plus rapides. Quant à la table PerfectKinetix, elle rend l’installation du patient plus fluide, permet une réduction des marges de sécurité et une meilleure protection des tissus sains.

Une amélioration nette de l’expérience patient
Cette combinaison permet d’améliorer l’expérience patient tout en renforçant la capacité des équipes à ajuster le traitement aux caractéristiques individuelles de chaque cas, une ambition au cœur des stratégies actuelles en oncologie.

Les sphères rouges représentent les possibles positions des cellules cancéreuses sur le pancréas. Copyright MMH

Un impact concret sur les perspectives thérapeutiques
Pour l’équipe médicale, ces innovations ouvrent des possibilités inédites. Le Dr Pierre Trémolières évoque notamment un enjeu majeur : le traitement du cancer du pancréas, dont l’incidence augmente en France et pour lequel les options restent limitées. Proche de structures sensibles comme le duodénum ou l’estomac, ce cancer impose depuis longtemps des compromis restrictifs sur les doses délivrées. « L’amélioration de la précision nous permettra d’envisager des stratégies plus audacieuses, comme l’escalade de dose en radiothérapie adaptative, tout en préservant les organes à risque », analyse le spécialiste. L’ICAP (l’Institut du cancer Avignon Provence) fait par ailleurs partie d’un consortium international de dix centres travaillant sur les usages avancés de ces technologies. Pour un établissement de taille humaine, cette participation souligne la reconnaissance internationale de son expertise.

Docteur Daniel Serin, oncologue et président de l’Icap Sainte-Catherine Copyright MMH

Un ADN historique d’innovation
L’innovation technologique est inscrite dans l’histoire de Sainte-Catherine. Comme le rappelle le professeur Daniel Serin, président de l’Institut, Avignon fut déjà en avance en 1956 en installant le premier cobalt privé de France, puis en 1970 l’un des premiers accélérateurs linéaires. Avec Halcyon 5.0, l’établissement confirme une trajectoire qui fait aujourd’hui de lui, l’un des centres les plus performants du pays avec près de 48 000 séances de radiothérapie réalisées chaque année.

Docteur Nicolas Albin, Directeur général médical de Sainte Catherine Copyright MMH

Membre d’Unicancer
Le nouveau directeur général, le Dr Nicolas Albin, rappelle que Sainte-Catherine est un ESPIC (Établissement de santé privé d’intérêt collectif) et un membre de Unicancer, ce qui garantit que chaque investissement bénéficie directement aux patients. Dans un contexte de tensions budgétaires nationales, cette agilité est un atout pour se réinventer et maintenir un haut niveau d’excellence.

Stanislas Guilbert, responsable Varian pour la zone EMEA (Europ Middle East & Africa) Copyright MMH

Un partenariat fécond avec Varian
Pour Varian, Sainte-Catherine est l’un des partenaires les plus dynamiques en Europe, comme l’explique Stanislas Guilbert, responsable pour la zone EMEA (Europ Middle East & Africa) : « L’ADN d’innovation de l’ICAP irrigue chacune de nos collaborations. Voir comment nos technologies améliorent concrètement la sécurité et le confort des patients est notre meilleure récompense. » Cette collaboration de plus de 20 ans s’est intensifiée autour de projets mêlant radiothérapie, intelligence artificielle, imagerie avancée et optimisation des workflows cliniques, (tâches et opérations qui doivent être réalisées par une ou plusieurs personnes dans un ordre spécifique).

Un phare technologique au service des patients
Avec la première installation européenne d’Halcyon 5.0 et l’intégration complète des technologies Varian, l’Institut du Cancer Avignon-Provence affirme une nouvelle fois son rang de pionnier. Cet investissement stratégique -dont 600 000€ dévolus à la modernisation des tables de trois accélérateurs de particules- s’inscrit dans une vision continue et au long terme, où innovation, humanité et excellence clinique se conjuguent pour offrir aux patients du territoire un accès aux traitements les plus avancés. À l’heure où la radiothérapie entre dans une ère plus précise, plus personnalisée et plus respectueuse du patient, Avignon se place à l’avant-garde européenne, fidèle à son histoire, tournée vers l’avenir comme le rappelle le Dr Daniel Serin.

Docteur Catherine Khamphan, physicienne médicale et responsable de la recherche et du développement et le docteur Pierre Trémolières, oncologue radiothérapeute tous deux au sein de l’Icap (Institut du cancer Avignon Provence) Copyright MMH

Impact et enjeux thérapeutiques : le cancer du pancréas
Pour l’équipe médicale, ces innovations ouvrent des perspectives inédites, notamment dans la prise en charge du cancer du pancréas, un enjeu majeur de santé publique. Comme le rappelle le Dr Pierre Trémolières, ce cancer représente 400 000 nouveaux cas par an dans le monde, dont 14 000 en France. En 2025, il constitue déjà la 4ᵉ cause de mortalité par cancer, et les projections indiquent qu’il pourrait devenir la 2ᵉ d’ici 2035. Sa proximité avec des organes extrêmement radiosensibles : duodénum, estomac, anses intestinales, limite fortement les doses délivrables en radiothérapie conventionnelle. « L’enjeu, explique le spécialiste, est d’augmenter la précision pour pouvoir augmenter la dose dans la tumeur tout en épargnant au maximum les organes à risque ». Grâce aux avancées intégrées dans Halcyon 5.0 et Identify 5.0, l’institut peut désormais envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques, telles que l’escalade de dose en radiothérapie adaptative, offrant des options jusqu’ici inaccessibles à de nombreux patients.
Mireille Hurlin

Le Consortium dont fait partie Sainte Catherine Copyright MMH

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