7 novembre 2026 |

Ecrit par le 7 novembre 2026

Château de Thézan : une reconnaissance dans le Guide vert

Racheté en 2019 par Emmanuel Renoux et Pierre de Beytia, le château de Thézan, situé en plein centre du village de Saint Didier, dans le Vaucluse, a connu diverses époques. Après cinq années d’ouverture, ce site historique ouvert au public a trouvé son rythme de croisière avec l’ouverture de l’orangerie et de quatre nouvelles pièces pour cette saison touristique 2026.

Niché dans le centre ancien du village de Saint-Didier, au pied des Monts de Vaucluse, dans le Comtat Venaissin, le château de Thézan est désormais ouvert au public pour la cinquième saison. « Nous avons connu une belle première année avec une fréquentation de 6 000 visiteurs, ce qui nous satisfait. Depuis, nous avons eu de plus en plus de visiteurs, 10 000 pour l’année 2025. Nous sommes ouverts six jours sur sept d’avril à octobre. Nous avons également ouvert une boutique d’accueil. Cette affluence en croissance est obligatoire pour assurer nos charges d’investissement et de fonctionnement qui sont très importantes pour un tel lieu », explique Pierre de Beytia, un des deux propriétaires de ce lieu qui existait déjà à l’époque romaine. Un site gallo-romain existait en effet sur l’emplacement du château. Les romains avaient choisi cet emplacement pour la richesse des eaux de Saint -Didier qui s’est d’ailleurs appelé Saint-Didier-les -bains jusqu’au XXe siècle. Ce château a ensuite été construit à l’époque médiévale, au XVe et XVIe siècles. À la période Renaissance, la demeure commence à se développer sous l’impulsion de Siffreine de Venasque et d’Elzéar de Thézan. Au XIXe, le lieu devient un centre d’hydrothérapie, avec 58 chambres et plusieurs salles de soins. Le château deviendra ensuite une clinique psychiatrique jusqu’en 1980. Laissé à l’abandon pendant 30 ans, il est racheté en 2019 par Emmanuel Renoux et Pierre de Beytia.

Un projet de vie

Férus de vieilles pierres et de vieux objets, ils décident de changer de vie. Ils étaient en effet tous les deux cadres sur Paris. « Nous avons mis quatre ans de réflexion pour acheter le château entre notre première visite et la signature. Nous voulions un site historique avec des décors conservés. Nous nous sommes décidés rapidement mais nous avions conscience de l’importance des travaux à commencer par la toiture sur une surface de 1 000m² pour un budget de 800 000€ », explique Pierre de Beytia. À cela s’ajoute la partie extérieure avec un magnifique parc à la française d’1,4ha qui a été créé fin 17e par le Nôtre.

Le château de Thézan été ouvert au public pour la cinquième saison. ©Olivier Muselet

Une nouvelle aile du château ouverte

« Nous avons réalisé de nombreux chantiers depuis notre acquisition en 2019. Cela a permis chaque année d’ouvrir de nouvelles pièces à découvrir pour les visiteurs. Pour l’édition 2026, l’orangerie est définitivement rénovée. De plus, quatre nouvelles pièces vont être ouvertes au public : la  salle à manger historique et les appartements privés des marquis comprenant deux chambres et une salle de bain du XIXe siècle, explique Emmanuel Renoux. Le parc à l’anglaise s’améliore d’année en année. Le projet est de recréer des allées en le réorganisant. Pour cette cinquième année d’ouverture, nous sommes conformes à nos objectifs de mois d’ouverture qui était d’arriver à sept. La première tendance sur le mois d’avril est très positive. »

Chaque année, de nouvelles pièces du château sont ouvertes au public. ©Olivier Muselet

Une étoile au Guide vert

« Nous avons appris avec grande fierté la présence du Château de Thézan dans la nouvelle édition du Guide vert Provence sorti au printemps. En plus, la rédaction de ce guide touristique a décidé de nous mettre d’entrée une étoile, ce qui est un excellent signe de reconnaissance pour notre travail accompli toute l’année, explique Emmanuel Renoux. Un client mystère est venu en juin 2025 pour faire une visite exhaustive de notre lieu. » Le Château est par ailleurs présent dans tous les autres guides touristiques les plus consultés comme le Lonely Planet.

Des projets pour 2028

« Nous avons fourni beaucoup d’efforts ces dernières années pour ouvrir encore plus de pièces aux visiteurs. Nous allons faire une petite pause mais des projets sont encore dans les cartons avec l’ouverture au public du bureau des médecins et des infirmières situés dans la partie balnéo du château, avec du matériel médical », explique Emmanuel Renoux. L’ouverture de ce lieu est prévue pour 2028. Les propriétaires ont pour objectif de mettre encore plus en avant une partie du château qui était un centre d’hydrothérapie. Le village de Saint Didier était appelé d’ailleurs à cette époque, à savoir au XIXe siècle, Saint Didier-les-bains. Avant cela, la partie historique du château sera encore agrandie pour la visite avec l’ouverture de la cuisine en 2027.

Ouvert du 1er avril au 31 octobre.
Ouvert de 10h à 18h tous les jours sauf le mardi.
Deux visites guidées les samedis et dimanches à 15h30.


Cavaillon : visite insolite et nocturne de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran

À l’occasion de la Nuit des cathédrales, organisée le samedi 9 mai par l’association éponyme, le service Patrimoine et Musées de la ville de Cavaillon propose des visites à la lampe torche. Une façon originale de découvrir la richesse des décors récemment restaurés de cet édifice religieux.

Des intermèdes musicaux interprétés par les élèves du Conservatoire de musique sont également au programme. Ces visites sont gratuites. Elles démarrent de façon libre dés 19h et avec un guide et sa lampe torche à partir de 21h30. Renseignements : 04 90 72 26 86.

Pour en savoir plus sur la nuit des cathédrales : www.nuit-des-cathedrales.org 


Redécouvrir les richesses archéologiques du patrimoine vauclusien à Memento

« Souviens-toi », c’est ce que signifie le mot « Memento », apprend-on page 964 du Gaffiot, le dictionnaire Latin-Français. Et c’est justement le mot choisi par le Vaucluse pour baptiser le pôle de tous les patrimoines de ce département riche de six villes antiques, Orange, Vaison-la-Romaine (comme son nom l’indique), Apt, Cavaillon, Carpentras et Avignon, un record en France !

Céramiques, statues, stelles, fragments de colonnes, mobilier, amphores, mosaïques, lampes à huile, verres, monnaie, ossuaires, qui depuis 1983 étaient entreposés dans l’ancien séminaire Saint-Charles à Avignon ont été déménagées et regroupés dans le sud de la ville, au cœur d’Agroparc pour les valoriser et permettre aux chercheurs, scientifiques et scolaires de les voir de plus près voire les étudier à la loupe et au microscope.

Des pièces de verre. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Le service Archéologie est passé de 450m² à 565m², « avec une réserve de 6m de haut soit 590m³ de stockage, une atmosphère contrôlée pour les objets sensibles à la température et à l’humidité. Il a été conçu pour offrir de bonnes conditions de travail aux 10 agents qui y collaborent, avec quai de déchargement, station de lavage, où on ôte délicatement la terre, les résidus d’insectes, de végétaux et de graines, une salle de séchage, une zone de quarantaine et une de documentation scientifique », explique Emilie Fencke, cheffe du service départemental d’Archéologie de Vaucluse.

Ce à quoi Vincent Faure, gestionnaire des collections, ajoute : « On rouvre des boîtes restées fermées depuis parfois 25 ans. On les redécouvre avec un œil neuf et des moyens techniques d’aujourd’hui qui permettront sans doute d’intensifier les études et l’exploitation des données scientifiques. » Et il montre un gobelet en argent massif, un hochet et une bague en or qui auraient appartenu à un enfant d’une riche famille de Robion et mis à jour lors de fouilles réalisées à dans la commune en 2012.

Parmi les merveilles à disposition du grand public bientôt, une statue de Junon révélée lors d’un diagnostic d’archéologie préventive à Vaison en février 2021. « Le bras du tractopelle s’est soudain arrêté. Sous le terre, le plissé d’une tunique, une statue de femme sans tête ni bras d’un mètre 37 et de 223kg, celle sans doute de la femme de Jupiter, déesse de la fécondité, d’après l’iconographie », précise Emilie Fencke.

Tous ces trésors, ainsi que les 40km linéaires d’archives déménagées du Palais des Papes, un travail qui a duré des mois sous l’œil bienveillant de Christine Martella, la directrice des Archives Départementales et les collections du Centre de Conservation et d’Études de l’État seront à l’abri de l’écrin Memento, Pôle des Patrimoines de 9000m² flambant-neuf. Un bâtiment de bois, de béton, de terre cuite et de verre, moderne et fonctionnel, qui valorisera toutes les collections, transmettra un récit riche de 3 millénaires à tous, amateurs d’histoire, scolaires, scientifiques et personnes à mobilité réduite, après l’inauguration prévue le 28 mai.

Contact :  www.archives84@vaucluse.fr

©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

La soie en majesté à Eygalières

Dans l’écrin minéral de l’ancienne église Saint-Laurent, à Eygalières, l’artiste textile Joanna Staniszkis déploie une exposition immersive où la soie devient mémoire, matière et symbole. Entre histoire, hommage à Jean Moulin et poésie du geste, ‘Soie tombée du ciel’ invite à une traversée sensible, au croisement de l’art et du patrimoine provençal.

Copyright, Mathieu Blin, atelier de l’artiste

Perchée au sommet d’Eygalières, l’ancienne église Saint-Laurent, édifice du XIIe siècle, offre un décor saisissant à cette exposition. Sous ses voûtes austères, la soie se déploie en nappes monumentales, en silhouettes aériennes, en cascades textiles qui semblent littéralement tomber du ciel. Le contraste est immédiat : à la rudesse de la pierre répond la délicatesse d’une matière presque immatérielle. L’installation joue de cette tension et transforme le lieu en expérience sensorielle.
L’exposition ne se contente pas d’être esthétique : elle est profondément ancrée dans l’histoire du territoire. Joanna Staniszkis puise son inspiration dans un épisode marquant : l’atterrissage de Jean Moulin, en janvier 1942, dans les environs d’Eygalières, avec pour seule protection son parachute en soie

Un fil narratif
Ce fil narratif devient un point d’entrée vers une mémoire plus large, celle de la sériciculture provençale. Jusqu’au milieu du XXe siècle, la production de soie faisait vivre de nombreuses familles du Sud et du Sud-Est, notamment en Vaucluse, dans les Alpilles et le Luberon. Dans chaque maison, un grenier accueillait les vers à soie, nourris de feuilles de mûrier cueillies quotidiennement. En réactivant ce passé, l’artiste redonne une visibilité à un savoir-faire oublié, à la fois modeste et fondamental.

Copyright Mathieu Blin

Le miracle du vivant comme matière artistique
Au cœur du projet, il y a la fascination pour le vivant. Le cocon, motif récurrent, devient une métaphore de la transformation : une enveloppe fragile renfermant une métamorphose radicale. Joanna Staniszkis a elle-même élevé des vers à soie pour comprendre ce cycle, observer la naissance, la disparition, la mutation. À cette approche quasi scientifique s’ajoute une dimension poétique : les œuvres exposées sont en partie issues de parachutes militaires en soie, retrouvés sur un marché d’antiquités. Déconstruits, teints, recomposés, ces fragments deviennent matière artistique. Le bleu domine comme le bleu du ciel, le bleu marial, le bleu profond, visuelle et symbolique. 

Une artiste entre continents et territoires
Installée dans le Luberon, Joanna Staniszkis est une figure reconnue de l’art textile contemporain. Formée à Varsovie et à Chicago, ancienne professeure à l’Université de Colombie-Britannique, elle développe depuis plusieurs décennies une œuvre à la croisée du design, de l’architecture et de la mémoire des matériaux. Depuis son installation en Provence, son travail s’oriente vers les traditions textiles locales, qu’elle explore avec une sensibilité à la fois historique et expérimentale. Soie tombée du ciel impose également un autre rythme : Celui de la contemplation, du détail et de la matière. L’exposition se visite comme on entre dans un cocon : lentement, en laissant le regard s’ajuster, en acceptant de se perdre dans les plis, les transparences et les lumières.

Les infos pratiques
Soie tombée du ciel / Heavenly Silk. Du 15 avril au 12 mai 2026, du mardi au dimanche, de 11h–18h. A l’Ancienne église Saint-Laurent, à Eygalières.
Mireille Hurlin

Copyright Mathieu Blin, atelier de l’artiste

Châteauneuf-de-Gadagne, le patrimoine retrouve sa voix

La restauration de la porte de l’église Saint-Jean-Baptiste, rendue possible par une mobilisation citoyenne exemplaire, illustre la vitalité de l’engagement patrimonial en Vaucluse. Un concert viendra célébrer cette réussite collective.

À Châteauneuf-de-Gadagne, la sauvegarde du patrimoine n’est pas qu’une affaire de pierres. Elle est aussi celle d’un élan collectif. La municipalité annonce le succès de la souscription publique lancée avec la Fondation du Patrimoine pour restaurer la porte monumentale de l’église Saint-Jean-Baptiste, datée de la fin du XIXᵉ siècle. Une campagne qui a dépassé ses objectifs initiaux, portée par la générosité des habitants et des donateurs.

Une porte, témoin d’une histoire locale singulière
Œuvre originale réalisée autour de 1870, la porte de l’église se distingue par son placage métallique clouté et ses motifs décoratifs rares en Provence. Elle constitue l’un des éléments les plus singuliers de cet édifice roman du XIIᵉ siècle, profondément remanié au fil des siècles. Fragilisée par le temps, la porte nécessitait une restauration complète, mêlant savoir-faire artisanal et respect du patrimoine ancien. Le chantier, engagé à l’automne 2025, vise à consolider la structure en bois, restaurer le revêtement métallique et redonner à l’ensemble sa cohérence esthétique. Le montant total des travaux s’élève à 24 200€, dont une part significative a pu être financée grâce à la souscription.

Copyright ville de Châteauneuf-de-Gadagne

Un engagement local aux retombées concrètes
Au-delà de la préservation d’un élément architectural, l’opération s’inscrit dans une dynamique plus large. Selon une étude menée par la Fondation du Patrimoine, 1€ investi dans la restauration génère en moyenne 21€ de retombées économiques locales, en soutenant l’emploi, les artisans et l’attractivité des centres anciens. Un enjeu particulièrement sensible dans le Vaucluse, où de nombreuses communes rurales et périurbaines cherchent à valoriser leur identité et leur cadre de vie. À l’échelle départementale, les projets soutenus par la Fondation participent aussi à la revitalisation des centres bourgs, en renforçant le lien entre patrimoine, culture et développement local.

La musique pour célébrer une réussite collective
Pour marquer la fin de la campagne et le retour de la porte restaurée, la municipalité organise un concert de musique classique le dimanche 11 janvier 2026 à 16h, dans l’église du village. Le Quatuor Girard, en partenariat avec les Musicales de Gadagne, proposera un programme autour de Bach, Mozart et Beethoven, dont le Quatuor op.130-133. À l’issue du concert, un moment convivial réunira le public autour d’un verre de l’amitié et de galettes des rois, prolongeant l’esprit de partage qui a animé toute la souscription.

Une mobilisation qui se prolonge
Si la campagne a déjà permis d’atteindre ses objectifs, la souscription reste ouverte tout au long du mois de janvier. Les dons peuvent encore être effectués en ligne, permettant à chacun de contribuer, même après coup, à la préservation de ce patrimoine communal.

Les infos pratiques
Eglise Saint-Jean-Baptiste. Dimanche 11 janvier 2026 à 16h. Place de l’Église à Châteauneuf-de-Gadagne. Tel : 04 90 38 04 78. Réserver ici
Calista Contat-Dathey


Faut-il inscrire les bistrots français au patrimoine immatériel de l’UNESCO ?

Lors de la cérémonie de remise de la galette de l’épiphanie le 5 janvier dernier, le Président de la République a lancé l’idée d’inscrire les bistrots et les cafés français au patrimoine immatériel de l’UNESCO. La baguette l’a été en 2022 pourquoi pas les bistrots a-t-il justifié lors de son discours. Si ce n’est pas vraiment le sujet le plus important du moment il a le mérite de nous recentrer sur quelques valeurs sûres et nous faire démarrer 2026 avec un peu d’enthousiasme. 

L’idée d’inscrire nos troquets au patrimoine de l’UNESCO est une initiative qui revient à l’association des bistrots et cafés de France. A part quelques grincheux habituels, cette proposition du chef de l’Etat ne saurait rencontrer aucune opposition. Au moins une dans les circonstances actuelles. Faut désormais aller bien loin pour trouver un consensus… Mais revenons à nos chers comptoirs. La dite association qui défend les intérêts de nos estaminets avance l’argument que ces lieux sont « des passeurs du temps, qu’ils traversent les siècles et croisent les générations ». Mais au-delà du côté intemporel de ces lieux si français on peut aussi y voir le plus pertinent et le plus nécessaire des réseaux sociaux.

Ces lieux sont « des passeurs du temps, qu’ils traversent les siècles et croisent les générations ».

Nos bistrots ne sont pas uniquement des lieux pour y étancher ses soifs ou ses faims de denrées liquides ou solides. Ce sont des lieux de rencontres, de débats, de lieux de rendez-vous et pas uniquement galant, des lieux d’inspirations, des lieux où l’actualité du jour y trouve ses commentaires dans toutes ses dimensions et ses divergences. C’est au titre de « réseau social premium » que nos bars et cafés méritent d’être considérés comme un élément patrimonial majeur. Et plutôt qu’interdire les réseaux sociaux numériques aux moins de 15 ans, ce qui reste un vrai défi technique, il serait peut-être plus pertinent de développer des lieux de convivialité, de rencontres et d’échanges histoire de faire corps de mieux vivre ensemble et d’éviter à la bêtise de tourner en boucle. Ceci pourrait terriblement ressembler à des vœux de nouvelle année.


(Vidéo) Une plongée au cœur de la restauration de la cathédrale Saint-Véran de Cavaillon

Le film documentaire Au cœur d’une restauration sera projeté au cinéma Capitole MyCinewest, au Pontet, ce dimanche 28 décembre en présence des réalisateurs.

Ce dimanche, le public pourra vivre une immersion dans une restauration d’exception, au cœur de la cathédrale Saint-Véran, à Cavaillon, grâce au documentaire Au cœur d’une restauration diffusé au Cinéma du Pontet.

Réalisé par Studio One, producteur et distributeur de films et documentaires basé à Carpentras, ce film documentaire de 1h26min suit les petites mains qui préservent notre patrimoine : tailleurs de pierre, doreurs, électriciens, maîtres-verriers, archéologues… L’artisanat et la passion s’entremêlent dans cette restauration monumentale pour sauver un joyau du territoire.

Les cloches, les dorures, les vitraux ou encore les fresques… Les spectateurs découvriront tous les détails qui subliment la cathédrale de Cavaillon, mais aussi des témoignages et interviews de ceux qui ont participer, de près ou de loin, à la restauration de l’édifice.

Réservation en ligne ou achat des billets sur place.
Dimanche 28 décembre. 16h. Cinéma Capitole MyCinewest. 161 Avenue de Saint-Tronquet. Le Pontet.


Le retour de la bonne mère

Après 9 mois passés emmaillotée sous un échafaudage pour cause de restauration, la statue de la Sainte Vierge de la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille a été officiellement révélée au public le 7 décembre dernier dans sa nouvelle parure. Baptisée la Bonne Mère, cette vierge à l’enfant, protectrice de la ville fait aujourd’hui l’objet d’une ferveur étonnante et cela au-delà de toute confession.

Bien que la construction de la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde soit assez récente, la statue de la sainte vierge qui coiffe son clocher semble avoir toujours été là. Elle vieille sur la ville et sa baie. Cette « bonne mère » comme on dit à Marseille est devenue un repère pour ses habitants et un symbole pour la ville. Mais la pollution, le mistral et l’air maritime avaient quelque peu terni son éclat. Pas moins de 30 000 feuilles d’or auront été nécessaire pour lui redonner son lustre initial.

La « bonne mère » serait ainsi un refuge, un phare dans une époque trouble et incertaine

La ferveur populaire qui a accompagné les manifestations organisées pour fêter la fin des travaux de cette restauration illustre que le besoin de spiritualité connaît aujourd’hui un nouvel élan. Le caractère anxiogène de l’époque et les déliquescences sociales que nous vivons n’y sont sans doute pas étranger. La « bonne mère » serait ainsi un refuge, un phare dans une époque trouble et incertaine. Fait d’autant plus remarquable qu’il se produit dans un des villes les plus cosmopolites de France. C’est la bonne mère de tout le monde et pas uniquement des chrétiens.

Mais dans cette ferveur retrouvée on peut surtout y voir un appel à la paix. Une pacification tellement nécessaire et appelée par tous (ou presque) qui trouve malheureusement difficilement son chemin. Ces 9 mois de travaux et 2,8 M€ de budget étaient sans doute nécessaires pour redonner de l’espoir.


Pernes-les-Fontaines distinguée pour la restauration exemplaire de son Hôtel de Ville

Le concours national ‘Les Rubans du Patrimoine’ a décerné un prix départemental à la commune de Pernes-les-Fontaines pour la restauration de son Hôtel de Ville, joyau architectural du XVIIe siècle. Une distinction qui salue la mise en valeur d’un patrimoine historique devenu un lieu de vie civique ouvert à tous.

La commune de Pernes-les-Fontaines – 10 433 habitants- vient d’être honorée par le jury des Rubans du Patrimoine 2025. Ce concours national, organisé par la Fédération française du bâtiment et ses partenaires, récompense chaque année les municipalités œuvrant à la restauration et à la valorisation de leur patrimoine bâti.

Un héritage magnifié
Le projet pernois s’est distingué par la qualité exemplaire de la restauration de l’Hôtel de Ville, installé dans l’ancien hôtel particulier de Brancas-Cheylus, un édifice du XVIIe siècle alliant élégance architecturale et richesse décorative.

Un chantier au service du patrimoine et du public
Les travaux entrepris ont permis de redonner toute sa noblesse à cet ensemble inscrit et classé au titre des monuments historiques. Les façades et toitures ont été restaurées, les décors de gypserie du XVIIIe siècle remis en valeur, tout comme les peintures du XVIIe siècle redécouvertes sous les enduits. Ces motifs en camaïeu, blasons et frises ornementales datés autour de 1671, témoignent de la splendeur d’une demeure patricienne de la Provence baroque.

Copyright Commune de Pernes les Fontaines

Un extérieur remodelé
Dans les jardins, un muret et une fontaine ont été réhabilités, tandis qu’une calade traditionnelle a remplacé le béton moderne. L’ensemble a également été repensé pour améliorer l’accessibilité et créer de nouveaux espaces, notamment une salle d’archives et des bureaux fonctionnels. Toutes les interventions ici.

Entre histoire et modernité
L’Hôtel de Brancas-Cheylus, bâti sur un plan en U entre cour d’honneur et jardins, séduit par la qualité de ses éléments patrimoniaux : portail monumental, escalier à balustrade en gypserie, plafonds à la française, décors peints et trompe-l’œil inspirés des gravures de François Perrier. Tour à tour demeure aristocratique, maison commune dès 1741 puis hôtel de ville à part entière depuis 1973, le bâtiment illustre l’alliance harmonieuse entre préservation de la mémoire et adaptation aux usages contemporains.

Une cérémonie ouverte à tous
La remise officielle du prix départemental aura lieu le 26 novembre à 18h, à la mairie de Pernes-les-Fontaines, salle de Brancas. Habitants, partenaires et amoureux du patrimoine sont conviés à assister à cet événement, en présence du maire Didier Carle et des représentants du concours.

Un symbole de transmission
À travers cette distinction, c’est tout un engagement communal qui est salué : celui d’une ville attachée à son histoire et désireuse de faire de son patrimoine un bien commun vivant. En redonnant souffle et éclat à son Hôtel de Ville, Pernes-les-Fontaines rappelle que la restauration n’est pas qu’un acte de mémoire, mais aussi un geste d’avenir. En septembre dernier c’était au tour de Pujaut, village du Gard limitrophe du Vaucluse, d’être distinguée par ‘Le rubans du patrimoine’.

Copyright commune de Pujaut

Pujaut redonne vie au moulin de Chiron, sentinelle des vents et témoin du temps
Perché sur la colline de Pujaut, dans le Gard, le moulin de Chiron renaît, fièrement dressé face au Mistral. Érigé en 1775, cet emblème du patrimoine local a longtemps fait battre le cœur de la commune en produisant de la farine jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle. Puis, le silence et l’oubli l’ont peu à peu gagné, laissant les tempêtes et les incendies entamer sa silhouette de pierre.

Un effort collectif
Il aura fallu la ténacité conjuguée d’une municipalité déterminée et d’une association passionnée pour que l’histoire reprenne son cours. Acquis par la commune en 2002, le moulin a bénéficié de plus d’une décennie d’efforts collectifs. Grâce à une mobilisation constante, des fonds ont été réunis pour redonner à l’édifice son visage d’autrefois : une toiture refaite à neuf, des ailes réinstallées dans leur orientation originelle, prêtes à affronter le vent du nord.

Une première restauration délicate
Une première restauration avait bien tenté de sauver la bâtisse, sans toutefois permettre d’intervenir sur sa machinerie intérieure. La réhabilitation actuelle, plus ambitieuse, rend à ce symbole du terroir toute sa dignité. Le moulin de Chiron n’est plus une simple ruine pittoresque : il redevient un repère, un trait d’union entre mémoire rurale et fierté collective. Aujourd’hui, sa silhouette retrouvée domine à nouveau le paysage pujautais, comme un signe de persévérance et d’attachement au patrimoine. Le souffle du Mistral s’y mêle désormais à celui de l’histoire, rappelant qu’aucun vent, aussi fort soit-il, ne saurait éteindre la flamme de la mémoire locale.
Mireille Hurlin

https://www.echodumardi.com/tag/patrimoine/page/2/   1/1