14 octobre 2026 |

Ecrit par le 14 octobre 2026

Musée Angladon, à Avignon, les tableaux sortent de leurs cadres et ambiancent la maison

Jusqu’au 31 décembre 2026, le musée Angladon invite le public à découvrir les œuvres autrement. Avec ‘Au-delà du regard, une traversée olfactive’, l’artiste avignonnaise Nathalie Saint-Oyant et la parfumeur Meabh McCurtin composent un parcours où étoffes, textures et fragrances invitent à entrer dans les tableaux de la collection Jacques Doucet. Une œuvre innovante et inspirante réalisée par l’artiste avignonnaise Nathalie Saint-Oyant à l’invitation d’Alexandra Siffredi, médiatrice au musée Angladon – Collection Jacques Doucet, qui avait remarqué son travail lors du dernier Parcours de l’art.

Au musée Angladon, en plus d’être contemplées, les oeuvres se respirent. Pour chaque peinture ou sculpture retenue, Nathalie Saint-Oyant a isolé un détail textile : une nappe, un vêtement, un voile, une étoffe. Elle l’a ensuite matérialisée hors du tableau, en choisissant une matière, une couleur, une texture. À cette présence visuelle s’ajoute une ambiance olfactive créée avec Meabh McCurtin, parfumeuse chez IFF (International flavors and fragances). L’exposition réunit ainsi 14 œuvres -13 peintures et 1 sculpture – sélectionnées par l’artiste. Un choix nécessairement subjectif, par Nathalie Saint-Oyant : «J’ai dû faire une sélection à regret, parce que je ne pouvais pas présenter toutes les œuvres de cette manière-là.»

Nathalie Saint Oyant devant le portrait de Marie-Madeleine Copyright Mireille Hurlin

Une invitation à entrer dans le tableau
Le visiteur devra s’approcher de la mise en scène, se courber pour en sentir les fragances, et s’ouvrir à l’invitation à entrer dans le tableau. Ce déplacement rompt avec la distance habituelle du musée et transforme le regard en expérience physique, presque intime. «De manière générale, on n’approche pas une œuvre, puisqu’il y a une distance naturelle qui se fait entre l’œuvre et le visiteur», observe Nathalie Saint-Oyant. En sortant un tissu du tableau pour le présenter devant lui, l’artiste propose au public de franchir cette distance : «Comme ce tissu incarne l’œuvre en face de soi, cela permet de rentrer dans une forme d’intimité, de rapport intime avec l’œuvre.»

Un parcours d’artiste
La démarche fait partie du parcours de l’artiste, dont le travail associe collage, vidéo, écriture, matière et odeur. Ancienne designer textile, Nathalie Saint-Oyant entretient une relation particulière avec les motifs et les tissus. Le choix de l’étoffe lui est également apparu comme un lien évident avec Jacques Doucet, couturier de la Belle Époque devenu collectionneur. «Je cherchais comment introduire la dimension olfactive dans le musée sans déranger les œuvres, explique-t-elle. J’ai remarqué que, dans de nombreuses œuvres du musée, des étoffes étaient présentes. Je me suis dit que cela pouvait être un très beau fil conducteur.»

Les doublures de Paulette Copyright Mireille Hurlin

Le projet ne cherche pas à reconstituer les odeurs d’une époque
Les compositions ne sont pas des restitutions historiques, mais des interprétations sensibles. Pour chaque œuvre, l’artiste a d’abord élaboré une planche d’ambiance, réunissant couleurs, mots-clés, matières et références historiques. Elle a ensuite partagé ses intuitions avec Meabh McCurtin, qui les a traduites en matières olfactives. «Je lui ai proposé ma vision des œuvres, et elle a transcrit cette vision et nos échanges en molécules olfactives», relate Nathalie Saint-Oyant. Le résultat tient davantage de la proposition que du parfum au sens traditionnel du terme : «Avec Meabh, nous nous sommes dit que nous ne proposions pas des parfums, mais vraiment des ambiances.»

Quand Cézanne évoque une cuisine ancienne
Dans Nature morte au pot de grès de Cézanne, le tissu devient une nappe de coton et de lin lavé. La fragrance mêle pomme acidulée, poire mûre, cognac, cire et notes fermentées. Une odeur de table ancienne, de fruits posés sur le bois, de cuisine familiale. L’image semble alors sortir de son cadre. Elle gagne une profondeur domestique, presque tactile. Ailleurs, le Paysage de bord de mer de Lacroix de Marseille s’incarne dans le bois et la toile de coton. Algues, mousse de chêne, cèdre et accord minéral composent une atmosphère d’embruns, de pontons mouillés et de navire battu par le vent. Nathalie Saint-Oyant a souhaité prolonger cette sensation de paysage marin par un petit modèle de bateau, comme s’il venait de sortir du tableau. «Je trouvais que c’était dommage de ne pas évoquer l’ambiance océanique, explique-t-elle. Ce petit bateau pourrait presque sembler sortir de son paysage.» La Blouse rose de Modigliani se traduit par une douceur poudrée, entre rose Centifolia, tubéreuse, osmanthus, santal et musc. Le Portrait de jeune fille de Lawrence convoque le romarin, le pois de senteur, le muguet et l’ambrette : un jardin anglais au matin, traversé par la fraîcheur fragile d’un premier émo

La nature morte de Cézanne Copyright Mireille Hurlin

Étoffes, parfums et mémoire
Les compositions olfactives forment une véritable galerie parallèle. Le tutu et le chausson des Deux danseuses de Degas suggèrent la fleur d’oranger, le néroli, la cire d’abeille, le daim et le bois de cèdre. Le parfum évoque à la fois la peau échauffée, les chaussons et le parquet ciré d’un studio de danse. Le portrait de Jacques Doucet, couturier et collectionneur à l’origine de l’identité du musée, prend des accents de bergamote, de lavande, de géranium, d’iris, de vétiver et de santal. Une élégance sèche et raffinée, teintée de nostalgie Belle Époque. Avec le portrait de Marie Stuart, l’organdi et le bouton de nacre accompagnent une composition plus sombre : feuille de violette, iris, safran, cuir et castoréum. «Je voulais conserver la violette, mais en lui ajoutant quelque chose de plus noir, de plus austère et de plus tourmenté», explique Nathalie Saint-Oyant. La fragrance suggère une reine derrière ses dentelles, entre majesté, contrainte et secret.

Le portrait de Marie-Madeleine
Le portrait de Marie-Madeleine a également retenu l’attention de l’artiste pour les motifs de la robe et de la tunique. Nathalie Saint-Oyant en a recomposé l’étoffe à partir d’un détail du tableau : «J’ai repris un extrait du motif, puis je l’ai répété. C’est une technique de dessin textile qui permet de faire un motif répétitif à l’infini.» Même les figures masculines sont racontées par leurs matières. Le portrait de Guillaume du Tillot, en satin de coton, velours et dentelle, s’enveloppe de jasmin, de tubéreuse, d’iris, de vanille et de labdanum. Le Jeune homme aristocrate, lui, porte les traces d’une promenade à cheval : genévrier, sauge sclarée, cuir, lavande, fève tonka et styrax.

Copyright Mireille Hurlin

Le geste plutôt que la démonstration
L’exposition ne cherche pas à imposer une lecture mais une approche différente de la maison d’artistes des Angladon, ou chaque salle revisitée par Nathalie de Saint-Oyant ouvre sur un nouvel univers et un autre regard sur les œuvres. Une odeur peut réveiller un souvenir, déplacer une perception, faire surgir une scène que le tableau ne montre pas. «Chaque visiteur aura finalement sa propre interprétation de ma propre interprétation, qui était déjà une interprétation de l’œuvre», souligne Nathalie Saint-Oyant. L’odorat ajoute ainsi une nouvelle strate à l’expérience de l’œuvre : «Chacun pose son regard, justement, et son nez surtout, sur les œuvres.» Cette dimension personnelle est au cœur du projet. «Nous avons chacun une mémoire olfactive propre, très intime. Nous avons chacun une manière de sentir les choses. L’odorat est très personnel.»

Un parcours olfactif pour accéder à un nouvel univers
Le parcours conserve également une part d’expérimentation. Les odeurs sont volatiles, se déplacent dans l’espace, se mélangent parfois et évoluent au fil des heures. Leur intensité doit être régulièrement ajustée par l’équipe du musée. «Comme c’est volatile, on ne peut pas tout maîtriser. L’odeur peut faire ce qu’elle veut, aller où elle veut et se transformer dans les lieux de chacun. Il faut accepter ces paramètres», reconnaît l’artiste. L’expérience repose donc sur un geste simple : s’approcher. «Il ne faut pas hésiter à mettre le nez devant», lance Nathalie Saint-Oyant. Certaines installations se perçoivent dans la salle, d’autres demandent une proximité plus grande. Ce mouvement presque cérémoniel, parfois comparable à une prière, modifie la relation habituelle au musée.

Les visiteurs pourront retrouver toutes les fragrances réunies au rez-de-chaussée Copyright Mireille Hurlin

Une année de recherche et d’allers-retours
Le projet a demandé près d’une année de préparation. Nathalie Saint-Oyant a passé de longs moments au musée, à observer les œuvres, à les regarder «dans tous les sens» et à les imaginer. «J’étais presque obsédée par les 14 oeuvres. Je les ai vraiment regardées dans tous les sens, mais surtout, je les ai imaginées», raconte-t-elle. À cette recherche se sont ajoutés les essais de matières, les collages, les écritures et les nombreuses discussions avec l’équipe du musée. Les installations n’ont été mises en place que quelques jours avant l’ouverture, si bien que l’artiste les a découvertes presque en même temps que les premiers visiteurs. «Pour moi, c’est très émouvant, parce que c’est ce que j’avais dans la tête depuis des mois. Et tout d’un coup, cela devient réel.»

Paulette, muse d’une collection imaginair
L’expérience se prolongera dans la salle de saison avec une installation de matières textiles que les visiteurs pourront toucher. Après l’odorat, le toucher prendra le relais. Soie sauvage, satin, cuir, gaze et autres étoffes invitent à une découverte libre et sensorielle. «Ce n’est pas une présentation exhaustive ni historique. Je voulais simplement évoquer le textile et proposer des touchers très différents», précise l’artiste. Cette salle accueille également Les doublures de Paulette, une série de silhouettes imaginées par Nathalie Saint-Oyant à partir du visage de Paulette Martin, donatrice du musée et figure essentielle de son histoire. Extraite d’un portrait peint par son mari Jean Angladon-Dubrujeaud, son image devient le fil conducteur d’une collection de prêt-à-porter fantasque.

Meabh McCurtin (Prononcer Mave) et Nathalie Saint-Oyant Copyright Alexandra Delamine

Une femme qui raconte une autre femme
«Son visage m’a littéralement fascinée. Je me suis complètement laissée porter par mon imaginaire et je me suis dit que ce serait amusant de proposer Paulette à toutes les sauces, dans plein de tenues.» Les silhouettes, volontairement drôles et extravagantes, transforment Paulette en égérie de mode imaginaire. Elles font écho à Jacques Doucet, mais aussi à l’histoire textile du couple. Paulette et Jean Angladon avaient notamment possédé un métier à tisser et collectionné des coupons, des dentelles anciennes, du lin et des fragments de vêtements. Un hommage discret à Jacques Doucet, couturier devenu collectionneur, mais aussi à Paulette Angladon, qui transforma des objets aimés en espace de partage. À Avignon, le musée Angladon propose au-delà d’un parcours augmenté, une traversée sensible, où la peinture se regarde, se touche et se respire. Enfin, de grands mécènes ont porté leur intérêt à ce merveilleux travail artistique : IFF (International flavors and fragances), Ressource peintures, Le Conservatoire du Grand Avignon et Emile Garcin propriétés.

Les infos pratiques
«Au-delà du regard-Une traversée olfactive». Une proposition artistique de Nathalie Saint Oyant avec la collaboration de Meabh McCurtin, nez, sur une initiative d’Alexandra Siffredi, médiatrice du musée Angladon. Jusqu’au 31 décembre 2026. Musée Angladon-Collection Jacques Doucet. 5, rue Laboureur, Avignon. Ouvert du mardi au dimanche, de 13h à 18h jusqu’au 30 septembre, puis du mardi au samedi, de 13h à 18h à partir du 1er octobre. Tarif plein : 12€. Tarif réduit : 8€. Jeunes de 15 à 25 ans et porteurs du Patch Culture : 3€. Gratuit pour les moins de 14 ans. Musée accessible aux personnes à mobilité réduite. Renseignements : 04 90 82 29 03 ; angladon.com
Mireille Hurlin

Copyright Mireille Hurlin

Musée Angladon, Paulette et Jean, une histoire d’amour et de création qui défie le temps

À l’occasion de son 30e anniversaire, le Musée Angladon à Avignon dévoile pour la première fois une exposition d’envergure consacrée à ses fondateurs, Jean Angladon et Paulette Martin. Plus de 170 œuvres, longtemps conservées en réserve, investissent l’ancien atelier du couple et révèlent un dialogue artistique complice, à l’origine de l’un des plus remarquables musées de la cité papale.

Les visiteurs connaissent le Musée Angladon pour son exceptionnelle collection léguée par le grand couturier et collectionneur Jacques Doucet, où rayonnent les chefs-d’œuvre de Van Gogh, Cézanne, Picasso, Degas, Modigliani, Manet ou encore Sisley. Ils connaissent moins ceux qui ont rendu ce patrimoine accessible au public : Jean Angladon (1906-1979) et Paulette Martin (1905-1988), mari et femme (21 juin 1932), artistes, collectionneurs, enseignants à l’Ecole d’art d’Avignon et fondateurs du musée.

Un compagnonnage artistique
Trente ans après l’ouverture de l’institution, le musée leur rend hommage avec « Un compagnonnage artistique », une exposition inédite, pensée et réalisée par Alexandra Siffredi médiatrice culturelle du lieu, qui offre un regard intime sur leurs œuvres personnelles. Une immersion dans leur univers créatif, celui d’un couple qui, durant près d’un demi-siècle, a partagé la même passion sans pour autant renoncer à sa propre identité artistique.

Paulette Martin et Jean Angladon, oeuvre de Jean Angladon Musée Angladon Copyright Fabrice Lepeltier

Dans l’intimité des artistes
« Nous sommes véritablement dans leur maison », résume Alexandra Siffredi, médiatrice du musée et commissaire de l’exposition qui investit les anciens ateliers du deuxième étage, là même où le couple vivait et travaillait.

Dans les ateliers
Dès la première salle, le visiteur pénètre dans une atmosphère volontairement préservée : Cartons à dessins, carnets, objets familiers et mobilier évoquent l’ambiance d’atelier des années 1970. Les natures mortes répondent aux véritables objets qui les ont inspirées : un même vase, une coupe ou un bouquet, un petit récipient enfermant le pigment bleu cobalt, tous deviennent, selon le regard de Jean ou de Paulette, deux interprétations différentes. Cette mise en scène rappelle combien leur quotidien nourrissait leur création. La magie de la mise en scène tient en cela qu’elle fait disparaitre la frontière entre vie privée et travail artistique.

Une vaste production
Les dessins et gravures, d’une grande finesse d’exécution, témoignent de leur maîtrise du trait et séduisent particulièrement les visiteurs. Les carnets de voyage racontent également leur curiosité permanente pour les paysages, les monuments et les rencontres.

Musée Angladon, Copyright Fabrice Lepeltier

Une salle consacrée à Jean Angladon
Une salle entière est consacrée à Jean Angladon et à son attrait pour le surréalisme, offrant au visiteur de voyager dans d’oniriques contrées où l’étrange et  l’imaginaire se déploient alors que l’époque est profondément marquée par les recherches de Salvador Dalí, René Magritte ou Giorgio de Chirico.

Dans la campagne environnante
L’exposition retrouve ensuite la Provence, omniprésente dans leur œuvre commune. Lumière du Midi, pierres blondes, mobilier traditionnel, paysages du Gard et du Vaucluse nourrissent leurs toiles. « Ces paysages existent encore aujourd’hui et il serait tout à fait intéressant de les comparer avec ce qu’ils sont devenus, d’étudier leur transformation avec l’engouement pour la restauration et réhabilitation des vieux mas, l’éclosion de nouvelles infrastructures routières, de nouvelles constructions…» sourit Alexandra Siffredi.

Bien plus que des peintres
L’exposition déconstruit également une image parfois réductrice d’un couple de collectionneurs retirés du monde. « Jean Angladon et Paulette Martin furent au contraire des acteurs essentiels de la vie artistique avignonnaise. Membres du Groupe des Treize puis des Peintres indépendants d’Avignon, ils participèrent activement à l’organisation d’expositions, encouragèrent les jeunes artistes et contribuèrent à faire rayonner la création locale, » révèle Alexandra Siffredi.

L’exposition a été pensée et orchestrée par Alexandra Siffredi, médiatrice culturelle du lieu Copyright Mireille Hurlin

Des professionnels de la gravure
Tous deux enseignèrent également le dessin, aussi bien aux Beaux-Arts d’Avignon que dans différentes écoles professionnelles. Ils réalisèrent des gravures, illustrèrent notamment les premiers numéros de Poètes casqués, la revue fondée par Pierre Seghers en 1939, pratiquèrent le tissage dans les années 1960 et vécurent essentiellement de leurs activités artistiques et pédagogiques. Ils aimèrent autant transmettre que créer.

Une modernité insoupçonnée
Ce qui frappe tout au long du parcours est la liberté avec laquelle le couple traverse les grands mouvements artistiques du XXe siècle.Le visiteur passe ainsi d’une peinture héritée des maîtres classiques aux recherches post-cézanniennes, découvre des compositions proches du cubisme, s’aventure vers le surréalisme avant de retrouver une figuration lumineuse profondément ancrée dans le paysage provençal.

Deux signatures, deux tempéraments
Paulette Martin privilégie les nuances, les jeux de lumière et une sensibilité délicate aux matières. Jean Angladon adopte une écriture plus audacieuse, parfois plus géométrique ou onirique. Deux signatures, deux tempéraments, mais une conversation artistique permanente.

Copyright Mireille Hurlin

L’héritage de Jacques Doucet, une aventure avignonnaise
Si leur œuvre est aujourd’hui remise en lumière, c’est aussi parce qu’elle éclaire autrement la naissance du musée.À la fin des années 1960, Jean Angladon hérite, avec son père, d’une partie de la prestigieuse collection de son grand-oncle Jacques Doucet, immense collectionneur visionnaire qui fut l’un des premiers à acquérir des œuvres de Picasso, Braque ou Modigliani. Le couple choisit alors de quitter une vie d’artistes itinérants pour transformer un hôtel particulier de la rue Laboureur en écrin destiné à accueillir ces chefs-d’œuvre.

Une réalisation posthume
Le projet aboutira après leur disparition : Paulette Martin consacrera les dernières années de sa vie à organiser la future fondation, inventorier les collections et préparer minutieusement l’ouverture du musée inauguré en 1996. Ironie de l’histoire, Jean Angladon et Paulette Martin avaient toujours souhaité que leurs propres œuvres restent discrètes face aux chefs-d’œuvre de la collection Doucet. Hormis leurs deux portraits croisés accueillant les visiteurs au rez-de-chaussée, œuvre de jean Angladon, leurs créations demeuraient jusqu’ici largement invisibles.

Une mise en lumière
Cette exposition vient réparer cet effacement volontaire. Elle rappelle que derrière les prestigieuses signatures de Van Gogh, Cézanne ou Picasso se cachait un couple d’artistes profondément attaché à Avignon, animé par le partage, l’enseignement et une passion commune pour la création.

Les infos pratiques
Exposition : Un compagnonnage artistique ‘Jean Angladon et Paulette Martin’ imaginé et réalisé par Alexandra Siffredi. Musée Angladon. Jusqu’à fin août 2026. Du mardi au dimanche de 13h à 18h. Parcours : exposition présentée au deuxième étage ; collections permanentes et chefs-d’œuvre de la collection Jacques Doucet accessibles au premier étage et au rez-de-chaussée. 04 90 82 29 03. Musée Angladon 5, rue du Laboureur à Avignon. Plein tarif 12€. 8€ pour les résidents avignonnais.
Mireille Hurlin

Les objets du quotidien retrouvés dans leurs oeuvres Copyright Mireille Hurlin

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