23 octobre 2026 |

Ecrit par le 23 octobre 2026

Tout savoir sur le visage social du Vaucluse

Avec 265 511 habitants couverts par au moins une prestation de la Caisse d’allocations familiales, soit 46% de la population, le Vaucluse révèle dans son ‘Portrait social 2026’ une réalité contrastée. Familles monoparentales, pauvreté, accès au logement, garde des jeunes enfants, handicap : les chiffres dessinent un département où les prestations sociales occupent une place centrale.

En juin 2025, la Caisse d’allocations familiales de Vaucluse comptait 111 383 allocataires et accompagnait, à travers eux, 265 511 habitants. Ainsi, près d’un Vauclusien sur deux bénéficie donc, directement ou indirectement, d’une prestation de la branche Famille. Le taux varie toutefois fortement selon les territoires, de 33% à 55% selon les communautés de communes.

Copyright Caf de Vaucluse

Au cœur de la vie quotidienne
En Vaucluse, 12% des allocataires vivent exclusivement de prestations légales, contre 14% à l’échelle nationale. Derrière cette moyenne départementale se cachent des situations très différentes. Car ces prestations cherchent à soutenir le niveau de vie des familles et à réduire les écarts de revenus. La Caf remarque que près de41 500 foyers allocataires vivent sous le seuil de bas revenus, fixé ici à 1 324€ par mois de niveau de vie. Ces ménages regroupent 45 120 enfants. La précarité ne concerne donc pas seulement les adultes : elle touche directement une partie importante de la jeunesse vauclusienne.

Des familles plus souvent monoparentales
La moitié des allocataires sont des familles avec enfants et, parmi elles, 35% sont monoparentales. La proportion dépasse celle observée au niveau national, qui atteint 33%. Cette configuration pèse sur les revenus comme sur l’organisation quotidienne. Pour un parent seul, trouver un emploi compatible avec les horaires scolaires, financer un mode de garde ou assumer le coût du logement relève de la gageure. Les prestations familiales interviennent alors comme un amortisseur, mais elles ne suffisent pas à effacer les difficultés structurelles.

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Petite enfance : une offre encore insuffisante
Le manque de solutions d’accueil constitue justement l’un des points sensibles du département. En 2022, 9 150 places étaient disponibles pour les familles. Le Vaucluse ne proposait alors que 47 places pour 100 enfants, ce qui le plaçait parmi les départements disposant des capacités d’accueil les plus faibles de France.

Les gardes d’enfants
Les assistants maternels assuraient 4 500 places, soit 23 places pour 100 enfants, tandis que les établissements d’accueil du jeune enfant et les micro-crèches représentaient 4 254 places. Cette pression sur l’accueil des tout-petits freine possiblement la reprise d’une activité professionnelle, notamment pour les parents isolés. La Caf consacre d’ailleurs une partie de son action au soutien à la parentalité, avec des dispositifs destinés à aider les parents à construire leurs repères éducatifs et à concilier vie familiale, sociale et professionnelle.

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Logement : 100 900 personnes aidées
Autre poste majeur : le logement. En juin 2025, 47 500 foyers vauclusiens bénéficiaient d’une aide au logement de la Caf. Ces prestations concernent au total 100 900 personnes, soit 18% de la population départementale.Le niveau moyen d’aide est supérieur à celui observé en France, avec des écarts d’environ 10€ selon les catégories de logement, une conséquence du niveau de loyers globalement plus élevé, d’un revenu médian plus faible et de davantage de précarité professionnelle.

RSA, prime d’activité : le travail ne protège pas toujours de la précarité
Le portrait social révèle surtout une frontière devenue poreuse entre l’emploi et la pauvreté. 42 400 allocataires vauclusiens perçoivent la Prime d’activité, destinée aux travailleurs disposant de revenus modestes. Ils représentent 38% des foyers allocataires, contre 33% au niveau national.

Dans le même temps, 11 800 foyers bénéficient du RSA
Parmi ces bénéficiaires, 55% sont des personnes isolées et 18% ont moins de 30 ans. La majoration liée à l’isolement concerne 12% d’entre eux. Désormais, exercer une activité professionnelle ne met pas nécessairement à l’abri des difficultés économiques. La Prime d’activité accompagne précisément ces ménages dont les revenus du travail restent insuffisants pour assurer seuls un niveau de vie confortable.

Les bénéficiaires de l’allocation adultes handicapés Copyright Caf de Vaucluse

Le handicap, autre marqueur des fragilités
En juin 2025, 10 900 Vauclusiens la perçevaient. La Caf a ainsi versé 9,2M€ au titre de cette allocation pour le seul mois de juin, soit 844€ en moyenne par bénéficiaire, contre 831€ au niveau national. Le profil des bénéficiaires ? Près de 84% sont inactifs, tandis que 86% n’ont pas d’enfant à charge. Egalement, le nombre de bénéficiaires augmente depuis plusieurs années, notamment sous l’effet d’une meilleure reconnaissance du handicap, du vieillissement de la population, des difficultés d’accès à l’emploi et des évolutions réglementaires.

La déconjugalisation de l’AAH (Allocation adultes handicapés), entrée en vigueur le 1er octobre 2023, a par ailleurs modifié le calcul de l’allocation : les ressources du conjoint ne sont désormais plus prises en compte pour déterminer le montant versé. La réforme a permis d’ouvrir ou d’augmenter les droits de nombreux bénéficiaires vivant en couple.

Evolution du nombre de bénéficiaires et déconjugalisation de l’AAH Copyright Caf de Vaucluse

Un département où la solidarité reste décisive
Publié en ce début de mois, le ‘Portrait social de la Caf de Vaucluse’ remarque que la solidarité publique accompagne près d’un habitant sur deux. Familles monoparentales, travailleurs modestes, jeunes enfants, personnes handicapées ou ménages confrontés au coût du logement. Les publics ne se confondent pas, mais leurs difficultés peuvent se cumuler. Le Portrait social 2026 de la Caf de Vaucluse constitue ainsi un précieux baromètre : il mesure moins la dépendance aux prestations qu’il ne révèle les fragilités auxquelles elles répondent.

Les chiffres
265 511
habitants sont couverts par au moins une prestation de la Caf, soit 46% de la population vauclusienne. 111 383 foyers sont allocataires de la Caf de Vaucluse. 100 900 personnes bénéficient d’une aide au logement, réparties entre 47 500 foyers. 45 120 enfants vivent dans des foyers allocataires situés sous le seuil de bas revenus, fixé à 1 324€ de niveau de vie mensuel. 42 400 allocataires perçoivent la Prime d’activité. 41 500 foyers allocataires vivent sous le seuil de bas revenus. 11 800 foyers bénéficient du RSA. 10 900 personnes perçoivent l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). 9 150 places d’accueil du jeune enfant étaient disponibles en Vaucluse en 2022. 4 500 places étaient proposées par les assistants maternels. 4 254 places étaient disponibles en établissements d’accueil du jeune enfant et micro-crèches. 2 200 étudiants bénéficient d’une aide de la Caf. 12% des allocataires ont l’intégralité de leurs ressources constituée de prestations légales. 8% perçoivent le complément familial. 2% des allocataires sont étudiants. 46% de la population vauclusienne est couverte par au moins une prestation de la Caf.
Source : Portrait social de la Caisse d’allocations familiales de Vaucluse ici.
Mireille Hurlin

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Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

L’Insee Paca vient de publier une étude sur la part de voitures classées Crit’Air 3 ou plus dans les communes de la Région Sud. Il apparaît que ce sont les ménages les moins aisés ainsi que les habitants des communes rurales qui possèdent ce type de véhicule les plus polluants. Dans les grands centres urbains, où le niveau de vie permet de s’équiper en voitures propres, Avignon fait figure d’exception.

Plus de quatre ménages sur cinq détiennent au moins une voiture
« En 2022, 82% des ménages de Provence-Alpes-Côte d’Azur disposent d’au moins une voiture pour un usage non exclusivement professionnel, constatent Julie Argouarc’h et Anton Monsef les auteurs de l’étude de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) Paca intitulée ‘Les ménages les moins aisés détiennent deux fois plus souvent des voitures classées Crit’Air 3 ou plus que les plus aisés’. . Cette part est légèrement inférieure à celle observée en France de province (85%) mais supérieure à celle d’Île-de-France (65 %), où les transports en commun sont plus développés. Entre 1990 et 2022, la part de ménages équipés d’au moins une voiture a progressé de sept points, une évolution comparable à celle de la France de province. »

Part de voitures particulières classées selon le Crit’Air 3 ou plus selon la commune. Crédit Insee Oaca

« Le taux d’équipement a diminué chez les plus jeunes, mais nettement augmenté pour les plus âgés, poursuivent les deux co-auteurs. Entre 1990 et 2022, dans les ménages comportant des personnes âgées de 20 à 29 ans, il a reculé de quatre points pour s’établir à 80%. À l’inverse, la proportion de ménages dont un membre est âgé de 75 à 79 ans et disposant d’au moins une voiture est passée de 49% à 82% sur la période. Leur possession est en particulier deux fois plus fréquente pour les femmes de 75 à 79 ans qu’il y a trente ans. La détention dépend également de la composition du ménage. Ainsi, les couples avec enfant(s) détiennent plus souvent au moins une voiture que les personnes seules (95% contre 67%). En 2022, les ménages possédant au moins une voiture en leur nom propre en détiennent en moyenne 1,5. Parmi ces ménages, 60% en ont seulement une, 33% en ont deux et les autres en ont trois ou plus. Cette moyenne régionale masque des disparités territoriales. Ainsi, dans les grands centres urbains, elle est légèrement plus basse (1,4), en lien avec une offre de transports collectifs plus dense et plus régulière. En revanche, elle atteint 1,7 voiture par ménage dans les ceintures urbaines. Dans ces espaces, les déplacements domicile-travail sont fréquemment plus longs et les couples, avec ou sans enfant, sont proportionnellement plus nombreux. »

Part de voitures classées Crit’Air 3 ou plus dans les 15 plus grandes communes de Vaucluse

Moins de diesel, davantage d’essence : paradoxe en Paca
Dans le même temps, l’étude l’Insee observe que les ménages de la région possèdent moins souvent une voiture équipée d’une motorisation diesel qu’en France (50 % contre 54 %). À l’inverse, la part des voitures roulant à l’essence est plus élevée (45 % contre 41 %). Les voitures restantes se répartissent entre les motorisations hybrides (rechargeables ou non, 3 %), électriques (1 %), GPL ou encore superéthanol.

« Les ménages les moins aisés possèdent plus souvent des voitures diesel. »

Julie Argouarc’h et Anton Monsef de l’Insee

« Les différences sont marquées selon le niveau de vie des ménages, complètent Julie Argouarc’h et Anton Monsef. Les ménages les moins aisés possèdent plus souvent des voitures diesel : 59% de leurs voitures utilisent ce type de motorisation, contre 43 % pour les ménages les plus aisés. Inversement, les ménages les plus aisés détiennent plus fréquemment des voitures récentes et moins polluantes : 8% de leurs voitures fonctionnent avec des motorisations hors essence et diesel thermiques, contre 3% pour les voitures des moins aisés. Dans les communes rurales, le diesel domine (56%). En revanche, dans les grands centres urbains les voitures essence sont légèrement plus nombreuses que les voitures diesel (50% du parc contre 45%). »

https://www.youtube.com/watch?v=RBBEwP4O9t0

Plus on est riche, plus on est propre !
« En 2022 dans la région, l’âge médian des voitures détenues par des particuliers est de 9 ans. L’ancienneté du parc varie fortement selon le niveau de vie. Ainsi, l’âge médian des véhicules atteint 12 ans pour les ménages les moins aisés, contre7 ans pour les plus aisés. »
Au-delà du revenu, le lieu de résidence a aussi un rôle sur l’ancienneté des véhicules. Les ménages vivant dans les grands centres urbains, les petites villes et les ceintures urbaines possèdent les véhicules les plus récents (entre 31% et 34% du parc y a 5 ans ou moins). Plus les ménages sont éloignés des grands centres urbains, plus la part des voitures de 20 ans ou plus augmente, quel que soit le niveau de revenu de leurs détenteurs. De 8% dans les grands centres urbains, cette part atteint 12% dans le rural à habitat dispersé et 16% dans le rural à habitat très dispersé, témoignant d’un moindre renouvellement du parc dans les espaces ruraux. »

Davantage de kilomètres pour les véhicules diesel
Selon l’Insee Paca, la distance médiane parcourue par un véhicule s’élève à 9 000 km par an. Les véhicules diesel roulent davantage, avec une distance médiane annuelle de 10 700km, soit 46% de plus que pour un véhicule essence. La distance médiane parcourue par les voitures est plus faible dans les espaces urbains (8 700km par an), et particulièrement dans les grands centres urbains (8 100km).
À l’inverse, elle est plus élevée dans les espaces ruraux (supérieure à 10 000km), en partie en raison de déplacements domicile-travail plus longs et plus fréquemment effectués en voiture.

Crit’Air 3 : la chasse aux pauvres ?
« La vignette Crit’Air, définie par l’année de mise en circulation du véhicule et sa motorisation, constitue un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes afin d’améliorer la qualité de l’air. Plus la vignette Crit’Air est élevée, plus le véhicule est polluant. Cette vignette est notamment obligatoire lors des épisodes de pollution, lorsque les préfectures instaurent une circulation différenciée. Les véhicules les plus polluants (Crit’Air 3 et au-delà) peuvent alors être interdits de circulation », rappellent Julie Argouarc’h et Anton Monsef.
Dans la région, au 1er janvier 2022, les véhicules les plus polluants représentent un tiers du parc des particuliers : 22% de véhicules sont Crit’Air 3 et 11% Crit’Air 4, 5 ou non classés. Le reste du parc se compose principalement de véhicules classés Crit’Air 1 (32%) ou Crit’Air 2 (34%). Les véhicules Crit’Air zéro, essentiellement électriques, représentent 1% du total. Cette répartition est proche de celle observée au niveau national. Les voitures les moins polluantes sont toutefois un peu plus présentes qu’en France de province.

Crédit : Insee Paca

« Les ménages les moins aisés possèdent deux fois plus souvent des voitures classées Crit’Air 3 ou plus que les plus aisés. »

« Les plus aisés possèdent des voitures plus récentes et donc généralement moins polluantes. Ainsi, la part de voitures classées en Crit’Air 1 est deux fois plus élevée pour les plus aisés que pour les moins aisés (39% contre 20%), les ménages aux revenus moyens se situant entre les deux (31%). Inversement, la moitié des véhicules possédés par les ménages les moins aisés ont une vignette Crit’Air 3 ou supérieure, contre seulement un quart chez les ménages les plus aisés. La répartition des véhicules selon leur vignette Crit’Air révèle des contrastes marqués entre les territoires ruraux et les grands centres urbains. Ainsi, dans le rural à habitat dispersé et très dispersé, 4 voitures sur 10 sont classées Crit’Air 3 ou plus, contre 3 sur 10 dans les grands centres urbains et leurs ceintures urbaines. Les véhicules les plus polluants sont moins présents dans les communes littorales. »

Crédit : Echo du mardi/Le Vaucluse en chiffres 2026

« Les restrictions de circulation dues à la pollution sont plus susceptibles d’être mises en place dans les grands centres urbains de la région, notamment à Aix-en-Provence, Avignon, Marseille, Nice et Toulon. Dans la plupart des cas, les voitures classées Crit’Air 3 ou plus sont moins nombreuses en périphérie proche qu’au sein même des villes, à l’exception notable d’Aix-en-Provence. Parmi les grands centres urbains, Aix-en-Provence se distingue en effet par la plus faible part de véhicules classés Crit’Air 3 ou plus (28% en 2022), en lien avec le niveau de revenu élevé de ses habitants. À l’inverse, à Avignon, où le niveau de vie médian est bas, cette part atteint 42%. À Marseille, 1 voiture sur 3 est concernée. La part de voitures classées Crit’Air 3 ou plus varie sensiblement selon les arrondissements en lien avec le niveau de vie de leurs habitants, allant de 1 voiture sur 4 dans le 8e arrondissement à 1 sur 2 dans le 3e arrondissement. »
Pour les autres grands bassins de vie de la région Sud cette répartition est de 31% à Nice et 33% à Toulon.

Les communes de Vaucluse ayant le moins de véhicules classés Crit’Air 3 ou plus

Et le Vaucluse ?
Dans le département, c’est à Châteauneuf-de-Gadagne que l’on trouve la plus faible part de voitures classées Crit’Air 3 et au-delà. Suivent ensuite les communes de Jonquerettes (27%), Saint-Saturnin-lès-Avignon (28%) et Morières-lès-Avignon (30%), confirmant que c’est bien dans les zones les plus aisées, en périphérie des grandes zones urbaines, que l’on trouve le moins de ces véhicules polluants.
A l’inverse c’est à Viens (49%), Saint-Martin-de-Castillon (47%), Blauvac (46%) et Méthamis (45%) que l’on en concentre le plus. Là encore, confirmation que les zones rurales sont les plus concernées.
Pour les grandes villes, Valréas (45%), Apt (44%) et Avignon (42%) constitue le ‘pauvre’ trio de tête des mauvais élèves en matière de classement Crit’Air alors que les communes ‘riches’ périphériques de l’Isle-sur-la-Sorgue (34%), Pertuis (34%), Pernes-les-Fontaines (33%), Vedène (31%) et encore Morières sont des modèles du genre.
Le constat en matière de mobilité : la liberté de circulation semble de plus en plus réservée aux ménages les plus aisés. Et sous couvert de faire la chasse aux véhicules les plus polluants, ne serait-ce finalement pas les ‘pauvres’ que l’on empêche de se déplacer ?

Les communes de Vaucluse ayant le plus de véhicules classés Crit’Air 3 ou plus

L.G.

Immatriculations : de plus en plus d’habitants, de moins en moins de voitures

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le volume total des immatriculations de véhicules neufs était de 151 000 en 2016. Il s’établit en 2024 à 135 300 (et à 14 737 en Vaucluse, voir tableau ci-dessous : Crédit Echo du mardi. Vaucluse en chiffres 2026), soit une baisse de 11% malgré l’augmentation de la population.

Sur cette période, les immatriculations de voitures les moins polluantes gagnent du terrain, en partie grâce aux aides publiques lors de l’achat de véhicules électriques. La part des hybrides, rechargeables et non rechargeables, passe ainsi de 3% en 2016 à 30% en 2022 et 43% en 2024, tandis que celle des voitures électriques passe de 1 % en 2016 à 17% en 2022 et 21% en 2024. Au total, 64% des véhicules neufs sont désormais hybrides ou électriques, contre 4% en 2016.

Les ménages les plus aisés acquièrent plus souvent ce type de voitures. De ce fait, la composition du parc automobile de voitures particulières se transforme significativement sur cette période. La part des voitures diesel diminue depuis 2016, passant de 58% à 46% en 2024 (53,4% en Vaucluse).

À l’inverse, la part de voitures essence augmente mais dans des proportions moindres (passant de 41 % à 46 % sur cette période : 42,2% en Vaucluse). Les autres motorisations passent de 1% à 8% en 8 ans (4,4% en Vaucluse), portées par la forte croissance des immatriculations de voitures neuves hybrides, rechargeables et non rechargeables, ainsi que de voitures électriques.


Le nombre de SDF a plus que doublé en l’espace d’une décennie

Le 10 octobre 2025 a eu lieu la 16e Journée internationale de lutte contre le sans-abrisme. Cette initiative née en 2010 a pour objectif de mettre en lumière les mesures de lutte contre le sans-abrisme et de sensibiliser le grand public à cette problématique. En France, malgré les efforts déployés dans le cadre du plan « Logement d’abord » (lancé en 2017), on assiste à une hausse significative du nombre de personnes sans-domicile ces dix dernières années.

Selon des estimations publiées en début d’année par la Fondation pour le Logement des Défavorisés, le nombre de personnes sans-domicile en France a plus que doublé en l’espace d’une décennie. Alors que la dernière enquête « Sans-domicile » publiée par l’Insee, de 2012, estimait à 143 000 le nombre de personnes privées de domicile, un chiffre en hausse de 50 % par rapport à la première enquête de 2001, la Fondation estime aujourd’hui qu’il s’élève au moins à 350 000. Ces chiffres incluent les personnes sans abri, en habitation de fortune, en hébergement collectif ou associatif et en centre d’accueil.

« Une telle hausse, en si peu de temps, devrait provoquer l’effet d’un électrochoc de la part du gouvernement et plus largement de la société toute entière » s’est indigné Christophe Robert, délégué général de la Fondation. Comme le révèle une autre étude récente de l’OCDE à ce sujet, la France fait partie des pays étudiés (avec l’Angleterre) où les problèmes de sans-abrisme seraient les plus prévalents, avec plus de 300 personnes sans-domicile recensées pour 100 000 habitants en 2023.

De Tristan Gaudiaut pour Statista


Dans quel monde Vuitton ?

Le 22 mai dernier le Palais des Papes était fermé au public en raison de l’organisation du défilé de la collection croisière 2026 de Louis Vuitton. Cet événement, très attendu dans le monde de la mode, a attiré de nombreuses personnalités. Si certains estiment que c’est une opportunité pour Avignon, d’autres pensent que ce rendez-vous de l’entre-soi et des ultra-riches à quelque chose d’indécent, surtout en ces lieux.

La maison Louis Vuitton est toujours à la recherche de lieux prestigieux pour ses défilés de mode. Après le Louvre (musée ou cour carré) c’est à Avignon que la marque de luxe présentait sa collection « Croisière 2026 ». Parmi les 400 invités à cet événement nombre de personnalités « de premier plan » comme Brigitte Macron, Cate Blanchett, Catherine Deneuve ou Pharrell Williams ont fait le déplacement. Sans oublier des journalistes venus du monde entier et les incontournables influenceurs (à ne pas confondre avec les journalistes quoique …)

Aujourd’hui considérée comme un art avant d’être un business, la mode peut prétendre à s’offrir les lieux les plus prestigieux

« L’esprit du voyage et la découverte de l’architecture d’un monument emblématique se rejoignent dans ce lieu iconique d’Avignon » explique la maison Louis Vuitton dans le communiqué de présentation de l’évènement. Pour l’occasion, le palais a fermé ses portes la veille à 16h00. Le jour même les commerçants de la place ont été priés de fermer boutique et de remballer leurs terrasses. Contre indemnisation bien évidemment. Aujourd’hui considérée comme un art avant d’être un business, la mode peut prétendre à s’offrir les lieux les plus prestigieux et à privatiser l’espace public. Pas sûr qu’un fabriquant de robinets puisse être éligible à la location de la cour du Louvre.

Une chose est sûre, ce défilé a été une bonne opération financière pour la municipalité

Il est indéniable que ce type d’événement favorise l’activité commerciale de la cité, mais une partie seulement… Certains avancent que c’est également bon pour la renommée d’Avignon. On pourrait leur répondre que c’est plutôt l’événement qui cherche à s’associer à un lieu renommé. En tout cas, une chose est sûre, ce défilé a été une bonne opération financière pour la municipalité qui, via Avignon Tourisme, commercialise les installations du Palais des papes pour des congrès et événements. On parle d’une location a plusieurs centaines de milliers d’euros. Un joli coup pour cette structure qui a beaucoup souffert de la crise du COVID et qui a récemment fait l’objet d’une recapitalisation.

Quant aux détracteurs, ils avancent que dans une ville dont un tiers des habitants sont sous le seuil de pauvreté, ce type d’événements pour ultra riches, relève de l’indécence. Sans parler de l’emprunte carbone pour un défilé qui a duré moins d’une vingtaine de minutes et qui n’est que l’expression d’un entre-soi exacerbé.

Le Palais des Papes serait-il devenu le temps d’une journée un lieu de stigmatisation et de confrontation sociale. Il n’en demandait certainement pas autant.


La CPAM de Vaucluse distribue des milliers de kits d’hygiène aux plus précaires

La Caisse Primaire d’Assurance maladie de Vaucluse a distribué, aujourd’hui, 8 000 de kits d’hygiène, des protections menstruelles et 600 couvertures de survie à trois associations partenaires ainsi qu’à Avignon Université, à destination des personnes les plus précaires.

Ces produits d’hygiène et de lutte contre le froid – d’une valeur de 38 000€- ont été remis au SIAO (Service intégré d’accueil et d’orientation), au Secours populaire, au Secours Catholique et à Avignon Université en présence de Fabien Roux, président de la CASS (Commission d’action sanitaire et sociale), Jean-Paul Sadori, président du Conseil et Sophie de Nicolaï, directrice de l’Assurance Maladie de Vaucluse.

Objectif
Venir en aide aux personnes sans-abris du Vaucluse par l’intermédiaire des associations ainsi qu’aux étudiants boursiers via Avignon Université, pour lutter contre la précarité menstruelle avec la distribution de protections hygiéniques pour toutes les étudiantes d’Avignon.

Pauvreté
En effet, avec un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale, soit 19,5 % (contre 15,8 % en 2023) et une population jeune en situation de pauvreté significative, le Vaucluse est le cinquième département le plus pauvre de métropole (Source Insee). Raison pour laquelle, lors de la Commission d’action sanitaire et sociale (CASS) de novembre dernier, une subvention de 38 000€ a été votée par les conseillers membres pour lutter contre la pauvreté des jeunes et favoriser l’accès aux soins des jeunes femmes, étudiantes et aux sans-abris.

L’action sanitaire et sociale de l’Assurance maladie
Dans la plupart des Caisses primaires d’Assurance maladie (CPAM), des commissions d’action sanitaire et sociale sont mises en place pour attribuer des aides extra-légales aux assurés sociaux confrontés à des difficultés financières dues à la maladie. Ces commissions attribuent également des financements utiles à des usagers exposés à des difficultés financières d’accès aux soins ou qui, en raison de la maladie, subissent des pertes de revenus telles qu’il leur est impossible de faire face, sans aide, aux charges de la vie quotidienne.

Fonds national d’action sanitaire
L’action sanitaire et sociale des caisses est financée par le Fonds national d’action sanitaire et sociale (FNASS), réparti annuellement entre les différentes caisses locales qui gèrent cette enveloppe. Elle est aussi appelée communément ‘Fonds de secours’. Les commissions peuvent également attribuer des ‘aides collectives’ à certaines associations qui présenteraient un projet lié à la santé, comme par exemple un programme de prévention ou d’accompagnement.

En savoir plus
Dans une étude publiée en décembre dernier, l’Observatoire des inégalités, relate que « Selon les départements, entre 9 % et 36 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté de 60 % du revenu médian selon l’Insee (données 2021). La Réunion est le département où le taux de pauvreté est le plus élevé : plus d’un tiers de sa population vit avec moins de 1 200 euros par mois, le seuil de pauvreté pour une personne seule. En outre-mer, la Martinique présente également un taux de pauvreté élevé de 27 %. La pauvreté est encore bien plus étendue à Mayotte, mais nous ne disposons pas des données.

Le Gard et le Vaucluse
En France métropolitaine, la pauvreté est la plus forte en Seine-Saint-Denis (28 %). Le sud de l’Hexagone est aussi touché : cinq départements (Pyrénées-Orientales, Aude, Haute-Corse, Gard et Vaucluse) figurent dans notre classement des dix départements où le taux de pauvreté est le plus élevé. Environ 20 % de leur population dispose de ressources inférieures au seuil de pauvreté, soit près d’1,5 fois le niveau de la France métropolitaine (15 %). En neuvième position, avec un taux de pauvreté de 20 %, on trouve le département du Nord dans les Hauts-de-France, une région où la pauvreté est importante. Enfin, alors que la région Grand Est se situe au niveau du taux de pauvreté moyen de la France métropolitaine, l’un de ses départements, les Ardennes, apparait dans notre classement avec un taux de pauvreté de 19 %.

La pauvreté ne concerne pas les mêmes populations selon les départements.
En schématisant, en Ile-de-France et dans le Nord, la pauvreté se concentre dans les grandes agglomérations et touche davantage les actifs et les familles. Les départements ruraux et peu peuplés, comme l’Aude, le Gard ou les Pyrénées-Orientales, où le taux de pauvreté avoisine les 20 %, sont marqués par une pauvreté plus importante des personnes âgées. Quant aux départements d’outre-mer, il s’agit de territoires au faible développement économique, au niveau de chômage très élevé et où les inégalités de revenus sont particulièrement fortes.
Sources : Observatoire des inégalités et Insee, données 2021.


Pauvreté des retraités : la France (un peu) mieux lotie que ses voisins

Le nouveau Premier ministre François Bayrou, nommé en décembre par Emmanuel Macron, vient de prononcer sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Budget, sécurité européenne, Ukraine : le Premier ministre a dressé sa feuille de route pour les mois à venir. Il a ainsi déclaré vouloir remettre en chantier la réforme des retraites, et a appelé les partenaires sociaux à rouvrir les négociations dès vendredi afin de trouver au plus vite un accord « socialement plus juste ». Le Premier ministre a assuré être prêt à négocier jusqu’à l’âge de départ à la retraite, fixé à 64 ans dans la loi entrée en vigueur en 2023 malgré des mois de mobilisations.

Comme le met en avant notre carte, les retraités de certains pays d’Europe sont beaucoup plus menacés que d’autres par la précarité économique. D’après Eurostat, la pauvreté menace en moyenne 16 % des retraités européens. Ce taux correspond plus précisément à la proportion de retraités dont les revenus se situent en-dessous du seuil de risque de pauvreté, c’est-à-dire inférieurs à 60 % du revenu disponible national médian après prise en compte des transferts sociaux.

La situation est particulièrement préoccupante dans les pays baltes, où la part de retraités « à risque de pauvreté » atteint voire dépasse 40 %. En Allemagne, environ 20 % des retraités sont menacés par la précarité, soit un chiffre supérieur de 4 points à la moyenne de l’UE. Pour compléter leurs revenus, il est estimé que 11 % des retraités allemands (65-74 ans) sont obligés d’exercer un emploi, bien souvent des petits boulots.

Avec environ 12 % de retraités qui touchent moins de 60 % du revenu médian disponible, la France affiche l’un des taux les plus bas d’Europe, juste derrière la Slovaquie (10,1 %) et le Luxembourg (10,7 %). Même si de fortes disparités existent à l’échelle nationale (en fonction du sexe, des régions,…), cette statistique suggère que système de retraite français protège relativement efficacement les personnes âgées contre la précarité.

Quelle est l’espérance de vie en bonne santé à la retraite ?
Avec le pouvoir d’achat, les retraites sont l’un des thèmes politiques les plus débattus en France ces dernières années. L’espérance de vie de la population est un indicateur qui revient souvent dans les débats sur l’âge légal à fixer pour le départ à la retraite. En partant du principe que l’espérance de vie sans souffrir d’incapacité est encore plus pertinente, nous avons cherché à calculer le nombre d’années que les Européens peuvent espérer profiter de leur retraite en bonne santé.
En moyenne, dans les 29 pays européens présentés sur notre carte, l’espérance de vie en bonne santé après la retraite se situait autour de 12 ans en 2022 (UE-27 : 11,7 ans), pour un âge effectif moyen de sortie du marché du travail qui était de 63 ans.

Les Norvégiens, les Slovènes et les Luxembourgeois étaient ceux qui pouvaient espérer profiter de leur retraite en bonne santé le plus longtemps (15 à 16 ans en moyenne). Les Maltais, les Belges, les Français et les Suédois (14 à 15 ans) se situaient également au-dessus de la moyenne européenne. Dans le détail, les deux nations scandinaves, Malte, la Slovénie, la France et la Belgique, font partie des huit pays de la région étudiée qui affichent la plus longue espérance de vie sans incapacité après 65 ans. D’autres indicateurs, comme l’âge moyen de sortie du marché du travail, influencent également le nombre moyen d’années en bonne santé que l’on peut espérer vivre une fois retraité. Par exemple, c’est au Luxembourg et en Slovénie que l’on trouve l’âge effectif moyen de sortie du marché du travail le moins élevé (autour de 60 ans).

Les moins bien lotis sont les retraités baltes, portugais et roumains pour lesquels l’espérance de vie sans incapacité est inférieure à 10 ans. Elle descend même à moins de 7 ans en Estonie et à 5 ans en Roumanie. Ces moyennes nationales sont la conséquence d’une combinaison entre un âge moyen de départ à la retraite tardif (65 ans ou plus) et des indicateurs de santé médiocres au sein de la population.
Il est important de souligner qu’il s’agit de moyennes à l’échelle des pays et que les durées varient selon les catégories socioprofessionnelles et le niveau de vie. En France par exemple, si l’on regarde l’espérance de vie générale, les chiffres de l’Insee montrent que les ouvriers vivent en moyenne 6 ans de moins que les cadres, et que les 5 % les plus pauvres meurent en moyenne 13 ans plus tôt que les 5 % les plus fortunés.
Enrichi d’études plus fines sur l’espérance de vie en bonne santé selon les métiers, cet indicateur pourrait éventuellement permettre de construire des systèmes de retraite plus équitables et transparents.

De Valentine Fourreau et Tristan Gaudiaut pour Statista


Plus d’un enfant sur cinq ne mange pas trois repas par jour en France

Selon une étude de l’UNICEF, dont les résultats ont été publiés mardi 19 novembre, à la veille de la Journée internationale des droits de l’enfant, un nombre significatif d’enfants et d’adolescents éprouvent des privations matérielles et sociales en France. Plus de 20 000 enfants et adolescents âgés de 6 à 18 ans ont participé à cette consultation nationale menée entre octobre 2023 et mars 2024. D’après les résultats, plus d’un enfant sur cinq (23 %) ne mange pas trois repas par jour en France et 16 % ont déclaré éprouver des privations matérielles. De plus, plus d’un sur quatre (26 %) a rapporté des difficultés d’accès à la connaissance et 16 % des difficultés d’accès aux soins dentaires.

Par ailleurs, l’enquête met en évidence des chiffres alarmants concernant le déficit de protection et le rejet social. En effet, 30 % des enfants et adolescents interrogés ont déclaré avoir été blessés physiquement, frappés ou avoir subi des attouchements non désirés par d’autres enfants, et 13 % par des adultes. Elle révèle également que les enfants qui vivent dans des familles monoparentales ou dans des quartiers défavorisés sont beaucoup plus susceptibles de subir un cumul de privations. « Ces privations, souvent cumulatives, engendrent un sentiment d’exclusion profond chez ces enfants et adolescents, qui se sentent contraints par un écart par rapport à la norme, sans nécessairement être plongés dans une détresse absolue », relève l’UNICEF.

De Tristan Gaudiaut pour Statista


(DATA) Les riches de la zone d’emploi d’Avignon sont-ils résidents fiscaux dans le Vaucluse ?

Le département de Vaucluse est classé par l’Insee le 5ème département (métropolitain) le plus pauvre de France alors que la zone d’emploi d’Avignon déborde largement en dehors de ses frontières. L’occasion de vérifier la médiane du niveau de vie des ménages fiscaux de cette zone d’attractivité initiée par le chef-lieu du département de Vaucluse et particulièrement celles du canton de Villeneuve-les-Avignon juste de l’autre coté du Rhône et de celles de Terre de Provence Agglomération juste de l’autre coté de la Durance.









DP


Etude : « Il y a un réel élan de solidarité dans les Quartiers de la ville »

70 étudiants en 3e année de licence Administration, économique et sociale (AES) de l’université d’Avignon ont réalisé une étude sur les Quartiers politique de la ville (QPV) de Vaucluse. Ces travaux, intitulés « Derrière les clichés des quartiers prioritaires : Des formes d’attachements construites entre économies informelles et sentiments d’exclusion » viennent d’être présentés ce mardi 7 mai 2024 lors d’une restitution orale au sein de la faculté.

Les élèves de la promotion 2023-2024 de 3e année de la licence AES (Administration, économique et sociale) de l’Université d’Avignon ont effectué lors de leur 6e semestre une large étude autour des Quartiers politique de la ville (QPV) de Vaucluse constituée d’entretiens, d’études ethnographiques et de données quantitatives. Ce travail a été présenté ce mardi 7 mai lors d’une restitution orale menée par les principaux acteurs de cette étude, à savoir les étudiants qui ont présenté l’ensemble de leurs recherches lors d’une conférence à la faculté qui a réuni une centaine de personnes « notre premier travail c’était l’observation et la connaissance. Nous voulions savoir l’histoire de ces lieux populaires, l’histoire de ses habitants, puis nous avons noté lors de nos journées là-bas le déroulement des journées, les habitudes de chacun, les lieux fréquentés, la mémorisation des mots tout en jugeant positivement », annonce en introduction Shaima, une des étudiantes qui a élaboré cette étude.

« Nous voulions savoir l’histoire de ces lieux populaires, l’histoire de ses habitants. »

Shaima, étudiante en licence AES

Au final ce sont plus de 140 entretiens, qui ont été réalisés par les étudiants sur le terrain, dans les zones de Monclar, Champfleury, Saint-Chamand et la Rocade Sud à Avignon, les Amandiers-Eléphants à Carpentras, Générat/Establet à Sorgues ainsi qu’à l’Isle-sur-la-Sorgue. 70 femmes et 70 hommes ont accepté de répondre aux interrogations des étudiants lors de ce travail de fond afin de respecter une parité totale « on était par groupe de 7 ou 8 pour mener nos enquêtes, on s’est réparti les différents quartiers afin d’organiser au mieux nos visites et observations qui nous ont servi à nos notes ethnographiques et on a mis tout en commun lors du dernier mois » explique Elisa, 21 ans, étudiante en 3e année de licence AES.

Le Vaucluse compte 23 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) situés principalement dans le Grand Avignon et à Carpentras.

L’attachement et l’enracinement aux Quartiers de la ville
Ce projet avait pour but de mettre en avant les conditions des habitants de ces quartiers et de leur politisation. Il a été mené en collaboration avec Stéphanie Abrial, Christophe Parnet et Pierre Chiron, chercheurs scientifiques du laboratoire Pacte dans le cadre d’un projet financé par l’Agence Nationale de Recherche. Les deux premiers cités sont intervenus par visioconférence à la fin de la conférence pour appuyer les points principaux soulignés par les jeunes chercheurs avignonnais.

Pour structurer ce travail de ‘fourmi’, qui s’est déroulé sur 4 mois, les 70 étudiants ont choisi de construire leur travail méthodologique autour de trois parties définies après la mise en commun de tous les entretiens réalisés sur le terrain. Le premier axe s’est concentré sur le lien fort qui existe entre les habitants et les quartiers de la ville qui a permis de faire ressortir un profond attachement voir un enracinement ressenti par les résidents mais aussi la solidarité importante qui existe entre eux « nous avons effectué une grille d’entretien à partir de nos observations et des premières interactions que nous avons eu avec les habitants, on a parlé avec les associations, les acteurs sociaux et enfin les habitants, il en est ressorti en premier lieu un sentiment d’attachement au quartier où les individus tissent des liens propres avec leurs environnements et les leurs. Cela peut s’expliquer par une volonté de se réclamer d’un territoire repensé ou identifié négativement dans lequel le chômage prédomine sans possibilité d’issue ou d’échappatoire » constate Lorenzo, un étudiant de la licence.

« On est loin des clichés de violence véhiculés par les médias, il y a un réel élan de solidarité. »

Alexandre

Cette partie de l’étude a permis aux apprentis sociologues de relier ce sentiment à une sensation d’exclusion ou d’abandon qui résulte du regard des autres et des politiques municipales, c’est par ce prisme que l’attachement et le sentiment d’appartenance au quartier se construit selon les résultats de leurs entretiens.

Au fur et à mesure de l’avancée de l’étude, les élèves d’AES d’Avignon ont pu constater que ce sentiment d’appartenance s’accompagnait par une solidarité importante entre chaque individu vivant dans les Quartiers de la Ville. Une donnée importante dans un milieu souvent décrit comme propice aux règlements de comptes et à l’insécurité « on a pu remarquer au cours de nos semaines d’observations que plusieurs évènements comme des barbecues étaient organisés, ouverts à tous, sans distinctions d’âge ou d’origine ethnique. On a pu également noter que plusieurs dispositifs étaient mis en place par les jeunes du quartier pour aider les mères de famille à porter les courses ou les emmener à certains endroits, ce sont des faits caractéristiques selon nous car c’est révélateur de l’ambiance générale et des règles caractéristiques, on est loin des clichés de violence véhiculés par les médias, il y a un réel élan de solidarité » assure Alexandre, un des étudiants ayant participé à l’étude.

Durant la présentation de l’étude à l’université d’Avignon.

Des quartiers biens plus structurés qu’on ne le pensait
La portée immersive de l’étude menée par les étudiants au sein des quartiers prioritaires les à mener à s’intéresser de plus près à la vie et à l’organisation socio-économique qui s’est crée et qui perdure au sein de ces zones qualifiées de prioritaires par les politiques publiques « nous avons constatés que les QPV sur le Vaucluse sont bien plus structurées et éparpillées qu’on pouvait l’imaginer, il était donc essentiel pour nous d’établir des notes ethnographiques et d’en faire plusieurs synthèses, ce qui nous a permis à partir de ce travail de récolter des datas. Ainsi, nous avons pu définir précisément des valeurs extrêmes sur la part des jeunes dans la population, le taux de diplômés du supérieur, le taux de chômage et le taux d’abstention, à partir de ces résultats nous avons pu faire des corrélations entre ces caractéristiques » détaille Alexandre.

Le quartier de Monclar détient le record de pauvreté en Vaucluse
75,5% de taux de pauvreté dans le quartier de Monclar avec une population majoritairement jeune à 51,4%, c’est le record sur le département du Vaucluse. Ce sont les chiffres récoltés par les étudiants de la licence AES d’Avignon, ils y ont noté également un taux d’abstention de 43,6%. Deux données mis en évidence et face à face car selon les auteurs de l’étude on peut noter une corrélation entre les difficultés économiques de la jeunesse des quartiers et la non-participation à la vie politique nationale. Le travail de fond effectué à permis de définir précisément le revenu médian au sein de ces 8 QPV vauclusiens, il s’élève à 950€ par mois, ce qui veut dire que sur un quartier de 10 000 habitants, c’est à partir de la 5 000e personne que cette dernière gagnera 950€ par mois dans ce quartier.

Beaucoup de clichés à déconstruire
Cette étude a également permis de définir que c’est au sein du QPV de Champfleury, zone voisine de Monclar que le taux de chômage est le plus faible sur l’ensemble des quartiers concernés du département avec 18% de la population qui est sans-emploi et un taux de diplômés dans le supérieur au-dessus de la moyenne « la précision des chiffres et de ces études ethnographiques était fondamentale pour établir nos hypothèses et constats. Par exemple, on s’est aperçu suite à nos entretiens que le taux de population immigré le plus bas sur notre département était à l’Isle-sur-la-Sorgues avec 30% de population immigré et un taux de pauvreté qui était également le plus bas avec 51,4%, on a donc établi une corrélation entre le fait d’être immigré et le fait d’avoir des difficultés économiques ».

« Nous avons été confronté à la réalité des choses. »

Elisa

Au-delà des données, des chiffres et des constats, hypothèses ou corrélations tirées de leur travail, cette étude a surtout permis aux jeunes étudiants de la cité papale de découvrir un peu mieux leur territoire et de comprendre comment se passer la vie des habitants de ces zones prioritaires et comment ils faisaient face à leurs problématiques du quotidien « Cette étude nous a énormément nourri car nous avons été confronté à la réalité des choses. Cela nous a permis de nous apercevoir que, déjà, on prend conscience de l’écart des inégalités socio-économiques qui touchent ces zones prioritaires. Ensuite, on se rend compte que beaucoup de clichés sont complètement à déconstruire. Qu’ils sont faux, parce qu’en fait, ils sont beaucoup plus complexes et organisés que les idées qu’on laisse entendre. C’est fou comme la relation de confiance entre nous, chercheurs-étudiants, et les gens que nous avons interrogé s’est renforcé progressivement, dès qu’on s’intéresse un peu à eux et qu’on apprend à les connaitre, toutes les idées reçues se déconstruisent » conclut Elisa.

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