‘Dans l’œil du photographe’ : les archives municipales de Cavaillon exposent une partie de leur fond photographique
A l’occasion du bicentenaire de la photographie, les archives municipales de Cavaillon proposent, jusqu’au 23 décembre prochain, une exposition de photographies prises par des professionnels ou des amateurs entre 1870 et 1950. On peut notamment y découvrir deux collections exceptionnelles : celle de Louis Comte, dit le paysan photographe et celle de Jean Bastide, garagiste et martyr de la résistance.
Les archives municipales de Cavaillon disposent d’un fond photographique riche de plus d’un millier de clichés. Ils sont à la fois des marqueurs de l’histoire de la ville et le témoin de l’évolution de la pratique de la photographie. A son invention en 1826, par le français Nicéphore Niépce, la photographie servait d’abord à réaliser des portraits. Les grandes familles se rendaient alors dans les studios des photographes professionnels, délaissant pour l’occasion les traditionnels peintres portraitistes. A Cavaillon et ses environs, les grandes familles comme les Choquet, Chardon, ou Tarnand sont passées devant les objectifs des photographes installés en ville. « Rangées dans des albums ou dans des boîtes, elles se retrouvent aujourd’hui, au terme d’un long cheminement, confiées aux soins des archives municipales » explique Hélène Maignan, chef de service des archives municipales de Cavaillon. « C’est, en partie, pour répondre à cette question dans un monde où l’image photographique, retouchée, filtrée, générée artificiellement, déformant la réalité, malmenant nos repères, que le service des Archives municipales de Cavaillon, a monté cette exposition en forme de témoignage » complète-t-elle.
Devant le Petit Marseillais faubourg Tourneuve Photo Henri Sinturel.
Des arrêts sur images qui sont des témoignages précieux et irremplaçables
Ainsi, en y regardant de près on peut observer que les techniques de ces photographes répondaient à des codes techniques bien spécifiques qui ont évolué avec le temps.
Parmi les différents professionnels installés à Cavaillon, Jacques Pol Chardon (1903-1976) fût une personnalité marquante dans la vie culturelle de la ville. Portraitiste renommé, il fût aussi le créateur du ciné-club amateur et organisateurs de nombreux expositions de peintures. Il a fréquenté les Beaux-Arts et les « Arts-déco » à Marseille, Paris et Lyon.
La boutique de Jacques Pol Chardon dit le magasin vert installé cours Bournissac
Ensuite, ce sont les clichés pris sur le vif (photos non posées) qui se sont imposés. On les doit principalement à des amateurs éclairés, comme Louis Comte (1891-1976) « paysan photographe » installé aux Vignères et Jean Bastide (1902-1944), garagiste, acteur important de la vie associative locale et martyr de la résistance. Ces précurseurs ont figé dans le temps des histoires et des vies passées. Des arrêts sur images qui sont des témoignages précieux et irremplaçables.
Cette exposition permet de voir combien l’évolution de la représentation du monde par l’image peut en dire sur nous et notre monde.
Archives municipales de Cavaillon Place du Cloitre Mardi, mercredi, vendredi de 8h30 à 12h00 & 13h30 à 17h00 Entrée Libre
Les médiathèques de Luberon Monts de Vaucluse fêtent le bicentenaire de la photographie
Les médiathèques de l’agglomération Luberon Monts de Vaucluse présentaient le 2 septembre dernier le programme des événements et manifestations organisés dans les 12 établissements du réseau jusqu’en décembre prochain. Parmi la centaine de rendez-vous proposés, plus de la moitié d’entre eux sera consacrée à la photographie, qu’il s’agisse d’expositions, de conférences, d’ateliers ou de projections. Une mobilisation exceptionnelle pour saluer cette invention française qui changea notre regard sur le monde.
Qu’on se le dise les médiathèques ne sont pas les versions numériques de nos anciennes bibliothèques. Elles sont devenus au fil du temps des lieux d’animation et de création culturels pluridisciplinaires. Expositions, conférences, débats, ateliers participatifs, projections cinématographiques, concerts… les médiathèques et en particulier celles de l’agglomération Luberon Monts de Vaucluse, ne s’interdisent rien (ou presque) pour animer la vie culturelle du territoire. Cette année leurs mobilisations autour de la photographie leur a permis d’obtenir le label du bicentenaire délivré par le Ministère de la Culture. Une fierté méritée. « Ces nombreux rendez-vous font dialoguer patrimoine, création et mémoire des habitants » souligne Gérard Daudet, président de l’agglomération LMV.
Plusieurs moments forts comme l’exposition consacrée au travail de la photographe Dorothea Lange
À ce titre et sur la période allant jusqu’en décembre, plusieurs moments forts sont à souligner comme l’exposition consacrée au travail de la photographe Dorothea Lange (à Cavaillon). Une exposition événement réalisée avec le concours du musée Réattu d’Arles qui a prêté 18 œuvres de cette photographe américaine connue pour ses clichés pris pendant la grande dépression. Ce sera aussi une conférence de Pierre-Jean Amar (à Mérindol), une exposition des photos animalières de Franck Bordas (à Cheval-Blanc), une rencontre avec la maison d’édition Poursuite spécialisée dans la photo (à Lagnes), une exposition et visio-conférence avec la photo-reporter Véronique de Viguerie (à Oppède), une exposition participative où les visiteurs pourront se faire prendre en photos et en famille comme autrefois (à Lauris)… Sans oublier de nombreux ateliers techniques pour permettre à chacun d’améliorer ses talents de photographe.
Migrant mother par Dorothea Lange.
La Ville de Cavaillon s’est également associée à ces événements en proposant une exposition de photos témoins de la vie locale entre 1870 et 1950. Présentés par le service des archives municipales, ces photos sont tirés de plusieurs collections de familles cavaillonnaises. De son côté, la MJC proposera une exposition consacrée aux prises autour du Mont Ventoux par le photographe Lenny Vidal.
Durant cette période les médiathèques du réseau n’auront pas pour autant délaissé leurs autres rendez-vous attendus du public, comme les rencontres littéraires ou les clubs de lecture. Le programme complet des médiathèques de l’agglomération est à retrouver sur le site de Luberon Monts de Vaucluse.
Une exposition photo pour les 80 ans de la MSA
À l’occasion des 80 ans de la Sécurité sociale, la MSA (Mutualité sociale agricole) Alpes-Vaucluse propose une exposition photographique inédite intitulée ‘80 ans ensemble’. Elle se tiendra du mardi 21 au vendredi 31 octobre à l’hôtel de ville d’Avignon.
« Cette exposition donne à voir le visage de la sécurité social avec des femmes et des hommes nés en même temps qu’elle, façonnés par les mêmes épreuves et porteurs des mêmes espoirs, explique Marie-Claude Salignon, présidente de la MSA Alpes-Vaucluse Par leur regard, c’est notre mémoire collective qui nous est restituée. Avec cet événement nous honorons un pacte social. » Pour le 80e anniversaire de la Sécurité sociale, la MSA Alpes-Vaucluse organise une exposition présentant une série de douze portraits photographiques de personnes âgées de 80 ans aujourd’hui. Des ressortissants de la MSA originaires du Vaucluse ainsi que des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence choisis pour incarner les valeurs de la sécurité sociale à travers le temps.
Un photographe autodidacte ‘maison’ L’ensemble de ces images a été réalisé par Cédric Surles, responsable des prestations familiales de la MSA, mais surtout photographe autodidacte notamment passionné de photographie de rue. Au total, l’exposition propose 48 clichés, 4 par sujets photographiés (3 en noir et blanc et 1 en couleur). A savoir, une grande photo en 60×90, deux portraits en 20×30 et un format 30×45. « J’ai pris le plus de photos possibles dans leur quotidien, précise Cédric Surles. Ensuite, j’ai réalisé des photos posées, mais c’est la partie la plus délicate pour moi, puisque ce n’était pas ma zone de confort en termes de prise de vue photo. Habituellement je suis plutôt un photographe de rue. »
De gauche à droite : Marie-Claude Salignon, présidente de la MSA Alpes-Vaucluse, Cédric Surles, responsable prestations familiales de la MSA Alpes-Vaucluse et photographe, Céline Argenti-Dubourget, directrice générale MSA Alpes-Vaucluse, Christian Delafosse, directeur de la Caf de Vaucluse et David Fournier, élu à la mairie d’Avignon.
Expérience visuelle, expérience sonore « L’exposition se double d’une expérience sonore puisque plusieurs extraits de textes emblématiques de la Sécurité sociale (ordonnances fondatrices de 1945, discours politiques, témoignages, citations…) sont lus par des salariés de volontaires la MSA Alpes-Vaucluse », complète Céline Argenti-Dubourget, directrice générale de la MSA Alpes-Vaucluse qui a présenté le détail de cette exposition à la maison Jean-Vilar. Un retour aux sources pour l’organisme de protection sociale qui occupait cet espace culturel jusque dans les années 1970. « En prêtant leur voix à ces paroles qui ont traversé les décennies, ils incarnent la continuité et la modernité d’un projet toujours vivant, poursuit-elle. Pour cela, les visiteurs n’auront qu’à flasher un QR code pour accéder à ces enregistrements.
Dans les années 1970, la MSA Alpes-Vaucluse occupait les locaux de l’actuelle maison Jean-Vilar à Avignon.
Sortir de l’incertitude du quotidien « Pour nous, c’est important d’inscrire la sécurité sociale dans notre réalité quotidienne et dans le futur, rappelle Céline Argenti-Dubourget (voir aussi vidéo ci-dessous). La Sécurité sociale c’est une protection, cela permet à chacun de sortir de l’incertitude du quotidien. Elle permet de réduire les inégalités sociales. » « Ce qui nous rassemble avec cet événement, cela a toujours été des liens d’humanité, complète pour sa part David Fournier, adjoint à la mairie d’Avignon et aussi agent de la MSA. Dans un moment politique difficile en France mais aussi dans le monde entier, cette solidarité, cette humanité, à travers cette exposition est porteuse d’espoir et de valeur. » Une exposition qui sera ensuite itinérante dans les départements alpins puis à l’hôtel de Région à Marseille avant de se poser définitivement au siège de la MSA à Avignon.
Exposition : ‘80 ans ensemble’. Du mardi 21 au vendredi 31 octobre. Hôtel de ville d’Avignon. Place de l’Horloge.
Le Buzz Art Festival fait vibrer L’Isle‑sur‑la‑Sorgue
L’Isle‑sur‑la‑Sorgue signe un grand rendez‑vous artistique : le Buzz Art Festival aura lieu du jeudi 25 septembre au dimanche 5 octobre avec pour invité d’honneur le grand sculpteur Christophe Charbonnel et l’Italie en pays partenaire. Cette première édition veut abolir les barrières, mêler les disciplines et donner à l’art une dimension profondément sociale. Trois raisons de ne pas le manquer ; L’art ouvert à tous, hors des sentiers battus. Le festival investit espaces privés et publics, lieux historiques, galeries, ruelles : l’idée est que marcher dans L’Isle‑sur‑la‑Sorgue devienne une promenade artistique. L’art ne s’enferme plus dans un musée, il se déploie dans la ville.
Depuis le 28 juin, en prélude au festival, Buzz Art a consacré un temps fort à l’artiste international Christophe Charbonnel avec 13 de ses sculptures monumentales qui ont investi la ville, offrant aux habitants et visiteurs une immersion dans son univers. Dès le 25 septembre et jusqu’au 5 octobre, le Buzz Art Festival prend le relais et élargit l’expérience.
Des invités de grand renom Plusieurs personnalités reconnues seront présentes : Christophe Charbonnel, dont les sculptures monumentales décorent déjà plusieurs points de la ville ; Yolaine de La Bigne, marraine du festival, journaliste, militante, impliquée dans les questions écologiques, la nature, le rapport à l’animal ; Anne‑Sophie Moreau, philosophe et journaliste, qui proposera une conférence autour de son ouvrage Fermentations ; La Source Garouste, association fondée par Gérard Garouste, qui œuvre pour que les enfants en situation de fragilité aient accès à l’art. Le festival ne se contente pas de montrer : il invite à penser, à discuter, à s’interroger — que ce soit sur l’écologie, la cohésion sociale, ou sur le rôle de l’art dans notre rapport au vivant.
Des lieux emblématiques & des parcours immersifs L’Isle‑sur‑la‑Sorgue offre un décor de carte postale : ses canaux, ses antiques bâtisses, ses galeries et ses antiquaires, ses quais au bord de la Sorgue deviennent autant de lieux de découvertes. Parmi les rendez‑vous à ne pas manquer : Inauguration avec ateliers participatifs au Palais Aoma ; Œuvre commune de 7 artisans d’art : ébénistes, ferronniers, souffleurs de verre etc., pour une création collective puis une vente aux enchères ; Expositions prolongées, sculptures monumentales en plein air, conférenciers invités, espaces métiers d’art …
Des invités remarquables Yolaine de La Bigne : marraine de l’événement. C’est une figure engagée, dont le parcours allie journalisme, militantisme, et écologie ; Christophe Charbonnel : ses sculptures monumentales demanderont à être découvertes en plein air, parfois dans des lieux inattendus, mais toujours visuellement puissantes ; Anne‑Sophie Moreau : pour ceux qui aiment que les mots et les idées accompagnent les formes, sa conférence autour de la fermentation promet d’être originale ; La Source Garouste : l’association apporte un volet social fort au festival, rappelant qu’il ne s’agit pas seulement d’esthétique mais de lien, d’éducation, de transformation.
Copyright Buzz Art Festival Communication
Un moment pour tous, un moment global Ce qui distingue le Buzz Art Festival, c’est cette ambition de durée : pas seulement un week‑end, mais plusieurs mois d’expositions, de parcours, de moments à vivre. C’est aussi l’envie de toucher tous les publics : les amateurs d’art contemporain, les familles, les visiteurs curieux, les habitants, les touristes de passage.
En conclusion Si vous cherchez un événement qui fait le pont entre beauté, sens, nature, patrimoine, et engagement, le Buzz Art Festival est celui qu’il faut. Se promener dans L’Isle‑sur‑la‑Sorgue pendant ce festival, c’est s’offrir un voyage sensoriel où chaque rue, chaque église, chaque galerie peut offrir une révélation.
L’organisation Derrière cette édition du Buzz Art Festival, une équipe passionnée œuvre dans l’ombre pour donner vie à cet événement unique. Coordination, programmation, logistique, communication… Chacun contribue avec engagement et créativité pour faire de ce festival un moment de partage et de découverte. Jacques Chalvin est à l’organisation et à la Coordination. Teddy Follenfant est responsable du programme et des contacts médias. Anne Ingargiola est responsable communication. Maguelone Calmels travaille à la communicaiton digitale. Alix Dacquin est coordinatrice événementielle. Les partenaires sont : Frédéric Doll, Paul Azzopardi, Marielle Chizky, Jean Louis Brun, Betty Camus, Jean Philippe Martinez, Sylvain Petit, Les artistes, les conférenciers, les Artisans d’art, les Galeries, les Villages des Antiquaires.
Les infos pratiques Buzz Art Festival. Gratuit. Tout le programme ici. Les sculptures dans la ville de Christophe Charbonnel ici. Les expositions ici. Les conférences ici. Les métiers d’art ici. La route des antiquaires ici. Les rendez-vous ici. L’association Agavais ici. Soutenir l’événement ici. La présentation complète du Buzz Art Festival ici. Inauguration du festival samedi 27 septembre à 11h, à la Filaventure Brun de Vian Tiran, avenue de la Libération à L’Isle-sur-la-Sorgue. Le diner de gala aura lieu vendredi 3 octobre à partir de 19h. Manufacture Brun de Vian Tiran, 2 cours Victor Hugo. Vent aux enchères caritative au profit de la Source Garouste. Participation 100€. Sur réservation contact@buzzartfestival.com
Teddy Follenfant Copyright TF
Entretien avec Teddy Follenfant – Co-organisateur du Buzz Art Festival
Comment est née l’idée du Buzz Art Festival ? C’est une aventure qui a commencé à petite échelle, mais avec de grandes ambitions. À l’origine, nous étions une petite équipe animée par la passion de l’art et du partage. Mon complice dans cette aventure s’appelle Jacques Chalvin, directeur du Village des Antiquaires de la Gare de l’Isle-sur-la-Sorgue. Il possède une solide expérience dans l’événementiel et une fine connaissance du monde artistique, ce qui a été un véritable atout.
Une nouvelle envolée Il y a deux ans, nous avons lancé ensemble, avec une équipe un peu plus large, le festival « Partage des Arts ». Ce premier événement a eu lieu dans une propriété privée, ici même, à l’Isle-sur-la-Sorgue. Le succès a dépassé nos attentes. Forts de cet élan, nous avons reconduit l’événement l’année suivante… Et c’est dans cette continuité qu’est né le Buzz Art Festival, avec une nouvelle ambition, de nouvelles rencontres et un rayonnement élargi. Cette première édition se tiendra du 25 septembre au 5 octobre.
Comment la ville a-t-elle accueilli ce nouveau projet ? Très chaleureusement ! Nous avons présenté notre concept à Pierre Gonzalvez, le maire de l’Isle-sur-la-Sorgue qui s’est montré enthousiaste et nous a immédiatement soutenus. Il a notamment été très heureux d’accueillir un invité de marque : le sculpteur Christophe Charbonnel, que Jacques Chalvin a personnellement invité.
Christophe Charbonnel, sculpteur de renom international Charbonnel est aujourd’hui l’une des grandes figures de la sculpture contemporaine française. Il travaille le bronze avec une puissance expressive rare, s’inspirant de la statuaire antique et héroïque, entre force brute et poésie du geste. Ses œuvres évoquent autant les héros de la mythologie que les archétypes de la condition humaine. Depuis juin, il expose 13 sculptures monumentales dans 13 lieux emblématiques de l’Isle-sur-la-Sorgue dans le cadre de l’événement Sculptures dans la ville. Cette exposition en plein air a transformé le paysage urbain et offert une véritable respiration artistique à la ville. Elle a eu un impact fort, aussi bien sur les habitants que sur les visiteurs. On peut parler d’un embellissement artistique du territoire, qui renforce l’identité culturelle de la commune.
Le Buzz Art Festival s’annonce donc comme un prolongement de cette dynamique ? Exactement. L’exposition de Charbonnel a été comme un prélude. L’une de ses œuvres majeures, Le Christ, est d’ailleurs exposée à la collégiale Notre-Dame-des-Anges, aux côtés d’un de mes propres tableaux. Cette présence symbolique dans un lieu sacré donne tout son sens au dialogue entre les arts.
Au programme Le Buzz Art Festival lui-même sera un rendez-vous riche, pluridisciplinaire et engagé. Au programme : des expositions d’art contemporain, des conférences, des rencontres avec les artistes, et un dîner de gala caritatif pour clôturer l’événement. L’objectif est de créer du lien, d’éveiller les sensibilités et d’ouvrir les regards.
Y a-t-il d’autres artistes que vous souhaitez particulièrement mettre en lumière ? Oui, bien sûr. Je tiens à souligner la présence d’oeuvres de Madeleine Rampling, une artiste au talent singulier, encore trop méconnue du grand public, elle est décédée prématurément, mais dont le travail mérite toute notre attention. Elle exécutait principalement des portraits, avec une technique mixte d’une grande finesse et une sensibilité qui rappelle parfois les grands maîtres du passé. Parmi ses œuvres phares, on peut citer le portrait saisissant de Charlotte Rampling, sa tante, qui mêle intensité du regard et délicatesse du trait. Ce tableau est un hommage à la fois familial et artistique, empreint de pudeur et de profondeur.
Un mot de la fin ? Le Buzz Art Festival est plus qu’un événement artistique : c’est une invitation à ralentir, à regarder autrement, à ressentir. Nous voulons offrir un moment de beauté, de partage et d’élévation. L’art a ce pouvoir unique de nous rassembler au-delà des différences, de nous faire réfléchir, rêver, espérer. C’est ce que nous cherchons à transmettre à travers ce festival.
Catherine Bugeon Copyright MMH
Entretien avec Catherine Bugeon « Le Tarot comme miroir de la Renaissance et de notre temps »
« Le tarot n’est pas un jeu de hasard : c’est une cartographie symbolique de l’âme. » Catherine Bugeon, consultante en accompagnement, coaching et spécialiste de la symbolique du Tarot de Marseille, participera au Buzz Art Festival, événement culturel consacré au dialogue entre la France et l’Italie, et qui s’ouvre cette semaine à L’Isle-sur-la-Sorgue. Elle nous dévoile ici les grandes lignes de sa participation et la portée symbolique d’un art ancien, toujours vibrant d’actualité.
Une passion au service du sens « Je suis toujours profondément touchée et heureuse de pouvoir partager ma passion pour le tarot de Marseille, » confie Catherine Bugeon. Je tiens à remercier chaleureusement Teddy Follenfant et les équipes du Buzz Art Festival pour leur invitation. »
L’Italie de la Renaissance Le festival met à l’honneur cette année le rayonnement artistique et spirituel de l’Italie, à travers un programme riche en conférences, expositions et rencontres. L’une des thématiques phares est l’ »Odyssée des Visconti », clin d’œil à l’une des plus anciennes versions connues du tarot : le tarot Visconti-Sforza, véritable trésor de la Renaissance italienne.
Les arcanes du tarot Visconti-Sforza : un héritage précieux de la Renaissance « Le vendredi 3 octobre à 17h, à la Galerie Retour de Voyage, je proposerai une conférence autour des arcanes du tarot Visconti-Sforza, créées au XVe siècle sous l’impulsion des grandes familles italiennes et conçues vers 1450, ces cartes luxueuses, peintes à la main, sont attribuées, pour certaines au peintre florentin Alessandro Filipepi dit Botticelli. Il existe un véritable lien entre le tarot et l’art de la Renaissance, célèbre pour ses œuvres emblématiques telles que « La Naissance de Vénus » et « Le Printemps ». D’ailleurs, un tableau, découvert près de Budapest et représentant l’arcane majeur de ‘La Tempérance’ lui serait attribué.
Des arcanes comme un livre caché pour ne pas être brûlé Loin d’être de simples jeux de cartes, elles étaient utilisées comme objets de méditation, de connaissance de soi et d’initiation symbolique. Je commenterai certaines d’entre-elles que j’ai faites agrandir pour l’occasion. Ces arcanes majeures sont à la fois des œuvres d’art et des archétypes puissants. Elles reflètent la pensée néoplatonicienne de l’époque, portée notamment par Marsile Ficin, philosophe humaniste et traducteur de Platon, qui dirigeait l’Académie platonicienne de Florence. Le tarot, tel qu’il est né à cette époque, s’inscrit pleinement dans ce courant de redécouverte du monde antique et d’ouverture à une dimension spirituelle plus large. »
De la Renaissance à notre époque : vers un ré-enchantement ? «Revisiter ces images du passé, c’est faire un lien entre deux époques de transformation. La Renaissance a émergé après les ténèbres de l’Inquisition et des grandes crises médiévales. Aujourd’hui, après les bouleversements de ces dernières années, de 2020 à 2025, je crois que nous sommes nombreux à ressentir le besoin d’un réenchantement du monde, » souligne Catherine Bugeon. Sa conférence proposera un voyage visuel et symbolique à travers les arcanes majeurs du tarot Visconti : Le Mat, La Papesse, L’Étoile, Le Monde, entre autres… Autant de figures mystérieuses qui invitent à une lecture intérieure, mais aussi collective du monde. « Le tarot agit comme un miroir. Il ne prédit pas, il révèle. Il aide à relier l’individu à une mémoire plus ancienne, à des sagesses oubliées. Il ouvre des chemins. »
Un rendez-vous poétique et symbolique Catherine Bugeon sera également présente tout le week-end du 4 au 6 octobre à la Galerie Retour de Voyage, espace dédié à l’art et aux échanges. Les visiteurs pourront la rencontrer, échanger et découvrir de près les enluminures agrandies des arcanes Visconti, spécialement présentées pour l’occasion.
Mon métier est l’accompagnement «Mon métier est l’accompagnement, mais je le relie aujourd’hui à l’imaginaire, à ce qui nous unit à l’enfance et que nous avons parfois oublié dans les turbulences du mental et des peurs. Le tarot, pour moi, est une boussole symbolique, un art qui nous rapproche de l’invisible. Entre les époques, entre les symboles, entre les êtres. C’est une passerelle poétique entre le passé et le présent, entre l’âme et le monde,» conclut Catherine Bugeon.
Les infos pratiques Conférence de Catherine Bugeon : « Les Arcanes de la Renaissance – Lecture symbolique du tarot Visconti-Sforza ». Vendredi 3 octobre à 17h. Galerie Retour de Voyage à L’Isle-sur-la-Sorgue. Présence de l’intervenante : samedi 4, dimanche 5 et lundi 6 octobre pour des échanges libres.
Livre : le photographe Camille Moirenc rend hommage à la Sainte-Victoire
Le photographe Camille Moirenc vient d’éditer ‘Sacrée montagne’. L’ouvrage de 156 pages propose une odyssée en 5 actes et 87 photographies afin de rendre hommage à la Sainte-Victoire. Une montagne que le photographe natif d’Aix-en-Provence connaît presque aussi bien que le peintre Cézanne à qui l’on doit justement, 87 tableaux de son paysage préféré (44 huiles et 43 aquarelles).
« J’ai toujours vu la montagne, écrit Camille Moirenc. Et ce, depuis que j’ai ouvert les yeux. Ici, elle fait partie du décor quotidien, tellement qu’il est facile, pour certains, de l’oublier. Ou alors, pour le plus grand nombre, de la saluer. Quand on la regarde dans le paysage, quel contraste… On se demande comment ce massif à la vieille peau de calcaire, toute ridée et blanche, a bien voulu se poser là, dans la plaine. La sacrée montagne, discrète et à la fois bienveillante, a aussi choisi d’offrir sa face de triangle à la cité aixoise… une divine proportion qui en a intrigué plus d’un et qui a tant inspiré Paul Cézanne. »
« Elle ne change jamais et elle n’est jamais la même. »
Camille Moirenc
Plus de 35 ans a photographié la Provence Celui qui en Vaucluse a notamment photographié Crillon-le-Brave, Blachère illumination à Apt, Matthieu Lustrerie à Gargas, la CNR (de Bollène à Vallabrègues le long du Rhône) ou bien encore le Domaine de Manville aux Baux-de-Provence propose un voyage en 5 temps : horizons, matières, lumières, ombres et envols. « Depuis quelques années maintenant, je lui porte une attention toute nouvelle, confie le photographe sur sa relation avec la Sainte-Victoire. Je la scrute, l’explore, l’étudie, la ressens… Elle ne change jamais et elle n’est jamais la même. Selon ses humeurs, ses lumières, elle se révèle différemment aux regards. Balades de jour, de nuit, par tous temps et toutes saisons… aidé ou bousculé par les éléments… amusé, dans tous les cas, par des rencontres inédites avec des passionnés de la montagne sacrée… j’ai continué d’enrichir mon intime dialogue avec la Sainte-Victoire, en même temps que j’approfondissais mon approche artistique. »
Crédit : Camille Moirenc
Un ouvrage de très grande qualité labellisé ‘Cézanne 2025’ A noter que cet ouvrage est aussi labellisé ‘Cézanne 2025’ dans le cadre des événements proposés autour de la grande exposition au musée Granet, du 28 juin au 12 octobre, marquant le grand retour du peintre impressionniste dans sa cité natale d’Aix. Par ailleurs, ce livre fabriqué par Caractère imprimeur fait l’objet d’une très grande qualité de confection : couverture rembordée (embossage, marquage en creux, papier de création Neve Imitlin) et papier offset blanc 170g/m2 Amber graphic certifié PEFC 100% pour les pages intérieures. « J’ai fait le choix d’éditer un ouvrage d’une grande qualité aussi bien au niveau de sa présentation -format, papier, impression, graphisme- que son contenu, des années de travail, de patience, d’enthousiasme et d’inspiration », insiste l’artiste qui dédicacera son livre ce samedi 28 juin, de 10h à 13h, à la librairie Le Blason située 2 rue Jacques de la Roque 11 à Aix en Provence.
Camille Moirenc en 4 temps Au-delà de ses très nombreux livres et nombreuses expositions, Camille Moirenc met en avant certains projets qu’ils lui tiennent particulièrement à cœur : • 438, Notre Littoral, exposition à Marseille en 2018, 80 000 personnes découvrent durant les 3 mois d’été, les 438 km du littoral des Bouches-du-Rhône sur le parvis du Mucem. • En 2019, Rhône un livre chez Actes Sud et exposition photo dans la cadre des rencontres photo d’Arles. • Visages du Rhône : exposition photo sur les grilles du Jardin du Luxembourg à Paris, en 2021, Lyon en 2022, Vienne en 2023 et Sion en 2024. 80 photographies qui permettent de descendre le fleuve Rhône de sa source à l’embouchure. • Depuis plus de 10 ans, La Gallery, son espace de 140m2 situé 15 rue Van Loo à Aix, lui permet également de partager son travail. C’est là qu’il présente une nouvelle exposition ‘Sacrée Montagne’ depuis ce mois de juin 2025. Crédit : Camille Moirenc
Sorgues : une exposition « portraits calés » par le photographe vauclusien Jean-Pierre Rieu
Du mardi 10 septembre au samedi 28 septembre 2024, le photographe Jean-Pierre Rieu s’installe dans le hall d’exposition du Pôle culturel de la commune de Sorgues pour une nouvelle exposition intitulée « portraits calés ». La suite logique pour l’artiste local qui avait déjà proposé une exposition « Urbex » en 2023 dans la ville vauclusienne qui avait séduit un public nombreux.
Pour cette nouvelle exhibition de son travail, Jean-Pierre Rieu proposera une série de portraits décalés et réalisés sans trucage, exposés durant plus de deux semaines et ce en entrée libre et gratuite. « Nos visages disposent-ils tous de traits, d’expressions compatibles ? C’est la question que je me suis posée lorsque l’idée m’est venue d’effectuer des portraits que l’on pourrait qualifier d’insolites, ce que j’appelle les « portraits calés » a déclaré l’auteur de l’exposition.
« J’espère qu’à l’issue de cette exposition, vous serez convaincus, comme je le suis, que nous pouvons « mixer » la morphologie de nos visages. Dans la technique que j’emploie, pas de « tricherie », juste de la photographie sans trucage. Deux personnes posent et la photo qui en résulte n’est pas modifiée. Deux visages sur une même photo donnent naissance à une troisième entité. Pour obtenir ce résultat il convient d’effectuer, de façon harmonieuse, la juste superposition qui va créer ce nouveau personnage ».
Infos pratiques : exposition « portraits calés » de Jean-Pierre Rieu. Du mardi 10 septembre au samedi 28 septembre 2024. Pôle culturel Camille Claudel, hall d’exposition, 285 avenue d’Avignon, 84700, Sorgues. Entrée libre aux horaires d’ouverture du Pôle culturel. Plus de renseignements au 04.86.19.90.90.
La photographie et la peinture se rencontrent à Lacoste
Deux voisines habitant à Lacoste, Véronique Meredith et MacKenzie Mercurio, exposent leurs œuvres jusqu’au dimanche 18 août à La Cure à Lacoste.
L’une est artiste peintre, elle travaille sur de multiples techniques telles que l’encre et l’huile, des paysages aux natures mortes, et l’autre est photographe, elle crée des transferts sur bois de ses photographies originales, du floral au paysage, en passant par le portrait. Pour cette exposition, leurs deux univers se rencontrent et s’entremêlent.
Ouverture de 9h à 18h. Jusqu’au dimanche 18 août. La Cure Place de l’Église. Lacoste.
Ménerbes : exposition des œuvres en vente au profit du centre hospitalier du Pays d’Apt
Le fonds de dotation ‘Pour le Pays d’Apt, un hôpital d’avenir‘ organise la 3e édition de sa vente aux enchères d’œuvres d’art contemporain au profit du centre hospitalier du Pays d’Apt le jeudi 18 juillet. Les œuvres seront exposées du samedi 13 au mercredi 17 juillet au Domaine de la Citadelle à Ménerbes.
Ce sont 120 œuvres d’art, offertes par 85 donateurs, dont des artistes, des galeristes et des particuliers, qui seront exposées du 13 au 17 juillet au Domaine de la Citadelle à Ménerbes. Le 18 juillet, elles seront vendues aux enchère. Comme les années précédentes, la vente sera animée par Caroline Tillie-Chauchard, commissaire-priseur à la Maison de ventes Dame Marteau, et parrainée par Pierre Vasarely, président de la Fondation Vasarely.
Les profits de cette vente aux enchères seront reversés au centre hospitalier du Pays d’Apt. « Après le projet de modernisation du bâtiment court séjour du centre hospitalier du Pays d’Apt, c’est maintenant celui du secteur Grand Âge que le fonds de dotation va accompagner au cours de 5 années à venir, explique Shelagh Lester-Smith, présidente de ‘Pour le Pays d’Apt, un hôpital d’avenir’. Il concerne d’une part l’Unité de Soins de Longue Durée (USLD) et celle de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) et d’autre part l’EHPAD de la Madeleine qui prennent en charge près de 140 patients et résidents. »
Exposition du 13 au 17 juillet. De 10h à 19h. Domaine de la Citadelle. Route de Cavaillon. Ménerbes. Vente aux enchère le 18 juillet. 18h. Domaine de la Citadelle. Route de Cavaillon. Ménerbes.
Courthézon : exposition de photographies sous-marines au Cellier des princes
Le Cellier des princes à Courthézon organise une exposition du photographe et réalisateur Christophe Switzer. Ce dernier, qui prend pour référence le travail de Doisneau, pour son œil amusé, de Man Ray pour ses explorations et ses compositions, ou bien encore d’Elliott Erwitt pour son sourire curieux, présentera une quinzaine de clichés du mercredi 26 juin au jeudi 26 septembre 2024 dans la cave de ce producteur de Châteauneuf-du-Pape depuis 1925. Cette exposition sélectionnée au Festival Off Visa pour l’image 2023 débutera par son vernissage en présence de l’artiste qui se déroulera ce jeudi 27 juin à 18h.
Intitulée ‘Edmond, chasse sous-marine à Tahiti’ montre les plongées de ce tahitien qui vit sur la commune de Mataeia sur la grande terre. Paysan avec un P majuscule, il cultive toutes les semaines ses parcelles de taro bleu, élève des cochons et récolte les fruits de saison sur son terrain. Très attaché à son île, à sa culture et à ses traditions, il chasse au harpon les week-ends, derrière la barrière de corail quand la houle le permet. Il plonge à plus de 20 mètres, réalise des apnées de plus de 2 minutes 30 et reste parfois plus de 8 heures dans l’eau pour rapporter le poisson de la semaine et améliorer son ordinaire et celui de sa famille. « Comme ça, je choisis le poisson que je mange tu comprends ? C’est la mer qui donne quoi, mais c’est moi qui le pêche » dit-il en s’adressant à Christophe Switzer. Pour ce dernier, qui reprend les mots de la réalisatrice Agnès Varda : « Je ne veux pas montrer, mais donner l’envie de voir ».
‘Edmond, chasse sous-marine à Tahiti’. Du mercredi 26 juin au jeudi 26 septembre 2024. A découvrir de 9h à 19h, du lundi au samedi, et les dimanches et jours fériés, de 9h à 18h. Cellier des princes. 758, route d’Orange. Courthézon. 04 90 70 21 50. www.cellierdesprinces.fr