3 août 2026 |

Ecrit par le 3 août 2026

Percevoir L’Italie derrière le décor à l’Abbaye Saint André

Du 5 août au 31 octobre, l’Abbaye Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon accueille Metamorphosis, une exposition inédite du photographe et journaliste italien Alessandro Calvi. Une cinquantaine de photographies dévoilent les paysages emblématiques de la Toscane, de Venise, de la Sicile ou de la Basilicate façonnés par l’homme. Une réflexion aussi esthétique que politique, dans un monument historique dominant le Palais des Papes et ses deux hectares de jardins labellisés ‘Jardin remarquable’.

Au premier regard, les photographies d’Alessandro Calvi semblent célébrer une Italie éternelle. Routes sinueuses bordées de cyprès, lagune de Venise, collines de Toscane ou campagnes méridionales dévoilent un pays dont les paysages nourrissent depuis des siècles les peintres, les cinéastes et les voyageurs. Pourtant, le n’est pas là…

Les hommes qui façonnent le paysage
Derrière ces images d’une nature paisible se cache une réalité plus complexe : ces paysages sont le fruit d’une lente cohabitation entre l’homme et son environnement. Les collines toscanes, aujourd’hui emblèmes d’une Italie de carte postale, doivent autant à l’humanisme de la Renaissance et au travail des paysans qu’à la géographie elle-même. Même les célèbres routes serpentant entre les cyprès ont été dessinées au XXᵉ siècle pour répondre à un idéal esthétique inspiré des fresques médiévales d’Ambrogio Lorenzetti.

Une photographie qui questionne
Journaliste politique de profession, Alessandro Calvi aborde la photographie comme un travail d’enquêtes de terrain sur les transformations de l’Italie contemporaine, en particulier sous l’effet du tourisme de masse. Ses images, volontairement dépouillées de toute présence humaine, ne racontent pourtant que l’homme. Car partout apparaissent les traces de son intervention : villes, cultures, ouvrages hydrauliques ou infrastructures qui modèlent silencieusement le territoire.

Puglia 02 2007 Copyright Alessandro Calvi

Les métamorphoses de nos environnements
L’artiste préfère ainsi interroger les conséquences de nos choix d’aménagement plutôt que dénoncer frontalement les atteintes à l’environnement. Une démarche qui s’inscrit dans la lignée des écrivains Pier Paolo Pasolini ou Carlo Levi qui forgèrent son héritage intellectuel. Cette tension permanente entre contemplation et réflexion constitue tout le sel de Metamorphosis. La beauté des images attire le regard ; leur lecture invite à remettre en question ce que l’on croyait connaître.

Entre patrimoine, tourisme et métamorphoses
L’exposition interroge sur la préservation du paysage lorsque son succès touristique finit par le transformer. À partir de quel moment un territoire devient-il le décor de lui-même ? Certaines photographies montrent des lieux qui ont résisté aux mutations contemporaines ; d’autres témoignent d’une artificialisation progressive des campagnes pour satisfaire les attentes des visiteurs. La lagune de Venise, fragile chef-d’œuvre façonné durant des siècles, voisine avec le monumental Cretto d’Alberto Burri en Sicile, immense œuvre de land art réalisée sur les ruines de Gibellina après le séisme de 1968. A travers ces photos c’est aussi le sur-tourisme qui est évoqué et rappellent que les paysages évoluent au rythme des sociétés qui les habitent.

Un écrin au propos
Dominant le Rhône face au Palais des Papes, l’Abbaye Saint-André est devenue l’un des rendez-vous de la création contemporaine. Fondé dès le VIᵉ siècle, classé Monument historique, l’édifice offre une fraicheur bienvenue en ces temps de canicule où les vieilles pierres du patrimoine, l’art et la botanique au sein de deux hectares de jardins labellisés ‘Jardin remarquable’ proposent une pause du corps et de l’esprit. Après avoir consacré le printemps et le début de l’été aux Jardins imaginaires de Gustave Fayet, l’abbaye poursuit ainsi une programmation culturelle exigeante où expositions, concerts, visites, conférences et rendez-vous autour du paysage rythment toutes les saisons.

Les infos pratiques
Exposition : Metamorphosis du journaliste et photographe Alessandro Calvi. Du 5 août au 31 octobre 2026. Abbaye Saint-André, Fort Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon. Jusqu’au 30 septembre, du mardi au dimanche de 10h à 18h ; en octobre, du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 17h. Visite des jardins et de l’exposition : 9,50€ (tarif réduit 8€). Pass annuel disponible. Billetterie en ligne sur le site de l’Abbaye. Le café Hortus, installé dans les jardins panoramiques, est ouvert durant la saison. 04 90 25 55 95 www.abbayesaintandre.fr.
Mireille Hurlin


Percevoir L’Italie derrière le décor à l’Abbaye Saint André

Alors qu’Avignon s’apprête à vivre au rythme du Festival, la Galerie Rousset prend le contre-pied de l’effervescence estivale en accueillant Paysages de Corée du Sud, une exposition du photographe britannique Michael Kenna. Près de 38 tirages argentiques en noir et blanc invitent le visiteur à ralentir le regard et à redécouvrir la puissance de la contemplation. Une parenthèse enchantée pleine de sérénité au cœur de l’été.

Chaque été, Avignon devient une immense scène à ciel ouvert. Des milliers de festivaliers envahissent les rues de la cité des papes, portée par l’énergie des Festival In et Off d’Avignon. C’est dans ce contexte foisonnant que la Galerie Rousset propose une expérience résolument différente : celle du silence, du temps long et de la contemplation.

Jusqu’au 15 aout
Jusqu’au 15 août, l’espace d’exposition présente Paysages de Corée du Sud, une sélection de 38 œuvres du photographe britannique Michael Kenna, figure de la photographie contemporaine. Une exposition qui dialogue naturellement avec l’actualité culturelle de cette édition 2026, marquée par la mise à l’honneur de la langue coréenne au Festival d’Avignon, mais aussi par la célébration des 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud.

L’art de photographier le temps
Depuis près d’un demi-siècle, Michael Kenna poursuit une démarche artistique à rebours de la production photographique contemporaine. Là où le numérique privilégie l’instantanéité et l’abondance des images, le photographe revendique la lenteur et l’exigence de la photographie argentique. Ses clichés sont réalisés en poses longues, souvent avant l’aube, à la tombée de la nuit ou sous un ciel couvert. Les paysages s’y révèlent dans une lumière presque irréelle, débarrassés de toute agitation. Chaque tirage est ensuite développé manuellement par l’artiste dans sa chambre noire. Cette maîtrise technique nourrit une esthétique minimaliste qui laisse une large place à l’imaginaire. Comme le souligne lui-même Michael Kenna, ses images sont pensées comme un décor de théâtre dans lequel chacun est libre d’inventer sa propre histoire.

Sari Island, Heuksan-do, Shinan, South Korea, 2012 Copyright Michael Kinna

Une œuvre reconnue dans le monde entier
Né en Angleterre en 1953, Michael Kenna compte parmi les grands noms de la photographie internationale. Son travail a été exposé lors de 500 événements dans le monde et intègre régulièrement les collections de prestigieuses institutions, parmi lesquelles la Bibliothèque nationale de France, le Victoria and Albert Museum de Londres ou encore l’International Center of Photography de New York. En 2022, la France lui a décerné le titre d’Officier de l’ordre des Arts et des Lettres, récompensant une œuvre devenue une référence dans l’histoire de la photographie contemporaine.

Une galerie fidèle à son exigence artistique
Installée depuis plus de 25 ans rue Joseph-Vernet, au cœur de l’intramuros d’Avignon, la Galerie Rousset poursuit son travail de diffusion de l’art contemporain auprès des collectionneurs comme du grand public. Avec cette exposition consacrée à Michael Kenna, son fondateur, Ludovic Rousset, continue de proposer des artistes de renommée internationale tout en inscrivant sa programmation dans les grands temps forts culturels de la ville.

Les infos pratiques
Exposition : Paysages de Corée du Sud, Michael Kenna. Jusqu’au 15 août. Galerie Rousset, 56 rue Joseph-Vernet à Avignon. Œuvres exposées : 38 tirages argentiques noir et blanc (20 x 20 cm) Renseignements : 04 90 83 60 67 ; https://www.galerierousset.com/fr/accueil/
Mireille Hurlin


Percevoir L’Italie derrière le décor à l’Abbaye Saint André

L’an dernier, la communauté d’agglomération des Sorgues du Comtat s’est associé à Citeo afin de lutter contre les déchets abandonnés. A cette occasion, une exposition baptisée ‘Sortez de l’ombre, voyez la vie en couleurs. Soyez le relais du bon geste !’ et composée de clichés du photographe professionnel sorguais Cyril Cortez avait notamment été proposée. Aujourd’hui, cette exposition part à la rencontre des habitants des cinq communes de l’agglomération afin de proposer parcours visuel percutant et éducatif dont l’objectif est de sensibiliser le public aux bons et mauvais gestes du quotidien en matière de gestion des déchets.

« Cyril se distingue par son approche novatrice du cadrage, jouant avec la perspective, les couleurs, l’angle et l’action pour capturer des moments authentiques et inspirants, explique l’agglomération. Ces photographies, capturées sur l’ensemble de notre territoire, intègrent volontairement des éléments du patrimoine local, afin de renforcer l’idée que chaque geste compte dans la lutte contre les déchets abandonnés et la préservation de notre environnement. »

Crédit : Cyril Cortez

« Trier ses déchets est essentiel pour les valoriser, complète Michel Terrisse, vice-président des Sorgues du Comtat en charge de l’environnement. Mais le plus important reste de les réduire car n’oublions pas que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. »
« Il faut aussi changer notre regard pour voir en nos déchets de futures ressources », complète Cyrille Gaillard, vice-président des Sorgues du Comtat en charge des déchets.

Les ‘bons’ et les ‘mauvais’ gestes
Composée de 2 parties avec les ‘mauvais’ gestes (6 panneaux en noir et blanc montrant les actions à éviter) et les ‘bons’ gestes ‘6 panneaux couleurs illustrent les actions positives à adopter’, l’exposition débute à Bédarrides de janvier à février. Elle se déplacera ensuite à Althen-des-Paluds de mars à avril, à Sorgues de mai à juillet, à Pernes-les-Fontaines d’août à octobre et enfin à Monteux, au siège de l’agglomération, en novembre et décembre 2025.

L.G.


Percevoir L’Italie derrière le décor à l’Abbaye Saint André

Le siège de la Fondation VII, situé à Arles, accueille sa première exposition : ‘See Through the Noise’. Une exposition collective qui est visible jusqu’au 31 janvier 2024.

L’objectif de la Fondation VII est de transformer le journalisme visuel en donnant la parole à de nouvelles voix et en créant des histoires qui prônent le changement. L’exposition ‘See Through the Noise’ est une rétrospective collective des photographes de VII. De la guerre en Bosnie à la guerre en Ukraine, elle présente certains des évènements les plus marquants de l’histoire dont ils ont été témoins.

Avec des scènes épiques comme la bataille du pont de Dyala en Irak, et des moments plus intimes comme celui d’un Américain travaillant sur son camion, cette exposition couvre un large éventail des questions qui sont au cœur du travail des photographes de VII. Cette exposition met l’accent sur l’engagement de la fondation pour la vérité dans le journalisme. Bon nombre des photographies exposées ont déjà reçu les prix les plus prestigieux de l’industrie, ont été publiées dans les principaux médias, dont TIME Magazine, Der Speigel, National Geographic, Le Monde, The New York Times et Paris Match, ou sont entrées dans les collections des plus grands musées et institutions.

Composée de photographies, d’informations contextuelles et de textes, l’exposition comporte des œuvres d’Ali Arkady, Anush Babajanyan, Jocelyn Bain Hogg, Philip Blenkinsop, Alexandra Boulat, Eric Bouvet, Stefano De Luigi, Linda Bournane Engelberth, Danny Wilcox Frazier, Ziyah Gafic, Ashley Gilbertson, Ron Haviv, Ed Kashi, Gary Knight, Joachim Ladefoged, Paul Lowe, Christopher Morris, Seamus Murphy, Maciek Nabrdalik, Ilvy Njiokiktjien, Franco Pagetti, Espen Rasmussen, Daniel Schwartz, John Stanmeyer, Maggie Steber, Nichole Sobecki, Sara Terry et Tomas Van Houtryve.

Jusqu’au 31 janvier 2024. Entrée libre. Du mercredi au samedi de 11h à 17h jusqu’au 6 novembre. Les mercredis de 11h à 17h à partir du 6 novembre. 49 Quai de la Roquette. Arles.

V.A.

https://www.echodumardi.com/tag/photographies/   1/1