21 avril 2026 |

Ecrit par le 21 avril 2026

Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse

Avec l’effervescence liée à la campagnes des élections municipales, l’information était passée quasiment inaperçue : le Département a décidé de suspendre l’heure d’été en Vaucluse. En cela, il applique un projet de suppression de ce changement d’heure voté en 2019 par les eurodéputés et mis jusqu’alors en ‘stand-by’ avec l’arrivée du Covid-19. Si localement la mesure vise avant tout à respecter le rythme des enfants, elle devrait cependant entraîner quelques complications dans le quotidien des Vauclusiens.

Pas le temps de s’habituer. A peine sommes nous passés à l’heure d’été dans la nuit de samedi à dimanche dernier, que le Département de Vaucluse vient de suspendre cette mesure. A l’image des territoires et départements d’Outre-Mer exemptés, le Vaucluse est donc repassé à l’heure d’hiver depuis ce mercredi 1er avril minuit. Conséquence ? Il y a désormais 1 heure de décalage entre le département et le reste de la France et cela jusque ce que l’Hexagone repasse à l’heure d’hiver le dimanche 25 octobre prochain. Entre-temps les Vauclusiens devront apprendre à jouer avec leur montre.

Mieux respecter le rythme biologique de nos enfants
« Nous avons pris cette décision afin de respecter au mieux le rythme de nos enfants, explique le Département de Vaucluse. En effet, ce n’est plus à démontrer que ces changements artificiels d’horaires créent un décalage dans l’horloge biologique des jeunes vauclusiens dont le cerveau a besoin de plusieurs jours pour se réadapter. »

Ayant en charge 41 collèges publics répartis sur la totalité du Vaucluse, c’est donc tout naturellement que le Conseil départemental a profité de cette nouvelle compétence inattendue exhumée à l’occasion du déménagement des archives du palais des papes (voir encadré ‘L’heure des papes : une exception vauclusienne’) pour apporter une plus grande stabilité aux rythmes scolaires des jeunes vauclusiens.

Tout savoir sur l’heure d’été
Le changement d’heure a été instauré en France à la suite du choc pétrolier dans les années 1970. Les dates de changement d’heure ont ensuite été harmonisées au sein de l’Union européenne en 1998. Depuis, le passage à l’heure d’hiver s’effectue le dernier dimanche d’octobre et le passage à l’heure d’été, le dernier dimanche de mars dans tous les pays membres.
Le principe de l’heure d’été n’est toutefois pas nouveau. En France, il a été appliqué pour la première fois en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, dans l’objectif d’économiser le charbon. Après plusieurs modifications et son abandon à la Libération, le dispositif est réintroduit dans l’Hexagone en 1975, avec une première application en 1976. Le changement d’heure ne s’applique pas outre-mer, sauf pour Saint-Pierre-et-Miquelon.

La Région joue la montre
« Cette décision est valable sur l’ensemble du territoire de Vaucluse. Elle concerne tous les secteurs d’activité, publics comme privés. Il n’y pas d’alternative dérogatoire », précise le nouveau ‘service de la temporalité apaisée’ créé pour l’occasion par le Département afin de contrôler l’application stricte de la mesure à l’intérieur du périmètre départemental. Implanté dans la toute nouvelle ‘Maison du temps’ située place de l’Horloge à Avignon, la structure est dirigée par Eléonore Loge.
« Concrètement, depuis aujourd’hui le Vaucluse affiche 1 heure de décalage avec le reste de France, rappelle la responsable. Par exemple, quand il est 19h dans la France entière, il est désormais 18h en Vaucluse où s’applique maintenant sans restriction aucune l’heure d’hiver. »

L’application de la mesure demande toutefois encore quelques ajustements. En effet, dans les 6 cités mixtes scolaires de Vaucluse où cohabitent un collège et un lycée, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, responsable des lycées, n’a pas encore répondu favorablement à la dérogation formulée par le Département.
« Ce n’est qu’une question de temps, assure Eléonore Loge. En attendant, nous avons provisoirement coupé la poire en deux en espérant régulariser la situation rapidement. Dans ces établissements, il n’y aura qu’une demi-heure de décalage pour l’instant. »
Un vrai casse-tête à prévoir néanmoins pour les élèves et pour les parents. « Ce n’est pas grave, c’est pour leur bien que nous appliquons enfin la suppression de ce changement d’heure voté par les eurodéputés en 2019. »

‘L’heure des papes’ : une exception vauclusienne
« C’est en déménageant la totalité de nos archives du palais des papes vers Memento, notre nouveau pôle des patrimoines situé à Agroparc, que nous avons exhumé une ancienne bulle papale intitulée ‘papalis temporalitas’ », explique le conseil départemental de Vaucluse.
Cet écrit juridique traitant des détails de la temporalité à l’époque des papes en Avignon dresse avec minutie l’application des horaires dans les états pontificaux. Paraphé directement de la main du suisse Tissot III (ndlr : 10e pape caché d’Avignon et père de Rolex V, autre souverain pontife helvète réputé pour sa ponctualité), le document accorde « à jamais » les pleins pouvoirs spirituels « mais aussi temporels » à ceux qui présideront aux destinées du Comtat Venaissin.
« Par extension, il apparaît que cette prérogative revient de droit aujourd’hui à la présidente du Conseil départemental de Vaucluse, dont le territoire descend indirectement des anciens états pontificaux », constate les services juridiques de la collectivité départementale. Une nouvelle compétence, aussi inattendue qu’inédite, sur laquelle s’est donc appuyé l’exécutif départemental pour prendre cette décision en faveur d’une plus grande stabilité des rythmes scolaires des jeunes vauclusiens.

Retour vers le futur pour Orizo et la SNCF ?
C’est surtout dans les transports que la mesure est la plus dure à appliquer. Particulièrement dès que l’on franchira les frontières du Vaucluse.
« C’est vrai qu’en prenant le train de 8h à Marseille pour rejoindre Avignon, on arrivera à 7h30, constate la SNCF. Cela peut avoir certains avantages d’arriver avant d’être parti. Par contre, dans l’autre sens il faudra faire attention. Il faudra rajouter 1 heure à la durée de son trajet. »
La SNCF ne s’alarme toutefois pas car elle maîtrise déjà l’art du décalage horaire. « Au XIXe siècle, lors du développement de la ligne PLM (Paris, Lyon, Marseille), les horloges de la gare d’Avignon avaient un quart d’heure d’écart avec celle de Marseille. Alors un peu plus ou peu moins… »
En revanche, cela devrait plus problématique chez Orizo, le réseau de transport en commun de l’agglomération du Grand Avignon. A cheval entre le Gard et le Vaucluse, l’ensemble de ses lignes de bus devra jongler avec les horaires chaque fois qu’un bus franchira le pont Daladier ou celui de l’Europe dans un sens ou dans un autre.

« C’est mon patron qui va être content. »

Une salariée gardoise travaillant à Agroparc

On peut cependant compter sur notre sens de l’adaptation pour s’accommoder à ces nouvelles contraintes.
« C’est mon patron qui va être content. D’habitude, je suis toujours en retard au travail, avoue une salarié gardoise travaillant dans la zone d’Agroparc. Maintenant, j’arriverais toujours en avance. L’inconvénient, c’est que je rentrerai 1 heure plus tard chez moi… »
Plutôt résigné, un habitant de Valréas travaillant dans le Nord-Vaucluse nous détaille son astuce pour ne pas s’y perdre. « Entre l’enclave, puis la Drôme et le passage en Vaucluse à nouveau, j’ai vraiment peur de ne pas m’y retrouver. Du coup, j’ai acheté 2 montres. Celle à mon poignet droit me donnera l’heure vauclusienne et celle à ma main gauche servira pour l’heure française. »

Piscis Aprilis


Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse

Tout d’abords un grand merci à vous. Notre dernier 1er  avril est sans conteste celui qui a rencontré le plus grand succès d’audience auprès de nos lecteurs, loin devant la crème dessert Mont-Ventoux, les changements de noms des communes de Vaucluse ou bien encore le rachat du pont d’Avignon par la région Occitanie.

Lorsque l’Echo du mardi était encore édité en papier, notre rythme hebdomadaire ne nous offrait la possibilité de réaliser un 1er avril que tous les 7 ans. Notre dernier ‘poisson’ en version papier remonte ainsi à 2014. Nous avions alors annoncé le prolongement en Lego du pont saint-Bénézet. Désormais, en devenant 100% numérique début 2021, c’est donc chaque année que nous pouvons laisser libre cours à nos divagations. Crédit : Devisocom/Echo du mardi/Adobe stock

Merci également pour vos nombreux retours amusés. Vous l’avez tous compris, la limitation de vitesse sur les routes départementales de Vaucluse ne passera évidemment pas à 84km/h, encore moins à 84,2km/h à Carpentras et ainsi de suite…

Avec ce canular, l’Echo du mardi rappelle simplement son attachement à cette tradition du 1er avril. Un ‘poisson’ qui, un temps délaissé, semble peu à peu faire son retour dans le monde de la presse et des médias.
A l’heure des fausses informations circulant en masse sur les réseaux sociaux et le net notre petite plaisanterie n’a pour seule ambition que de vous rappeler de rester vigilants vis-à-vis des informations auxquelles vous êtes confrontés y compris celles provenant de l’Echo du mardi. Le meilleur pare-feu au ‘fake news’ reste votre intelligence. Ne croyez donc pas tout ce que l’on vous dit. Gardez un œil critique sur vos médias, ils n’en seront que meilleurs.


Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse

Le coup de com’ du Conseil départemental de Vaucluse est aussi réussi que ce qu’il a été discret. Ainsi, après l’Eure qui a voté en février dernier le retour aux 90km/h, le Vaucluse sera le 54e département français à revoir la vitesse à la hausse sur le réseau routier dont il a la charge. La mesure devrait être effective à compter du 1er avril de l’année prochaine.

Alors que la vitesse sur les routes secondaires françaises a été abaissée à 80km/h depuis le 1er juillet 2018, les services de l’Etat ont autorisé depuis 2020 les conseils départementaux à relever à nouveau ce seuil à 90km/h. Ainsi, 53 départements hexagonaux sont repassés à ce jour, sous conditions (voir en fin d’article) aux anciennes limitations de vitesse. Dernier en date, celui de l’Eure qui a officiellement voté cette mesure le 7 février 2025 après que son président, Alexandre Rassaërt, ait annoncé son souhait de retrouver l’ancien seuil en octobre 2024. Pour le département normand la mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Le temps notamment d’implanter la nouvelle signalisation pour un montant estimé à 200 000€.

Si la vitesse sera de 84km/h en Vaucluse, cette limitation sera portée à 84,1km/h à Orange, 84,5km/h à Bollène et 84,8km/h à l’Isle-sur-la-Sorgue. Crédit : Devisocom

Une bonne affaire pour le département…
Pour le Vaucluse, cela faisait longtemps que le Conseil départemental réfléchissait à un retour sur les anciennes limitations de vitesse, surtout depuis qu’une majorité de départements ont enclenché la marche arrière. Cependant, le coût de l’opération constituait jusqu’alors un véritable frein à cette décision en raison de son prix, particulièrement en cette période de restrictions budgétaires pour les collectivités locales. En effet, le coût de pose d’un panneau est compris entre 200 et 250€ environ. Néanmoins, la vigilance des agents vauclusiens en charge des routes du département leur a permis de dénicher une vente flash sur le site le bon coin-coin dédié aux bonnes affaires pour les collectivités locales. Il faut dire qu’à 84€ les 100 panneaux l’offre est alléchante, rendant ainsi la démarche, qui sera effective le 1er avril 2026, quasiment gratuite.

… et un sacré coup de com’
Profitant de l’aubaine, l’administration départementale s’est donc engouffrée dans l’opération. Flairant également le bon coup de com’, le Département a aussi pris une décision inédite : « rien ne nous oblige à augmenter la vitesse jusqu’à 90 km/h. Nous sommes dans le département 84 alors la vitesse sera portée à 84km/h. Comme cela tout le monde est content : ceux qui veulent aller plus vite et ceux qui souhaitent que l’on roule à des vitesses raisonnables sur nos routes. » C’est vrai que la différence de vitesse est minime alors que le coup marketing est une vraie réussite.

Pour les gendarmes de Vaucluse, les contrôles de vitesse seront différents selon les communes où ils seront réalisés. Crédit : gendarmerie nationale

Les communes montent au créneau
Toutefois, l’initiative départementale a suscité une certaine ‘jalousie’ de la part des communes de Vaucluse.
« Pourquoi le Département serait le seul à bénéficier de ce coup de com’ ?, s’interroge la municipalité de l’Isle-sur-la-Sorgue. Nous, notre code postal ce n’est pas 84 000 mais 84 800. Alors nous voulons que la limitation de vitesse soit fixée 84,8 km/h sur les portions de routes départementales situées sur notre commune. »
Un vœu exaucé par le Département qui s’est engagé à installer des panneaux de limitation en fonction des du code postal des principales villes de Vaucluse.

Ainsi, ces limitations vont être portées à 84,1km/h à Orange, 84,2km/h à Carpentras, 84,3km/h à Cavaillon, 84,4km/h à Apt, 84,5km/h à Bollène, 84,6km/h à Valréas et 84,7km/h à Sorgues. Pour sa part, Avignon (84 000) restera aligné sur le reste des autres routes du département.
Avec son code postal 84 170 la ville de Monteux a bien tenté le coup des 84,17km/h mais ce sont les forces de l’ordre qui ont mis ‘le holà’ à cette décentralisation des limitations de vitesse. « Nos appareils de contrôle ne permettent pas de mesurer au 100e », explique la gendarmerie de Vaucluse.
En attendant, le trajet Avignon, Sorgues, Orange risque de constituer un sacré casse-tête pour les automobilistes vauclusiens : 84 km/h, 84,7km/h puis 84,1km/h…

Le Gard ambitionne de devenir la plus grande ‘zone 30’ au monde. Crédit : DR

Un modèle pour les autres départements français ?
En tout cas, l’initiative vauclusienne semble déjà inspirer d’autres départements. Si pour le territoire de Belfort (90), le retour au 90km/h raisonne comme une évidence, le Gard y voit surtout une belle opération de ‘greenwashing’ si chère aux élus de la rive droite de Rhône : « En passant à 30km/h sur l’ensemble du Gard, le département deviendra plus grande zone 30 d’Europe, voir du monde » se félicite-t-on déjà côté gardois. Pas sûr pourtant que cet enthousiasme soit entièrement partagé par les usagers locaux de la route.
Dans les Bouches-du-Rhône, les automobilistes semblent davantage résignés. « Rouler à 13 km/h sur les départementales ce sera toujours plus vite que de circuler à Marseille… »

George Abitbol

Quels sont critères pour augmenter la vitesse sur une route départementale ?
Attention cependant, toutes les portions de routes départementales de Vaucluse ne sont pas concernées par cette décision. En effet, seules celles intégrant les critères de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019 sont éligibles.
Ainsi, pour augmenter la vitesse, les tronçons concernés doivent faire au moins 10 km de long. Par ailleurs, ces voies ne doivent pas non plus comporter d’intersections avec un tourne-à-gauche, d’arrêts de transport en commun, de croisements avec des chemins de randonnée, de traversées de hameaux, de circulation d’engins agricoles et d’obstacles en bord de route. Au final, sur les 2 330 kilomètres du réseau départemental, seuls 84 kilomètres seront finalement concernés par cette mesure.

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