29 août 2025 |

Ecrit par le 29 août 2025

Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

L’ancien élève du lycée Mistral va-t-il mettre tout le monde d’accord ? Evoquée depuis plusieurs mois, la piste d’une candidature du journaliste Olivier Galzi à la mairie d’Avignon est désormais de plus en plus plausible. A l’image de Patrick de Carolis, son ancien patron aujourd’hui maire d’Arles, il ambitionne de mettre ses réseaux et son expérience au service de la municipalité de la cité des papes. Ce représentant de la société civile aura pourtant fort à faire, car les candidats ne manquent pas pour succéder à la maire actuelle qui ne se représente pas.

En renonçant à briguer un 3e mandat à la mairie d’Avignon comme elle en avait fait la promesse dès sa prise de fonction, Cécile Helle a très largement ouvert le champ des possibles à l’occasion des prochaines élections qui se joueront en mars 2026.
Rarement en effet, des municipales auront été aussi indécises dans la cité des papes. Il faut dire qu’à ce jour l’équation est à multiple inconnus et ils sont nombreux à vouloir prendre la tête de seule grande ville du Sud-Est détenue par la gauche avec Marseille.

Qui pour récupérer le fauteuil de la ‘patronne’ ?
Du côté de la majorité actuelle, à ce jour ils sont déjà trois à s’être déclarés vouloir récupérer le fauteuil de ‘la patronne’, qui a bien pris soin de ne pas désigner de successeur.
Sur la ligne de départ : Joël Peyre, conseiller municipal délégué aux finances, qui a été le premier à ce lancer en avril dernier, Paul-Roger Gontard, adjoint au maire délégué au développement territorial et urbain, et David Fournier, adjoint délégué à l’administration générale et au personnel, qui après avoir réuni près de 250 personnes pour son premier rassemblement officiel est en train de fédérer sans bruit l’essentiel des partis de gauche qui, majoritairement prônent une union dès le premier tour.
Trois profils différents, mais qui tous s’inscrivent dans la continuité en revendiquant le bilan des deux mandats de la majorité municipale de Cécile Helle.

« La radicalisation du mouvement ces derniers mois semble pousser chaque jour davantage LFI hors du champ de la gauche républicaine. »

La gauche républicaine empêtrée dans la toile LFI ?
Pour eux, la clef du succès sera très certainement leur positionnement par rapport à La France Insoumise (LFI). Grand vainqueur des dernières élections législatives après le parachutage du fort controversé Raphaël Arnault, le parti de Jean-Luc Mélenchon ambitionne de présenter systématiquement des candidats dans toutes les villes de plus de 9 000 habitants.
Cependant, la radicalisation du mouvement ces derniers mois semble pousser chaque jour davantage LFI hors du champ de la gauche républicaine. En plus, localement La France Insoumise a publiquement annoncé sa volonté d’une « rupture avec le bilan de la majorité municipale actuelle ».
Inacceptable pour les 3 candidats ‘Helliste’ pour qui la difficulté désormais se résume à : Comment siphonner l’électorat LFI sans s’afficher aux côtés du mouvement de ‘la tortue sagace’ ?

Le RN en position d’arbitre
A droite, pas davantage de certitudes. Si le RN sait à quoi s’en tenir, fort de ses 45,02% au second tour des dernières élections législatives sur Avignon l’an dernier ainsi que de ses 30,06% au 2e tour des municipales de 2020 dans la cité des papes, il n’a finalement remporté aucun de ces deux scrutins. Ni Catherine Jaouen, la députée sortante, ni Anne-Sophie Rigault, la leader de l’opposition municipale n’ayant réussi à arracher la victoire au profit de la formation politique de Marine Le Pen. Un plafond de verre qui aurait même incité le RN à envisager de parachuter un cacique du parti afin de tenter de rafler la mise. Le très médiatique député RN du Nord Sébastien Chenu, ayant aussi des attaches dans le Pays d’Arles, a longtemps figuré en pole position même si sa désignation ne semble plus à l’ordre du jour. Pour l’heure, le RN n’a donc officialisé aucune candidature dans cette ville où il totalise un bon tiers des voix. Pas forcément suffisant toutefois dans une commune qui s’est ‘boboïssée’ dans son cœur et radicalisée dans sa périphérie. Il est vrai qu’Avignon présente aujourd’hui un profil électoral ressemblant plus à celui d’une métropole, voire à la Seine-Saint-Denis ou au quartier Nord de Marseille par endroit, qu’à une traditionnelle ville moyenne. Le RN le sait et table sur une triangulaire ou quadrangulaire pour s’affranchir du sempiternel front républicain.

« Depuis Marie-Josée Roig, la droite avignonnaise est ‘éparpillée par petits bouts, façon puzzle’. » 

Une droite « éparpillée, façon puzzle »
Pour le reste de la droite, il faut bien reconnaître que depuis Marie-Josée Roig, maire d’Avignon de 1995 à 2014 décédée l’an dernier, l’opposition ‘classique’ est plutôt « éparpillée par petits bouts, façon puzzle ».
S’appuyant sur Avignon Passion, l’association dont il est président, Le Républicain, Julien Aubert souhaite depuis plusieurs mois maintenant remettre tout le monde en ordre de bataille. Sa récente intervention dans nos colonnes sur les questions de mobilités, dont il a saisi qu’elles constitueraient un de enjeux majeurs de la future élection, prouve sans conteste ses ambitions. Pour autant, l’ancien député de la 5e circonscription de Vaucluse n’a encore jamais annoncé sa candidature, ménageant le suspens car il se sait coincé par une image ‘trop à droite’, notamment liée à ses prises de position Rassemblement Bleu lavande et Oser la France. Julien Aubert a très bien compris, qu’entre les épouvantails des deux extrêmes (LFI et RN dont il peut aspirer une partie des électeurs), c’est au centre que devrait se jouer le fauteuil du maire d’Avignon. Il ne se déclarera donc que s’il estime avoir une chance de rassurer et rassembler cette partie de l’électorat.

Les partis de la majorité présidentielle veulent peser sur le scrutin
Quant aux partis présidentiels, les chefs de file émergent peu à peu. Julien Paudoie, l’actuel élu d’opposition à Rochefort-du-Gard également conseiller communautaire Grand Avignon, vient ainsi tout juste d’être désigné par le parti présidentielle Renaissance pour mener campagne sur Avignon. De son côté Valérie Wagner, DGS de Caumont-sur-Durance, veille aux destinés d’Horizons, la formation de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. Enfin, le divers droite Michel Bissière, conseiller régional délégué à la création artistique en Région Sud siégeant aussi dans les rangs de l’opposition municipale entend avant tout « faire barrage aux extrêmes ».
Tous ensembles, avec Christian Paly ancien élu d’opposition aujourd’hui Renaissance, et Annabelle Vega de l’UDI, ils viennent de lancer le collectif Voix d’Avignon afin de se lancer dans la course des prochaines municipales. Avec un objectif : peser sur le scrutin en faisant du centre, l’axe gagnant de ce scrutin. Dans quelle mesure y arriveront-il ?

Les prétendants sont nombreux à vouloir succéder en 2026 à Cécile Helle dans son fauteuil de l’Hôtel de Ville d’Avignon. Crédit : FredP-Adobe stock

Une 3e voie pour un représentant de la société civile ?
Devant tant d’incertitudes, les scénarii semblent multiples. Laissant même, pourquoi pas, la place à une 3e voie, celle d’un représentant de la société civile. Ni réellement à droite, ni réellement à gauche, ce candidat ‘idéal’ devra déjà éviter l’écueil d’un parachutage en affichant un lien fort avec la cité des papes. Il devra aussi être un pont avec le monde économique locale, domaine qui se sent particulièrement délaissé sur ce territoire. Enfin, dans une ville comme Avignon, il devra également avoir une forte appétence pour le secteur culturel.

Un prétendant répond à ce portrait-robot : le journaliste Olivier Galzi. Si son nom était murmuré depuis plusieurs mois, cette possibilité prend réellement corps aujourd’hui. L’ancien élève du collège Joseph Vernet, puis du lycée Mistral et du DEUG Communication et sciences du langage de l’université d’Avignon songe très sérieusement à se lancer lui aussi dans la course. A l’image de Patrick de Carolis, son ancien patron au sein de France Télévisions et maire d’Arles depuis 2020 dont il est originaire, Olivier Galzi souhaite donc mettre son expérience et ses réseaux aux services de la cité des papes qu’il n’a jamais réellement quitté durant toute sa carrière.

Qui est Olivier Galzi ?
Après ses études à Avignon, il sera diplômé de Sciences Po Grenoble et titulaire d’un certificat en relations internationales et management de l’École nationale d’administration publique du Québec (ENAP). C’est en 1994, que débute sa carrière de journaliste. Il réalise alors des reportages pour Le Figaro, Le Point et Jeune Afrique au Rwanda, dont le premier entretien international du général Kagamé.
En 1998, il se rendra en Afghanistan où il interviewe le commandant Massoud. C’est à cette époque qu’il rejoint France Télévisions en tant que reporter puis grand reporter pour les journaux télévisés et l’émission Envoyé spécial. Il deviendra ensuite présentateur du JT de Télématin et ponctuellement de ceux de 13h et de 20h. Il assure également la présentation de nombreuses émissions spéciales.
En 2011, il intègre I-Télé, la chaîne d’information continue du groupe Canal+, qu’il quitte en 2018. C’est à ce moment-là que celui qui a été président pendant 6 ans du Press Club de France rejoint le groupe TF1 comme journaliste présentateur et rédacteur en chef de l’émission ‘9H Galzi’, diffusée sur LCI.

France Télévisions, I-Télé, LCI, le journaliste avignonnais Olivier Galzi est aussi un spécialiste de la gestion des infrastructures dans les territoires. Crédit : DR

Un savoir-faire dans la gestion des monuments et leur animation
En 2020, Olivier Galzi décide de changer de secteur pour devenir vice-président exécutif dugroupe Edeis, en charge de la stratégie, de la communication et du développement, poste qu’il occupera jusqu’à la revente du groupe en 2025. Il va transformer ce groupe d’ingénierie pour. en faire ce qu’il a appelé « l’allié des territoires », à savoir une boîte à outil globale au service des territoires, allant de la conception à la gestion des infrastructures. Durant cette période, Edeis va notamment récupérer la gestion du théâtre antique d’Orange, où cet acteur dans le domaine de l’ingénierie et de la gestion d’infrastructures va développer l’Odyssée sonore, un spectacle immersif récompensé d’un Award de l’innovation 2024 au CES de Las Vegas. Dans la région, Edeis assure aussi la gestion des monuments romains de la ville de Nîmes (Arènes, Maison Carrée et la Tour Magne) depuis 2021.

Aujourd’hui, celui qui a été formé à l’Institut des Hautes Études de l’Entreprise (IHEE) revendique « une expérience journalistique de haut niveau à une vision stratégique de l’entreprise et des enjeux territoriaux ». C’est à ce titre qu’il a créé OG Consulting et production, une société de conseil spécialisée dans le secteur de la communication et de la stratégie. Dans le cadre de cette société, il a accompagné différents groupes dans leur stratégie de développement et de communication (Cartier, Vacheron Constantin, Transdev, Valeo, Michelin, Edeis…). Un parcours qui pourtant ne l’a jamais éloigné d’Avignon. Avec ou sans lui ? La réponse devrait tomber avant l’automne pour Olivier Galzi.


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

Claude Avril déborde d’idées pour continuer à rénover et embellir son village « dans le respect de sa beauté naturelle ». S’il souhaite développer un tourisme à visage humain, il n’en oublie pas les grands dossiers d’aménagement de son bassin de vie et plaide pour l’usage du transport fluvial ainsi que pour l’urgence de réaliser un troisième pont sur le Rhône.

Elu maire de Châteauneuf-du-Pape en 2014 et réélu haut la main aux municipales de 2020 avec 83,45% des suffrages, il le confirme : « Ce sont les projets qui nous font avancer. Ils sont fondamentaux ». Et des projets, même s’il en a réalisé depuis plus de 10 ans, il lui en reste encore plein la musette dans ce village qui fut la résidence d’été des papes lorsque ceux-ci étaient encore installés à Avignon.

Le pari de la culture et du vin
Dans cette commune d’un peu plus de 2 000 habitants, terre de vignes réputées dans le monde entier depuis plus de sept siècles et première Appellation d’origine contrôlée (AOC) de France dès 1936 grâce au Baron Le Roy, le maire insiste : « Nous avons la chance d’être entourés par un magnifique environnement historique, patrimonial, géographique, viticole, culturel. A nous de le développer tout en le préservant pour continuer à bien vivre à Châteauneuf ».
Après Les Causeries et la matinée passée avec bonheur entre Sylvain Tesson et Franck Ferrand en mai, Châteauneuf en bulles et les fans de BD attirés par milliers grâce à Raphaël Vannelle qui les a organisés avec toute l’équipe municipales en juin, Châto’Off les murs en partenariat avec le Festival d’Avignon (du 15 au 19 juillet) et le passage du Tour de France cycliste, mardi prochain 22 juillet, sur la Route du Mont- Ventoux, le village regorge de festivités à destination de la population et des touristes qui débarquent par cars entiers au pied du château.

Une terre de solidarité
« Mais ici, à Châteauneuf, on s’occupe de tous sans distinction. Il faut savoir qu’il y a 13,5% de logements sociaux, 10% de chômeurs, 20 à 30% de familles modestes et des gens aisés, voire riches » explique le premier magistrat. « Nous avons tissé des liens intergénérationnels avec l’ensemble de la population. Par exemple, la piscine associative est réservée tous les matins aux seniors et aux mamans avec leurs enfants, qui paient 30€ à l’année. De même, en nous basant sur le quotient familial, nous envoyons au frais l’été et au ski l’hiver, en colonie de vacances, les petits aux Orres et à Montgenèvre. Nous ne pourrions pas le faire sans la fameuse ‘Cuvée des Hospices’ organisée par les vignerons du village qui rapporte entre 60 et 80 000€ par an ». Dans le même esprit de solidarité avec les plus démunis, les invendus alimentaires non périmés de la supérette sont offerts, à l’abri des regards, aux pensionnaires du CCAC (Centre communal d’action sociale), aux personnes âgées, aux saisonniers…

« Ici, à Châteauneuf, on s’occupe de tous sans distinction. »

La ‘Cuvée des Hospices’ des vignerons permet à la commune de financer de nombreux projets sociaux comme la piscine associative intergénérationnelle notamment. Crédit : DR/Mairie de Châteauneuf-du-Pape

Moins de poids lourds, davantage de projets
Après avoir aménagé la place Jean Moulin, avec son Benedetti Caffè, sa Maisouneta et son Comptoir de la Mère Germaine qui ne désemplissent pas semaine et week-ends compris, Claude Avril est en train d’implanter un parking supplémentaire végétalisé dans le quartier des Arènes. Objectif ? Désengorger la circulation sur les hauteurs. « Ce seront 220 places avec des caméras de vidéo-protection. Un investissement de plus de 1,3M€ que nous n’aurions pu faire sans l’appui de l’intercommunalité du Pays d’Orange en Provence qui aide un petit bourg comme le nôtre » ajoute-t-il.

La place Jean-Moulin, nouveau lieu de vie du village. Crédit : DR/Mairie de Châteauneuf-du-Pape

Un projet pour valoriser le Château Pontifical
Autre projet et non des moindres puisque sa silhouette est visible à des kilomètres alentour, le Château Pontifical qui date de 1317.
« C’est un site historique et emblématique que nous voulons valoriser. Nous avons procédé en 3 étapes-clés depuis 8 ans : en 2015, un diagnostic d’archéologie préventive avec les services du Département de Vaucluse. En 2017, une étude documentaire en liaison avec l’Université d’Avignon pour analyser les archives écrites et iconographiques et en 2018 une étude archéologique du bâti qui a révélé, par endroits, une montée des eaux par capillarité. D’ici à 2026, en accord avec tous les organismes habilités, la DRAC, les Bâtiments de France et les Monuments Historiques, le Mur ouest va être consolidé, les joints refaits. A terme, nous allons réhabiliter dans les règles de l’art ce site unique, construire une nouvelle salle au-dessus de celle qui existe, avec un ascenseur, un belvédère et une vue à couper le souffle à 360° pour y organiser des évènements culturels d’exception. Il faut que ce joyau médiéval retrouve la place qu’il mérite au cœur du patrimoine régional et national. »
Il a aussi en tête l’idée d’une fête autour de tous les Anglo-Saxons, Irlandais, Gallois, Ecossais, Anglais, Américains, Australiens, Néo-Zélandais qui fréquentent régulièrement Châteauneuf. Elle aurait lieu autour du 4 juillet, jour de la Fête Nationale des Etats-Unis, en mémoire de Lafayette et pourrait aussi créer un évènement festif supplémentaire.

Le maire de Châteauneuf-du-Pape milite pour une meilleure utilisation du Rhône, notamment pour le transport des granulats et des carrières ainsi que pour la réalisation d’un nouveau pont sur le fleuve-roi. Crédit : Emmanuel Chandelier/Mairie de Châteauneuf-du-Pape

« Il faut absolument un troisième pont sur le Rhône. »

Claude Avril parle de « court et moyen terme » pour échelonner dans le temps tout ce qui doit permettre aux habitants de Châteauneuf de s’épanouir dans un environnement calme et préservé Or, malgré l’interdiction faite aux camions de traverser le village et de polluer la vie des Châteauneuvois, la circulation reste un problème. « Y’en a marre de récupérer le trafic du Gard. Il faut absolument un troisième pont sur le Rhône après ceux de Roquemaure et d’Aramon » martèle Claude Avril.
« Nous subissons le bruit, les vibrations, la pollution que génère ce flux de conducteurs qui refusent de payer le péage de l’autoroute. Que chacun prenne sa part, c’est une question d’intérêt général ». En cela, il se retrouve dans la même position que d’autres élus qui, au-delà des clivages politiques, souhaitent sortir de cette inaction qui frappe la LEO depuis plus de quatre décennies pour réduire la pollution et développer l’attractivité de leurs territoires respectifs, tout en fluidifiant la circulation.

Carrières : « Qu’on préfère le fluvial à la route. »

Autre combat, contre l’extension des carrières qui grignotent inexorablement la terre dans un environnement de vignes, de biodiversité et de romanité. Il est vent debout avec l’ODG (Organisme de défense et de gestion de l’appellation).
« Qu’on fasse passer le trafic des blocs de pierres, granulats et cailloux par péniches et non par camions au milieu de nos vignobles. Qu’on préfère le fluvial à la route. »

Pour rester positif, Claude Avril a encore d’autres projets en tête. « La vigne nous protège et malgré un foncier rare, il existe encore des pépites, des espaces à développer. Bien sûr nous avons des hôtels étoilés, mais pas assez. Je suis favorable à l’implantation de chambres d’hôtes de qualité, notamment du côté de la Tour de l’Hers, un site somptueux de 5 hectares à l’ouest du village, au bord du Rhône. Cela nous permettrait de capter les croisiéristes qui sont nombreux à nous rendre visite tout au long de l’année et pas seulement en juillet-août. C’est un site historique d’anciens fours à chaux qui ont servi à bâtir nos maisons et leurs toits en tuiles. Autre possibilité, du côté du Château Maucoil et ses 45 hectares de vignes bio. Ils sont deux associés dont un entrepreneur bourguignon qui a le projet d’un hébergement de luxe avec restaurant huppé et thermes romains. Nous avons aussi la chance d’avoir deux vélo-routes, la via Rhona et la via Venaissia. Notre tourisme doit être humain, mettre en valeur notre terroir, nos paysages, notre savoir-faire, notre histoire, notre culture et notre viticulture. »

Au croisement de la via Rhona et la via Venaissia, Châteauneuf-du-Pape entend concilier tourisme à visage humain, art de vivre, vigne et culture. Crédit : DR/Mairie de Châteauneuf-du-Pape

« Notre tourisme doit être humain. »

Le maire compte aussi sur un évènement qui vient de se dérouler en juin dernier et qui va se pérenniser dans les années qui viennent. « Avec le Centre du Droit et d’Economie du Sport d’où sortent notamment Zinedine Zidane et Nathalie Péchalat, pour organiser des rencontres sur le sport de haut niveau, les performances, la santé des athlètes, leur mental, le suivi de carrières avec de grands champions du monde du rugby, du basket, du volley, du hand et du foot qui viendraient volontiers dans un lieu prestigieux comme Châteauneuf et attireraient un public nouveau. »
Du 1er au 3 août prochains, ce sera La Véraison qui avait attiré 29 000 touristes l’an dernier. « Notre village avance avec détermination. Nous continuons à rester au service de tous en maintenant un service public de qualité, en valorisant le vivre ensemble et en faisant de la proximité et de la solidarité des priorités du quotidien » conclut Claude Avril.

Près de 30 000 visiteurs sont attendus lors de la prochaine édition de la fête de La Véraison qui se tiendra du 1er au 3 août prochains. Crédit : DR/Mairie de Châteauneuf-du-Pape

Andrée Brunetti


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

Si aujourd’hui personne ne sait qui sera le futur maire d’Avignon, une certitude cependant, les problématiques de mobilité seront au cœur de la campagne des municipales. Tramway, LEO, plan faubourg, étoile ferroviaire, liaison A7-A9, gratuité des transports, piétonnisation, circulation douce… Autant de sujets phares qui commencent déjà à accaparer l’actualité des différents prétendants, déclarés ou non. Parmi eux, Julien Aubert qui, même s’il n’est pas encore officiellement candidat au fauteuil de maire de la cité des papes, entend faire entendre sa voix au nom d’Avignon Passion, l’association dont il est président. Pour cela, l’ancien député de Vaucluse s’appuie sur une enquête menée par ce ‘laboratoire d’idée’ prônant une alternance à Avignon en 2026.

« Ce qui se dessine dans cette étude, c’est en fait l’histoire d’une ville qui est coincée entre un bras de rivière et un bras de fleuve, résume Julien Aubert. Et dont le maire décide à un moment donné de revoir le plan de circulation, piégeant toute la partie de la population qui se trouve vers l’ouest et qui veut aller vers l’est. Des gens qui se retrouvent aujourd’hui principalement bloqués sur la rocade. »
Dans le viseur de Julien Aubert : le plan faubourg. Sa consultation réalisée auprès de 504 participants (voir encadré en fin d’article) fait ainsi apparaître que 76% des personnes interrogées déclarent que leur itinéraire habituel a été allongé et que se sont les secteurs Sud de la ville qui sont les plus impactés (87%). Certains déclarent perdre de 15mn à 30mn lors de leur trajet (40%) et même au-delà de la demi-heure pour 26%. Et pour près des trois quarts (73,5%) l’accès à leur quartier est jugé ‘difficile’ ou très ‘très difficile’.
« Au final, on se retrouve avec une rocade totalement engorgée où tout le monde proteste, les 25 000 riverains qui n’en peuvent plus de subir des niveaux de pollution exceptionnels, ceux qui sont impactés dans la ceinture verte et ceux qui viennent de l’extérieur. »

Le plan Faubourg a accentué le dépérissement du centre-ville
Pour Julien Aubert, les difficultés à circuler entre l’Ouest et l’Est d’Avignon a aussi une autre conséquence pour la cité des papes : le dépérissement de son centre-ville.
« Comme on a coupé les sources d’approvisionnement extérieures naturelles, les habitant de la grande banlieue d’Avignon ou de la première et deuxième ceinture se sont mis à tourner le dos à l’intra-muros pour aller, en toute mobilité, vers les zones du Pontet ou vers l’intérieur du Vaucluse. »
Et bien qu’elles vivent à proximité immédiate du cœur de ville, près de 80% des personnes interrogées limitent leur déplacement à destination du centre-ville. Et plus on s’éloigne du centre-ville, plus cette tendance est forte.

Le trajet n’est pas qu’un simple déplacement
Cette enquête fait aussi apparaître qu’un trajet ne se limite pas à aller d’un point ‘A’ à un point ‘B’. Un déplacement peut ainsi cumuler les usages, c’est-à-dire qu’il peut avoir une fonction logistique (faire des courses pour 42% des répondants de l’enquête), familiale (récupérer les enfants à l’école pour 21%) ou même culturelle, sportive ou de loisirs (20%).
« Ce qui est intéressant avec cette étude, c’est qu’elle bat en brèche certaines idées reçues. Ainsi, on s’aperçoit que la plupart des répondants utilisent tous les modes de locomotion. Ils utilisent la voiture et aussi le vélo. Ils n’ont donc rien contre le vélo qu’ils utilisent pour d’autres usages », (75% des interrogés utilisent ‘souvent’ leur voiture personnelle contre 31% la marche, 20% le vélo, et 10% les transports en commun).
Ainsi sur les déplacements de courtes distances, les participants disent utiliser le vélo ou la marche à pied comme moyen de déplacement à 81%. Les secteurs du centre-ville et de la première couronne avignonnaise étant les plus actifs en ce domaine. Ces deux modes doux sont donc prisés à la fois pour les personnes qui travaillent à proximité de leur logement et pour des déplacements liés aux loisirs, mais toujours dans un périmètre très restreint.

« Les Avignonnais passent en moyenne 67h dans les bouchons. »

« Selon nos besoins et nos contraintes, en fonction de notre vie familiale et professionnelle, des jours et des horaires, nous pouvons être piéton, cycliste, automobiliste ou usager des transports en commun. Par contre, comme il n’existe quasiment pas d’alternative en raison de l’absence d’une offre de transport adaptée à la réalité des besoins des habitants de notre territoire : inadéquation des infrastructures, organisation et offre trop limitée, ruptures de charge, mauvaise organisation etc (65% d’insatisfaits). Nous sommes donc très souvent condamnés à prendre notre voiture, notamment pour travailler, ce qui évidemment nous conduit à nous retrouver piégés dans les bouchons qui ont augmenté de 6% sur Avignon depuis 2019. L’usage de la voiture est donc une nécessité, quitte à perdre du temps, mais qui apporte de la souplesse et de la facilité. »
Ici, les Avignonnais passent en moyenne 67h dans les bouchons. Pas étonnant dans ces conditions que 96% des participants de l’étude d’Avignon Passion soient ‘insatisfaits’ ou ‘très insatisfaits’ concernant la fluidité du réseau routier.

« On doit d’abord faciliter la vie des gens. Ici, on l’a rendue beaucoup plus compliquée. »

« C’est la principale critique que j’adresse aux architectes du schéma de déplacement actuel : ils l’ont conçu avec un prisme idéologique anti-voiture. Une vision qui prévoit tous les paramètres, sauf un, les besoins humains. Et les besoins humains sont souvent dictés par le bon sens ou les nécessités. Au final, on aura beau faire la plus belle piste cyclable du monde, quand il pleut en janvier, vous ne prenez pas votre vélo. Et vous le prendrez encore moins si vous devez aller faire des courses pour la semaine avec vos enfants. Donc effectivement, cela montre toute la complexité des flux, parce qu’en réalité il y a une grande multiplicité des usages de la mobilité. Des usages qui sont très difficile à quantifier. La grande leçon à retenir c’est quand on élabore un plan de mobilité, on doit répondre aux besoins de la population. On doit d’abord faciliter la vie des gens. Ici, on l’a rendue beaucoup plus compliquée. »

« Mais si la première faute a été de mener une politique de mobilité basée sur l’idéologie, indépendamment du besoin des gens et de leur nécessité, la seconde a été de la penser par le nombril. C’est-à-dire comme si le plan Faubourg, c’était uniquement le sujet des gens des Faubourgs et peut-être un peu du reste des Avignonnais. Sans réaliser qu’Avignon joue le rôle de plaque tournante d’un espace géographique très compliqué. Un territoire adossé naturellement à des cours d’eau et débordant sur d’autres départements qui ont besoin d’avoir un accès à la ville centre. Une ville compartimentée, héritière d’une histoire extrêmement riche avec ses remparts mais aussi ses emprises ferroviaires, qui la corsette et l’empêchent de respirer.

« La priorité, c’est de faire la LEO telle qu’elle est. »

Côté solution, Julien Aubert est sans équivoque : « La priorité, c’est de faire la LEO (Liaison Est-Ouest) telle qu’elle est. Oui, le tracé est ancien ! Oui, il passe malheureusement par des espaces naturels ! Oui, il a été très long à débloquer ! Mais il faut être lucide, les gens qui expliquent qu’on va peut-être changer le tracé, en réalité ils enterrent le projet car nous n’avons pas le temps matériel de refaire l’étude avant la fin de validité de la DUP (Déclaration d’utilité publique). Le débat est donc clair, soit on fait la LEO telle qu’elle existe, avec toutes ses qualités et tous ses défauts, soit il n’y aura pas de LEO. Il est donc évident de faire de ce dossier une priorité afin de délester Avignon et ses habitants des excès de trafic et de permettre aux usagers extérieurs de la contourner le plus facilement possible. »
« La LEO est vitale pour l’avenir de notre territoire, insiste-t-il. Attractivité économique, emploi, santé des habitants, pollution atmosphérique…. Trop de temps perdu et trop de retard accumulé, Avignon et son agglomération doivent impérativement réagir sans quoi notre ville déclinera encore et toujours. »
Selon Avignon Passion : 80% des personnes interrogées sont favorables au projet de la LEO, le secteur de la rocade l’étant encore davantage (93%). Dans la continuité, ils sont 83% à considérer ‘très prioritaires’ de fluidifier le réseau routier, tout particulièrement dans les secteurs de la 1ère couronne avignonnaise, de la rocade Charles de Gaulle, du tour des remparts et de la route de Marseille.

« Refluidifier le transit en ville sans dégrader la qualité de vie des gens. »

« L’autre nécessité, c’est de revoir le plan Faubourg. Plus de 84% des personnes interrogées dans notre enquête souhaitent la modification voire la suppression du plan faubourg. Il y a peut-être des endroits où cela a amélioré la vie et tout n’est pas à jeter, mais il faut totalement le remettre à plat avec une vraie concertation des principaux intéressés et sans idéologie. J’habite dans le secteur et on a changé quand même 8 fois le sens de circulation pour arriver jusqu’à chez moi ! Il faut donc repenser tout cela avec une seule et unique boussole : refluidifier le transit en ville sans dégrader la qualité de vie des gens. »

Julien Aubert regrette que le tramway ne rejoigne pas les principaux pôles de la ville : Agroparc, l’hôpital et même le centre-ville comme cela était initialement prévu. Crédit : DR/Grand Avignon

Optimiser les réseaux de transport en commun
Troisième priorité pour Julien Aubert : optimiser les réseaux de transport en commun, le tramway notamment.
« Plutôt que de faire un téléphérique, il paraîtrait plus logique de desservir les pôles principaux d’Avignon comme la zone d’Agroparc ou l’hôpital. »
C’est ce que demandent d’ailleurs 55% des répondants, devant l’université à Saint-Lazare (37%), le parking de l’île Piot à (32%), mais aussi la gare TGV, la zone commerciale du Pontet et Réalpanier.
« Le tramway était un choix stratégique mais c’est aussi un traumatisme pour les commerces durant le chantier. Une forme de ‘vitrification’. On l’a bien vu avec l’avenue Saint-Ruf qui a payé cher l’installation du tramway. Par contre, une fois qu’on a eu les inconvénients, il faut qu’on ait les avantages en desservant enfin les zones principales de notre ville. Si on avait été logique, le tramway serait aussi allé dans le cœur de ville, jusqu’à la place de l’horloge. Si on veut favoriser les déplacements, notamment pour les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées il faut que ce tramway soit le plus efficient possible. »

Une réflexion à mener à l’échelle du bassin de vie
En termes de mobilité Julien Aubert a aussi pleinement conscience que la réponse la plus efficace doit être apporté à l’échelle du bassin de vie.
« A minima, il faudrait déjà que le Grand Avignon soit en phase avec Avignon pour commencer », regrette-t-il en constatant que « la ville-centre ne s’entend avec une partie des autres collectivités alentours. Si en plus vous avez la zone gardoise qui joue aussi parfois sa partition contre la partie vauclusienne… ce n’est pas comme cela que l’on bâtit un projet de territoire. Cela se construit par de la confiance. Nous avons donc besoin d’un dialogue de confiance entre la ville-centre, qui doit comprendre qu’elle ne peut pas être Gargantua et dévorer ses voisins, et de l’autre côté, des voisins qui doivent aussi concevoir que cette ville-centre assume un certain nombre de fonctions d’intérêt général avec les coûts importants qui vont avec. Qu’elle a une fonction ‘moteur’ qui doit être reconnue et qu’elle a aussi un rôle naturel pour guider l’avenir du bassin de vie. »

« Se demander si notre découpage actuel des collectivités départementales et même régionales est adapté à l’époque moderne. »

« Après, il y a sans doute une réflexion plus globale à mener, davantage au niveau national qu’au niveau local, qui consiste à se demander si notre découpage actuel des collectivités départementales et même régionales est adapté à l’époque moderne. »
Prenant l’exemple de la LEO avec la récente demande des maires gardois du Grand Avignon de prioriser la tranche 3 (celle franchissant le Rhône) à la tranche 2 (celle franchissant la Durance) : « il ne faut pas reproduire les erreurs de Cécile Helle qui consiste à regarder par le petit bout de la lorgnette. C’est un projet global en trois parties. Et pour qu’il fonctionne, il les faut toutes. Il s’agit donc de remettre les choses dans l’ordre même si, effectivement, il est temps de trouver les financements pour la tranche 3. Là aussi, il serait bon que la région Occitanie se rappelle que le Gard fait bien partie de l’Occitanie. »

« Avignon : c’est une ville qui porte le passé, mais qui doit aussi porter l’avenir. »

Quant au canton de Villeneuve-lès-Avignon, s’il n’est pas loin de penser qu’il s’agit aujourd’hui d’un délaissée d’Occitanie, à l’image de plusieurs présidents du Grand Avignon comme Joël Guin début juin dans nos colonnes, Patrick Vacaris il y a quelques années, ou tout récemment la présidente du Conseil départemental de Vaucluse, Dominique Santoni, dans les colonnes de nos confrères de La Marseillaise, Julien Aubert serait lui aussi favorable à son rattachement au Vaucluse : « S’ils sont maltraités en région Occitanie et qu’ils sont culturellement tournés vers nous, je ne verrai que des avantages à ce qu’ils soient dans notre région et dans notre département. Car il ne faut pas oublier qu’Avignon c’est la porte d’entrée de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et même celle d’Occitanie. La ville ne doit pas être une sorte de caillou qui en bloque les flux. Avignon c’est une ville que toute la France connaît, mais c’est aussi Atlas qui porte le monde sur ses épaules avec un patrimoine unique qui génère des frais et des contraintes architecturales incessantes pour une ville qui n’en a pas les moyens. C’est une ville qui porte le passé, mais qui doit aussi porter l’avenir. C’est pour cela que si nous voulons une métropole attractive et dynamique au plan économique dans un territoire parmi les plus pauvres de France, il nous faut une agglomération élargie.. »

« Cependant pour défendre cette vision, porter cette voix singulière, il faut être au fait de la géographie et de la réalité des problématiques si particulières de ce territoire afin d’être en mesure de l’expliquer au niveau national et des services de l’Etat, assure-t-il. Aujourd’hui, le sujet des mobilités et des déplacements sur Avignon ne concerne plus uniquement les Avignonnais ou les Vauclusiens. C’est un sujet national d’aménagement du territoire. »

Laurent Garcia

L’enquête ‘Circulation-Mobilités’ d’Avignon Passion
Plus de 500 personnes ont répondu à cette enquête ‘Circulation-Mobiliés’, se félicite Julien Aubert : « C’est un nombre suffisamment significatif pour établir un diagnostic fiable. Quand on fait un sondage, on est à peu près cette jauge-là par rapport à notre population ».
Le président d’Avignon Passion estime également que provenance des personnes ayant répondus est assez bien répartie dans toute Avignon ainsi qu’à l’extérieur de la cité des papes.
(Centre-ville : 10%, 1re ceinture d’Avignon : 43%, 2e ceinture : 12% et Hors Avignon : 35%). Dans le même temps, 24% des participants travaillent en centre-ville dont 49% n’habitent pas Avignon et 13% des participants travaillent sur le secteur Montfavet (Agroparc, Cantarel, Mistral 7) dont 41% n’habitent pas Avignon.
« C’est vraiment un retour d’utilisateurs, insiste-t-il. Nous avons à la fois des gens qui vivent à Avignon et qui travaillent à l’extérieur, des gens qui vivent à l’extérieur et qui travaillent dans Avignon, et puis évidemment ceux qui font les circuits intérieurs. »
Crédit photo : Guillaume Samama-Photographe


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

S’il avait été déjà officiellement désigné par la section du Parti socialiste d’Avignon en avril dernier, c’est véritablement maintenant que David Fournier a lancé sa campagne pour les prochaines élections municipales dans la cité des papes. Après Joël Peyre, puis plus récemment Paul-Roger Gontard, ils sont donc trois issus de la majorité actuelle à vouloir briguer la succession de Cécile Helle qui n’a pas souhaité se représenter lors du scrutin de mars 2026.

Militant socialiste depuis ses 14 ans, David Fournier a eu très largement le temps d’observer qu’une campagne électorale se mène à rythme bien particulier. Ni trop vite, ni trop lentement. Depuis 40 ans, il a eu également tout le loisir de voir combien il était important de respecter le ‘tempo’ des appareils. D’abord le temps des investitures avec le vote des militants locaux (il a été désigné par la section d’Avignon en avril dernier), puis l’adoubement par les instances nationales (c’est un proche d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS) et, enfin, le lancement officiel de la campagne lors d’une réunion publique en présence de ses soutiens.
C’est donc le 3e étage de cette ‘fusée’ qui a été lancée lors d’un rassemblement qui vient de se tenir au parc du Clos de la Murette. Un lieu symbolique pour l’actuel adjoint au maire qui marque son enracinement dans les quartiers du Sud de la cité des papes.
« Un ilot de fraicheur à proximité de la rocade, quartier populaire à côté duquel j’ai grandi puisque j’ai été respectivement élèves à Jean Henri-Fabre, Anselme-Mathieu puis Roumanille. Il est à proximité également de quartiers résidentiels et nous sommes symboliquement à la jonction des deux. Cela défini notre volonté de faire grandir le bien être ensemble, d’où que l’on vienne. »

« En 11 ans, Avignon s’est transformée. »

Sous la bannière ‘Ensemble et Solidaires’ près de 250 personnes, dont plusieurs personnalités de la gauche vauclusienne (voir encadré en fin d’article), se sont donc réunies pour écouter le candidat socialiste qui entend s’appuyer en premier lieu sur le bilan de Cécile Helle.
« En 11 ans, Avignon s’est transformée, rappelle celui qui boucle son deuxième mandant aux côtés de la maire sortante. Nos enfants, même ceux des familles populaires peuvent partir en vacances avec ‘un été à Avignon’. La ville est largement désendettée. Les bâtiments sont rénovés. Le tramway apporte de la mobilité aux quartiers populaires notamment. Nos écoles sont rénovées et leurs cours végétalisées. L’intra-muros et le tour des remparts ont été rendus aux habitants grâce à nos aménagements de végétalisation et de piétonnisation. Je pourrais continuer longtemps avec la liste des réalisations que nous nous étions engagés à faire. A commencer par une dernière promesse tenue, celle de Cécile de ne pas briguer un troisième mandat. Ce qu’elle a réalisé est le plus difficile pour un élu : savoir dire ‘stop’ et poursuivre sa vie autrement, en faisant confiance aux siens pour continuer le combat. »

David Fournier (à droite) en compagnie d’Olivier Faure, premier secrétaire national du PS. Crédit :DR

S’il est donc élu, David Fournier veut s’inscrire dans les pas de la maire actuelle. Cependant, confronté à la réalité du terrain ainsi qu’aux contraintes nationales voire internationales, celui qui se voit comme le leader de la gauche avignonnaise souhaite aussi marquer sa différence à commencer par des thèmes où la gauche n’est pas forcément très à l’aise comme la sécurité ou le développement économique.
« Il s’agira d’abord de défendre l’intérêt général humain plutôt que l’intérêt électoral de chacun. Avignon a besoin de toutes les compétences et de toutes les volontés. D’où qu’elles viennent ! »

« La sécurité, ce n’est pas un slogan. C’est un droit. »

Sécurité et propreté
Bien que le détail du programme sera ‘co-construit’ à partir de septembre dans le cadre d’une large concertation lors de tables rondes et d’ateliers avec les militants et des représentants de la société civile, David Fournier entend déjà mettre en avant les problématiques de propreté et de sécurité dans cette campagne qui s’annonce.
« La propreté est la première vitrine de notre ville. Elle est aussi le reflet de notre respect collectif », estime t’il en annonçant déjà des moyens accrus pour la propreté urbaine ainsi qu’une tolérance zéro pour les incivilités. « Il faudra aussi agir à l’échelle du Grand Avignon sur une meilleure gestion des déchets. »
Côté sécurité, le candidat socialiste martèle : « La sécurité, ce n’est pas un slogan. C’est un droit. » Il préconise le recrutement de policiers municipaux supplémentaires : « il faut continuer le déploiement d’une police de proximité à l’instar de ce que nous avons fait à Saint-Chamand, au Pont-des-deux-eaux et sur la rocade avec la création d’un poste mixte police nationale et police municipale ».
« Aujourd’hui, Avignon doit faire face à l’emprise croissante du narcotrafic, qui engendre violence et insécurité dans nos quartiers, faisant peser la peur sur de trop nombreux habitants », constate le candidat qui souhaite aussi la mise en place, jour et nuit, de brigades de tranquillité dans les quartiers sensibles ainsi que le renforcement de la vidéoprotection dans le respect strict des libertés individuelles.
L’élu ne veut cependant pas miser sur ‘le tout sécuritaire’ : « Nous devons également faire le pari de la prévention, de l’éducation et de la présence humaine car on ne construit pas l’apaisement uniquement avec des caméras, mais avec de la confiance et du lien ».
Le déploiement de médiateurs urbains en lien avec les associations locales et les forces de l’ordre est annoncé. « Je souhaite aussi développer dans les quartiers de nouveaux services publics de proximité. »

« L’emploi, c’est la dignité. »

L’économie n’est plus un mot tabou pour la gauche
Conscient que pour pouvoir mieux partager la richesse, il faillait avant tout en créer, David Fournier rappelle que « les acteurs économiques ont un rôle essentiel à jouer et nous devons les accompagner ». Un soutien qu’il veut davantage marquer dans les secteurs des ICC (Industries culturelles et créatives), des énergies vertes, de l’installation des artisans et commerçants, de la redynamisation du commerce de proximité, de l’entrepreneuriat féminin et de l’insertion des jeunes. « L’emploi, c’est la dignité. Et la dignité doit être notre boussole. Notre ville a tout pour réussir : une histoire prestigieuse, un patrimoine d’exception, une jeunesse vivante, une position stratégique. Mais il faut libérer son potentiel. »
Et pour libérer son potentiel, David Fournier a aussi compris que l’enjeu des mobilités sera l’un des thèmes majeurs de la prochaine campagne, particulièrement le dossier de la LEO (Liaison Est-Ouest).

« Il faut relancer le débat sur la LEO. »

« Nous avons besoin de bouger mieux, de respirer mieux. Avignon mérite un plan de mobilité du XXIe siècle qui prenne en compte la situation de la cité des papes : son insularité, la totalité du périmètre de son aire urbaine, son positionnement stratégique sur l’axe PLM (Paris, Lyon, Marseille) et celui l’Espagne et de l’Italie… Bref, avoir une vision pour demain. »
Comme la compétence des transports dépend principalement de l’agglomération, il estime qu’il faut donc travailler au sein du Grand Avignon afin de développer des transports en commun et les mobilités douces, définir les extensions des réseaux de transports en commun vers les quartiers périphériques et les quartiers en construction, créer des pistes cyclables sécurisées supplémentaires ainsi que développer zones à faibles émissions.

Pour le lancement de sa campagne, David Fournier a réuni près de 250 personnes. Crédit :DR

« Pourquoi pas ne pas proposer le lancement d’un ‘Pass Mobilité Avignon’, accessible à tous, gratuit pour les moins de 18 ans, suggère-t-il ? Avec une révision des tarifs pour les familles en difficulté ou s’orienter vers la gratuité si nous en avons la possibilité financière ? »
Mais l’urgence à ses yeux c’est le trafic sur la Rocade : « Nous devrons aussi agir sur ce point aujourd’hui source de tensions avec plus de 40 000 véhicules par jour, dont 1 500 camions, qui dégradent la qualité de l’air, la sécurité et la santé de milliers de riverains. Il faudra remettre à plat ce dossier. » Les solutions existent : réaliser une liaison intra autoroute à Orange entre l’A7 et l’A9 « pour nous éviter des milliers de véhicules chaque jours », et surtout « relancer le débat sur la LEO » afin d’obtenir des mesures de restriction pour les poids lourds de transit.

« Je ne promets pas des miracles, mais du travail et de l’écoute. »

« Je ne promets pas des miracles, mais du travail, de l’écoute, de la transparence, de la proximité et un engagement total, insiste-t-il pour conclure son propos devant un auditoire conquis. Je suis de ceux qui croient que la politique peut encore réconcilier. Que les élus doivent ressembler à leur ville, la porter avec tendresse mais aussi avec courage. Je suis un homme de dialogue, un homme de terrain, un homme profondément humaniste. »

Laurent Garcia

Union de la gauche : « Rien de grand ne se construit dans la division »
Alors qu’ils sont trois de la majorité actuelle sur la ligne de départ pour ces élections municipales 2026, David Fournier a pu compter sur la présence d’une dizaine d’élus lors du lancement de sa campagne. Parmi eux notamment, Eric Deshayes de Génération.s, Mouloud Rezouali et Jean-Pierre Cervantes d’EELV (Europe écologie les verts), Julien De Benito du PCF 84 mais aussi Lucien Stanzione, sénateur PS de Vaucluse, ou bien encore le conseiller départemental de Vaucluse Samir Allel.
« Notre mouvement ‘Ensemble et Solidaires’, incarne un espoir concret : celui d’un projet humaniste, audacieux, ancré dans les valeurs de gauche, et porté par le sens du collectif. Car nous le savons : rien de grand ne se construit dans la division. L’union de la gauche et des écologistes est une condition à notre réussite. Je salue d’ailleurs la volonté des partis politiques de gauche d’entamer des discussions sincères et unitaires. Cette conduite est tout à leur honneur. J’en serai à la hauteur et je l’affirme : nous sommes prêts et disponibles pour discuter », assure le candidat socialiste.
Et quand on lui pose la question des divisions qui pourraient naître des rivalités avec ses Joël Peyre et Paul-Roger Gontard, ses ‘collègues’ de la majorité municipale, il répond : « contrairement à ce que peuvent dire les médias nous échangeons, nous nous rencontrons et nous avons tous le sens des responsabilités. »


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

Le gouvernement a annoncé ce jeudi 12 juin la dissolution de la Jeune Garde, cofondée par le député LFI Raphaël Arnault qui en est le porte-parole. Une « attaque sans précédent » selon le mouvement antifasciste.

Le mois dernier, le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau avait annoncé vouloir dissoudre par décret en Conseil des ministres le groupe Urgence Palestine, celui du mouvement antifasciste La Jeune garde et le groupe d’ultradroite Lyon populaire. Ces deux derniers ont été dissouts ce jeudi matin. Il reprochait à ces « groupements de fait de provoquer à des agissements violents contre les personnes, provocations bien souvent suivies d’effets. »

« Nous ne nous laisserons pas faire »

La Jeune Garde

Dans un communiqué, la Jeune Garde a réagi à cette dissolution, annonçant que « la jeunesse antifasciste ne se dissout pas. » Le groupe entend porter un recours au Conseil d’État pour faire annuler cette décision. « C’est la première fois depuis 1945 que l’organisation d’un député d’opposition est dissoute, ajoute la Jeune Garde. C’est une attaque sans précédent contre toutes les voix qui s’opposent trop fermement au projet réactionnaire de l’extrême-droite. »


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

Le collectif de citoyen Parlons Cavaillon vient d’organiser sa première réunion en vu des prochaines élections municipales des 8 et 15 mars 2026.
Coordonné par Frédéric Jean Martin, cavaillonnais, cadre de la fonction publique territoriale et expert dans la gestion des collectivités locales, ce collectif ambitionne de peser dans les débats et les projets qui vont naître à l’occasion de ce scrutin dans la cité Cavare. Se revendiquant sans étiquettes et indépendant des partis politiques, Parlons Cavaillon rappelle qu’il s’agit d’un « collectif laïque et républicain. Il rejette toutes formes d’extrémisme et ne croit plus dans les partis politiques pour porter et défendre à l’échelle locale des projets concrets dans l’intérêt général des habitants de Cavaillon. »

Arnaud Larguier, membre du collectif. Crédit : DR

Les premiers axes de réflexion
Regroupant plus d’une trentaine de personnes, le collectif a donc profité de son premier rassemblement pour présenter ses principaux axes de réflexion pour le scrutin à venir.
Parmi ces priorités : « défendre des projets concrets qui concernent le quotidien des habitants de Cavaillon », « préserver nos valeurs et nos coutumes provençales », « soutenir une filière agricole qui a fait l’histoire de notre ville et qui reste son avenir par l’innovation et la recherche », « assurer à tous les enfants de Cavaillon des repas sains et équilibrés fabriqués localement à partir de produits locaux », « répondre aux besoins des habitants en matière de bien-être et de sécurité »…

Pour une gouvernance ‘horizontale’
Parlons Cavaillon insiste également sur sa volonté « d’en finir avec la gouvernance verticale sans concertation de la municipalité actuelle qui avance, tel un bulldozer, sans se poser la question de l’intérêt ou des priorités et qui privilégie certains au détriment de l’intérêt général. Le collectif est attaché à la transparence, au principe qu’ensemble on va plus loin, à la force du collectif pour faire avancer les idées et penser innovations. Nous voulons un système plus horizontal, plus efficace et plus enclin à rassembler que celui de l’ancien monde. »
Dans cet esprit d’ouverture, « tout le monde est le bienvenu, à partir où les gens viennent avec leurs idées, avec les sujets qui leur tiennent à cœur et avec leur motivation. Qu’ils aient envie d’échanger ainsi que de partager. »

Henri Deluy, membre du collectif Parlons Cavaillon. Crédit : DR

Faire une ville innovante et résiliente
« Il faut associer les cavaillonnaises et les cavaillonnais aux décisions, à réfléchir aux aménagements, à leurs impacts afin de co-construire notre ville, insiste le collectif. Nous devons faire face ensemble et répondre aux enjeux économiques, sociétaux et climatiques qui nous attendent par le dialogue, l’écoute et la mobilisation de ceux qui croient dans la force du collectif. Parlons Cavaillon est persuadé que l’intelligence collective mise au service de tous permettra de faire de Cavaillon une ville innovante et résiliente, avec des projets tournés vers la transition écologique et énergétique, ainsi que les mobilités douces et le bien-être de ses habitants, où il est bon de vivre en raison d’une vie culturelle et sociale riche. »

L.G.


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

La fête de la Marseillaise revient pour une 3e édition. Le rendez-vous festif 2025 mêlant politique et convivialité de nos confrères du quotidien régional La Marseillaise et de la fédération PCF de Vaucluse se déroulera, comme il est de tradition, au parc des Libertés sur l’île de la Barthelasse à Avignon.

Initiée en 1952 avant d’être mise en sommeil en 2016, cette fête avait fait son grand ‘comeback’en 2023, dans la foulée du retour de l’édition vauclusienne de la Marseillaise dans le département en septembre 2022 et de son équipe rédactionnelle composée de Florent de Corbier renforcé depuis par un autre journaliste : Mack Salman.

Demandez le programme !
Au menu de cette nouvelle édition : une vingtaine de stands associatifs, jeux pour enfants, tombola, espaces de restauration et, bien évidemment, débats.
Ainsi après l’Europe l’an dernier et la transition écologique en 2023, l’édition 2024 débutera par un premier débat porté par la Ligue des droits de l’Homme sur le thème ‘Violences coloniales en Algérie et déni français’. Animé par Fabrice Riceputi, enseignant et historien français spécialiste des questions coloniales et postcoloniales, cet échange commencera à 10h30.

Archives. Crédit : Mohammed El Hamazoui

« Dans la morosité ambiante, la gauche doit montrer qu’elle est porteuse d’espoir et d’ouvrir des perspectives. »

Julien De Benito, secrétaire départemental du Parti communiste de Vaucluse

L’après-midi, à partir de 14h30, un autre débat consacré au sujet ‘Un autre monde est possible, donnons le à voir’, réunira Sabrina Sebaihi, députée Les Écologistes des Hauts-de-Seine, Corinne Narassiguin, sénatrice PS de Seine-Saint-Denis, Ian Brossat, sénateur PCF de Paris et Raphaël Arnault, député LFI de la première circonscription de Vaucluse.
« Dans la morosité ambiante, la gauche doit montrer qu’elle est porteuse d’espoir et d’ouvrir des perspectives », explique Julien De Benito, secrétaire départemental du Parti communiste de Vaucluse, dans les colonnes de La Marseillaise.
Par ailleurs, une allocution de Barbara Gomes, porte-parole du PCF, est attendue à 17 h ainsi qu’une autre de Léo Purguette, président et directeur éditorial de la Marseillaise, à 12h.

Archives. Crédit : Mohammed El Hamazoui

Deux concerts ponctueront la journée : le nouveau groupe avignonnais KraZuki, constitué notamment Jérémy Bourges, Thomas Pitiot et Damien Toumi, débutera à 16h. Il sera suivi à 17h du groupe FluTTe, qui a notamment assuré les premières parties des concerts de Didier Super.

L.G.

Dimanche 18 mai. Parc des Libertés. Île de la Barthelasse. Entrée libre. Repas :10€-15€


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

« La planète brûle et on regarde ailleurs ». Jamais cette phrase prononcée en septembre 2002 par Jacques Chirac n’aura été autant d’actualité. Depuis plusieurs mois, nombre de décisions sur les mesures en faveur de l’écologie s’apparentent à des rétropédalages d’envergure. Soit on a été « trumpé », soit on est totalement suicidaire…

Les considérations économiques l’emportent-elles nécessairement sur celles de l’écologie ?

AcerlorMittal vient d’annoncer des fermetures de plusieurs de ses hauts-fourneaux en France. Les nouvelles règles imposées en matière de pollution obligeraient ce groupe industriel à des investissements qui surenchérissent les coûts de production au-delà des prix du marché. D’autres pays, moins regardant en matière environnementale, s’en trouvent ainsi plus compétitifs et peuvent accueillir ces nouvelles délocalisations. Les considérations économiques l’emportent-elles nécessairement sur celles de l’écologie ?

L’écologie serait-elle inégalitaire ?

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), qui dans de nombreux pays, dont la France, doivent limiter la pollution dans les grandes villes, sont aujourd’hui remises en cause. Affublé du qualificatif de mesures pour « bobos-écolos », ces restrictions de circulation pénaliseraient les plus modestes, les propriétaires de voitures anciennes et plus polluantes. Beaucoup de professionnels (artisans, commerçants) seraient également pénalisés. L’écologie serait-elle inégalitaire ?

La politique politicienne serait-elle plus forte que l’écologie ?

Toujours en France, le débat sur la souveraineté énergétique prévu à l’Assemblée Nationale pour ce printemps est reporté après la fin de l’été. Le RN menace le gouvernement Bayrou d’une motion de censure si la programmation pluriannuelle de l’énergie (plan stratégique sur le pilotage de la transition énergétique) était adoptée par décret. Il est urgent d’attendre, après une nouvelle dissolution peut-être ? La politique politicienne serait-elle plus forte que l’écologie ?

L’écologie aurait-elle atteint ses limites en matière financière ?

Après avoir encouragé les français à s’équiper de panneaux photovoltaïques à coups de subventions et de crédits d’impôts, l’état des finances de notre pays a conduit à revoir nos largesses en la matière. Dans le même temps les prix d’achat du kWh par l’électricien national, qui était garanti faut-il le rappeler, a été sérieusement revu à la baisse. La rentabilité des équipements s’en trouve sérieusement remise en cause. L’écologie aurait-elle atteint ses limites en matière financière ?

On pourrait ainsi continuer longtemps…

On pourrait ainsi continuer longtemps, avec le petit retour en arrière sur la fin de la production des moteurs thermiques dans les automobiles à partir de 2035, sur la très probable révision de la loi ZAN (zéro artificialisation des terres), sur la décision unilatérale de l’administration Trump d’exploiter les fonds marins internationaux, d’annexer le Groenland pour en exploiter des gisements de matières premières… et en cela en totale contradiction avec les accords internationaux ou les avis des scientifiques américains que le Président s’est empressé de virer le 28 avril dernier.

L’écologie et la défense de notre planète et donc à terme de notre survie ne seraient plus une priorité. Au moins sur le Titanic pendant le naufrage l’orchestre continuait de jouer…


Olivier Galzi : Et si le journaliste-vedette devenait le prochain maire d’Avignon ?

En étant désigné par la section PS d’Avignon, David Fournier, déjà adjoint au maire de l’équipe actuelle, sera le chef de file des socialistes pour les prochaines élections municipales qui se dérouleront en mars 2026. Son objectif : rassembler les forces de la gauche démocratique afin de succéder à Cécile Helle qui a récemment fait part de sa volonté de ne pas se représenter.

« Le premier des devoirs que j’avais, c’était d’unir notre parti », explique David Fournier lors de l’officialisation de sa désignation (89% sur 65,12% des inscrits) par la section du PS (Parti socialiste) d’Avignon comme chef de file aux prochaines municipales.
« C’est chose faite : le PS est désormais rassemblé », poursuit celui qui est aussi adjoint au maire délégué à l’administration générale, au personnel, aux systèmes d’information et à la gestion de crise de l’équipe municipale actuelle.

Le fair-play de Zinèbe Haddaoui
Une union notamment rendue possible par le fair-play de Zinèbe Haddaoui, également adjointe à Avignon, l’autre candidate encore en lice lors de cette désignation au sein du parti suite au désistement d’un 3e candidat, Fabrice Tocabens, lui-aussi adjoint à la mairie.
« J’ai déjà assisté à des campagnes internes où cela ne s’est pas toujours bien passé, confesse David Fournier du haut de ses 40 ans de militantisme à son adversaire d’un soir. Ici, il n’y a eu aucun affrontement car tu t’es inscrite dans une démarche s’appuyant sur de vraies valeurs. Tu as voulu peser de toutes tes forces pour tes convictions de gauche. Tu y as fortement réussi. Je ne te décevrai pas. »
Une attitude que confirme Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon, qui insiste sur la contribution de Zinèbe Haddaoui à « la qualité des débats » ainsi que « son soutien immédiat à David malgré la déception du résultat ».
« Il faut remercier Zineb, complète Lucien Stanzione, sénateur socialiste de Vaucluse venu assister à cette présentation du candidat avignonnais. « Elle a su créer une émulation interne avant d’appeler à l’union derrière David afin que la section d’Avignon soit entièrement rassemblée derrière lui. »

Rassembler la gauche républicaine
« Maintenant, en tant que premier des socialistes, j’ai le devoir de rassembler toute la gauche, annonce David Fournier, élu municipal depuis 2008 dont 6 ans dans l’opposition. J’appelle donc au rassemblement d’une gauche républicaine, sociale, écologique et progressiste. »
Pour cela, le PS avignonnais a déjà commencé à dialoguer avec ses potentiels alliés : le Parti communiste (PC), Génération.s, les Verts…
« Si nous avons désigné nos représentants, il reste cependant à ces formations à désigner les leurs, rappelle David Fournier. Donc, si des discussions ont bien été amorcées, elles ne sont pas officielles car nous devons respecter les processus de désignation de nos partenaires. C’est seulement à ce moment-là que nous pourrons travailler ensemble sur le programme. »

David Fournier, adjoint au maire d’Avignon.

Quid de LFI ?
Dans ces pourparlers préliminaires des forces de gauche, on constate un grand absent : LFI.
« La France insoumise a fait un communiqué de presse indiquant qu’ils voulaient une rupture avec le bilan de la majorité municipale, constate David Fournier qui souhaite s’inscrire dans la continuité de l’action de l’équipe sortante dont il fait partie. Est-ce que cette rupture, c’est une rupture avec la remunicipalisation des cantines scolaires ? Est-ce que c’est une rupture avec la gratuité des musées qui permet l’accès à la culture pour tous ? Est-ce que c’est une rupture avec la gratuité des garderies scolaires ? Est-ce que c’est une rupture avec les rénovations de classes ou celle de la bibliothèque Renaud-Barrault ? Du moment où on dit qu’il y a une rupture avec un bilan qui a été porté par Génération.s, le Parti socialiste, par le Parti communiste, cela me paraît compliqué. Ils se sont mis en dehors tout seul. »
On l’aura donc compris, pour les socialistes avignonnais les LFI ne s’inscrivent pas à ce jour dans l’arc de la gauche républicaine. Et ce d’autant plus que LFI ambitionne de présenter systématiquement des candidats dans toutes les villes de plus de 9 000 habitants. La victoire du controversé Raphaël Arnault, dans la circonscription d’Avignon lors des dernières élections législatives ne devrait certainement pas inciter le parti de Jean-Luc Mélenchon à passer pour l’instant son tour dans la cité des papes.

« Je suis convaincu de la centralité du PS dans cette élection. »

« Toutefois, rien n’exclut de dialoguer ultérieurement même si cette formation politique a parfois pour habitude de se compter aujourd’hui pour mieux penser à autre chose après-demain, précise Lucien Stanzione. Donc, s’il y a moyen de discuter et de trouver un éventuel accord, pourquoi pas ? Mais cela ne sera pas n’importe quoi, ni n’importe comment. »
Le message est clair : si accord il y a, cela sera aux conditions du PS et de ses alliés et non l’inverse.
« Je suis convaincu de la centralité du PS dans cette élection, martèle David Fournier. Aujourd’hui quand on observe la composition de la liste majoritaire au conseil municipal, on constate la position centrale du Parti socialiste, avec une majorité qui va des communistes jusqu’au centre. C’est cela qui forme un bloc majoritaire aujourd’hui dans la ville. Et pour gagner ces élections, je suis convaincu que seule notre position de centralité et ce bloc seront déterminants. »

Avignon au centre du jeu ?
« Nous avons une obligation et un devoir de réussite. Pas uniquement pour les forces de gauche, mais pour les avignonnais », poursuit David Fournier qui rappelle que le principal adversaire c’est le RN (Rassemblement national) : «  Il y a un vrai risque sur Avignon. Il suffit d’avoir des divisions entre nous pour qu’ils arrivent aux responsabilités. Si Avignon tombait ainsi aux mains du Rassemblement national, c’est tout le département puis la région qui seraient en danger ensuite. »
« De cette élection va dépendre beaucoup de choses, insiste pour sa part Lucien Stanzione, car il ne faut pas oublier que derrière, nous avons les régionales, les cantonales, les présidentielles puis les sénatoriales. Avignon, ville-centre et ville-préfecture est essentielle pour l’avenir du Vaucluse. »
« J’avais un objectif en organisant ce vote, explique Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon. C’était que nous sortions plus fort de ce vote. Cela passait par des débats sereins et respectueux. Aujourd’hui, place au travail. Avignon ne mérite pas une guerre d’égo. La ville mérite un rassemblement d’une gauche républicaine. »

Les velléités de Joël Peyre, le silence de Cécile Helle
Dans cette optique, la candidature du PRG (Parti radical de gauche) Jöel Peyre, lui aussi élu à Avignon en charge des finances, vient néanmoins brouiller les pistes de cette union.
« Je suis en relation quotidienne avec Joël Peyre, assure David Fournier qui est aussi vice-président du Crédit municipal d’Avignon. Nos bureaux se touchent depuis 2014. Nous sommes dans un échange permanent. C’est un ami et cela a toujours été un allié du Parti socialiste. Cela le restera. »
Le silence de Cécile Helle, la maire actuelle, pose également question pour certains. « C’est normal qu’elle n’ait pas pris position. Elle souhaite conserver l’unité de sa majorité et je la comprends. Il reste encore un an de mandat. Nous avons donc aussi cette obligation de le terminer correctement », reconnaît David Fournier qui entend assumer le bilan de cette dernière « qui a transformé Avignon ».

« Ce bilan, nous le défendrons et nous en sommes fiers. »

« Ce bilan, nous le défendrons et nous en sommes fiers. Il y a des choses qu’on a très bien réussies et d’autres moins. Cependant, je rappelle que ce mandat a été un peu particulier. Les crises se sont succédées. Nous n’avions jamais connu cela : crise économique, sanitaire, énergétique, inflationniste, institutionnelle… Nous n’avons jamais construit un budget qui ne soit pas issu d’une crise. Dans le même temps, depuis 2014, Avignon a vu ses dotations baissées de 71M€. Malgré cela, nous avons été sacrément protecteurs vis-à-vis des Avignonnais. Nous avons réduit la dette en passant de 9,5 années d’endettement à un peu plus de 7 aujourd’hui. Le tout en maintenant les niveaux d’investissements et sans augmenter les impôts. Dans ces circonstances, nous avons eu une gestion que j’estime exceptionnelle. »

Les maires socialistes : les bâtisseurs d’Avignon
Et le néo-candidat au poste de premier magistrat de la cité des papes de rappeler que les grands maires bâtisseurs d’Avignon ont presque toujours été des socialistes : « Je pense à Paul Rouvier à qui nous devons la création du festival d’Avignon avec Jean Vilar en 1947. Je peux aussi citer Henri Duffaut qui, durant ces 5 mandats, a construit l’Avignon d’après-guerre dans un contexte difficile avec l’accueil des rapatriés notamment. C’était un visionnaire ayant permis la construction de l’hôpital que nous connaissons toujours ainsi que de la plupart des grands équipements de la ville. Il y a aussi eu Guy Ravier, disparu en octobre 2023, qui nous a apporté l’Université d’Avignon situé à Sainte-Marthe et ainsi que la gare TGV dans la zone de Courtine. Je n’oublie pas le député-maire Louis Gros qui fera partie des 80 parlementaires qui se sont élevé à l’Assemblée Nationale contre les pleins pouvoirs demandés par Pétain. Pour cela, il a risqué sa vie. »

« Je pense à la CCI de Vaucluse avec qui nous travaillons main dans la main. »

Une ouverture vers le monde économique ?
Si David Fournier entend revendiquer l’héritage des mandats de Cécile Helle, côté réajustement il souhaite aussi rappeler son intérêt pour le monde économique.
« Nous sommes très attachés à la vitalité du monde économique, déclare celui qui ne serait pas hostile à ouvrir sa liste à la société civile pour peu que les valeurs de gauche soient partagées. D’ailleurs, si on a fait beaucoup plus d’investissements, c’est que nous avons voulu être un acteur de la vie économique locale. Nous sommes très attentifs aux activités touristiques ou culturelles dont les retombées sont incroyables pour cette ville. Mais il y a aussi de nombreux autres secteurs d’activité à développer. Nous avons ‘quelques’ idées novatrices pour attirer des entreprises sur Avignon. Il y a aussi des institutions économiques très importantes avec lesquelles la maire et la Ville ont tissé des liens importants. Je pense à la CCI de Vaucluse notamment avec qui nous travaillons main dans la main. Avec eux, seule la notion d’intérêt général prime. Et grâce à cela nous sommes capables de vrais succès comme la requalification de la gare centre. C’est l’exemple parfait de compétences mêlées, de coordination et de travail en commun. Sans cela, il n’y a pas de réussite. »

Laurent Garcia

Portrait : « Il aime les gens »
Lors de la présentation de David Fournier, Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon, a dressé le portrait de celui qu’elle connaît depuis 30 ans. « C’est un pur Avignonnais. Il est né ici, y a fait ses études et y travaille. Il a les deux pieds enracinés à Avignon. »
Jeune militant du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), il s’est engagé en politique dès 14 ans. « Quand on connaît son père et sa mère, cela ne pouvait pas être autrement. Il était né pour faire de la politique et du syndicalisme. » Si son père a le syndicalisme chevillé au corps, c’est surtout sa mère qui va marquer le paysage politique locale. En 1998, Michèle Fournier-Armand sera la première femme à devenir conseillère générale (fonction aujourd’hui renommée conseillère départementale) de Vaucluse. Sa mère deviendra ensuite députée de Vaucluse de la première circonscription de Vaucluse en 2012. Elle échouera cependant à prendre la ville d’Avignon en 2008.
Entre victoires et défaites au fil du temps, Maryline Croyet a appris à connaître celui qui partage la fonction de secrétaire avec elle : « Aujourd’hui, personne ne peut remettre en question son expérience, ses compétences, ses capacités de pouvoir gérer cette ville. David c’est quelqu’un qui est très à l’écoute, qui sait entendre. Il est très attaché à la justice sociale. Il est toujours attentif à ce que peuvent nous dire les gens, à ce qu’ils peuvent ressentir. C’est quelqu’un de très fédérateur. Il sait repérer les qualités des personnes. Je crois que c’est très important quand on veut gérer une équipe, susciter une dynamique, aller chercher le meilleur dans chacun d’entre nous. Il aime les gens. C’est fondamental quand on veut être maire et que l’on veut porter une vision et un projet ».

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