1 octobre 2026 |

Ecrit par le 1 octobre 2026

Avec L’Occitane, le Palais des Papes se met au parfum

Depuis 10 ans, le Palais des Papes et L’Occitane en Provence détiennent un lien solide qui se renforce aujourd’hui avec la sortie d’un parfum pour la maison ‘Les Pierres du Palais’ prévue pour le 14 octobre.

Le jeudi 17 septembre, le Palais des Papes et l’entreprise de cosmétiques L’Occitane en Provence se sont réunis pour présenter un projet commun : le parfum d’intérieur ‘Les Pierres du Palais’, qui est le fruit d’une collaboration entre le monument avignonnais, l’entreprise provençale et la maison de parfum DSM-Firmenich.

Avec une sortie prévue le 14 octobre, ce parfum pour la maison capture l’essence du Palais des Papes, l’un des monuments les plus visités de Vaucluse, et plus largement de Provence. Une collaboration unique qui fait sens après 10 ans de « lien solide », comme aime à le rappeler Marjorie Robert-Espaze, directrice de marque chez L’Occitane en Provence.

La préservation du patrimoine au cœur du projet

Mais pour mieux comprendre cette collaboration, il faut d’abord s’intéresser au Palais des Papes et à ses jardins puisque le parfum ‘Les Pierres du Palais’ n’est pas juste la signature olfactive du monument, il représente le renforcement des liens sociaux et des liens à la nature au travers de la collaboration avec L’Occitane et notamment son fonds de dotation qui a permis la restauration des jardins, mais aussi des fresques dans la chambre du cerf et la chambre du pape (aussi appelées les chambres peintes).

« Ces fresques nourrissent la connaissance du vivant et de son évolution et ouvrent le regard sur le monde contemporain », ajoute Marjorie Robert-Espaze. Ces derniers mois, elles ont été épiées par le photographe Fabrice Pelletier qui, sur une échelle pendant 4 mois, a capturé à l’aide de son appareil chaque oiseau, chaque feuille, permettant d’identifier la faune et la flore des fresques. Un projet en corrélation avec le diagnostic effectué par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) autour du Palais des papes et du Pont d’Avignon. « Valoriser la biodiversité des monuments, ce n’est pas seulement installer des nichoirs et hôtels à insectes », affirme Stéphanie Brémond, directrice du mécénat et déléguée générale du Fonds de Dotation Palais des Papes-Pont d’Avignon.

La chambre du cerf. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Une restauration d’envergure

Le Palais des Papes a fait l’objet d’une lourde restauration au XXème siècle après avoir été transformé en caserne militaire le siècle précédent. Les militaires ne souhaitant pas garder le décor, ils l’ont finalement protéger sans le savoir en recouvrant les murs de badigeon à la chaux. « Lorsque l’armée part en 1906, l’un des premiers chantiers de restauration qui a lieu, c’est le dégagement des peintures murales des chambres peintes », explique Julien Gallon, chargé de conservation pour le Palais des Papes/Avignon Tourisme.

« La préservation du patrimoine bâti va de pair avec celle du patrimoine végétal. »

Fatima Ahamada, directrice et déléguée générale du Fonds L’Occitane en Provence

Les protocoles de restauration de l’époque n’étant pas les mêmes qu’aujourd’hui, le décor a tout de même été endommagé et donc restauré quasiment à l’identique, parfois de manière grossière. Ces fresques, composées d’animaux et de végétation, se veulent un prolongement des jardins du Palais des Papes. Le fonds de dotation de L’Occitane ayant participé à la restauration des jardins, « le projet des fresques a tout de suite fait sens, c’est une manière de faire dialoguer le passé et le présent », affirme Fatima Ahamada, directrice et déléguée générale du Fonds L’Occitane en Provence.

Julien Gallon dans la chambre du pape. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Un parfum qui capture l’essence du Palais des Papes

C’est ainsi que la relation entre le Palais des Papes et L’Occitane se poursuit. Et c’est d’ailleurs au cœur des jardins qu’a été présenté le parfum d’intérieur ‘Les Pierres du Palais’. « C’est émouvant car c’est ici que l’histoire a commencé, déclare Stéphanie Brémond. Le Palais est unique et cette fragrance est unique. » Le parfum a pour objectif de capturer l’âme du lieu et fait partie de la collection ‘Culture’ de L’Occitane, composé de cinq fragrances, qui va permettre de voyager à travers la Provence, des Baronnies à Grasse, en passant par Mane, Forcalquier et bien sûr Avignon avec ‘Les Pierres du Palais’. « La collection ‘Culture’ veut offrir un autre moyen de voyager en Provence, faire dialoguer le patrimoine, la nature et la créativité », Héloïse Damois, cheffe de produit international pour L’Occitane en Provence.

« La fragrance du Palais ne capture pas juste le monument, mais ce qu’il représente et ce qu’il laisse au public qui le visite. »

Héloïse Damois, cheffe de produit international pour L’Occitane en Provence

Pour ce qui est de la fragrance en elle-même, c’est Bérénice Watteau, parfumeuse chez DSM-Firmenich, qui s’en est chargée. « J’ai voulu retranscrire une scène à ciel ouvert, avec le côté froid et minéral des pierres qui se mêle à la grandeur du Palais, explique-t-elle. C’est une fragrance qui oscille entre végétal et minéral, entre puissance et fraîcheur. » Ainsi, ceux qui sentiront ‘Les Pierres du Palais’ pourront déceler de l’encens, du cèdre de l’Atlas, de la sève fraîche, de la mousse humide, de la menthe, mais aussi des herbes que l’on peut trouver dans les jardins du Palais des Papes.

Une fragrance bientôt disponible à la vente

Le parfum d’intérieur ‘Les Pierres du Palais’, ainsi que le reste de la collection ‘Culture’ sera disponible dans les boutiques L’Occitane à partir du 14 octobre, ainsi qu’à la boutique du Palais des Papes. L’occasion de ramener un petit bout du patrimoine avignonnais à la maison.

« Il n’y a pas vraiment de démarche marketing derrière cette fragrance, conclut Stéphanie Brémond. C’est véritablement l’histoire humaine et l’histoire des jardins qui fait sens et qui nous a amené à vouloir continuer à raconter cette histoire-là par la création de l’identité olfactive. C’est cette dimension-là qu’il faut prendre en compte pour créer des projets impactants et durables, une dimension qui permet d’arriver à des résultats qui dépassent l’aspect économique. »


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

En seulement deux mois, la calade du parvis de l’église de Saint-Pierre-de-Vassols a retrouvé tout son éclat grâce à un chantier d’insertion mobilisant 35 personnes éloignées de l’emploi. Soutenue par la CoVe (Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) à hauteur de 5 747€, soit 50% du coût des travaux, cette opération illustre une politique menée depuis plus de 20 ans qui conjugue préservation du patrimoine, formation professionnelle et développement local. Un jardin botanique pédagogique viendra bientôt prolonger cette dynamique.

À Saint-Pierre-de-Vassols, le parvis de l’église paroissiale Saint-Pierre -édifice de style gothique datant du début du 16e siècle, très transformé au 19e siècle- vient de faire peau neuve. Entre le 14 janvier et le 18 mars derniers, la calade -revêtement traditionnel en galets ou pierres taillées- a été entièrement restaurée grâce au chantier d’insertion ‘Les Jardiniers du Ventoux’, porté par l’Université Populaire Ventoux (UPV), en partenariat avec la Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin (CoVe).

Inauguration du parvis de l’église saint-Pierre de Vassols en présence de Sandrine Raymond, maire de la commune, et de ses élus, d’Alain Constant, président de la CoVe, de Dominique Plancher, vice-présidente déléguée à la Culture et au Patrimoine, ainsi que de Marie-Hélène Enrietto, maire de Modène, de Guy Girard, maire de Crillon-le-Brave, de Stéphane Claudon, maire de Mazan, de Stéphanie Collet, responsable du service Culture et Patrimoine, et de Damien Brunel, directeur de l’Université Populaire Ventoux. Copyright La CoVe.

Le patrimoine, outil d’insertion
Derrière cette restauration patrimoniale ?  Un projet plus vaste : permettre à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver une activité professionnelle, d’acquérir des compétences techniques et de bénéficier d’un accompagnement vers un emploi durable. Ce chantier représente 40 jours de travaux et a mobilisé 35 salariés en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI). Tous résident sur le territoire de la CoVe et bénéficient, au-delà de leur activité sur le terrain, d’un suivi socioprofessionnel et de formations destinées à favoriser leur retour à l’emploi.

Un outil de politique publique
Depuis plus de 23 ans, la CoVe fait de ces chantiers un outil de politique publique, en accompagnant, ainsi, la restauration du patrimoine communal non protégé, l’entretien des espaces paysagers et la réhabilitation de sites emblématiques, tout en répondant aux enjeux de l’insertion par l’activité économique. Résultat ? Le taux de retour à l’emploi des bénéficiaires est annoncé comme supérieur à la moyenne nationale. Une réussite qui a valu au partenariat entre la CoVe et l’Université Populaire Ventoux d’être récompensé en 2024 par le Trophée national de la clause d’insertion.

Préserver l’identité des villages
Pour cette opération, la commune a bénéficié du fonds de concours Patrimoine de la CoVe, qui a financé 50% des travaux, soit 5 747€. Une aide qui s’inscrit dans une politique plus large de valorisation du patrimoine des communes membres, souvent confrontées à des budgets limités pour entretenir leurs édifices et espaces publics. En réalité, la restauration des calades ne relève pas seulement de l’esthétique, héritage des savoir-faire provençaux, ces ouvrages participent à l’identité des villages du Ventoux, participant à l’attractivité patrimoniale.

Parvis de l’Eglise Saint-Pierre de Vassols Copyright La CoVe

Un jardin botanique pour prolonger le projet
Pour autant, l’action ne s’arrêtera pas au parvis de l’église. Dans les prochains mois, la CoVe poursuivra son intervention à Saint-Pierre-de-Vassols avec la création d’un jardin botanique à vocation pédagogique. Le futur espace mettra en valeur les plantes traditionnelles méditerranéennes grâce à des travaux de terrassement et de plantation. Destiné autant aux habitants qu’aux visiteurs et aux scolaires, il offrira un nouvel outil de sensibilisation à la richesse de la biodiversité locale et au patrimoine végétal provençal.

Un engagement renouvelé
Afin de poursuivre ces actions, la CoVe a renouvelé en 2026 son soutien financier à l’Université Populaire Ventoux via une subvention de 40 000€. Désormais le patrimoine vivant, entretenu par des femmes et des hommes qui y trouvent l’occasion de renouer avec une activité professionnelle, retrouvent confiance en eux et se construisent un nouveau parcours. Les vieilles pierres participant à la fondation de leur avenir.
Mireille Hurlin

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