23 avril 2026 |

Ecrit par le 23 avril 2026

Bâtiments circulaires : l’appel à projets international est lancé

La 6e édition des Trophées Bâtiments Circulaires est officiellement ouverte. Porté par le Booster du Réemploi avec le réseau Construction21, ce concours international récompense les réalisations immobilières qui intègrent le réemploi de matériaux et la conception circulaire. Dans un secteur du bâtiment responsable de 240 millions de tonnes de déchets chaque année en France, l’initiative vise à promouvoir des solutions concrètes pour réduire l’empreinte environnementale de la construction. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 mai 2026.

Face aux défis environnementaux, le secteur de la construction amorce une transformation profonde. En France et en 2024, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics a généré environ 240 millions de tonnes de déchets, représentant près de 70% de la production totale de déchets du pays selon l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelle) et dont seulement 1% est réemployé, ce qui en fait l’un des secteurs les plus consommateurs de ressources naturelles. Enfin, l’essentiel de ces volumes provient des travaux publics (routes, terrassements, infrastructures).

Les Trophées Bâtiments Circulaires
Les Trophées Bâtiments Circulaires, créés il y a six ans avec plus de 160 projets déjà présentés, valorisent les opérations immobilières qui s’engagent dans le réemploi plutôt que la démolition et réutiliser plutôt que produire. L’initiative est portée par le Booster du Réemploi, un programme créé en 2020 pour accélérer l’usage de matériaux réemployés dans les projets immobiliers, en partenariat avec Construction21, réseau international dédié à la construction durable. L’objectif ? Démontrer que le réemploi de matériaux et la conception circulaire peuvent s’intégrer dans des opérations immobilières classiques, qu’il s’agisse de bâtiments neufs ou de réhabilitations.

Donner une seconde vie
Cette approche consiste à donner une seconde vie aux matériaux issus de chantiers de déconstruction ou de rénovation : menuiseries, structures métalliques, revêtements, équipements techniques… En limitant l’extraction de nouvelles ressources et la production de déchets, ces pratiques contribuent directement à réduire l’empreinte carbone du secteur du bâtiment. Elles s’inscrivent également dans un cadre réglementaire qui évolue rapidement, notamment avec la loi AGEC (Anti-gaspillage pour une économie circulaire) et la réglementation environnementale RE2020, qui encouragent la sobriété matérielle et la réduction de l’impact environnemental des constructions.

Des projets exemplaires et reproductibles
Les candidatures peuvent concerner des bâtiments, infrastructures ou aménagements extérieurs, qu’ils soient neufs ou réhabilités. Le concours est ouvert aux projets réalisés en France, Belgique, Suisse, Luxembourg et Québec, à condition qu’ils soient livrés avant le 31 mai 2026. Les dossiers seront examinés par un jury pluridisciplinaire réunissant maîtres d’ouvrage publics et privés, architectes, ingénieurs, cabinets de conseil et experts du réemploi. Les noms des lauréats seront révélés lors d’une remise des prix prévue en novembre prochain.
Mireille Hurlin


Bâtiments circulaires : l’appel à projets international est lancé

Après plusieurs années de mise en sommeil, l’Office départemental du BTP de Vaucluse -OBTP 84- renaît officiellement. Porté conjointement par les entreprises du bâtiment et les architectes, la structure ambitionne de recréer du lien, de fluidifier les pratiques et d’anticiper les grandes mutations réglementaires, environnementales et numériques qui bouleversent l’acte de bâtir.

C’est un signal fort envoyé à l’ensemble de la filière construction. Réunis en assemblée générale constitutive, les professionnels du bâtiment et de l’architecture ont acté la relance de l’Office BTP 84, structure de concertation départementale longtemps en veille, notamment depuis la crise sanitaire du Covid 19 en 2020. Une relance pensée comme une réponse collective à un secteur fragilisé par l’empilement des normes, la hausse des coûts et la complexification des projets

Une gouvernance partagée architectes–entreprises
À la présidence, et pour un mandat de trois ans, Emilie Feral issue des entreprises adhérentes à la Fédération du BTP de Vaucluse. La vice-présidence est assurée par Luc Perret, élu régional des architectes et membre de l’UNFSA (Union des architectes). Une gouvernance volontairement alternée, fidèle à l’ADN de l’Office : rassembler conception et exécution autour d’intérêts communs. L’Office BTP 84 s’inscrit dans le cadre national de l’Office Général du BTP, union pilotée par la Fédération Française du Bâtiment et l’UNSFA, avec l’Ordre des architectes comme partenaire associé. Il rejoint ainsi un réseau d’offices départementaux présents dans près de 70% des territoires français.

Recréer du lien dans une filière sous tension
Objectif ? Remettre du ‘liant’ dans une chaîne de production du bâtiment qui s’est fragmentée. Architectes, entreprises et maîtres d’ouvrage partagent aujourd’hui les mêmes constats : délais qui s’allongent, coûts qui explosent, réglementations de plus en plus techniques, et risques accrus en réhabilitation, notamment avec l’amiante, les mouvements de terrains avec les argiles, les pollutions, les structures anciennes…

De gauche à droite Rachid Ghzal, Marie Beaurain secrétaire Office btp 84, Jean François Quelderie, Karine Millet présidente de l’OGBTP, Emilie Feral présidente de Office BTP 84, Paul François Luciani vice président de l’OGBTP, Luc Perret vice président de l’Office BTP 84 et Agathe Pitoiset. Copyright MMH

De plus en plus de rénovation
La nécessité de mieux anticiper les projets en amont s’impose alors que la construction neuve recule et que la rénovation se fait majoritaire. Diagnostics insuffisants, programmation lacunaire ou défaut de coordination peuvent transformer un chantier en source de surcoûts et de contentieux. L’Office entend justement intervenir à ce stade stratégique.

Des groupes de travail très opérationnels
Pour éviter toute structure ‘hors sol’ l’Office BTP 84 a fait le choix d’une organisation agile, articulée autour de groupes de travail thématiques. Le premier portera sur la gestion des déchets et la normalisation des documents de marché, notamment les CCAP (Cahier des clauses administratives particulières) et DPGF (Décomposition du prix global et forfaitaire) afin d’harmoniser les pratiques et de permettre une comparaison claire et équitable des offres.

Les enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle
Un second groupe s’attaquera aux enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle : outils de conception, jumeaux numériques, gestion des données, mais aussi questions de propriété intellectuelle et d’évolution des métiers. À cela s’ajoute une réflexion inspirée du lean management, appliquée à l’organisation des chantiers et à la réduction des gaspillages.

La rénovation énergétique
Le troisième axe concernera la rénovation énergétique, le réemploi et les friches, avec l’ambition de structurer une véritable dynamique de matériothèque à l’échelle du Vaucluse et d’accompagner les collectivités dans la reconquête du foncier déjà bâti.

Marie Beaurain, Luc Perret et Emilie Feral Copyright MMH

Communication et dialogue institutionnel
Enfin, un groupe dédié à la communication et au dialogue institutionnel travaillera à renforcer les relations avec les maîtres d’ouvrage publics, les intercommunalités et les porteurs de projets, La Région Sud-Paca, Le Département, en valorisant les compétences locales et les outils juridiques offerts par le code de la commande publique.

Localisme, qualité et intelligence collective
Sans jamais verser dans le repli, l’Office BTP 84 revendique un localisme assumé : rappeler que le Vaucluse dispose de compétences complètes en conception comme en exécution, et que faire travailler les entreprises du territoire génère des retombées économiques, de l’emploi et de la valeur ajoutée locale.

La RE2020
Face aux bouleversements induits par la RE2020 (Règlementation environnementale) la décarbonation du bâtiment, la gestion de l’eau, la désimperméabilisation des sols ou encore la complexité croissante des autorisations d’urbanisme, l’Office se veut un espace d’intelligence collective. Un lieu neutre, capable de produire des positions communes, de partager des retours d’expérience concrets et d’éclairer aussi bien les professionnels que les maîtres d’ouvrage.

Un réveil assumé
Mis en sommeil pendant près de huit ans, l’Office BTP de Vaucluse assume aujourd’hui son réveil. Deux rencontres annuelles sont d’ores et déjà prévues, sous forme de visites de chantiers, de projets réalisés ou de temps d’échanges techniques. Avec une ligne directrice simple : moins de réunions formelles, plus de solutions concrètes et rapidement opérationnelles. Alors que la ville se reconstruit sur elle-même depuis des millénaires, l’Office BTP 84 entend s’imposer comme un outil collectif au service de la qualité, de la cohérence et de l’efficacité de l’acte de bâtir sur le territoire.

Dans le détail
Le Conseil d’administration est composé de : François Cheilan, Luc Perret, Marie Beaurain, Jean-Marc Perrut, Agathe Pitoiset et Emilie Feral. Le bureau de Emilie Feral présidente, Luc Perret vice président, Jean-Marc Perrut trésorier est Marie Beaurain secrétaire.
Mireille Hurlin

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