19 mars 2026 |

Ecrit par le 19 mars 2026

La solidarité n’est pas un vain mot

Dans un monde où tout semble aller de mal en pis, les citoyens qui s’investissent dans des démarches de solidarité sont de plus en plus nombreux, qu’il s’agisse de projets individuels ou dans des organisations plus structurées. En Provence, l’entreprise EVA (Entreprise de Valorisation Adaptée) qui agit à la fois dans la réinsertion sociale et la défense de l’environnement en est un bel exemple. De plus, elle bénéficie du soutien d’un financeur solidaire, en l’occurrence le réseau France Active. De bonnes raisons d’espérer en fait…

Olivier Espagnac, DG d’Eva et Marie-Christine Peyrol, responsable antenne Vaucluse de France Active ©Didier Bailleux/L’Echo du Mardi

Crée par Olivier Espagnac, il y a 8 ans à Vitrolles, l’entreprise EVA vient de s’implanter à Avignon, dans la zone d’activités de Courtine. Bénéficiant du statut d’entreprise adaptée elle se doit d’employer au moins 55 % de travailleurs handicapés et est soumise aux mêmes impératifs économiques qu’une entreprise traditionnelle. Le projet s’est fixé pour mission de récupérer du matériel informatique, essentiellement provenant d’entreprises, en vue de leur réemploi ou leur recyclage. Partout dans le monde les quantités « d’e-déchet » produites atteignent des niveaux records. Elles augmentent 5 fois plus vite que leur recyclage (rapport ONU 2022). En France, moins d’un quart des déchets (environ 1000 tonnes) est traité correctement. La tâche est immense. Au-delà de cette démarche citoyenne, l’entreprise EVA va plus loin. En effet, en proposant ses ordinateurs ou tablettes reconditionnés à prix cassé elle permet aussi aux personnes les plus éloignées du numérique de s’équiper. C’est coup double !

La formation des employés y est assurée aucune compétence initiale est demandée

Donner du travail aux personnes souffrant de handicaps reste cependant une des vocations premières de l’entreprise EVA. A Vitrolles, c’est une douzaine d’employés qui y travaillent, à Avignon l’établissement va démarrer avec 4 personnes. A la différence des Structures d’Insertion par l’Activité Économique (SIAE), les entreprises adaptées comme EVA s’inscrivent dans des parcours longs en proposant des CDI. La formation des employés y est assurée, aucune compétence initiale est demandée.

Sans cet accompagnement et ce soutien le projet EVA n’aurait sans doute pas vu le jour

L’entreprise EVA bénéficie du soutien du réseau de financeur solidaire France Active. Crée il y a maintenant 40 ans par le banquier et résistant Claude Alphandéry, cette association apporte du conseil et des financements à des associations ou des entreprises solidaires, des structures qui n’ont généralement pas accès aux banques. En région PACA, le réseau France Active compte 32 salariés et une centaine d’experts bénévoles. En 2024, il a accompagné ou réorienté 1 600 structures et apporté un soutien financier à 315 structures pour un montant total de 16 M€. Au niveau national, c’est chaque année près de 500 M€ qui sont mobilisés par France Active en faveur de l’économie solidaire. EVA a bénéficié de l’intervention d’un consultant pour son établissement d’Avignon et l’aider dans ses réflexions sur l’évolution de son modèle économique. Un prêt a également été consenti à l’entreprise, ce qui a également permis d’avoir au soutien bancaire traditionnel. Sans cet accompagnement et ce soutien le projet EVA n’aurait sans doute pas vu le jour.

Pour en savoir sur EVA et accéder à son market place : evad3e.fr


La solidarité n’est pas un vain mot

L’Association pour l’hébergement, l’accueil et la réinsertion en Provence (Aharp) organise une journée portes ouvertes le jeudi 21 mars à 9h30 pour fêter les 10 ans de la pension de famille Denis Martin à Avignon qui accueille chaque année plusieurs personnes isolées et désocialisées sur le département. À cette occasion, les visiteurs auront la chance de pouvoir échanger avec les 35 résidents de ce lieu d’habitat qui réapprend à ces hommes et ces femmes à vivre ensemble. 

Une pension de famille, deux résidences d’accueils et 30 chambres individuelles pouvant accueillir 35 personnes. C’est ce que propose la pension de famille Denis Martin qui se trouve au 415 chemin de Baigne pieds à Avignon. Ce centre d’accueil social est la première maison-relais du Vaucluse ouverte il y a 10 ans qui accueille des femmes et des hommes isolés, désocialisés et qui ont connu des périodes de précarité en passant par la rue ou des centres d’hébergement. 

L’association Aharp qui lutte au quotidien contre l’exclusion sociale et qui agit en faveur d’un accompagnement et d’un hébergement pour les personnes en situation d’exclusion organise ce jeudi 21 mars à 9h30 une journée portes ouvertes au sein même de ce centre de pension pour célébrer le dixième anniversaire de ce lieu de vie et de créateur social. 

La pension de famille Denis Martin, créée dans le cadre de la politique sociale du « logement d’abord », met à disposition une trentaine de chambres individuelles et un logement privatif pour permettre aux locataires de recréer du lien social sans limitation de durée. Elle met également à contribution une équipe pluriprofessionnelle d’accompagnants sociaux et d’un infirmer psychiatrique afin d’encadrer et soutenir les résidents souffrants de problèmes d’addictions ou de pathologies psychiatriques.

Une journée portes ouvertes sous le signe de l’échange social 

Pour ces portes ouvertes qui commenceront dès 9h30 par un café social partagé par l’ensemble des participants, l’association Aharp a souhaité créer du lien entre les visiteurs et les résidents du centre social. La journée d’accueil qui se poursuivra par une visite du centre et des chambres sera rythmée par des témoignages des locataires ayant bénéficié de l’aide de la pension de famille Denis Martin. 

L’occasion pour certains résidents qui sont là depuis la création du centre de partager leurs expériences et leurs aventures vécues dans ce lieu de réinsertion sociale. Un lieu de vie et de guérison qui a permis à ces hommes et ces femmes de retrouver une autonomie dans leur vie quotidienne.


La solidarité n’est pas un vain mot

Ce vendredi 28 juillet, le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti, a inauguré la structure d’accompagnement vers la sortie (SAS) d’Avignon-Le Pontet. L’objectif de ce lieu est double : désengorger les prisons et préparer la réinsertion des détenus.

Construite à côté du centre pénitentiaire du Pontet, la structure d’accompagnement vers la sortie (SAS) d’Avignon-Le Pontet dispose d’une capacité de 120 places pour accueillir, sous le régime de la semi-liberté, des détenus qui purgent de courtes peines ou à qui il reste moins de deux ans de détention. L’objectif du lieu est d’améliorer la réinsertion des détenus, mais l’établissement n’est pas réservé aux seules personnes avec un projet professionnel. Les détenus en fin de droits sociaux ou ayant des problèmes d’addiction à l’alcool ou la drogue peuvent aussi être orientés vers cette structure.

Le centre pénitentiaire du Comtat Venaissin ouvrira en 2026

L’objectif est de mieux accompagner la sortie, mais aussi de désencombrer les prisons. Conçu pour accueillir 650 personnes, le centre pénitentiaire du Pontet héberge actuellement plus de 800 détenues. Ces derniers mois, via leurs syndicats, les agents de la pénitentiaire n’ont cessé d’alerter sur cette surpopulation carcérale et sur les violences à répétition commises entre détenus, mais aussi envers les agents. La création du futur centre pénitentiaire du Comtat Venaissin, à Entraigues-sur-la-Sorgue, devrait également permettre de soulager la prison du Pontet. D’une capacité de 400 places, l’établissement devrait être opérationnel début 2026.

Le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti, inaugure la structure d’accompagnement vers la sortie d’Avignon-Le Pontet © Jérôme Renaud
Discours d’inauguration de la SAS d’Avignon-Le Pontet par le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti © Jérôme Renaud 
Session de questions-réponses avec le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti © Jérôme Renaud

https://www.echodumardi.com/tag/reinsertion/   1/1