Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
Le 19 juin dernier, la préfecture de Vaucluse a procédé à la suspension administrative d’activité de deux établissements de restauration dans le département pour « manquements graves à l’hygiène. »
Chaque année, plusieurs centaines d’inspections sont réalisées dans les restaurants et commerces alimentaires du département, ce qui permet au territoire d’observer une diminution significative de fermetures pour non-respect des règles, et donc une progression constante du niveau global d’hygiène.
Cependant, certains établissements présentent encore des manquements à l’hygiène. Le 19 juin dernier, la préfecture a suspendu l’activité de deux établissements un snack-kebab et un restaurant routier. Ces derniers ont présenté des manquements graves à l’hygiène : présence de nuisibles, absence de maîtrise des températures de conservation de certains produits, et absence de nettoyage et de désinfection. Ces deux établissements resteront fermés tant qu’ils n’auront pas répondu aux exigences de sécurité sanitaire qui sont à respecter en matière de restauration.
Dans un objectif de transparence vis à vis de la santé des consommateurs, la plateforme Alim’confiance permet à chacun de consulter librement niveau d’hygiène des établissements qui ont fait l’objet d’une inspection sur les 12 derniers mois.
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
A peine désignée plus belle gare 2026 de France, la gare-centre d’Avignon va perdre l’un de ses fleurons : le Quai des saveurs. Au moins trois candidats seraient sur les rangs afin de reprendre cet établissement de restauration qui devait constituer la vitrine des savoir-faire de la prestigieuse école hôtelière de la CCI de Vaucluse.
La partie (perdue) semblaient donc déjà jouée avant même la décision du TAE. Il faut dire que « la situation n’était plus tenable » évoque un proche du dossier pour qui le passif « est plus proche des 2M€ que des 1M€ ». Le restaurant porté depuis la fin 2024 par la CCI de Vaucluse afin de faire la promotion des savoir-faire de son école hôtelière n’aura donc pas eu le temps d’atteindre sa vitesse de croisière. A peine aura-t-il eu le temps de réaliser 600 000€ de chiffres d’affaires pour sa première année d’exploitation. Pas suffisant pour rentrer dans les clous d’un business plan prévoyant 1,2M€ par an, après 1,3M€ de travaux afin d’aménager cet établissement bistronomique.
Crédit : Echo du mardi L’entrée de l’établissement a déjà fait l’objet d’une tentative d’effraction. Crédit : Echo du mardi
Saïd Soumaila, le talentueux jeune chef issu de l’Ecole hôtelière d’Avignon, a déjà tiré sa révérence depuis la fin du mois de mai. En cela, il a suivi Naël Tamghart (son second, ancien élève de l’Ecole hôtelière lui aussi) qui avait déjà quitté le Quai des saveurs il y a quelques mois dans la foulée de sa médaille d’Excellence en cuisine lors du concours international des Euroskills 2025 au Danemark. Fin mai, l’établissement a honoré ses dernières réservations de groupe avant d’éteindre une dernière fois les fourneaux depuis une semaine.
Lettre morte pour l’appel à manifestation d’intérêt L’histoire aurait pu être tout autre si la gouvernance de la CCI de Vaucluse avait été plus sereine. En effet, consciente des difficultés de décollage de l’activité du Quai des Saveurs, l’ancienne gouvernance de la CCI 84 avait souhaité redimensionner le projet. Pour cela, elle avait lancé le 12 décembre dernier un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour un contrat de sous-occupation des 194 m2 du restaurant et de ses 168m2 de terrasses. L’un des critères de sélection était tout particulièrement le montant de la redevance fixe qui devait être reversé à la CCI et qui ne pouvait pas être inférieure à moins de 200 000€ par an. L’ensemble de ces offres devaient être remise par les candidats avant le 27 février. Entretemps, la mise sous tutelle de la CCI de Vaucluse en janvier suite à un putsch d’une partie de ses élus a mis fin au processus de sélection… Nul ne sera jamais si la mesure aurait permis de réajuster le tir. En attendant, la tutelle provisoire en a décidé autrement et n’a donc pas temporisé jusqu’à l’élection d’une nouvelle équipe prévue en juillet prochain afin que cette dernière puisse déterminer l’avenir de ce projet sur ce site qui vient d’être désigné plus belle gare de France 2026 par le magazine Ville, Rail & Transports dans le cadre de la 16e édition des Grands Prix des Régions.
Trois repreneurs sur les rangs ? La décision de redressement judiciaire datant du 7 mai, Bruno Bertholet et Charles De Saint Rapt, les deux administrateurs désignés ont donc jusqu’au 7 juillet pour recevoir les demandes de créances. Par ailleurs, plusieurs repreneurs sont sur les rangs. Au moins trois dossiers auraient été pris en compte dont celui développé par Joannes Richard, champion du monde de burger multi récompensé, l’ancien rugbyman Sébastien Chabal et Tony Mathis, directeur général de la marque de vêtement Ruckfield. Baptisé Jo’s burger, ce concept s’est notamment installé à Marseille en début d’année. « À la carte, des burgers américains avec un choix de recettes protéinées ou végétariennes. Un lieu combinant restauration et esprit sportif, qui s’annonce comme un nouveau repaire street-food », explique Emilie Camoin, notre consœur de Made in marseille dans son article consacré à cette ouverture.
Joannes Richard, champion du monde de burger multi récompensé, et l’ancien rugbyman Sébastien Chabal.. Crédit : Jo’s burger/DR
Un Jo’s burger par ville « Le principe ? C’est des burgers que l’on va déplacer chez n’importe quel restaurateur de France . Ce sera un seul établissement par ville. Chaque restaurateur sera ainsi compagnon de Jo’s et disposera de l’exclusivité des burgers de Jo’s dans sa ville », explique Joannes Richard dans une présentation de son concept auprès du créateur de contenu vidéo FlorianOnAir. Ce concept n’est cependant pas le seul à être en lice pour reprendre le lieu. Le groupe Blachère basé à Châteaurenard et qui possède l’enseigne Marie Blachère figurerait également dans cette ‘short list’ en compagnie d’une autre grande chaîne de restauration dont le nom n’a pas encore filtré.
Pas sûr que ceux qui dénonçaient la concurrence déloyale du Quai des saveurs y gagnent au change.
Laurent Garcia
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
Le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire pour le Quai des saveurs. La décision concernant l’établissement de restauration porté par la CCI de Vaucluse a été prise le 7 mai dernier. Elle remet en question l’avenir de ce projet qui devait constituer une vitrine des savoir-faire de l’Ecole hôtelière d’Avignon. Première conséquence, le départ imminent du talentueux chef Saïd Soumaila.
L’aventure avait débuté dans l’unanimité suite l’assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse du 27 novembre 2023. A cette occasion, la totalité des élus présents (18 sur 33) avait voté pour la création d’un établissement de restauration sur le nouveau parvis de la gare centre de la cité des papes alors en fin de réaménagement. Comme un seul homme, William Baud, Jean-Luc Becker, Alexandre Bressy, Dominique Damiano, François De Lepiney, Florence Duprat, Alexandra Farnos, Laure Gimno, Pierre Helias, Eugène Hermitte, Pascal Loubeyre, Roselyne Macario, Gilbert Marcelli (alors président jusqu’à son éviction fin janvier dernier), Catherine Panattoni, Cédric Ribeiro, Nordine Saihi, Florence Sentilhes et Dominique Toledo s’étaient alors déclarés totalement favorables à ce projet.
Main dans la main avec la municipalité pour une entrée de ville plus belle Un dossier qui avait débuté quelques mois auparavant lorsque SNCF gares & connexions avait ouvert un appel à la concurrence d’une durée de 10 ans concernant « la gestion d’un bâtiment implanté sur le parvis de la gare centre d’Avignon dédié à un espace de restauration ». 56 restaurateurs locaux avaient décliné l’offre et ce sont des grandes enseignes de la restauration rapide qui tenaient la corde pour s’installer : Starbucks et Burger king en tête. Inenvisageable pour Cécile Helle, alors maire d’Avignon, dont la commune avait financé 27% des 20,25M€ de travaux destinés à rendre cette entrée de ville plus belle.
« Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle. »
L’élue suggère au président de la CCI de se positionner avec une vitrine des savoir-faire de la formation consulaire vauclusienne dont l’Ecole hôtelière d’Avignon (EHA) en est le fleuron internationalement reconnu. Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle. Pour la CCI, cette demande de la municipalité tombe également à point nommé. En effet, la Chambre est en pourparlers avec la municipalité pour qu’elle lui cède des terrains jouxtant son campus de l’allée des Fenaisons afin de pouvoir étendre l’offre et la capacité d’accueil de son Académie Vaucluse Provence. Le projet ‘gagnant-gagnant’ est alors mis sur les rails avec la bénédiction de la SNCF qui y voit là une démarche inédite éventuellement duplicable dans d’autres gares hexagonales.
Une vitrine des savoir-faire culinaire et gastronomique de la CCI « Il nous est apparu que cet équipement présentait plusieurs intérêts pour notre CCI, expliquait Gilbert Marcelli en préambule du vote ayant approuvé cette initiative. D’abord, poursuivre l’évolution de notre école hôtelière et de nos enseignements puisque ce restaurant accueillera nos apprenants et les servira, à travers la société que l’on va créer. Ensuite, faire une vitrine ouverte sur la ville, pour les passagers qui fréquentent la gare et les avignonnais, de notre savoir-faire culinaire et gastronomique. Enfin, faire de ce lieu un lieu de valorisation à travers des expositions de nos entreprises et de nos produits qu’ils soient agricoles, viticoles, industriels ou autres. »
Après avoir remporté l’appel d’offres de la SNCF en janvier 2024, la CCI 84 espère alors ouvrir le Quai des saveurs avant l’été de la même année. Les travaux d’aménagement, d’un montant de 1,3M€ environ, prennent plus de temps que prévu et finalement, l’établissement de près de 200m2 comprenant aussi une terrasse de 100m2 est inauguré en décembre 2024. Plus d’une vingtaine de salariés sont sur le pont dont plus de la moitié d’apprentis. Dans le même temps, la cuisine est confiée à Saïd Soumaila, un jeune chef prometteur et ancien élève de l’EHA. Son second est le carpentrassien Naël Tamghart, lui aussi ancien élève de l’Ecole hôtelière (voir aussi encadré : ‘Une cuisine en partance’). L’équipe bénéficie du soutien de Xavier Mathieu, chef étoilé du Phébus à Gordes, et également formé à l’École Hôtelière d’Avignon, et de Patrice Leroy, directeur technique de l’Ecole.
Une cuisine en partance A gauche sur la photo Naël Tamghart, second de cuisine, a remporté la médaille d’Excellence pour le métier Cuisine au Euroskills 2025 en septembre dernier. Depuis, l’ancien élève de l’Ecole hôtelière d’Avignon, a quitté les cuisines du Quai des saveurs dans la foulée de son prix international obtenu au Danemark. Pour sa part, Saïd Soumaila, le prometteur chef de l’établissement (à droite sur la photo), en fera bientôt de même. Après avoir posé sa démission fin avril, celui qui a été notamment distingué aux Worldskills abandonnera définitivement les fourneaux du Quai des saveurs à la fin du mois de mai 2026. Crédit : Quai des saveurs/DR
Un business plan défaillant ? Côté finances, les services de la direction de la CCI établissent un ‘business plan’ d’un montant de plus de 1,2M€ par an. Une estimation très (trop) ambitieuse ? La marche semble en tout cas démesurément grande pour l’établissement bistronomique. Cela se complique en tout cas lorsque les professionnels locaux de la restauration y voient une soudaine concurrence déloyale. De leur côté, les opposants à Gilbert Marcelli y trouvent surtout le prétexte de se débarrasser d’un bouillant président devenu ‘gênant’ dans plusieurs dossiers ‘sensibles’ comme la future DSP (Délégation de service publique) de l’aéroport d’Avignon, le rachat du centre de formation Nextech ou bien encore le lancement d’une procédure disciplinaire à l’encontre du directeur général de la CCI de Vaucluse pour faute grave (ndlr : dossier actuellement toujours sous investigation du ministère de l’Economie dont dépend notamment les organismes consulaires).
Et pour ne rien arranger, le modèle économique n’a pas pris en compte l’ouverture, à quelques dizaines de mètres, d’un Marie Blachère qui ‘grignote’ l’activité petit-déjeuner. A cela s’ajoute l’incompatibilité de la réglementation concernant les amplitudes des horaires d’ouverture d’un restaurant d’application (comme initialement prévu), même si de nombreux apprentis sont embauchés par l’établissement. Malgré tout, le Quai des saveurs a réalisé un chiffre d’affaires de près de 600 000€ pour sa première année d’activité en 2025. Pas si mal pour un projet ex nihilo. Pas suffisant cependant pour faire face aux dépenses.
Le jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire du Quai des saveurs.
Cessation des paiements Suite à la mise sous tutelle par le préfet de région de la CCI 84 après la démission d’une majorité d’élus consulaires, les administrateurs provisoires de l’organisme consulaire désignés ensuite avaient placé le dossier ‘Quai des saveurs’ en haut de la pile. Depuis, les effectifs ont été largement revus à la baisse et l’établissement s’est imposé une chasse drastique aux dépenses. Dans le même temps, la Chambre de commerce et d’industrie a fermé les robinets dans ce dossier où le passif est estimé à presque 1M€.
Au-delà de ce délais, le restaurant de la CCI de Vaucluse va t’il rester à quai ? Ce sera certainement l’un des dossiers les plus urgents à traiter pour la nouvelle présidence qui devrait être élue cette été. Encore faut-il que le Quai des saveurs n’ait pas définitivement déraillé d’ici là. Autre inconnu : quelle sera la position de la nouvelle municipalité concernant la plus belle de ses entrées de ville ?
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
L’activité est en recul en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les fragilités sectorielles semblent persistantes tandis que les signaux restent contrastés à Avignon. Le baromètre Image PME (petites et moyennes entreprises) du 4e trimestre 2025, publié par Le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables de Provence-Alpes-Côte d’Azur, dresse un constat nuancé : l’activité des TPE-PME (Très petites et moyennes entreprises) recule de 2,6% en région sur un an, et de 2,8% en Vaucluse.
Si certains secteurs tels que la restauration, le bâtiment et les transports routiers continuent de se dégrader, d’autres résistent, à l’image de l’immobilier ou des pharmacies. À Avignon, la situation apparaît plus dynamique que la moyenne régionale. Au 4e trimestre 2025, les petites et moyennes entreprises françaises de l’échantillon affichent une baisse d’activité de 2,1% en glissement annuel, et de 0,8% en cumul depuis le début de l’année. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la contraction est plus prononcée : -2,6% sur le trimestre et -1,3% en cumul annuel. Il en résulte donc un recul régional plus marqué qu’au niveau national.
Un recul de 2,8% au 4e trimestre en Vaucluse Le Vaucluse enregistre un recul de 2,8% au 4e trimestre et de 1,8% depuis janvier. À Avignon, la baisse est plus contenue (-1,4% sur le trimestre ; -0,2% en cumul), traduisant une relative résilience du tissu économique local. Ces chiffres s’appuient sur l’analyse des télédéclarations de TVA (Edi-tva) réalisées par les experts-comptables pour le compte de leurs clients, via la base Statexpert. L’échantillon est conséquent : environ 530 000 entreprises au niveau national, 65 500 en région, 7 000 en Vaucluse et 900 à Avignon. Les évolutions sont calculées en glissement annuel et corrigées des jours ouvrés, ce qui confère à l’indicateur une solidité statistique appréciée des conjoncturistes.
Copyright Croec paca /Image PME
Des secteurs durablement fragilisés La restauration et les débits de boisson poursuivent leur dégradation, pénalisés par la hausse des coûts comme l’énergie, les matières premières, la masse salariale) et par une consommation des ménages plus prudente. Les transports routiers et le bâtiment subissent, eux aussi, un environnement défavorable, marqué par la contraction de la demande et la hausse des charges financières.
La coiffure en difficulté mais pas l’immobilier La coiffure figure également parmi les activités en difficulté, révélant la sensibilité de ces métiers de proximité aux arbitrages budgétaires des ménages. À l’inverse, l’immobilier, l’aménagement paysager et les pharmacies montrent une capacité de résistance. Cette hétérogénéité sectorielle confirme des évolutions structurelles de l’économie régionale : montée en puissance des services liés à l’habitat, adaptation des modèles commerciaux, digitalisation accrue des TPE.
Avignon, un signal plus favorable Un indicateur attire cependant l’attention : au 4e trimestre 2025, les TPE-PME d’Avignon affichent, dans certains segments comme le commerce de détail spécialisé, une progression de 4,4 % sur un an et de 4,3 % en cumul annuel. Une performance qui contraste avec la tendance régionale. Cette dynamique peut s’expliquer par la forte polarité commerciale et touristique de la ville, mais aussi par une base de comparaison favorable ‘l’effet de base’ rappelé dans la méthodologie, lorsque l’année précédente avait été marquée par un recul.
Copyright Croec paca /Image PME
Un climat encore incertain, mais des perspectives Pour Nicolas Férand, président du CROEC Paca, l’année 2025 reflète « à la fois les défis auxquels sont confrontées les TPE-PME et leur capacité d’adaptation ». Egalement, l’instabilité politique et le contexte international ont pesé sur l’investissement et la confiance des dirigeants.
La Loi de finances 2026 L’adoption de la loi de finances 2026 (LOF 2026) et quelques signaux d’amélioration macroéconomique laissent néanmoins entrevoir une possible stabilisation. Le tissu entrepreneurial régional demeure dense et diversifié, mais la prudence reste de mise. Le baromètre Image PME, en analysant les tendances à partir de données fiscales réelles, offre ainsi un outil d’observation précieux pour mesurer l’évolution d’un écosystème économique qui représente l’essentiel de l’emploi privé régional. Source : Baromètre Image PME – 4e trimestre 2025, Ordre des experts-comptables, base Statexpert, traitement Observatoire de la profession comptable. Mireille Hurlin
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
À Villeneuve-lès-Avignon comme au cœur d’Avignon, Maison Bronzini et Casa Bronzini incarnent une même vision : transformer un restaurant en véritable lieu de vie. Héritage patrimonial, convivialité contemporaine et sens aigu du rendez-vous rythment deux adresses complémentaires qui ont accueilli près de 110 000 couverts en 2025.
À l’origine, il y a un site chargé d’histoire. À Villeneuve-lès-Avignon, le Moulin de la Chartreuse plonge ses racines au XIVᵉ siècle, lorsque les Chartreux, installés sous la protection du pape Innocent VI, y développent la culture de l’olivier et la production d’huile. Un héritage ininterrompu depuis plus de 650 ans, en suspens, seulement le temps de la Révolution française, et reconnu par une inscription au patrimoine historique en 2009.
Philippe Bronzini Copyright Linkdin
Bistrot, jardin, boutique… Repris en 2008 par Philippe Bronzini, le moulin devient progressivement bien plus qu’un outil de production. Modernisé, récompensé pour la qualité de ses huiles d’olive, il se transforme au fil des années en un ensemble hybride : bistrot, jardin, boutique, salon de thé, pâtisserie maison, showroom et salons privés. « On n’a pas créé un restaurant. On a réveillé un lieu », résume l’équipe, revendiquant une approche où le patrimoine nourrit l’expérience contemporaine. Le moulin propose 350 couverts sur 7 salles et 250 en terrasse.
Deux adresses, deux tempos À cette Maison, destination en soi, répond depuis octobre 2024 la Casa Bronzini, installée place de l’Horloge à Avignon. Héritière d’une brasserie familiale autrefois tenue par les grands-parents de Philippe Bronzini, l’ancien Mistrau devenu la Casa, décline la même exigence dans un registre plus urbain : café dès le matin, déjeuner animé, apéritif et soirées rythmées. Une brasserie centrale, élégante sans être guindée, pensée pour suivre le pouls de la ville. L’endroit accueille 140 couverts sur trois salles, plus 120 en terrasse.
Maison Bronzini 74, rue de la République à Villeneuve lès Avignon Copyright Maison Bronzini
Une même philosophie et des ambiances différentes Si les ambiances diffèrent, la philosophie reste identique : régularité, accueil et qualité, avec une capacité d’accueil conséquente : plus de 350 couverts par service à Villeneuve, 140 à Avignon, sans compter les terrasses. Un volume assumé, rendu possible par une organisation structurée et une équipe renforcée lors des périodes de forte activité.
Créer des habitudes plutôt que du ‘one shot’ Au cœur du projet, une programmation événementielle pensée comme un fil rouge. DJ sets, soirées signature, afterworks et temps forts saisonniers scandent l’année sans chercher le spectaculaire à tout prix. « On ne fait pas du bruit, on crée des rendez-vous », résume Pierre Giovannini, responsable communication et événementiel, arrivé en septembre 2025 pour structurer l’image digitale des deux établissements et transformer l’activité quotidienne en véritable expérience.
Casa Bronzini 13, place de l’Horloge à Avignon Copyright Casa Bronzini
Des soirées protéiformes Alors que la fréquentation de la sphère restauration semble se fragiliser, Bronzini mise sur l’identité, l’ambiance et la fidélisation. Locaux, touristes, groupes ou professionnels : chacun y trouve un usage, du simple café matinal à la soirée thématique. Dernier exemple en date : une soirée casino immersive, à la Maison Bronzini, où les salles se sont métamorphosées le temps d’une nuit, confirmant cette volonté de renouveler sans cesse l’expérience.
Métamorphoses, les dates 2008 : reprise du Moulin de la Chartreuse par Philippe Bronzini ; 2012 : création du Bistrot du Moulin avec la cuisine de saison et l’ouverture du jardin ; 2016 : nouvelle dimension “lieu de vie” avec son bar/salon de thé, sa pâtisserie, sa boutique agrandie : naissance de l’univers Maison Bronzini ; 2017 : lancement de l’oléo-cosmétique, des soins à base d’olivier ; 2018/2019 : trituration externalisée pour des raisons sanitaires et des contraintes patrimoniales, cuverie et mise en bouteille conservées sur place ; 2020 : aménagement d’un showroom et de salons privés dans l’ancien espace du moulin ; Une phrase qui résume l’ADN : “On n’a pas créé un restaurant. On a réveillé un lieu.” Casa Bronzini, Avignon – Place de l’Horloge, est la continuité de cette exigence… dans un autre tempo. Ouverte en octobre 2024, après le rachat de Lou Mistrau « car nous voulions être présent au cœur d’Avignon ». De plus la brasserie appartenait aux grands-parents de Philippe Bronzini entre 1938 et 1951. La Casa Bronzini porte la même signature : accueil, qualité, ambiance, régularité, avec une énergie plus urbaine, plus spontanée, plus rythmée.
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
La société Brunet frères propose des prestations de traiteur pour des mariages ou d’autres événements. Son siège se situe à Monteux. L’entreprise a fêté ses 60 ans en 2025.
L’histoire commence en 1965 rue Vigne à Carpentras. Jean-Pierre et Max Brunet sont deux frères et ouvrent leur boucherie-charcuterie. » À cette époque, il y avait cinq boucheries dans cette rue. Le commerce dans cette ville était florissant à l’époque » explique Jean-Pierre Brunet. Le commerce grandit et propose des plats cuisinés en traiteur dans les années 80. » Mes cousins, Marc et Laurent, sont alors rentrés dans la boucherie » explique Christian Brunet, dirigeant actuel. » Pour ma part, après un cursus de formation en cuisine, j’ai travaillé pour Christian Étienne et le restaurant le Clos de la Violette à Aix-en-Provence notamment « .
« Monteux nous a accueillis les bras ouverts. »
Christian Brunet
Ouverture à Monteux L’activité traiteur de l’entreprise a commencé à se développer dans la boucherie en centre-ville à Carpentras. » Nous commencions à être à l’étroit. Nous avions pour objectif de moderniser notre activité, avec de nouvelles normes d’hygiènes qui sont arrivées. Une opportunité s’est présentée sur la zone des Escampades à Monteux en 2001. Monteux nous a accueillis les bras ouverts » explique Christian Brunet qui intégré l’entreprise dans les années 90.
Christian Brunet, dirigeant de l’entreprise.
Création de Brunet traiteur L’entreprise se dissocie en 2001, entre la boucherie reprises par les fils de Max et des activités traiteur gérées par ceux de Jean-Pierre. L’investissement à Monteux d’un million d’euros comprenant le laboratoire et un restaurant sur une surface totale de 800 m².
L’info : Christian Brunet obtenu un prix en 2025 à l’occasion du premier Trophée national des traiteurs à Nantes, dans la catégorie Transmission du savoir-faire. » J’ai obtenu ce prix avec grande fierté en essayant de transmettre ma passion et mes compétences à une équipe de jeunes traiteurs à l’occasion ce concours « .
Une année 2025 compliquée » Nous avons depuis toujours la confiance de nos clients, avec une image impeccable de notre cuisine et de notre service. Néanmoins, la concurrence est plus forte que par le passé. Les coûts de matières premières, de frais de personnels, d’énergie ont énormément progressé depuis cinq ans. Ceci a eu un fort impact sur notre rentabilité qui a baissé. Mon objectif n’est pas forcément d’augmenter le chiffre d’affaires mais de rester sur le même travail qualitatif qu’aujourd’hui. Il y a également la problématique du personnel difficile à trouver, que ce soit en cuisine ou en service. Le point positif est que notre métier n’est pas délocalisable. Comme d’autres métiers de l’artisanat, il n’est pas concerné par l’intelligence artificielle » explique Christian Brunet.
L’accueil du site de l’entreprise a été refait en 2025.
Un projet de RSE L’entreprise a toujours travaillé dans une démarche qualitative. Dans ce sens, elle a pour projet d’obtenir le label RSE. » Nous avons commencé pour cela un gros travail autour du traitement des déchets et des cartons. Nous avons également un sourcing pointu auprès de nos fournisseurs locaux. Nous sommes désormais équipés de panneaux photovoltaïques et de lumières LED. À la fin des cérémonies, pour éviter le gaspillage alimentaire, nous effectuons des dons des produits sortis du froid à la Banque alimentaire. Nous effectuons également un travail autour de la santé au travail. J’ai par exemple fait l’acquisition d’un transpalette électrique en 2024.
O.M.
Brunet en chiffres Chiffre d’affaires : 1,8 millions d’euros en 2025, idem à celui de 2024 Répartition du chiffre d’affaires : 70 % mariages, 20 % événements professionnels et 10 % pour le restaurant se situant sur le site. Salariés : 20 équivalents temps plein sur l’année. Investissements en 2024 : accueil du public pour un budget de 60 000 €, ombrière pour le stockage des camions, deux nouvelles chambres froides (une positive et négative) pour un budget de 120 000 €
Disciple d’Ecoffier « J’ai été parrainé en 1998 dans la catégorie Echarpe rouges et cela été une grande fierté pour moi « . Lancé par Auguste Escoffier, ce mouvement a eu pour objectif la transmission du savoir-faire de la cuisine française dans le monde entier, grâce un guide des bonnes pratiques. Il existe d’autres couleurs d’Echarpes, avec la violette pour la reconnaissance des services ou encore l’orange pour les jeunes talents.
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
La restauration de la porte de l’église Saint-Jean-Baptiste, rendue possible par une mobilisation citoyenne exemplaire, illustre la vitalité de l’engagement patrimonial en Vaucluse. Un concert viendra célébrer cette réussite collective.
À Châteauneuf-de-Gadagne, la sauvegarde du patrimoine n’est pas qu’une affaire de pierres. Elle est aussi celle d’un élan collectif. La municipalité annonce le succès de la souscription publique lancée avec la Fondation du Patrimoine pour restaurer la porte monumentale de l’église Saint-Jean-Baptiste, datée de la fin du XIXᵉ siècle. Une campagne qui a dépassé ses objectifs initiaux, portée par la générosité des habitants et des donateurs.
Une porte, témoin d’une histoire locale singulière Œuvre originale réalisée autour de 1870, la porte de l’église se distingue par son placage métallique clouté et ses motifs décoratifs rares en Provence. Elle constitue l’un des éléments les plus singuliers de cet édifice roman du XIIᵉ siècle, profondément remanié au fil des siècles. Fragilisée par le temps, la porte nécessitait une restauration complète, mêlant savoir-faire artisanal et respect du patrimoine ancien. Le chantier, engagé à l’automne 2025, vise à consolider la structure en bois, restaurer le revêtement métallique et redonner à l’ensemble sa cohérence esthétique. Le montant total des travaux s’élève à 24 200€, dont une part significative a pu être financée grâce à la souscription.
Copyright ville de Châteauneuf-de-Gadagne
Un engagement local aux retombées concrètes Au-delà de la préservation d’un élément architectural, l’opération s’inscrit dans une dynamique plus large. Selon une étude menée par la Fondation du Patrimoine, 1€ investi dans la restauration génère en moyenne 21€ de retombées économiques locales, en soutenant l’emploi, les artisans et l’attractivité des centres anciens. Un enjeu particulièrement sensible dans le Vaucluse, où de nombreuses communes rurales et périurbaines cherchent à valoriser leur identité et leur cadre de vie. À l’échelle départementale, les projets soutenus par la Fondation participent aussi à la revitalisation des centres bourgs, en renforçant le lien entre patrimoine, culture et développement local.
La musique pour célébrer une réussite collective Pour marquer la fin de la campagne et le retour de la porte restaurée, la municipalité organise un concert de musique classique le dimanche 11 janvier 2026 à 16h, dans l’église du village. Le Quatuor Girard, en partenariat avec les Musicales de Gadagne, proposera un programme autour de Bach, Mozart et Beethoven, dont le Quatuor op.130-133. À l’issue du concert, un moment convivial réunira le public autour d’un verre de l’amitié et de galettes des rois, prolongeant l’esprit de partage qui a animé toute la souscription.
Une mobilisation qui se prolonge Si la campagne a déjà permis d’atteindre ses objectifs, la souscription reste ouverte tout au long du mois de janvier. Les dons peuvent encore être effectués en ligne, permettant à chacun de contribuer, même après coup, à la préservation de ce patrimoine communal.
Les infos pratiques Eglise Saint-Jean-Baptiste. Dimanche 11 janvier 2026 à 16h. Place de l’Église à Châteauneuf-de-Gadagne. Tel : 04 90 38 04 78. Réserver ici Calista Contat-Dathey
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
Après 7 mois de travaux, le Mercure Arles Centre Arènes vient officiellement d’être inauguré. Situé rue Emile Fassin dans l’ancien hôtel Atrium, l’établissement 4 étoiles appartenant au groupe Accor est dirigé par Wilfried Tardy, auparavant directeur d’exploitation des Mercure Pont d’Avignon et Palais des papes.
Une rénovation dans le respect de l’histoire arlésienne Construit en 1987 autour d’une ancienne maison arlésienne du XIXᵉ siècle, le Mercure Arles Centre Arènes a été rénové en profondeur pour offrir un cadre plus chaleureux et contemporain. « L’hôtel a été repensé et rénové pour devenir aujourd’hui un établissement 4 étoiles de caractère, profondément ancré dans sa ville, précise le nouveau directeur. Plus qu’un simple hôtel, il se veut un lieu d’accueil, de rencontre et de partage, reflétant l’esprit de la marque Mercure qui offre à ses visiteurs une expérience authentique, véritablement ancrée dans son territoire, ouverte sur la ville et ses habitants, en lien étroit avec les artisans et producteurs locaux. »
Crédit : Thermed interior design/DR
L’architecte d’intérieur parisien Nicolas Thermed, à l’origine du projet, explique avoir voulu créer un hôtel où l’on se sent « vraiment à Arles ». Il décrit un lieu qui rend hommage à la ville, à son architecture et à son ambiance, entre histoire et modernité : « un hôtel où on s’y sent bien, où il y a de la chaleur. Dans une ville merveilleuse qui est très inspirante, je crois, pour beaucoup de gens, même pour ceux qui y vivent d’ailleurs. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler sur ce projet. »
Crédit : Thermed interior design/DR
Capacité de 91 chambres L’établissement compte désormais 91 chambres et suites. Il dispose également de plusieurs salles modulables destinées à accueillir des séminaires et des événements professionnels jusqu’ 350m2 pour une capacité de maximale de 180 personnes. Autre atout de l’hôtel : son ‘rooftop’, une terrasse avec piscine perchée au-dessus des toits d’Arles, offrant une vue panoramique sur la ville.
Crédit : Crédit : Audrey KOKODOCO
Saveurs locales pour le restaurant bistronomique Côté cuisine, c’est le chef Adrien Gentilucci qui est à la tête du restaurant de 60 couverts du Mercure Arles Centre Arènes. Passé notamment par les cuisines du restaurant Bernard Loiseau, de La Chassagnette d’Armand Arnal ou bien encore des Maisons d’Arles, ce dernier propose une cuisine bistronomique locale et de saison. Pour cela, le chef entend proposer à l’année une carte mettant tout particulièrement à l’honneur les produits du terroir et les producteurs régionaux.
« Le vœu que Mercure Arles Centre Arènes devienne un acteur du rayonnement touristique et culturel. »
Wilfried Tardy, directeur
De gauche à droite : Wilfried Tardy, directeur du Mercure Arles Centre Arènes, et Axel Lubin, directeur des opérations multi marques au sein d’Astan Hospitality
Selon son directeur, Wilfried Tardy, cette transformation reflète la volonté de créer un lieu vivant, ouvert sur la ville et ses habitants, en lien étroit avec les artisans et producteurs du territoire. Dans tout l’hôtel, des références à la culture locale s’invitent « des têtes de lit qui évoquent les arches des Arènes, une feuille de pierre rappelant les salins de Giraud, des teintes chaudes terracotta qui respirent la Provence, des matériaux nobles travaillés par des artisans locaux, notamment certains luminaires que l’on peut admirer ici, et bien sûr un hommage à la photographie, si présente dans cette région. Je forme le vœu que Mercure Arles Centre Arènes devienne un acteur du rayonnement touristique et culturel de cette ville exceptionnelle. Qu’il contribue à renforcer son attractivité, dans le respect de son histoire et dans l’élan de son avenir. »
Amaury Marie (stagiaire)
Deux restaurants vauclusiens fermés pour manque d’hygiène
Un vaste programme de restauration des espaces remarquables de l’Hôtel Dieu de Carpentras, devenu, désormais l’Inguimbertine, la bibliothèque-musée, va être lancé, révélant au grand public, la richesse historique des anciennes fonctions du bâtiment. Un précieux révélateur d’histoire dont les nouveaux travaux sont estimés à 4M€.
Classé en totalité Monument Historique en 1862, L’Hôtel-Dieu est le deuxième édifice le plus vaste de Vaucluse après le Palais des papes. La chapelle, l’escalier monumental, le hall des donatifs et l’apothicairerie (ouverture prévue en 2026) constituent les espaces historiques les plus remarquables. Le programme de restauration se déroulera dès cette année et jusqu’en 2030.
On commence par des études poussées Il commence dès maintenant, à cheval entre 2025 et 2026, avec les études préalables aux restaurations complexes pour, ensuite, débuter la restauration de la pharmacie et du laboratoire attenant entre 2027 et 2028. 2028-2029 entamera la restauration du petit hall des donatifs –petits tableaux peints commémorant un don fait à une institution charitable, souvent un portrait du donateur.
Les donatifs ancêtre de la publicité ? Le plus ancien donatif trouvé en Comtat Venaissin est daté de 1620 et pourrait s’apparenter à l’ancêtre de la publicité, flattant l’égo et amenant d’autres personnes à faire de même, selon Madeleine Ferrières dans ‘Les donatifs comtadins’. Une pratique tombée en désuétude en 1948. Puis les travaux se concentreront sur l’ancienne salle du Conseil. Enfin, il sera question de la rénovation du cœur des religieuses et de la chapelle entre 2029 et 2030.
Au chapitre des finances Les soutiens de ce vaste programme de restauration sont la Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Région Sud et le Département de Vaucluse.