10 mars 2026 |

Ecrit par le 10 mars 2026

Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

A peine remises de la crise du Covid, les salles de spectacles sont aujourd’hui confrontées à de nouvelles difficultés. Contractions des dépenses des ménages, restrictions des financements publics, questions sur leurs devenirs en cas de changement politique majeur… les raisons d’être inquiet pourraient être nombreuses. Malgré cela, ces lieux culturels affichent leur optimisme et tentent de se réinventer.

« C’est extrêmement important de garder une posture d’engagement, de joie, de projets et aussi de réussite vis-à-vis des équipes » affirme Chloé Tournier, directrice de la scène nationale de Cavaillon. Pour elle le plus gros risque, dans le contexte actuel, c’est la désillusion et le désengagement. « C’est contre cela qu’il faut lutter et c’est notre responsabilité en tant qu’institution culturelle » ajoute-t-elle. Si la posture professionnelle de ces acteurs de culture les conduit à ne pas se montrer dans la morosité, ils doivent également se battre contre « le travail de critique du secteur culturel qui vise à développer l’acceptabilité des coupes budgétaires » explique-t-elle. Y croire plus que tout et continuer la mission. « Si toute cette activité n’est pas portée par une vision, par un souffle, la charge de travail devient alors trop lourde » complète-t-elle.

« Il faut se préparer aux chocs futurs »

Sébastien Cornu (la Gare de Coustellet)

Equipe de la Gare de Coustellet

Cet engagement on le retrouve également du côté de la Gare de Coustellet qui fait de la culture et du social des missions essentielles. « Il faut se préparer aux chocs futurs » clame Sébastien Cornu, un des fondateurs de l’association A.V.E.C. qui gère la Gare de Coustellet. Cette structure qui a vu s’élargir sa mission à l’action sociale fête, cette année, ses 30 ans. Elle souhaite à cette occasion, et le contexte l’y oblige aussi, à conduire une vraie réflexion sur son devenir. Réflexions que l’association entend mener avec les habitants et les citoyens précise Stéphane Soler, le directeur. Si on veut que la démarche culturelle continue à être celle de l’expérimentation et de l’ouverture il faut être vigilent explique Sébastien Cornu. Pouvoir continuer « d’habiter la marge » est pour lui essentiel.

A Cavaillon, Chloé Tournier met en avant la nécessité de coopérer avec d’autres acteurs culturels et pas uniquement pour des raisons économiques

Plusieurs lieux culturels ont d’ores et déjà entamés des réflexions et commencer à faire évoluer leurs pratiques et leurs organisations. A Cavaillon, Chloé Tournier met en avant la nécessité de coopérer avec d’autres acteurs culturels et pas uniquement pour des raisons économiques. Ces coopérations peuvent être de plusieurs natures, partages de coûts sur des spectacles, coréalisations avec d’autres salles de la région ou encore coproductions sur des projets plus ambitieux, comme ceux partagés avec le réseau Traverses qui regroupe 25 salles de la région Sud. Elle insiste à également sur la nécessité d’aider les plus petites structures et en particulier celles qui ne bénéficient pas d’une labellisation. Une devoir de solidarité.

« Il y a des risques assez effrayant notamment avec la montée de l’extrême droite en France, qui inquiète beaucoup de citoyens et aussi les milieux culturels »

Chloé Tournier (La Garance)

Chloé Tournier

Le rapport aux politiques et en particulier à l’approche des prochaines échéances électorales, qui pourrait voir la montée en charge de l’extrême droite inquiète les milieux culturels. « En tant que structure de la culture commune on ne peut qu’être une chambre d’écho et de vibrations de ces incertitudes, qui sont partagés par beaucoup de nos concitoyens » affirme Chloé Tournier. « Il y a des risques assez effrayant notamment avec la montée de l’extrême droite en France, qui inquiète beaucoup de gens et aussi les milieux culturels que nous sommes, et pas de manière fantasmée, nous avons des exemples concrets ici dans la plaine de Cavaillon » poursuit-elle. « La montée des extrêmes est une vraie menace pour nous » surenchérît de son côté Stéphane Soler, le directeur de la Gare de Coustellet. « C’est un vrai enjeu de démocratie » complète Sébastien Cornu. « C’est une ombre qui plane sur le tableau » conclue Cholé Tournier.


Les salles de spectacles face aux incertitudes politiques et financières

Située à deux pas de la gare TGV d’Avignon, la salle Confluence Spectacles ouvrira ses portes au public en février 2024. Les plus grands noms de la scène française s’y produiront. Confluence Spectacles ambitionne de devenir une des salles les plus incontournables d’Avignon, et plus largement du Vaucluse.

Ce ne sera pas Bruno Coquatrix qui veillera sur la plus grande salle de spectacles de Vaucluse, mais quatre mousquetaires, quatre potes devenus partenaires d’un même projet : reprendre la structure éphémère de l’Opéra Confluence, vouée à disparaître quand se sont terminés les travaux de rénovation de l’opéra de la place de l’Horloge au cœur d’Avignon en 2021, qui date de 1825.

Les quatre investisseurs majeurs sont donc, René Kraus, le directeur général. Ce fou de cinéma, à la tête du plus grand complexe d’Avignon, le Cinéma Capitole MyCinewest au Pontet, créateur des ‘Rencontres du Sud’ depuis 2010, producteur et membre de l’Académie des César. Directeur d’exploitation : Christian Dupré, qui gérait jusque-là la technique des 11 salles du multiplex d’Avignon-Nord. Patrice Fabre, restaurateur aux ‘Terrasses des Saveurs’ au Pontet, qui sera chargé de l’espace bar-snacking à l’entrée pour proposer un lieu d’échange aux spectateurs. Et enfin, Grégory Cometti, créateur du ‘KFT’ (Kafé-Théâtre à Saint-Galmier, sa ville natale proche de Saint-Etienne) qui portera la programmation, une proposition populaire, éclectique, accessible à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite, et à prix réduits.

De gauche à droite : Christian Dupré, Gregory Cometti, René Kraus, Patrice Fabre. ©Cyril Cortez

Une salle pour tous

« Celle salle sera un ancrage pour le grand public », précise Christian Dupré avant que ne commence la visite du chantier, ce mardi 12 décembre après-midi en Courtine. « L’implantation, ici, constitue un avantage majeur, au carrefour des axes Montpellier – Lyon – Marseille, au cœur d’un nouveau lieu de vie, un quartier en plein essor qui bientôt proposera 43 000 m² de logements, bureaux et commerces », ajoute René Kraus. 

Quand on pénètre dans la salle où s’activent des artisans, on découvre qu’elle a été modifiée, sa contenance agrandie. Entre les sièges de velours rouge de ‘La Fenice’ à Venise et ceux de l’ancien opéra de Liège. D’autres fauteuils confortables seront installés, du matériel sonore et des poursuites lumière high-tech. Une dalle béton a été coulée sur 400 m² pour les concerts hip-hop ou de musique électro où les jeunes spectateurs pourront s’éclater en dansant. « En tout, elle aura la même jauge que l’Olympia » (qui a accueilli Johnny, Sylvie Vartan, les Beatles, Gilbert Bécaud ou Charles Aznavour), commente, pas peu fier, Christian Dupré. Sans oublier un parking attenant gratuit de 450 places qui sera surveillé les soirs de spectacles. Ni les loges flambant-neuves qui sont déjà installées.

©Cyril Cortez

Un projet important pour Avignon

Cécile Helle qui participait à la visite se félicite : « C’est en 2018 que l’architecte catalan Juan Busquets était venu à l’Université d’Avignon pour présenter son projet pour le nouveau quartier Confluence. Il connaît par coeur les remblas de Barcelone et il a dessiné ici un projet global d’aménagement, une grande allée, un parc linéaire, qui raccordera les Allées de l’Oulle au partage des eaux du Rhône et de la Durance, tout en préservant la végétation et en favorisant la mobilité douce ». Elle ajoute : « Par sa programmation éclectique et grand public, elle complètera l’offre culturelle déjà riche d’Avignon et participera encore plus à son rayonnement et à son attractivité ».

Quant au Président du Grand Avignon, Joël Guin, il insiste : « C’est un projet audacieux, issu d’une belle synergie entre les secteurs public et privé qui impactera positivement l’économie du Grand Avignon. D’autant plus que Confluence s’inscrit dans une dynamique urbaine et culturelle avec le démarrage du projet ‘Motion’ du Groupe Patriarche et du projet ‘Inspir’Avignon’ des groupes Icade et Primosud sur 43 000 m².

La programmation

Le directeur artistique, Grégory Cometti a longuement détaillé la programmation de l’An I de Confluence Spectacles qui sera lancé dans moins de 2 mois, le 15 février. « Déjà 16 000 billets ont été vendus, c’est complet pour les trois soirées de Gad Elmaleh, peut-être devrons-nous en prévoir une 4ᵉ », explique-t-il. Sont annoncés Christophe Willem, la révélation de ‘La nouvelle Star’ 2006, pour l’inauguration, l’acteur et humoriste Vincent Dedienne, longtemps chroniqueur dans ‘Quotidien’ chez Yann Barthès le 16 février, mais aussi Enrico Macias, Sheila, Frédéric François, Anne Roumanoff, Jean-Baptiste Guégan, le ‘sosie’ de Johnny, les Gypsies d’Arles avec Chico…

Pour découvrir tout le programme de 2024, cliquez ici.

De l’humour, du cirque, de la danse classique, de la magie, des concerts, du théâtre, « Mais pas trop pour ne pas concurrencer les salles permanentes d’Avignon, précise Grégory Cometti. On part de zéro, d’une page blanche, on a tout à écrire. On a déjà programmé 70 dates jusqu’en décembre, après, en année pleine, il y en aura une centaine avec des jauges différentes, modulables. Mais on peut tirer notre épingle du jeu entre les tournées des grosses productions pour les Zénith de Montpellier, Marseille et Toulon. » Côté tarifs : « On est privé. Donc, on doit gagner de l’argent pour ne pas couler, mais c’est un juste équilibre à trouver pour offrir des places peu chères au jeune public par exemple. Pour certains spectacles d’humour la place est à 29€. Pour Gad Elmaleh, c’est complet pour les 3 dates de juin, même si c’est plus cher, les gens sont prêts à payer sans discuter, ils font l’effort naturellement. »

Avec Confluence Spectacles, la Cité des papes écrit son futur dans un nouvel écrin. Un lieu d’échange et de partage culturel qui renforcera le rayonnement international d’Avignon, ville d’exception.

©DE-SO

Coût total : 3M€
Jauge : 1650 places
Parking : 450 places gratuites
Espace scénique : 450 m²

https://www.echodumardi.com/tag/salle-de-spectacle/   1/1