6 novembre 2026 |

Ecrit par le 6 novembre 2026

Pour la sécurité des Vauclusiens, le Département réaffirme son soutien « indéfectible » aux pompiers

Le Département de Vaucluse va renouveler son soutien au SDIS 84 au travers d’une nouvelle convention partenariale pour 2027-2028 qui sera soumise au conseil départemental lors du prochain débat sur les orientations budgétaires, mais aussi au conseil d’administration du SDIS 84.

Ce jeudi 8 octobre, Thierry Lagneau, président du SDIS 84, le Colonel Hors Classe Christophe Paichoux, directeur du SDIS 84, et Dominique Santoni, présidente du Département de Vaucluse, ont présenté la nouvelle convention de partenariat entre les deux entités pour les deux années à venir, dévoilant le budget du Département pour le Service Départemental d’Incendie et de Secours.

Ce renouvellement du partenariat entre le Département et le SDIS 84 intervient dans un contexte particulier du côté des pompiers qui ont déposé un préavis de grève jusqu’au 20 octobre en raison d’une sollicitation opérationnelle croissante. En Vaucluse, le nombre d’interventions a augmenté de +25% ces cinq dernières années. « Ces revendications sont légitimes, affirme Thierry Lagneau. Elles dénoncent la nécessité des moyens et toutes les contraintes que ça impose dans le fonctionnement de justice. »

Le Département, un allié de taille

Si tous les Services Départementaux d’Incendie et de Secours de France sont concernés par le manque de moyens, celui du Vaucluse n’est pas trop mal loti. « Le SDIS 84, qui est classé en catégorie B, possède des moyens plus conséquents que beaucoup d’autres départements de même catégorie, notamment en termes de nombre de sapeurs-pompiers professionnels », explique Christophe Paichoux.

« C’est un choix budgétaire fort de donner des moyens aux pompiers pour qu’ils accomplissent leurs missions qui sont prioritaires. »

Dominique Santoni

Si le SDIS 84 possède ces moyens, c’est en partie grâce au budget alloué par le Département de Vaucluse, qui a été de 38,9M€ en 2026. Pour les deux années à venir, ce budget devrait augmenter, avec 41,2M€ en 2027, et 42,3M en 2028, soit 64% du budget de fonctionnement. Des chiffres qui sont susceptibles d’évoluer en fonction de l’inflation.

Un soutien non négligeable

Ainsi, le soutien financier du Département apparait comme étant indispensable, « indéfectible », comme le qualifie Dominique Santoni. « On sort d’une séquence éprouvante en termes de feux de forêts, rappelle le président du SDIS 84. On va entrer dans une période de risques d’inondation. C’est un soutien non négligeable que l’on obtient du Département de Vaucluse qui nous permet d’investir. »

« Le SDIS est une ressource pour le département, pour assurer l’équité dans la distribution des secours sur l’ensemble du territoire, que ce soit en zone urbaine ou en zone rurale. »

Colonel Christophe Paichoux

Dans la précédente convention (2025-2026), l’investissement s’est concentré en partie sur le déploiement du photovoltaïque sur les bâtiments du SDIS 84, l’achat de tablettes numériques opérationnelles pour la lutte contre les feux de forêt et le secours d’urgence aux personnes, et sur le commencement du renouvellement de la flotte de camions-citernes qui va se poursuivre avec un budget de 900 000€ par an soit 1,8M€ sur les deux années à venir.

Des moyens supplémentaires en discussion

Aussi, lors des échanges entre le Département et le SDIS, ont été mis en avant l’investissement dans des tuyaux allégés pour permettre aux pompiers en exercice de transporter moins de poids, mais aussi les matériels de protection contre les fumées toxiques, ainsi que le soutien à l’embauche de sapeurs-pompiers dans le cadre du passage des gardes en 12 heures.

« La convention démontre un dialogue constant entre le SDIS et le Département. »

Dominique Santoni

Si le Département ne va pas lésiner sur les moyens pour améliorer les conditions de travail des pompiers vauclusiens, Dominique Santoni, récemment élue sénatrice de Vaucluse, compte bien faire remonter leur revendications à Paris, en cherchant notamment de nouvelles sources de financements, qui sont aujourd’hui portés entièrement par les collectivités territoriales. « Je pense notamment aux assurances », déclare-t-elle, avec l’appui de Thierry Lagneau qui ajoute : « Il ne faut pas regarder seulement ce qui est détruit ou va potentiellement l’être, il faut aussi regarder ce qui est épargné grâce au travail des sapeurs-pompiers. »

Christophe Paichoux, Dominique Santoni et Thierry Lagneau. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Un SDIS reconnu aux niveaux national et international

Grâce, entre autres, à ce partenariat avec le Département, le SDIS 84 démontre une couverture opérationnelle du territoire optimale. Les sapeurs-pompiers vauclusiens ont d’ailleurs arrêté 99% des feux dans le département cet été avant qu’ils ne parcourent 5 hectares, notamment grâce à l’hélicoptère bombardier d’eau, dont la location de 300 000€ est prise totalement en charge par le Département de Vaucluse.

Et ils n’interviennent pas seulement sur leur territoire, ils étaient sur tous les fronts cet été, dans les Landes, dans le Var, à Fontainebleau, et à bien d’autres endroits, et ils sont reconnus aux niveaux national et international. « C’est cette force de frappe qui est reconnue, c’est aussi cet aguerrissement, cet engagement des sapeurs-pompiers de Vaucluse, dont pour ma part, je suis assez fier », a conclu Christophe Paichoux.


Plein les bottes mais toujours motivés les pompiers de Vaucluse

Evidemment, ici comme ailleurs, la cocotte minute bout après un été de canicule, de mégafeux, de sollicitations toujours plus fréquentes et plus intenses… Malgré leurs qualités, dévouement, courage, abnégation, disponibilité, engagement, les 528 pompiers professionnels et les 1 900 volontaires des 47 casernes du SDIS 84 (sans oublier les 136 agents techniques et administratifs) souffrent, eux aussi. Subissent fatigue, stress, lassitude, usure, désarroi voire parfois découragement.

Si l’aide aux personnes représente en moyenne 81% de leur activité et les incendies 7%, depuis le 1er juin, ils sont intervenus 506 fois pour des feux d’espaces naturels (+9,1% par rapport à 2025). « À ce jour, 113 hectares — contre 65 ha l’an dernier — sont partis en cendres mais 99% des flammes ont été stoppés avant de parcourir 5 hectares, précise le Colonel Christophe Paichoux, directeur du SDIS 84 depuis presque 3 ans. Pour le feu à Sorgues du 23 juillet dernier, nous avons engagé 250 hommes, l’hélicoptère bombardier d’eau loué par le Conseil Départemental de Vaucluse (qui a effectué 269 largages en juillet-août) et des Canadair et des Dasch. Cela nous a permis de préserver les habitations, les zones d’entreprises et les sites classés Seveso. »

En tout, 2 358 sapeurs-pompiers vauclusiens ont été mobilisés sur le terrain, nombre d’entre eux sont allés appuyer leurs homologues pour des feux qui ont marqué cet été suffocant, que ce soit à Fontainebleau, dans le Var, le Gard, les Landes, l’Hérault, en Gironde, en Corse, en Lozère, dans la Drôme où la chaleur du soleil s’ajoutait à celle des brasiers. D’autres sont également partis renforcer le commandement dans les Hautes-Alpes ou les Pyrénées Orientales.

« Nos sapeurs-pompiers sont plus motivés que jamais. »

Colonel Christophe Paichoux

« Toutes ces interventions ont montré que nos sapeurs-pompiers sont plus motivés que jamais. Ils ont prouvé leur engagement maximal malgré une mise à l’épreuve intense, de plus en plus de sollicitations à une fréquence croissante », explique le commandant du SDIS 84. Une intervention toutes les 10′, 50 000 par an.

Et l’été n’est pas fini avec la menace de la fameuse « Règle des trois 30 » pour évaluer les risques de départ et de propagation des feux. Quand la température est supérieure à 30°, les rafales de vent à plus de 30km/h et le taux d’humidité de l’air à -30%… Or c’est ce justement ce que prévoit la météo en ce début septembre.

Le Colonel Christophe Paichoux. ©SDIS 84

Des moyens insuffisants

La reconnaissance de la population envers nos valeureux soldats du feu, heureusement est de mise face à l’ampleur des risques physiques et psychologiques qu’ils courent. Mais les moyens en hommes et matériels sont devenus insuffisants face au changement climatique qui s’accentue au fil des ans. Une grande réforme nationale de la Sécurité Civile s’impose pour lutter à armes égales. Sous la décennie Macron, pas moins d’une demi-douzaine de ministres de l’Intérieur se sont succédés à Beauvau, Gérard Collomb, Edouard Philippe qui a assuré l’interim le temps qu’on déniche Castaner, puis Darmanin, Retailleau et aujourd’hui Laurent Nunez. Une instabilité qui ne favorise pas une réforme de fond pourtant indispensable.

Aujourd’hui ce sont les communes et les conseils départementaux qui financent les pompiers, les casernes, les camions-citernes, les fourgons-pompes, les véhicules de soutien sanitaire, le matériel hydraulique de désincarcération qui sauve des vies. Mais comme les collectivités locales voient leur dotation figée avec l’endettement du pays, elles ne peuvent pas tout payer. Du coup, certains se demandent si on ne pourrait pas trouver d’autres sources de financements. Le Colonel Paichoux évoque le secours urgence à personne. « Chaque année, nous transportons vers l’hôpital 6 000 personnes blessées à la place d’ambulances privées, on nous paie 200€ par intervention alors que le coût réel est de 600€, le Ministère de la Santé pourrait nous aider. » Autre dépense subie par le SDIS 84, « pour cotiser à la Caisse de Retraite des collectivités locales, la facture s’est élevée en 4 ans à 6M€ sur 70M€ de financement, c’est beaucoup », précise-t-il.

« Depuis les feux qui ont ému le monde entier cet été, nombre de jeunes se sont manifestés pour s’engager. »

Colonel Christophe Paichoux

Il insiste sur le modèle d’engagement viscéral des pompiers. « Ils sont acteurs de la sécurité pour tous, ils sont solidaires envers leurs concitoyens, ils leur viennent en aide nuit et jour. C’est un modèle de don de soi viable, admirable, qui a fait ses preuves depuis longtemps. D’ailleurs depuis les feux qui ont ému le monde entier cet été, nombre de jeunes se sont manifestés par internet pour s’engager, pour donner de leur temps, pour être recrutés, leur nombre a doublé, c’est bon signe ». Il faut quand même savoir qu’en intervention un pompier volontaire de base touche 8€. Et quand il est d’astreinte, 80 centimes/h ».

Un préavis de grève a été lancé par l’intersyndicale à partir du 8 septembre prochain, lors de la présentation du texte de modernisation de la Sécurité Civile jusqu’au 20 octobre, jour de vote de la première partie du budget.

©SDIS 84

Les soldats du feu, souvent usés par les entrainements et l’exercice de leur métier, qui côtoient régulièrement la mort, qui sont parfois victimes de maladies professionnelles, qui inhalent gaz et fumées toxiques, ne demandent qu’une chose, exercer leur engagement de manière plus sereine. Le département de Vaucluse avec Thierry Lagneau, en charge du SDIS 84 est depuis longtemps sensibilisé à leurs problèmes. Il a été pionnier en la matière pour le nettoyage immédiat des tenues de retour des feux et pour les stocker loin des espaces de vie.  Et pour ceux qui ont déploré les températures caniculaires relevées dans certains CSP en juillet… Qu’ils soient rassurés : dès l’an prochain, des chambres climatisées sont prévues pour les soldats de garde. D’ores et déjà, d’ailleurs, chacune des 47 casernes de Vaucluse est équipée d’un espace de vie à l’abri des 30° pour le personnel. 

N’oublions pas que malgré les milliers d’hectares dévastés par les flammes cet été, malgré les maisons, les commerces et les campings rayés de la carte, on n’a dénombré aucun mort, sauf chez les sapeurs-pompiers. « Sauver ou périr », disait un slogan. Merci à tous ceux qui veillent sur nous et nous protègent au péril de leur vie.


L’Université d’Avignon joue collectif avec l’hôpital de Montfavet et le SDIS

Mardi 2 juin, à la Villa créative de l’Université d’Avignon, se sont réunis, pour une cérémonie de signature, les représentants du Centre Hospitalier de Montfavet (CHM), du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Vaucluse et de l’Université d’Avignon. Deux conventions ont été signées, pour travailler ensemble autour de la jeunesse, de la recherche et de l’innovation.

Un partenariat construit dans la durée
Il y a un an, à l’occasion d’un colloque sur la santé mentale et l’intelligence artificielle, les équipes du CHM et de l’Université d’Avignon se sont rencontrées et ont découvert des intérêts communs. « Au départ, nous sommes rentrés par le colloque santé mentale et IA, a rappelé Marie-Laure Piquemal-Ratouit, directrice générale du CHM. C’était vraiment notre porte d’entrée. Nous avons découvert à quel point l’université est vraiment très avancée dans le domaine. »

Depuis, les échanges se sont multipliés : patrimoine, archives, culture, biodiversité… Comme cette demande d’accueil de stages et d’alternances au centre hospitalier qui a été acceptée ainsi qu’un projet d’exposition d’artistes de Montfavet à la Villa créative.

Marie-Laure Piquemal-Ratouit, directrice générale du CHM, Georges Linarès, président d’Avignon Université. Crédit : Avignon Université/DR

La santé mentale des étudiants, une priorité partagée
La santé mentale des jeunes est au cœur des préoccupations communes. Le Service de Santé Étudiante (SSE) d’Avignon Université, créé il y a un an, a pour vocation d’accueillir l’ensemble des étudiants pour tout problème de santé, dont la santé mentale qui se trouve être le premier motif de consultation chez les jeunes aujourd’hui.

Au fil des derniers mois, l’équipe du SSE s’est agrandie avec notamment : un psychologue, des sophrologues, une sage-femme, un kinésithérapeute, et une infirmière spécialisée en addictologie et tabacologie…

« Les étudiants avignonnais ont beaucoup de chance. »

Marie-Noëlle Petit, présidente de la Commission médicale d’établissement de l’hôpital de Montfavet

En relation avec le Centre Médico-Psychologique (CMP) de Montfavet, le SSE met un point d’honneur au dépistage, à l’orientation et à la prise en charge de diverses situations appelant un suivi médical. « L’enjeu, c’est que nos étudiants n’aient plus de tentatives de suicide, insiste la responsable du SSE, Alizée Susler. Qu’on puisse les prendre en charge pour qu’ils deviennent des adultes heureux et actifs plus tard. »

Pour le docteur Marie-Noëlle Petit, présidente de la CME (Commission médicale d’établissement) de l’établissement de Montfavet, cette articulation dépistage-traitement au sein même de l’université est très importante : « Les étudiants avignonnais ont beaucoup de chance d’avoir des médecins généralistes, un psychiatre, des infirmiers et des psychologues qui travaillent à leurs côtés. »

« Les défis les plus complexes nécessitent le croisement des savoirs et des expériences. »

Thierry Lagneau, président du conseil d’administration du SDIS

La deuxième convention associe l’Université d’Avignon et le SDIS de Vaucluse autour d’une idée partagée : « les défis les plus complexes nécessitent le croisement des savoirs et des expériences », selon Thierry Lagneau, président du conseil d’administration du SDIS.
Dans cette perspective, les deux établissements ambitionnent de développer des projets de recherche conjoints, notamment dans les champs intéressant la sécurité civile et les enjeux associés. Ce partenariat repose ainsi sur la complémentarité de nos missions et expertises respectives. D’autre part, il vise également à accompagner des politiques publiques auxquelles le SDIS 84 peut être associé en lien avec l’Université.

Enfin, à travers ce partenariat, le SDIS 84 et l’Université souhaitent également favoriser la formation initiale et continue des étudiants, comme des agents du SDIS. Cela peut se traduire notamment par l’accompagnement d’étudiants par le SDIS84, tout comme l’accès aux formations universitaires pour des personnels du SDIS, en particulier dans les domaines d’enjeux actuels ou prospectifs du SDIS.
Objectif : œuvrer conjointement pour rapprocher l’expertise universitaire de l’expérience opérationnelle.

« Qu’il s’agisse de la sécurité civile, de la résilience citoyenne, de la prévention des risques professionnels, de la protection du patrimoine ou des ressources en eau, les sujets qui font consensus sont nombreux, poursuit Thierry Lagneau. Ils représentent un intérêt commun pour le SDIS et l’université. Mais cela va encore bien au-delà : Cyber sécurité, IA, gouvernance de la donnée ou santé mentale sont autant de thèmes qui illustrent la diversité des enjeux stratégiques et émergeants auxquels nous devons apporter une réponse là aussi commune. »

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)


Intempéries : des pompiers vauclusiens envoyés en renfort dans l’Aude et le Lot-et-Garonne

De grosses pluies se sont abattues sur plusieurs départements français ces dernières semaines avec, entre autres, le passage de la tempête Nils entre le 11 et le 14 février, sur le Sud et le Sud-Ouest, notamment dans l’Aude et le Lot-et-Garonne où des sapeurs-pompiers vauclusiens se sont rendus en renfort.

Du 11 au 13 février derniers, deux groupes tempête de 18 sapeurs-pompiers vauclusiens chacun ont participé à la colonne de renfort de la Zone Sud avec le Bataillon des Marins Pompiers de Marseille et des sapeurs-pompiers du Gard. Ils sont donc allés dans l’Aude, prêter main forte au SDIS (service départemental d’incendie et de secours) 11.

Entre missions de reconnaissance, d’assistance et de dégagement sur la voie publique, ce sont 140 interventions qui ont été effectuées au total avec les sapeurs-pompiers des casernes locales par le premier groupe de Vauclusiens. Le second groupe a pris la relève le 12 février. À 18h ce jour-là, le SDID 11 a compté plus de 410 interventions en lien avec la tempête Nils.

Une fois la tempête passée, les intempéries ont poursuivi dans certains départements, notamment le Lot-et-Garonne où 26 pompiers vauclusiens, du Groupe Polyvalent Inondation et de l’unité de sauvetage appui et recherche (USAR), ont été envoyés ce lundi 23 février aux côtés de sapeurs-pompiers du Gard et de l’Hérault pour 8 jours. Deux pompiers vauclusiens, spécialisés en risque bâtimentaire, étaient déjà sur place depuis le vendredi 20 février pour des missions de reconnaissance et d’évaluation des dégâts.


Un nouvel outil pour les pompiers de Vaucluse destiné à prendre en charge les victimes et sauver des vies

« Grâce à cet appareil multiparamétrique, les pompiers pourront mesurer à la fois la tension artérielle, le pouls et l’activité électrique du cœur de la personne accidentée avant de les transmettre au médecin du SAMU qui décidera si son état nécessite ou pas d’être transporté en urgence et vers quel service hospitalier. Cela permet de gagner de précieuses minutes et d’éviter les transports sanitaires inutiles », explique le Colonel Christophe Paichoux, patron du SDIS 84.

De son côté, Thierry Lagneau, maire de Sorgues et président des pompiers vauclusiens, a insisté sur le rôle crucial de cet appareil : « Il constitue une avancée majeure dans la distribution des secours sur notre territoire. Il va permettre à chaque citoyen, où qu’il se trouve en Vaucluse, y compris dans les zones rurales les plus éloignées, de bénéficier d’un égal accès aux secours. »

Une lutte contre la désertification médicale

Il faut savoir que depuis la Loi Matras, les pompiers peuvent réaliser des actes de soins d’urgence. Or, en 2025, sur leurs 50 832 interventions, en hausse de +8,2%, 82% concernaient les services à la personne. Et d’insister sur la lutte contre la désertification médicale avec les Maisons de Santé installées dans le Vaucluse par le Conseil Départemental. « Ce levier incarne l’avenir des soins de proximité dûs à chacun. »

Enfin, Claire Aragones, maire des Beaumettes et conseillère régionale qui représentait Renaud Muselier, a donné quelques informations chiffrées. « C’est grâce au Fonds européen de Développement Régional (FEDER), au cofinancement d’ l’Union Européenne et de la Région Sud, qu’ont été débloqués 750 000€ (sans parler de l’apport du SDIS grâce à sa dotation du département) pour acheter 59 appareils qui équiperont les VSAB (Voitures de secours aux asphyxiés et aux blessés) des casernes de pompiers qui maillent le Vaucluse. »

Une innovation au service des casernes vauclusiennes

Des casernes, il en existe 47 sur le territoire, de Vaison à Sault, de Mornas à Cadenet, de Caderousse à Cucuron, de Monteux à Beaumont-du-Ventoux, d’Aubignan à Bonnieux, de Gigondas à Gordes, de Violès à Cheval-Blanc, d’Avignon à Cavaillon, du Thor à La Bastide des Jourdans, la plus petite du département. Et les agents du SDIS 84 ne chôment pas. Les 2205 pompiers volontaires, les 508 professionnels, les 134 administratifs et techniciens, ont reçu l’an dernier 148 557 appels. Ils  sont partis en mission près de 50 000 fois, soit toutes les 10 minutes et ils ont porté secours à 45 751 Vauclusiens. Depuis le 1er janvier, on dénombre déjà 4744 interventions. 

« Cet appareil dernière génération, comme l’a dit le colonel Christophe Chapuis, médecin-chef du SDIS 84, représente une avancée innovante  dans le soin à la personne. Il permet de gagner du temps dans leur prise en charge en faisant un bilan santé rapide du blessé. Il permet de savoir si son état nécessite de l’évacuer vers l’hôpital le plus proche ou s’il peut tranquillement renter à la maison  et donc éviter un transport sanitaire superflu. »

Thierry Lagneau, président du SDIS 84, entouré d’elus pendant son discours à la Caserne Fontcouverte d’Avignon. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

C’est parti pour le chantier de la nouvelle caserne de pompiers de Robion

La pose symbolique de la première pierre du futur centre d’incendie et de secours de Robion vient de se tenir route des Alpes. L’opération s’inscrit dans le cadre du programme annuel des travaux de restructuration et de rénovation du Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse (SDIS 84).
La nouvelle caserne représente un investissement de 1,7M€ financé par les communes de Robion (184 204€), Maubec (63 684€), Oppède (42 779€) et Ménerbes (32 974€) jusqu’à hauteur de 25% du coût total. Le reste étant pris en charge par le SDIS 84 sur son propre budget d’investissement pour les années 2025-2026. Par ailleurs, la commune de Robion a également mis à disposition gratuitement le terrain.

« Construire un tel bâtiment n’est pas une opération anodine. »

Thierry Lagneau, président du conseil d’administration du SDIS 84

« Construire un tel bâtiment n’est pas une opération anodine. Surtout par les temps qui courent, a expliqué Thierry Lagneau, président du conseil d’administration du SDIS de Vaucluse. Les réductions des dépenses induites par un contexte économique tendu, la hausse des coûts des matériaux et les équilibres budgétaires à maintenir ont été autant de freins à l’élan qui a pourtant été impulsé dès le départ. Mais la volonté des maires des 4 communes, alliée à celle du SDIS et à celle du conseil départemental de Vaucluse, qui a participé indirectement à l’effort consenti, a eu raison de tous ces obstacles. »

Crédit : SDIS 84

Une mise en service prévue fin 2025
Conçu par l’architecte Bucco-rhodanien Bernard Cervellini après des études lancées en 2022, le nouveau centre de secours sera aménagé sur un terrain d’environ 4286 m². Il s’étendra sur 539m² et comprendra un espace de vie de 269m², un espace intervention de 270m² ainsi que des espaces dédiés aux équipements techniques. L’ensemble doit être opérationnel en décembre 2025.

+13,4% d’interventions en 2024
Dirigé par le lieutenant Michel Pianetti secondé par le lieutenant Jérôme Castellan, le centre actuel déjà situé à Robion regroupe 22 sapeurs-pompiers volontaires (14 personnels masculins et 8 personnels féminins). Il dispose d’un parc comprenant 4 véhicules d’intervention : un Véhicule de secours et d’assistance aux victimes (VSAV), un Camion-citerne feux de forêt (CCFM), un Camion tout usage (CTU) et un Véhicule léger hors route (VLHR).


Ville de Sorgues, Ensemble face aux risques majeurs

La Ville de Sorgues propose une conférence sur ‘Connaître, prévenir et réagir face aux feux de forêt, aux inondations et aux risques industriels’. Cette 2e conférence ‘Passeport pour la cohésion’ se déroulera mercredi 6 novembre à 18h au Pôle culturel, en entrée libre. Elle sera animée par Guillaume Grand, commandant du Centre de Secours de Sorgues.

Le territoire de Sorgues est particulièrement exposé à divers risques naturels et technologiques. Durant cette conférence, les feux de forêts, les inondations ainsi que les risques industriels seront abordés. Cette 2e conférence du Projet Passeport pour la cohésion, permettra d’échanger sur ces dangers, d’apprendre à les prévenir et de savoir comment réagir en cas d’incident.

Feux de forêt, inondations, risques industriels
Présence de ces risques sur Sorgues ; Prévention ; Actions communales ; Comment s’en prémunir ? Et comment agir en cas d’incident.

À propos de Guillaume Grand
Depuis juillet 2022, Guillaume Grand occupe le poste de Chef du Centre de Secours de Sorgues (SDIS 84). En mars 2020, il est nommé Adjoint au chef de compagnie et de centre de secours de Sorgues (SDIS 84). En juin 2011, Guillaume Grand est promu au grade de capitaine et devient Chef de section planification et conception au bureau de la formation du SDIS 42. En juillet 2006 il devient Lieutenant – Chef de section ressources humaines de la compagnie Nord Stéphanois. En septembre 2001, il intègre le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Loire (SDIS 42) en tant que Sapeur-pompier professionnel non officier. Sa carrière a débuté en décembre 1999 en tant qu’Adjoint sanitaire à la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales de la Haute-Loire. Il a complété son parcours académique en 2019 par un Master 2 en Sciences de l’Éducation – Ingénierie Pédagogique en Formation d’Adultes de l’Université à Paris. Guillaume Grand obtient en 1997 un DUT en Hygiène, Sécurité et Environnement à Bordeaux, développant ainsi une expertise dans les domaines de la sécurité et de l’environnement, qui sera le socle de sa carrière.

Les infos pratiques
Conférence ‘Ensemble face aux risques majeurs’. Mercredi 6 novembre 2024. 18h. Pôle culturel Camille Claudel. Renseignements au 04 90 39 71 68. Entrée libre.


L’interview, Lise Trincaretto, Responsable prévision opérations du Centre de Secours Principal d’Avignon

L’association Soroptimist International Avignon organise une soirée ‘Femmes d’action, femmes d’exception’, qui se déroulera, sur réservation Jeudi 19 septembre 2024 à 18h au Novotel Avignon centre. Le capitaine Lise Trincaretto, du Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse fait partie des invitées de la soirée aux côtés de Caroline Clausse ingénieure navigante d’essais ; Christine Gord directrice de la Banque de France de Vaucluse, Céline Lacaux, mathématicienne et chercheure à l’Université d’Avignon et Géraldine Parodi, scaphandrière et Présidente de Spero Mare qui exerce dans le BTP sous-marin. Réservation ici. L’Echo du mardi vous propose, en avant-première, d’aller à la rencontre de ces femmes d’exception.

Lise Trincaretto est capitaine de sapeur-pompier professionnel, responsable du service prévision opérations au Centre de Secours Principal d’Avignon. Si, au début de sa carrière elle s’est épanouie au sein des collectivités territoriales, plus précisément dans le développement territorial et touristique de Maubeuge (59) et de l’intercommunalité de Maubeuge, c’est en tant que capitaine des pompiers professionnels qu’elle a enfin pu donner libre cours à sa vocation. 

«Mes parents étaient tous deux médecins,
maman anesthésiste-réanimateur et papa chirurgien en traumatologie à l’hôpital public… Après les cours j’allais à l’hôpital et attendais mes parents dans le sas -Service d’accès aux soins- des urgences. De là, j’observais le ballet des pompiers. J’étais fascinée par la relation qu’ils entretenaient avec les victimes, le soin qu’ils apportaient à les stabiliser au mieux avant que ceux-ci ne soient pris en charge par une équipe –dont ma mère- qui était le plus souvent affectée aux urgences.»

«Alors que j’avais grandi avec des médecins
mon père, ma mère et leurs amis, ce sont les pompiers qui m’impressionnaient le plus. Ils étaient en première ligne sur les feux et les accidents. Ce sont eux qui me racontaient, petit à petit, ce qu’ils faisaient. Et, sans que je ne m’en rende vraiment compte, cela m’a forgée et façonnée. Puis j’ai obtenu un bac scientifique et dit à mes parents que je voulais devenir pompier.»

«Là ça a été un refus catégorique.
Ils m’ont demandé de passer un bac +5, comme tout le monde dans la famille. Je suis partie un an à Berlin, c’était 4 ans après la chute du mur. J’avais, au préalable, rencontré dans le Nord où nous vivions, des berlinois lors d’un festival de musique, de théâtre, de rue… que j’avais trouvé très sympas. J’ai adoré cette ville cosmopolite où j’ai été professeure defrançais, où j’ai travaillé sur des chantiers… Lorsque je suis rentrée, j’étais parfaitement bilingue allemand et anglais.»

«Du coup j’ai fait une maîtrise de langues appliquées allemand et anglais
ce qui m’a passionné ? Les matières appliquées européennes comme l’économie, les maths, les statistiques, la compta, la gestion, le marketing, la communication, le Droit civil, public, européen, le droit de douanes. C’était au moment du traité de Maastricht. Alors que mes parents m’avaient opposé le fait de ne pas apprendre un métier, je devenais polyvalente dans tous les secteurs et, finalement, très rapidement employable. Venant d’un bac scientifique, je poursuivais mes études avec facilité et je remarquais que les majors de promo étaient, eux aussi, issus d’un cursus mathématique. Je me disais que les maths ouvraient décidément toutes les portes.»

«Je suis entrée dans une entreprise d’import-export de carrelages à Maubeuge,
tout d’abord comme assistante commerciale puis aux statistiques et j’ai adoré mon métier. C’est là que le maire de Maubeuge est venu me chercher pour me proposer le développement touristique de la Ville via l’Office de tourisme. Il a dit au directeur en place : ‘Il me faut quelqu’un qui ait un peu de trempe, un peu intelligent. Prends là elle, parce qu’elle n’a pas peur de mettre les mains dans le cambouis. C’est là qu’a commencé ma carrière de fonctionnaire et croisé à nouveau les pompiers, très présents sur le Festival de Maubeuge. J’y suis restée 11 ans. Ensuite ? J’ai travaillé dans la formation, notamment en recrutement, puis j’ai postulé à l’Office de tourisme de Vaison-la-Romaine-Ventoux où j’ai travaillé au développement du tourisme du territoire. Là encore ça a été passionnant.»

Lise Trincaretto DR

Puis arrive le Bataclan
«13 novembre 2015, c’est la date des attentats de Daech et du Bataclan. Je suis très patriote et j’adore mon pays. En toute modestie, c’est le plus beau pays du monde. Rien n’égale son système social, sa culture, la diversité de ses paysages, sa gastronomie et ses vins. On y fait de belles et bonnes choses. Alors, l’attaque du Bataclan… Je l’ai très mal vécu et je continue à être ulcérée par la lâcheté des attentats qui tuent des innocents. J’ai été comme stupéfaite, bloquée… mais mes enfants étaient encore trop petits pour que je devienne pompier volontaire. Je me suis rapprochée de l’armée de l’air à Orange qui m’a acceptée dans la réserve citoyenne. Et puis, un jour, mes amis pompiers m’ont dit, ça y est, tes enfants sont grands, fais pompier volontaire. Ce que j’ai fait à Vaison-la-Romaine.»

 «Comment passe-t-on d’un Office du tourisme et du développement économique à) capitaine des pompiers ?
«Je crois que ça a toujours été mon profil car je suis plutôt très dynamique et sportive. Si ma première carrière dans la Fonction publique me correspondait très bien, être pompier était un rêve d’enfant. Je deviens donc pompier volontaire à Vaison-la-Romaine et d’un seul coup je me sens légère. Comme si l’on m’avait ôté un immense poids, peut-être celui de la frustration ? Je pouvais enfin faire ce que je désirais depuis le tout début de ma vie.»

Comment avez-vous acquis toutes les connaissances requises pour exercer ce métier ?
«Mon meilleur ami était adjudant-chef chez les pompiers à Carpentras. Pour des raisons règlementaires dues à une réforme, il devait passer le concours de lieutenant. Moi j’étais pompier volontaire depuis un an. Il me dit : puisque je passe le concours de lieutenant tu passes le concours de capitaine. Il a eu son concours de lieutenant et moi j’ai raté mon concours de capitaine que j’ai réussi la seconde fois. Ma faille ? Si je possédais la culture générale et territoriale, je n’avais pas encore assez acquis la culture pompier. Egalement, je n’aurais jamais réussi ce concours si je n’étais pas passée par le volontariat. Et je dois beaucoup aux officiers du Sdis 84 (Service départemental d’incendie et de secours du Vaucluse) qui m’ont aidée à acquérir les attendus du concours.»

«J’ai été recrutée au bout de deux ans au Sdis 84, à Avignon,qui est la meilleure école qui soit, parce que c’est le centre principal de secours qui régule une importante activité opérationnelle. Je m’y occupe de la prévision des opérations : c’est toute la préparation en amont de l’intervention. Des exemples ? C’est vérifier que l’eau arrive bien aux poteaux, leur implantation et leur accessibilité depuis nos engins. C’est aussi la vérification des bâtiments avec les accès de secours, les normes évacuation, les terrasses en ville, le déroulement de manifestations de toutes sortes en milieu urbain ou rural…»

«Il y a les opérations
qui préparent à l’intervention humaine, l’utilisation des matériels, les manœuvres d’entrainement qui permettent de prendre connaissance des moyens dont nous disposons sur place, et comment agir pour, par exemple, pour éviter la propagation d’un feu, découvrir et comprendre la conformations de sites, la prévention des risques. L’un des bâtiments exemplaires, en matière de sécurité, est par exemple l’Ikéa de Sorgues. Egalement, cet été, nous nous sommes entrainés sur le site du Palais des papes. Je m’occupe de tout ce qui est statistiques, de la gestion du matériel technique dans son utilisation. Ce que j’apprécie le plus ? Que l’on soit très en lien les uns avec les autres, tous s’entraidant. Le Sdis 84 procède au recrutement pour de grands dispositifs, via la création d’équipes en fonction des disponibilités, pour envoyer des renforts en Corse et, en ce moment, en Grèce.»

Lise Trincaretto entourée de ses collègues lors d’un exercice, cet été, au Palais des papes

Bientôt
«J’ai passé, cette année, tous les diplômes de chef d’agrès (engins : ambulance et CFM camion de feu de forêt, feu urbains et secours routiers) avant de bientôt intégrer l’Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs pompiers –L’ENSOSP– . Ces formations m’ont vraiment permis d’entrer dans l’opérationnel. Ainsi j’exercerai, au terme de ma formation d’un an, en tant que chef de groupe, sur les interventions dimensionnantes, ce sont des opérations comportant plusieurs agrès déjà disposés à entrer en action. Mon métier sera de m’assurer d’une mise en œuvre cohérente et de prendre en charge la radio et les contacts avec les élus. Là ? Je m’apprête, dès novembre, à intégrer la formation de lieutenant.»

«Comment j’ai surmonté les épreuves ?J’ai du caractère et je suis pugnace, en cela, si l’on ne m’ouvre pas la porte, je suis capable de passer par la fenêtre ou le toit s’il le faut. J’ai tendance à être très ‘rentre-dedans’. Il a fallu que j’apprenne à être plus modérée et patiente, ce qui ne sont pas mes premières vertus. Je suis passée du temps long, administratif lorsque je travaillais pour les Collectivités territoriales avec une échelle hiérarchique et une attente de la décision au Sdis 84 où la réactivité est extrêmement forte avec une résolution des problèmes, obstacles presque instantanée. Résultat ? Je suis heureuse. A la caserne on m’apostrophe en disant : ‘Tiens, la plus heureuse !»

Les compétences et les qualités requises pour exercer mon métier ?
«J’ai envie de dire écouter et entendre car écouter c’est bien mais entendre c’est mieux. Voilà pour la base. Après ? Pratiquer les trois essentiels comme posséder un bon esprit d’analyse et de synthèse et savoir être disponible tant pour le service qu’entre collègues parce que je suis dans l’opérationnel et que lorsque les gars partent, il leur faut donc des réponses rapides.»

Mentor, épreuves, quel a été mon cheminement ?
«Je remercie vraiment mon chef de salle qui est une personne extraordinaire et qui sera, sans doute, un de mes mentors pour toute ma carrière. Il m’avait prévenue : C’est simple, tu arrives, t’es pas pompier, t’es une femme et tu n’es plus toute jeune (48 ans), donc tu vas te faire tester et c’est normal. Ce que je veux que tu travailles ? Ton intégration parce que si tu n’es pas intégrée tu vas vivre un enfer. Il faut que tu t’intègres.»

«Un an après je suis intégrée.
Quand il m’arrive de faire des bourdes, mes collègues m’aident, me donnent les ficelles du métier. Ils le font avec beaucoup de diplomatie et de bienveillance. Il ne me disent pas : ‘Lise t’es en train de faire de la ‘mouise’. Ils me disent : ‘tu vois, par expérience, tu y arriveras mieux en faisant comme ça…’ Puis ils continuent : ‘Tu sais il y a des gens tu leur dis et ils n’en n’ont rien à fiche mais toi tu nous écoutes et tu tiens compte de ce qu’on te dit’. Alors je leur réponds qu’ils sont là depuis le début et qu’ils me soutiennent, alors c’est normal. Moi je viens du monde du management et eux du commandement. Ici on obéit à ton N+1 et point barre.»

Lise Trincaretto Copyright Service communication SDIS 84

Les obstacles qui ne s’effacent pas ?
«Je suis assez perfectionniste sinon, devant l’adversité ? C’est simple, je serre les dents et je regarde toujours devant. Est-ce que le regard des autres est important ? Pas du tout. C’est la sagesse de l’âge. Et, justement, je suis à cet âge où je donne le meilleur de moi-même dans ce que je fais au quotidien. Je fais tout à 2000% ou je ne fais pas. Après, on ne peut pas plaire à tout le monde.»

«Quels sont les avantages et les inconvénients à être une femme dans un milieu d’hommes ?
Chez les pompiers il n’y a ni hommes ni femmes mais… des pompiers. C’est vraiment ce que je ressens. Il y a bien des hommes chevaleresques et bienveillants qui vont saisir à ma place ce qui est lourd. Mais si je suis pompier c’est que je suis aussi capable de soulever ce qui est lourd.»

Le mot de la fin ?
«Aucun regret et encore de belles aventures à venir, je pense, au sein des sapeurs-pompiers. Chaque jour qui passe, je me dis que j’ai bien fait et même si j’ai adoré ma carrière d’avant, je continue à regarder devant, à apprendre et c’est super. Si je devais donner un conseil à une personne souhaitant entrer dans le métier ? Travaille et ne lâche rien.»

Les partenaires de cette deuxième édition de la soirée Femmes d’action, femmes d’exception
Le Novotel Avignon centre, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, l’Agence Chamade d’Avignon, Les Femmes chefs d’entreprises Vaucluse (FCE) et les Femmes Vignes Rhône et l’Echo du mardi.

Le programme de la soirée
18h – 18h30 : Accueil ; 18h30 – 19h : Mot de la présidente – présentation de la bourse Envie d’entreprendre Avignon ; 19h – 21h30 : Interventions des invitées puis échanges avec la salle. 21h30 – 22h30 : Moment convivial et d’échanges autour de planches de charcuterie, fromage et dessert.

Les infos pratiques
Jeudi 19 septembre à partir de 18h. Soirée Femmes d’action, Femmes d’exception 2e édition. Soroptimist International Avignon. Novotel Avignon centre. Inscription obligatoire 25€ ici.


Les sapeurs-pompiers de Vaucluse à l’affût de tout départ de feu

Le Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse (SDIS 84) travaille sur l’installation de 13 caméras visant à détecter le départ de feux de forêt. Une initiative qui vient s’ajouter aux dispositifs estivaux de prévention et de lutte déjà déployés dans le département.

Le SDIS 84 est en train de déployer des caméras sur des point hauts du département judicieusement étudiés afin d’avoir la meilleure vision possible d’un sinistre. Déjà cinq sont en place depuis la fin du mois de juillet. Huit autres caméras seront installées avant la fin de l’année sur sept autres sites, garantissant une couverture optimale du territoire.

Ces installations ont plusieurs objectifs tels que : surveiller mes forêts 24h/24 toute l’année, localiser les feux par triangulation lorsque cela est possible, visualiser la situation en temps réel depuis le Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de secours (CODIS), enregistrer le flux vidéo, adapter l’engagement des moyens en fonction des observations, améliorer la formation et le retour d’expérience grâce à l’exploitation postérieure des images.

Au titre du Fonds vert, une subvention de 100 000 € a été octroyée par l’État pour l’acquisition des caméras, ainsi qu’une subvention de 70 000 € de la Région Sud. Le SDIS 84, quant à lui, a financé les caméras à hauteur de 184 000 €.

Exemple de caméra (à droite) installé au sein du département. ©SDIS 84

150 000 hectares de forêt en Vaucluse

Ces caméras vont permettre de compléter les dispositifs estivaux de prévention et de lutte déjà déployés en Vaucluse. Le département compte plus de 150 000 hectares de forêt, ce qui représente 43% de sa surface. Les massifs étant très fréquentés, notamment l’été, couplé aux températures élevées et à la sécheresse, ils présentent une grande vulnérabilité et nécessitent une vigilance particulière concernant les départs de feu.

Si le sud du département était jusqu’ici considéré comme étant le plus sensible, les feux des étés 2020 à 2022 à Faucon, Beaumes-de-Venise et Piolenc ont démontré que la totalité du département est désormais menacée par le risque d’incendie de forêt. C’est pourquoi les moyens de prévention et de lutte contre ces feux ont été renforcés.

Un plan départemental contre les incendies

Le préfet de Vaucluse a arrêté, le 26 novembre 2015, le deuxième plan départemental de protection des forêts contre les incendies de Vaucluse, pour la période 2015-2024, dans le but de diminuer le nombre de feux de forêt et les superficies brûlées, mais également de mieux les prévenir pour limiter leurs conséquences sur les personnes, les biens, les activités économiques et les milieux naturels.

Ce plan rassemble les actions de plusieurs partenaires :

  • Les services de l’État,
  • Le SDIS,
  • Les collectivités : le Conseil départemental, les communes, le Syndicat mixte de défense et de valorisation forestière (SMDVF), les parcs naturels régionaux du Luberon et du Mont-Ventoux,
  • Les établissements publics forestiers — l’Office national des forêts et Centre national de la propriété forestière,
  • Les bénévoles des comités communaux feux de forêt.

Un plan en quatre axes

Ce plan 2015-2024 définit la politique départementale de défense des forêts contre l’incendie selon quatre points. Le premier regroupe les dispositifs réglementaires préventifs, à savoir la réglementation de l’accès aux massifs forestiers, notamment entre le 15 juin et le 15 septembre, la réglementation relative à l’emploi du feu, la réglementation relative à l’usage des feux d’artifice, des jets de pétards et des objets en ignition (lanternes thaïlandaises, célestes, volantes, etc.) à trajectoire non maîtrisée, mais aussi la limitation de l’urbanisation en forêt et les obligations légales de débroussaillement.

Le deuxième axe du plan concerne l’aménagement et l’entretien des équipements de prévention et de lutte contre les incendies de forêt. Le Vaucluse est couvert par 600 km de pistes de défense des forêts contre l’incendie (DFCI), comprend 225 citernes d’eau de 60 à 120 m³ et 2 800 hectares de surfaces débroussaillées dans les massifs en bordure de pistes, permettant aux pompiers d’assurer une lutte efficace contre les incendies de forêt. Ces équipements sont gérés par le Syndicat Mixte de Défense et de Valorisation Forestière (SMDVF) qui regroupe le Conseil départemental et la majeure partie des communes du département.

Le troisième point comprend une surveillance estivale renforcée et coordonnée des massifs forestiers afin de limiter les départs de feu et de favoriser les interventions rapides des acteurs sur les feux naissants. De nombreux acteurs participent à cette surveillance tels que la Direction départementale des territoires (DDT), l’Office national des forêts (ONF), l’Office français de la biodiversité (OFB), l’Association départementale des comités communaux feux de forêt (ADCCFF), le Groupement de Gendarmerie Départementale de Vaucluse, et le SDIS 84.

Enfin, le quatrième point du plan départemental désigne une campagne d’information dédiée à la sensibilisation et à l’information régulière des usagers de la forêt. Cette communication passe notamment par la préfecture de Vaucluse qui informe sur les conditions d’accès en forêt (actualisées chaque jour), mais aussi par des panneaux informatifs présents dans plusieurs sites du département. Le public peut également consulter la Météo des forêts, conçue pour informer et sensibiliser le public au risque de feux de forêts et de végétation.

https://www.echodumardi.com/tag/sdis-84/   1/1