Elections sénatoriales : « le bon sens vauclusien a parlé »
« Le bon sens vauclusien a parlé » s’est félicitée Dominique Santoni élue LR avec Jean-Baptiste Blanc. Troisième, le RN Thierry d’Aigremont, premier sénateur du parti de Marine Le Pen à siéger pour le Vaucluse au Palais du Luxembourg.
Le Vaucluse comptait déjà 4 députés RN sur 5, il a désormais 1 sénateur sur 3, les deux autres étant des Républicains. Au terme de 2h15 d’un très long dépouillement à la Préfecture Chabran, les chiffres ont parlé par la voix de Jean-Philippe Lejeune, président du tribunal judiciaire d’Avignon et du bureau centralisateur des votes qui a proclamé les résultats à 20h45.
La perte des villes de gauche coûte cher au sénateur socialiste sortant Exit Lucien Stanzione, le socialiste qui arrive derrière le trio avec 198 voix, soit 86 de moins qu’en 2020. Il faut dire que le PS a perdu aux municipales de mars dernier des villes de gauche comme Avignon, Carpentras et Monteux. Malgré cela, le sénateur sortant résiste finalement assez bien (15,40%) malgré la perte de son siège.
Battue également, la compagne du maire d’Avignon. La liste ‘Le bon sens des territoires’ emmenée par Anaïs Hausmann, croyait avoir un boulevard. Elle est pourtant battue avec 173 voix (13,45%). LFI, avec Julien Gautier et Mathilde Louvain suivent (2,33% des suffrages), puis Sylvie Viala, Union des Centres (1,48%) et dernière Jade Escoffier (1,24%) pour ‘Regards sur les Territoires’.
Jean-Baptiste Blanc, réélu sénateur de Vaucluse.
« Le but d’un sénateur c’est d’être utile. »
Jean-Baptiste Blanc, réélu sénateur de Vaucluse
L’avocat Jean-Baptiste Blanc qui a eu 52 ans le 3 septembre dernier rempile. Lui qui, lors de son premier mandat, s’est décarcassé pour le Vaucluse. Notamment membre de la commission des lois, il a posé 130 questions au gouvernement, rédigé 117 propositions de loi, est intervenu 388 fois en commissions et pris la parole 116 fois, il insiste : « Le but d’un sénateur c’est d’être utile, ancré dans le réel, au service des maires et surtout, de rester humble. » Dans le 5e département le plus pauvre de France, « il n’y a pas de place pour l’arrogance ».
Les résultats officiels de la Préfecture de Vaucluse.
« Cette victoire n’a pas été facile avec un éparpillement de listes, notamment une autre à droite, poursuit-il. Les territoires et les collectivités locales souffrent avec une baisse régulière des dotations, nous allons continuer à nous battre pour eux. Les grands électeurs ont voté pour le travail accompli, l’expérience, la compétence, la disponibilité. Dès demain je me retrousse les manches, je me remets au boulot au Palais du Luxembourg. » Interrogé sur ses futures relations avec le RN, qui disposera désormais et pour la première fois d’un groupe au Sénat (avec 13 élus plus ceux des ‘Ciottistes’), il a été clair : « Ils ont été élus, donc nous travaillerons dans le sens de l’intérêt général des citoyens, sur des dossiers concrets. On ne parlera pas politique. »
« Nous sommes légitimes. »
Dominique Santoni, nouvelle sénatrice LR de Vaucluse
Dominique Santoni, l’ancienne maire d’Apt, dont le grand-père et le père aussi ont été des élus de la République, était tout sourire. La présidente du Conseil départemental l’a dit carrément avec malice, « le bon sens vauclusien a parlé, il a gagné ! ». Heureuse de cette victoire, elle a évoqué les raisons de ce vote : « les grands électeurs nous connaissent, ils savent ce que nous faisons tous les jours pour les 151 communes de Vaucluse. Ils connaissent notre engagement, notre disponibilité, notre sens de la proximité, du concret, du pragmatisme. Nous avons un bilan, nous sommes forts d’une expérience, nous sommes légitimes. »
La Présidente de l’exécutif a précisé : « Je suis attachée viscéralement au Vaucluse, je continuerai à me battre pour tous les Vauclusiens. Ici, au Conseil départemental, nous avons salarié des médecins pour éviter les déserts médicaux, nous avons régulé le RSA, nous avons investi y compris dans les territoires ruraux, dans de lourds travaux de sécurisation des routes. Au Sénat, je porterai les dossiers comme l’urgence agricole et climatique, la solidarité, l’aide sociale à l’enfance, les pompiers, la simplification des lois et des normes. » Dominique Santoni poursuit : « J’ai constaté depuis que je suis engagée en politique (ndlr : depuis 2015), que les blocages venaient souvent de Paris. Donc je ferai remonter les dossiers dans la capitale, je porterai la voix des élus locaux, je plaiderai pour un nouvel acte de décentralisation. Je suis en prise directe avec eux, il faut faire confiance aux maires, aux conseillers municipaux, leur donner les moyens d’agir au service de leurs concitoyens et surtout des plus démunis. »
Dominique Santoni a insisté sur le rôle de pôle de stabilité que joue le CD 84. « Nous sommes une équipe soudée, stable, unie. Je resterai élue aux finances au Conseil départemental pour continuer à aider tous les territoires. Ma porte restera ouverte à tous, même si une liste à droite nous a fait perdre des voix. »
Le RN Thierry d’Aigremont sera le premier sénateur du parti de Marine Le Pen à siéger pour le Vaucluse au Palais du Luxembourg.
« Maintenant, nous attendons sereinement la Présidentielle. »
Thierry d’Aigremont, 1er sénateur RN en Vaucluse
Anaïs Hausmann, élue depuis 6 mois en Vaucluse, pendant la campagne avait dit « L’enjeu est de choisir entre 2 conceptions, celle qui prolonge des positions acquises et celle qui ouvre une nouvelle voie ». Les grands électeurs ont tranché : le bons sens des territoires ne peut visiblement pas se faire sans les territoires.
Le troisième sénateur élu ce dimanche, Thierry d’Aigremont, s’est félicité « Sur 8 parlementaires en Vaucluse, 5 sont RN : 4 à l’Assemblée Nationale et 1 au Sénat. Ce n’est que justice, c’est mathématiquement le reflet du vote démocratique dans ce département, puisque 143 000 Vauclusiens ont voté RN aux législatives 2024. Maintenant, nous attendons sereinement la Présidentielle. »
La rentrée de la session 2026 aura lieu le 1er octobre au Sénat, donc jeudi prochain. Sous peu, nous devrions donc aussi savoir qui succédera à Dominique Santoni à la présidence du Conseil départemental de Vaucluse.
Sénatoriales en Vaucluse : 2 sièges pour les LR alors que le RN supplante le PS
Avec 501 voix sur 1 286 bulletins exprimés, la liste ‘Le Vaucluse 2032’ du sénateur sortant Jean-Baptiste Blanc obtient 38,96% et conserve 2 des 3 sièges de sénateur de Vaucluse. A ses côtés, siègera également Dominique Santoni, présidente du conseil départemental de Vaucluse, qui succèdera au LR Alain Milon qui ne se représentait pas.
Le RN Thierry d’Aigremont sera le 3e sénateur de Vaucluse. Il obtient 27,14% des suffrages.
Derrière, le socialiste Lucien Stanzione (sénateur sortant) totalise 198 voix pour 15,40%. Il devance Anaïs Hausmann-Deban (173 votants pour 13,45%).
Plus loin, on trouve le LFI Julien Gautier avec 30 voix pour 2,33%, Sylvie Viala de L’union des centres (19 voix et 1,48%) et Jade Escoffier de la liste Regards sur nos territoires (16 voix et 1,21%).
Sénatoriales 2016 en Vaucluse Inscrits : 1318 Votants : 1303 – 98,86% des inscrits Abstentions : 15 Exprimés : 1286 – 98,70% des votants Blancs : 13 – 1% des votants Nuls : 4 – 0,30% des votants
Sénatoriales : Sylvie Viala entend mettre sa véritable connaissance du terrain au service du Vaucluse
Sylvie Viala mènera la liste de l’Union des centres républicains du Vaucluse aux prochaines élections sénatoriales qui se déroulent ce dimanche 27 septembre. Conseillère régionale de la Région Sud, celle qui est aussi maître de conférence à l’Université d’Avignon depuis plus de trente ans entend mettre sa connaissance du terrain au service du Vaucluse.
Qu’est-ce qui démarque votre liste de l’Union des centres républicains du Vaucluse des autres candidats à ces élections sénatoriales ? « Il ne vous aura pas échappé que les différents candidats qui concourent lors des élections sénatoriales du 27 septembre en Vaucluse représentent presque tout l’échiquier politique. Des populismes de Gauche et de Droite, au parti socialiste (un sortant) ou LR parti de M. Retailleau (avec deux sortants), au candidat prétendument sans étiquette. Je m’engage à représenter le courant des Centres Républicains. Ce courant est largement représenté au sein de la haute assemblée ce qui est une assurance d’efficacité dans l’obtention des propositions de lois que je pourrais défendre et d’efficacité en vue de la défense des intérêts de notre territoire vauclusien. »
Comment envisagez votre rôle de sénatrice et pourquoi êtes -vous candidate ? « Mon rôle sera celui de tout sénateur désireux de faire avancer son département, de porter auprès du Sénat les préoccupations et les propositions de nos élus locaux qui s’investissent chaque jour avec beaucoup d’abnégation pour l’avenir de nos concitoyens. A travers mon mandat d’élue régionale je suis en contact avec beaucoup pour défendre leurs projets et les aider dans leur réalisation. » « Maître de conférence à l’Université d’Avignon depuis plus de trente ans, je connais non seulement mon territoire mais des élus dont certains furent mes étudiants. Cette proximité me permet d’échanger régulièrement avec eux sur les difficultés qu’ils rencontrent et les améliorations qu’ils souhaitent voir aboutir. Mon engagement est dicté par la seule volonté de porter les préoccupations du Vaucluse au Sénat. A mon âge je n’ai pas besoin de carte de visite pour exister et connais suffisamment les 151 communes de mon département pour ne pas me tromper de département lorsque je vais à la rencontre des élus. »
Sylvie Viala, tête de liste de la liste l’Union des centres républicains du Vaucluse. Crédit : DR
« Mon engagement est dicté par la seule volonté de porter les préoccupations du Vaucluse au Sénat. »
Le Vaucluse est un département assez rural, quelles sont les grandes problématiques locales que vous souhaiteriez faire ‘remonter’ à Paris ? « Notre département est non seulement rural, si on ne le résume pas à Avignon, mais aussi un département appauvri et en difficulté économique. Enseignant la gestion des entreprises depuis 34 ans, j’ai la chance de bénéficier d’une proximité avec les acteurs économiques locaux et j’entends leurs préoccupations. J ai créé la 1re formation par alternance à l’Université dans le Vaucluse ce qui me permet de rencontrer de très nombreux chefs d entreprises depuis presque 30 ans. » « L’ agriculture est un secteur économique essentiel de notre département, qu’il s’agisse de maraîchage comme dans la plaine du Comtat Venaissin, la vallée de la Durance ou l’Ile de la Barthelasse , d’arboriculture ou de culture de notre illustre melon de Cavaillon, de viticulture des flancs du Mont Ventoux ou de l’enclave des papes avec des appellations mondialement connues, de la lavande fine du Plateau d’Albion, l’agriculture est un pan essentiel de l’économie vauclusienne. A l’heure de la mondialisation et des dérèglements climatiques chacun de ces secteurs souffrent et a besoin d’une voix forte et déterminer pour porter leurs préoccupations. De part ma formation, je suis docteur en agro-economie , j’ai la volonté de défendre nos agriculteurs. » « Ma connaissance du monde économique me permettra en outre de défendre l’installation de petites et moyennes entreprises sur notre territoire car elles sont un pilier essentiel de l’offre d’emplois pour notre jeunesse. Sans oublier la défense de notre patrimoine culturel et nos traditions qui permettent au Vaucluse de compter parmi les départements les plus visités de France. »
Notre département connaît un fort enracinement du RN ainsi que la présence d’un député LFI très controversé, quelle place y a-t-il pour le centre sur ce territoire ? « Comme dans tout département en difficulté économique, le Vaucluse connait une forte percée des populismes qui à travers des propositions extravagantes, loin du bon sens républicain, prétendent résoudre toutes les problématiques d’un coup de leur baguette magique. » « Un des rôles de sénateur est de proposer des lois en vertu des difficultés recensées localement. Une élue rassemblant les centres républicains pèsera dans ses décisions à travers une représentation de plus de 80 sénateurs aujourd’hui sur 348 pour 18 représentants du groupe communiste et écologiste, 64 pour le parti socialiste et 3 pour le RN. Élire un sénateur populiste en Vaucluse est l’assurance de son inefficacité dans l’avancement des dossiers importants pour l’avenir de notre département. »
« Je m engage à faciliter la vie des élus au quotidien en réduisant les procédures trop complexes. »
Justement, comment être efficace afin de faire avancer les choses en Vaucluse ? « Ma démarche repose sur l’ancrage territorial, démarche positive, constructive, pragmatique et tournée vers l avenir. Depuis la loi SRU, les politiques d’aménagement se sont construites par strates successives, du SRADDET au SCoT puis au PLU, avec des temporalités et des contraintes qui se superposent. Je souhaite contribuer à la simplification de cet empilement qui redonnera aux collectivités et aux maires la visibilité et la liberté nécessaires pour construire leur territoire dans la durée. C’est pour cela que je m engage à faciliter la vie des élus au quotidien en réduisant les procédures trop complexes et les contraintes administratives qui freinent leur action au service des citoyens. »
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Sénatoriales en Vaucluse : LFI veut « remplacer le chacun pour soi par le tous ensemble »
Julien Gautier est la tête de liste LFI à l’occasion des prochaines élections sénatoriales de Vaucluse. A 49 ans, ceconseiller municipal à La Tour d’Aiguesambitionne de faire ‘entrer le programme du NFP au Sénat’.Entretien avec cet avocat pénaliste, co-président du réseau des élu.e.s insoumis et citoyens 84, qui ne se résigne pas à ce que le Vaucluse reste l’un des départements les plus pauvres de France.
Quelle est votre vision de la fonction de sénateur et pourquoi êtes-vous candidat ? « Pour nous, un sénateur doit d’abord prendre la mesure du temps long, défendre la République et l’État de droit face à la progression de l’extrême droite et de ses idées. C’est, par exemple, s’opposer à cette logique de présomption de légalité des tirs des forces de l’ordre que nous combattons. Plus largement, nous défendons une VIe République qui réformera profondément le Sénat, institution dont le fonctionnement est aujourd’hui largement sclérosé. Mais tant que cette institution existe, il faut y mener la bataille des idées et y défendre les communes. C’est le sens de notre candidature, avec Mathilde Louvain, élue à Avignon, Yassine Abdelouadoud, citoyen engagé à Carpentras, Yvonne Charra, élue à Valréas, et Oukacha Rtili, élu à Avignon. Notre liste démontre aussi de l’implantation nouvelle que nous construisons dans tout le Vaucluse. »
Qu’apporterait, selon vous, l’arrivée d’un sénateur LFI au Palais du Luxembourg ? « D’abord, le programme du Nouveau Front populaire, pour répondre aux urgences sociales, climatiques et démocratiques. Nous voulons remplacer le ‘chacun pour soi’ par le ‘tous ensemble’. Cela passe par des mesures très concrètes : indexer la DGF sur l’inflation pour que les communes cessent de s’appauvrir, défendre les services publics et retrouver un État stratège capable de planifier. Nous voulons aussi changer de méthode : assumer un cap politique clair, fondé sur un programme connu, plutôt que cet apolitisme de façade qui finit par laisser le champ libre au RN. Nous voulons que le Vaucluse ait au Sénat une voix qui dise clairement ce qu’elle défend et qui vote en conséquence. »
« La commune doit redevenir le premier maillon démocratique d’une République qui tient ses promesses. »
Cette élection, s’appuyant sur des grands électeurs, est souvent considérée comme le scrutin des maires et des élus de terrain. Qu’avez-vous à leur dire pour les convaincre ? « Indignez-vous ! Et regardez les actes et les votes plutôt que les mots-valises comme ‘territoire’ ou ‘bon sens’. On ne peut pas invoquer sans cesse les services publics et voter les budgets de rigueur. La proposition d’inscrire une Charte des services publics dans notre bloc constitutionnel a ainsi été rejetée par le Sénat. Les élus locaux, eux, connaissent la réalité : lorsqu’il faut rénover une école, refaire un réseau d’eau ou maintenir un service public, chaque euro compte. Notre première proposition est donc claire : indexer la DGF sur l’inflation. Mais nous voulons aller plus loin : redonner aux communes les moyens d’agir et retrouver un État stratège. Nos éco-régions organisées autour des bassins versants en sont un exemple : planifier l’eau, l’agriculture, les transports et la bifurcation écologique en partant des réalités du territoire. La commune doit redevenir le premier maillon démocratique d’une République qui tient ses promesses. »
« La gauche n’a pas seulement perdu des villes importantes dans le Vaucluse. Elle a perdu des électeurs, mais aussi parfois ses mots, ses idées et jusqu’à la conscience de sa mission. »
Des grands électeurs de gauche pourraient penser que votre candidature risque de diviser les voix et de faire perdre son siège au sénateur socialiste sortant. Que leur répondez-vous ? « Je leur dis : regardons ce qui vient de se passer. La gauche n’a pas seulement perdu des villes importantes dans le Vaucluse. Elle a perdu des électeurs, mais aussi parfois ses mots, ses idées et jusqu’à la conscience de sa mission. Le problème n’est donc pas qu’il y ait trop de gauche, mais qu’elle ne soit plus suffisamment au rendez-vous. Nous avons un désaccord stratégique profond avec Lucien Stanzione (Ndlr : le sénateur socialiste sortant). Son choix est celui du compromis avec la droite sénatoriale ; le nôtre est de faire vivre le programme du Nouveau Front populaire le plus largement possible. Aux grands électeurs de gauche, nous disons : si les forces écologistes et progressistes de ce département ne veulent pas disparaître face au RN, il faut reconstruire une gauche qui assume ses idées. Dans des contextes très différents, Mamdani à New York ou Die Linke à Berlin montrent qu’une gauche qui retrouve un projet identifiable peut recréer une dynamique. C’est cette voie que nous proposons dans le Vaucluse. »
Le Vaucluse est plutôt un département rural, LFI est généralement plutôt implantée dans les centres urbains. Comment pensez-vous que votre mouvement puisse représenter ces territoires périphériques ? « Dans la République, il n’y a pas de territoires ‘périphériques. Et il n’y a pas deux France. Dans nos villages comme dans les villes, on retrouve les mêmes préoccupations : l’école, le médecin, le logement, les transports, l’eau, le bureau de poste. L’éloignement les rend même parfois plus difficiles encore dans les communes rurales. Notre liste exprime cette réalité : elle rassemble des élus et citoyens engagés d’Avignon à Carpentras, de Valréas à La Tour-d’Aigues. Nous avons aussi structuré un réseau des élus insoumis et citoyens du Vaucluse, qui a vocation à grandir et à accueillir des élus qui ne sont pas nécessairement encartés mais qui veulent agir ensemble. C’est ainsi que nous voulons nous ancrer durablement dans le département : en construisant, commune après commune, un Vaucluse solidaire.
Julien Gautier, élu à la Tour d’Aigues et co-président du réseau des élu.e.s insoumis et citoyens de Vaucluse. Crédit : DR
« Nous voulons nous ancrer durablement dans le département : en construisant, commune après commune, un Vaucluse solidaire. »
Cette élection arrive après des épisodes électoraux particulièrement tendus en Vaucluse. Dérive-t-on vers une politique de l’affrontement total, bloc contre bloc, alors que bien souvent le Sénat est la chambre du consensus ? « Je ne crois pas que le consensus soit une vertu en lui-même. La démocratie a besoin de dissensus : il faut pouvoir proposer des projets différents, les confronter et permettre aux citoyens de trancher. Face à l’extrême droite, nos désaccords sont évidemment fondamentaux : sur l’État de droit, la justice sociale ou notre conception même de la République, nous ne transigerons pas. Mais cela ne signifie pas que nous considérons tous ceux qui pensent différemment comme des ennemis. Nous pouvons travailler avec des élus de sensibilités différentes lorsqu’il faut défendre une ligne ferroviaire, un bureau de poste, un hôpital ou les finances d’une commune. Nous pouvons être fermes sur nos convictions et respectueux de nos adversaires. Le débat démocratique n’est pas le problème : il est précisément la solution. »
Le mandat de sénateur est d’une durée de six ans. Comment voyez-vous le Vaucluse, l’un des départements les plus pauvres de France, en 2032 ? « Je ne me résous pas à ce que le Vaucluse reste l’un des départements les plus pauvres de France. Nous avons des atouts considérables : le Rhône et la Durance, une agriculture exceptionnelle, le Ventoux et le Luberon, du tourisme, des pôles industriels, énergétiques et scientifiques importants. En 2032, je voudrais que nous ayons fait de la bifurcation écologique un moteur de développement : davantage de ferroviaire, une eau protégée, des services publics renforcés et des agriculteurs qui vivent de leur travail pour nourrir la population. Il faut sortir de la gestion de la pénurie et retrouver une ambition pour le Vaucluse. Dimanche, les grandes électrices et les grands électeurs auront finalement un choix assez simple à faire : le poids des habitudes ou la force des idées. »
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Sénatoriales : 7 listes en présence dans le Vaucluse
Le dimanche 27 septembre, les 1 318 grands électeurs de Vaucluse renouvelleront les sénateurs du département. Sur les trois sénateurs sortants que sont Alain Milon, Jean-baptiste Blanc et Lucien Stanzione, seul les deux derniers repartent en campagne pour un suffrage à la proportionnelle avec cinq autre listes en présence. Elles ont été déposées entre le 7 et le 11 septembre derniers en préfecture de Vaucluse.
Voici les 7 listes en présences. Cliquez ci-dessous pour en savoir plus :
Le RN Vaucluse bientôt au Sénat ? Thierry d’Aigremont y croit
« Est-il normal que des partis comme LR ou le PS minoritaires dans notre département accaparent les 3 sièges de sénateurs? », interroge le référent RN, Thierry d’Aigremont, aujourd’hui candidat aux Sénatoriales du 27 septembre.
Quand on sort les résultats, on constate effectivement qu’au second tour des législatives de 2024, le RN a attiré plus de 115 000 voix soit 56,40% des suffrages et trusté 4 sièges sur 5, le Nouveau Front Populaire (avec le PS, le PC, LFI, Génération S), lui, avec 89 271 voix, a décroché le 5e siège. Quant à LR, il avait été éliminé dès le 1er tour avec 14 938 voix soit 5,48% des suffrages vauclusiens.
Né en Provence, arrivé à l’âge de 7 ans en Vaucluse, à Flassan dans le Comtat, où sa famille était installée depuis 1811, son père, agriculteur bio a décidé d’y vivre avec sa femme professeur de Français-Latin-Grec. Ses grands-pères ont participé à la Seconde Guerre Mondiale. « Cela m’a marqué profondément. L’un d’eux a même été fait prisonnier en Allemagne et plus tard, j’ai lu ses lettres, son engagement pour la France. J’en ai conçu un attachement viscéral pour mon pays, pour des valeurs patriotiques. » En 1988, Thierry d’Aigremont assiste à un meeting de Jean-Marie Le Pen au Parc des Expositions à Avignon. « Son discours de tribun, sa détermination m’ont subjugué et ont catalysé mon envie de partager ses idées politiques. D’autres comme Raymond Barre, Philippe Seguin ou François Mitterrand étaient plus littéraires », confie Thierry d’Aigremont.
Conseiller municipal et régional, en route vers les Sénatoriales
Conseiller municipal d’opposition à Carpentras de 1995 à 2008, conseiller régional depuis 2021, adjoint d’Hervé de Lépineau à la mairie de Carpentras depuis les municipales de mars dernier, il a la charge de la sécurité. « Je ne suis pas un candidat coupé des réalités quotidiennes des Français, hors-sol. J’ai un emploi dans un bureau d’études du bâtiment. Je ne vis pas d’argent public et je partage les inquiétudes des citoyens à commencer par le contexte économique et social », explique la candidat RN au scrutin du 27 septembre qui se dit « raisonnablement optimiste » et espère « une alternance qui serait la traduction juste des urnes comme les électeurs de Vaucluse l’ont montré lors des derniers scrutins. »
« Cette élection est à la fois le moment et le moyen de rétablir un indispensable équilibre démocratique dans le Vaucluse, martèle-t-ll tranquillement mais fermement. Être sénateur ce n’est pas juste avoir du bon sens et aimer les gens, c’est porter des convictions qui ont du poids dans l’opinion publique. » Et il conclut : « Nous sommes le seul mouvement à considérer la commune comme la collectivité la plus légitime et la plus efficace pour organiser la vie quotidienne des citoyens, le seul à vouloir renforcer le pouvoir des maires et de leurs élus. »
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Les Sénatoriales au menu de Dimanche en Politique sur France 3 Provence-Alpes-Méditerranée
Ce dimanche 13 septembre, ce magazine politique animé par Thierry Bezer sur France 3 Provence-Alpes-Méditerranée sera consacré au renouvellement partiel du Sénat le 27 septembre prochain, aux profils des candidats en lice dans les départements de la Région Sud et aux enjeux pour le territoire.
Autour de Thierry Bezer, quatre journalistes de la presse écrite : – Andrée Brunetti de L’Echo du Mardi, – Marie Lagache de Marsactu, – Guilhem Ricavy de Var Matin, – Françoise Varna de La Marseillaise.
Rendez-vous dimanche 13 septembre sur France 3 à 11h 20 pour la présentation et l’analyse de ce scrutin.
Anaïs Hausmann sera bien candidate aux sénatoriales en Vaucluse
Jusqu’à présent on avait beaucoup parlé d’elle, mais elle s’était peu exprimée dans les médias. Nouvelle adjointe déléguée à l’innovation et à la création de valeur territoriale de la ville d’Avignon, Anaïs Hausmann est désormais en plein lumière. En effet, la compagne d’Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon, briguera l’un des trois sièges de sénateur lors des élections qui se dérouleront le dimanche 27 septembre prochain. Elle le fera sous l’étiquette ‘Le bon sens des territoires’, le mouvement que vient de lancer Olivier Galzi afin d’essaimer au niveau national. Entretien avec la candidate désormais déclarée.
Pour quelle raison êtes-vous candidate aux prochaines élections sénatoriales en Vaucluse ? « Depuis plusieurs mois, au contact des élus locaux, des habitants, des acteurs associatifs et économiques, j’ai constaté une même attente : être davantage écoutés, considérés et surtout retrouver du bon sens dans la manière de faire de la politique. Aujourd’hui, beaucoup de Français ont le sentiment d’une politique déconnectée et ils ont raison. Je crois au contraire à une politique de proximité, enracinée dans son territoire, capable d’écouter le terrain avant de décider – c’est à dire une politique qui part du territoire plutôt que des partis ou de l’idéologie. Le Sénat, comme plus largement notre appareil politique, a besoin de profils différents, des entrepreneurs je le crois. Mon engagement s’inscrit pleinement dans cette volonté de faire de la politique autrement : moins dans les logiques d’appareils, plus ancré dans le territoire et avec plus de lien humain. J’ai financé mes études seule, j’ai construit mon parcours sans filet. Je sais ce que c’est quand le système ne vous aide pas. Et quand le système ne vous aide pas, il faut trouvez une autre porte. C’est exactement ce que je viens faire au Sénat, trouver d’autres portes pour les élus vauclusiens qui sont bloqués par un système complexe. »
Crédit : DR
« Se présenter aux sénatoriales, c’est proposer une vision – pas déclarer une guerre. »
Comment voyez-vous votre rôle de sénatrice et comment l’inscrivez-vous dans la continuité de la dynamique de l’élection d’Olivier Galzi à la mairie d’Avignon ? « Le rôle d’un sénateur, c’est d’être le trait d’union entre le terrain et la loi. Et un sénateur efficace pour un territoire comprend à la fois les réalités locales et les mécanismes du Sénat. Il doit défendre les équilibres locaux, faire remonter les besoins réels du terrain dans la fabrication de la loi et faire avancer les dossiers qui bloquent au niveau national. Je vois ce rôle avec une approche très simple : être proche et à l’écoute des élus et porter leurs combats. Je veux être une sénatrice sur le terrain ainsi qu’une sénatrice à temps plein (voir encadré : ‘Cumul des mandats’). Je veux me battre pour nos élus fidèlement et sincèrement. Tout ceci s’inscrit naturellement dans la dynamique que nous portons ensemble avec Olivier Galzi et toute l’équipe qui l’a emporté lors des dernières municipales à Avignon (voir encadré : ‘Du bon sens près de chez vous au bon sens loin de chez vous ?’). La logique est la même : partir du quotidien, des réalités locales et du bon sens. En redonnant davantage de poids au terrain et aux élus qui agissent concrètement au quotidien pour faire avancer le Vaucluse. »
Parcours Anaïs Hausmann, 44 ans, est conseil en stratégie de marque. Elle intervient ainsi notamment avec sa société de conseil Les Trois Grâces auprès de clients prestigieux comme LVMH, Boucheron, BNP Paribas, Porsche, Arte ou bien encore M6… Diplômée d’un master 1 en Commerce et Affaires internationales à l’Idrac Business School Paris-Courbevoie, ainsi que d’un master 2 en Marketing et Communication de Luxe à l’Institut Supérieur d’Études du Management de Marne-la-Vallée, elle est aussi responsable stratégie, développement et innovation de la société Justplay. Enfin, elle intervient également dans la production de projets musicaux en tant qu’indépendante.
Les sénatoriales, c’est vraiment l’élection des élus du territoire, tout particulièrement les élus ruraux qui sont une majorité en Vaucluse. Comment entendez-vous porter leurs aspirations ? « Comme je l’ai déjà dit ces derniers mois, j’ai rencontré de nombreux maires et élus locaux. Et ce qu’ils disent revient souvent : on leur donne toujours plus de responsabilités, mais avec toujours moins de moyens, moins de liberté et des contraintes administratives de plus en plus lourdes. Beaucoup d’élus ruraux ont aujourd’hui le sentiment de devoir se battre en permanence pour maintenir des services essentiels, faire avancer un projet, préserver une école, gérer l’eau, les infrastructures ou simplement garder leur commune vivante. Je crois profondément que ces élus méritent toute notre considération. Ce sont eux qui tiennent le territoire au quotidien, souvent avec très peu de moyens mais avec un engagement immense. Ma réponse, c’est un mandat construit autour des besoins réels des communes : simplification administrative, défense de la liberté des maires, meilleure gestion locale de l’eau, accompagnement du désenclavement, accès aux services publics, soutien aux projets locaux et défense des capacités d’investissement des collectivités. Les élus ruraux n’ont pas besoin d’un sénateur qui parle d’eux depuis Paris. Ils ont besoin de quelqu’un qui connaît leurs réalités, qui les écoute et qui se bat concrètement pour eux au Sénat. C’est ce que je veux faire. »
« Les élus locaux ont toujours plus de responsabilités mais moins de moyens. »
Cumul des mandats : « je me consacrerai entièrement au mandat sénatorial. » Concernant le cumul des mandats, Anaïs Hausmann est catégorique : « Si je suis élue, je me consacrerai entièrement au mandat sénatorial. Je quitterai mon activité de conseil dans le privé mais aussi mes fonctions d’adjointe à la Ville. Pas parce qu’on me le demande, mais parce qu’il faut un sénateur à temps plein, pas un sénateur entre deux agendas. » En revanche, si initialement elle nous avait précisé qu’elle abandonnerait ses autres mandats elle restera finalement conseillère municipale et également conseillère communautaire du Grand Avignon afin de « rester au contact de la réalité du quotidien des élus de terrain. »
Dans cette logique quels sont les projets et les thèmes locaux que vous souhaiteriez porter auprès de la chambre haute du parlement ? « Le premier enjeu, c’est la simplification administrative. Aujourd’hui, beaucoup de maires et d’élus locaux passent davantage de temps à gérer des contraintes réglementaires qu’à faire avancer leurs projets. Il faut redonner de l’air aux communes, simplifier les procédures et faire davantage confiance aux élus de terrain. » « Deuxième enjeu, la décentralisation – pas un transfert de compétences sur le papier, mais un vrai retour du pouvoir aux élus locaux. Aujourd’hui, les maires ont les responsabilités sans les leviers. Il faut leur rendre la liberté de décider, d’agir et d’innover sur leur propre territoire. Je veux aussi défendre une approche plus pragmatique du foncier économique. Trop de projets sont ralentis voire bloqués par des normes devenues excessivement rigides. Bien sûr, il faut préserver nos équilibres environnementaux, mais il faut aussi permettre à nos communes de se développer, d’accueillir des entreprises, de créer de l’emploi et de maintenir une activité économique locale. Le ZAN (Zéro artificialisation nette) est une bonne intention mal calibrée car appliqué uniformément, il condamne les villages qui ont besoin de construire pour survivre. Un village de 300 habitants dans le Luberon n’a pas le même rapport au foncier qu’une ville moyenne. Ma position au Sénat : différencier l’application du ZAN selon la réalité des territoires, donner aux maires ruraux des dérogations ciblées pour le logement principal et les équipements publics, et arrêter de traiter une commune de 400 habitants comme une zone urbaine dense. » « Je souhaite également soutenir les infrastructures essentielles pour notre territoire, comme la LEO, pour le désenclavement, la mobilité, l’attractivité économique et la qualité de vie des habitants. Trop de projets avancent aujourd’hui avec des lenteurs incompréhensibles alors qu’ils sont attendus depuis des années par les élus et les habitants. La question de l’eau sera également centrale. Dans notre département, l’eau est une ressource sous pression. Nous devons mieux la protéger, mais aussi permettre une gestion plus locale, plus adaptée aux réalités du terrain et aux enjeux climatiques de demain. Tous les chantiers que je souhaite porter ont un fil conducteur : rendre aux élus la liberté d’agir sur leur propre territoire. »
« Rendre aux élus la liberté d’agir sur leur propre territoire. »
Que répondez-vous à ceux qui doutent de votre légitimité à vous présenter à cette élection. Notamment, sur le fait que vous ne connaissais pas le Vaucluse depuis longtemps et qui mettent en avant votre inexpérience politique tout en rappelant que vous êtes la compagne d’Olivier Galzi ? « D’abord, le Vaucluse, je ne le découvre pas. J’ai grandi à Valence, dans la Drôme dans cette culture du Rhône, avec des réalités territoriales, agricoles et rurales très proches de celles du Vaucluse. Les agriculteurs qui irriguent dans la Drôme et ceux qui irriguent en Vaucluse ont les mêmes problèmes d’accès à l’eau, les mêmes inquiétudes face à la sécheresse, les mêmes enjeux de transmission. Ce sont des territoires cousins, géographiquement et culturellement. Le Ventoux se voit depuis les routes drômoises. Quand on compare Grignan ou Mirmande à Gordes ou Venasque, on retrouve la même pierre, la même lumière, le même mistral. Et au-delà de cela, j’ai aussi une histoire personnelle avec le Vaucluse. Étudiante, j’ai travaillé plusieurs saisons en restauration à Pernes-les-Fontaines. J’ai passé beaucoup de temps à Saint-Saturnin-lès-Avignon et à Carpentras… et puis désormais j’ai une deuxième vie ici à Avignon avec Olivier. »
Anaïs Hausmann, ne s’en cache pas. Elle est la compagne d’Olivier Galzi (ici lors de la présentation en meeting de la liste du nouveau maire d’Avignon). Pour autant, elle revendique un engagement personnel et autonome.Crédit : DR
« Apporter une culture de projet, de responsabilité et de résultats. »
« Concernant l’inexpérience politique, je crois justement que c’est ma force. Je viens avec un autre parcours. Celui de quelqu’un qui a entrepris, pris des risques, connu des réussites mais aussi des échecs d’entreprise. Je connais les difficultés du terrain, les lourdeurs administratives, les dossiers bloqués, les réalités concrètes vécues par ceux qui créent, investissent et essaient d’avancer. Beaucoup de responsables politiques ont passé toute leur vie dans les appareils. Moi, je viens avec une culture de projet, de responsabilité et de résultats. Et puis, j’apporte aussi une forme de liberté. Quand on a grandi dans un système politique local pendant 20 ans, il peut exister des réseaux, des fidélités, des oppositions anciennes qui compliquent parfois l’action et le cadre. Moi, j’arrive avec un regard neuf, sans dettes politiques, sans logique de clan, avec une seule priorité : défendre le territoire. Enfin, concernant Olivier : oui, nous partageons une vision commune pour notre territoire. Une vision fondée sur le bon sens, la proximité et le refus des logiques d’appareils. Mais mon engagement est personnel et autonome. »
En présentant une liste face aux sénateurs sortants, est-ce un coup de force politique ? Une sorte d’opposition entre ‘sénateur des champs’ et ‘sénateur des villes’ ? Où s’agit-il de redonner tout son poids au chef-lieu du département dans l’échiquier politique du département ? « Rien de tout cela. Se présenter aux sénatoriales, c’est proposer une vision – pas déclarer une guerre. Il n’y a pas de sénateur des champs contre sénateur des villes dans mon projet, il y a un territoire qui a besoin d’être représenté dans sa globalité – ses communes rurales, son agriculture, sa ville centre, ses villages perchés. Et ce n’est pas un coup de force : c’est une démocratie qui fonctionne. Et si coup de force il y a eu, c’est celui imposé par des logiques partisanes qui idéologise le débat et l’éloigne du bon sens qui, lui, n’appartient à personne et certainement pas à un parti. »
Anaïs Haussmann ne votera pas Blanc Si un temps, l’idée d’une fusion des listes sénatoriales avec le parti LR (Les républicains) a été au cœur de tractations en Vaucluse, Anaïs Hausmann coupe court à tout rapprochement désormais. Notamment avec le LR Jean-Baptiste Blanc, sénateur de Vaucluse depuis 2020 également conseiller départemental rapporteur du budget. « A priori nous allons partir sur des listes distinctes, mais pas concurrentes, insiste-t-elle. Nous souhaitons vraiment représenter le mouvement que nous sommes en train de mettre en place. Dans ces conditions c’est donc compliqué de fusionner. Il y a 3 sièges à pourvoir. Jean-Baptiste Blanc est sénateur sortant, il a la confiance des grands électeurs et je ne doute pas qu’il soit réélu. Je me bats donc plutôt pour le siège suivant. »
En cas d’élection, dans quel groupe entendez-vous siéger au sénat ? « Je défends une position de liberté pour nos élus et le territoire. Ce qui m’importe, c’est de siéger dans un groupe qui me laisse libre de voter selon les intérêts du Vaucluse. Pas selon une ligne de parti. Deux groupes semblent cocher cette case à mes yeux : l’union centriste (59 sièges actuellement) et le groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires – 20 sièges). »
Quels sont les autres candidats présents sur votre liste des sénatoriales ? « Notre liste est en cours de finalisation. Je ne souhaite pas communiquer de noms avant qu’elle soit officiellement déposée car nous sommes encore en train de la construire. Ce que je peux dire, c’est que nous bâtissons une liste cohérente avec notre démarche : des profils de terrain avec une vraie connaissance des réalités vauclusiennes et représentant des communes de tailles différentes ainsi que les quatre points cardinaux du département. Tout cela prend du temps parce qu’il faut échanger avec chacun pour s’accorder sur la vision de notre démarche. »
Enfin, cette présences à ces élections sénatoriales préfigurent-elles d’autres candidatures d’élus du mouvement du ‘Bon sens des territoires’dans les élections à venir : législatives, départementales régionales… ? « Le mouvement initié par Olivier et toute l’ équipe du ‘Bon Sens des Territoires’ a vocation à s’inscrire dans la durée. Il répond à une vraie demande des Français qui en ont assez des appareils politiques. Donc oui, notre mouvement entend bien porter la voix du bon sens des territoires lors des prochaines échéances électorales. Mais aujourd’hui, je suis focalisée sur une seule chose : les sénatoriales. »
Propos recueillis par Laurent Garcia
Du bon sens près de chez vous au bon sens loin de chez vous ? Fort de sa victoire aux dernières municipales à Avignon ainsi que de son élection dans la foulée à la présidence de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, Olivier Galzi vient d’annoncer, ce mercredi, la création du ‘Bon sens des territoires’. Ce mouvement, dont l’acte de naissance a été signé par les 55 colistiers du nouveau maire de la cité des papes, est destiné à accueillir tous ceux qui pensent que l’appartenance à un territoire doit primer sur toute appartenance partisane. « Et parce que ‘le bon sens’ ne s’arrête pas à Avignon », Olivier Galzi dont ce slogan a été l’un de ses mantras lors des municipales de mars, entend rallier les « sans étiquettes » afin de faire entendre cette « majorité silencieuse ». « En mars, nous avons démontré que notre ville ‘capitale’ pouvait déjouer les pronostics en rassemblant des forces vives et constructives, pour reprendre en main notre destin, explique l’ancien journaliste. Nous avons aujourd’hui la conviction que ce mouvement est en germe dans de nombreuses autres communes et qu’ensemble, elles peuvent constituer le terreau d’un renouveau pour porter une voix : celle qui vient du terrain. Un chemin porteur de solutions locales et concrètes, plutôt que de colères nationales et de jeux d’appareils. » L’ambition est donc désormais d’exporter ce ‘bons sens avignonnais’ vers le reste du pays. Première étape : « reprendre notre destin en main, partout où nous devons le défendre : au Sénat en septembre comme à l’Assemblée nationale l’an prochain », annonce Olivier Galzi qui poussait la candidature d’Anaïs Hausmann, sa compagne, depuis plusieurs semaines.
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