12 août 2026 |

Ecrit par le 12 août 2026

Il fabrique des skis au cœur du Luberon

Installé à Gargas, Marius Piquet, compagnon menuisier, fabrique des skis sur mesure pour des amateurs exigeants. Il associe sa passion pour les sports de glisse à un savoir-faire particulièrement technique.

Il convient d’emblée de tordre le cou à deux idées reçues :
1) il n’est pas nécessaire d’habiter dans les Alpes pour fabriquer des skis
2) le bois reste un matériau de choix pour la confection des skis alpins, il offre les meilleures résistances et flexibilités. Une fois débarrassé de ces aprioris on comprends que la démarche de Marius Piquet est loin d’être fantaisiste ou anecdotique.

Sa passion pour les sports de glisse lui a beaucoup appris

D’abord sa formation. Pendant 9 ans en tant que compagnon, Marius Piquet a fait le tour de France des meilleurs artisans de la menuiserie. Il y a appris des techniques originales comme celle de la presse à bois chauffante qui permet de donner des courbures au bois. Il a construit la sienne pour la confection de ses skis. Ensuite, sa passion pour les sports de glisse lui a beaucoup appris. Ca été le Kayak, pratiqué dans la vallée de l’Ubaye, et là il fallait savoir manier la fibre de verre pour réparer les embarcations qui souffraient. Ce fût très vite la passion du ski transmise par son grand-père, 80 ans et toujours skieur. Évidemment, son aïeul utilise les skis fabriqués par son petit-fils, comme son propre fils d’ailleurs. On l’aura compris chez les Piquet le ski c’est une passion familiale. Il faut préciser que ette ferveur pour la montagne a été savamment entretenue par des lectures de jeunesse comme les récits des écrivains alpinistes tels que Maurice Herzog ou Roger Frisson-Roche.

Les moniteurs ont été ses premiers clients

Il y a quelques années, Marius Piquet fait la rencontre du côté d’Albi d’un artisan menuisier qui fabriquait des skis. Pendant de longs mois l’idée de se lancer dans l’aventure lui trotta dans la tête. « Je m’intéresse au sujet, je réfléchis, je mature et il y a 6 ans je me suis lancé » explique-t-il. « Ma première paire de ski, c’était pour moi » ajoute-t-il. « Ensuite j’ai fabriqué une deuxième paire, puis une troisième en testant à chaque fois des matériaux différents. « Là où je skie dans les Alpes du Sud, à Saint-Jean Montclar, les moniteurs, qui me voyaient avec des skis pas comme les autres, n’ont pas manqué de me demander à les essayer » explique-t-il. Leurs retours et leurs conseils ont été très importants dans la mise au point de ses skis et en particulier dans la l’élaboration d’une gamme allant du plus facile à skier au plus sportif, en passant par les skis de randonnée. Les moniteurs ont été ses premiers clients. Une belle référence.

Hors de question d’industrialiser la fabrication, même sur des petites quantités.

Il y a 3 ans Marius crée sa marque M & Ski (M comme Montagne mais aussi comme Marius) avec 3 formes de skis. Sur chacun plusieurs noyaux en bois sont possibles, le plus facile à skier, le peuplier et le plus sportif, le frêne. D’autres essence comme le hêtre notamment peuvent être utilisées. A ses noyaux sont associées des couches de fibre de lin ou de fibre de verre avec d’éventuels renforts en carbone pour les modèles les plus sportifs. Et c’est là tout l’intérêt de la démarche proposée par Marius et il y tient : c’est le client qui fait sa propre paire de ski, il choisit sa forme, la structure du noyau, selon son niveau de ski et son utilisation, il choisit ensuite la finition parmi des dizaines de placage de bois de toutes provenances. Il est même possible de personnaliser les finitions avec des motifs, des incrustations. Ainsi chaque paire de ski qui sort de l’atelier M & Ski est unique. Hors de question d’industrialiser la fabrication, même sur des petites quantités.

Il faut entre 25 et 30 heures de travail, réparties sur un mois et demi, pour fabriquer une paire de ski

Précisions importantes : tous les matériaux utilisés sont d’origine naturelle comme la fibre de lin notamment. De la même manière tous les bois utilisés proviennent de filière durables. Les skis conçus et fabriqués par Marius Piquet appartiennent la catégorie « Master », c’est le haut de gamme en terme de performances avant l’ultime niveau, celui de la compétition. Comme de nombreuses réalisations faites à la main les skis fabriqués dans les ateliers de M & Ski sont réparables. Il faut entre 25 et 30 heures de travail, réparties sur un mois et demi, pour fabriquer une paire de ski. C’est le temps nécessaire pour un travail bien fait. « Mes clients suivent la fabrication de leurs skis, à chacune des étapes je leur envoi des photos » précise-t-il.

Une paire de skis M & Ski coute entre 1400 et 1900 €, c’est le prix de la qualité et de l’exclusivité. Pour les skis de fabrication industrielle haut de gamme la fourchette est plutôt comprise entre 1000 et 1500 €. Marius vend ses skis directement sans intermédiaire. La vente en magasin est compliquée pour des skis totalement sur mesure et personnalisables. L’hiver dans les stations comme le Puy-Saint-Vincent, le Sauze ou Arc 2000, Marius organise des skis tests. Il propose aux skieurs d’essayer gratuitement ses skis. Et souvent les essayer c’est les adopter…

Marius Piquet est un menuisier passionné de ski, créateur de la marque M&Ski, basée dans le Luberon. Avec plus de 20 ans d’expérience en menuiserie, Marius allie son amour pour le bois et la glisse pour créer des skis en bois uniques et sur mesure.

Sa passion pour le ski a commencé dès son plus jeune âge, en dévalant les pistes des Alpes du Sud à Montclar, et plus tard en découvrant le ski de randonnée dans l’Ubaye. En 2022, il a créé M&Ski en fabriquant sa première paire de skis en bois pour la randonnée. Inspiré par les méthodes artisanales des Alpes du Nord, il a développé ses propres outils et techniques dans sa menuiserie à Gargas.

Marius teste et affine ses skis en collaboration avec des préparateurs et skieurs de haut niveau, optimisant les sensations de glisse pour répondre aux besoins des skieurs. Aujourd’hui, il propose une gamme de skis en bois adaptés à différents types de glisse et niveaux, du ski de randonnée au freeride.

Chez M&Ski, chaque ski est conçu en collaboration avec le client, reflétant son identité et ses préférences. Marius utilise des matériaux locaux et écoresponsables, comme le frêne du massif central et des résines naturelles, pour créer des skis entièrement fabriqués en France. Il aspire à s’approvisionner en mélèze de Haut-Ubaye, renforçant ainsi son engagement envers la durabilité et la qualité artisanale.

m-ski.fr
marius@m-ski.fr
+33 6 03 84 27 20


Il fabrique des skis au cœur du Luberon

Après une saison hivernale 2023 sans activités, les stations de ski du Ventoux sont de nouveaux en pleine croissance d’après le bilan hivernal 2024. La CoVe et la SPL de Développement touristique des stations du Mont Ventoux ont annoncé le mercredi 17 avril des chiffres très positifs pour l’année précédente lors d’une réunion de présentation et envisagent de nouvelles perspectives pour le printemps et l’été 2024.

Avec 700 000 visiteurs annuels en moyenne, le Mont Ventoux symbolise une place touristique centrale du département du Vaucluse. Après une année 2023 sans activités, marquée par les problèmes économiques liés à l’inflation et à la crise sanitaire ainsi qu’un réchauffement climatique qui entraine un déneigement important lors des hivers, le bilan de cet hiver 2024 est reparti à la hausse notamment sur la station du Mont Serein.

C’est ce qui a été annoncé et détaillé le jeudi 17 avril par Jacqueline Bouyac, présidente de la CoVe accompagnée par sa vice-présidente Dominique Plancher et par Alain Constant, président de la SPL de Développement touristique des stations du mont Ventoux. Ce bilan se traduit par 19 jours d’ouverture, 5 833 forfaits vendus, une fréquentation d’environ 2 000 personnes par jour d’ouverture de la station et surtout un chiffre d’affaires de 104 639,70€ sur la saison. 

©CoVe

Un été placé sous le signe de l’activité ludique et sportive

L’ensemble du personnel et l’équipe mise en place depuis le début de la saison en décembre ont su anticiper le retour de la neige en remettant en marche les remontées mécaniques dès le début de la saison. 

Ce bilan positif engendre un élan prometteur pour le printemps et l’été qui arrivent à grands pas. Pour maintenir l’attractivité touristique sur le Ventoux, plusieurs invitations ont été envoyées aux centres aérés du territoire de la CoVe afin d’emmener plusieurs visiteurs à essayer diverses activités en plein air. Parmi elles, on compte notamment le tubbing, le dévalkart, l’accrobranche, le toboggan, les trampolines, etc.


Il fabrique des skis au cœur du Luberon

De tradition nordique et alpine, le ski est sans surprise un sport très pratiqué dans ces régions du monde. Si l’on exclut la principauté du Liechtenstein, nichée au cœur des Alpes et où 36 % des habitants pratiquent le ski, c’est son voisin, la Suisse, qui compte la plus grande part de skieurs dans la population, soit 35 % selon l’étude annuelle sur le tourisme de montagne de Laurent Vanat, consultant spécialiste du secteur. Tout comme la population helvétique, environ le tiers des Autrichiens sont adeptes de ce sport de glisse. On retrouve ensuite des pays nordiques et slaves parmi les grandes nations de skieurs. Ces derniers représentent un peu plus de 20 % de la population en Tchéquie, en Finlande ainsi qu’en Norvège (d’où le mot « ski » est originaire).

Avec 13 % de la population pratiquant le ski, la France fait partie de la douzaine de pays du monde où ce sport est le plus populaire (à égalité avec la Pologne). L’Hexagone est particulièrement bien doté en matière d’infrastructures de tourisme d’hiver et héberge les domaines skiables les plus fréquentés de la planète : Trois Vallées et Paradiski, avec respectivement plus de 5 millions et 4 millions de visites par saison. Mais il n’y a pas que les Européens qui apprécient descendre les pistes : 12 % des Canadiens, 9 % des Japonais et 8 % des Américains pratiquent le ski, faisant d’eux les plus gros adeptes de ce sport sur leur continent respectif, en Amérique et en Asie.

De Tristan Gaudiaut pour Statista


Il fabrique des skis au cœur du Luberon

L’Autriche, la France, l’Italie et la Suisse font partie des six pays dans le monde qui accueillent le plus de touristes dans les stations de sports d’hiver. Cependant, l’activité de l’ensemble des domaines skiables alpins – qui regroupent plus de 1 600 stations et 11 000 remontées mécaniques – ne peut plus être satisfaite par la neige naturelle depuis longtemps. Comme le montre notre graphique, aujourd’hui, la majorité des pistes de ski de la région ont recours aux canons à neige.

Ainsi, à la fin de la saison 2022, selon les données des gestionnaires des stations, 90 % de toutes les pistes situées dans les Alpes italiennes avaient recours à la neige artificielle. Les stations autrichiennes et suisses s’appuient également en grande partie sur les canons à neige : 70 % des pistes en Autriche et 54 % en Suisse. Dans les Alpes françaises, ce taux s’élève à 37 %. En Allemagne, en revanche, on mise encore en grande partie sur la neige naturelle : trois quarts des pistes n’utilisent pas de canons. Si ce pays compte le plus de stations de ski en Europe, il est important de préciser qu’elles sont beaucoup plus petites que chez ses voisins (1 800 remontées mécaniques en Allemagne, contre plus de 3 000 en France et en Autriche).

Le tourisme de montagne est une source de revenus importante pour de nombreux pays, mais également pour l’industrie des articles de sport. Selon les estimations de Statista, le chiffre d’affaires mondial des équipements de sports d’hiver s’élevait à environ 12 milliards d’euros en 2022. Cependant, l’utilisation croissante des canons à neige en raison du changement climatique fait progressivement évoluer les regards sur l’impact environnemental des sports d’hiver.

Selon un dossier de la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA), près de 1 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire environ 2,5 mètres cubes de neige artificielle, soit environ un million de litres d’eau pour un hectare de piste. Les écologistes pointent ainsi du doigt l’épuisement progressif des réserves d’eau potables en montagne pour permettre l’enneigement artificiel, mais aussi l’érosion des sols et les atteintes à la biodiversité par la construction de bassins de collecte.

De Tristan Gaudiaut pour Statista

https://www.echodumardi.com/tag/ski/   1/1