30 octobre 2026 |

Ecrit par le 30 octobre 2026

Le 1er train à batterie de la Région Sud est en service entre Carpentras et Avignon

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur vient de mettre en service son premier train à batteries. Il circule depuis le 28 juillet dernier sur la ligne reliant Carpentras à Avignon.

« Avec ce premier train à batteries, la Région Sud fait de l’innovation une réalité au service des voyageurs et de nos territoires, se félicite Renaud Muselier, président du conseil régional de Paca. Nous réduisons concrètement les émissions de CO2, tout en conservant la même qualité de service. C’est une solution concrète, plus sobre et plus silencieuse, pour construire le train régional de demain. »

Des batteries lithium-ion pour remplacer les moteurs thermiques
Concrètement, ce train, issu de la transformation d’un Autorail Grande Capacité (AGC) existant, circule sous alimentation électrique sur les sections de ligne équipées de caténaires puis change de mode de traction ensuite dans les secteurs non-électrifié.
Pour la ligne Avignon-Carpentras, la partie électrifié s’étend de la cité des papes à la gare de Sorgues. Pour la section entre cette dernière et Carpentras, le train utilisait ensuite jusqu’alors son moteur thermique fonctionnant au diesel. Désormais place aux batteries lithium-ion. Les batteries se rechargent sous caténaire, mais aussi avec la récupération de l’énergie produite lors des phases de freinage. Pour les voyageurs, le service reste le même : mêmes dessertes, mêmes conditions de transport, même qualité de service, tout en réduisant les émissions de CO₂ à bord d’un train plus silencieux. Un bilan de l’expérimentation sera fait mi-octobre par la Région Sud.

Un partenariat national avec plusieurs régions
Cette mise en service en Vaucluse s’inscrit dans le cadre d’un programme nationale mené en partenariat avec cinq régions françaises (Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Paca) souhaitant mettre en place des solutions concrètes pour réduire l’usage des énergies fossiles sur les réseaux régionaux.
Développé avec Alstom et SNCF Voyageurs, ce projet repose sur une collaboration étroite entre les acteurs industriels et les autorités organisatrices de mobilité afin d’expérimenter et déployer une nouvelle génération de matériels roulants plus sobres énergétiquement. Il représente un investissement total de 41,88M€ (6M€ financés par la SNCF, 5,5M€ par Alstom et 30,38M€ apportés par les 5 régions dont 6,39M€ pour la Région Sud).

« Nous préparons le ferroviaire de demain. »

Delphine Couzi, directrice régionale SNCF voyageurs Sud

« Avec ce premier train à batteries en circulation en Région Sud, nous démontrons que l’innovation est un levier concret pour accélérer la transition écologique du ferroviaire, précise Delphine Couzi, directrice régionale SNCF voyageurs Sud et coordinatrice régionale du groupe SNCF. Ce projet, mené avec la Région Sud et Alstom, illustre la capacité du Groupe SNCF à faire évoluer les technologies au service d’une mobilité plus durable, sans compromis sur la qualité de service offerte aux voyageurs. En faisant circuler aujourd’hui cette rame en exploitation commerciale, nous préparons le ferroviaire de demain : un transport collectif toujours plus performant, plus sobre en carbone et au plus près des besoins des territoires. »

Transformation vertueuse du matériel existant
« Avec la Région Sud et SNCF Voyageurs, nous franchissons une étape importante dans le développement de solutions ferroviaires plus durables, complète pour sa part Frédéric Wiscart, président Alstom France, Belgique et Luxembourg.  Ce TER à batteries démontre qu’il est possible de transformer et de moderniser le matériel roulant existant pour réduire son empreinte environnementale, tout en répondant aux besoins de mobilité des voyageurs. Cette innovation illustre concrètement la manière dont le ferroviaire peut poursuivre sa transition vers des transports toujours plus performants et plus sobres en énergie. »


Véhicules prioritaires, à qui laisser la priorité sur la route ?

Depuis le 25 juillet dernier, les véhicules des procureurs de la République, de certains représentants de l’Etat et des équipes de cyno-détection (maitre-chien et son animal) de la Sncf et de la Ratp auront priorité sur les routes dès lors qu’ils s’annoncent avec des avertisseurs sonores spéciaux. En cas de refus de priorité, les contrevenants devront s’acquitter de 135€, de 4 points en moins sur leur permis et d’une suspension possible de leur permis de 3 ans.

Désormais, trois nouvelles catégories entrent officiellement dans le champ des véhicules d’intérêt général prioritaires. Tout d’abord ceux des procureurs de la République et de leurs substituts, dans le cadre de la permanence pénale. Ensuite, les véhicules utilisés par les représentants de l’État lorsqu’ils dirigent des opérations de secours ou assurent la gestion de crise. Enfin, ceux des services internes de sécurité de la Sncf et de la Ratp, mobilisés par les équipes de cyno-détection pour traiter les objets délaissés.

Dix catégories désormais reconnues
Figurent parmi les véhicules prioritaires : La police nationale ou municipale, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, les véhicules escortés, les douanes, les transports de détenus, les ambulances liées aux unités mobiles hospitalières et au Samu (Service d’aide médicale urgente), auxquels s’ajoutent les trois nouvelles catégories citées ci-dessus.

Quand l’urgence prévaut
Ces véhicules prioritaires peuvent s’affranchir des règles du Code de la route, comme emprunter des voies interdites, franchir des lignes continues, utiliser des voies réservées, dépasser par la droite ou encore ne pas s’arrêter à un feu rouge, à un stop ou à un cédez-le-passage, sans toutefois mettre en danger les autres utilisateur de la route. La règle est simple, dès qu’un véhicule prioritaire approche avec ses avertisseurs en action, il faut lui ouvrir la voie.
Source : L’Argus
Mireille Hurlin


Terminus pour le Quai des saveurs

Le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient de prononcer la liquidation du Quai des saveurs, le restaurant de la CCI de Vaucluse placé en redressement judiciaire depuis début mai. La décision prise le 8 juillet dernier a été publié ce mardi 21 juillet par le greffe du TAE de la cité des papes.

Le jugement met ainsi fin à la mission des administrateurs Me Bruno Bertholet et Me Charles de Saint Rapt et désigne comme liquidateur judiciaire l’étude avignonnaise Balincourt représentée Me Frédéric Torelli et Me Cyrielle Deleuze.

Si un temps d’éventuels repreneurs semblaient sur les rangs, finalement personne ne reprendra l’établissement bistronomique situé le nouveau parvis de la gare centre d’Avignon réaménagé il y a bientôt 2 ans maintenant. Inauguré en décembre 2024 ce restaurant devait constituer la vitrine du savoir-faire gastronomique consulaire et tout particulièrement de sa prestigieuse Ecole hôtelière d’Avignon.

Première conséquence de cette décision, les salariés et les apprentis du restaurant n’ont pas été reclassés et la totalité du mobilier extérieur a dû être évacué à la demande de SNCF gares & connexions car il était squatté.

Désormais, la SNCF va s’efforcer de trouver un nouveau locataire pour ses lieux de près de 200m2 comprenant aussi une terrasse de 100m2. Pour la CCI 84, qui avait consacré 1,3M€ à l’aménagement du Quai des saveurs l’ardoise totale du passif devrait s’élever à près de 2M€ malgré une première année d’exercice affichant un chiffre d’affaires de l’ordre de 600 000€.

L.G.


Jean Castex à Avignon pour signer une convention de sécurité pour les usagers de la SNCF

L’ancien Secrétaire Général de la Préfecture est de retour en Vaucluse. Aujourd’hui PDG de la SNCF, Jean Castex était ce jeudi 2 juillet aux côtés de la Procureure de la République Stéphanie Aouine, du Directeur Interdépartemental de la Sécurité Publique Emmanuel Desjars de Keranrouë et de Thibault de Cacqueray, Directeur de Cabinet du Préfet de Vaucluse.

Alors que se profile le 1er week-end intense de départs en vacances d’été avec 15 000 trains par jour, Jean Castex a rappelé à quel point la sécurité était une préoccupation majeure. « Nous devons, ensemble avec la justice, la police et la gendarmerie lutter pour une meilleure prise en compte des plaintes des victimes, faciliter la restitution des objets volés, répondre aux agressions, insultes, incivilités et outrages dont sont victimes les contrôleurs, les usagers comme les agents de la sécurité ferroviaire. »

« Avec la SUGE (Sécurité générale), a jouté la Procureure de la République d’Avignon Stéphanie Aouine, le Parquet a un objectif commun, apporter une réponse judiciaire, donc pénale rapide grâce à une procédure bien ficelée par les forces de l’ordre. Les 3 200 agents de cette brigade sont formée, assermentée et armée, au service des voyageurs de la SNCF. »

« Nous devons tout faire pour sécuriser la vie des usagers, simplifier les procédures pour rendre le train plus attractif. »

Jean Castex

Le PDG de la SNCF, ancien Premier Ministre de la République (2020-2022) qui, en sortant de l’ENA, avait entamé sa carrière en 1996 à Toulon comme DDASS (Directeur Départemental des Affaires Sanitaires et Sociales) est revenu en Provence (1999-2000), à la Préfecture de Vaucluse. « À l’époque, je me suis notamment occupé de l’arrivée du TGV-Med à Avignon qui bénéficie de deux gares, une en Centre-ville et l’autre en Courtine. Il a fallu créer la fameuse virgule entre les deux. Maintenant, par an, 4 300 000 voyageurs passent par la Cité des Papes, c’est un record. Nous devons tout faire pour sécuriser la vie des usagers, simplifier les procédures pour rendre le train plus attractif. L’an dernier, grâce à cette coopération avec la justice et la police, en France la SUGE a procédé à 6 800 interpellations et a dressé 112 000 PV. Un vrai ‘continuum sécuritaire’ est en place. Les bagages abandonnés sont un véritable poison pour la sécurité, comme les voyageurs agressifs et les auteurs de violences sexistes et sexuelles. »

Alors que le train Paris-Nice avait dû être stoppé dans la nuit de mercredi à jeudi à Avignon à cause d’un incendie à Rognac et les voyageurs transférés à bon port, Jean Castex a évoqué les épisodes de canicules et de feux de forêts qui concident avec un intense trafic ferroviaire dans le Sud de la France. « On fait le maximum pour que les voyageurs qui nous font confiance arrivent sans encombres sur leur lieu de vacances, c’est cela le service public dû aux usagers, tous les usagers. »

Il est ensuite reparti avec son équipe pour Aix-en-Provence pour participer aux Rencontres Économiques, un forum qui, depuis 2001, accueille début juillet des centaines d’experts internationaux au coeur du Parc Jourdan.

Thibault de Cacqueray, Stéphanie Aouine, Jean Castex et Emmanuel Desjars de Keranrouë. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

La gare centre d’Avignon désignée plus belle gare 2026

La 16e édition du Grands Prix des Régions vient de dévoiler son palmarès 2026. La Région Sud y a été triplement récompensée avec notamment le prix de la plus belle gare décernée à celle d’Avignon-centre.

La gare-centre d’Avignon vient d’obtenir le ‘Prix de la plus belle gare’ lors de la 16 édition du Grands Prix des Régions organisé ce 19 mai à Paris par le magazine Ville, Rail & Transports.
Cette distinction a été attribué, en présence de Philippe Tabarot, ministre des Transports, à la Région Sud « pour la renaissance de la gare d’Avignon-centre, transformée en un véritable pôle d’échanges multimodal favorisant l’intermodalité, les mobilités douces et l’accessibilité au cœur de la ville », expliquent les organisateurs.

La résurrection de la principale entrée de ville
Inaugurés en décembre 2024, les travaux de réaménagement de la gare historique de la cité des papes ont permis de requalifier complètement l’une des principales entrées de la cité des papes en privilégiant les espaces verts et les mobilités douces.
Auparavant, il aura fallu 5 ans d’études et 2 ans et demie de travaux pour un montant de 20,25M€ pour mener à bien se projet financé à hauteur de plus de 70% par les collectivités locales (voir graphique ci-dessous).

Le détail de la répartition du financement des travaux de réaménagement du parvis de la gare-centre d’Avignon. Crédit :DR

Implantée à quelques pas du centre-ville depuis 1849, la gare centre de style néo-classique n’avait plus fait l’objet d’aménagements majeurs depuis les années 1980.
« Cette gare est devenue un nœud d’échanges où chaque voyageur peut choisir rapidement la solution de déplacement la plus adaptée puisqu’elle concentre tous les modes de transports en un même lieu pour favoriser l’utilisation des transports en commun et des modes doux : gare ferroviaire, gare routière pour les lignes routières interurbaines, points d’arrêts du tramway, arrêts des bus urbains », précise Ville, Rail & Transports dans le dossier de présentation des candidatures.

Crédit : Google earth

35% d’espaces verts contre 6% auparavant
« Située sur la ligne ferroviaire Marseille-Lyon-Paris, la gare d’Avignon-centre accueille chaque jour près de 7 400 voyageurs et 120 trains (TER et TGV de la ligne Paris-Miramas), poursuivent les organisateurs de l’évenement. Elle a bénéficié d’importants travaux qui ont permis de transformer son parvis et le quartier dans son ensemble, pour créer un véritable pôle d’échanges multimodal. Le réaménagement du parvis a été réalisé en supprimant totalement le parking réaménagé en un nouvel espace de vie végétalisé sur une superficie de 13 000 m², entièrement consacrée aux mobilités actives. Ce projet a été l’occasion de créer de nouveaux espaces verts (35% d’espaces verts contre 6% auparavant), de remettre en valeur le patrimoine architectural et paysager avec la création d’un emmarchement central depuis le boulevard Saint- Roch jusqu’au bâtiment voyageurs. Une rampe d’accessibilité a été posée pour les personnes à mobilité réduite et un brumisateur installé sur une placette. Le bâtiment voyageurs a également été retravaillé pour offrir aux voyageurs des espaces de circulation et d’attente ainsi que des services et des commerces adaptés. »
On l’aura compris, cette aménagement a été imaginé dans sa globalité afin de proposer la plus belle entrée possible sur Avignon même si l’avenir du restaurant de la CCI situé sur le parvis pourrait l’altérer en partie suite à sa mise en redressement judiciaire.

De gauche à droite : Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué de SNCF Voyageurs, et Philippe Tabarot, ministre des Transports, remettent le prix des régions à Renaud Muselier, président de la Région Sud, et Jean-Pierre Serrus, vice-président Transports de la Région Sud.
Crédit : Guillaume Ruoppolo

Le SERM d’Avignon mis à l’honneur également
Outre le prix de la plus belle gare, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur aussi reçu ceux de la notoriété et le Grand Prix.  Le Prix de la notoriété récompense la réouverture de la Ligne des Merveilles entre Nice, Breil et Tende, ligne emblématique de la vallée de la Roya remise en service après d’importants travaux de modernisation pris en charge à 70% par la Région. Cette réouverture s’est notamment accompagnée d’une augmentation significative de l’offre de trains sur la ligne.
Enfin, la Région Sud a aussi reçu un Grand Prix pour l’ensemble de sa politique des transports. Une récompense qui salue notamment l’ouverture à la concurrence des lignes du secteur azuréen et de la ligne inter métropoles, le projet de ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, les investissements en faveur de la décarbonation des mobilités (avec notamment l’expérimentation de la ligne de covoiturage régionale ‘Zou ! Covoit’ et la transition énergétique des autocars ‘Zou !’) ainsi que l’amélioration continue du service rendu aux usagers, avec notamment la mise en place d’un nouveau système de distribution et d’information voyageurs ou l’amélioration de la régularité des trains.
Ce Grand prix intègre aussi le travail de concertation pour le lancement de quatre Services express régionaux métropolitains (SERM) à Avignon, Aix-Marseille, Toulon et Nice Côte d’Azur.
« Ces distinctions viennent d’abord reconnaître un travail collectif, mené avec l’ensemble de nos partenaires, se félicite la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elles traduisent notre volonté constante d’améliorer concrètement le quotidien des voyageurs et de désenclaver les territoires. »

Laurent Garcia


CCI de Vaucluse : le Quai des saveurs placé en redressement judiciaire

Le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire pour le Quai des saveurs. La décision concernant l’établissement de restauration porté par la CCI de Vaucluse a été prise le 7 mai dernier. Elle remet en question l’avenir de ce projet qui devait constituer une vitrine des savoir-faire de l’Ecole hôtelière d’Avignon. Première conséquence, le départ imminent du talentueux chef Saïd Soumaila.

L’aventure avait débuté dans l’unanimité suite l’assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse du 27 novembre 2023. A cette occasion, la totalité des élus présents (18 sur 33) avait voté pour la création d’un établissement de restauration sur le nouveau parvis de la gare centre de la cité des papes alors en fin de réaménagement.
Comme un seul homme, William Baud, Jean-Luc Becker, Alexandre Bressy, Dominique Damiano, François De Lepiney, Florence Duprat, Alexandra Farnos, Laure Gimno, Pierre Helias, Eugène Hermitte, Pascal Loubeyre, Roselyne Macario, Gilbert Marcelli (alors président jusqu’à son éviction fin janvier dernier), Catherine Panattoni, Cédric Ribeiro, Nordine Saihi, Florence Sentilhes et Dominique Toledo s’étaient alors déclarés totalement favorables à ce projet.

Main dans la main avec la municipalité pour une entrée de ville plus belle
Un dossier qui avait débuté quelques mois auparavant lorsque SNCF gares & connexions avait ouvert un appel à la concurrence d’une durée de 10 ans concernant « la gestion d’un bâtiment implanté sur le parvis de la gare centre d’Avignon dédié à un espace de restauration ».
56 restaurateurs locaux avaient décliné l’offre et ce sont des grandes enseignes de la restauration rapide qui tenaient la corde pour s’installer : Starbucks et Burger king en tête. Inenvisageable pour Cécile Helle, alors maire d’Avignon, dont la commune avait financé 27% des 20,25M€ de travaux destinés à rendre cette entrée de ville plus belle.

« Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle. »

L’élue suggère au président de la CCI de se positionner avec une vitrine des savoir-faire de la formation consulaire vauclusienne dont l’Ecole hôtelière d’Avignon (EHA) en est le fleuron internationalement reconnu. Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle.
Pour la CCI, cette demande de la municipalité tombe également à point nommé. En effet, la Chambre est en pourparlers avec la municipalité pour qu’elle lui cède des terrains jouxtant son campus de l’allée des Fenaisons afin de pouvoir étendre l’offre et la capacité d’accueil de son Académie Vaucluse Provence. Le projet ‘gagnant-gagnant’ est alors mis sur les rails avec la bénédiction de la SNCF qui y voit là une démarche inédite éventuellement duplicable dans d’autres gares hexagonales.

Une vitrine des savoir-faire culinaire et gastronomique de la CCI
« Il nous est apparu que cet équipement présentait plusieurs intérêts pour notre CCI, expliquait Gilbert Marcelli en préambule du vote ayant approuvé cette initiative. D’abord, poursuivre l’évolution de notre école hôtelière et de nos enseignements puisque ce restaurant accueillera nos apprenants et les servira, à travers la société que l’on va créer. Ensuite, faire une vitrine ouverte sur la ville, pour les passagers qui fréquentent la gare et les avignonnais, de notre savoir-faire culinaire et gastronomique. Enfin, faire de ce lieu un lieu de valorisation à travers des expositions de nos entreprises et de nos produits qu’ils soient agricoles, viticoles, industriels ou autres. »

Après avoir remporté l’appel d’offres de la SNCF en janvier 2024, la CCI 84 espère alors ouvrir le Quai des saveurs avant l’été de la même année. Les travaux d’aménagement, d’un montant de 1,3M€ environ, prennent plus de temps que prévu et finalement, l’établissement de près de 200m2 comprenant aussi une terrasse de 100m2 est inauguré en décembre 2024. Plus d’une vingtaine de salariés sont sur le pont dont plus de la moitié d’apprentis. Dans le même temps, la cuisine est confiée à Saïd Soumaila, un jeune chef prometteur et ancien élève de l’EHA. Son second est le carpentrassien Naël Tamghart, lui aussi ancien élève de l’Ecole hôtelière (voir aussi encadré : ‘Une cuisine en partance’). L’équipe bénéficie du soutien de Xavier Mathieu, chef étoilé du Phébus à Gordes, et également formé à l’École Hôtelière d’Avignon, et de Patrice Leroy, directeur technique de l’Ecole.

Une cuisine en partance
A gauche sur la photo Naël Tamghart, second de cuisine, a remporté la médaille d’Excellence pour le métier Cuisine au Euroskills 2025 en septembre dernier. Depuis, l’ancien élève de l’Ecole hôtelière d’Avignon, a quitté les cuisines du Quai des saveurs dans la foulée de son prix international obtenu au Danemark.
Pour sa part, Saïd Soumaila, le prometteur chef de l’établissement (à droite sur la photo), en fera bientôt de même. Après avoir posé sa démission fin avril, celui qui a été notamment distingué aux Worldskills abandonnera définitivement les fourneaux du Quai des saveurs à la fin du mois de mai 2026.
Crédit : Quai des saveurs/DR

Un business plan défaillant ?
Côté finances, les services de la direction de la CCI établissent un ‘business plan’ d’un montant de plus de 1,2M€ par an. Une estimation très (trop) ambitieuse ? La marche semble en tout cas démesurément grande pour l’établissement bistronomique.
Cela se complique en tout cas lorsque les professionnels locaux de la restauration y voient une soudaine concurrence déloyale. De leur côté, les opposants à Gilbert Marcelli y trouvent surtout le prétexte de se débarrasser d’un bouillant président devenu ‘gênant’ dans plusieurs dossiers ‘sensibles’ comme la future DSP (Délégation de service publique) de l’aéroport d’Avignon, le rachat du centre de formation Nextech ou bien encore le lancement d’une procédure disciplinaire à l’encontre du directeur général de la CCI de Vaucluse pour faute grave (ndlr : dossier actuellement toujours sous investigation du ministère de l’Economie dont dépend notamment les organismes consulaires).

Et pour ne rien arranger, le modèle économique n’a pas pris en compte l’ouverture, à quelques dizaines de mètres, d’un Marie Blachère qui ‘grignote’ l’activité petit-déjeuner. A cela s’ajoute l’incompatibilité de la réglementation concernant les amplitudes des horaires d’ouverture d’un restaurant d’application (comme initialement prévu), même si de nombreux apprentis sont embauchés par l’établissement.
Malgré tout, le Quai des saveurs a réalisé un chiffre d’affaires de près de 600 000€ pour sa première année d’activité en 2025. Pas si mal pour un projet ex nihilo. Pas suffisant cependant pour faire face aux dépenses.

Le jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire du Quai des saveurs.

Cessation des paiements
Suite à la mise sous tutelle par le préfet de région de la CCI 84 après la démission d’une majorité d’élus consulaires, les administrateurs provisoires de l’organisme consulaire désignés ensuite avaient placé le dossier ‘Quai des saveurs’ en haut de la pile.
Depuis, les effectifs ont été largement revus à la baisse et l’établissement s’est imposé une chasse drastique aux dépenses. Dans le même temps, la Chambre de commerce et d’industrie a fermé les robinets dans ce dossier où le passif est estimé à presque 1M€.

Dans ces conditions, le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir en date du 7 mai une procédure de redressement judiciaire à l’encontre du Quai des saveurs. Concrètement, la juridiction a fixé la date de cessation des paiements au 24 Avril 2026. En conséquence les créances sont à adresser dans les deux mois auprès du mandataire judiciaire ou sur le portail électronique prévu par les articles L. 814-2 et L. 814-13 du code de commerce.

Au-delà de ce délais, le restaurant de la CCI de Vaucluse va t’il rester à quai ? Ce sera certainement l’un des dossiers les plus urgents à traiter pour la nouvelle présidence qui devrait être élue cette été. Encore faut-il que le Quai des saveurs n’ait pas définitivement déraillé d’ici là. Autre inconnu : quelle sera la position de la nouvelle municipalité concernant la plus belle de ses entrées de ville ?

Laurent Garcia


Avignon et Carpentras parmi les 105 villes françaises accompagnées par SNCF immobilier

Avignon et Carpentras figurent dans les 105 villes françaises Action cœur de ville (ACV) engagées dans la réhabilitation de leur quartier de gare dans le cadre d’une convention signée en 2023 avec la SNCF. C’est ce que viennent de rappeler Henry Prévost, directeur général de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), Antoine de Rocquigny, directeur de SNCF Immobilier et Alain Resplandy-Bernard, directeur général de SNCF Gares & Connexions, à l’occasion du salon des maires de France qui s’achève actuellement à Paris.
Ce programme vise notamment à développer la création de pôles d’échanges multimodaux, l’installation de nouvelles activités dans les gares, la renaturation des abords de gare…
Outre les deux communes vauclusiennes les villes voisines d’Alès, Arles et Bagnols-sur-Cèze sont aussi concernées.

Créée en 2015, SNCF Immobilier gère 70% du patrimoine immobilier de la SNCF, hors gares et infrastructures ferroviaires, pour le compte des différentes SA du Groupe. Bâtiments industriels, ferroviaires, tertiaires ou sociaux… Ce parc représente près de 8 millions de mètres carrés répartis sur l’ensemble du territoire.

L.G.


Des panneaux solaires sur la véloroute ViaRhôna

La recherche de surfaces disponibles pour l’installation de panneaux photovoltaïques, sans impacter les milieux naturels est un vrai défi. Du côté de Caderousse (Vaucluse), la Compagnie Nationale du Rhône, vient d’annoncer la mise en service dans les prochaines semaines d’ombrières photovoltaïques au-dessus de la véloroute ViaRhôna, sur presque 1 kilomètre.

En construction depuis janvier dernier, ce parc de panneaux photovoltaïque longitudinal est une première. Il comporte 6 sections et totalise 900 mètres de longueur. Installé sur la véloroute ViaRhôna reliant la Suisse à la Camargue, sur la commune de Caderousse, il sera mis en service à la fin de l’été. La production d’électricité est estimée à 1 300 mégawattheure (MWh) par an, soit l’équivalent de la consommation de prêt d’un milliers de personnes.

Le projet de Caderousse est pionnier en la matière

Sur des projets de cette nature où les liaisons de transport du courant produit sont grandes il fallait trouver une solution pour limiter les pertes d’énergie explique la Compagnie Nationale du Rhône. Pour relever ce défi, cette dernière s’est associée à NEXANS, Schneider Electric, la SNCF et SuperGrid Institute pour mettre au point une architecture électrique utilisant le courant continu à haute tension. Cette technologie sera utilisée pour la première fois dans de telles conditions.

Après les parking des centres commerciaux, ou encore la reconversion d’anciennes gravières, la Compagnie Nationale du Rhône ouvre avec les véloroutes un nouveau filon pour l’installation de panneaux photovoltaïques. En France, on compte actuellement pas mois de 15 000 km de véloroute. Si à cela on ajoute les abords de routes, autoroutes, voies de chemin de fer, canaux l’objectif de production d’énergie solaire à l’horizon 2030 pourrait être atteint (60 GWc) sans prendre sur les terres agricoles ou les milieux naturels. Rien que pour les routes la Compagnie Nationale du Rhône estime que 28 000 km de routes seraient compatibles. Utiliser des surfaces déjà artificialisées sans remettre en question leur fonction première est une idée qui devrait faire son chemin.


Des billets TER bientôt disponibles dans des bureaux de Poste de Vaucluse

A l’occasion de sa dernière assemblée plénière, la Région Sud a voté l’extension de son réseau de points de vente TER. Pour cela, la Région a intégré La Poste comme nouveau partenaire. De manière échelonnée à partir de septembre 2025, des titres TER pourront être achetés dans 26 bureaux de Poste situés dans des communes équipées d’une gare mais dépourvues de guichet ou à amplitude limitée.

En Vaucluse, les premières communes concernées sont Sorgues, Bollène et Pertuis. « Ce partenariat avec La Poste, ancré dans nos territoires, répond à une priorité : garantir un accès équitable aux services publics, y compris dans les zones rurales. C’est une solution concrète, au service des usagers du TER partout en Région Sud » déclare Renaud Muselier président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Outre les 3 communes vauclusiennes 23 autres communes de la région sont aussi concernées par ce dispositif déployé prioritairement sur les gares de l’axe Nice-Tende.

« Nous espérons que cette démarche contribuera à améliorer la qualité de vie des habitants et à promouvoir une mobilité plus accessible et durable dans notre Région Provence », précise Léa Léger-Zurfluh, directrice exécutive de la Poste en Paca

« Ce partenariat reflète nos valeurs communes au service des territoires. Ensemble, nous facilitons l’accès au train partout en Région Sud et encourageons une mobilité durable, simple et accessible à tous », se félicite pour sa part Delphine Couzi, directrice régionale SNCF-Voyageurs-TER Sud.

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