27 juillet 2026 |

Ecrit par le 27 juillet 2026

Grand Prix de la SMLH 84 : des raisons d’espérer avec les jeunes qui sont la fierté des aînés

C’est à l’Auditorium Jean-Moulin du Thor, mis à disposition par la Présidente de l’exécutif vauclusien Dominique Santoni, que s’est déroulée la cérémonie annuelle de la Société des Membres de la Légion d’Honneur samedi après-midi. Une salle créée en 1984 par l’ancien Président du Conseil Général, Jean Garcin en pleine nature. Là où depuis de sont succédés Montserrat Caballe, Barbara Hendricks, Fanny Ardant, Louis Chédid, André Dussolier, Charélie Couture, Pierre Perret, Catherine Lara, Michèle Torr et Agnès Jaoui, réalisatrice de L’objet du délit. Bernard Pivot y était même venu pour une « Dictée » !

Dans cette salle de 592 places fort heureusement climatisée, le Président de la SMLH 84 Jean-Pierre Messin a rappelé que le Prix des Apprentis avait été créé en 2007. « Depuis, près de 700 jeunes ont été récompensés, avec 3 grades, prix d’Honneur (200€), du Mérite (300€) et d’Excellence (500€), plus  médaille et diplôme, sans oublier le coup de pouce de leur ‘parrain’ de la SMLH, de ses conseils et de son carnet d’adresses. » Et cette année, en plus, un ordinateur a été remis aux 25 lauréats grâce à la Fondation Crédit Agricole présidée par Franck Alexandre

Ces jeunes ont d’abord été sélectionnés par leur professeur ou maître de stage des centres de formation de tous les métiers. Florentin Mouret à Avignon pour le BTP, le Conservatoire du Grand Avignon pour les musiciens, l’Académie Vaucluse-Provence de la CCI pour la restauration et l’hôtellerie, le Centre de la Bastide-des-Jourdans pour les filières de la forêt, du paysage et du bûcheronnage, le Campus Provence-Ventoux au Lycée Louis Giraud de Carpentras pour l’agriculture et l’horticulture, le Campus Vincent de Paul d’Avignon pour la gestion, le commerce et la vente, l’IFRIA pour les filières alimentaires à Agroparc, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat pour la mécanique, l’électricité, la plomberie, les métiers de bouche, les boulangers ou bouchers, le GRETA-CFA pour le secteur large de la santé, l’informatique, la chimie, la robotique et la comptabilité et enfin le Lycée viticole d’Orange

Mais c’est d’abord au maire du Thor qu’est revenu le mot d’accueil. Yves Bayon de Noyer, réélu avec 57,37% des suffrages en mars dernier, a fait ses études à la Fac de Droit d’Aix-en-Provence avant de devenir journaliste au Provençal, au service des sports dirigé par Jean-Louis Levreau qui devint ensuite bras droit de Bernard Tapie à la tête de l’OM. Yves Bayon de Noyer, c’est avant tout un entrepreneur, qui a créé en 1986 à Châteauneuf-de-Gadagne, Agis, une société spécialisée dans les plats cuisinés de qualité. Avec notamment une longue collaboration aux côtés du regretté chef étoilé Bernard Loiseau. Mais le succès l’a amené à s’agrandir et à s’installer en 2000 en Courtine où l’usine a été inaugurée notamment par Elisabeth Guigou, alors Garde des Sceaux. Aujourd’hui, Agis emploie 700 salariés. Mais Yves Bayon de Noyer a aussi à son actif la fondation de l’IFRIA, dont certains apprentis sont distingués aujourd’hui, également le  Pôle de Compétitivité Fruits et Légumes à l’époque où Marie-Josée Roig était maire d’Avignon, maintenant, il est maire à temps complet.

Les Prix Inter-Générationnels

Avant le Grand Prix des Apprentis, ont été remis les Prix Inter-Générationnels (créés il y a 2 ans) à destination des séniors bénévoles qui donnent de leur temps et de leur savoir aux plus jeunes. Comme Alain Parent et Cédric Lefebvre pour l’association ‘L’outil en main‘ qui les initient aux métiers manuels tous les mercredis, Olivier Gautherot du club de basket USAP Avignon-Le Pontet, qui soutient les enfants hospitalisés, Sylvie Marchal présidente de Zou Vaï, une entreprise à but d’emploi créée dans le cadre du dispositif zéro chômeur de longue durée, ou Philippe Herzog, qui accompagne les jeunes artisans. Et parmi les jeunes distingués, Ylona de Andrade qui est à la fois sapeure-pompier 1re classe et porte-drapeau lors des cérémonies du souvenir, 8 mai, 14 juillet, Libération ou 11 novembre. Mais aussi le jeune Victor Seigner-Bacquet, passionné d’histoire qui a réalisé, grâce à des archives et l’interview de René Lambert, un ancien résistant du Maquis Vasio, un film qui sera projeté dans l’ensemble des établissements scolaires du Rectorat d’Aix-Marseille pour initier tous les jeunes au devoir de mémoire de ceux qui se sont battus, parfois au péril de leur vie, pour que nous vivions libres.

Les lauréats des Prix Inter-Générationnels. ©Alain Quesada

Les Prix des Apprentis

Place ensuite à la remise des prix aux Apprentis, méritants et motivés qui, malgré les aléas de la vie, ont fait preuve de courage, de détermination, ont avancé, sans baisser les bras. Sans les citer tous (ils étaient 25), Louise Colvine du CFA Florentin Mouret, a passé son bac ingénierie, puis la crise sanitaire l’a amenée à partir pour l’Australie. Et soudain s’est révélé son goût pour le métier de la menuiserie qu’exerçait son grand-père. Lou-Ann Houchine, élève en management à l’Ecole hôtelière des Fenaisons est en alternance à l’Oustalet, établissement étoilé de Gigondas. À la rentrée, elle intègrera le 5 étoiles Plaza à Paris où vous imaginez bien que le prix du loyer n’est pas le même qu’en Vaucluse. Autre lauréate, une élève du Conservatoire de musique, dans la classe du professeur de cor Eric Sombret. Elle souhaite devenir musicienne professionnelle et, pendant une pause, elle a interprété une page de musique contemporaine du compositeur Gaston Barboteu qui avait créé l’ensemble de cuivres ‘Ars Nova’. 

Autre primée, Léa Pecher, qui pilote un bolide de 650cm2 de cylindrée et souhaite créer son propre garage de mécanique moto. Elle a l’audace de foncer dans un monde plutôt masculin. Elève du Lycée viticole du Château Mongin, Quentin Bayeux, 19 ans, lui a l’intention de reprendre les terres de ses grands -parents. En formation à l’IFRIA, Marcelo Franco est né en Bolivie, est allé ensuite travailler en Irlande pour gagner sa vie, et à 29 ans, il est aujourd’hui engagé dans la filière de bio-qualité chez Liebig. De son côté Anne-Licia Asencio fait des études en entreprise hippique pour ouvrir un jour son propre centre équestre.

Médailles et ordinateurs ont été offerts aux 25 apprentis lauréats du Prix de la SMLH 2026. ©Alain Quesada

Le Prix Excellence

Enfin est venu le moment de la remise du Prix Excellence à un jeune homme de 21 ans en formation de monteur en installations thermiques, Naël Saïd, papa d’une petite fille de 2 ans, qu’il élève seul, qu’il amène à la crèche avant d’aller au boulot. Heureusement, depuis peu, ses parents qui habitaient Mayotte sont venus le rejoindre à Avignon. Et son souhait, c’est de repartir sur l’île de ses ancêtres, à 8 000 km et 13h d’avion de la métropole pour y monter son entreprise. Nul doute qu’avec ce prix et le coup de pouce de Thierry Suquet qui était Préfet de Mayotte avant d’arriver dans la Cité des Papes, il réalisera son rêve bientôt. C’est d’ailleurs ce que lui a souhaité sa maman présente au Thor qui a dit à quel point elle était fière de son jeune fiston.

Naël Saïd a reçu le Prix Excellence. ©Alain Quesada

« Vous avez été choisis parce que vous avez su démontrer vos qualités dans un parcours de vie souvent cabossé et chaotique. »

Franck Alexandre

Après une nouvelle pause musicale avec le violoniste de 17 ans Sacha Méry, auréolé d’un Prix d’Honneur qui a interprété L’hiver des 4 Saisons de Vivaldi, Franck Alexandre, le président de la Caisse Régionale Alpes Provence du Crédit Agricole, a remis 25 ordinateurs aux lauréats et s’est adressé à tous ces jeunes qui font la fierté des adultes. « Vous avez été choisis parce que vous avez su démontrer vos qualités dans un parcours de vie souvent cabossé et chaotique. Vous avez montré votre courage, votre résilience, votre capacité à vous reconstruire, à aller de l’avant malgré l’adversité, quel exemple pour nous tous ! C’est grâce à vos professeurs qui ont détecté vos talents et votre pugnacité que nous avons pu vous rencontrer. Saluons le travail qu’ils font au quotidien. Nous croyons en vous et en votre capacité de trouver votre voie et être utiles à la société. »

L’apprentissage mis en lumière

Après avoir rendu hommage à tous les partenaires qui aident, accompagnent et financent ces Grand Prix de la SMLH 84 (BTP, CCI Vaucluse, Medef, Chambre d’Agriculture, Conseil départemental de Vaucluse, Fondation du Crédit Agricole, Préfecture, sociétaires de la Légion d’Honneur qui cotisent), Valérie Coissieux a signé une convention de partenariat. Elle a donné un coup de chapeau à Paul Gilles, un de ses prédécesseurs, boulanger devenu président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat qui était à l’origine de ces Prix de la SMLH avec le colonel Michel Grange. Chaque année ce sont 1400 apprentis qui sont formés par 75 professeurs et qui trouvent immédiatement un emploi dans la vie active. Ces métiers longtemps méprisés par ceux qui entraient à l’université pour y faire des études longues, on s’est enfin rendu enfin compte de leur incontournable utilité dans la vie de tous les jours. Que ce soient les plombiers, peintres, carrossiers, cuisiniers, coiffeurs, maçons, pâtissiers, ébénistes, mécaniciens, charpentiers, bijoutiers ou fleuristes. 

L’Association de danse ‘Up’N dance‘ de Monteux, multi-championne du monde de hip-hop a fait une démonstration sur la scène, avec en filigrane la voix du pasteur Martin Luther King, quand il avait prononcé son fameux discours « I have a dream » en 1963. Après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte non-violente contre le racisme, il avait été assassiné en 1968, à l’âge de 39 ans.

Au bout de deux heures, la cérémonie a été conclue par les deux invités d’honneur. L’Amiral Alain Coldefy, ancien ‘pacha’ du porte-avions Clémenceau et longtemps président de la SMLH puis le Préfet de Vaucluse. Il est vrai que depuis des années, entre les épisodes « Gilets » jaunes », « Crise du Covid », et l’épisode embrasement des banlieues, les préfets successifs n’avaient pas pu participer à cette remise de prix. Thierry Suquet comme Alain Coldefy ont rendu hommage à « tous ces jeunes qui sont l’honneur de la République, qui incarnent un avenir humain, responsable, engagé, citoyen, altruiste, généreux, à l’écoute des autres, malgré un monde agressif, égoïste, belliqueux où la force prime de plus en plus le droit. » En 2027, le Grand Prix de la SMLH aura 20 ans.


Grand Prix de la SMLH 84 : des raisons d’espérer avec les jeunes qui sont la fierté des aînés

Samedi 28 juin au cœur du Domaine de Mousquety à l’Isle-sur-La Sorgue, près de 500 personnes ont assisté à ce gala qui décerne ses prix aux élèves les plus méritants des Centres de Formations, qu’il s’agisse de futurs bûcherons, boulangers, ferronniers, carrossiers, menuisiers, électriciens, préparateurs en pharmacie, mais aussi musiciens, comédiens et pompiers.

Pour rappel, la SMLH (Société des Membres de la Légion d’Honneur), créée en 1921, compte 5 comités en Vaucluse (Apt-Pays de Sault, Avignon, Carpentras, Cavaillon-Sud Vaucluse, Orange-Haut Vaucluse) et soutient l’apprentissage, la formation professionnelle et favorise l’insertion, la cohésion sociale, l’égalité des chances et la promotion des métiers manuels souvent, et à tort, méprisés. Tous s’implique dans un lien transgénérationel qui relie jeunes et seniors.

La SMLH de Vaucluse a été la 1re de France à lancer ce Grand Prix en 2007. Depuis, il a distingué près de 700 apprentis. Ce qui signifie qu’ils ont un parrain membre de la Légion d’Honneur qui le suit, l’aide, l’encourage, le conseille, le fait bénéficier de son réseau de connsaissances. Mais aussi un diplôme, une médaille de la SMLH et un chèque de la fondation du Crédit Agricole de 300€ pour les Prix de l’Encouragement, 500€ pour celui du Mérite et 800€ pour l’Excellence.

27 lauréats

Cette année, 27 apprentis ont été récompensés, ils ont entre 16 ans et 30 ans, ils sont issus du centre Florentin Mouret d’Avignon, du Conservatoire à Rayonnement Régional de la Place Pie, de la CCI et de son pôle de formations des Fenaisons, du Centre Forestier de la Bastide des Jourdans ou de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.

Les uns ont souffert d’une famille désintégrée, parfois de violences, d’échec scolaire, de problèmes de santé, d’accidents de la vie, mais tous se sont accrochés, ils se sont battus, ils ont retroussé les manches et leur résilience est devenue une force. Et leurs professeurs, qui ont remarqué leur détermination et leur courage, ont transmis leurs noms aux bénévoles de la SMLH qui, après avoir épluché leur trajectoire et leurs efforts, leur ont donc décerné un prix.

Le prix d’excellence

Les uns pourront ouvrir leur centre d’élévage de chevaux, leur entreprise de peinture, de carrosserie, les autres leur salon de thé, devenir élagueur ou créer leur entreprise multi-services. Le 1er prix, celui d’excellence, a promu Clara Nogier-Allemand, 20 ans, qui a perdu sa maman à l’âge de 12 ans, s’occupe de ses petits frère et soeur et poursuit des études au Lycée Agricole Pierre Le Roy de Boiseaumarié d’Orange, le fameux « Baron Le Royé » qui a créé l’INAO qui décerne ses AOC aux vignobles classés. Son rêve : devenir œnologue-sommelière. Nul doute qu’avec tous les domaines viti-vinicoles que compte le Vaucluse et avec son diplôme, elle va pourvoir bénéficier d’un coup de pouce pour arriver à ses fins !

Clara Nogier-Allemand, Prix d’excellence du Grand Prix des Apprentis 2025 de la SMLH 84. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Des prix inter-générationnels

Une nouveauté cette année à la SMLH, avec l’arrivée à la présidence de Jean-Pierre Messin qui a succédé à Michel Grange à la tête de l’antenne vauclusienne, des Prix Inter-Générationnels décernés à un binôme jeune-ancien. Ont été distingués par le Colonel Paichoux, patron du SDIS 84, un sapeur-pompier qui depuis des décennies forme des jeunes soldats du feu, un éducateur qui vit, grâce à l’Association Logitude, chez une retraitée qui a mis une chambre de sa maison à disposition pour un loyer modéré. « L’important entre elle et moi, c’est la relation, le partage, la solidarité. On se sent moins seul », a déclaré le jeune lauréat, Jeano Jérémie.

Une jeunesse motivée et exemplaire

Le 3e Prix a couronné un chef d’atelier de la Lustrerie Mathieu de Gargas qui forme des apprentis dans cette maison d’excellence qui a rénové la Salle des Glaces du Palais de Versailles, l’Opéra de Paris et les candélabres, lustres monumentaux de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Et enfin a été distinguée, Marie-Amélie Louis-Gassman, une jeune femme pompier de 18 ans qui aide particulièrement les personnes âgées à Pertuis. Tous ont reçu le Prix des mains de l’Amiral Alain Coldefy, président de la SMLH, venu de Paris à l’Isle-sur-la-Sorgue pour remettre ces distinctions. « Je remercie tous les bénévoles de la SMLH de Vaucluse qui ont passé des heures à monter ce prix, étudier les dossiers, noter les apprentis. Mais surtout, je suis ravi de voir à quel point, malgré la crise, le climat international, ces jeunes sont motivés, ils avancent, s’impliquent dans la vie. Grâce à eux, existe un espoir en demain, c’est à eux désormais de prendre les choses en main, d’ouvrir la voie, ils sont des exemples pour nous tous. »

Alain Coldefy, président de la SMLH. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

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