2 octobre 2026 |

Ecrit par le 2 octobre 2026

Sortie de résidence jeune public au Théâtre des Doms

La Compagnie Le Chien qui tousse présente ‘La vivante’ à l’issue de sa résidence au Théâtre des Doms.

Ce projet est né pendant le Labo Fusée 2024 aux Doms : ce Labo est un espace d’échanges et de rencontres francobelge où une douzaine d’artistes se sont réunis pour partager leurs pratiques, s’inspirer mutuellement et peut-être créer de nouvelles œuvres communes. 

À la rencontre d’une rivière

Dans un futur proche, des enfants observent une rivière enfermée dans des tuyaux, coupée de leur terre assoiffée. Les vies humaines passent, mais l’eau toujours coule… C’est la première fois que la compagnie fait un spectacle pour rencontrer une rivière. La rivière de leur histoire s’appelle la Bivrette. Pour la comprendre, ils traversent le temps : un ingénieur a pour mission d’emprisonner cette dernière rivière sauvage, tandis qu’une journaliste, touchée par sa disparition, y retrouve le souvenir de sa grand-mère. Une rencontre toute en musique et poésie.

Le festival Fusée aura lieu du 13 au 15 octobre et présentera 12 spectacles

À l’initiative du Théâtre des Doms, le Festival Fusée Francophone résulte de la coopération
entre des territoires francophones, avec pour objectif la promotion d’oeuvres internationales auprès du jeune public. Durant trois jours, à Avignon, le festival accueille ainsi les professionnels des arts de la scène jeune public internationale, mais également les écoles et les familles. Une parenthèse joyeuse, créative et inspirante qui met en lumière des artistes et des projets créatifs venus du monde entier (Québec, Suisse, Belgique, Luxembourg et France) autour du jeune public. 

Jeudi 17 septembre. 19h. Entrée libre mais il est prudent de réserver. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. Avignon. 04 90 14 07 99.


‘Rumba’ brillant et nécessaire au Théâtre des Doms

Dans ‘Laïka’ (2017), David Murgia et Philippe Orivel à l’accordéon ont observé de loin les déshérités sur un parking de supermarché, dans ‘Pueblo’ (2020), ils ont imaginé leur vie. Pour clore cette trilogie, avec ‘Rumba’, ils descendent sur ce même parking pour les rencontrer et nous les présenter. Alors comme nous sommes au théâtre, le plateau bien que minimaliste devient par la force de notre imagination et la verve de David Murgia un parking de supermarché qui attend des pèlerins. Qui dit pèlerins dit chrétienté et c’est ainsi que le récit commence….

Difficile de résumer ‘Rumba’ de David Murgia et Ascanio Celestini. Il y a bien une histoire, un fil rouge mais il serait réducteur. La performance d’acteur de David Murgia éclipse dans un premier temps le propos puis après apprivoisement il nous entraîne là où il veut c’est-à-dire vite et partout. Vite car il y a urgence à découvrir les « laisser pour compte », dénoncer la précarité sociale.  

Partout car la misère se trouve dans tous les pays du monde et même au-delà : « Combien d’étoiles il  y a dans le ciel ? Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter », scande régulièrement le narrateur.

Nos deux compères revisitent l’histoire de Saint François d’Assise, sa vie, son parcours atypique mais pour très vite se demander : Où serait il aujourd’hui ? Avec quels déshérités ? Cette question permet de convoquer sur scène une flopée de personnages haut en couleurs de Job le manutentionnaire à Joseph l’africain, en passant par Giovanni….étonnamment peu de femmes !

C’est une logorrhée qui donne le tournis à l’image de la misère autour de nous, c’est aussi le souffle nécessaire pour insuffler la vie à ces êtres oubliés. Puissant et précis, le Verbe de David Murgia nous enrobe et même s’il nous perd quelquefois il sait nous rattraper par des provocations ou au contraire des envolées dans l’espace. « Combien d’étoiles il y a dans le ciel ? Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter », vous dis-je.

Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 8, 15 et 22 juillet. 19h45. 10 à 21€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. 


‘Les enfants de la vallée’ au Théâtre des Doms

Le 15 juillet 2021, des inondations frappent la Belgique, touchant les vallées de la Vesdre et de l’Ourthe… 

Les artistes de ce spectacle ont recueilli la parole des enfants qui ont vécu ces inondations et qui en ont été traumatisés. Ils ont effectué des ateliers de création, des entretiens et certains enfants ont intégré le spectacle, sur scène ou en vidéo. Leur vallée était devenue la vallée des larmes avec des pertes humaines et matérielles, la vallée du désespoir avec tous les tracas administratifs à venir et la reconstruction à assurer mais aussi la vallée de l’espoir pour comprendre et remonter aux sources de l’incompréhension. Il s’est agi de transformer cette matière en un théâtre à la fois documentaire et poétique. Tous les thèmes sont joliment abordés, sans pathos mais sans acceptation pour autant, à travers le regard ou plutôt le silence d’un enfant. 

Un spectacle pour tous qui donne la parole aux enfants

C’est l’histoire d’une enfant Camille qui ne parle plus : tristesse d’avoir perdu son chien dans cette catastrophe, colère contre la rivière. C’est l’histoire de tous les enfants qui ont pu décrire le grondement effrayant de l’eau, le silence des objets qui flottent, les voitures renversées, les déchets qui ont envahi la cour d’école, l’effondrement des adultes. La première partie évoque la tristesse, la colère et le traumatisme au sein de la famille de Camille. C’est très documenté et réaliste. Peu à peu, à mesure que Camille cherche à comprendre et à remonter aux sources de cette catastrophe, le propos se décentre et est traité d’une manière plus onirique alors que le thème abordé est bien réel et concret : celui du dérèglement climatique. La vérité apparaît peu à peu hauteur d’enfant : le fleuve est vivant, s’ il est sorti de son lit  c’est que la nature a repris ses droits, bafoués par les hommes. 

C’est l’histoire émouvante d’une réconciliation malgré l’adversité, malgré les fautes et le chagrin. Un spectacle tout public joliment mené et efficace. 

Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 8, 15 et 22. 10h30. 10 à 21€. Théâtre des Doms. 1 bis Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. 


Pépée, une histoire sans chute au Théâtre des Doms

Josépha Sini, 28 ans, signe ici son premier projet théâtral et ose une seule en scène intime et hilarante à la fois.

En coulisses, elle se définit ainsi : interprète, performeuse et chanteuse, aimant rire et ayant appris très tôt à pratiquer l’humour en bouée de sauvetage…pour oublier l’alcoolisme de sa mère dite Pépée. « Je crois que j’ai toujours vu ma mère pétée…ma mère était alcoolique, elle en est morte…brillante avocate elle enchaînait les verres de vin comme les procès… » Josepha Sini ne tourne pas autour du pot et passées quelques secondes de sidération devant ces assertions on comprend que ce spectacle sera tout sauf tragique.

Pépée, ce personnage haut en couleur, Josepha Sini va nous la faire découvrir au fil d’anecdotes désopilantes ou épouvantables mais — et c’est le talent et l’énergie de Josépha Sini  et de la mise en scène de Laurène Hurst — on va la comprendre, l’aimer et surtout en rire alors que toutes ces situations peuvent hélas nous ramener à notre propre histoire. Car au-delà de l’alcoolisme d’une mère qui délaisse sa fille, le spectacle interroge les relations mère-fille, l’addiction, et le poids des héritages familiaux.  

Qui n’a pas craint de ressembler ou d’être comparée à sa mère ? Et pourtant nous assistons en direct à une réhabilitation, à la délivrance d’un poids mais pas d’un lien, à un chant d’amour adressé à toutes les mères mal aimées ou mal jugées.

Ce spectacle respire la sincérité des propos, la Belgique s’y glisse avec des incises malicieuses, et s’il n’a pas de chute c’est qu’il n’y a pas de morale, au mieux un état des lieux : « si je suis ici seule sur scène, si j’en suis capable, si j’en suis là, c’est bien grâce à ma mère qui m’a appris à… »

Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 8, 15 et 22. 10 à 21€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. Avignon.


Sortie de résidence au Théâtre des Doms autour de Pamela Anderson

L’autrice Céline Chariot Ninane, bien connue des Avignonnais

Après Marche salope, présenté au Théâtre des Doms lors du Festival Off 2023, Celine Chariot Ninane poursuit son engagement avec Tuons Pamela et installe sa compagnie en résidence au Théâtre des Doms jusqu’au 1er mai. Ce nouveau projet fait de la scène un lieu d’enquête et de réparation, où l’image de la femme-objet est renversée pour devenir une figure de résistance. Derrière le mythe médiatique, il s’agit d’écouter les voix étouffées et de rendre visible la mémoire collective des femmes disparues. 

‘Tuons Pamela’, un titre radical pour interroger l’image de la femme-objet

Pamela Anderson, icône façonnée par le regard masculin, devient dans Tuons Pamela le miroir d’un système de domination millénaire. En partant de l’imagerie hypersexualisée des années 90, deux femmes sur scène s’emparent de ce corps fantasmé pour en révéler la violence sous-jacente. Elles font surgir les voix des absentes : celles des femmes assassinées, effacées, brûlées ou jamais nées.

Une proposition, des échanges

Ces sorties de résidence sont un temps privilégié pour instaurer un dialogue avec le public qui est invité à participer à un « bord plateau » à la fin de la représentation. L’équipe du théâtre  propose ensuite de prolonger la discussion autour d’un verre dans la cour des Doms.

Jeudi 30 avril. 19h. Entrée libre. À partir de 15 ans. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. Réservation : accueil@lesdoms.eu / 04 90 14 07 99.


Sortie de résidence ‘Cerebrum kids’ au Théâtre des Doms

Sur scène, Alice, une marionnette-enfant

Alice, jeune neuroscientifique curieuse et fantasque, parcourt le monde pour révéler aux enfants les mystères du cerveau. À travers illusions, expériences interactives et premières inventions du cinéma, elle invite petits et grands à questionner leurs perceptions. ‘Cerebrum Kids’ mêle théâtre, magie et neurosciences pour éveiller la curiosité et nourrir l’esprit critique dès le plus jeune âge.

Un projet jeune public porté par Yvain Julliard

En imaginant Cerebrum Kids, Yvain Juillard poursuit son exploration des liens entre art et science. Comme dans Cerebrum, il s’agit de rendre accessible la complexité du cerveau sans la simplifier, en invitant les enfants à expérimenter, douter, comprendre. Le spectacle fait du savoir une aventure sensible, où illusion et découverte se confondent pour rappeler que la réalité est, avant tout, une construction de notre esprit.

À l’heure des écrans, des fake news, de l’IA, ce spectacle interroge le rapport aux images et aux récits du monde d’une manière ludique, visuelle et interactive.

Conception, texte et mise en scène : Yvain Juillard
Jeu et manipulation : Jeanne Guillou
Scénographie : Yvain Juillard et Jeanne Guillou

Jeudi 16 avril. 19h. Entrée libre. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99.


Sortie de résidence au Théâtre des Doms

Avec sa ‘Maison vide’, Brigitte Baillieux nous livre ici une pièce intime.

Brigitte Baillieux nous livre ici une pièce intime qui questionne l’absence, l’espace et la mémoire d’un lieu habité et déserté, à travers une écriture scénique poétique et sensible. Née d’une amitié et d’un amour partagé pour les mots, cette pièce tisse le portrait de Jeanne, mère modeste, et de Louise Bourgeois, artiste majeure. Deux femmes que tout oppose mais que relient la création, la maternité et le désir de se raconter.

Deux femmes et des cartons

Jeanne déménage, fait ses cartons et finira par se mettre en caisse. Elle a trois mois pour quitter la maison qu’elle habite depuis trente ans. C’est une locataire, pas une propriétaire. De toute façon, depuis que sa fille unique, Eve-Lin, terrassée par un chagrin d’amour, a quitté la maison sans plus donner de nouvelles, Jeanne s’est mise à pencher. Mais Jeanne n’est jamais seule car, depuis de longues années, elle a fait de Louise Bourgeois son amie imaginaire. Un spectacle sur l’amour maternel, sur les femmes qui rêvent d’un avenir d’égalité, sur la condition sociale et sur l’art comme puissance de réparation et d’émancipation.

Jeudi 2 avril. 19h. Entrée libre sur réservation. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne.   04 90 14 07 99.


Sortie de résidence, ‘Épuiser les soleils’ au Théâtre des Doms

En résidence au Théâtre des Doms, la Compagnie d’Héloïse Ravet s’empare d’une histoire familiale pour en faire matière de théâtre. 

Lors de cette résidence, elle nous ouvre les portes de son écriture, explore les rêveries, les violences et les vies multiples de sa sœur, toxicomane depuis plus de vingt-cinq ans. C’est une création qui explore l’intime et la complexité d’une relation familiale à partir d’archives personnelles

Théâtre et performance

‘Épuiser les soleil’ navigue entre archives personnelles, théâtre et performance. C’est un regard intime et sensible sur une vie qui échappe aux codes, qui refuse de se réduire à ses fragilités. 

Une mise en scène sensible 

Un spectacle qui cherche moins à comprendre qu’à entendre et à faire exister cette présence mystérieuse et bouleversante, laissant déjà percevoir la vitalité et la force d’une existence qui refuse de se taire. Mettre au centre le côté des mondes, sans servir la misère ni les larmes. Une plongée dans la complexité d’une existence, pleine de lumière malgré l’ombre.

Jeudi 5 mars. 19h. Entrée libre sur réservation conseillée. Théâtre des Doms. 1 bis Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 90 14 07 99.


Marionnettes en sortie de résidence au Théâtre des Doms

‘Falaise’, un récit choral sur une catastrophe imminente qui interroge notre rapport à la vie.

C’est une histoire qui commence par la fin. On apprend que l’hôtel de la Falaise, fière bâtisse des années 30, vient d’être emportée dans un effondrement. On apprend qu’il y a des survivants, on ne sait pas qui, on ne sait pas combien. Alors on rembobine quelques jours en arrière et on fait la connaissance des vacanciers de cet hôtel et de son personnel. Il y a Zack, 12 ans, qui observe le petit théâtre des adultes qui l’entourent : sa mère Billie, accaparée par son travail malgré un récent divorce ; Mme Rouvroy, veuve inséparable de l’urne de son mari ; Hans, vacancier allemand fasciné par sa voiture, et sa femme Birgit, en quête d’attention ; Mazen et Nina, jeunes parents débordés ; et le gérant, dépassé par ses jumelles espiègles, Camille et Marcelle.

S’émerveiller du monde qui nous entoure

Les enfants regardent les adultes sans cesse préoccupés, se côtoyer sans jamais se voir. Jusqu’au moment ou un événement attire tout ce petit monde sur la plage pour être témoin d’un moment d’émerveillement qui les sauvera (peut-être) de l’effondrement.

La Compagnie belge jeune public Alula

Le Théâtre des Doms accueille des projets en résidence et organise divers événements pour le public et les programmateurs, notamment autour du Théâtre Jeune Public et de la Francophonie. La sortie de résidence de la Compagnie Alula, fondée par Perrine Ledend et Sandrine Basten, est un spectacle bien avancé puisque les prochaines représentations auront lieu en décembre 2025 en Belgique.  Spectacle de marionnettes pour  Public Jeune à partir de 7 ans.

Jeudi 13 novembre. 19h. Entrée libre. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne.   04 90 14 07 99.

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