Nous entrons dans un univers épuré et noir. Au sol un cercle, un disque en rotation, où va évoluer Stanislas Nordey qui incarne Lucrèce.
Le metteur en scène Christophe Perton a choisi de mettre en scène une traduction inédite de De rerum natura du philosophe et poète Lucrèce, né et mort vers 97 – 55 avant J.-C. Ce grand poème antique exalte la nature et le cosmos sans dieux ni maîtres. Il est d’une modernité folle : déjà il invitait l’humanité à refuser la peur, les dogmes et prônait l’importance de la connaissance et l’amour de la vie. Christophe Perton a envisagé ce spectacle comme « un festin de poésie », une grande fête de l’atome à l’origine de la création de l’univers. Ce merveilleux texte est au centre de ce spectacle mais il l’a sublimé par une mise en scène, une mise en lumière et en sons qui nous immergent au-delà du propos dans une bulle sensorielle où notre corps devient un réceptacle en apesanteur de tant de poésie et de lyrisme.
Pour cela il s’est entouré de la traduction de l’écrivaine Marie Ndiaye, et a choisi l’acteur et metteur en scène Stanislas Nordey pour incarner ce texte millénaire. Il fallait en effet le regard pétillant et captivant de cet acteur pour accepter de s’émerveiller sans cesse avec lui des bienfaits de Dame Nature, sa diction impeccable même quand les mots et les vers se bousculent pour nous inviter à le suivre dans ce cosmos qui nous donne le vertige.
Une belle réussite qu’un spectacle qui par une approche sensible nous éveille sans nous malmener, nous remet à notre place d’humain tout en nous connectant les uns aux autres. Ce fut une belle célébration !
Jusqu’au 25 juillet. Relâche le 22. 16h40. 15 et 23€. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.










