Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
Pour la 18e année consécutive, le Chêne Noir accueille dans la salle Léo Ferré ‘Les Rencontres de l’éloquence’, durant lesquelles s’affrontent, chaque année, des candidats-avocats -ayant de 2 à 10 ans de barre- dans de superbes et totalement loufoques joutes oratoires, renouant ainsi avec la grande tradition de leurs aînés… L’affiche a été réalisée par Fanny Rey, en Master Culture et communication à l’Université d’Avignon. Les rencontres de l’Eloquence seront présentées par le bâtonnier de l’Ordre, Jean-Maxime Courbet.
Théâtre du Chêne noir. Les rencontres de l’Eloquence. Soirée en entrée libre. Réservation obligatoire. Vendredi 27 octobre. 20h. Réservation. 8, rue Sainte-Catherine à Avignon. 04 90 86 74 87. MIreille Hurlin
Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
Un texte inédit de Louis-Ferdinand Céline édité en 2022 Vous n’avez jamais lu Louis-Ferdinand Céline ? Vous hésitiez à le lire : sa réputation sulfureuse, son antisémitisme, son écriture si particulière, argotique et réaliste à la fois. Avec « Guerre » qui est un manuscrit inédit édité en 2022, il reprend le personnage de Ferdinand dépeint dans « Mort à crédit » en 1936. À travers la convalescence du jeune blessé Ferdinand Destouches, il dénonce l’absurdité et l’atrocité de la guerre.
Un spectacle qui réconcilierait tout le monde autour de Louis-Ferdinand Céline ? Ce texte d’une actualité brûlante – guerre en Ukraine – a tout de suite interpellé le metteur en scène Benoît Lavigne. Il y a la révolte face à l’absurdité de la guerre et ses horreurs mais aussi la rage de vivre pour se sortir de cet enfer. Le récit peut être dérangeant mais cependant sincère et la langue de Céline tout simplement humaine.
Benjamin Voisin, un acteur à suivre Sensible, violent, fulgurant. Dans tous les registres il excelle. Sa gueule d’ange peut devenir démoniaque pour redevenir subitement candide et innocente. On le découvre à terre, blessé, jurant, pleurant. Tout est dit dès les premières minutes. Et de son talent d’acteur et de l’absurdité de la guerre. Le texte d’une violence inouïe nous percute et nous met à terre, comme Ferdinand. Nous sommes dans l’enfer de la guerre comme dans les méandres de la souffrance physique et psychique de Ferdinand. Grâce au jeu de l’acteur, mais aussi de la mise en scène suggestive des couleurs et la musique, nous pénétrons dans la dimension universelle de l’horreur et du chaos du monde. Guerre. Jusqu’au 29 juillet. Relâche les 17 et 24 juillet. 17h20.8 à 25€. Réservation ici.Théâtre du Chêne Noir. 8 bis, rue Sainte-Catherine . Avignon. 04 90 86 74 87. www.chenenoir.fr
Copyright Benjamin Voisin
Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
Gérard Gélas a créé Le Théâtre du Chêne Noir en 1967. En 1971, il l’a installé au cœur d’une ancienne chapelle de l’Abbaye Sainte-Catherine et en 2020, c’est son fils Julien qui en a pris les commandes.
« Il est temps de retrouver la fête ! L’insouciance et la connaissance, le plaisir et la rencontre de l’autre. Le monde va mal, oui (la dernière semaine d’émeutes le prouve…ndlc). Raison de plus pour nous d’aller bien. Si les crises que nous venons de traverser ont ébranlé nos certitudes, elles nous ont rappelé avec plus d’insistance qu’un monde qui va mal est un monde déshumanisé, où la technologie a remplacé l’homme » a dit en exergue Julien Gélas lors de la conférence de presse de présentation de l’édition 2023 du Off.
Et il a égrené le programme du 7 au 29 juillet de ce « théâtre populaire de mission de service public » qui est ouvert toute l’année, pas seulement l’été, comme les autres « Scènes – permanentes – d’Avignon » (Le Balcon, les Carmes, Le chien qui fume, les Halles, le Transversal). En dehors des lundis de relâche (10, 17 & 24), 14 propositions théâtrales sont offertes au public dans les 2 salles, Léo Ferré (disparu il y a pile 30 ans, le 13 juillet 1993) et John Coltrane.
A commencer (à 10h) par « un géant du théâtre, le plus grand », aux yeux de Julien Gélas, Shakespeare et « La tempête », sa dernière pièce, une tourmente intérieure et météo mise en scène par Sandrine Anglade. « J’ai voulu créer de l’homogène avec de l’hétérogène » a-t-elle expliqué au public, « Avec des musiques de Purcell, Johnson et Dowland ». A 10h15 : « Lettres à un jeune poète » écrites par Rainer-Maria Rilke à un poète en herbe de 20 ans, Franz Kappus, un voyage intérieur et poétique.
A 12h, « Geli », un texte et une mise en scène signés Diastème sur « la montée de l’extrême droite d’Hitler et le mystère qui entoure la mort de celle qui n’avait que 23 ans, qu’on surnommait Geli et qui était la nièce du Führer ». 12h50 : les fameuses « Variations énigmatiques » d’Eric-Emmanuel Schmitt avec Pierre Rochefort (le fils de Nicole Garcia et Jean Rochefort) et Hugo Becker mis en scène par Paul-Emile Fourny. Suivra à 13h50 : « Au risque de la joie » ou quand une psychanalyste se souvient de patients aux destins singuliers. 15h05 : reprise de « La Belle et la Bête », 7 comédiens sur scène avec vidéo, chant, danses, un univers fantastique et poétique mis en scène par l’hôte des lieux. 15h45, lever de rideau de la Salle Coltrane sur « Cyrano ». « Tout a déjà été dit, montré, vraiment ? Et si c’était joué par 3 femmes ? Cyrano aurait adoré » précise le metteur en scène, Bastien Ossart.
A 17h20, un inédit de Céline retrouvé en 2021, publié à 300 000 exemplaires par Gallimard. Il retrace la blessure de l’écrivain par un obus, sa convalescence, l’absurdité, l’atrocité de la guerre. Ce texte sera porté par Benjamin Voisin, 27 ans à peine et nommé « César » du meilleur espoir masculin pour son interprétation dans « Eté 85 » de François Ozon. A 18h, une surprise, l’animatrice de TV, Alessandra Sublet monte pour la 1ère fois sur les planches avec un texte qu’elle a écrit : « Tous les risques n’auront pas la saveur du succès ».
Roland Dubillard, né en 1923, aurait eu 100 ans. Pour lui rendre hommage, 2 pièces loufoques, « Les crabes » et « Je ne suis pas de moi » avec, notamment, Denis Lavant à 19h15 dans les 2 salles du Chêne Noir. Place au « Flamenco vivo » à 20h avec l’andalou Luis de la Carrasca, son souffle, son énergie et ses musiciens. 21h10, c’est « Barbe bleue » d’après Amélie Nothomb qui a imaginé un « ogre chic » face à une proie qui lui résiste, qui le pulvérise. Chansons de tous les suds à 21h 45 avec Christina Rosmini, sa voix vibrante, chaleureuse, enflammée.
Au programme enfin des soirées « exceptionnelles », les lundis de relâche : « Apocalipsync » de Luciano Rosso, Edgar-Yves et «L’aire poids lourds », une étape de travail avec Carole Errante. Basée sur un fait-divers ou comment des jeunes ados de 14-15 ans se prostituent sur une aire de routiers pour se payer des IPhone ou des fringues de marque…
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Jeudi 11 mai et vendredi 12 mai le Théâtre du Chêne noir propose de réserver ses places pour le festival off d’Avignon qui aura lieu du 7 au 29 juillet 2023 au tarif de 10€ pour les pièces qui se tiendront les vendredi 7, samedi 8 et dimanche 9 juillet dans la limite des places disponibles. Une offre valable du 11 mai à 10h au 12 mai à 18h. Toute la programmation du Théâtre du Chêne noir ici.
Les infos pratiques Théâtre du Chêne noir 8 bis, rue Sainte Catherine à Avignon. 04 90 86 74 87. contact@chenenoir.fr
Julien Gélas DR
Il est temps de retrouver la fête ! «L’insouciance et la connaissance, le plaisir et la rencontre de l’autre. Le monde va mal oui, raison de plus pour nous d’aller bien, entame Julien Gélas, directeur du Chêne noir, dans l’édito de présentation de la programmation du théâtre. Si les crises que nous venons de traverser ont ébranlé nos certitudes, elles nous ont rappelé avec plus d’insistance qu’un monde qui va mal est un monde déshumanisé, où la technologie a remplacé l’homme, où le visage s’est effacé au profit du masque, où notre sensibilité devrait être refoulée par le règne de l’abstraction et de la peur des autres.»
Joyeuse culture «C’est ici que le Gai savoir, la Culture joyeuse viennent jouer le rôle essentiel d’antidote, c’est par là que ce chemin nous conduit au festival, à Avignon, au Théâtre du Chêne Noir depuis 1967 à aujourd’hui. Cela revient à tenter de retrouver davantage de liberté dans un monde aux cadenas invisibles.»
Juillet 2023, l’année des grands auteurs «Cette année ce sera avec les grands auteurs, Shakespeare, Rilke, Céline, Dubillard, Diastème, Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt ; des virtuoses du plateau, Esther Ebbo, Benjamin Voisin, Hugo Becker, Denis Lavant, Pierre Rochefort, Cédric Colas, Guillaume Lanson ; des metteurs en scène admirables, Sandrine Anglade, Frédérique Lazarini, Benoit Lavigne, Franck Hoffmann pour ne citer qu’eux.»
Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
Sa vie est un roman, son destin hors du commun… Pauline Viardot est une artiste du XIXe siècle qui a influencé comme nulle autre le milieu musical et littéraire de son temps.
Julie Depardieu, comédienne, Mathilde Rogé-Brossollet, soprano, et Elena Soussi, pianiste, vous font découvrir son histoire et sa musique dans une conférence musicale unique en son genre, un récital lyrique et poétique.
Un récital lyrique et poétique autour d’une femme qui aura influencé comme nulle autre le milieu artistique de son temps. Comme la plupart de ses contemporaines, Pauline Viardot tomba dans l’oubli du fait de sa condition féminine ; elle fut tout simplement effacée de l’histoire de la musique au profit de ses homologues masculins.
Sœur de Maria Malibran Fille du célèbre chanteur et chef d’orchestre Manuel Garcia, sœur de Maria Malibran, fameuse cantatrice notoire, Pauline Viardot est surtout l’une des figures les plus marquantes du monde artistique et littéraire de son siècle.
Elle inspire les plus grands écrivains A la fois compositrice, pianiste et cantatrice de talent, elle inspire les plus grands écrivains de sa génération : Georges Sand, Victor Hugo et bien sûr, Yvan Tourgueniev. Ses salons de Baden-baden et de la rue de Douai réunissent tous les musiciens d’alors : Liszt, Chopin, Fauré, Berlioz… jusqu’à Gounod, dont elle lancera la carrière.
Un récit comme un tourbillon artistique Autour d’un texte retraçant les grandes étapes et rencontres de la vie de Pauline Viardot, Julie Depardieu et le duo MaNa (Mathilde Rogé-Brossollet et Elena Soussi) vous content en récit et en musique le tourbillon artistique de cette artiste aux multiples facettes. Entre romance et tendresse, vous serez immergés dans l’univers fascinant de cette femme hors du commun.
Les infos pratiques Pauline Viardot, un destin extraordinaire. Vendredi 5 mai. Théâtre du Chêne noir. 20h. Durée 1h10. Salle Léo Ferré. Place numérotée. Réservation ici.
Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
La nouvelle création du théâtre du Chêne Noir, écrite et mise en scène par Julien Gélas, a été présentée pour la première fois cette semaine, aux scolaires, et le sera ce samedi et dimanche au grand public. Le spectacle affiche déjà complet mais sera joué lors du festival en juillet.
Les 8 représentations données cette semaine auront accueilli plus de 3 000 élèves et leurs accompagnants, du CE2 à la terminale. Quant aux représentations publiques, elles auront lieu ce samedi 28 à 20h et dimanche 29 janvier à 16h.
3 000 enfants ont assisté au spectacle de la Belle et la bête
18 mois de travail Julien Gelas, le directeur du Chêne Noir a travaillé sur La belle et la bête durant plus de 18 mois pour en faire un conte moderne naviguant entre deux univers esthétiques, l’un classique et l’autre mi-contemporain, mi-futuriste.
Un spectacle hors du temps Autre particularité, le spectacle est pluridisciplinaire mêlant théâtre, chant, musique, danse, cirque -cerceau acrobatique-, vidéo et escrime. Il est également immersif via des capteurs vidéo interactifs reliés au jeu des comédiens, et à leurs mouvements. Un travail réalisé avec le studio de création Theoriz, qui en a concocté les effets vidéo, projetés au sol et sur l’écran, permettant aux spectateurs de voyager au gré des champs médiéval et numérique.
Dans le détail La belle et la bête propose plus de 45 mn de compositions originales de Julien Gelas et de Romain Constant. L’artiste Emma Daumas, auteur-compositeur-interprète originaire d’Avignon a prêté sa voix au personnage de la fée et composé deux morceaux chantés. «Emma était venue me voir pour un projet, se remémore Julien Gélas. J’en ai profité pour lui montrer sur quoi je travaillais en lui disant que je ne voyais qu’elle pour interpréter la fée. Elle a écrit deux chansons pendant que je composais au piano. Nous allons concevoir, ensemble, un album de toutes les musiques du spectacle qui sera fin prêt pour le festival d’Avignon.»
Un conteur 3.0 Copyright Mireille Hurlin
Des costumes connectés Les costumes et masques contribuent largement à l’enchantement – réalisés par Chouchane Abello, directrice du Conservatoire Européen du Costume à Paris et créatrice de costumes pour le cinéma et le théâtre. Ils ont nécessité l’intervention de 6 personnes pendant plus de 2 mois. «Nous sommes partis des costumes, que nous voulions avec une touche très française, pour créer le spectacle,» a précisé Julien Gélas.
L’interview «J’ai, depuis toujours, une passion pour les contes et leur symbolique psychanalytique. La belle et la bête en fait partie. C’est aussi un récit très difficile car transgénérationnel et ouvert à tout le monde. J’avais envie de m’y confronter d’autant plus que j’en avais parlé au comédien Jacques Frantz (4.04.1947 et 17.03.2021- voix française de Robert de Niro, Mel Gibson, John Goodman et Nick Nolte) à qui je voulais confier le rôle de la bête, mais qui est hélas décédé.»
Le thème de la jeune-fille qui devient femme «C’est aussi un thème passionnant avec une jeune-fille qui devient jeune-femme, un sujet peu fréquent en littérature. C’est aussi un conte à la fois existentialiste et humaniste : Au-delà des apparences, faire tomber les masques, devenir soi-même grâce au regard et à l’amour de l’autre. Car la Belle, totalement vertueuse, est aussi prisonnière de l’amour qu’elle porte à son père et à sa famille. En les quittant, elle se confronte à ses peurs, à l’autre, à l’inconnu… La bête, elle-même, est prisonnière du sort, de sa condition. Un mythe dont on retrouve les racines dans psyché. Ce sont des archétypes intemporels.»
Un spectacle ouvert sur l’univers Copyright Mireille Hurlin
L’écoute active du spectateur «Le spectacle s’étend sur 1h30, l’autre pari était de subjuguer les enfants –de la moyenne section jusqu’à la terminale- et effectivement du début à la fin, ils nous offrent une parfaite écoute alors que le panel d’âge est large et les réactions très différentes. J’aime semer ces graines de l’imaginaire pour les générations futures. Je l’avais fait avec le Chaperon rouge avec des textes engagés et, là, travailler sur le futur citoyen, ce qui est pour moi une priorité.»
Beaucoup de techniques Musique, chant, vidéo, effets spéciaux, costumes, technologie interactive, poésie, acrobatie… C’est la première fois que vous mêlez, sur le plateau, autant de techniques. «Oui, c’est très inspiré d’une tradition issue de l’Opéra de Pékin et aussi enseigné par mon maître, Gao Xingjian prix Nobel de littérature 2 000 que j’ai traduit en français et qui évoque le ‘Théâtre total’. Les acteurs, en Asie, sont formés à tous les arts : arts martiaux, danse, chant, interprétation. Le théâtre est un endroit où les potentialités du corps doivent pouvoir s’exprimer avec le talent des acteurs. C’est la première fois que je le fais avec autant d’ampleur.»
Sur le plan vidéo «Sur le plan vidéo j’avais également ce souhait : travailler avec de nouvelles technologies interactives au plateau. C’était une première en France, au théâtre. Les comédiens commandent en direct, depuis leurs mouvements et sur le plateau, les effets visuels, au moyen de caméras thermiques positionnées en haut et sur les côtés, détectant les mouvements des comédiens, ce qui déclenche le paramétrage des images. Cette technique avait été utilisée en danse avec Mourad Merzouki. Les images sont projetées au sol et en fond, travaillant sur la perspective et la profondeur. C’est un spectacle immersif dans lequel le spectateur est plongé du premier au dernier rang. Inclure le spectateur dans l’histoire me parait nécessaire.»
Julien Gélas, lors du spectacle Copyright Mireille Hurlin
Julien Gélas Julien Gélas, époux de Liwen Lang qui interprète La belle –et avant cela Le Petit chaperon rouge– et Papa de Lorenzo 4 ans et demi et de Marianne, 18 mois confie attendre avec curiosité le retour de son fils ainé «C’est difficile pour lui car c’est un conte mais aussi sa maman qui est sur la scène. Il verra le spectacle dimanche, confie-t-il. Je leur lis beaucoup d’histoires et de contes, j’en profite pour nourrir mes réflexions, observer leurs réactions, j’improvise des phrases. Je m’amuse avec eux et ils m’inspirent.»
La vie d’un spectacle «La Belle et la bête est un spectacle familial qui s’adresse à tout le monde. Il sera repris lors du festival d’Avignon à 15h30 et tournera partout en France, dans les grandes villes et à Paris, dès octobre 2023 jusqu’en 2025. Le spectacle est également conçut pour vivre à l’étranger –il est pré-vendu au Qatar, Espagne-. Il sera traduit, en sous-titre, en anglais, en chinois.»
Des contes psychanalytiques «Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur et des démarches qu’exige notre passage de l’immaturité à la maturité, évoque Bruno Bettelheim dans ‘psychanalyse des contes de fées’. Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d’abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur, ce qui nous récompense de nos efforts. »
La salle applaudit à tout rompre Copyright Mireille Hurlin
En savoir plus «Le mariage de la Belle et de l’ex-Bête est l’expression symbolique de la cicatrisation de la coupure qui sépare l’aspect animal de l’homme et son aspect supérieur ; explique Bruno Bettelheim, cette scission est décrite comme une maladie : dès qu’ils sont séparés de la Belle et de ce qu’elle symbolise, le père puis la Bête manquent de mourir. C’est aussi le point final d’une évolution qui va d’une sexualité égoïste, immature, (phallique-agressive-destructive) à une sexualité qui trouve son accomplissement dans le dénouement d’une relation humaine profonde : la Bête est moribonde parce qu’elle est séparée de la Belle qui est à la fois la femme aimée et Psyché, notre âme. Au terme de son évolution, la Belle doit s’engager librement dans leur relation amoureuse. C’est pourquoi la Bête, au début du conte, accepte qu’elle remplace son père dès qu’elle lui affirme qu’elle le fait de son plein gré ; c’est pourquoi, lui demandant avec insistance de l’épouser, la Bête essuie des refus sans protester ; c’est pourquoi la Bête ne fait pas un geste vers elle avant qu’elle déclare spontanément son amour.»
Les enfants, enchantés, félicitent les comédiens Copyright Mireille Hurlin
Une nouvelle création du Chêne noir Ecrit et mis en scène par Julien Gelas. Avec Liwen Gelas, Jacques Vassy, Guillaume Lanson, Océane Rucinski, Holly-Rose Clegg, Max Millet, Renaud Gillier. Avec la voix d’Emma Daumas. Musiques : Julien Gelas et Romain Constant. Assistant metteur en scène : Renaud Gillier. Scénographie vidéo et interactions : Studio Théoriz. Costumes : Chouchane Abello – Conservatoire Européen du costume. Habilleuse : Sophie Mangin. Création lumières : Florian Derval. Son : Noé Courbet. Chorégraphie cerceau aérien : Franck Cole Entrepôle.
Mon avis La belle et la bête offre là une formidable épopée parce que le conte est revisité et que la technologie de pointe défie l’histoire, la mise en scène et surtout le jeu des comédiens. Cette immersion dans l’histoire en 3D a enchanté les spectateurs. Le spectacle vit ses premières heures sur scène et est donc en rodage. Dans le public, Julien Gélas note tous les points qu’il reverra, en détail, avec les comédiens à l’issue de la représentation. Car le spectacle vivant demande sans cesse de se remettre à l’ouvrage pour tendre vers l’excellence. Si les comédiens, très vite, emportent le public, ils ont aussi à apprivoiser cette fabuleuse technologie qui s’empare de l’espace, du temps et de décors numériques aussi fabuleux que poétiques. Cela appelle les comédiens à se surpasser, à donner un jeu millimétré comme on intègrerait une à une les pièces d’un puzzle, d’abord entre eux, avec la technologie et avec le public. Celui-ci en est sorti conquis.
Les infos pratiques La Belle et la bête. Samedi 28 à 20h et dimanche 29 janvier à 16h.Théâtre du Chêne noir. 8, rue Sainte Catherine à Avignon. 04 90 86 74 87. Spectacle complet ne prend plus de réservations.
Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
Les membres du Conseil des représentants des langues et cultures provençales viennent de se réunir afin d’établir ensemble les grandes lignes de projets communs pour 2023 et 2024. Quatre axes de travail se dégagent de cette réunion, autour desquels plusieurs événements seront organisés au fil des mois :
-En premier lieu il y aura la réalisation d’une étude scientifique portée par un laboratoire universitaire pour déterminer précisément le niveau de pratique des trois langues appartenant à la région linguistique du Sud-Est : le provençal, le nissard et le gavot. Les résultats de cette étude devraient permettre d’établir comment dynamiser la pratique des langues régionales, notamment au niveau des jeunes publics.
-Les membres du Conseil ont ensuite évoquer les premières Assises des langues et cultures régionales en avril prochain, qui réunira l’ensemble des acteurs travaillant pour le maintien et la dynamique de la langue provençale.
-L’Observatoire de la langue et de la culture provençales souhaite également créer une pièce de théâtre basée sur le 120ᵉ anniversaire du Prix Nobel reçu par Frédéric Mistral pour son œuvre Mirèio en collaboration avec le Théâtre du Chêne Noir et le metteur en scène Gérard Gélas. Ce projet, bien qu’il ait été initié par l’Observatoire, sera porté par l’ensemble des membres du Conseil consultatifs.
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C’est Gérard Gélas qui a créé cette équipe en 1967 et métamorphosé l’ancienne Chapelle Ste Catherine en lieu de création et de bouillonnement permanent dès 1971. Depuis 2020, son fils Julien Gélas, auteur, metteur en scène, compositeur et pianiste a pris la suite et il vient de présenter la prochaine saison avec une thématique : la femme. « Elle, cette oubliée de l’histoire, qui depuis des siècles subit injustices et carcan social » annonce-t-il en préambule.
Et c’est par un symbole que s’ouvre la saison, avec l’auteure Tristane Banon, qui a osé brisé le silence, 10 ans avant « #me-too » avec l’affaire D.S.K. Au cours d’une conférence jeudi prochain à 19h, intitulée La paix des sexes. En amont elle tient à préciser : « Je suis une femme, pas une victime. Héroïser la victime c’est tuer la guerrière, assassiner la créatrice. La guerre des genres est un tango funeste. Désormais les lois de l’égalité existent, c’est à nous de réfléchir aux moyens de la faire appliquer. Bien des batailles féministes restent à mener. S’aliéner la moitié de l’humanité pour y parvenir est une hérésie ».
Le 6 octobre, « Amoreamaro », dans le cadre de la Semaine italienne d’Avignon avec Maria Mazzotta, qui a travaillé avec les compositeurs Ludovico Einaudi et Goran Bregovic. Elle vient des Pouilles et sera accompagnée à l’accordéon par Bruno Galeone pour des chants méditerranéens. Le 8, place à Pirandello avec une comédie : « La fuite ». Suivra « Hedda Gabler », du dramaturge Henrik Ibsen. Le 21 octobre, retour au Chêne d’une habituée, l’inoubliable interprète de « Jeux interdits » en 1952 avec Georges Poujouly ou de la série TV « Le Château des oliviers » tournée dans les Alpilles. Elle proposera une soirée « Humour, poésie, musique » avec des textes de Prévert, Hugo, La Fontaine, Desnos ou Michaux avec Nicolas Celoro au piano.
Le samedi 5 novembre, reprise d’ « Asia », une pièce bouleversante sur l’intolérance, le fanatisme. L’histoire vraie d’une Pakistanaise chrétienne, mère de trois enfants, accusée de blasphème et condamnée à mort. Elle sera interprétée par la lumineuse Pauline Dumas. Le 19, Denis Lavant et Samuel Mercer exploreront les mille pages des « Carnets en marge » de Roland Dubillard pour en extraire les pensées les plus drôles, absurdes, burlesques qui dynamitent le langage. Le 25, « George Sand » avec Céline Dupas-Hutin qui nous plonge dans l’intimité de l’écrivain(e), son coeur, son enfance, sa vie d’artiste avec Frédéric Chopin.
Le public lors de la présentation.
En décembre, le 2, une autre figure de la femme : « Euridice », les 25, 28 et 29 janvier , une création de Julien Gélas destinée aussi aux enfants « La belle et la bête ». Un spectacle total avec 7 comédiens sur scène, de la danse, de l’escrime, de la magie, de la video, des costumes et du numérique.
Robin Renucci, désormais directeur du Théâtre National de la Criée, sur le Vieux-Port à Marseille mettra en scène deux figures tragiques de femmes : « Bérénice » le 18 mars et « Andromaque » le 19. En avril, place à la musique avec d’abord le 21, un jeune prodige pianiste, François Moschetta, seul en scène. Il parlera de Mozart et de sa musique avec partitions et anecdotes. Et le week-end des 22-23 « Piano et tuto » avec André Manoukian qui aura sélectionné plusieurs dizaines de pianistes autodidactes qui ne seront pas pas passés par les cours de solfège et le conservatoire mais qui se sont laissé guider par les tutos d’internet. Ces solistes amateurs se succèderont sur scène et le jury, aidé du public, élira les meilleurs qui pourront ultérieurement se produire dans les Carrières des Baux de Provence.
Enfin le 12 mai, Liane Foly dans « La folle repart en scène ». Une voix, un talent, des imitations, de l’humour, bref un grain de « Foly » pour conclure cette 55ème Saison du Chêne Noir.
Avignon, Théâtre du Chêne noir, Les rencontres de l’éloquence ce 27 octobre à 20h
Le temps s’accélère. On aura forcément des regrets, des «on s’organisera mieux la prochaine fois».
Il y aura des lieux que l’on aura préférés, ou manqués, ou oubliés, d’autres évités aussi. Mais il est encore temps d’aller voir ces spectacles que j’ai pour ma part bien appréciés. Ils reflètent un choix sans a-priori et éclectique comme l’est le festival Off.
Le chevreuil et Dalida Drôle de titre pour drôle de Dame. Iolanda Gigliotti alias Dalida est devenu un mythe. On connaît ses tubes, ses drames galvaudés par les médias. Ici grâce à la magie du théâtre et au talent de Clémence Caillouel, on redécouvre la femme et l’envers du décor. De Corse à Paris en passant par l’Egypte, les paroles de ses chansons prennent sens entre drame et poésie. Jusqu’au 26 juillet. 20H30. 11 et 16€. Artephile. 7 rue du Bourg Neuf. 04 90 03 01 90. www.artephile.com
Le chevreuil et Dalida
Les passagers Et si nous étions tous des rescapés d’attentat suicide par exemple ? En partant d’un fait divers relatant une explosion dans un bus à Jérusalem, le metteur en scène Frédéric Krivine nous associe au conflit israelo-palestinien en nous relatant la confrontation entre une passagère rescapée et un officier de police. C’est vif et acerbe, avec de très bons acteurs qui incarnent le drame qui se noue. Jusqu’au 30 juillet. Relâche le 25. 19h30. 15 et 22€.Théâtre du Chêne Noir. 8 bis, rue Sainte-Catherine. 04 90 86 74 87. contact@chenenoir.fr
Désir, terre et sang d’après Federico Garcia Lorca. Les Balladins du Miroir sont de retour avec une création qui adapte 3 pièces de Lorca : Yerma, La maison de Bernada Alba et Noces de sang. J’avoue que je me suis un peu perdue- mais peut-être était-ce voulu?- et que le spectacle est un peu long malgré l’énergie et le talent de la troupe belge que nous aimons bien. Cependant on est bien dans le chapiteau, en famille et nous voyageons délicieusement dans ce monde poétique et révolté. Jusqu’au 21juillet. 21H30.10 à 18€. Villeneuve en scène. Sous chapiteau. Clos de l’Abbaye. 04 32 75 15 95. www.festivalvilleneuveenscene.com
La parenthèse du mimosa Le Mimosa c’est le nom d ‘un bar. A sa fermeture Anne débarque et s’impose face à Franck qui était prêt à fermer. Une belle surprise que ce spectacle sans prétention, qui n’est pas non plus très original dans son histoire à la fin prévisible. Cependant le texte est juste, les dialogues font mouche et les 2 acteurs sont formidables de complicité. La mise en scène est astucieuse et suffit dans le petit espace du théâtre à faire le tour d’une vie. Jusqu’au 31 juillet. Relâche les 20 et 27 juillet. 13H45. 10 à 20€. Théâtre l’Optimist. 50 rue Guillaume Puy. 04 90 31 82 89. L’Optimist