Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Les fans de Valérie Perrin, autrice du best-seller ‘Changer l’eau des fleurs’ étaient au rendez vous dans la salle du Chêne Noir archi-comble.
Envie de réentendre cette belle histoire, curieux de découvrir l’adaptation de ce roman à succès qui se range dans la catégorie des romans « feell good», ceux qui font du bien car quoi qu’il arrive, l’envie de vivre triomphe.
Quand on a accepté les règles de ce genre d’histoire on se laisse porter par la belle actrice qu’est Caroline Rochefort tout en simplicité soulignée par son accent volontairement prononcé, qui pousse «droite» comme elle dit et surtout qui avance tout en refusant -car trop tard -de vivre un nouveau grand amour. Michaël Chirinian et Morgan Perez sont également très touchants de sincérité.
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire L’action se déroule dans un cimetière en Bourgogne. Violette en est la gardienne, elle connait tout de ses «pensionnaires » qui morts ne posent plus aucun problème. Pourtant elle aussi a un secret qu’on découvre peu à peu à l’occasion de la visite d’un inconnu…
Changer l’eau des fleurs. Jusqu’au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet. 15H15. 16 et 23€. Théâtre du Chêne Noir. 8 bis, rue Sainte-Catherine. Avignon. 04 90 86 74 87. Réservation ici. contact@chenenoir.f
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Le Théâtre du Chêne noir propose 14 spectacles. « Cette édition signe le retour à la normale assure Julien Gélas, le directeur du Chêne noir. Une fois la programmation faite, je me suis rendu compte que deux thèmes majeurs émergeaient : l’amour et la guerre. Des thématiques qui résonnent avec l’actualité, car, aujourd’hui nous nous trouvons encore dans une logique de guerre, de confrontation, au niveau international. Qu’est-ce-qui fait qu’on tienne plus à la liberté qu’à la volonté de puissance ?«
Le théâtre était archi-plein lors de ce dimanche 3 juillet où le soleil écrasait la ville sous une chaleur sans souffle. Il n’y avait pas un chat dans la rue hormis les aficionados du théâtre du Chêne noir et aussi quelques voitures et transits perdus à la recherche d’une adresse, d’une location, dans les boyaux étroit de la ville médiévale.
La salle s’est très vite remplie. Alors que le public bruissait à peine, face à la scène, une table depuis laquelle Julien Gélas annonçait le programme et où metteurs-en-scène et comédiens prenaient chacun à leur tour, la parole. Certains étaient diserts, d’autres plus synthétiques, ou encore graves ou bien légers et plein d’humour. Ils portaient le bermuda, la casquette, quand d’autres arboraient de chics ensembles sable. Il régnait un esprit de famille heureuse de se retrouver dans sa maison de campagne.
Et puis il y a cette sensation d’un retournement Car la scène, avec ses chaises et ses artistes en se remplissant, ressemblait finalement à la salle d’un théâtre qui regarde une scène emplie de spectateurs. D’ailleurs ils étaient quelques-uns, comédiens, écrivains à scruter le public, à étendre leurs tentacules invisibles pour collecter ambiance, impressions, guettant les plus fugaces réactions. A ce moment peu de gens arboraient de masque, alors comédiens et metteurs-en-scène voulaient encore pouvoir décrypter les visages.
Le programme, qu’en penser ? On y fera sans doute de belles découvertes. Il y aura déjà les pièces vues cet hiver alors qu’elles n’étaient pas encore tout à fait rodées mais déjà bien maîtrisées laissant surgir émotions et mises-en-scène efficaces sans parler du soin apporté à d’ingénieux décors.
Ce qu’on a vu cet hiver Nous avions déjà écrit sur ces trois pièces dont vous pourrez retrouver les critiques en cliquant sur les titres : ‘Les chaises’ d’Eugène Ionesco. La création fut portée au cœur même du Covid «Le spectacle évoque l’amour, la fin de vie, la disparition, la perte de la mémoire. Si ces thèmes ne sont pas joyeux Ionesco les traite sous la forme de farce avec beaucoup d’humour et de dynamisme », relatait Renaud Gillier, le metteur-en-scène et comédien. Il est le formidable orateur dans les Chaises… Salle John Coltrane. 10h15. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
‘Lettres à un ami Allemand’ d’Albert Camus «C’est un défi et un magnifique texte pour ce qu’il dit de nous, de ce que nous vivons, de l’histoire de humanité qui ne fait que se répéter,» soulignait Julien Gélas. «A un certain âge on a envie de faire des choses essentielles. Un moment fort à partager,» relatait Didier Flamand qui interprète le texte. Lettres à un ami allemand. Salle Léo Ferré. 11h45. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
‘Le Jeu du Président’ de Julien Gélas «J’ai écrit ce texte pendant le confinement, se souvient Julien Gélas. J’étais fasciné par le début de quinquennat d’Emmanuel Macron. J’observais que tout ou presque était théâtral. Une matière formidable pour composer un drame contemporain. Je me suis inspiré des crises des gilets jaunes, du Covid, de la manière dont Emmanuel Macron s’était emparé du pouvoir et de la politique -ce qui m’a rappelé beaucoup d’illustres personnages-. J’ai imaginé un personnage étrange, un conseiller occulte, Vicien, qui serait à la fois la mauvaise conscience et la conscience humaniste et désespérée de ce président. L’idée de Vicien ? Mener le président à sa perte en exacerbant tous ses défauts. Une inspiration de ‘Le roi s’amuse’ de Victor Hugo.» Le Jeu du président.Salle Léo Ferré. 17h15. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
La servante de Proust de Georges Belmont «Céleste Albaret –la femme du chauffeur du grand auteur- fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust, indiquait Arnaud Bertrand le metteur-en-scène. Elle se met à son service alors que la guerre de 1914-18 éclate. Elle arrive de Lozère et sait à peine lire et écrire. Alors que ces deux êtres n’avaient rien en commun –elle la campagnarde, lui le dandy mondain à la culture encyclopédique- une solide relation va les lier. Agée de 82 ans Céleste décide d’écrire cette fabuleuse relation. Salle John Coltrane. 17h35. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Les nouveautés ? Il y aura ‘Blanche Neige et les sept nains’, des frères Grimm, un spectacle jeunes enfants –nominé aux Molière- réalisé avec beaucoup de fougue et de moyens techniques sur le plateau », annonce Julien Gélas. Le spectacle fera la part belle à la musique, à la poésie, des hologrammes et du mapping. Blanche neige et les 7 nains.Salle Léo Ferré. 9h45 du 7 au 31 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
‘L’Arlésienne’d’Alphonse Daudet dont tous les personnages seront interprétés par l’acteur et metteur-en-scène Daniel Mesguich qui commente de sa belle voix profonde : «Alphonse Daudet est le plus grand des acteurs mineurs avec une Arlésienne écrite de main de maître, une histoire implacablement structurée, mathématique. J’avais envie de faire le conteur tout en jouant la pièce. J’interprète tous les personnages : le vieux berger Balthazar, le jeune héros Frédéri, le gardian… La pièce de théâtre a été inspirée à Alphonse Daudet par le neveu de Frédéric Mistral qui s’était suicidé. Sa particularité ? Elle fût accompagnée, en son temps, par la musique de Georges Bizet qui devint célèbre par la suite. L’Arlésienne. Salle John Coltrane. 10h15. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
‘Fabien’de Marcel Pagnol Sera donné, sur scène, par 9 comédiens. Marcel Pagnol a eu l’idée du texte en parcourant la Foire du Trône. Elle fut sa dernière pièce de théâtre et jouée, pour la dernière fois, en 1956. Sans doute à cause du sujet abordé. Au départ ? Le cirque et le théâtre forain : un monde artisanal, de la magie, des clowns et des monstres. Le thème ? Les violences psychologiques conjugales dans un foyer au cœur du cirque. «J’ai cherché à faire rire le public à travers ce drame, parce que je suis convaincu que le rire ouvre les esprits et l’on peut faire passer plus de messages ainsi, explique Marc Pistolesi le metteur-en-scène. Je n’ai pas voulu dénoncer mais montrer ce qui se passe dans ce foyer qui vit dans un cirque en balançant le public, comme une femme violentée psychologiquement, par une caresse, deux gifles, une caresse, deux gifles. Elle ne sait jamais sur quel pied danser. Dès que l’on rentre dans le drame, l’on rentre dans le rire et dès que l’on rentre dans le rire, l’on rentre dans le drame. Ça virevolte comme la piste aux étoiles, comme le cirque. Fabien. Salle Léo Ferré. 13h15. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
‘Un amour de Blum’ Le saviez-vous ? L’ancien président du Conseil Léon Blum –également écrivain et critique littéraire- fut emprisonné en 1940 par le gouvernement de Vichy puis déporté dans le pavillon de chasse de Himmler à 600 m des murs de Buchenwald puis à Dachau. Une jeune-femme déjà mariée, de 27 ans sa cadette –Jeanne Levylier- qui deviendra sa dernière compagne et 3e épouse, le soutiendra de prison en prison, y compris en camps de concentration et dans la terreur d’être fusillés à tout moment. L’homme politique réunira tous les arguments pour répondre au procès qui lui est fait poussant Philippe Pétain lui-même à ajourner celui-ci afin d’éviter qu’un regain de popularité ne mette Blum à l’affiche. Le couple sera finalement sauvé par l’armée américaine et les francs-tireurs italiens. Ce que raconte la pièce ? Cette mystérieuse et improbable histoire d’amour au milieu de l’horreur. «Elle est jeune et solaire, il a 27 ans de plus qu’elle et est l’ami de grands auteurs tels que Proust, Gide… Il tombera fou amoureux d’elle.» raconte le metteur-en-scène Gérard Gélas, précisant que la musique a été concoctée par Julien Gélas. Un amour de Blum.Salle John Coltrane. 13h30. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin «C’est parti d’un voyage entre Paris et Avignon où Caroline Rochefort a lu dans l’avion ‘Changer l’eau des fleurs, relate Salomé Lelouch. L’histoire ? Violette Toussaint vit dans un cimetière dont elle est gardienne, partageant le quotidien des fossoyeurs, des personnes qui se recueillent sur les tombes. Une défunte exige d’être enterrée auprès d’un inconnu. Son fils enquête, » raconte Salomé Lelouch. «Violette célèbre la vie dans un lieu de mort qui parle de la mémoire,» relève Mikaël Chirinian, metteur-en-scène avec Salomé Lelouch. Changer l’eau des fleurs. Salle Léo Ferré. 15h15. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
La délicatesse C’est au départ un roman de David Foenkinos. « Je voulais faire de ce texte un parcours initiatique. «Phase 1 : On cherche à avoir l’idéal, lorsqu’on l’atteint on le perd, il meurt, affirme Thierry Surace, le metteur-en-scène. Phase 2 : La meurtrissure, le repli sur soi, la victimisation et finalement le combat pour survivre ou pour apprendre à vivre. Phase 3 : Accepter la laideur des choses pour prendre le monde dans sa globalité et de ce fait, pouvoir trouver le bonheur. L’idée ? Que le spectateur suive ce cheminement. Vous ne sortirez pas grandi, mais, j’espère épanoui et content d’avoir entendu un beau texte mis, malgré lui, au théâtre.» La délicatesse. Salle John Coltrane. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Les passagers de Frédéric Krivine «Une femme, commerçante Palestinienne, est convoquée par la Police pour recueillir son témoignage sur un attentat à la bombe survenu dans un bus après qu’elle en soit descendu. Ce fait divers a eu lieu en Israël, détaille Julien Gélas et la jeune-femme en a été accusée. Au départ l’interrogatoire plutôt neutre met au jour l’idéologie de la femme. Ce thriller, cette réflexion très minutieuse, dissèque les motivations, les événements qui font que l’on passe à l’acte, que l’on essaie de se révolter, détaillant les tenants et aboutissements. Finalement pourquoi passe-ton de l’esprit au crime ?» Les passagers. Salle John Coltrane. 19h30. Du 7 au 31 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Fleurs de soleil de Simon Wiesenthal «L’histoire se passe durant la 2e guerre mondiale. Un cas de conscience qui parle du pardon », relate lors d’une vidéo Thierry Lhermitte dans ce seul-en-scène. Simon Wiesenthal a passé sa vie à poursuivre les nazis, hanté par l’assassinat de millions de juifs innocents et d’autres comme les handicapés, les homosexuels, les gens du voyage, les résistants… Arrive le moment où il recueille les confessions d’un jeune soldat nazi, Karl, qui lui narre une scène terrible. Se pose alors la question du pardon. Peut-on accorder soi-même la rédemption au nom d’autres victimes ? Arrêté en 1941 Simon Wiesenthal sera interné dans 5 camps de concentration. Il sera libéré lors de l’invasion soviétique. Fleurs de soleil. Salle Léo ferré. 19h55. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Le temps des trompettes de Félicien Chauveau «ici l’on aborde les 36 premières années de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière en faisant écho au monde contemporain, raconte Félicien Chauveau, metteur-en-scène, auteur et comédien. En tant que directeur de troupe j’ai trouvé, dans le temps des trompettes, des correspondances avec ma propre vie : Aller frapper à la porte des princes, chercher des aides à droite et à gauche, des protecteurs, connaitre des déboires, beaucoup voyager.» Le temps des trompettes.Salle John Coltrane. 21h20. Du 7 au 30 juillet. Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Andromaque de Racine «Il est question de l’héritage des crimes des parents, détaille Robin Renucci en vidéo. Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime son défunt époux Hector pour défendre la vie de son fils, Astyanax. C’est aussi une histoire de guerre, de guerriers, de dette de guerre, et du poids de la guerre chez les enfants. Cela nous touche particulièrement dans le contexte que nous vivons. On retrouve chez Racine souvent 8 personnages, 4 points cardinaux, 4 espaces et un spectacle en diagonale. On parle des parents, des Dieux, des humains. C’est une façon mathématique de raconter une histoire.» Andromaque.Salle John Coltrane. 21h30. Du 7 au 17 juillet. Relâche le 11 juillet.
Fragments de Hannah Arendt «Bérengère Warluzel s’est prise de passion pour Hannah Arendt, révèle Charles Berling, m’apportant, pendant le Covid, un assemblage de textes, des fragments tirés de beaucoup de ses œuvres. Le défi ? Trouver l’émotion profonde et donc théâtrale de ce qu’elle raconte. La question ? Comment partager ensemble cette pensée, cette lucidité et cette foi –dans l’être humain- qui nous réveille dans toutes les dimensions qui nous réunissent, ce qui fait le bien commun, qu’on est bien ensemble. Nous avons d’ailleurs été saisis de voir le public bouleversé par cette pensée claire, forte quand nous avions joué l’an passé chez Présence Pasteur. Nous avons réalisé deux versions. L’une avec Bérengère Warluzel seule en scène et l’autre avec ses enfants adolescents : Romane, Isaure, Guilad, et Ariel Oren pour montrer que ces textes sont abordables par tous.» Fragments.Salle Léo Ferré. 21h30. du 19 au 30 juillet. Relâche le 25 juillet.
Les infos pratiques Théâtre du Chêne noir. 8 bis, rue Sainte-Catherine à Avignon. 04 90 86 74 87. www.Chenenoir.fr Tous les spectacles ici.
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
En deux décennies, Eric-Emmanuel Schmitt est devenu l’un des auteurs francophones les plus lus et les plus représentés dans le monde. Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du Théâtre de l’Académie française. Vous vous plongez avec délice dans les ouvrages du grand auteur ? Vous rêvez de l’approcher, de l’entendre parler ? Foncez au Théâtre du Chêne noir et réservez dès à présent car les places sont limitées. La rencontre sera animée par la journaliste Nathalia L. Brignoli, présidente de l’association ‘Un soir, un auteur’.
Traduites en 46 langues, constamment créées et reprises dans les théâtres du monde entier, elles appartiennent désormais au répertoire contemporain. Auteur très prolifique (La Nuit de Valognes, Le Visiteur, Variations énigmatiques, Le Libertin, Hôtel des deux mondes, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, qu’il était venu jouer au Théâtre du Chêne Noir en juillet 2016 dans le cadre du festival, L’évangile selon Pilate, Oscar et la dame en rose, La Tectonique des sentiments, Kiki Van Beethoven, La Part de l’autre, L’Homme qui voyait à travers les visages, Le Journal d’un amour perdu…), Éric-Emmanuel Schmitt, encouragé par le succès international remporté par son premier film Odette Toulemonde, adapte pour le cinéma et réalise Oscar et la dame en rose.
Les infos pratiques Rencontre avec Eric-Emmanuel Schmitt. Entretien dirigé par Nathalia Brignoli. Théâtre du Chêne noir. Mercredi 30 mars à 19h. De 15 à 17€. 04 90 86 74 87. Billetterie en ligne ici.
Monsieur Louvier a été diagnostiqué schizophrène il y a dix ans. À tort. Guidé par un nouveau psychiatre qui l’aide à faire confiance en ses réminiscences, il va progressivement découvrir qui il est et pouvoir se réconcilier avec lui-même…Au fur et à mesure du récit de la tragédie de son enfance, de sa vie, la libération de Monsieur Louvier se dessine.
Faire face et comprendre le traumatisme Et c’est là tout l’enjeu de la pièce. Un être humain, violé dans son enfance, voit sa vie détruite à cause de ce traumatisme. Il va progressivement se reconnecter avec sa propre histoire, à l’opposé de celle qu’il s’était dessinée et qu’on lui avait diagnostiquée.
Refoulements, phantasmes, peurs Une pièce qui creuse jusqu’au plus profond, jusqu’au plus cru, à l’intérieur de la psyché d’un homme, dont on va découvrir tous les refoulements, tous les fantasmes, toutes les peurs. Le texte de Denis Lachaud raconte cette histoire atroce et pourtant simple. Il en restitue la douleur, mais aussi la lumière. Monsieur Louvier est interprété par Benoit Giros.
Les infos pratiques Théâtre du Chêne noir. La Magie lente. A partir de 15 ans. Vendredi 1er avril à 20h. de 19 à 23€. Réservation ici.
‘La Magie lente’ interprété par Benoit Giros, texte de Denis Lachaud
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Heureuse initiative de Julien Gelas et de son équipe du Théâtre du Chêne Noir qui organisent dans l’urgence une soirée de soutien à l’Ukraine et au peuple ukrainien.
Au programme de cette soirée qui nous permettra de mieux connaître ce pays 1re partie : Lecture de poèmes de Taras Chevtchenko (icône de la littérature ukrainienne) avec Pauline Dumas et Guillaume Lanson, accompagnés au piano par Julien Gelas. 2e partie : Diffusion du reportage Arte Guerre du Donbass, le drame ukrainien. 3e partie : Chants traditionnels ukrainiens avec Oksana Ohorodnyk, élève ukrainienne du département théâtre du conservatoire d’Avignon.
Jeudi 3 mars. 19h. 10€ reversé intégralement à l’Unicef d’Ukraine. Théâtre du Chêne Noir. 8 bis, rue Sainte-Catherine. Avignon.04 90 86 74 87. contact@chenenoir.f
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Après plus de 200 dates de son Dom Juan… et les clowns mis en scène par Irina Brook, la Compagnie Miranda plonge cette fois-ci dans le mythe de Cyrano de Bergerac, autre chef-d’œuvre de littérature théâtrale. Rendez-vous est pris le dimanche 27 février à 16h, au théâtre du Chêne noir à Avignon.
La Compagnie propose une lecture, toujours aussi légère et respectueuse dans un univers poétique, et replace les clowns, qui cette fois seront sans nez, dans les premiers temps du cinéma muet. S’éloignant de l’image attendue du mousquetaire, Cyrano devient acteur ou réalisateur qui transforme sa vie en film des années 20. Il est masqué comme le sont ces ‘gueules cassées’ dont on a reconstitué le visage en bronze ou céramique.
« Héros blessé, il est l’artiste romantique qui ira jusqu’au bout de son histoire, séquence après séquence, jusqu’au clap de fin. Le spectateur se retrouve alors au centre d’un ‘tournage’, ronde effrénée et virevoltante, hystérie joyeuse de création, de changements de décors et de personnages. Dans cet hommage à Méliès, artisan génial de l’illusion cinématographique, le mythe de Cyrano se réinvente sous nos yeux avec humour et poésie », illustre la Compagnie.
Réservations : 04 90 86 74 87, du mardi au vendredi de 14h à 18h. Sur place, aux bureaux administratifs place de la Bulle, du mardi au vendredi de 14h à 18h. En ligne : https://www.chenenoir.fr/event/cyrano/
L.M.
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Il fait très froid dans les rues d’Avignon mais cela n’a pas, comme d’habitude, empêché les amoureux de théâtre de se rendre au Chêne noir. Nous avons tous fait docilement la queue leu leu pour présenter notre pass sanitaire alors que cet après-midi se tenait la manifestation des anti-pass.
L’absurde ? Il est déjà chez nous La Police avait entièrement bouclé Avignon et les voitures ne savaient plus par où se faufiler pour atteindre le centre, ni même comment s’échapper des culs de sac interminables de la ville aux mille sens interdits. Alors voitures et passants, chacun dans son monde, les uns à l’intérieur, les autres à l’extérieur des remparts, tournaient comme autant de poissons rouges dans des bocaux voisins. Ionesco se serait bien marré.
Le théâtre de l’absurbe Derrière moi, dans la file, un homme glisse à la femme qui l’accompagne qu’il n’apprécie que modérément Ionesco. Il a déjà vu par ailleurs la cantatrice chauve, bof ; le Rhinocéros ? Un poil mieux, Les chaises… On verra… Les textes de l’auteur n’ont pas l’air de le stimuler plus que ça, alors Les chaises ? On attend de voir.
Au Chêne noir Pour l’heure Julien Gélas discute avec Anna à l’entrée, tandis que Gérard, déchiffre chaque visage masqué qui passe avant de conquérir la salle du bas où se tiendront, dans quelques minutes, Les chaises de Ionesco. Ionesco ? Il fait partie de ces auteurs qui démontrent l’absurde, un peu comme son aîné, anglais, Charlie Chaplin, mais dans un tout autre registre : minimaliste, insolite, oserai-je dire presque incompréhensible ?
Guillaume Lanson ‘Mon chou’ et Alice-Maïa Lefebvre ‘ ‘Sémiramis’ Les chaises de Ionesco copyright Mireille Hurlin
Étrange concordance Une femme s’installe à côté de moi, diserte. C’est ce que j’adore au théâtre, tout le monde se parle avec le plus grand naturel, heureux de festoyer de la pensée d’un auteur. Elle a reçu la newsletter du Théâtre du Chêne noir qui proposait des pièces à 10€. Elle a sauté sur l’occasion et en a pris trois mais n’a pas osé en prendre plus parce que son papa, 96 ans, connaît pas mal de bas, au creux de son Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) à 300 km de là. Comme une pile, il semble manquer d’énergie, s’étendre, parfois, dans une douce léthargie et, alors que la fin semble proche, se ranimer et sourire à nouveau à la vie. Alors elle est tout le temps dans l’incertitude. En fait, sans un mot plus haut que l’autre, elle souffre beaucoup, derrière son masque, mais personne n’en sait rien. Sauf moi, ce soir.
L’histoire ? Deux vieux, à l’aube de leurs morts, vivent dans une maison dégradée dont les flancs sont battus par la mer. Lui, qui a vécu sans ambition, a préparé toute sa vie un message. Elle le couvre de toute son attention. Il est le seul rempart à sa perte de repères, celui qu’elle révère, qu’elle magnifie, peut-être plus que de raison. Lui a convoqué tous leurs amis pour leur délivrer un message qui sera d’ailleurs lu par un orateur, mais avant tout cela, ils sont plein de tendresse l’un pour l’autre.
Formidables comédiens J’adore, quand ils existent, les décors. Comme quand, tout petits, les mioches que nous étions regardaient émerveillés ‘Au théâtre ce soir’ à la TV. C’est ce qu’on fait dans les banlieues tristes et grises quand on n’habite pas Avignon. Je fonds pour les masques des comédiens, leurs accoutrements qui résonnent complètement dans ma mémoire lorsque, au fin fond de la campagne, on rencontrait exactement ces mêmes petits vieux.
Copyright Mireille Hurlin
Ionesco nous met au pied du mur Ionesco nous met en face de ses propres réalités : Pour qui existe-t-on, comment sommes-nous perçus par ces autres et cela a-t-il un lien avec la réalité ? Également qui sommes-nous, que représentons-nous pour les autres ? Qui sommes-nous pour ceux qui nous aiment, qui espèrent de nous ? Sommes-nous capables de penser, d’accompagner et d’aimer les autres jusqu’à leur fin ? Que reste-t-il de nos existences ? Les vieux ont-ils le droit d’exister ? La mémoire des défunts est-elle souhaitée par les vivants ? La vie n’est-elle que vacuité ?
Que vous dire ? Cette belle rencontre avec Eugène Ionesco, on la doit à la Compagnie des passeurs, en particulier aux comédiens Guillaume Lanson et Alice-Maïa Lefebvre qui portent la pièce très haut, dépassant la simple pitrerie pour plonger le public, venu très nombreux, dans les méandres de l’âme humaine. Enfin, c’est Renaud Gillier, l’orateur, -et aussi metteur en scène- qui porte l’estocade de ce drame humain avec une gestuelle très réussie. On vit cette magie de voir s’incarner un texte, au premier abord, totalement abscons, qui se révèle, par le jeu des acteurs, fin, dramatique, flamboyant de sens. Une belle coproduction de la Compagnie des passeurs avec le Théâtre du Chêne noir.
Après… Il est 21h passées lorsque nous quittons le théâtre. La plupart des restaurants sont fermés ou vides. Ça n’est pas nouveau et ça n’est pas bon signe. Les propos de ma voisine résonnent. Son papa a 96 ans et sa maman pas loin, pile l’âge des petits vieux de Ionesco (elle l’appelle mon chou et lui la nomme Sémiramis). Lui finit sa vie comme une bougie qui s’éteint et elle, atteinte de la maladie d’Alzheimer, perd tous ses repères, tout comme Sémiramis. Nous ? Nous venons de rire et d’applaudir l’indicible, notre propre décrépitude. Mais pour l’heure nous reprenons la voiture. Dans la nuit, sur le parking de la rue Martin Luther King à Avignon, des dames dans des vans vendent leur charme. Au creux du pare-brise avant, des lumières allumées ou éteintes rythment la fréquentation. Une silhouette massive s’avance doucement, respectueusement de la vitre avant. Dehors, en hiver et dans la nuit, il fait froid et l’humanité cherche du réconfort.
Les infos pratiques Les chaises d’Eugène Ionesco. Théâtre du Chêne noir. 8 bis, Sainte Catherine à Avignon. Aujourd’hui encore 16 janvier à 16h. de 13€ à 19€. 04 90 86 74 87 et www.chenenoir.fr
Guillaume Lanson, l’orateur et metteur en scène Copyright Mireille Hurlin
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Pour sa nouvelle création, la Compagnie des Passeurs s’empare du chef-d’œuvre de Ionesco, ‘Les Chaises’ une farce tragique tourbillonnante et virtuose.
Un couple de vieillards vit isolé dans un phare au milieu de nulle part. Ils attendent tous les grands hommes pour leur transmettre un message qui permettra de sauver le reste de l’humanité. Ils arrivent mais l’orateur n’est toujours pas là pour transmettre ce message…
La Compagnie des passeurs a choisi de traiter ce classique de Ionesco écrit en 1951 et joué pour la première fois en 1952 en farce digne d’un vaudeville. Il y aura des chaises sur scène bien sûr, des masques et il y sera aussi question d’amour et de mort.
Samedi 15 janvier. 20h. Dimanche 16 janvier. 16h. 10 à 19€. Théâtre du Chêne Noir. Billetterie ici. 8 bis, rue Sainte-Catherine. Avignon. 04 90 86 74 87. contact@chenenoir.fr
Les chaises de Ionesco au Théâtre du chêne noir de week-end copyright Anna Meynard
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Julien Gélas, le directeur du Théâtre du Chêne noir propose ‘Le jeu du président’. Entre Machiavel et la Boétie, une pièce inspirée par le mandat du président de la République, Emmanuel Macron. Six acteurs au jeu affûté déroulent au jour le jour la féroce subtilité de l’exercice du pouvoir. Tout le talent ici est de faire de la philosophie politique un moment de gourmandise étonnant et réjouissant. On a adoré.
Un président (Alain Leempoel), sympathique qui se nourrit de pouvoir autant que de son image. Un conseiller, Vicien (Didier Brice), enveloppant de bienveillance, flatteur à souhait qui enjoint le président à s’amuser en toute circonstance. Un secrétaire d’Etat (David Talbot) amoureux de Rimbaud et titillé par Verlaine, un directeur de cabinet qui se serait bien rêvé en chef cuisinier (Emmanuel Lemire) et un chargé de communication (François Brett) invité à… surtout ne rien faire.
Vicien (Didier Brice), le plus proche conseiller du président (Alain Leempoel)
L’élément perturbateur Voilà, le décor est planté qui ne serait pas complet sans l’arrivée de l’élément perturbateur, Eléonore, la fille de Vicien, qui vient d’entrer à HEC (Haute école commerciale) en réalité ‘Miss Balaise’ influenceuse de gauche et dissidente notoire du pouvoir au million de followers. Le début de l’intrigue ? Le président lui propose de faire un stage à l’Elysée. Dès lors la mécanique du pouvoir s’infiltre dans le giron familial faisant exploser toutes les certitudes.
Jeu de pouvoir et Je du président Dans ‘Le Jeu du Président’, Julien Gélas, propose d’infiltrer la mécanique du pouvoir. En un mot, le président est Machiavel et le jeu du pouvoir une partie d’échecs. La plus puissante de ses armes ? La rhétorique ou le pouvoir de convaincre et tout devient possible lorsque l’on distingue faits politiques et valeurs morales. Dans ses rets ? Un père, Vicien, conseiller à l’Elysée et sa fille Eléonore, l’homme d’expérience et la candeur de la jeunesse, au cœur d’un palais –royal ?- où se jouent les ambitions concurrentes.
Douce tyrannie Le décor (Thierry Flamand) infuse une ambiance posée et sereine mais les apartés, les réflexions, les coulisses des discours officiels donnent à voir et à comprendre un monde autrement plus complexe. En pleine période des gilets jaunes le Président improvise : «Je passe à l’antenne dans une heure. La situation devenait explosive. Votre attentisme, Vicien, était devenu ma passivité.» «Vous avez fait des annonces ?» interroge Vicien. «Plus que çà, j’ai pris des engagements, ça nous coûtera quelques milliards mais la paix civile est à ce prix. Je suis un homme de l’urgence, à la guerre les héros naissent lors d’un coup d’éclat. On ne réfléchit pas lorsqu’il faut sauver la France ! On a beau être un Béotien en politique, ça n’empêche pas d’avoir de l’intuition !»
De gauche à droite Eléonore (Andréa Brusque) fille de Vicien, Vicien (Didier Brice) le conseiller , le président (Alain Leempoel), le directeur de cabinet (Emmanuel Lemire), le secrétaire d’Etat (David talbot).
Incisive écriture L’écriture de Julien Gélas est fine et rôdée comme une chanson. Elle puise les faits dans le quinquennat d’Emmanuel Macron, emprunte à Louis XVI et à François Hollande avec ses fameux ‘sans dents’ avec autant de gourmandise que de saine stupéfaction. «Le pouvoir en France depuis 5 ans est éminemment théâtral, analyse l’auteur et directeur de théâtre. Il me semblait nécessaire de se frotter à ce pouvoir éternel dans les intrigues, répété depuis les premiers empereurs antiques, et tout à la fois si particulier à notre époque technologique et spectaculaire.»
Références Estienne de La Boétie, le nom est lâché, un jeune homme d’à peine 18 ans lorsqu’il écrit le ‘Discours de la servitude volontaire ou le contr’un’… où l’art de dominer les ignorants. Nous voici nous délectant de philosophie politique sous la plume Julien Gélas sans doute très inspiré du grand auteur mort avant ses 33 ans. On se remémore cette phrase de lui : « Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autres biens ni d’autres droits que ceux qu’ils ont trouvés ; ils prennent pour leur état de nature l’état de leur naissance ». Oui, sans doute, à condition, de maintenir le pouvoir d’achat, ce qui est d’ailleurs le souci du président depuis le 17 novembre 2018, date des premières manifestations et blocages des ronds-points partout en France. «Je me désole de la façon dont les artistes ont déserté le terrain de la politique, soupire Julien Gélas, il me semblait nécessaire d’aller me frotter à ce pouvoir.»
De gauche à droite le directeur de cabinet, Eléonore, le chargé de communication (François Brett), le président, le secrétaire d’Etat et Vicien
Une grande claque ! Alors, dans la chapelle désacralisée du XIIIe siècle du 8 bis, rue Sainte Catherine à Avignon, on se prend une grande claque. Le décor, la mise en scène (de Gérard Gélas avec l’assistance de Mouloud Belaïdi) qui tient plus à une chorégraphie bien huilée, l’écriture, le jeu des acteurs, les lumières (création Florian Derval), la musique avec, notamment, les Cavaliers de l’apocalypse, tout y est fluide. Ah, j’oubliais, au creux de l’intrigue s’est glissée une scène d’anthologie, plus affolante que Sharon Stone dans Basic instinct. La salle, pensant vivre une hallucination collective, est restée scotchée ! Parce que cette pièce est une réussite tant sur le fond que la forme, courrez la voir.
Les infos pratiques Le jeu du président. Création du Théâtre du Chêne noir. Jusqu’au 12 décembre puis du 16 au 19 décembre. De 21 à 30€. Location 04 90 86 74 87. 8 bis, rue Sainte-Catherine à Avignon. www.chenenoir.fr
Eléonore et le président
Une adaptation réussie de «Changer l’eau des fleurs» au Théâtre du Chêne Noir
Le texte «Le jeu du Président» créé par Julien Gelas avait été lu dans le Cloître Benoit XII du Palais des Papes lors des cycles de lecture «Le souffle d’Avignon» pendant le Festival d’Avignon 2021. Il est désormais mis en scène et en lumière par Gérard Gelas.
La dernière création de Julien Gelas questionne la comédie du pouvoir. Dans cet espace de comédie et de tragédie que seul le théâtre permet nous aurons à cœur spectateurs, de lire entre les lignes et de suivre l’étrange pacte scellé entre le Président, son plus proche conseiller et sa fille. L’Élysée comme si vous y étiez…
Le coin du Chêne est ouvert 1 heure avant et après les représentations. Dans la salle John Coltrane, pour vous restaurer dans une ambiance conviviale et échanger avec les spectateurs et les artistes. Dégustation d’assiettes gourmandes concoctées par Mamie Lu Traiteur, accompagnées d’un verre de vin de Châteauneuf-du- Pape ou de boissons fraîches ou chaudes….Réservation possible uniquement par texto : 06 28 37 50 43.
Du 9 au 12 décembre et du 16 au 19 décembre. Les jeudis à 19h. Les vendredis et samedis à 20h. Les dimanches à 16h. 10 à 30€. Théâtre du Chêne Noir. 8 bis, rue Sainte-Catherine. Avignon. Réservation ici. 04 90 86 74 87. contact@chenenoir.f