18 février 2026 |

Ecrit par le 18 février 2026

Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Les déambulations étonnées d’une petite fille dans le vaste monde des adultes

Grande pour son âge, sa mère l’a appelée Girafe. Elle a neuf ans et se pose un tas de questions. Certaines réponses sont dans le dictionnaire dont sa maman récemment décédée lui a recommandé la lecture. Il y a la définition des mots, « joie » et « tristesse », par exemple. Mais rien sur les difficultés de son père, artiste, à gagner sa vie.

Un conte initiatique peuplé de drôles de personnages

Avec Judy Garland, son ours en peluche, Girafe s’embarque dans un périple où elle croise une série de personnages hauts en couleurs. D’un vieux qui sent la soupe à un banquier désabusé, d’Anton Tchekhov buvant du champagne à une panthère noire poursuivie par la police… Girafe découvre à quel point le monde des adultes est bizarre avec son obsession pour l’argent.

Avertissement 

Certains propos peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes. Merci de respecter l’âge minimum de 10 ans. Exceptionnellement les fratries dont les enfants ont moins de 10 ans ne pourront pas assister au spectacle.

Vendredi 20 février. 15h. Gratuit sur réservation uniquement par téléphone : 04 90 85 59 55. Le Totem. Scène Conventionnée d’intérêt national Art – Enfance – Jeunesse. Maison pour tous Monclar. 20 Avenue Monclar. Avignon.


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Trop absurde ? Trop bête ? Trop triste ? Qu’est-ce qu’une chanson impossible ? Deux chanteurs s’attaquent à cette énigme lors d’une joute musicale.

Vincent penche du côté de Bourvil, Richard Gotainer, et Patricia Carli, quand, Flannan ne jure que par Arletty, Francis Blanche et Francis Lopez…Ils trouvent des terrains d’entente chez Nougaro ou Marie-Paule Belle, nous donnent à entendre un répertoire aussi drôle qu’improbable.

Une création de Vincent Gaillard et Flannan Obé.

Pour acheter vos places en ligne, cliquez ici.
Samedi 14 février. 19h. 10 à 18€. Théâtre des Vents. 63 Rue Guillaume Puy. Avignon. 06 11 28 25 42 /
theatredesvents@gmail.com


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

‘Là personne’, mis en scène par Geoffrey Rouge-Carrassat, explore subtilement la violence de l’emprise. 

C’est l’histoire de quelqu’un qui n’appelle pas la police alors qu’il y a des raisons de s’inquiéter. Imaginez que vous êtes chez vous, au calme, tout va bien… Imaginez maintenant qu’à travers la fenêtre, vous découvrez qu’une personne vous observe… Il y aurait des raisons de s’inquiéter, n’est-ce pas ? Mais si vous décidiez de continuer à vivre, comme si cela était tout à fait normal ? C’est l’histoire de Là Personne, un acteur raconte au public une belle histoire, jusqu’à ce que le public comprenne qu’il ne s’agît pas d’une belle histoire, mais le comédien, lui, continue de le croire. C’est la pièce du déni, une plongée dans les mécanismes de l’emprise, dans sa douceur apparente, dans sa violence sans éclats.

Le mystère résolu ?

Geoffrey Rouge-Carrassat présente un spectacle allégorique qui révèle les mécanismes de l’emprise, une expérience étonnante, captivante et énigmatique. Le spectacle est issu d’une situation réelle racontée à l’artiste. L’histoire d’une dame qui, lors de deux soirées consécutives, a aperçu que quelqu’un l’observait au travers de la fenêtre de sa cuisine. Geoffrey Rouge-Carrassat s’est inspiré de ce récit pour imaginer Là Personne. L’intention était de résoudre l’énigme de ce récit par l’écriture, d’épuiser toutes les hypothèses possibles.Après 2 années d’écriture, Là Personne prend sa forme finale pour résoudre ce mystère.

Texte, mise en scène, scénographie et interprétation : Geoffrey Rouge-Carrassat
Création lumière : Emma Schler
Création musicale et sonore : Nicolas Daussy
Compagnie La Gueule ouverte.

Jeudi 12 février. 20h. 5 à 23€. A partir de 14 ans. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Grand succès au Off, se spectacle est conçu sous forme de « vraie fausse conférence » sur l’art de faire (difficile) et de démasquer (tout aussi difficile !) les « faux. »

Le directeur d’un grand musée londonien est dépité : il vient d’apprendre que le tableau qu’il a prêté au Musée du Louvre est un faux. C’est l’œuvre du plus grand faussaire du XXe siècle : Han van Meegeren ! Comme par magie, le faussaire apparaît. S’engage alors entre les deux hommes une discussion à bâtons rompus au fil de laquelle sont évoqués la jeunesse de Han, ses débuts prometteurs dans la peinture, ses désillusions… et sa fabuleuse histoire. 

Une histoire vraie

Han van Meegeren a existé, il a été un des plus grands faussaires du XXième siècle et particulièrement spécialisé dans les œuvres du peintre Vermeer. Frustré de n’être pas reconnu à sa juste valeur, Han décide de créer de « nouveaux Vermeer », des tableaux si parfaits qu’ils mystifient les plus grands experts… Mais un grain de sable va enrayer la machine et conduire le génial faussaire à un procès dont le bruit se répandra sur toute la planète… 

Une confrontation captivante

Au-delà de cette histoire incroyable, comment cette supercherie a pu exister ? Le spectacle y répond en nous faisant témoin de ce duel entre deux hommes, respectivement experts en leur domaine . En sortant vous saurez tout sur les techniques de restauration, l’utilisation des pigments, le vieillissement des matériaux utilisés. L’auteur et metteur en scène François Barluet s’est fort bien documenté et nous fait partager ses interrogations et sa fascination aussi pour ces personnages hors du commun. 

Texte et mise en scène : François Barluet
Avec François Barluet et Benoît Gourley
Gosset Productions

Mercredi 4 février. 20h. 10 à 20€. Théâtre Benoît XII. 12, rue des Teinturiers. Avignon.
Réservations et informations : 04 86 81 61 97 – atp.avignon@gmail.comwww.atp-avignon.fr


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Clémentine Aubry sera la prochaine directrice déléguée du Festival d’Avignon. Elle vient d’être désignée par la direction et le conseil d’administration du ‘In’ afin d’épauler Tiago Rodrigues, directeur du festival dont la mission a été reconduite pour 4 ans en septembre dernier. Clémentine Aubry prendra ses fonctions dans le courant du printemps 2026.

20 ans d’expérience
« Forte de plus de vingt années d’expérience dans la direction et l’administration de structures culturelles, Clémentine Aubry a accompagné et développé les projets d’institutions pluridisciplinaires de premier plan, animées par la même idée du service public de la culture, ayant en commun l’accompagnement des artistes et la relation aux publics et au territoire », explique le Festival de théâtre.

Des Bouffes du Nord aux Rencontre d’Arles en passant par le Louvre
Directrice adjointe et secrétaire générale du Centquatre-Paris depuis 2021, elle exerçait auparavant des fonctions de direction au Théâtre des Bouffes du Nord (administratrice), au Musée du Louvre (direction adjointe de l’auditorium et du spectacle vivant) et aux Rencontres d’Arles (direction de production et partenariats).

Titulaire d’un master d’Histoire de l’art et diplômée d’HEC, elle s’implique également dans la gouvernance d’institutions artistiques (Ecole supérieure d’art et de design – Le Havre-Rouen, Théâtre de la Cité Internationale).


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Du vendredi 23 janvier au dimanche 1er février, la grande fête du théâtre en hiver revient à Avignon pour fêter ses 20 ans.

Créé en 2006 à l’initiative de quelques théâtres permanents d’Avignon, ce festival au cœur de l’hiver est porté désormais par sept théâtres des Scènes d’Avignon  rejoints depuis 2025 par la FabricA du Festival d’Avignon et la bibliothèque Ceccano. Cette année, le Tiers lieu La Scierie et les Bains Pommer ont rejoint cette fête qui permet de mettre en avant la création régionale, et de « prêter » le plateau aux compagnies émergentes, souvent sans lieu. C’est un moment privilégié pour savourer le théâtre loin de la foule et la chaleur de juillet.

Quelques focus

Le soutien de la Ville d’Avignon se concrétise encore plus cette année avec l’ouverture du festival qui se fera aux Bains Pommer, musée municipal des bains publics récemment rénové. Une troupe amatrice va s’emparer des lieux et nous proposer une déambulation surprise aux allures de cabaret de 45 minutes. Fest’hiver se clôturera à La Scierie pour fêter l’anniversaire des 20 ans où artistes, spectateurs et équipes se retrouveront. Le traditionnel midi-sandwich aura lieu à la bibliothèque Ceccano où nous retrouverons les directeurs et directrices des scènes permanentes pour une lecture choisie de textes d’André Benedetto. 

Une programmation variée

La chorégraphe Julie Desse que nous avons remarquée lors du Off 2025 avec ‘Colette chambre 212’ poursuit son travail sur les corps vulnérables en chorégraphiant avec la Compagnie Mises en Scène de Michèle Addala – ils seront 15 au plateau – le quotidien d’une maison de retraite. Son ‘Colette au Soleil Levant’ se veut une proposition artistique mais également politique en invoquant le rôle des aidants et soignants. Séance de rattrapage pour ceux qui ont raté le spectacle nomade du In 2025 ‘La Lettre’ de Milo Rau proposé par la FabricA du festival d’Avignon : un manifeste tout public sur ce que peut être le théâtre populaire aujourd’hui.

Avec ‘Petites et moyennes Entourloupes’ de la Compagnie Un peu de poésie, on aborde avec humour une satyre de l’entreprise et de l’ultra-capitalisme.  Avec ‘Les Meutes’ le conte devient thriller, la famille ré-interrogée avec une proposition mêlant musique, récit et travail vidéo de Vincent Berenger, musicien, compositeur, vidéaste et photographe de la Compagnie Microscopique. ‘La stupéfaction’, ce peut être à la fois la sidération du COVID, le traumatisme d’un choc traumatique ou un burn-out survenu. La Compagnie 7e Ciel s’empare de ce large thème pour s’interroger sur la reprise du quotidien, de la vie après un bouleversement mais surtout pour se demander avec humour et tendresse ce qui peut encore faire lien aujourd’hui. ‘Le Cabaret des Oiseaux’ promet – car vu des extraits en résidence – une immersion kafkaïenne qui de douloureuse et absurde  forcera cependant notre imaginaire et nos rires.  

Une sortie de résidence

‘The big dream’ est une sortie de résidence qui serait le rêve chorégraphié n°1 de l’artiste Anthony Mathieu, surprise donc !

Une seule en scène

Le seule en scène de Carlie Radix aborde l’intime dans ‘Chavirer de bord’ : elle pose sur le plateau son propre cheminement intérieur et son enquête suite à la mort violente de sa sœur. 

Des adaptations

Le Horla de Maupassant devient une redoutable Intelligence artificielle dans l’adaptation de Julien Gelas et Guillaume Loublier qui poursuit ainsi sa recherche artistique sur les nouvelles technologies. Nicolas Pagnol et Vincent Fernandel , petits fils respectivement de Marcel Pagnol et Fernandel créent ‘Marcel Pagnol, variations d’amour’ accompagné par le pianiste Franck Ciup, l’occasion de découvrir la voix ensoleillée de Vincent Fernandel sur des textes parfois inédits et intimes de Marcel Pagnol.

Le programme du 23 au janvier au 1 er février

Vendredi 23 Janvier
19h30 – Bains Pommer, Bain surprise – Spectacle participatif déambulatoire – Compagnie Sortie 23 

Samedi 24 janvier
15h – Théâtre Transversal, Maëlstrom – Compagnie MAB
18h – Théâtre L’Entrepôt – Cie Mises en scene, Colette au soleil levant – Judith Desse
21h – Théâtre du Chêne Noir, Le Horla – Compagnie Simone Jacques 

Dimanche 25 janvier 
15h – Théâtre Transversal, Maëlstrom – Compagnie MAB
15h – Festival d’Avignon / La FabricA, La Lettre – Milo Rau
17h – Théâtre du Chien Qui Fume, Petites et Moyennes Entourloupes – Cie Un Peu de Poésie 

Mardi 27 janvier 
12h30 – Bibliothèque Ceccano, Midi Sandwich, lecture de textes d’André Benedetto
20h – Théâtre des Carmes Andre Benedetto, Chavirer de bord – Compagnie des passages 

Jeudi 29 janvier
20h – Théâtre du Chêne Noir, Marcel Pagnol, variations d’amour – Compagnie Dans la Cour des Grands 

Vendredi 30 janvier 
18h30 – Théâtre Transversal, The Big Dream – Compagnie L’Arc et la Flèche
20h – Theatre des Halles, Les Meutes – Compagnie microscopique 

Samedi 31 janvier
17h – Théâtre du Balcon, La Stupéfaction – Compagnie 7ème ciel
19h – Théâtre des Carmes André Benedetto, Le Cabaret des Oiseaux – Compagnie Le Vaisseau
20h30 – La Scierie, Grande Fête des 20 ans de Fest’hiver 

Dimanche 1 février
16h – Théâtre du Balcon, La Stupéfaction – Compagnie 7ème ciel 

Du 23 janvier au 1er février. Programme et adresses des théâtres sur scenesdavignon.fr
Tarifs de 5 à 25€ selon les spectacles.


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Histoire d’une femme poisson

Et si un jour, tout ce que vous pensiez vrai s’effondrait ? Si la réalité se fissurait, révélant qu’elle n’était qu’un mirage ? Plongez sous la surface, là où le monde scintille autrement, et faites la rencontre de Magdalena. Ici, sous l’eau, tout est jeu, éclat et musique. Ça swingue, ça chante, ça brille. Magdalena vit dans une bulle joyeuse, entourée de ses trois sœurs et de sa Grand-Ma. Un univers tendre, doux, magique, à l’abri des turbulences du monde. Bientôt, elle aussi deviendra grande. Une sirène. Elle quittera les profondeurs pour découvrir enfin tout là-haut. Mais que se passe-t-il quand la bulle vacille ? 

La compagnie Youka en résidence à la Factory-Théâtre de l’Oulle d’Avignon

Youka est une compagnie de spectacles vivants créé en 2023, et basée à Lapalud dans le Vaucluse. À la croisée du théâtre, de la marionnette et du chant, Youka développe une démarche artistique sensible et poétique. Elle nous propose sa sortie de résidence effectuée à la Factory d’Avignon en avant- première. 

Un délicat seul en scène 

Magdalena est une fable sensorielle et poétique mêlant théâtre, chant, marionnette et création sonore. Avec humour et délicatesse, Magdalena explore les vertiges de la désillusion, la transmission, l’identité, et le passage délicat de l’enfance à l’âge adulte. Un spectacle pour tout public mêlant théâtre, chant, marionnette et création sonore.

De et avec Alice-Maïa Lefebvre
Collaboration artistique : Mélaine Catuogno et Alice-Maïa Lefebvre
Accompagnement dans l’écriture : Pierre Berlioux
Fabrication marionnette : Marion Pirault

Vendredi 23 janvier. Entrée libre. Salle Tomasi. 4 rue Bertrand. Avignon. 09 74 74 64 90 / la-factory.org 


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

L’atelier théâtre de l’association Visions d’Artistes présente ‘Fais pas ta cocotte’, une comédie de Jacky Goupil et Stef Russel mis en scène par Marie-Hélène Bellomia.

Ce soir, c’est quitte ou double. Madame la Maire l’a annoncé : demain, le théâtre devient un parking. Une seule chance de le sauver : une représentation exceptionnelle. Le directeur mise tout sur Angelo, metteur en scène aussi génial que mégalomane, pour ressusciter Un fil à la patte de Feydeau, dans des décors et costumes d’époque. Brillant sur le papier… Catastrophique en coulisses. 

Une comédie en mode panique avec des vrais extraits de Feydeau

Les décors n’arrivent pas. Les accessoires manquent. Les costumes ont cent ans de décalage. Le metteur en scène promet le mariage à deux femmes à la fois. L’une fait tourner la tête d’un réalisateur. L’autre rend fou d’amour le directeur. Une comédienne tombe malade et se voit remplacée par la femme de ménage ! La mécanique s’emballe. Les portes claquent. Les mensonges s’enchaînent.

Un vaudeville décapant pour une soirée tout public

Quand le théâtre devient plus fou que la pièce qu’il joue, le spectacle ne peut qu’exploser. Du vaudeville dans le vaudeville. Une soirée où tout peut déraper…Une comédie désopilante tout public !

Vendredi 23 janvier. 20h30. 10 et 15€. Cinéma La Cigale. 79 avenue Maréchal Joffre. Cavaillon.


Tristesse et joie dans la vie des girafes au Totem

Un deux en un bouleversant

Le spectacle est construit autour de deux œuvres majeures, quoique courtes de Marguerite Duras. Les mains négatives, court roman écrit en 1974 et devenu court métrage en 1979 et L’homme atlantique, paru en  1982 mais écrit en 1981 pour le film Agatha ou les lectures illimitées. Cette rencontre avec Duras, ce bouleversement engendré, le comédien Didier Luttenbacher a voulu nous les transmettre en demandant à Laurent Montel de l’accompagner dans une mise en scène qui privilégie les mots, le souffle, l’autrice, sans pour autant épargner un énorme travail de renoncement du comédien seul en scène. Que l’on choisisse de se perdre dans ses yeux clairs ou se laisser happer par ses mains immenses, le texte fait régulièrement surface en un roulis tantôt implorant, tantôt fracassant. 

Ces « mains négatives » — qui est la définition en art pictural de la technique du pochoir qui applique un pigment autour de la main — préfigurent ce qui est, inexorablement : l’instant présent qui se lit dans la douleur du futur à vivre, le passé qui se révèle en creux par le silence. Ici le comédien Didier Luttenbacher tourne le dos à cette douleur mais ne la renie pas par l’aplat régulier de ses immenses paumes qui se cognent à la falaise, au mur « atlantique. » Un intermède chorégraphique permet de lier ces deux textes en un glanage de souvenirs éparpillés sur le plateau. 

Le texte, rien que le texte… et John Cage

Il fait noir, car la peine et le deuil d’un amour finissant l’exigent. La mise en scène est sobre car l’histoire est aussi d’une triste banalité où seuls les mots de Duras peuvent donner cette force singulière. Le texte est une énigme, on se perd dans les ressacs de l’âme en peine, dans l’écume au bord des lèvres, dans cette circonvolution à la fois hésitante puis finalement réaliste.

On retrouve les thèmes chers à Duras comme la solitude, l’amour, le deuil, la perte. On les retrouve sans les chercher, sans fil narratif.  Seule la musique de John Cage vient à point scander les souvenirs nous permettant une respiration qui fait effraction dans le réel. 

Un parti pris cinématographique

On assiste aussi à une formidable leçon de cinéma, un puissant traité sur la puissance d’évocation, sur le point de vue ou le parti pris c’est selon, un plan séquence où le chagrin survient enfin, où l homme atlantique se révèle, perdu à jamais à l’infini. Nous sommes nous-mêmes interpellés dans une mise à distance qui nous happe cependant car les mots de Duras sont toujours aussi hypnotiques. Sans connaître l’œuvre, on est frappé par le rythme imposé et en feuilletant les textes on s’aperçoit que tout était dit déjà dans la mise en page ou la calligraphie. Le travail d’adaptation théâtrale de ces 2 textes qui n’étaient pas écrits pour du théâtre, au contraire tirés d’un court métrage (ce qui est rare) a dû être passionnant : travailler les espaces en silence, les retraits en souffle, la prose en litanie incantatoire ou désespérée.

Vendredi 16 janvier. 20h. Théâtre du Balcon. Cie Serge Barbuscia. Scène d’Avignon. 38 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 85 00 80 / contact@theatredubalcon.org 

https://www.echodumardi.com/tag/theatre/   1/1