30 juillet 2026 |

Ecrit par le 30 juillet 2026

Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

La 80e édition du Festival d’Avignon s’est achevée ce samedi 25 juillet. Fin de l’édition ? Non ! Car un dernier spectacle commençait à 5h du matin dans la Cour d’Honneur ce dimanche 26 juillet : ‘L’Aube des questions’, une fête plus qu’un spectacle, coordonnée par le directeur du festival Tiago Rodrigues, l’historien Patrick Boucheron et la journaliste Aurélie Charon.

Comment rendre une fin de Festival joyeuse et prometteuse, qui soit une ouverture et non pas une fin, un début de combats, un début de réponses ? Le Festival d’Avignon réaffirme par cette rencontre matinale l’importance de l’Art et le refus de se taire face aux coupes budgétaires, à la montée des fascismes, au déni de démocratie. Que va-t-on devenir ? L’avenir nous le dira, mais nous qu’avons nous à lui dire ?

Au petit matin toutes sortes de noctambules se sont croisés pour tenter une réponse. Ceux qui ont fêté comme il se doit la dernière représentation d’un des 1700 spectacles du Off, ceux qui ne se sont pas couchés et qui rejoignent la Cour d’Honneur, dès la sortie du Mahabharata, bar du Festival ouvert toute la nuit pour l’occasion, ceux qui se lèvent après s’être couchés malheureusement un peu plus tôt que d’habitude pour cause d’annulation due à la pluie du merveilleux spectacle ‘Le Pas du monde’. 

Il fait encore nuit, il fait chaud, il ne pleut plus si ce n’est une pluie de questions

Sur scène les pupitres installés attendent les musiciens de l’Orchestre National Avignon-Provence conduit par la cheffe Debora Waldman, les chaises vides laissent présager beaucoup d’invités, d’interventions d’artistes ou de personnalités de la société civile qui sont annoncés autour du théâtre, de la vidéo, de la musique, de la danse. Edgar Morin est parmi nous grâce à un extrait de son documentaire projeté en ouverture « chroniques d’un été » qui pose la question essentielle « comment vis-tu ? », la voix de Marguerite Duras nous interpelle  sur l’enfance, Florence Aubenas sur l’Ukraine.

Le Soleil se lève à Kiev, à Beyrouth, à Gaza

« Chaque matin, le soleil réveille le monde. Mais qu’est-ce qui réveillera ceux qui dorment encore devant l’injustice ? »

Il sera beaucoup question de soleil qui se lève en France et dans le monde. Pourtant il n’est pas le même pour tout le monde. Philippe Martinez ( secrétaire général de la CGT 2015-2023) portera la voix de Jacques Prévert « Dis donc camarade Soleil, tu ne trouves pas que c’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron ? », la comédienne Oksana Leuta nous parle en direct de Kiev au petit matin et se demande qu’est ce qu’il restera d’elle après plusieurs années de guerre, de même le journaliste Rami Abou Jamous en direct de Gaza décrit son lever de soleil « gazastrophique » et se demande comment parler de fraternité aux enfants de Gaza. Le pendant du Soleil, notre ombre, sera également interrogée par la romancière Blandine Rinkel, qui par le biais du conte de Pierre Schlemihl, l’homme qui a vendu son ombre, met en avant le Peuple des ombres. En direct de Beyrouth, le journaliste Anthony Samrani propose de résister en plantant des tomates, pour défier le chaos du monde.

Une pensée en marche

Les chorégraphes Régine Chopinot et Boris Charmaz ont posé des questions en dansant, Camille de Toledo a alimenté le débat sur l’Europe, ça performe avec les écrits de Rébecca Chaillon, la poésie de Laura Vasquez, un texte de Carolina Bianchi. La jeunesse n’est pas en reste avec le savoureux débat filmé des élèves du lycée Philippe de Girard d’Avignon qui cherchent et trouvent leurs mots pour dénoncer « l’exploitation des systèmes. » Il a été question de servitude volontaire avec le philosophe Marc Crepon, de résilience avec Maria Melchior.  Tant de mots et d’idées qui se bousculent pour nous ouvrir le plus de réponses diverses possibles. Impossible de citer tous les intervenants. Bien sûr le fil conducteur était quelquefois tenu mais la prestation finale de Christiane Taubira, digne et juste, a replacé le combat à mener : « qu’en sera-t-il de la joie quand l’Internationale autoritaire persistera à se répandre ? Où va tomber la terre ? Il faut protester ? Alerter ? Désobéir ? »

Pourquoi l’être humain ne peut-il pas vivre sans musique ? 

Fabien Cali, artiste en résidence à l’Orchestre national Avignon-Provence (ONAP) a composé le livret de cette rencontre. Sa musique, délicatement mise en œuvre par la cheffe Debora Waldman, a suivi l’enrichissement du débat, additionnant les instruments, superposant les points de vues, déroulant un récit, provoquant le silence. 

Un programme pas comme les autres

À la sortie, 3 heures après, sourire aux lèvres et traits tirés, une bonne surprise — avant un café salutaire — nous attendait : la distribution d’un livret blanc de 84 pages. Au recto, l’affiche du festival, en quatrième de couverture un extrait de Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke qui nous encourage, en 1903,  à aimer et à vivre pleinement nos questions. Chaque page porte une question, entendue dans la Cour d’Honneur, à charge d’y répondre et de ramener ce carnet au Festival d’Avignon. Les absents pourront se le procurer tout au long de l’année. Une première action concrète et réponse à la dernière question posée : Et que ferons-nous quand nous nous disperserons ?


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

C’est l’histoire d’une rencontre entre Darwin et les « Chanteurs d’oiseaux. »

Darwin (1809-1882) naturologue et paléontologue britannique bien connu pour ses études sur l’évolution des espèces vivantes — mais dont la théorie sur la sélection naturelle ne sera reconnu et acceptée qu’en 1930 — n’a eu de cesse de voyager et d’observer la nature. Les « chanteurs d’oiseaux » c’est-à-dire Johnny Rasse et Jean Boucault ont passé leur enfance Picarde à rêver de voyages, bercés par le chant des oiseaux de la Baie de Somme. Ils ne se sont pas contentés de rêver. Ils ont appris à imiter les oiseaux, leurs chants, leurs sifflements. Ils ont participé et même été concurrents dans les plus hautes compétitions nationales. Ce spectacle, inspiré des « Carnets de voyage de Charles Darwin » ils l’ont conçu pour transmettre leur amour de la nature en général, leur fascination pour les oiseaux en particulier et leur grande admiration pour Charles Darwin lors de son voyage à bord du Beagle, du Cap Vert au Chili en passant par les îles Galapagos. le détroit de Magellan, l’Australie. 

Ce spectacle est un véritable voyage sensoriel, un embarquement immédiat sur les ailes des grands rapaces ou dans l’intimité d’un gazouillis. Ça chante, ça crie,  ça vocalise, ça babille, ça siffle, ça piaille. Entre poésie et pause pédagogique et scientifique, nous sommes tour à tour effrayés, curieux ou émerveillés. La scène devient un espace onirique, habité par le piano de Lidija Bizjak et les flûtes ethniques de Pierre Hamon. Nos deux maîtres chanteurs quant à eux rivalisent de complicité pour à la fois incarner un Charles Darwin à différentes époque de son épopée et nous offrir tout simplement un concert de sons extraordinaires qui brouille nos repères sensoriels.

Du 4 au 25 juillet. Relâche les 16 et 23. 20h15. 12 à 23€. Présence Pasteur. 13 Rue du Pont Trouca. Avignon.


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

Programmé (trop peu) en début de festival, Island Story permet d’asseoir des repères historiques avant de nous entraîner dans une Corée plus moderne mais où les divisions et les blessures de l’histoire transpirent.

Langue invitée du 80e festival d’Avignon, le coréen se découvre par ce premier spectacle de Kyung-Sung qui dévoile un épisode sanglant de l’histoire coréenne : le massacre en 1948 sur l’Ile de Jeju de dizaines de milliers de manifestants commémorant la fin de l’occupation japonaise. Pendant des  années, cet épisode a été oublié, étouffé jusqu’à la découverte près de l’aéroport de restes humains.

Sur le plateau, cinq personnages (dont un habitant de cette île) pour porter la voix et le témoignage des descendants de ces disparus qui ont été jetés dans les fosses communes, mains liées. La mise en scène joue sur une évocation pudique mais réaliste du massacre : monticule de sable,  douilles,  ossements en bois, vidéos de paysages de toute beauté. Les acteurs se présentent d’une manière légère et inutile (leur taille, longueur des mains) manière de s’effacer devant l’inutile et de marquer la distance avec les faits : ils ne jouent pas un rôle si ce n’est celui de transmettre afin que rien ne tombe dans l’oubli. Deux acteurs pédalent inlassablement, sans émotion, sur leur bicyclette, ils éclairent réellement avec leur dynamo le plateau dé- roulant ainsi le récit qui devient une véritable enquête.

Ce théâtre documentaire de par sa construction rigoureuse et archéologique a la froideur des faits. On s’émeut peu : tant de charniers, tant de guerre dans le monde depuis… L’histoire est terrible et se répète. Mais par ce témoignage, ce spectacle est nécessaire puisqu’il contribue à la mémoire collective de l’humanité.


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

On le sait, en France, malgré les votes récents, la décision d’une fin de vie est très encadrée et réglementée mais ne répond toujours pas à la demande des concernés alors qu’en Suisse le suicide assisté est permis. Dès lors, la personne en plein discernement peut préparer ses proches et son voyage à Zurich pour aller se « suicider » en pleine conscience.

Ceux qui restent, ce sont ceux qui doivent accepter, respecter et mieux, accompagner la personne qui a pris la décision.

Etienne, cadet de la fratrie est dans ce cas : à la demande de sa mère — merveilleuse de justesse Anne de Peufeilhoux — il va l’accompagner à Zurich.. 

La pièce est certes juste et émouvante mais très classique dans sa mise en scène quelquefois laborieuse — déplacement incessant de chaises et tables. Le propos est effectivement de jouer sur la vie qui continue pour Etienne qui tombe amoureux et celle qui va s’arrêter pour Annie. 

Ce chassé croisé amoureux pour deux couples occupent peut-être un peu trop de place car l’issue est prévisible comme l’est le décès d’Annie. La pièce aurait gagné à creuser les liens de la fratrie face à la demande maternelle.

Qu’importe cependant, c’est vivant, tonique et évite le pathos avec une ode à la vie et à l’amour. Et surtout, ce n’est pas triste !

Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 13 et 20 juillet. 10h10. 12 à 24€. La Scala. 3 rue Pourquery de Boisserin. Avignon. 04 90 65 00 90.


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

Dans ‘Laïka’ (2017), David Murgia et Philippe Orivel à l’accordéon ont observé de loin les déshérités sur un parking de supermarché, dans ‘Pueblo’ (2020), ils ont imaginé leur vie. Pour clore cette trilogie, avec ‘Rumba’, ils descendent sur ce même parking pour les rencontrer et nous les présenter. Alors comme nous sommes au théâtre, le plateau bien que minimaliste devient par la force de notre imagination et la verve de David Murgia un parking de supermarché qui attend des pèlerins. Qui dit pèlerins dit chrétienté et c’est ainsi que le récit commence….

Difficile de résumer ‘Rumba’ de David Murgia et Ascanio Celestini. Il y a bien une histoire, un fil rouge mais il serait réducteur. La performance d’acteur de David Murgia éclipse dans un premier temps le propos puis après apprivoisement il nous entraîne là où il veut c’est-à-dire vite et partout. Vite car il y a urgence à découvrir les « laisser pour compte », dénoncer la précarité sociale.  

Partout car la misère se trouve dans tous les pays du monde et même au-delà : « Combien d’étoiles il  y a dans le ciel ? Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter », scande régulièrement le narrateur.

Nos deux compères revisitent l’histoire de Saint François d’Assise, sa vie, son parcours atypique mais pour très vite se demander : Où serait il aujourd’hui ? Avec quels déshérités ? Cette question permet de convoquer sur scène une flopée de personnages haut en couleurs de Job le manutentionnaire à Joseph l’africain, en passant par Giovanni….étonnamment peu de femmes !

C’est une logorrhée qui donne le tournis à l’image de la misère autour de nous, c’est aussi le souffle nécessaire pour insuffler la vie à ces êtres oubliés. Puissant et précis, le Verbe de David Murgia nous enrobe et même s’il nous perd quelquefois il sait nous rattraper par des provocations ou au contraire des envolées dans l’espace. « Combien d’étoiles il y a dans le ciel ? Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter », vous dis-je.

Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 8, 15 et 22 juillet. 19h45. 10 à 21€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. 


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

Coup d’envoi éclatant des Estivales des Taillades ce samedi 11 juillet en partenariat avec Les Musicales du Luberon, avec un hommage à Debora Waldman, la cheffe d’orchestre née au Brésil, ancienne assistante de Kurt Masur à l’Orchestre National de France et 1re femme en France nommée Directrice musicale de l’Orchestre National Avignon-Provence en 2019.

Après 6 ans de fidélité au Vaucluse et avant de nous quitter pour d’autres aventures musicales, Debora Waldman viendra à 21h30 au Théâtre des Carrières accompagnée par la violoniste Eva Zavaro pour interpréter un concerto de Brahms et la Symphonie Ecossaise de  Mendelssohn. Le 18 juillet, théâtre avec ‘Le sosie’, le 21, un duo voix-violoncelle ‘Birds on a wire’, du folk, des reprises des Doors et des Cure, un zeste de brésilien avec Gilberto Gil et une pincée de Barbara et de Brel.

Le 23, ‘Loco Cello’ invite un violoncelliste en folie, Angelo Debarre pour du jazz gitan, du tango et du classique. Le 25, Jérémy Hababou, qualifié d’ »unorthodox pianist » à l’âme voyageuse, entre, Mozart et Céline Dion en passant par Satie et Ravel. Julie Depardieu elle, sera aux Taillades le 27 juillet pour ‘Une soirée chez les Schumann’. Elle lira les lettres et des extraits des  journaux intimes du couple passionnément romantique Clara – Robert, accompagnée par la mezzo Delphine Hamida et le pianiste Jean-Frédéric Neuburger. Pour le final, le 31, hommage à Otis Redding, auteur de The dock of the bay, publié un mois après sa mort dans un accident d’avion en 1968, avec ‘Ze Funky Family’, du 100% funk, soul, rythm’blues.

Et chaque soir des Estivales, en amont à 19h sur la Place de la mairie des Taillades, concerts gratuits ouverts à tous. Avec le 18, le Trio Pop-Corn, le 21 Kitch’n Tale, le 23, Au fil des cordes, le 25, Trio Renaissance, le 27 Goldy Flower et le 31 juillet, Simple Duo. De quoi découvrir des horizons musicaux différents avec de nouveaux talents !


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

Le 15 juillet 2021, des inondations frappent la Belgique, touchant les vallées de la Vesdre et de l’Ourthe… 

Les artistes de ce spectacle ont recueilli la parole des enfants qui ont vécu ces inondations et qui en ont été traumatisés. Ils ont effectué des ateliers de création, des entretiens et certains enfants ont intégré le spectacle, sur scène ou en vidéo. Leur vallée était devenue la vallée des larmes avec des pertes humaines et matérielles, la vallée du désespoir avec tous les tracas administratifs à venir et la reconstruction à assurer mais aussi la vallée de l’espoir pour comprendre et remonter aux sources de l’incompréhension. Il s’est agi de transformer cette matière en un théâtre à la fois documentaire et poétique. Tous les thèmes sont joliment abordés, sans pathos mais sans acceptation pour autant, à travers le regard ou plutôt le silence d’un enfant. 

Un spectacle pour tous qui donne la parole aux enfants

C’est l’histoire d’une enfant Camille qui ne parle plus : tristesse d’avoir perdu son chien dans cette catastrophe, colère contre la rivière. C’est l’histoire de tous les enfants qui ont pu décrire le grondement effrayant de l’eau, le silence des objets qui flottent, les voitures renversées, les déchets qui ont envahi la cour d’école, l’effondrement des adultes. La première partie évoque la tristesse, la colère et le traumatisme au sein de la famille de Camille. C’est très documenté et réaliste. Peu à peu, à mesure que Camille cherche à comprendre et à remonter aux sources de cette catastrophe, le propos se décentre et est traité d’une manière plus onirique alors que le thème abordé est bien réel et concret : celui du dérèglement climatique. La vérité apparaît peu à peu hauteur d’enfant : le fleuve est vivant, s’ il est sorti de son lit  c’est que la nature a repris ses droits, bafoués par les hommes. 

C’est l’histoire émouvante d’une réconciliation malgré l’adversité, malgré les fautes et le chagrin. Un spectacle tout public joliment mené et efficace. 

Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 8, 15 et 22. 10h30. 10 à 21€. Théâtre des Doms. 1 bis Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. 


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

Rêver sa vie ou vivre ses rêves ?

La question se pose pour Christelle qui ne sait pas dire non à sa mère qui nourrit des ambitions pour elle. Elle ne sait pas dire plus oui à ses rêves les plus fous : devenir artiste.

Dès les premières minutes la confrontation entre le personnage de la mère possessive et toute puissante et la  «  reine des folles » comme Christelle se nomme pose un des premiers thèmes de la pièce :  la charge que font peser ceux qui nous aiment mais qui ont des ambitions pour nous :  tu seras médecin ma fille ! Ou avocate ? La difficulté de dire non dans sa vie professionnelle, aux amis…

Christelle Korichi, à défaut d’avoir été médecin a réellement été infirmière et elle nous le prouve dans cette autofiction seule en scène: par des anecdotes désopilantes mais aussi des séquences poignantes : les invitations douteuse du chef de service, les  gardes de nuit , les changements de planning. Qu’importe, puisque son rêve existe toujours : devenir artiste.

La force de ce spectacle c’est l’énergie déployée sur scène qui n’a d’égale que le « parcours de la combattante » pour en arriver là mais aussi l’humour, la tendresse envers les personnages qu’elle interprète magnifiquement même si elle a eu à les combattre. 

Le bégaiement de l’enfance, le désarroi de l’adolescente font place petit à petit à une libération salvatrice où la femme comme l’actrice prend et rentre dans la lumière. Ses propos deviennent  un plaidoyer , une incantation à oser faire ce qu’elle a fait et  la preuve vivante est sur scène : regardez moi , je voulais être artiste je le suis, je viens de vous raconter ma vie, si j’ai pu le faire, vous aussi !

Fort à parier que beaucoup de vocations ou rêves trouveront leur chemin pour  dire oui à « un autre monde » aux infinis possibles.

Du 8 au 22 juillet.Uniquement les mercredis à 13h20. Théâtre des Brunes.32 Rue Thiers. 04 84 36 00 37


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

Comme chaque année, L’Echo du Mardi recense pour vous les spectacles du Festival d’Avignon, qui a lieu du 4 au 25 juillet 2026, dans une carte interactive mise à jour quotidiennement.

Bon spectacle !



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