30 juillet 2026 |

Ecrit par le 30 juillet 2026

‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

Un huis clos savoureux mais glaçant qui traite du sujet universel de la délation. Universel car rien n’est daté. Il y a bien un juke box , des tenues vestimentaires mais tout est fait au début pour nous perdre. Qui sont ces 2 hommes dans ce bar ? Que fait cette étrange serveuse à la fois désoeuvrée et sur le qui-vive qui traverse de temps en temps le plateau ? Elle veille ? Elle surveille ?

Par ce texte écrit en 2002, alors que Jean Marie Le Pen accédait au deuxième tour de l’élection présidentielle, l’écrivain et acteur français Jean-Claude Carrière voulait tirer une sonnette d’alarme sur la montée de l’extrême droite et alerter sur la démocratie en danger. Dans cette confrontation entre un commissaire et un indic, les dialogues se densifient, le ton monte, les rôles se renversent car en effet, le délateur est bien un citoyen ordinaire qui a fait son job : dénoncer. Que peut on lui reprocher ? Les situations deviennent absurdes,  l’étau se resserre, la naissance ou plutôt la genèse du totalitarisme se dessine sans discours grandiloquent. Il fallait pour porter ce texte étonnamment limpide et ciselé des acteurs remarquables que sont Stéphane Bierry et Yan Collette. A la fausse bonhomie et aisance de l’un répondent la rigidité et les faux fuyants de l’autre. Leur jeu est juste et approprié. Ils incarnent complètement le processus de la manipulation, ils ne font qu’un dans un engrenage machiavélique. 

Du 3 au 25 juillet. 13h35. 18 et 26€. Relâche les mercredis. Théâtre du Girasole. 24 bis, rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 82 74 42. 


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

Quand un avocat brillant ne comprend pas son procès, quand la situation lui échappe, quand il est à court d’arguments, quand il doit plaider pour lui-même ? On est forcément au théâtre… quoique que. C’est ce qui arrive à Henri Dutertre, verbe haut et carrure sûre quand il débarque pour une convocation croyant défendre un client . Peu à peu, on comprend que ce rendez vous est celui du Jugement Dernier et que l’interrogatoire va tourner à une confrontation spirituelle pour solde de tous comptes. Face à un Dieu incarné par un Yves Sauton soufflant le chaud et le froid et à la Mort flamboyante (Hélène Péquin) dont il tombe malgré lui amoureux, il croit tout maîtriser mais tombe en plein cauchemar. Heureusement le texte co-écrit par Thierry Desouche et Gregoire Aubert (‘La Parenthèse du Mimosa’, Off 2024) est plein d’humour, les situations pleines de rebondissements et finalement il (on) s’en sort plutôt bien puisque l’humain triomphe. Un texte servi sur un plateau par d’excellents interprètes.

Du 4 au 25 juillet. 14h55. Relâche le jeudi. 10 à 21€. Optimist Théâtre. 50 rue Guillaume Puy. 04 65  87 92 15


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

La Chapelle du Verbe Incarné présente dix spectacles irrigués par les mémoires, les luttes et les imaginaires des pays ultra-marins.

La Chapelle du Verbe Incarné fête son 29e anniversaire. Ce lieu a été créé par Greg Germain et Marie-Pierre Bousquet pour faire entendre les artistes de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Nouvelle Calédonie, Polynésie, Réunion. Mission superbement accomplie. Cette édition s’inscrit pleinement dans cette exigence. Greg Germain précise : « Notre programmation se déploie en archipel, nous avons voulu que les œuvres présentées composent un paysage artistique riche, indiscipliné, où les formes dialoguent autant que les histoires et où chaque proposition vient déplacer les lignes, questionner les récits dominants et faire surgir d’autres manières de dire le monde. Mais cette édition est aussi profondément ancrée dans le présent. Elle interroge nos sociétés contemporaines, leurs fractures, leurs tensions, leurs espoirs ».

Le Pass Toma
Comme l’an dernier, La Chapelle du verbe incarné propose le Pass Toma avec les dix spectacles pour 30€.

Les infos pratiques
Au menu non seulement des spectacles de théâtre, de danse, de musique, mais aussi des rencontres comme chaque année. Les samedi 11 et dimanche12 juillet : Les écrans du Tout-Monde : projections suivies d’un temps d’échange avec Christiane Taubira et Mathilde Damoisel ; les jeudi 16 et samedi 18 juillet Université d’été de la Sorbonne Nouvelle, les mercredi 15, lundi 20 et mercredi 22 juillet, lectures et le mardi 21 Karaoké littéraire. Chapelle du verbe incarné. Tout le programme ici. 21 G, rue des Lices à Avignon. Billetterie ici.
Marie-Hélène Loubatié


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

Au Théâtre du Chêne Noir, la programmation a déjà séduit 20 000 spectateurs qui ont réservé leur place avant que débute la nouvelle édition du Festival Off.

Et le patriarche, Gérard Gélas, qui fêtera ses 79 ans le 7 juillet prochain, reprend ‘Zadig’ de Voltaire à 14h50. « La philo, c’est mon socle, d’ailleurs j’avais eu 19,5/20 au baccalauréat, la meilleure note de France, moi qui étais élève au Lycée Mistral. On l’a vu avec le Bataclan, la tolérance, la lutte contre tous les fanatismes sont toujours d’actualité. Le ciselé de ce conte voltairien, drôle, décapant, sa profondeur m’ont convaincu de le ré-écrire, de le mettre en scène pour en faire une pièce de sorte que la jeunesse d’aujourd’hui puisse se rafraîchir à une pensée que n’asserviront jamais les algorithmes dans les portables. Eteignons-les, levons la tête et que le spectacle commence. »

Son fils Julien Gélas, qui lui a succédé, a alors présenté un à un les spectacles de cette 59e édition du Festival Off. « C’est émouvant de vous voir ici, dans cette ancienne chapelle. Même si la création en France est malmenée, si les subventions se raréfient, vous nous faites confiance les yeux fermés, déjà 20 000 billets prévendus, merci. La culture, ce n’est pas un luxe, c’est vital, c’est une liberté, c’est le bien-être de la société française. »

La programmation

‘Walt, la folie Disney’ est programmé à 10h Salle John Coltrane. « Ce génie était prêt à se mettre sur la paille pour vivre son art. Il a mis 4 ans pour sortir Blanche Neige au terme d’un long processus créatif à la fois douloureux et laborieux. À 12h15, ‘Tout le bleu du ciel’ de Mélissa Da Costa (best-seller aux 10 millions de lecteurs) sera mis en scène par Mikaël Chirinian dont le papa, ancien adjoint de Marie-Josée Roig était dans la salle lors de la conférence de presse.

Suivra à 14h15, ‘Ubu Roi’ d’après Alfred Jarry mis en scène par Jean-Marie Galey. « Avec sa casquette MAGA, il sature les réseaux sociaux de sa sottise sans limite et sa méchanceté décomplexée. Il sature l’égoût de l’information en continu, draine dans son sillage des millions de gogos écervelés et extasiés. » A 16h 15, ‘Carnets d’Ukraine’ de Michel Hazavanicius mis en scène par Julien Gélas. Portraits de femmes et d’hommes qui se battent pour leur liberté, leur terre, leur famille. L’art face à l’obscurantisme. 

Place à ‘Antigone’ à 18h, le chef d’oeuvre de Jean Anouilh mis en scène par Andréa Bescond, auteure des ‘Chatouilles’ qui se se lève et se bat contre le patriarcat de Créon. A 20h, ‘L’harmonie des genres’ de Noémie Delattre. Entre hommes à la masculinité bienveillante et femmes fortes et épanouies.

Dans la Salle Léo Ferré, à 10h15, une fidèle du Chêne, Frédérique Lazarini metta en scène ‘L’école des femmes’. A 12h30, ‘Un conte d’hiver’ de Shakespeare, suivra à 17h, ‘L’avare’ repensé par Tigran Mekhitarian avec 8 comédiens. Puis place à la danse avec ‘Islands’ sur une chorégraphie de Carolyn Carlson à 19h 20. A 21h 15, ‘Intra Muros’ d’Alexis Mickalik.

Du 16 au 25 juillet, Thierry Lhermitte viendra pour ‘La rencontre’ de Charles Pépin à 19h 30, Andréa Bescond les 6 & 13 juillet pour ‘Les chatouilles ou la danse de la colère’, récompensées par le Molière 2016 du seul en scène et par deux César au cinéma. Enfin le 20 juillet Francis Huster célèbrera ‘Un cancre au paradis’.

Entre artistes et spectateurs, le Théâtre du Chêne Noir, et son équipe qui fêtera ses 60 ans en 2027, reste viscéralement un lieu de création et de dialogue malgré les fanatiques en tous genres, jusqu’à Poutine et Trump.

Gérard Gelas. DR

‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

Si le(s) Festival(s) d’Avignon commence(nt) le 4 juillet, les théâtres, les compagnies et le public n’ont pas attendu pour investir la ville dès le mois de mai.

Au Théâtre Artéphile, le festival a commencé début juin

Depuis 9 ans déjà, Anne Cabarbaye et Alexandre Mange proposent en avant-première les créations de leur programmation de l’été.  Une programmation choisie et assumée pour satisfaire tous les publics autour des écritures contemporaines, présentée dans un élégant livret. Sur 14 spectacles dans les 2 salles d’Artéphile, 11 sont des créations que le public local a pu voir en juin à des tarifs très abordables, loin de la foule de juillet et avec un accueil « maison » idyllique pour se poser, discuter après le spectacle et même rencontrer les artistes. Ce n’est pas un thème qui a imposé la programmation mais de fait, c’est l’espoir (et Hope! ) qui en est – involontairement — le fil rouge. Les femmes, qu’elles soient interprètes ou metteuses en scène occupent également une place de choix, « accompagnées » souvent musicalement par un homme.

Deux grands textes ouvrent la matinée avec une adaptation de Jeanne d’Arc de Joseph Delteil et ‘Rêver de bout’ de Lydie Salvayre. Deux personnages de femmes volontaires, insoumises et en colère qui  livrent leur propre guerre. Dans un aurte genre ‘Mata hari titre provisoire’ tente de réhabiliter le mythe de l’espionne sulfureuse. À la mi journée, ‘Lichen’ mise sur la résistance à la modernité programmée tandis que Barbara Lambert dans ‘Algorythme’ essaie de survivre sans repères numériques. Quatre succès au OFF 2025 reviennent à Artéphile : ‘Avec plaisirs’, ‘Toutes les autres’ et ‘Le Choeur des femmes’ : le couple, le corps des femmes, la sexualité, autant de thèmes traités délicatement mais non sans humour, et ‘Rip’, ovni collectif adapté d’une nouvelle de Tolstoï. Encore deux face à face à la même heure : ‘La fileuse de nuit’ qui nous embarque dans les vertiges du non-dit pour réveiller les fantômes du passé tandis que ‘Les Gestes d’après’ les combattent pour mieux revivre. De même Séphanie Manus dans ‘Le cordon’ explore notre héritage transgénérationnel. Pour finir la soirée, ‘Et vivre était sublime’ adapté librement de Belle du Seigneur d’Albert  Cohen nous offre encore de beaux portraits de femmes en devenir tandis que ‘Sissi Von Hart’ nous plonge dans un huis clos bouleversant. 

Aux hasards des sorties de résidence ou des avant-premières

‘Discours aux animaux’ : Vu un soir de printemps dans les jardins du Carmel, ce spectacle est repris pour deux matinées et deux soirées seulement. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Valère Valerina, écrivain dramaturge récemment décédé, la pièce a de quoi déconcerter. A l’originalité, à la singularité de la langue de Valère Valerina s’ajoute une mise en scène audacieuse car en plein air et en déambulation dans le magnifique espace du Carmel de la Respelido. Le public (jauge réduite nécessaire) va déambuler sur trois espaces en suivant l’étonnant Yannick Gonzalez dans les 11 promenades qui constituent cette adresse aux animaux c’est-à-dire à des êtres qui ne peuvent pas nous répondre. Un moment hors du temps assuré.
Vendredi 10 et 17 juillet. 8h20. 19H40. Le Train Bleu-Jardin du carmel.

‘Ma nuit à Beyrouth’ : Née de l’amitié entre le performeur Nadim Bahsoun et l’autrice et metteuse en scène Mona El Yafi, ‘Ma nuit à Beyrouth’, vu en 2024, prend encore plus de sens aujourd’hui : un danseur doit renouveler son passeport dans un Liban ravagé et une ville plongée dans le noir. L’une parle, l’autre danse face à un mur mais comment rester debout dans un pays détruit, comment rester digne face à des situations administratives kafkaïenne. Cette danse de l’attente qui explore un pays meurtri nous rassemble dans une quête malgré tout touchante et poétique.
Au 11. 19h15. Boulevard Raspail.

‘Treize’ : Voici un chouette spectacle qui aborde d’une manière originale et efficace les relations mère/enfant. La comédienne Juliette Lapeyre, formée au théâtre du mouvement déploie des trésors d’ingéniosité pour dompter son fils, adolescent récalcitrant incarné par une marionnette. L’intensité et la fragilité de cette période de la vie sont mis en espace dans des acrobaties et des mouvements ayant pour seul appui une table rectangulaire aux pieds solides bien qu’un défaillant mais qui se stabilise un moment… Une belle mise en forme d’un sujet de fond.
Du 5 au 25 juillet. Jours impairs. 10 et 15€. Théâtre Isle 80. 18 Place des 3 Pilats. 06 42 69 00 26.

‘Warriors’ : Il sont sept sur scène et vont nous embarquer dans l’histoire de la guerre des gangs, de West Side Story aux Guerriers de la nuit. Sur un hip hop très narratif, puissant, énergique et inventif, la solidarité finit par triompher, l’adversité laisse place à la danse de la délivrance. Une chorégraphie d’enfer qui laisse pantois !
Du 4 au 25 juillet. Relâche les 9, 16 et 23. 12 à 24€. La Factory/Théâtre de l’Oulle. Rue de la Plaisance. 09 74 74 64 90.

À suivre…..

Festival Avignon Off. Du 4 au 25 juillet. Village du Off. 6 rue Pourquery Boisserin. Avignon.


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

Les six scènes permanentes d’Avignon — le Balcon, les Halles, le Chêne Noir, Transversal, les Carmes et le Chien qui fume — n’ont pas attendu le Festival et pour cause : elles sont présentes toutes l’année, ont une programmation régulière et nous régalent de leurs créations que nous avons eu la chance de découvrir en exclusivité

Sur les neux spectacles qui seront présentés au Théâtre du Balcon, nous avons pu voir et apprécier les deux dernières  créations de la Compagnie Barbuscia : ‘Le syndrome d’Ulysse‘ créé par Serge Barbuscia  qui donne une belle version contemporaine de ce mythique voyageur et nous livre ici un magnifique traité d’humanité qui efface les blessures de l’exil. Avec ‘L’étrangère‘, Jean-Baptiste Barbuscia. propose une relecture féministe du chef-d’œuvre de Camus dans un huis clos alerte et sensible. Le Théâtre du Chêne Noir présente deux créations parmi 18 spectacles programmés: ‘Zadig’ réécrit et mis en scène par Gérard Gelas mise sur le rire pour pourfendre l’intolérance et le fanatisme dénoncé en son temps par Voltaire tandis que Julien Gelas signe la mise en scène et la musique de ‘Carnets d’Ukraine’. Au Théâtre du Chien qui fume, sur les 14 spectacle présentés (dont le  théâtre du Petit Chien), nous avons vu ‘Vagabond‘, la dernière création de Gérard Vantoggioli qui est une totale réussite et qui nous plonge dans une humanité retrouvée. Au Théâtre des Carmes, pas de création, mais la reprise formidable de ‘Parler Pointu‘ et ‘Crash’. Belle aventure que ce ‘Thelma, Louise et Nous‘ porté par Anna Pabst et Nolwenn Le Doth du Collectif Le Bleu d’Armand dont nous avons suivi les étapes de création et qui se produira au Théâtre des Halles. On retrouvera la directrice du théâtre Transversal, Laetitia Mazzoleni, dans la lecture de Minable Umain de Romane Nicolas à l’occasion des lectures du Souffle d’Avignon et les 16 spectacles programmés font la part belle à l’écriture contemporaine. 

Le Souffle d’Avignon 2026, la 7e édition

Initié en 2020 par Serge Barbuscia et le Théâtre du Balcon, porté par les six Scènes permanentes d’Avignon et le Festival d’Avignon, le Souffle d’Avignon est rejoint cette année par le Centre des Auteurs dramatiques du Québec. En 2020, il s’agissait d’affirmer que l’Art ne pouvait être confiné, c’était un acte de résistance face à la crise sanitaire. Gageons qu’en 2026, à l’heure des restrictions budgétaires et des attaques ou censures de tous ordres, ce Souffle est encore plus essentiel. Ce cycle de lectures met en lumière les voix contemporaines du théâtre. Ces lectures de textes inédits en présence des autrices et auteurs invitent à découvrir des écritures actuelles dans un cadre historique et symbolique du jardin du Palais des papes. 

Le Souffle d’Avignon 2026. Du 8 au 19 juillet. 19h. Jardins du Palais des Papes. Rue des Escaliers Sainte-Anne en face du cinéma Utopia Manutention. Les billets seront à retirer sur place 30 minutes avant le début de la lecture. Entrée libre (dans la limite des places disponibles). Réservations par mail uniquement : scenesdavignon@gmail.com


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

L’Office de Tourisme Sud Luberon propose une déambulation théâtrale en plein air à travers les villages du Luberon, dans l’univers de Marcel Pagnol, ses mots, ses paysages et son imaginaire… Ainsi après Grambois, cette série d’événements immersifs se déroulent à Peypin-d’Aigues, Beaumont-de-Pertuis et Cabrières-d’Aigues.

Portée par la Compagnie Les Faussaires, la création Dis-Marcel ! prend la forme d’un parcours théâtral en plein air mêlant lecture, jeu d’acteur et création sonore. Le spectacle se déploie en quatre stations et conduit progressivement le public jusqu’à l’ambiance d’un plateau de cinéma des années 1930.

Sur scène, les comédiens Sébastien Lauro Lillo et Jean-Marc Fort donnent vie aux textes de Pagnol, accompagnés par le musicien Vincent Calemard dont la création sonore enveloppe le spectacle d’une atmosphère méridionale et intemporelle.

La compagnie des faussaires se présente

Conçu pour être joué dans l’espace public, Dis-Marcel ! mise sur des formats intimistes pour offrir “une expérience différente du spectacle vivant”. Le village devient décor, et la Provence dépeinte par l’auteur et cinéaste provençal semble n’avoir jamais vraiment disparu.
Une démarche qui entend aussi valoriser les villages accueillant les représentations, en créant des événements accessibles où culture et découverte locale se croisent.

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)

Dis Marcel ! Quatre rendez-vous à 19h : Samedi 6 juin : Peypin-d’Aigues (Fontjoyeuse), Dimanche 7 juin : Beaumont-de-Pertuis, Samedi 27 juin : Cabrières-d’Aigues. Durée : environ 1h30. Dès 10 ans. Places limitées, réservation obligatoire sur boutique.sud-luberon-tourisme.fr


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

La 71e saison des ATP d’Avignon s’achèvera ce jeudi 4 juin à 20h au Théâtre Benoît XII, avec le magistral Richard III de William Shakespeare, tout aussi magistralement mis en scène et interprété par William Mesguich.

Richard III, malheureux et laid, dévoré par l’ambition d’être roi, laissa mourir son frère régnant, le roi Édouard IV, et fit assassiner celui qui devait lui succéder, Georges, duc de Clarence. Décédé en 1485 à l’âge de 32 ans lors de la bataille de Bosworth Field, il fut le dernier roi d’Angleterre à mourir au combat (« Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! »). Sa mort mit fin à l’hégémonie de la famille Plantagenêt qui régnait sur l’Angleterre depuis 300 ans et ouvrit la porte à la dynastie des Tudor. Shakespeare met en scène l’ascension et la chute brutale du tyran et dresse de lui un portrait de despote assoiffé de pouvoir, de roi maudit tandis, qu’à la Cour règne une atmosphère empoisonnée. Un portrait, certes, excessif, car tributaire du récit élaboré par les Tudor, un portrait qui a été volontairement noirci puisque même les tableaux le représentant ont été retouchés afin de lui donner un aspect plus inquiétant.

Une mise en scène visionnaire de William Mesguich 

William Mesguich brosse une fresque dantesque, apocalyptique et effroyable et met en scène un terrifiant bossu, pervers, tant dans sa gestuelle que dans le timbre de sa voix ou dans son regard halluciné. Une fresque qui rappelle les agissements de tous les extrémistes assoiffés de pouvoir.

Mise en scène : William Mesguich
Avec Oscar Clark, Xavier Clion, Madeline Fortumeau, Alain Guillo,William Mesguich, Betty Pelissou, Nadège Perrier, Thibault Pinson. Théâtre de l’Étreinte.Compagnie William Mesguich.

Jeudi 4 juin. 5 à 20€. Théâtre Benoît XII. 12 rue des Teinturiers. Avignon.
Réservations  et informations : 04 86 81 61 97 – atp.avignon@gmail.com – www.atp-avignon.fr


‘Le Circuit ordinaire’ au Théâtre Girasole

« Nous avons souhaité partager des questions avec le public pour transformer ce 80e Festival d’Avignon en une grande fête des questions. »

Tiago Rodrigues a créé ainsi la surprise lors de la conférence de presse présentant la programmation du 80e Festival d’Avignon. Le public étant au centre du festival , c’est celui-ci qui était invité sur scène pour présenter cette 80e édition en 80 questions. Un groupe de 80 volontaires, hommes et femmes, fidèles du festival ou pas, jeunes ou seniors qui se sont interrogés face aux propositions artistiques. Le premier questionnement est venu de l’affiche qui représente un point d’interrogation noir qui tape du poing sur une table. Elle résume à elle seule ce que sera le 80e festival d’Avignon : une grande fête de questions posées par les artistes, des questionnements où des réponses ne seront pas forcément attendues. Le deuil, la transmission, les fantômes, l’amour, la mémoire, la place de la poésie, le devenir des corps….autant de thèmes qui nous laisseront cheminer dans un dédale de questions aux réponses diverses. Monstratif ? démonstratif ? En 2026 le spectacle vivant  sera aussi interrogatif !

Les chiffres en questions

Si ce 80e Festival d’Avignon se veut une Foire aux questions sans réponses unanimes, les chiffres cependant témoignent d’une certitude : pendant 22 jours, Avignon accueillera l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain.

Plus de 750 salariés mobilisés, 47 spectacles dont 30 créations qui représentent 64% de la programmation, près de 300 rendez-vous incluant spectacles, rencontres, lectures, débats et projections associant une dizaine d’acteurs culturels, 2 expositions, un spectacle itinérant dans 14 communes, 40 lieux investis… Pour 2026, les productions du Festival continueront de rayonner avec près de 165 représentations dans 12 pays et 40 lieux.

Quelques certitudes au-delà des chiffres

Si on se pose la question de la parité, elle est largement respectée, les femmes représentant 55% des artistes. Après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, le coréen est la langue invitée. Le théâtre est toujours la première discipline. Le programme ‘Première fois’, permettant la découverte aussi bien logistique qu’artistique du festival est reconduit et la fidélisation de ce nouveau public est également envisagée pour 2027. Les territoires cinématographiques accueilleront au cinéma Utopia des réalisateurs et réalisatrices coréens. La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues succède à Mathilde Monnier pour mettre en œuvre le programme ‘Transmission impossible’ qui permet à de jeunes artistes, étudiantes et étudiants en arts vivants post-diplômés, une immersion totale dans le Festival. Le Café des idées est reconduit chaque jour du Festival au Cloître Saint-Louis afin de « donner la parole aux questions » et d’engager des débats et conversations avec artistes ou personnalités telles que Han Kang, Prix Nobel de littérature 2024 ou Edwy Plenel ou d’accueillir des rencontres comme Foi et Culture avec le diocèse d’Avignon, Et bien sûr, le Festival poursuit et améliore ses engagements envers l’accessibilité pour tous, la mobilité durable et la réduction des déchets.

Deux spectacles investiront La Carrière de Boulbon

Une fois n’est pas coutume, la Carrière de Boulbon accueillera 2 spectacles. ‘Silence’, un concert chorégraphié de Lucie Antunes et  Mathilde Monnier et ‘1, 2, 3 Poquelin’ du collectif flamand Tg Stan qui nous apprendra tout sur Molière avec humour.

Dans la Cour d’honneur

Julien Gosselin ouvrira la foire aux questions avec ‘Maldoror’, un étrange mix de  Lautréamont et de l’écriture de Roberto Bolaño ou comment peut on être fasciné par le Mal. Avec ‘Oiseau’, Julie Deliquet , Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee proposent une lecture-adaptation franco-coréenne d’un extrait du dernier roman de Han Kangva, Impossibles adieux. Pour ceux qui n’ont pas découvert Benjamin Clémentine dans le métro parisien, il sera en concert unique le 19 juillet. Le cirque sera – enfin- présent dans la Cour d’honneur grâce au Collectif XY qui interroge notre rapport au vivant et la solidarité dans ‘Le Pas du monde’.

Le Coréen, langue invitée

Après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, le coréen une langue « faite de résistance et de résilience » se conjuguera à travers le théâtre, la gastronomie, le cinéma, la danse et la littérature. Si on connaît la culture coréenne par les séries k-drama, la K- pop ou la gastronomie coréenne, le festival va être l’occasion de découvrir le pansori, récit chanté, dans ‘Neige, neige, neige’ avec la chanteuse Lee Jaram. ‘Island Story’ de Kyung-Sung Lee rappellera la lutte des Coréens contre les Japonais en 1948. Jaha Koo présentera trois  de ses spectacles : ‘Cuckoo’, ‘The History of Korean Western Theatre’ et ‘Haribo Kimchi’. On parlera écologie avec la chorégraphe Sung Im Her avec 1 Degree Celsius et on s’immergera en apnée avec les plongeusese de Muljil.

Il sera aussi question de…

En danse, Boris Charmatz , Mathilde Monnier  Madeleine Fournier, Trajal Harrell et Katerina Andreou offriront leurs dernières créations. Tiphaine Raffier, programmée pour la première fois au Festival présentera le premier spectacle de la FabricA, ‘Hors présence’, un huis clos sur la mort et la fin de vie. On se réjouit plus de vingt ans après du retour du circassien Johann Le Guillerm avec ‘Terces’ qui aura l’écrin de la Plaine de l’Abbaye de Villeneuve-lès-Avignon pour nous étonner de son inventivité. On retrouvera Rebecca Chaillon (Carte Noire en 2023) dans ‘La parabole du Seum’ qui interroge la peur, un Hamlet itinérant de Thibaud Perrenoud. Valérie Dréville se produira dans une seule en scène ‘Thésée, sa vie nouvelle’. Le spectacle long qu’affectionnent les fidèles du festival sera celui de Carolina Bianchi et Cara de Cavalo pour une performance marathon forcément bouleversante et dérangeante de 10h à l’Opéra Grand Avignon.

La soirée de clôture devient un matin lumineux

Le Festival se clôturera par L’Aube des questions, lors de laquelle 80 questions seront formulées par des dizaines de personnalités artistiques, culturelles, politiques, associatives, de la société civile… dans la Cour d’honneur du palais des Papes. Habituellement le Festival se clôture à minuit. En 2026, de 5h à 7h du matin, la lumière naissante préfigurera l’édition anniversaire de 2027. 

Billetterie ouverte à toutes et tous sur festival-avignon.com et fnacspectacles.com
À partir du 20 juin, par téléphone et au guichet. Du mardi au samedi de 9h30 à 14h puis de 16h à 18h30.
Tous les jours aux mêmes horaires, dès le 1er juillet. 20 rue du Portail Boquier. Avignon. 04 90 14 14 14

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