16 mars 2026 |

Ecrit par le 16 mars 2026

Festival d’Avignon : ‘Le sommet’, l’ascension réussie de Christoph Marthaler nous enivre 

Jusqu’à la fin et même encore le suspense est total : qui sont donc ces 6 personnages qui font leur entrée successive pour le moins originale dans un drôle de chalet ? Viennent ils s’y réfugier ? S’y réunir pour un G6 ? Prendre des décisions ? Lesquelles ? Dans quelle langue ? 

À toutes ces questions les pistes de réponses de Christoph Marthaler sont réjouissantes et sa mise en scène formidable

Il peut s’agir d’un chalet ou d’un refuge alpin : le pic rocheux qui le transperce, les tenues farfelues de montagnards, l’agencement collectif du lieu — lits superposés en bois, tables et bancs de cantine — le décor en bois et même trousse de secours l’attestent. Ensuite, les situations plus qu’improbables s’enchaînent et nous savons que nous n’aurons aucune réponse et que ce n’est pas le but. Nous nous laissons porter par une partition de comédie humaine mêlant avec bonheur les ingrédients qu’affectionne Christoph Marthaler : mime, opéra, lyrisme, musique et bruitage. 

Des personnages « perchés » qui n’ont pas peur du vide

Aux besoins essentiels, manger, dormir, se soigner, s’organiser, se greffent des moments de détente, de fête mais qui ne cachent pas pour autant la vacuité de leur existence. Les acteurs sont formidables et passent aisément dans les différents registres, on sent une construction collective de ce spectacle qui atteint l’absurdité du Génie des Alpages, l’ivresse des sommets et nous donne le vertige. 

Une métaphore géniale et inquiétante d’une Europe qui se cherche

Ici point de traducteur, point de convergence. Chacun sa langue — italien, allemand, français, anglais — quand ce ne sont pas des chants ou des séquences de beatboxing (sons avec sa bouche) hilarantes. Les personnages ne s’écoutent pas, se frôlent, s’évitent, s’ennuient ensemble (superbe séquence au sauna) ou au contraire sont débordés quand il s’agit d’étudier des dossiers. Ils se laissent porter par les événements qui leur arrivent de l’extérieur par un monte charge ou une trappe aérienne. Leur peu d’initiatives fait frémir.

‘Le Sommet’ au Festival d’Avignon 2025. En tournée dès octobre en France.


Festival d’Avignon : ‘Le sommet’, l’ascension réussie de Christoph Marthaler nous enivre 

‘La Distance’ : un titre simple pour une histoire simple

Nous sommes en 2077. Amina est partie sur Mars, convaincue d’un monde meilleur à reconstruire ailleurs, sans en avertir son père Ali. Celui-ci va chercher à la convaincre de revenir. Seuls les messages vocaux sont possibles mais le compte à rebours de la mémoire a commencé.

Une histoire improbable ?

Pas si sûr car le réchauffement climatique, la destruction programmée de notre Terre, les guerres planétaires, donnent toute sa crédibilité à cette histoire bouleversante. Elle interroge le lien familial, la mémoire, notre engagement individuel pour sauver la planète ou construire une humanité meilleure. Peut on être humain ailleurs ? 

Une interprétation bouleversante et exceptionnelle

Dialogues forts et épurés servis par une interprétation exceptionnelle d’Adama Diop en père aimant et bouleversé par l’exil volontaire de sa fille, et la jeune Alison Dechamps fragile mais déterminée, représentant toute une génération qui arrête de nous demander des comptes et préfère agir, quitte à la faire d’une manière radicale. 

Un dispositif scénique affolant

Par la présence astucieuse d’un plateau tournant évoquant une nature hostile, le désespoir et l’incompréhension du père répond à la détermination et à l’espoir de sa fille. Il y a cependant des points de rencontre, où la proximité n’a jamais été aussi proche, malgré la distance. Le plateau tourne de plus en plus vite car le temps presse, la mémoire s’estompe jusqu’à un glaçant «  excusez moi, qui êtes vous ? », l’oubli étant plus fort que la distance. Le vertige affolant de la perte nous emporte fracassant au passage nos Orwell, Huxley ou Barjavel de référence. 

Pour ceux et celles qui n’ont pas eu de places ou sont absents, sachez que le spectacle sera à Istres en mai 2026 et à Aix en Provence en juin 2026.

Jusqu’au 26 juillet. 12h. 40 et 45€. L’autre Scène. Avenue Pierre de Coubertin. Vedène.


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On peut se bercer d’illusions, les garder, les perdre

On pourrait dire que cette pièce d’Ivan Viripaev, mise en scène par Lior Aidan du collectif On finira bien par comprendre, explore toutes les facettes des illusions, mot pudique pour ne pas nommer les mots mensonges ou trahison. À l’orée de leur mort, deux couples mariés nous font leurs confidences. Une définition chorale de l’amour nous est proposée et elle n’est pas toujours bonne à entendre. 

La grande comédie des sentiments

Tour à tour les quatre comédiens-narrateurs nous livrent la version de la vie de  Dennis, Sandra, Albert et Margaret. Rebondissements, surprise et même  suspense vont rythmer leurs interventions. On tombe de haut face à des pseudo contes de fée raconté par l’intéressé. 

Il faut suivre….et on les suit volontiers

Ils nous racontent une histoire qui au fil du spectacle trouve des connexions, se mélange, se superpose, s’éclaire du récit précédent. Cela devient complexe comme le sentiment amoureux, clair et fulgurant comme l’attirance, douloureux comme la perte de ses illusions, inconfortable comme le doute et le mensonge. Cet enchâssement est un véritable vertige qui nous embarque dans des essais de définition du véritable amour : doit il être réciproque ? Vérités ou mensonges ? et au bout du compte est ce si important ? 

Les quatre comédiens sont formidables. Ils apparaissent tout à tour sur le ring de la vie avec convictions et ardeur. Servis par des mots simples mais percutants,  ils s’adressent  directement au public. C’est assez troublant car ils ont l’assurance du comédien qui vacille en même temps que leur personnage. Ils témoignent et en même temps ils doutent, ils enquêtent et ils nous embarquent dans nos propres interrogations concernant la vie amoureuse.

Envie d’en savoir plus sur cet auteur contemporain polonais

Ivan Viripaev est un acteur, dramaturge, réalisateur, scénariste et metteur en scène polonais né le 3 août 1974 à Irkoutsk (URSS). Il a récemment dénoncé l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En 2022, il renonce à la nationalité russe et devient polonais. Il a écrit près de vingt pièces traduites et montées en plusieurs langues. Son œuvre, au théâtre comme au cinéma, a été couronnée de nombreux prix internationaux – Les enivrés, Les Guêpes de l’été nous piquent encore en novembre – à l’écoute des Biélorusses réprimés et emprisonnés par leur président mal élu, Loukachenko.

Jusqu’au 24 juillet 2025. Les jours pairs. 13h05. 14 et 20€. Train Bleu. 40 rue Paul Saïn, Avignon.


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Une jeune compagnie inspirée et engagée

Fondée par Sébastien Bizeau en 2022, la compagnie Hors du temps, avec deux spectacles à son actif, a connu un succès immédiat, amplifié par le phénomène Off il est vrai, mais surtout par son travail mêlant fiction et réalité en traitant des sujets de société avec humour non sans poser des questions essentielles. Il faut ajouter un metteur en scène Sébastien Bizeau qui sait mettre en place des situations contemporaine intelligibles par tous tout en  les reliant à des références classiques, le tout dans un langage alerte. Dans Heureux les orphelins on chemine dans l’Odyssée d’Homère avec la mort d’Agamemnon, dans ‘Pourquoi les gens qui sèment’, c’est Antigone ou Bérénice. Dans les deux cas, la compagnie nous donne à voir une fable contemporaine réjouissante, drôle et enlevée par des acteurs fidèles présents dans les deux spectacles, tels Paul Martin et Mattieu Le Goaster, épatants.

Création Off 2025, ‘Pourquoi les gens qui sèment’

Ce qui pourrait s’apparenter à du théâtre documentaire tant le ton est juste et les situations réelles — combat contre les bassines, inauguration salle des fêtes, émission radio, posture des hommes politiques — est un spectacle qui laisse la place à la conscience du spectateur. Sans être purement interactif, on a envie d’entrer dans l’arène, dans le débat, de prendre parti. Nous restons assis mais le rire l’emporte, on jubile devant tant de situations quotidiennes cocasses. Sous le rire, la conscience s’éveille cependant et les questions de citoyens affleurent. Nous ressortons du spectacle galvanisés mais conscients de la complexité de l’engagement citoyen face à notre choix de vie.

Heureux les orphelins’.  Relâche le 23. 9h55. 9H55. 12 à 24€. Les Gémeaux. 10 Rue du Vieux Sextier. 04 88 60 72 20.
‘Pourquoi les gens qui sèment’. Relâche le 22. 12h40. 12 à 23€. Salle Tomasi. 4 rue Bertrand. 09 74 74 64 90.


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Les Français n’ont peut-être retenu que l’histoire cachée de la fille de Mitterand : Mazarine. Elle est pourtant le fruit d’une histoire d’amour entretenue pendant plus de 30 ans entre François Mitterrand et Anne Pingeot.

Il ne faut pas s’attendre à des révélations truculentes ou des scoops concernant la vie politique française de l’époque. Ces lettres, écrites entre 1962 et 1995, sont exclusivement centrées sur Anne et les émotions, l’amour ardent d’un homme déjà mûr face à une jeune femme, dans toute la complexité d’une relation amoureuse cachée.

Anne Pingeot, enfin mise en lumière

Celle-ci a choisi de publier 20 ans après sa mort, les lettres que lui a adressées François Mitterand. Par le choix de la mise en scène d’Alice Faure et le jeu extraordinaire et sensible de Cécile Roux, celle que l’on pourrait penser recluse, sous emprise se révèle une femme forte et déterminée. L’actrice est habitée, rayonnante et on vit sa transformation sur scène tout en finesse.

Elle donne la réplique à Samuel Churin qui réussit lui aussi à nous convaincre d’un amour sincère mais qui n’occulte pas la face égoïste, prétentieuse et finalement peu sympathique de homme d’Etat. Le spectacle trouve sa grâce finalement si on oublie le nom des protagonistes et si on s’attache à la poésie de cette correspondance et à la fulgurance tragique de cette histoire. 

Jusqu’au 27 juillet. Relâche le 21 juillet. 17h30. 12 à 23€. La Scala. 3 rue Pourquery de Boisserin. Avignon. 04 90 65 00 90.


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En accueillant la Comédie-Française à la Scala Provence avec le spectacle ‘Les Serge (Gainsbourg point barre)’, Frédéric et Mélanie Biessy marquent un moment historique : un théâtre public joue dans un théâtre privé, une Maison d’État joue dans une maison privée qui lui ouvre grand ses portes.

C’est en ces mots que le directeur de la Scala a accueilli la presse, Françoise Nuyssen, présidente du Festival d’Avignon, Harold David, président du Off, et surtout les six pensionnaires du Français que nous retrouverons dans ‘Les Serge’ du 14 au 26 juillet à la Scala Provence dans la salle 600 : Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski, Marie Oppert, Axel Auriant, et Rebecca Marder.

Bâtir des ponts putôt que de construire des murs

« Les dates communes du In et du Off sont déjà une première dans l’histoire du Festival, et s’il y a encore deux festivals, ils regardent tous dans la même direction, côte à côte et non plus face à face », poursuit Mélanie Biessy. La Maison Scala ne se contente pas d’accueillir un spectacle Gainsbourg, elle invente une convergence entre Vilar et Gainsbourg. En droite ligne du projet que la Scala poursuit depuis son ouverture en 2022 : relier des mondes, abolir les frontières, permettre la circulation des esthétiques. 

La Comédie Française dans la Cour d’Honneur avec le Soulier de Satin et à la Scala Provence avec ‘Les Serge’

Fondée en 1681, la troupe de la Comédie-Française est la plus ancienne en activité au monde. Sa devise, Simul et Singulis, « être ensemble et être soi-même », dit beaucoup de son fonctionnement : un lieu de créativité, en perpétuel renouvellement, mémoire des Arts du dire mais également ouverte à d’autres esthétiques. Plus de trente spectacles sont présentés chaque saison dans ses trois salles parisiennes et beaucoup sont en tournées, C’est le cas du spectacle ‘Les Serge’ qui termine sa tournée — entamée en mars — au Festival d’Avignon. 

6 comédiens-musiciens, 17 chansons, 1h20 de spectacle

Les metteurs en scènes et interprètes Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux ont privilégié le Gainsbourg amoureux et sensuel pour choisir dans lson très large répertoire. « Nous avons choisi la forme concert et non pas cabaret, forme dans laquelle Gainsbourg était moins à l’aise » Il y aura des chansons et des extraits d’interviews.

Chacun cherche son Serge

À travers l’interprétation de ces 17 chansons :
Le Poinçonneur des Lilas, 1958
Black Trombone, 1962
L’Eau à la bouche, 1960
Elaeudanla Téïtéïa, 1963
Variations sur Marilou, 1976
Love on the Beat, 1984
La Noyée, 1973
Les Sucettes, 1966
Je suis venu te dire que je m’en vais, 1973
Vu de l’extérieur, 1973
Comme un boomerang, 1975
La Chanson de Prévert, 1961
La Javanaise, 1963
Mon légionnaire, 1987
Ces petits riens, 1964
Initials B.B., 1968
Valse de Melody, 1971

Jusqu’au 26 juillet. 21h30. Relâche les lundi. 35 à 40€. La Scala. 3 rue Pourquery de Boisserin. Avignon. 04 90 65 00 90.


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Depuis 1982, dans la Rue des Teinturiers, sa calade et ses roues à aubes qui tournent grâce au courant de l’un des bras de la Sorgue, ils en ont accueilli des grands noms du théâtre les Vantaggioli au Théâtre du Chien qui fume. Annie Girardot, Michaël Lonsdale, Rufus, Jean-Louis-Trintignant, Michel Vitold, Andrea Ferréol, Alain Mottet, Jean-Roger Caussimon.

Jusqu’au 26 juillet, pas moins de 14 propositions entre Le Chien qui Fume et Le Petit Chien, à quelques mètres, 76 Rue Guillaume Puy. Avec des représentations qui se succèdent toutes les deux heures, à partir de 10h du matin jusqu’au soir dans les deux théâtres. 

Le Chien qui fume

À commencer par ‘Du charbon dans les veines’ de Jean-Philippe Daguerre, des gueules noires de Noeux-les-Mines qui creusent la mine, élèvent des pigeons-voyageurs et jouent de l’accordéon. Auréolés par 5 Molières, les 7 acteurs sont ravis de revenir à Avignon où tout a commencé, il y a un an. « Et même si nous nous avons joué plus de 160 représentations, ce sont les 20 qu’on a données ici sont les plus marquantes », insiste Jean-Pierre Daguerre, l’auteur et metteur-en-scène.

Toujours dans une production du Grenier de Babouchka, ‘Marius’ de Pagnol qui résonne dans un décor portuaire et industriel du Marseille des années 60. Au programme également ‘À l’avenir’ de Didier Caron avec un pitch excentrique : Lucas, un jeune homme a une obsession, devenir président des Etats-Unis. Et une question : jusqu’où peut-on suivre ses rêves?

‘Les valises bleues’ écrites et mises en scène par le patron des lieux,  Gérard Vantaggioli. Une évocation du couple, du temps qui passe, de la lassitude du quotidien et d’une relation qui, à la longue, peut devenir toxique. Après la passion, la jalousie, la cruauté, la séparation. Avec Stéphanie Lanier et Jean-Marc Catella.

A l’affiche également ‘Still’ créé à New-York, adapté par Christian Siméon avec Florence Pernel et Bernard Malaka, un couple qui après avoir rompu il y a 30 ans, décide de se revoir. Les masques tombent face aux choix qu’ils n’ont pas fait à l’époque. Enfin, toujours au Chien qui Fume, ‘Vieilles chansons maléfiques’ avec Tom Novembre et Nicolas Verdier. A Vienne, en 1986 quand Kurt Waldheim (malgré son passé nazi) devient président. Derrière les valses, la capitale de la musique dissimule mal son passé sufureux et intolérant.

Le Petit Chien

Côté Petit Chien, ‘Un chaperon louche’. Une ode à la fraternité, la tolérance, la solidarité où l’autre, différent de nous, n’est pas forcément un ennemi. ‘À la lumière des misérables’ avec la même troupe (Premier acte) et le même auteur (Sarkis Tcheumlekdjian). Où comment en 1915, une jeune réfugiée rencontre Gavroche et de cette rencontre improbable naît une lueur d’espoir pour défier le destin, chacun tentant de sauver l’autre.

‘Son odeur après la pluie’, d’après le livre de Cédric Sapin-Dufour, vendu à 700 000 exemplaires, traduit en 20 langues. Une histoire d’amour entre un homme et son chien, un lien indéfectible entre bipède et quatre pattes. Ceux qui aiment les animaux, et ils sont nombreux, vont adorer ! 

Place à l’humoriste Jean-Jacques Vanier, ancien chroniqueur à France Inter, avec ‘À la recherche de la recherche’. Il a obtenu le Prix SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) de l’Humour 2025. Et revient à Avignon pour un moment doux-amer, tendre et nostalgique.

‘Elia, généalogie d’un faussaire’ de Jean-Loup Horwitz avec Gabrielle Lazure évoque un homme qui peint un faux Chagall et écrit une lettre d’excuse au peintre. A cet instant, tout peut arriver. Autre moment avec ‘L’homme et le pêcheur’, une réflexion poétique, un voyage en absurdland avec deux italiens déjantés, Ciro Cesarano et Paolo Crocco, une pépite.

Au programme également ‘Cache-cache’ de Vanessa Aiffe-Ceccaldi, un spectacle dont Alexandra Lamy est la marraine. L’histoire d’une petite fille dont la vie s’est arrêtée quand elle avait 11 Ans et qui la reconstruit grâce à la résilience. Dernier spectacle à l’affiche : ‘Quelque chose a disparu, mais quoi ?’ écrit par Michel Bellier et joué par Joëlle Catino. Une fin du monde apocalyptique sur l’inaction de ceux qui ont le pouvoir et n’en font rien pour améliorer la vie des autres, notamment au sommet de l’Etat.

Contact : 04 84 51 07 48


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Pour certains la Nuit de trop, pour d’autres une véritable expérience de catharsis collective

S’il est bien une leçon à retenir pour ce premier spectacle dans la Cour d’Honneur — offert pour la première fois la veille de la première à la population avignonnaise — c’est qu’il ne faut se fier ni aux critiques, ni aux avis amicaux, ni aux personnes qui essayaient de revendre leur billet dans la cour du Cloître Saint Louis. Le spectacle de la cap verdienne Marlene Monteiro Freitas, s’il a pu déconcerter et faire fuir quelques spectateurs au bout de quelques minutes a pourtant trouvé sa juste place sur le plateau de la Cour d’Honneur si souvent difficilement occupée. 

Loin du narratif

Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’on nous raconte des histoires, ni découvrir les Contes des Mille et une Nuit qui comme toute tradition orale permet une libre adaptation. Au minimum savoir que les Contes de Mille et une Nuit sont tout sauf de tout repos : c’est l’histoire d’un combat pour survivre, à la vie à la mort, avec un foisonnement de personnages et d’espaces. Cette posture acceptée, il suffisait de se laisser mener par la libre interprétation de Marlene Monteiro Freitas qui  nous propose un voyage vertigineux dans un fouillis, de masques, de sons, de tissus.

Opéra baroque, carnaval grotesque, performance puissante

Porté par une bande son puissante qui va des Noces de Stravinsky à Nick Cave, embarqué par les caisses claires, désarçonné par les propositions chorégraphiques qui surgissent là où on ne les attend pas, infusé par l’énergie des danseurs et interprètes, le spectateur reste en alerte tout au long de cette nuit de tous les dangers jusqu’à l’explosion finale. 


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Algérien pour toujours, Français tous les jours

Mohamed Adi donne le ton, ou plutôt le clap de son spectacle qui nous emmène d’Alger à Marseille. Il va en effet dérouler le film de sa vie, seul en scène, et tout en confidences.Son enfance franco-algérienne est passée au crible de ses souvenirs. Il n’hésite pas également à les modeler à son goût en  créant sa propre république, démocratique et populaire du Sénéné. Normal quand on ne sait pas bien à quel pays on appartient.

Alger et Marseille en miroir

Dans cette recherche d’identité, se dessine la ville de Marseille comme on n’en parle peu, surtout en ce moment. Une ville tendresse avec ses métiers oubliés tels le chiffonnier, le remouleur ou la marchande d’escargots. Mohamed Adi aborde avec pudeur tous ses atermoiements qui le chavirent entre l’Algérie et la France. Il y a l’impossibilité de choisir mais  pas celle de se taire. Sa parole libérée ouvre le chemin de la réconciliation. 

Un spectacle d’une belle générosité loin de tous ressentiments.

Jusqu’au 26 juillet. 20h30. Relâche 15 et 22. 12 à 18€. Isle 80. 18 place des trois Pilats. 06 42 69 00 26.

https://www.echodumardi.com/tag/theatre/page/6/   1/1