4 juillet 2026 |

Ecrit par le 4 juillet 2026

77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

Présentation de la 77e édition du Festival d’Avignon : la complexité du monde mise joyeusement en scène par Tiago Rodrigues. « Bonjour je m’appelle Tiago Rodrigues, je travaille au Festival d’Avignon et je viens aujourd’hui partager la programmation mais surtout les promesses des artistes, concoctées tout au long de l’année.« 

En novembre 2022, il était déjà venu se présenter dans cette grande salle de la FabricA devant un public nombreux et avide de faire la connaissance du nouveau directeur d’un des « plus grands et beaux festivals au monde ». Il avait esquissé alors les grandes lignes de son projet : rendre facile d’accès la complexité du monde et pourquoi pas, d’une manière joyeuse, rendre les artistes complices et non associés – Gwenaël Morin auteur invité et accompagné pendant quatre ans -, créer un festival de poche toute l’année, ne pas inviter un pays mais une langue, mettre au repos ses propres créations –  « je suis au service des angoisses collectives et non pas de mes inquiétudes individuelles. TR », plus de représentations, plus de places, des facilités de billetterie, de nouveaux rendez-vous, de nouveaux lieux, de nouveaux dispositifs.

A la manière de Jean Vilar en 1947 «Avignon réunira et Avignon donc existera» Tiago Rodrigues nous convie à de joyeuses réunions
Réunions des artistes et du public, du complexe et de la facilité, de la langue qui relie, des mots qui se rencontrent sur scène ou dans la rue, des arts qui dialoguent, de la diversité qui démocratise, des lieux qui se transforment.

Nous y sommes, les promesses se tiennent, la partition se joue 
Pour les 44 propositions par plus de 50 artistes, 33 ne sont encore que des promesses car les créations sont en gestation. 55% des spectacles sont portés par des femmes. Des spectacles seront joués plus longtemps, la jauge totale est augmentée de 12 000 places, la billetterie étant déjà ouverte. La carrière de Boulbon est rouverte et ce pour 4 ans, le Café des Idées au Cloître Saint-Louis sera le grand carrefour des rencontres.

Le fil rouge est une langue invitée, l’anglais, avec entre autres l’artiste anglais Tim Crouch qui viendra pour la première fois en France présenter 2 pièces. Mais l’anglais c’est aussi toute une déclinaison autour de la langue et de la culture anglaise portée par des artistes de tous pays et de toutes disciplines : Pauline Bayle inspirée par Virginia Woolf, restitution du débat contradictoire entre deux intellectuels de Cambridge autour de la question noire et du rêve américain avec « Baldwin and Buckley at Cambridge », Le Royal Court Théâtre de Londres, lieu mythique d’écriture théâtrale, propose trois monologues d’Alistair Mc Donald joués par Kate O’Flynn.

Groove spectacle d’ouverture

On marchera dans ce festival, en traversant des frontières réelles ou artistiques
Le coup d’envoi sera donné le 5 juillet, G.r.o.o.v.e, pour une déambulation qui poussera grand les portes de l’Opéra Grand Avignon avec Bintou Dembelé, chorégraphe de l’opéra ballet Les Indes Galantes en 2019. Le village de Pujaut, à une dizaine de kilomètres d’Avignon, accueillera en fin de journée des rencontres champêtres et pédestres « Paysages partagés». Caroline Barneaud et Stefan Kaegi et plusieurs artistes européens nous invitent à partager leur vision du paysage à travers 7 propositions artistiques mêlant sculpture musicale, pique-nique détourné et audio-tour chorégraphique. Pour les lève-tôt, dès 6 heures du matin, la metteuse en scène Clara Hédouin nous propose une traversée sensible de «Que ma joie demeure » de Jean Giono.

Toujours trois spectacles proposés dans la Cour d’Honneur : du théâtre , de la danse et une soirée unique.
La Cour d’Honneur sera transformée le temps de 9 représentations en Centre social, décor pour un poème de solidarité humaine avec l’adaptation du film de Frederick Wiseman « Welfare » par Julie Deliquet. «The Roméo» du chorégraphe et danseur nord-américain nous proposera une danse universelle délivrée des tragédies individuelles pour une ode à la liberté. Avec «By Heart», le directeur du Festival d’Avignon Tiago Rodrigues relève finalement le défi d’un happening poétique pour la soirée de clôture de ce 77e festival.

La légendaire chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker est de retour avec deux pièces
Sa dernière création «Création 2023» pour 12 danseurs nous ouvre le chemin à une «Walking songs», une danse qui marche au son du bluesman Robert Johnson. «En attendant», créé en 2010 au Cloître des Célestins sera rejoué dans ce même lieu, à la même heure – 20h15 coucher de soleil- avec les polyphonies de l’Ars Subtilior. Cette volonté de rejouer des spectacles passés à l’identique sera proposé chaque année pour renforcer la transmission et la mémoire.

Retour aux carrières de Boulbon délaissées depuis 2016
Avec «Le Jardin des Délices» Philippe Quesne, habitué du festival (Mélancolie des Dragons en 2008, Big Band en 2010, Swamp Club 2013) créé à partir de l’œuvre éponyme de Jérôme Bosh son propre bestiaire, fable écologique dans ce lieu singulier que sont Les Carrières de Boulbon.

Toujours un spectacle en itinérance dans communes, centres sociaux et salles des fêtes
Avec une farce drôle et explosive «L’addition» de l’anglais, Tim Etchells parlera de ceux qui servent et ceux qui sont servis. Le duo de performeurs Bertrand Lesca et Nasi Voutsas sillonnera 14 communes. A noter qu’à partir de 2023, le spectacle itinérant du Festival d’Avignon sera une production du Festival se voulant théâtre de poche et théâtre de proximité toute l’année.

La Fabrica

Des spectacles qui nécessitent un temps plus long
On aime à Avignon vivre quelquefois des expériences extrêmes. Au delà de la performance, la longueur est ici au service de grands questionnements. Julien Gosselin l’avait expérimenté avec son adaptation de onze heures «2666» en 2016. Il revient cette année avec le projet «Extinction» moins long quoiqu’autant ambitieux : nous plonger dans l’effervescence artistique et intellectuelle de la Vienne de 1900 pour mieux nous parler ensuite de l’apocalypse d’hier et d’aujourd’hui. Le polonais Krystian Lupa s’essaiera également dans «Les émigrants» avec une troupe francophone à questionner notre humanité. Dans la continuité de ce questionnement, l’autrice et metteuse en scène Patricia Allio donnera la parole à tous ceux qui veulent œuvrer à une éthique de l’hospitalité et résister avec Dispak Dispac’h.

En partenariat avec le Printemps de Bourges, trois spectacles revisiteront les musiques cultes de langue anglaise des années 1972……Lou Reed, Bowie et Neil Young au programme
La jeune chanteuse française Silly Boy brodera autour des onze titres de l’album Transformer de Lou Reed sorti en 1972 dans la cour du lycée Saint-Joseph. Les cinq musiciens de La Maison Tellier renforcent leur proposition avec un chœur de 7 chanteurs autour de Harvest de Neil Young. Le chef d’œuvre de David Bowie Ziggy Stardust prendra des allures futuristes avec Léonie Pernet aux synthétiseurs. Attention soirées uniques pour chacun de ces concerts.

Portraits de femmes puissantes
A travers Alice l’australienne dans «Les Confessions» d’Alexander Zeldin, les femmes noires de Rébecca Chaillon dans «Carte noire nommée Désir», la voix indispensable de l’esclave amérindienne Marguerite Duplessis restaurée par la canadienne Emilie Monnet, la pièce chorale et chorégraphique de Mathilde Monnier «Black Lights» inspirée de la série H24 sur les violences faites aux femmes, sans oublier la conférence-performance de la brésilienne Carolina Bianchi sur ce même thème insupportable avec «A Noiva e o Boa Noite Cinderela», la youtubeuse Angela passée au crible de l’allemande Susan Kennedy et de Markus Selg dans Angela (a strange loop), la tragédie d’Antigone réactivée par le belge Milo Rau dans «Antigone in the Amazon»

Les Vive le sujet ! Tentatives
Le traditionnel Vive le sujet suivi désormais de «Tentatives» renforce l’idée de l’expérimentation à travers 4 séries de formes courtes pluridisciplinaires où le principe est de donner carte blanche à un artiste. 8 artistes investiront le Jardin de la Vierge durant le festival à 10h30 et à 18h. L’expérimentation sera prolongée en pensée dans le Café des Idées.

Réaffirmer un festival populaire cher à Vilar avec le projet «Première fois»
Pour cette première fois, il s’agira d’accompagner pas moins de 5 000 jeunes de 13 à 18 ans : logés, nourris, conseillés, invités venus de la France entière afin qu’ils se sentent accueillis et faire en sorte qu’il y ait….une deuxième fois.

Côté pratique
Programme définitif en juin notamment pour les Territoires cinématographiques d’Utopia, les Fictions de France Culture, les expositions, les lectures, les débats etc….

Une politique tarifaire attractive : on peut multiplier les commandes et conserver le tarif réduit tout au long du festival grâce à la carte festival ou la carte 3 clés. Après avoir acheté la carte lors de la 1ère commande, si on ne trouve pas de billets pour certains spectacles, on peut revenir régulièrement sur le site, et bénéficier du tarif réduit au fur et à mesure des achats.

Les infos pratiques
Carte Festival. 25€. Demandeur d’emploi. 1€. Professionnel du spectacle vivant. 20€. Carte 3 Clés. 1€ réservée au moins de 25 ans, aux étudiants et aux bénéficiaires des minima sociaux. Festival d’Avignon du 5 au 25 juillet 2023. A partir du 15 avril. Prévente Fnac. 04 90 14 14 14 et festival-avignon.com. A partir du 29 avril. Guichet Cloître Saint-Louis. Du 1er au 25 juillet, tous les jours de 10h à 19h. 04 90 14 14 14 et au guichet du cloître Saint-Louis. 20 rue du Portail Boquier. Avignon. Tout le programme ici.

La cour d’honneur DR

77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

Une mise en scène sobre pour un homme prolixe
Deux hommes sur le grand plateau de la FabricA: L’animateur et blogueur culturel Michel Flandrin et Tiago Rodrigues, directeur du festival d’Avignon depuis septembre 2022. Une table basse, 2 verres d’eau. Le décor est posé, la salle de 600 places est pleine à craquer. Les avignonnais sont venus en nombre pour rencontrer le nouveau directeur du Festival d’Avignon qui a occupé la scène pendant près de 2h avec humour ,décontraction ,générosité….et diplomatie.

Inventer et interpréter le Festival d’Avignon comme une partition
Il l’a dit à plusieurs reprises auparavant et le répète ce soir : le festival d’Avignon a déjà été écrit – brillamment – par ses prédécesseurs. Il s’agit maintenant de continuer à interpréter cette partition en mettant en relief, en soulignant , variant, révélant…et quelquefois ajouter des notes ?
Il résume son projet comme l’improbable mariage entre pluralité artistique et accès le plus simple au plus grand nombre : « rendre facile l’accès à ce qui est complexe »

A questions pertinentes, réponses flamboyantes
Michel Flandrin a posé les bonnes questions , celles que tout le monde attendait…mais le suspense reste entier. Pourquoi avoir postulé à la direction du festival ? Une idée de la programmation ? De nouveaux lieux ? Des artistes associés ? Un pays invité ? Des clefs d’interprétation ?
Celles et ceux qui étaient venus pour commencer à « étudier » leur programmation en seront pour leurs frais. Les seules indiscrétions – maîtrisées- sont : les artistes ne seront pas associés mais complices, pas de pays mais une langue invitée ( l’anglais), de nouveaux lieux apparemment végétaux ( forêt, parc?) un festival de poche itinérant confié à un artiste qui se prolongerait au delà du festival.

Merci Tiago Rodrigues pour tout ce mystère
Merci de ne pas nous avoir placés en consommateurs effrénés de culture, de spectacles,. Nous sommes venus pour rencontrer l’homme, l’artiste pas pour avoir déjà un catalogue de propositions.
Merci de nous avoir cependant dévoilé l’indicible : le plaisir de la rencontre, de l’inattendu, de l’imprévu, qu’il y aura « des histoires formidables en juillet 2023 » et que chaque édition aura des déçus différents !
Diplomate quand on lui demande sa position vis à vis des propos du Ministre de l’Intérieur quant à la difficulté de maintenir certains festivals au nom de la sécurité en 2024 ( Jeux Olympiques,) botteur en touche ( à juste titre car solution difficile) quand à l’accès difficile aux spectacles gratuits, clairvoyant quand à la réduction rapide de l’impact carbone. La dramaturgie de la partition reste intacte.

Au service des angoisses collectives et non pas de mes inquiétudes individuelles
Voilà tout est dit ! pendant son mandat- 4 ans – nous ne verrons pas de spectacles de Tiago Rodrigues au festival. Dommage ? On a eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois au Festival d’ Avignon : Dès 2015 avec Antoine et Cléopâtre ( révélation et choc artistique) puis Sopro pour ce qui est de ses créations, Iphigénie ou la Cerisaie pour la mise en scène. Pas plus tard que la veille de cette rencontre et même le jour même , une de ses pièces «  Le Choeur des Amants » était jouée à la Garance de Cavaillon, le lendemain au théâtre d’Arles. On espère donc voir ses créations ou reprise tout au long de l’année programmée dans notre région.
Car le théâtre, c’est toute l’année ! Et l’univers de Tiago Rodrigues nous est maintenant indispensable.

Possibilité de visionner l’entretien en entier du Mardi 8 novembre 2022 à la FabricA sur le site : festival-avignon.com


77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

Pour chaque soirée un double plateau avec David Geselson et l’intime en fil rouge

Lettres non-écrites….par les spectateurs

David Geselson et la Compagnie Lieux-dits sillonnent la France et récoltent les histoires que leur ont confiées les spectateurs, drames ou broutilles du quotidien qu’ils ont toujours voulu écrire mais qu’ils n’ont jamais osé faire. Pendant 45 minutes David Geselson et Servane Ducorps prêtent leur voix pour donner corps à des récits bouleversants, pétris de poésie et d’humanité.

Si vous souhaitez partager une histoire , écrivez à accueil@lagarance.com pour les rencontrer avant la représentation.

Chœur des amants, une pièce puissante de Tiago Rodrigues
Ce chœur, c’est le duo d’amour que forment un homme et une femme – David Geselson et Alma Palacios – face à une situation extrême. A bout de souffle et de temps, ils tissent devant nous leur histoire de vie et de mort. On frôle puissamment l’intime de la situation et de cet amour.

Tiago Rodrigues a écrit cette pièce, sa première sur plateau,  il y a une quinzaine d’années. Depuis, il a pris les fonctions de directeur du Festival d’Avignon en septembre 2022 et nous invite à le rencontrer mardi 8 novembre à 19h à la FabricA, à Avignon,  pour découvrir ses projets. Possibilité de suivre en direct la rencontre sur festival-avignon.com et sur facebook.com/festival.avignon.

Lundi 7 novembre. 19h. Mardi 8 novembre. 20H30. 3 à 20€.  Restauration sur place. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64 . www.lagarance.com


77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

Pour sa première intervention publique, Tiago Rodrigues propose aux Avignonnais de les rencontrer à La FabricA. Il parlera de ses envies, projets, intentions et répondra aux questions de chacun.

On finit par le connaître. Bien avant d’être nommé directeur du Festival d’Avignon en septembre 2022, on a découvert cet auteur et metteur en scène à l’occasion des Festivals d’Avignon :  Antoine et Cléopâtre, Sopro, Iphigénie, La Cerisaie, Entre les Lignes, Chœur des Amants mais aussi By Heart, Bovary … Un jeune auteur et metteur en scène prolixe et passionnant qui « souhaite transformer cette ville théâtre en un  café lumineux pour l’Europe, où le monde se fête, débat et se questionne.»

Mardi 8 novembre. 19h. Entrée libre. La FabricA. 11, rue Paul Achard. Avignon. A suivre en direct sur festival-avignon.com et sur facebook.com/festival.avignon 
Festival d’Avignon. La FabricA.


77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

Canicule, vent, incendies, covid : rien n’a été épargné à cette 76e édition du Festival d’Avignon. Mais le public est venu, nombreux. Avec plus de 135 000 entrées, le chiffre record de fréquentation de 2019 de 95,5 % n’a pas été battu mais avec 92% en 2022 on peut dire que ce festival a résisté à l’effraction dans le réel d’éléments perturbateurs. Le bilan complet et détaillé en chiffres nous parviendra dans quelques semaines. Paul Rondin, directeur délégué du festival relève déjà entre 50 et 100 millions de retombées économiques.

Olivier Py, Agnes Troly, Paul Rondin

La passation en attendant le bilan artistique de 9 années de festival
Le bilan de cette édition était un peu particulier car il s’agissait aussi pour le directeur Olivier Py de tirer sa révérence et de passer le flambeau ou plutôt les 3 clefs de la ville-culture à son successeur le portugais Tiago Rodrigues.  Il l’a fait dimanche 24 juillet avec émotion et flamboyance.  Après quelques prédictions, il s’adresse à Tiago Rodrigues en lui donnant à défaut de conseils professionnels un secret d’amitié redondant : «garde la pureté de ton cœur ».  Voir ici la lettre intégrale qui reflète à la fois sa peine et son amertume mais aussi sa joie d’avoir œuvré pour «ce qu’il y a de plus beau sur cette terre que notre Festival ? » 

De beaux moments glanés en fin de festival
Le chorégraphe Jan Martens nous a asséné sa vision du monde au rythme du clavecin de Goska Isphording. Soit ! Nous ne sommes pas habitués à ce son et ce rythme mais quel beau choix !  Son « Futur proche » si puissamment chorégraphiés par les 15 danseurs de Opéra Ballet Vlaanderen nous ébranle et nous convainc. Le dérèglement du monde est en marche, l’humanité se disloque, le futur se projette (magnifique  procédé vidéo qui projette le corps fragile des danseurs rampant sur scène tels des naufragés sur les murs du Palais) puis la purification ou la solidarité (évocation du partage des ressources aquatiques ?) nous rassemble. Dans un autre style moins consensuel, la compagnie El Conde de Torrefiel avec Una imagen interior dessine aussi le monde de demain mais en prenant appui sur nos imaginaires, nos peurs et en bousculant nos images mentales au fil de performances et de tableaux psychédéliques. Une très belle plongée dans notre univers intérieur révélé. Dire qu’Olivier Py a fait son show avec Miss Knife serait réducteur car sa générosité a primé en invitant sur scène nos sœurs ukrainiennes les Dakh Daughters et la béninoise Angélique Kidjo,  accompagnées par l’Orchestre national Avignon-Provence. On ne peut bouder son plaisir de réentendre les chansons d’amour – Juliette, Barbara ou Juliette-  d’exils et de paix. Il serait incongru de ne pas faire une standing ovation aux Dakh Daughters qui symbolisent le courage et qui tout en dignité ont témoigné des horreurs que subit leur pays.

Vifs succès pour Vive Les sujets
Comme tous les ans, Le Festival dʼAvignon et la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) ont proposé à des auteurs de présenter huit performances, en toute liberté de genre, de ton, de forme. Dans le beau Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph il y a eu ainsi de belles surprises au rendez-vous – pour ceux qui ont réussi à avoir des places car ces rendez-vous rencontrent toujours un beau succès. Ainsi Ludmilla Dabo et Mélina Boubetra ont achevé d’électriser le public dans le Vive le sujet n°1 tandis que les danseurs Erwan Ha Kyoon Larcher et Benjamin Karim Bertrand nous ont associés à leur étreinte sensuelle d’une beauté et d’une délicatesse inouïe -«Promettre»- dans le Vive le sujet n°3.

Les séances de rattrapage

Plus de 90 rencontres ont eu lieu dans le cadre des Ateliers de la pensée et sont à retrouver en intégralité en vidéo : Dialogues artistes-spectateurs, rencontres, tables rondes, rendez-vous professionnels…
https://festival-avignon.com/fr/audiovisuel/ateliers-de-la-pensee

Dès la fin du Festival, des spectacles de la 76e édition du Festival d’Avignon partent en tournée en France et à l’étranger.

Futur proche de Jan Martens. Du 23 septembre au 1 octobre. De Singel à Anvers.
La Tempesta de Alessandro Serra. Les 27 et 28 juillet. Festival Shakespeare à Gdańsk
Le Petit Chaperon rouge de Das Plateau. Du 28 au 30 septembre 2022.Théâtre de Châtillon
Le Sacrifice de Dada Masilo. Du 29 septembre au 2 octobre 2022. Kampnagel à Hambourg
Richard II de Christophe Rauck. Du 20 septembre au 15 octobre.Théâtre Nanterre-Amandiers
Solitaire de Sofia Adrian Jupither. Du 14 au 24 août.Svenska Teatern à Helsinki. Du 27 août au 10 septembre.Folkteatern  à Göteborg en Suède.
Tumulus de François Chaignaud et Geoffroy Jourdain.Le 11 septembre. Scène nationale du Sud-Aquitain à Bayonne.
Una imagen interior d’El Conde de Torrefiel.15 au 17 septembre 2022. Ruhrtriennale.
Via injabulo de la compagnie Via Katlehong avec Marco da Silva Ferreira et Amala Dianor. Les 10 et 11 septembre. Festival La Bâtie à Genève. Les 16 et 17 septembre. Teatro Municipal Do Porto au Portugal.Le 21 septembre. I Teatri di Reggio Emilia en Italie. Le 24 septembre.Théâtre Louis-Aragon à Tremblay-en-France. Le 27 septembre. Opéra de Dijon.


77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

Malgré la pandémie de la Covid-19 qui continue de sévir, la 75e édition du Festival d’Avignon aura bien eu lieu du 5 au 25 juillet. En tout, 45 spectacles ont été donnés au gré de 300 représentations sur 38 scènes.

Près de 120 969 billets ont été vendus et 101 512 délivrés pour un taux de fréquentation de 84% -qui était le même en 2019-. Les manifestations gratuites ont enregistré 22 400 entrées. Enfin, côté coulisses, 1 500 personnes –artistes, équipes d’organisation, dont plus de la moitié relèvent du régime spécifique d’intermittent du spectacle- étaient réunis pour rendre cette manifestation possible.

Une respiration au cœur de la tempête

Olivier Py, directeur du festival d’Avignon et 1er artiste –depuis Jean Vilar- à le diriger depuis 2013 a salué la ferveur d’un public venu aussi nombreux qu’en 2019 et applaudissant la tenue du festival avant que chaque représentation ne débute. Seuls deux spectacles ont été annulés pour cause de contamination ou de cas contact : ‘Le sacrifice’ de Dada Masilo et Ink de Dimitris Papaioannou, tandis qu’‘Autophagies’ d’Eva Doumbia a finalement été maintenu.

La nouvelle Cour du Palais des papes

L’artiste et dirigeant du plus grand théâtre contemporain du monde a tenu à saluer le travail des équipes qui ont permis de soutenir la manifestation tant sur le plan de la programmation, de la production, de la logistique, de la billetterie, de l’accueil et que de la technique remarquant ‘qu »ils ont fait de ce festival un festival héroïque’. Il a également plébiscité l’installation de la nouvelle Cour du palais des papes ‘plus démocratique, belle et accueillante’ pérenne dans le temps ‘qui accueillera une jeunesse qui la retrouvera comme un lieu à nul autre pareil’. Le directeur du festival s’est dit ému de poursuivre l’aventure alors que le festival d’Avignon 2020 avait été annulé pour cause sanitaire. Celui-ci entame désormais la dernière ligne droite de son épopée avec le festival d’Avignon 2022 –et 76e édition- puisqu’il cèdera sa place à Tiago Rodrigues en septembre 2022. L’artiste Portugais prendra alors les rênes du Festival pour quatre ans renouvelables une fois. Olivier Py vous dit tout ici.


77e Festival d’Avignon, la complexité du monde selon Tiago Rodrigues

La ministre de la Culture a annoncé ce lundi à Avignon la décision de nommer le metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. Il devient ainsi directeur du Festival d’Avignon et prend la relève d’Olivier Py qui tire sa révérence.

Le futur directeur, premier étranger à la tête du Festival d’Avignon, mettra en scène ce lundi soir lors de l’ouverture du Festival, ‘La cerisaie’ de Tchekhov, avec Isabelle Huppert, dans la cour d’honneur du palais des Papes. Tiago Rodrigues est un dramaturge, producteur, metteur en scène et acteur portugais né en 1977 à Lisbonne. Il est principalement connu en France pour sa pièce ‘By heart’.

En 2003, il fonde avec Magda Bizarro la compagnie ‘Mundo perfeito’ au sein de laquelle il est l’auteur de ses spectacles. En plus de ses nombreuses collaborations avec des artistes de scène portugais et internationaux, il a aussi écrit des scénarios, des articles de journaux, des recueils de poèmes, des préfaces et des tribunes. Il a également enseigné dans des institutions telles que l’école de danse belge ‘Parts‘ ou encore l’université d’Évora au sein de laquelle il enseigne la dramaturgie.

L.M.

https://www.echodumardi.com/tag/tiago-rodrigues/page/2/   1/1