23 octobre 2026 |

Ecrit par le 23 octobre 2026

Le Centre hospitalier d’Avignon prend la douleur très au sérieux

À l’occasion de la Journée mondiale de la douleur, le Centre hospitalier d’Avignon met en lumière sa Structure Douleur Chronique, labellisée par l’Agence régionale de santé (ARS). Seule structure publique du territoire à proposer une offre de soins aussi diversifiée, elle mise sur une prise en charge personnalisée, associant expertise médicale, accompagnement psychologique et traitements spécialisés. Les patients ne peuvent pas solliciter la structure par eux-mêmes. Ils sont adressés au service Douleur chronique par leur médecin généraliste ou spécialiste ou, encore, par des services médicaux. Des consultations avancées seront organisées sur les centres hospitaliers périphériques de Carpentras, Cavaillon et Orange.

La douleur peut envahir chaque geste, perturber le sommeil, fragiliser les liens familiaux, bouleverser une vie professionnelle et surtout la vie tout court. À Avignon, l’hôpital public s’est doté, depuis un an, d’une structure dévolue à ces souffrances persistantes, pour que le patient ne soit pas réduit à sa maladie et à ses symptômes, mais pour lui permettre de retrouver autonomie et qualité de vie.

Une équipe pour appréhender la douleur dans sa globalité
Labellisée par l’ARS (Agence régionale de santé), la Structure Douleur Chronique du Centre hospitalier d’Avignon s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire réunie autour du docteur Homauon Alipour Milajerdi, chef de service, et de Gaëlle Beyler, infirmière cadre de santé. Médecins algologues, anesthésistes spécialisés, neurochirurgien, médecin acupuncteur, infirmières spécialisées, psychologue et sophrologue travaillent de concert.

Structure Douleur chronique Copyright Hopital d’Avignon

Le principe ?
Une douleur chronique mêle mécanismes physiques, nerveux et psychologiques, qui s’entretiennent parfois mutuellement. Pour y répondre, la structure commence par une évaluation approfondie de la situation de chaque patient, avant de construire un projet thérapeutique individualisé. Le suivi peut ensuite associer plusieurs spécialistes, en lien avec le médecin traitant ou le praticien qui a adressé le patient. Une coordination essentielle pour éradiquer les prises en charge fragmentées qui ne font pas avancer le patient dans la résolution de ses problèmes et douleurs. 

Des traitements adaptés, loin du tout-médicament
Il n’existe pas de réponse universelle à la douleur chronique. L’établissement propose donc un éventail de solutions, choisies selon les symptômes, leur origine et les besoins de chacun : neuromodulation, radiofréquence, injections de toxine botulique, patchs de capsaïcine, acupuncture ou encore utilisation de dispositifs Tens, qui délivrent une stimulation électrique à visée antalgique. Des prises en charge en hôpital de jour et des thérapies psychocorporelles complètent ce dispositif. Certaines situations peuvent également relever de la chirurgie fonctionnelle de la douleur ou de traitements spécifiques. L’objectif n’est pas que de réduire l’intensité des symptômes ou même de la faire disparaitre un temps voire plus, mais d’aider les patients à mieux comprendre leur douleur, à agir sur ses répercussions et à reprendre autorité sur leur quotidien.

Quand le cancer déploie les douleurs 
La douleur liée au cancer y est particulièrement étudiée. Elle peut provenir de la tumeur, de métastases osseuses ou de compressions nerveuses, tout comme des traitements eux-mêmes. Chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie peuvent entraîner des atteintes nerveuses douloureuses. À cela s’ajoutent parfois la fatigue, la dénutrition, l’immobilité et la détresse psychologique. Une même personne peut ainsi souffrir simultanément de douleurs musculaires et de douleurs neuropathiques. Les prendre en charge suppose d’étudier précisément les différentes causes, sans négliger leur impact sur la vie intime, familiale et professionnelle. Cette approche globale a pour cible de soulager la personne, grâce à une écoute active du patient et de ses ressentis. 

La cadre de santé Gaëlle Beyler et le docteur Homauon Alipour Milajerdi Copyright Mireille Hurlin

Une expertise publique au service du territoire
La structure avignonnaise accueille principalement les patients de son secteur, orientés par leur médecin traitant ou un spécialiste. Certaines situations particulières, ou la nécessité d’accéder à un traitement spécifique, peuvent justifier une prise en charge plus large. À travers cette offre spécialisée, le Centre hospitalier d’Avignon veut renforcer l’accès à des soins coordonnés pour des patients dont la souffrance est complexe à traiter. Pour l’hôpital d’Avignon, la douleur persistante des patients mérite une évaluation médicale et une prise en charge adaptée afin d’ouvrir de nouvelles perspectives aux patients.

Ils ont dit, extraits
«On ne leur fait pas la promesse de ne plus avoir mal, explique en substance le docteur Homauon Alipour Milajerdi. L’objectif est plutôt de diminuer la sensation douloureuse, d’aider les patients à mieux vivre avec elle et de leur permettre de retrouver une autonomie. La douleur est propre à chacun : certains patients souhaitent la faire disparaître au maximum, tandis que d’autres la perçoivent aussi comme un signal de leur maladie. Cette diversité impose une prise en charge personnalisée, sans jugement. Mieux soulager la douleur chronique ne consiste donc pas seulement à disposer de techniques performantes, mais à proposer le bon traitement, au bon patient, au bon moment, dans un parcours de soins coordonné. La douleur ne peut pas être traitée uniquement par une prescription. Les dimensions psychologiques, sociales et culturelles comptent, tout comme la possibilité de retrouver une activité et une autonomie.»

Gaëlle Beyler, infirmière et cadre hospitalier souligne « l’importance de la complémentarité des professionnels et de la coordination des parcours. Les infirmières ressources douleur participent aux consultations, aux soins non médicamenteux et à la formation des équipes hospitalières, notamment sur l’évaluation et la réévaluation de la douleur. La sensibilisation des soignants constitue un levier essentiel pour améliorer l’orientation des patients vers les dispositifs les plus adaptés.»

Les modalités de prise en charge
Orientation médicale obligatoire : Le patient être adressé par son médecin traitant ou par un médecin spécialiste muni d’un courrier médical décrivant sa situation. La demande doit être envoyée au secrétariat du service par courrier postal ou par e-mail. Après étude du dossier, une convocation -accompagnée d’un questionnaire obligatoire à remplir- est adressée si un rendez-vous est programmé. La première consultation est estimée entre 30 et 60 minutes pour une évaluation pluridisciplinaire de la douleur chronique. Documents à fournir : Tous les documents médicaux : imageries, comptes rendus d’hospitalisation ou de consultations, ordonnances. 

Les infos pratiques
Centre Hospitalier d’Avignon. 305, rue Raoul Follereau à Avignon. Accueil téléphonique : 04 32 75 37 91 du lundi au vendredi de 9h à 16h. Accueil physique : Du lundi au vendredi de 8h à 17h. Ici.
Mireille Hurlin

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