28 octobre 2026 |

Ecrit par le 28 octobre 2026

Le monde économique vauclusien en ‘mission’ pour la transmission

Organisée par le Crédit Agricole Alpes-Provence, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) et CAP Cession France, la soirée ‘Réussir sa transmission d’entreprise’ a fait le plein au Palais des princes à Orange. L’événement a réuni plus de 400 participants dont l’ensemble du monde économique vauclusiens ainsi que les partenaires du développement et institutionnels du département.

« Céder ou reprendre une entreprise constitue une étape déterminante qui se prépare bien en amont, a expliqué en ouverture de l’événement Franck Alexandre président du conseil d’administration du Crédit Agricole Alpes Provence. Pour le dirigeant cédant, il s’agit d’anticiper les points de vigilance, de préparer son projet et de valoriser le travail accompli. Pour le repreneur, l’enjeu est de sécuriser son projet et de disposer des conditions nécessaires à la poursuite et au développement de l’activité. En réunissant les expertises et les réseaux de leurs partenaires, le Crédit Agricole Alpes Provence, la CCI de Vaucluse et Cap cession souhaitent faciliter les échanges et permettre aux dirigeants de trouver les bons interlocuteurs au bon moment. L’ambition est claire : éviter que des entreprises viables, porteuses d’emplois et de compétences, ne disparaissent faute de préparation ou de repreneurs. »

Crédit : CCI84/DR

« Céder ou reprendre une entreprise constitue une étape déterminante. »

Franck Alexandre président du conseil d’administration du Crédit Agricole Alpes Provence

Mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire
Le ton de la soirée était donné : mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire afin de sensibiliser sur ce sujet car l’enjeu est de taille. En effet, aujourd’hui en France, 40% des dirigeants de TPE, PME et ETI envisagent de transmettre leur entreprise dans les cinq prochaines années, soit un potentiel de 370 000 entreprises et près de 3 millions d’emplois concernés d’ici 2030. Pour autant, entre l’intention et la transmission, l’écart reste important : 26 000 entreprises employant au moins un salarié ont été transmises en 2024, contre un potentiel estimé à 74 000 transmissions par an. Au rythme actuel, seules 130 000 transmissions seraient réalisées dans les cinq prochaines années. Le Vaucluse n’échappe pas à cet enjeu avec plus de 50 000 entreprises inscrites au RCS (Registre du commerce et des sociétés) représentant plus de 100 000 salariés.

Message entendu par l’ensemble des acteurs locaux
Le message semble avoir été entendu puisque le monde économique du département s’était mobilisé en masse avec la présence de nombreux acteurs institutionnels, professionnels et économiques du département (préfecture de Vaucluse, Banque de France, Bpifrance, Chambre de Métiers et de l’Artisanat Provence Alpes Côte d’Azur, Chambre d’Agriculture de Vaucluse, Ordre des Experts-Comptables, Notaires Cévennes Provence, Fédération du BTP 84, Capeb, Les Entrepreneurs Vaucluse (ex-CPME 84), Medef Vaucluse, U2P Vaucluse, nos confrères de la Provence, Mobilians, barreau d’Avignon, barreau de Carpentras, CRA, Vaucluse Provence Attractivité (VPA), Jeunes agriculteurs, Vignerons indépendants, Safer, FDSEA, MSA et CPTS Synapse du Comtat Venaissin… Les directeurs généraux des structures partenaires, des élus, des maires de communes vauclusiennes ainsi que des représentants d’organismes départementaux et régionaux avaient également répondu présents.
Cette mobilisation semble donc témoigner d’une conviction partagée : la cession-transmission dépasse le seul cadre de l’entreprise pour s’étendre à l’attractivité globale du Vaucluse.

Anne Benedetti. Crédit : CCI84/DR

« Transmettre son entreprise et rarement une décision simple. »

Anne Benedetti, présidente de la CCI de Vaucluse

« La transmission est une étape naturelle dans la vie d’une entreprise, mais elle ne s’improvise pas, insiste Anne Benedetti, présidente de la CCI de Vaucluse. Elle engage le dirigeant qui cède, le repreneur qui porte un nouveau projet, les salariés et, plus largement, tout un écosystème économique. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que les entreprises qui ont vocation à être transmises puissent l’être dans les meilleures conditions »,

Crédit Agricole : un engagement de deux ans en faveur de la transmission
Depuis plus de deux ans, le Crédit Agricole Alpes Provence s’investit dans l’accompagnement des dirigeants cédants et des repreneurs. Cette démarche a débuté en novembre 2024 à la CCI d’Arles, lors d’un premier rendez-vous qui avait réuni plus de 50 dirigeants et repreneurs. Elle s’est ensuite poursuivie à travers plusieurs événements, dont une rencontre organisée le 31 mars 2026 au siège du Crédit Agricole Alpes Provence, à Aix-en-Provence, qui avait rassemblé plus de 350 dirigeants autour des points de vigilance à anticiper avant une cession ou une transmission.
En juin 2026, le Café de la transmission-reprise organisé à Aubagne avait également réuni plus de 70 participants. Ce 13 octobre, cette dynamique s’est poursuivie avec deux nouveaux rendez-vous. Un coup double le même jour : l’un en matinée à Arles et l’autre, en soirée, dans la cité des princes.

« Nous devons également avoir le courage de regarder les difficultés en face, poursuit la nouvelle présidente de la Chambre consulaire vauclusienne. Transmettre son entreprise et rarement une décision simple car pour beaucoup de dirigeants, leur entreprise représente bien davantage qu’un patrimoine professionnel. C’est une vie, c’est une identité parfois et même une histoire familiale. Alors, on repousse l’échéance, on se dit que l’on a encore le temps. On attend le bon moment, le bon repreneur, la bonne valorisation, mais le temps économique n’attend pas toujours le temps psychologique des dirigeants . Et une transmission qui n’a pas été anticipée peut devenir une transmission subie. Nous devons donc changer notre manière d’aborder ce sujet, parler de la transmission ne doit plus signifier parler de la fin d’une aventure. Cela doit signifier préparer le début d’une autre. »

Rendre la transmission plus fluide
« Nous avons les outils, nous avons les expertises, nous avons les énergies, énumère Anne Benedetti mais nous devons encore mieux les coordonner car les dirigeants qui souhaitent transmettre ne doivent pas faire face seul un véritable parcours du combattant. De son côté, le repreneur ne doit pas, non plus, se perdre dans la complexité des démarches ou du financement. Nous devons rendre la transmission plus visible, plus accessible plus fluide. Notre objectif ne doit pas être de multiplier les réunions sur la transmission. Notre objectif doit être de multiplier les transmissions réussies. »

Julien Faubert : transmettre, c’est aussi faire perdurer un savoir-faire
La soirée s’est achevée avec le témoignage de Julien Faubert (ancien footballeur professionnel internationale passé notamment par les Girondins de Bordeaux, West Ham et le Real Madrid) qui a apporté un éclairage original sur la notion de transmission à travers son expérience du sport de haut niveau. Son intervention a permis de rappeler que transmettre ne consiste pas simplement à passer le relais. C’est aussi partager une expérience, des compétences, une vision et des valeurs pour permettre à celui qui prend la suite de poursuivre l’aventure. Cette réflexion fait directement écho au monde de l’entreprise : la réussite d’une transmission ne se mesure pas uniquement au moment de la cession, mais aussi à la capacité de l’entreprise à continuer de se développer après le départ de son fondateur. Préserver un savoir-faire, transmettre une culture et donner au repreneur les moyens de réussir sont autant de conditions pour assurer la continuité de l’histoire entrepreneuriale.

Une affaire de confiance
Des difficultés que les chiffres illustrent : selon Bpifrance, 70% des dirigeants qui envisagent de transmettre dans plus d’un an n’en sont encore qu’au stade de la réflexion ou du démarrage de leur projet. Dans le même temps, 60% des repreneurs rencontrent des difficultés dans leur parcours, l’accès au financement constituant le principal obstacle. Cette difficulté concerne particulièrement les repreneurs issus du salariat : 44% déclarent avoir rencontré des difficultés pour réunir les financements nécessaires, contre 30% pour l’ensemble des repreneurs.

Autre enjeu : trouver le juste équilibre entre les attentes du cédant et les capacités du repreneur. La valorisation et le prix de cession peuvent constituer un point de tension, tandis que le cédant accorde également une importance forte à la pérennité de son entreprise, aux qualités humaines du repreneur, à son expérience et à sa capacité à porter le projet dans la durée. La transmission est donc autant une affaire de financement, de valorisation et de stratégie qu’une affaire de confiance, d’anticipation et de rencontre entre deux projets entrepreneuriaux.

« Cette soirée illustre notre positionnement de banque du dirigeant et notre ancrage territorial, souligne le Crédit Agricole Alpes Provence. Accompagner un dirigeant d’entreprise, c’est l’accompagner dans toutes les phases de son cycle entrepreneurial : création, développement, structuration et transmission. »

Crédit : CCI84/DR

« Une transmission qui échoue c’est la perte d’un ressort de développement économique local. »

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse

Particulièrement sensibilisé sur le sujet, puisqu’il a y 35 ans il a été un jeune responsable d’une agence de développement économique ayant mis en place des opérations de sensibilisation à la transmission et à la reprise d’entreprise en milieu rural, Thierry Suquet, préfet de Vaucluse souligne l’importance de la reprise : « J’ai découvert à cette occasion-là deux choses. Le facteur humain car c’est avant tout une histoire d’homme et de femme avant d’être un acte de vente. C’est même une histoire de dialogue, car il faut être deux à se parler, longuement parfois. »

« La deuxième chose, poursuit-il, c’est que cette aventure individuelle est également un enjeu collectif. Une transmission qui échoue, une session qui ne se fait pas, c’est un bâtiment vide, une friche industrielle, la perte d’emploi et de richesse ainsi que la perte d’un ressort de développement économique local, C’est tout cela qui nous appauvri collectivement. A contrario, une reprise qui se fait, c’est n’est pas simplement un statu quo. C’est un dynamisme supplémentaire et de la richesse qui se crée dans notre environnement immédiat car une entreprise c’est des partenariats, des fournisseurs, des clients développant tout un écosystème local. »

Laurent Garcia

La fragilité économique actuelle pourrait compromettre la capacité des entreprises à préparer leur transmission
L’adoption, le 8 octobre dernier en commission des finances, de l’amendement du rapporteur général Philippe Juvin, qui assouplit la réforme de l’apport-cession inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027 a fiat réagir le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI).
« Le SDI salue la correction apportée par les députés à une réforme fiscale qui risquait decompliquer certaines transmissions d’entreprises, se félicite Marc Sanchez, secrétaire général du SDI. Alors que près de 500 000 entreprises pourraient être cédées dans les dix prochaines années, la priorité doit être de faciliter leur reprise, pas d’ajouter de l’incertitude fiscale aux difficultés déjà rencontrées par les cédants et les repreneurs. Cette perspective intervient alors que la dernière enquête du SDI révèle que 71% des dirigeants interrogés constatent une baisse de leurs marges et 66% une contraction de leur trésorerie. Une fragilité économique qui peut compromettre la capacité des entreprises à préparer leur transmission et à attirer des repreneurs. »

Appel à une politique cohérente de transmission
Le texte initial du gouvernement envisageait de remettre en cause l’effacement de certaines plus-values en report d’imposition lors de transmissions à titre gratuit de titres détenus via une holding. L’amendement maintient le régime actuel en cas de succession, limite l’imposition de certaines donations, prévoit un règlement échelonné sur dix ans et réserve les nouvelles règles aux apports réalisés à compter du 7 octobre 2026.
Cette correction est bienvenue : une fiscalité déclenchée sans liquidités correspondantes peut fragiliser une transmission et réduire les moyens consacrés à la poursuite de l’activité. Le dispositif visé reste toutefois spécifique aux opérations d’apport-cession ; il ne concerne pas directement toutes les transmissions de commerces, d’entreprises individuelles ou de SARL.
Au-delà de ce dispositif particulier, le SDI appelle « à une politique cohérente de la transmission : stabilité des règles fiscales, simplification des démarches et accès au financement pour les repreneurs. Selon la Direction générale des Entreprises, 86% des entreprises transmises sont des TPE. Préserver ces reprises, c’est aussi préserver des emplois, des savoir-faire et la vitalité des territoires. L’amendement a été adopté en commission ; son maintien dans le texte définitif demeure soumis à la suite de la procédure parlementaire ».


Transmission d’entreprise en Vaucluse : une grande soirée pour ne plus avancer seul

Le Crédit Agricole Alpes-Provence propose la soirée ‘Réussir sa transmission d’entreprise’. L’événement, co-organisé en partenariat avec la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de Vaucluse et CAP Cession France, cabinets spécialisés dans la transmission d’entreprise, se déroulera mardi 13 octobre de 18h30 à 21h au Palais des Princes à Orange.

« Transmettre son entreprise ne s’improvise pas, explique le Crédit Agricole Alpes-Provence. Une transmission réussie ne se décide pas au dernier moment. Elle se prépare. Cette soirée vous apportera des clés concrètes pour anticiper les enjeux juridiques, fiscaux, patrimoniaux, familiaux et humains. »

« Transmettre son entreprise ne s’improvise pas. »

Au programme : regards croisés d’experts, témoignages de dirigeants et tables rondes. Le tout en présence des principaux acteurs économiques du territoire comme la BPI, la Banque de France, la Chambre d’agriculture de Vaucluse, celle de l’artisanat, Vaucluse Provence attractivité, les barreaux d’Avignon et de Carpentras, les notaires Cévennes-Provence, l’Ordre des experts-comptables de Paca, la MSA, les principales organisations patronales ou professionnelles (Les Entrepreneurs Vaucluse, le Medef 84, l’U2P, la Fédération du BTP de Vaucluse, la Capeb 84, Mobilians…), la Safer, les Jeunes agriculteurs…

« Ne pas subir. »

« Le 13 octobre à Orange, nous réunissons tout cet écosystème pour vous accompagner dans la réflexion et la démarche, poursuit le Crédit Agricole Alpes-Provence. Pour ne pas avancer seul sur des questions aussi complexes, nous avons voulu créer un moment d’échange où tous les acteurs sont réunis autour des dirigeants pour les sensibiliser à tous les aspects de cette étape clé. Notre ancrage local nous permet de coordonner cet environnement au service des dirigeants du territoire. Un moment pour anticiper, mobiliser et poser les bonnes questions… et ne pas subir. »

L’enjeu est de taille car près de 30% des chefs d’entreprises locaux seraient en mesure de transmettre leur entreprise d’ici 5 ans en raison de leur âge. Le Vaucluse n’échappe pas à cet enjeu. Avec plus de 50 000 entreprises inscrites au RCS représentant plus de 100 000 salariés, le renouvellement des dirigeants et la pérennité des entreprises constituent des questions déterminantes pour l’économie départementale.
« La transmission est une étape naturelle dans la vie d’une entreprise, mais elle ne s’improvise pas, rappelle pour sa part Anne Benedetti, présidente de la CCI de Vaucluse.Elle engage le dirigeant qui cède, le repreneur qui porte un nouveau projet, les salariés et, plus largement, tout un écosystème économique. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que les entreprises qui ont vocation à être transmises puissent l’être dans les meilleures conditions »,

L.G.

‘Réussir sa transmission d’entreprise’. Mardi 13 octobre. De 18h30 à 21h. Palais des princes. Cours Pourtoules. Orange


Les Entrepreneurs 84 : réussir la transmission de son entreprise ne s’improvise pas

Nouvelle dynamique avec le président de cette organisation patronale, Denis Duchêne qui, depuis son élection au Palais des Papes le 12 mars dernier, innove, part à la rencontre des élus, des institutions, des collectivités locales et s’ouvre à l’ensemble des écosystèmes de façon fédérée, unie, constructive et apaisée au service du territoire de Vaucluse.

Jeudi dernier, avec l’Association CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires) et deux cabinets, un d’avocats en droit des affaires et l’autre d’experts comptables, a été balayé le spectre des 9 questions à se poser pour réussir la transmission de son entreprise.

Pourquoi la préparer ? Quel délai moyen pour vendre ? Quelle est la valeur de ma société ? Comment trouver un bon repreneur ? Quelle forme juridique ? Quelle fiscalité lors de la cession ? Comment assurer la confidentialité ?

Selon les spécialistes présents, une transmission ne s’improvise pas. Elle se prépare avec minutie longtemps à l’avance. L’idéal, c’est 5 ans, 3 ans sont recommandés, le minimum est de 18 mois. Anticiper, négocier, est un long process. Le patron est un homme-orchestre, apparemment indispensable mais il ne peut pas tout faire seul. Une entreprise, ce n’est pas qu’un savoir-faire avec une équipe compétente, c’est aussi de  l’immobilier, dont la valeur s’ajoute aux actifs.

Savoir anticiper

Quand on a l’intention de se séparer de la société dont on a hérité ou qu’on a créée, il faut aussi sécuriser le personnel, éviter les départs des collaborteurs qui font sa richesse, faire l’état des lieux, du stock, le tri entre le matériel utile et celui qui est obsolète, mettre à jour le registre des assemblées générales, des PV. Se demander aussi de quoi on va vivre après, avec quels revenus, quand le téléphone ne sonne plus, que son statut social s’efface petit à petit. 

L’important est de savoir s’entourer d’un avocat et d’un expert-comptable qui ont les compétences pour évaluer votre entreprise, les concurrents directs. Ils connaissent la fiscalité, ils vérifient que les résultats sont stables, évitent les chausse-trappes éventuelles lors des négociations, ils savent comment pondérer les ratios et dégager du cash.

Les questions à se poser

Etape importante : le choix du repreneur. Un client ? Un fournisseur ? Un concurrent ? Des amis, la famille, des salariés? Se demander s’ils en ont vraiment les moyens, s’ils peuvent bénéficier d’optimisation fiscale façon « Pacte Dutreil » qui permettait de transmettre à ses enfants avec une exonération de 75%. Mais depuis novembre dernier, un durcissement des règles a été voté pour éviter certains abus. Comme faire passer des oeuvres d’art et des yachts pour des actifs professionnels…

Autres questions à se poser. Le candidat-repreneur est-il assez préparé, motivé, fortuné pour investir? Va-t-il pérenniser le site, garder le personnel ou délocaliser? Selon certains conseillers « Il faut renifler l’acheteur, son profil, ses capacités, sa vision, son sens du management humain et du commerce. Une chose est sûre, en tout cas, il faut avant tout savoir s’il a les capacités d’apport financier et de remboursement des futurs emprunts, sinon c’est une perte de temps pour tous. Or, le temps c’est de l’argent.

Prochain rendez-vous des Entrepreneurs 84 (ex-CPME) : les Trophées des Entrepreneurs Positifs, le 1er octobre à L’autre Scène de Vedène.


Une entreprise vauclusienne révolutionne l’aide à la décision des entrepreneurs

Aurentia, une jeune entreprise basée à Cavaillon, vient de mettre au point une boite à outil pour aider au quotidien les créateurs, les repreneurs ou les gestionnaires d’entreprises. Grâce aux avancées offertes par l’IA, sur une même plateforme sont réunis plus de 500 compétences métiers spécifiques. Elle permet aux indépendants et responsables de TPE / PME de créer, piloter et développer leurs activités.

Les créateurs de cette plateforme sont partis d’un constat simple. En 2025, 1,2 million d’entreprises ont été créés, en hausse de 5% par rapport à 2024 (Source Insee). Mais cette volonté d’entreprendre se heurte souvent à la difficulté de maitriser toutes les étapes nécessaire à la création et au développement de projets. Pour beaucoup, elles constituent des obstacles qui peuvent fragiliser leurs projets. Ainsi aujourd’hui, au bout de 5 ans, le taux de survie des entreprises s’établit à 70 %. Au premier semestre 2026, 33 341 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi, soit 7 %de plus qu’un an auparavant, et 75 %de ces pertes concernent des dirigeants d’entreprises de moins de trois salariés (source Insee). Comme l’explique Stéphane Guillemot, cofondateur d’Aurentia : « Quand on entreprend, on doit apprendre en permanence et prendre des décisions sur des sujets que l’on ne maitrise pas toujours, souvent seul. Notre ambition est de réunir autour de l’entrepreneur les connaissances et les outils, mais aussi demain les compétences et le réseau dont il a besoin pour avancer, afin qu’il ne soit plus seul face à son projet ».

« L’IA peut donner accès à des compétences supplémentaires pour se structurer et grandir et, demain, investir et créer de l’emploi »

Olivier Le Floch, cofondateur d’Aurentia

Évaluation « score » du projet, études de marché, plans d’affaires, réglementations et démarches administratives, outils CRM , gestion et publications sur les réseaux sociaux, recrutements, actions de communication, stratégie de commercialisation, plans de trésorerie, édition de devis clients, rdv calendrier … tout cela peut être aujourd’hui traité grâce aux compétences augmentées de la plateforme Aurentia. Elle y qui agglomère l’ensemble des connaissances acquises sur chacune des compétences nécessaires à la création, la gestion, et le développement d’entreprises. Pour Olivier Le Floch, cofondateur d’Aurentia, « dans une petite entreprise, certains besoins ne justifient pas nécessairement une embauche à temps plein. L’IA peut donner accès à des compétences supplémentaires pour se structurer et grandir et, demain, investir et créer de l’emploi ».

Aurentia ne se présente pas comme un chatbot de plus

La plateforme développée par Aurentia ne se contente pas de donner accès de manière assez simple à des bases de données d’informations précieuses (il existe même un mode vocal), elle propose également d’accompagner les entrepreneurs dans la conduite de leur projet sur la durée. Elle est force de propositions. Elle suggère des actions à mettre en œuvre dans chacun des domaines requis, mais elle ne prend pas la place des dirigeants. « Nous ne voulions pas d’une IA qui reparte de zéro à chaque question. Aurentia garde la mémoire de l’entreprise pour savoir où en est l’entrepreneur et l’aider à passer à l’action. Elle peut aussi se connecter aux IA et outils qu’il utilise déjà : l’objectif est de s’intégrer à sa façon de travailler » expliquent Elliot Estrade et Matthieu Bousquet, cofondateurs d’Aurentia.

Elliot Estrade
Mathieu Bousquet
Olivier Le Floch
Stéphane Guillemot

Les cofondateurs d’Aurentia ont voulu rendre leur plateforme accessible au plus grand nombre. Ainsi, le premier niveau d’accès est à 29 € / mois et le service qui permet de soumettre une idée et obtenir en quelques minutes un premier diagnostic: marché, concurrence, proposition de valeur, modèle économique, freins réglementaires… est gratuit. Un système de scoringfait apparaître les forces et points à travailler, puis évolue avec le projet. L’utilisateur est ensuite guidé de la définition de sa cible au plan d’action, chaque notion étant expliquée puis appliquée à son projet : une manière d’apprendre à entreprendre en entreprenant, avant de passer à l’action.

Cette logique d’écosystème prend corps avec un partenariat avec la CCI du Vaucluse

À terme, Aurentia entend dépasser le seul accompagnement par l’IA pour réunir autour de l’entrepreneur les ressources nécessaires au développement de son activité. Cette logique d’écosystème prends corps avec un partenariat avec la CCI du Vaucluse. Une marketplace verra également le jour et permettra d’identifier des freelances et prestataires adaptés et de collaborer avec eux directement depuis son projet. La plateforme ambitionne enfin de créer des passerelles avec les acteurs de l’accompagnement entrepreneurial – CCI, incubateurs, acteurs de l’emploi – ainsi qu’avec des partenaires bancaires, juridiques ou assurantiels. Il s’agit de créer une communauté d’entrepreneurs, favorisant les échanges et le partage d’expériences, mais aussi répondre aux besoins des indépendants et des dirigeants de TPE et PME.

Aurienta a mise en place une coopération avec France Travail

Pour Aude Fredenucci, Directrice Partenariats opérationnels, Gouvernance RPE et Grands Comptes de France Travail Provence-Alpes-Côte d’Azur, la difficulté de conduire un projet se retrouve chez les demandeurs d’emploi qui entreprennent : « La création d’entreprise constitue aujourd’hui une véritable voie de retour à l’activité. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, plus de 106 000 entreprises ont été créées en 2024, un niveau inédit. Parmi les demandeurs d’emploi que nous accompagnons, l’envie et les compétences métier sont souvent là, mais passer de l’idée à un projet structuré peut être plus difficile. C’est ce qui nous paraît intéressant chez Aurentia : une solution accessible à tous, qui aide à avancer étape par étape et à gagner en autonomie. »

Pour en savoir plus www.aurentia.fr


(Vidéo) Aix-en-Provence : une rencontre autour de la transmission d’entreprise

Le Réseau National des Repreneurs d’Entreprises et le Crédit Agricole Alpes-Provence organisent une soirée sur le sujet de la transmission d’entreprise le mardi 31 mars.

Le Réseau National des Repreneurs d’Entreprises et le Crédit Agricole Alpes-Provence donnent rendez-vous aux dirigeants du territoire au siège de ce dernier à Aix-en-Provence pour un temps d’échanges sur le thème ‘Réussir sa transmission d’entreprise’. Cet événement est organisé en partenariat avec Cap Cession, Bpifrance, la CCI Aix-Marseille-Provence, le CETEM, le CGA Provence, la Chambre des Métiers, l’U2P, et le CRA.

Ce rendez-vous, présenté par le journaliste Loïc Landrau, permettra deux heures d’échanges qui seront rythmées par les témoignages de trois intervenants : Samuel Maman, expert en transmission d’entreprise à Cap Cession, Alexandre Lerooy, directeur du Crédit Agricole Alpes-Provence, et Muriel Hurtis, experte événementiel du Crédit Agricole Alpes-Provence et ancienne sportive de haut niveau.

Pour s’inscrire, cliquer ici.
Mardi 31 mars. De 18h30 à 21h. Crédit Agricole Alpes-Provence. 25 Chemin des 3 Cyprès. Aix-en-Provence.


Artisanat : une dynamique retrouvée mais des transmissions en suspens

Avec 31 900 créations d’entreprises artisanales, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre en 2024 une progression marquée de l’entrepreneuriat artisanal (+8% sur un an). Un rebond significatif qui confirme l’attractivité du secteur, tout en mettant en lumière un enjeu majeur : celui de la transmission de milliers d’entreprises dans les prochaines années.

Après le ralentissement observé en 2023, l’artisanat régional renoue avec une dynamique soutenue. Selon le dernier baromètre publié par l’Institut Supérieur des Métiers, avec le soutien de Maaf, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se hisse au troisième rang national en volume de créations artisanales, derrière l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Près de 30% des créations d’entreprises régionales relèvent de l’artisanat, faisant de la région la deuxième de France sur ce critère.

Un rebond net après une année de repli
Cette reprise s’appuie autant sur les entreprises individuelles que sur les structures employeuses. Les sociétés commerciales (SA Société anonyme ; SARL, Société anonyme à risque limité, SAS, Société par actions simplifiées), souvent plus pourvoyeuses d’emplois, enregistrent une hausse notable, signe d’un entrepreneuriat plus structuré.

Les services, moteur de la croissance artisanale
Tous les secteurs de l’artisanat profitent de cette embellie, mais l’artisanat des services s’impose comme le principal moteur. Il concentre près de la moitié des créations régionales et affiche la plus forte progression annuelle. Nettoyage des bâtiments, soins de beauté, entretien automobile ou encore coiffure figurent parmi les activités les plus dynamiques, traduisant une demande soutenue liée à l’évolution des modes de vie et à la tertiarisation de l’économie. Le BTP, la fabrication et l’artisanat de l’alimentation progressent également, à des rythmes plus modérés, confirmant la résilience globale du tissu artisanal régional.

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Une dynamique territoriale contrastée
La hausse des créations bénéficie à la majorité des départements, avec des progressions marquées dans le Vaucluse, le Var et les Alpes-Maritimes. À l’inverse, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence enregistrent un léger recul, illustrant des disparités territoriales persistantes entre littoral attractif et arrière-pays plus fragile économiquement.

Entreprendre pour se réinventer
L’étude met également en lumière un trait marquant de l’entrepreneuriat artisanal : la reconversion professionnelle. Près d’un créateur sur deux change de métier au moment de se lancer. Ce phénomène est particulièrement prononcé dans l’artisanat de fabrication, les services et l’alimentation, où l’artisanat apparaît comme un levier de réinvention professionnelle et de quête de sens.

La transmission, talon d’Achille du secteur
Derrière ces indicateurs positifs se dessine toutefois une fragilité structurelle. Les reprises d’entreprises restent marginales : moins d’une création sur dix est issue d’un rachat. Or, près de 8 240 entreprises artisanales pourraient être cédées dans les cinq prochaines années en région, notamment dans la maçonnerie, la réparation automobile, le nettoyage ou le commerce alimentaire sur les marchés. Ces entreprises, souvent dotées de salariés et de savoir-faire spécifiques, constituent un enjeu économique et patrimonial majeur. Leur disparition faute de repreneur signifierait la perte de compétences parfois rares et un affaiblissement durable du tissu local.

Le bilan
Le bilan 2025 de la création d’entreprises artisanales en Provence-Alpes-Côte d’Azur dessine un paysage contrasté. D’un côté, un secteur attractif, dynamique et créateur d’emplois ; de l’autre, une transmission encore trop peu anticipée, qui menace la pérennité de milliers d’entreprises. À l’heure où l’artisanat demeure un pilier de l’économie de proximité, l’enjeu n’est plus seulement de créer, mais aussi de transmettre, pour que la vitalité entrepreneuriale d’aujourd’hui ne se transforme pas en fragilité demain.

Un poids économique déterminant
Les chiffres consolidés par Insee et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur rappellent l’ampleur du secteur. En 2022, l’artisanat régional a généré 9,8 Milliards d’euros de richesse : 7 Milliards d’euros pour les établissements de 0 à 10 salariés, 2,8 Milliards d’euros pour ceux de 11 à 250 salariés, auxquels s’ajoutent 1,4 Milliards d’euros issus d’activités artisanales secondaires. L’artisanat représente 18% de la richesse produite par les petits établissements marchands — jusqu’à 27 % en zones rurales, et 31 % dans certains arrière-pays.

Un modèle fondé sur le capital humain
Avec près de 280 000 actifs (dont 219 000 dans les établissements de 0 à 10 salariés), l’artisanat s’appuie sur des savoir-faire intensifs en compétences. Malgré une faible intensité capitalistique, les entreprises affichent une rentabilité moyenne de 23% (contre 15% pour des entreprises comparables), une productivité par emploi de 40 300€ -jusqu’à 54 100€ dans la production de biens- et un investissement ciblé : plus de 60% des entreprises investissent prioritairement dans l’outil de travail.
Mireille Hurlin


CCI de Vaucluse : les bonnes questions à poser à son cédant ou à son repreneur

Dans le cadre des Rencontres de la Transmission d’Entreprise, le magazine Reprendre & Transmettre et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse proposent la conférence ’25 bonnes questions à poser à son cédant ou à son repreneur dans le contexte encore inflationniste de 2023′ ce mardi 10 octobre.

Animée par Marc Chamorel, directeur de la rédaction de Reprendre & Transmettre Magazine, cette conférence abordera divers sujets tels que : les derniers bilans tronqués, l’explosion des coûts de l’énergie, l’augmentation de la masse salariale, la volatilité des cadres clés, les tensions sur le financement, ainsi que l’impact de l’inflation sur le prix des affaires.

Mardi 10 octobre. De 17h30 à 19h30. Inscription gratuite mais obligatoire. Campus de la CCI de Vaucluse. Allée des Fenaisons. Avignon.

V.A.

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