8 février 2026 |

Ecrit par le 8 février 2026

Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu », cette expression résume plutôt bien la nature des relations qui aujourd’hui régissent les rapports humains. Qu’il s’agisse des relations internationales, du climat social dans les entreprises, ou encore des rapports entre les corps sociaux, on est trop systématiquement dans le conflit. La loi du plus fort devient l’unique règle. Ainsi, si on veut avoir quelques chances d’être entendu des États-Unis il faut montrer les muscles. De ce point de vue le boycott de la future coupe du monde de foot pourrait être une arme redoutable. Tant pis pour le sport.

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver qu’avec un mot gentil tout seul » cette phrase qu’on attribue à Al Capone nous apparaît d’une actualité brulante. On l’a vu encore récemment, la suspension de la ratification des accords commerciaux entre l’Europe et les États-Unis a fait reculer (pour l’instant) Donald Trump sur ses intentions d’annexer le Groenland ou de taxer à 200 % les vins français. Dans cette escalade aux menaces le boycott de la manifestation sportive la plus regardée au monde après les JO pourrait être déterminante.

« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu »

Mark Carney , Premier ministre du Canada

Une pétition pour le boycott de la coupe du monde a été lancée par le journaliste et producteur TV néerlandais Teun Van Keuken. En 5 jours elle a recueilli 120 000 signatures. « Laissons notre pays et nos footballeurs se ranger du bon côté de l’histoire » a précisé ce journaliste producteur. Certains commentateurs ont même convoqué l’histoire en rappelant que l’équipe de football néerlandaise a boycotté les JO de Berlin en 1936 et qu’ils avaient été bien inspiré de le faire. (Les JO de Berlin en 1936 ont été un puissant outil de propagande de l’installation au pouvoir d’Adolf Hitler). Certes on pourra toujours répondre que la situation, le contexte ne sont en rien comparables. Quoique…

« Laissons notre pays et nos footballeurs se ranger du bon côté de l’histoire »

Teun van de Keuken, auteur de la pétition pour le boycott de la Coupe du monde

En tout cas comme le suggère l’animateur britannique Piers Morgan si les 8 équipes favorites à savoir l’Angleterre, la France, le Portugal, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et l’Espagne décidaient de ne pas participer on a le revolver pour faire plier la politique conduite par Donald Trump. Ca peut faire réfléchir comme aurait pu dire Al Capone.

Côté autorités politiques ou instances footballistiques c’est le mutisme et l’attentisme. Seules les ONG sont mobilisées et ont pris parti. Wait and see.

Si la coupe du monde de foot aura bien lieu (ce qui est plus que probable) qu’en sera-t-il du durcissement des conditions d’accès des visiteurs étrangers aux USA ? (vérifications des comptes sociaux et des messageries personnelles). Que se passera-t-il si des supporters brandissent dans les tribunes des drapeaux du Groenland ou des slogans contre les commandos anti-immigration de Donald Trump ?

Même si aujourd’hui le boycott est brandi comme une arme de dissuasion, il n’en demeure pas moins la question centrale : comment l’avidité, la vanité et l’orgueil de quelques hommes peuvent empêcher à la planète de tourner rond ?


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

L’université d’Aix-Marseille vient de lancer un programme d’accueil pour les chercheurs et scientifiques américains rejetés par l’administration Trump. Une cinquantaine d’entre eux ont répondu à cette invitation et une quinzaine devraient s’installer prochainement avec leurs familles en Provence. Un fonds à hauteur de 15 M€ sera débloqué par l’université. La région, la métropole et la CCI sont également associés à ce programme d’accueil inédit par ses circonstances.

C’est un véritable coup de tonnerre dans le milieu de la recherche. Trump s’en prend aussi aux scientifiques et aux universitaires qui pourraient lui être hostiles ou gênants. Sont pour l’instant dans le viseur des chercheurs en sciences sociales ou en histoire, des infectiologues et des climatologues, travaillant pour des universités ou institutions bénéficiant de dotations publiques. Les crédits sont coupés, les programmes annulés, et pour les rescapés, de ce qui ressemble à une purge, une liste de mots doit être banni de leur vocabulaire. Il s’agit de mots comme : femme, diversité, climat, justice environnementale, inégalité…. Il y en a 120 ! Ces méthodes ne sont pas sans rappeler celles des pires régimes qui veulent bâillonner ceux qui ne pensent pas comme eux ou qui peuvent entraver leurs dessins.

Les craintes de révisionnisme et de dirigisme sont réelles

« C’est une attaque sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale, contre toutes les structures de recherche et de l’éducation américaine » alerte le chercheur américain Brian Sandberg, déjà installé à Aix-en-Provence. « C’est une remise en cause de tous les consensus scientifiques » ajoute-t-il. Pour lui les craintes de révisionnisme et de dirigisme sont réelles.

C’est la meilleure des choses qui puissent arriver à la communauté scientifique et à la défense des intérêts européens

Ce n’est sans doute pas un hasard. Le musée Picasso de Paris, propose à en ce moment une exposition réunissant une partie des œuvres d’art que les nazis avaient fait retirer des musées allemands au motif qu’il s’agissait d’œuvres dégénérées. Comprenons par là qu’elles n’étaient pas compatibles avec l’idéologie et la vision du monde des hommes du III Reich. Mais au lieu de bruler ces œuvres d’art comme ils ont fait pour les livres, ils les ont vendus aux enchères. Leurs donnant ainsi un avenir et une valeur qu’ils n’avaient pas souhaités à l’origine. Comme c’est ballot !

Eh bien, il en est un peu de même avec les scientifiques américains que nous allons accueillir en France et bientôt dans d’autres pays européens. Au fond cette histoire c’est une bonne chose pour la communauté scientifique et la défense des intérêts européens. Comme c’est ballot !

www.univ-amu.fr/fr/public/actualites/safe-place-science-aix-marseille-universite-prete-accueillir-les-scientifiques


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?


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Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

Faire de la réouverture de Notre-Dame de Paris un événement politique et diplomatique est très contestable. En fin politique, le pape François, qui a flairé « la récup » a préféré décliner l’invitation à venir assister à l’inauguration, le 8 décembre dernier. Il ne pouvait servir de caution à celui qui se rêve au plus haut des cieux…

La cathédrale Notre-Dame de Paris est un symbole, c’est l’édifice religieux français sans doute le plus connu et son incendie le 15 avril 2019 a braqué sur lui les projecteurs du monde entier. Son actuelle restauration (toujours en cours pour la partie extérieure) est une vraie réussite. Jamais cette cathédrale n’a été aussi belle. Il faut bien reconnaître que sans cet incendie elle n’aurait jamais eu l’éclat qu’elle a aujourd’hui. Un comble.

« Nous l’avons fait pour la cathédrale nous pouvons le faire pour la France »

Emmanuel Macron

La tentation de faire alors l’analogie avec le nécessaire redressement de la France était tentant. De l’incendie au renouveau il n’y avait qu’un pas, tel le phénix… « Nous l’avons fait pour la cathédrale nous pouvons le faire pour la France » disait le Président de la République dans son allocution télévisée après le reversement du gouvernement Barnier. On fait dans l’allégorie pure jus. Ce « redressement » pourrait être, dans le meilleur des cas, le symbole, du renouveau de l’église catholique en France, mais guerre plus. C’est d’ailleurs ce qu’a dit le Pape François dans son message lu par Monseigneur Ulrich lors de la messe de réouverture, le 8 décembre. Rappelons à toutes fins utiles que depuis la loi du 9 décembre 1905, l’Église et l’État ont été clairement séparés. Mais au fond dans cette histoire n’est-ce pas le renouveau de la fonction présidentielle et de celui qui l’incarne qui étaient recherchés ? Une fonction bien mise à mal après l’incendie de la dissolution. Ne soyons pas d’innocents agneaux fussent-ils de Dieu.

Cependant, reconnaissons que l’on doit à Notre-Dame de Paris la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelenski. Elle permettra peut-être aux États-Unis de poursuivre leur soutien à l’Ukraine dans l’après Biden. Un miracle, on ne sait jamais…


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

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