11 février 2026 |

Ecrit par le 11 février 2026

Quand la Cité Louis Gros murmure à la nuit

Du 12 au 14 février 2026, la cité Louis Gros, à Avignon, devient le théâtre d’une expérience artistique nocturne inédite. Avec ‘Libres Fenêtres dans la Cité’, l’association. L’Antre Lieux transforme d’anciens commerces et rez-de-chaussée en vitrines poétiques visibles depuis la rue. Une invitation à regarder autrement un quartier emblématique, à la croisée de la mémoire sociale, de la création contemporaine et de la vie quotidienne.

À la tombée de la nuit, les vitrines autrefois muettes de la cité Louis Gros s’illuminent. Derrière les vitres des anciens commerces fermés, des images apparaissent, des voix résonnent, des fragments de vies se donnent à voir. Pendant trois soirs, ‘Libres Fenêtres dans la Cité’ propose une déambulation sensible, accessible à tous, où l’art s’offre sans seuil ni intimidation, directement dans l’espace public.

Copyright Sophie Delvalée

Une cité chargée d’histoire
Premier ensemble HLM d’Avignon, construit entre 1931 et 1936 sous l’impulsion du maire socialiste Louis Gros, maire 1 an entre 1944 et 1945, la cité éponyme incarne une page majeure de l’histoire urbaine locale. Pensée comme un modèle de progrès social à l’époque du Front populaire, elle offrait alors confort moderne, espaces arborés et une vie commerçante de proximité. Durement touchée par les bombardements de 1944, puis fragilisée à partir des années 1980, elle a vu peu à peu disparaître ses commerces, ne conservant aujourd’hui qu’une épicerie et le local de l’Antre Lieux.

Faire lieu ensemble
C’est précisément dans ces rez-de-chaussée délaissés que s’ancre le projet artistique. Fenêtres du local de l’Antre Lieux, façades, square Christiane Bray, écoles Louis Gros : autant de points d’ancrage pour des installations visuelles et sonores conçues avec et pour les habitants. Ici, pas de décor plaqué, mais un travail au long cours sur la mémoire collective, les visages et les récits du quartier. Les œuvres, visibles depuis les espaces de circulation, se donnent comme des boîtes lumineuses ouvertes, invitant passants, riverains et Avignonnais d’autres quartiers à une expérience partagée.

Copyright Jean Hoffmann

Une démarche artistique et citoyenne
Depuis plus de 10 ans, L’Antre Lieux développe des projets mêlant poésie, image et engagement social dans les quartiers populaires du Grand Avignon. ‘Libres Fenêtres dans la Cité’ prolonge cette démarche : rendre visible ce qui relie plutôt que ce qui sépare, faire de l’art un outil d’attention au monde et de transformation douce des espaces abandonnés. En 2026, ateliers et résidences artistiques se déploient au cœur de la cité, affirmant une autre manière d’habiter et de penser la ville.

Des artistes au cœur du quartier
Pour cette première édition nocturne, plusieurs artistes aux pratiques complémentaires ont été invités. La cinéaste et auteure Sophie Delvallée, revenue à Avignon après un long parcours international, interroge les récits intimes et sociaux à travers le film documentaire et la fiction. Le photographe et architecte Jean Hoffmann explore, en noir et blanc, les traces laissées par l’homme et le temps sur les lieux habités. La comédienne et plasticienne Sophie Mangin mêle théâtre, textile et geste pour faire surgir d’autres formes de langage. Le créateur audiovisuel Karel Pairemaure apporte son expérience du documentaire et des installations urbaines monumentales. Enfin, Anne Vuagnoux, autrice et vidéaste, assure la direction artistique du projet, fidèle à l’ADN poétique et citoyen de l’Antre Lieux.

Copyright Sophie Delvalée

Des fenêtres ouvertes sur la ville
En transformant les vitrines closes en espaces d’expression partagés, ‘Libres Fenêtres dans la Cité’ interroge notre rapport aux quartiers que l’on croit connaître. Plus qu’une exposition, l’événement propose un déplacement du regard : voir autrement, écouter ce qui se dit à bas bruit, redonner une présence à des lieux et à des histoires trop souvent invisibilisés. Un parcours nocturne à ciel ouvert, pour redécouvrir la cité Louis Gros à la lumière de la poésie et des voix qui l’habitent.

Cité Louis Gros 10 chiffres clés
1931-1936 : période de construction ; 1er ensemble HBM (Habitations à bon marché) réalisé à Avignon ; 348 logements au total ; 4 niveaux pour les immeubles d’habitation ; 20 commerces environ à l’origine en rez-de-chaussée ; 1 commerce encore en activité aujourd’hui ; 1944 : bombardements ayant fortement touché la cité ; Années 1980 : début du déclin du modèle de cité autonome ; 2 écoles publiques (maternelle et élémentaire Louis Gros) ; REP + (Réseau d’éducation prioritaire) dispositif Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) pour l’école élémentaire.

Copyright Jean Hoffmann

Les infos pratiques
Libres Fenêtres dans la Cité’. Du 12 au 14 février 2026. De 18h à 20h. Cité Louis Gros, Avignon – rendez-vous au 1, cité Louis Gros. Entrée libre.
Mireille Hurlin


Quand la Cité Louis Gros murmure à la nuit

Jeudi 19 janvier, 315 élèves de classes Ulis de 23 collèges vauclusiens, publics et privés, ont été accueillis au salon Cheval Passion, lors d’une journée pédagogique mise en place dans le cadre d’un partenariat entre le département de Vaucluse et les organisateurs de la manifestation.  

Les unités localisées pour l’inclusion scolaire (classes Ulis) sont composées d’élèves en situation de handicap. Les élèves orientés en Ulis sont ceux qui, en plus des aménagements et adaptations pédagogiques et des mesures de compensation mis en œuvre par les équipes éducatives, ont besoin d’un enseignement adapté dans le cadre de regroupements et dont le handicap ne permet pas d’envisager une scolarisation individuelle continue dans une classe ordinaire.

Depuis quatre ans, un partenariat entre le département de Vaucluse et les organisateurs de la manifestation d’envergure internationale permet à ces élèves de découvrir le monde du cheval et de l’équitation grâce à des ateliers et des animations. Les collégiens peuvent approcher les animaux, les caresser et les brosser. Ils découvrent l’animal, ses goûts, ce qu’il aime ou déteste ainsi que les métiers associés et les différentes activités sportives.

Cette journée pédagogique présente plusieurs avantages. La relation avec le cheval incite l’adolescent à se poser, à rester calmer, à développer ses sens et à respecter les règles, notamment de sécurité. Cela l’incite à accepter et respecter l’autre dans sa différence. S’il est respecté, le cheval s’ouvre et les interactions avec lui sont particulièrement riches. Approcher cet animal impressionnant et établir une bonne relation avec lui est gratifiant et permet de gagner confiance en soi.

Cette expérience, possible grâce à la mobilisation du département et de sa vice-présidente en charge des sports, de la vie associative et des collèges, christelle Jablonsky-Castanier, qui accompagne et finance depuis 2019 des projets pédagogiques proposés par les collégiens eux-mêmes, contribue à améliorer les capacités relationnelles.

© Conseil départemental de Vaucluse

J.R.

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